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TROISIÈME PARTIE. — DANS L’INTÉRIEUR DE L’ILE. 235

chaque côté. L’air et la lumière entrent par la porte étroite qui les réunit. Pas de fenêtres; elles coûteraient plus cher que le reste de l’édifice... et puis, les rendez-vous s’y donneraient la nuit trop facilement. Une quatrième porte conduit au comedor (réfectoire), large galerie abritée par une toiture que soutiennent quatre poteaux. Près de là sont groupés la cuisine, la porcherie et le poulailler, que surmonte la barbacoa, vaste soupente où l’on entasse le fourrage et les débarras. Ce n’est pas difficile à faire, une maison, comme vous voyez. Ne visitez pas la cuisine si vous avez l’estomac pointilleux ; vous en sortiriez rassasié pour longtemps. La batterie se compose de deux ou trois casseroles. Chacune d’elles ayant sa destination, toujours la même, la ménagère se garde bien de les nettoyer. Le surplus de la veille grossit la portion du jour. Nettoyer, c’est gaspiller les restes. Je dois encore porter sur l’inventaire un mortier pour broyer le café, piler les bananes, écorcer le riz et préparer le fufü ; un pilon de bois dur pour battre la viande Au toit pendent des toiles d’araignée que la fumée a remplies de graillon. Le chien va et vient. Il commence à coups de langue le nettoyage de la vaisselle qu’on n’achève pas toujours. Les poules familières couvrent le sol d’ordures qui vous font glisser à chaque pas. Que serait-ce si la cuisine n’était pas au grand air! Une toiture de yagua abrite à peine le foyer de la pluie. L’ennemi, c’est la poussière. Rien

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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