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UN PARISIEN DANS LES ANTILLES.

XXXIII INTÉRIEURS.

Une des choses qui m’ont le plus surpris, dès mon arrivée à la Havane, c’est l’indifférence que l’on paraît avoir pour le mobilier dans les maisons bourgeoises. Il est vrai qu’une grande partie de la population n’est que de passage à la Havane : le temps d’amasser un capital qu’on ira manger ailleurs. On se campe plutôt qu’on ne se loge. A l’exception d’une vingtaine d’habitations, plus palais que maisons, celles, par exemple, des Aldama, des Delmonte, des comtes de la Fernandina et Santovenia, dont nos plus beaux hôtels approchent à peine, partout on retrouve les mêmes meubles. Qu’il y a loin de ces salons vides à nos salons européens, dans lesquels tout révèle les goûts, les instincts, le caractère des maîtres du logis ! Le climat le veut ainsi, me dit-on. Au lieu de nos tapis doux aux pieds, gais à l’œil, un sol de béton, composé de sable et de chaux, battu et poli. Au lieu de nos tentures aux riches couleurs, sur lesquelles se détachent des tableaux de prix ou mille riens adorables, des murs blanchis à la chaux, encadrés de guirlandes à la détrempe. Au lieu de nos plafonds blanc et or, au milieu desquels pend un

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

Un Parisien dans les Antilles  

Quatrelles / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collectio...

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