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DEUXIÈME PARTIE. — LA HAVANE.

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rité civile n’a pas le droit de porter la main sur un militaire. Il y a peu de jours, le président a eu à intervenir au théâtre. Le public, mécontent de la façon dont était montée la Linda, a soumis ses plaintes au président, qui, immédiatement, a interrompu le spectacle. Après plus ample examen, il a été décidé que les deux derniers actes de la Traviata remplaceraient ceux de la Linda; que la représentation ne serait pas comprise dans l’abonnement, et que la recette serait remise à une maison de bienfaisance. L’hospitalité étant une des vertus fondamentales à la Havane, dix places au moins me furent offertes, et je pus assister en bon lieu à une représentation des plus hétéroclites. Le spectacle commença par une comédie jouée par Arona, professeur au Conservatoire de Madrid. L’Arnal espagnol fait recette ici, ni plus ni moins que Dupuis aux Variétés. Bien que la pièce fût des plus en vogue, excusez-moi si je ne vous en dis rien. Vous ne prendriez pas grand intérêt à savoir ce que j’en pense, et je serais fort embarrassé pour vous le dire; en quête d’une place, je ne l’ai pas entendue. Des clowns vinrent ensuite, pour la plus grande joie de la tertulia et de la cazuela, faire leurs grimaces et leurs gambades. J’avoue que je fus on ne peut plus surpris de voir sur un théâtre qui prétend lutter avec tous ceux de l’Europe, sur une scène foulée jadis par la Bosio, l’Alboni, Taglioni, la Patti, Sontag, etc., etc., des pitres faire leurs lazzi, des clowns en maillot pailleté faire la pyramide humaine.

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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