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UN PARISIEN DANS LES ANTILLES.

XLV LE COOLIE.

Il est nécessaire que j’ouvre ici une parenthèse et vous explique en quelques mots la situation du coolie. La traite des blancs est interdite ; c’est convenu ; celle des coolies ne l’est pas. « Le coolie, monsieur, est un travailleur libre, un travailleur libre, entendez-vous? s’écriera le créole. Il est à Cuba en vertu d’un contrat librement consenti. » Pauvre coolie! Vous rappelez-vous le rôle des racoleurs : ces recruteurs que les chefs de troupe entretenaient dans les grandes villes, et qui faisaient fonction d’entrepreneurs de levées? Ils touchaient, indépendamment de leur solde, une prime de tant pour chacun des enrôlements qu’ils avaient fait contracter. Tous les moyens leur étaient bons pour en venir à leurs fins. Tantôt ils avaient recours à l’ivresse, et leur commensal se trouvait au réveil bel et bien enrôlé, en vertu d’un engagement inconsciemment consenti; tantôt, abusant de la crédulité de pauvres diables illettrés, ils leur faisaient souscrire des actes dont les conditions écrites n’avaient aucun rapport avec les conditions verbales primitivement énoncées.

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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