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DEUXIÈME PARTIE. — LA HAVANE.

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gratification, par les garçons de café ou de restaurant, par les coiffeurs, porteurs ou cochers. Vous trouverez bien plus facilement cent voleurs qu’un mendiant. Au théâtre, toutes les portes sont ouvertes, et chacun prend librement possession de sa place. Si quelque intrus s’empare d’une loge ou d’une stalle, le véritable propriétaire suffit pour l’en déloger. En échange de mon compliment, je risque une légère critique. L’entrée se donne au contrôle, le billet de place se conserve. Dans le courant de la représentation, on le réclame, comme il est fait en France pour le prix des chaises durant les offices. Le contrôleur circule dans la salle pendant que le rideau est levé. Il entre dans les loges, enjambe les banquettes, vous marche sur les pieds et s’arrête devant vous, sans souci aucun de vous masquer la scène. La pièce vous intéresse, l’action va se dénouer, vous palpitez, si tant est que vous soyez de complexion à palpiter; l’acteur en vogue s’écrie : « L’assassin de ta mère, c’est... — Votre billet ! » vous demande le contrôleur. Il n’y a pas d’émotion qui résiste à cela. La salle est grande, aérée, élégante. Elle contient deux mille spectateurs. Les loges sont spacieuses, les stalles sont larges, commodes et d’un accès facile. J’ajouterai encore un compliment à ceux qui précèdent : c’est que dans aucune occasion on ne glisse de tabourets dans les couloirs, que jamais la circulation n’est interrompue. De fines colonnettes soutiennent les cinq rangs de loges et de galeries. Le rez-dechaussée, les premières et les secondes se composent

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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