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UN PARISIEN DANS LES ANTILLES.

et d’herbes adorables, que je vous invite à vous prosterner , non ! Il conduit au pays sans pareil où pousse le meilleur tabac du monde. Il y a là vingt-huit lieues de trésors. Le reste du tabac de l’île est exquis ; celui-là est invraisemblable. Pourquoi le tabac de la Vuelta de Abajo vaut-il mieux que celui de Matanzas ou de Cienfuegos ? Je vous répondrai quand vous m’aurez appris pourquoi le marronnier du 20 mars est en feuille avant ses collègues ; pourquoi le sauterne vaut 8 francs, et le château-yquem 16 francs la bouteille. Les troupeaux dorment à l’ombre des bosquets de bambou. Partout les mangotiers sont en fleur. Au pied de la sierra de Bejucal, la terre est plus rouge encore qu’elle ne l’était à Aguada del Cura. A chaque instant le train fait lever des nuages d’oiselets au plumage métallique. Nous traversons Bejucal et Quivican. A San Felipe, nous changeons de train. Le buffet est aussitôt assiégé. Quelle richesse de tons ont les fruits qu’on nous offre! A chaque coin de table se dresse un cochon de lait rôti, vite abattu et dépecé. Aux voyageurs restés dans les wagons, des marchands empressés offrent les oranges monstres de Puerto Rico, des bananes, des ananas, du fromage de chèvre, des yemas et l’eau fraîche des cocos cueillis à l’aube. La station ne vaudrait pas, en Europe, le prix des oiseaux qui viennent de se poser sur son toit. Que ne donnerait-on pas de ce carpintero blanc et noir, coiffé de rouge, qui bavarde là-bas auprès de ce bouvreuil couleur émeraude, qui se donne des airs de

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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