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NOS CRÉOLES

« Monsieur, « J'ai l'honneur de venir vous déposer les faits suivants : hier dimanche, vers les 5 heures du soir, étant en voiture, je fus, près du pont de..., arrêté par un misérable de nègre, qui tenait la bride de mon cheval et ne voulait plus me laissé continué ma route. Je suis descendu de voiture et je lui ai demandé le motif pour lequel il agissait ainsi envers un noble citoyen et après avoir été blamé par le peuple je le laissais furieux et continuais ma route pour me rendre chez moi. » (Le misérable nègre poursuit le noble citoyen et s'oublie jusqu’à donner du bâton au cheval et au maître, « coups dont je porte jusqu’à ce jour la trace marquée par une cicatrice bleuâtre », ajoute le plaignant. Après une insinuation que le commissaire de police s’est borné à prendre quelques renseignements, parce qu'il était sans doute l'ami du nègre, la lettre continue ainsi) : « Dans le voisinage, bien des personnes ont vu de la façon que j’ai été maltraité parce nègre ou plutôt par ce misérable. Oui, monsieur le Procureur, je compte sur vous pour me rendre justice ; je n’ai jamais de ma vie frappé et aujourd'hui sans avoir rien fait je suis brutalement frappé par un de ces libres-penseurs du 14 juillet à venir... » (Je est presque partout écrit avec sa première lettre majuscule et la signature est ornée d’un énorme et bizarre paraphe.)

Voici maintenant les doléances d’un petit clan de vrais nègres, molestés par des mulâtres de leur commune (ext. du Courrier de la Guadeloupe, 1 décembre 1882) : c’est un peu long’, mais trop instructif pour que je retranche rien à l’article : er

« Monsieur le Rédacteur, j'ai l'honneur de vous prier

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A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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