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DEUXIÈME PARTIE. — LA HAVANE.

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des peignes aux dents acérées enrichis de brimborions brillants, des anneaux d’oreilles d’un tel diamètre qu’un de nos tirailleurs y ferait passer une balle à cent pas sans les endommager. A mesure que l’on avance, les habitations deviennent plus nombreuses, les jardins plus grands et plus touffus. Les yuccas, les casuarinas au feuillage harmonieux, les fucus couverts de lianes, confondent leurs feuillages que domine l’éternel palmier. Puis les maisons de maîtres font de nouveau place aux baraques, et l’on arriverait à la campagne si l’on pouvait donner ce nom charmant au morne paysage que l’on traverse avant d’atteindre les hauteurs de Casa-Blanca. Celui qui a eu le courage de continuer jusque-là sa promenade en est amplement récompensé : un magnifique panorama s’offre à ses regards. On domine la ville aux maisons roses, jaunes et bleues, parsemées de clochetons blancs. Chaque paroisse fait au loin danser ses cloches, et l’on entend vaguement des fragments de carillons. Pour qui les voit de ces hauteurs, les terrasses n’ont plus de secrets, et l’on assiste à mille scènes intimes. Les forts détachent leurs silhouettes monotones au sommet des collines, entourant la baie d’un collier de canons. Le phare du Morro reçoit dans ses cristaux les rayons du soleil et les renvoie tout irisés. Dans la baie, les grands navires dorment à l’ombre; à l’ouest se reposent les barques de pêche, à l’abri dans quelque anse éloignée. Du côté de la pointe se

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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