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UN PARISIEN DANS LES ANTILLES.

fixées au corps, les pattes armées de lames effilées. La terre grasse fait au cheval des balzanes rouges. Un voyageur essoufflé, arpentant à toutes jambes un chemin de traverse, a fait, de loin, signe au mécanicien qu’il désirerait monter dans le train. La locomotive, en bonne personne qu’elle est, a ralenti sa marche. Le voyageur escalade la clôture et grimpe sur la plate-forme du dernier wagon. « Si la route est mauvaise, franchis-la vite », dit un proverbe espagnol que les chemins de fer ont pris à la lettre. La voie est-elle bonne, le train trottine ses douze kilomètres à l’heure ; il en fera quatrevingts au besoin, si elle est en mauvais état. La chaleur est suffocante. Le convoi roule doucement. Sous les rayons du soleil vainqueur, tout est silencieux, tout est immobile. La nature est domptée. La pensée, aussi bien que le corps, s’engourdit. Les paupières deviennent lourdes ; l’éclat du jour les blesse. Les voyageurs dorment, le cigare aux lèvres. Je m’assoupis malgré moi jusqu’à Batabano.

LIII EN MER. — DE BATABANO A CIENFUEGOS.

Après le Vivid, le Rubis, le Tasmanian et l’Eider, salut au Rapido ! Le Rapido est un bateau à aubes, tout habillé de

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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