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UN PARISIEN DANS LES ANTILLES.

die. Don Lazaro Randolfo... Je m’aperçois que j’ai oublié de vous dire que mon voisin avait pour prénom Lazaro... Don Lazaro Randolfo se dit qu’un débat serait coûteux, que l’esclave étant, de fait, insolvable, il serait responsable de tous les frais, et que la justice n’avait aucun motif pour les épargner; qu’il pourrait se faire qu’il fût contraint d’accepter mille piastres et qu’il eût, en outre, à en payer cinq cents pour timbre, significations, jugement, expédition, etc., etc. Mon voisin consulta un avocat célèbre, célèbre et coûteux, qui n’osa pas l’engager dans cette voie. « Voilà qui est trop fort, s’écria mon voisin exaspéré. N’ai-je aucun recours plus élevé ? — Si fait! Vous pouvez faire juger le cas administrativement par le capitaine général. » Don Lazaro Randolfo alla voir le chef de bureau que la question concernait. Il se trouva en présence d’un ami d’enfance arrivé depuis peu de Madrid. « Je suis sauvé! » pensa mon voisin en serrant la main de son ancien camarade. Après quelques minutes accordées à l’expansion et aux souvenirs de collége, il aborda la question et raconta ce qui s’était passé. « C’est absurde, dit le chef de bureau, et nous allons arranger cela. Seulement, tu comprends, j’arrive, je ne connais pas vos usages. Dis-moi le prix que tu veux que j’assigne à ta drôlesse, et il sera fait comme tu l’auras fixé. » Mon voisin, qui a l’imprudence d’être honnête, ne voulut pas entendre parler de cela. Il pria son ami

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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