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UN PARISIEN DANS LES ANTILLES.

Il paye de cinq, six ou huit années de servitude, son insolvabilité. Est-ce tout? Non. Son nouveau contrat périmé, la loi l’oblige à se vendre pour quatre années encore. Je n’aime pas ce genre de liberté. Ajoutez à cela le mépris qu’il inspire à tous, au nègre comme au blanc. Un préjugé aussi stupide que général le maintient dans une condition abjecte. C’est une bête de somme, rien de plus. Pauvre coolie! Il n’a dans l’île aucun protecteur à invoquer. Le nègre bozal a sa femelle qui le caresse et le console. Jamais Chinoise n’a posé le pied sur le sol cubain. La femme, quelles que soient sa couleur et sa race, quelque abjecte que soit sa condition, a horreur du coolie. Pauvre coolie !

XLVI LA MISÈRE

NOIRE. — LES ÉGLISES. LES OFFICES.

J’ai été ce matin à la messe à Saint-Philippe. Les cloches, qui ne se reposent ni jour ni nuit à la Havane, se démenaient de tous côtés avec une furie inconnue en Europe. Elles rendent un son étrange, qui tient du bois et du fer-blanc. Il semble qu’on les secoue toutes ensemble, comme un paquet de grelots.

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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