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PREMIÈRE PARTIE. — LA TRAVERSÉE

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retentit. Le train va partir... Vite, en wagon. Un coup de cloche ; il est parti. On entend la mer rouler ses galets; mais le brouillard étend si bien ses voiles sur la pudique Angleterre, qu’à peine voit-on les vagues qui meurent à quelques pas des rails. L’horizon se rapproche peu à peu; bientôt il a pour limite extrême les parois du wagon. Puis le bruit augmente, les sifflets se répondent, des lueurs nombreuses passent rapidement à droite et à gauche : c’est une station que l’on traverse à toute vapeur. Hourra! essoufflez vos machines. Il n’y a pas à flâner en route, songez donc!... nous portons à Londres et le poisson et les dépêches!

V A TATONS.

On m’assure que je suis en Angleterre ; je veux bien le croire, à la persistance avec laquelle tout le monde me parle anglais. Le train roule dans l’obscurité, s’arrêtant de distance en distance. Pourquoi s’arrêter là plutôt qu’ailleurs ? Est-ce l’instinct qui guide les mécaniciens ? Je ne puis croire que les rares lueurs qui percent de temps en temps le brouillard suffisent à leur révéler le voisinage d’une station.

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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