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LES

ORIGINES DE LA POPULATION

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santes de la Rome antique ; d'autres enfin accusent un entraînement admiratif vers certains hommes, ou peut-être une velléité naïve et vaniteuse de s’affilier par le nom à des familles du pays ou de la métropole. Fréquemment, la mère donne, sans le moindre scrupule, le nom d’un père... réel ou supposé à l'enfant naturel, qui le. garde et le transmet. Autrefois, jamais le blanc n’eût toléré qu'un noir portât un nom usité dans la caste1 et même on allait ordinairement chercher pour l’esclave baptisé, dans les recoins ignorés du calendrier orthodoxe, les noms sanctifiés les plus extraordinaires ; on imposait indifféremment au nouveau-né des noms masculins ou féminins, sans se préoccuper du sexe, comme pour ajouter au ridicule de certaines appellations ; on donnait pour nom un numéro d’ordre, une locution usuelle, etc. Quand plus tard on dut se relâcher des sévérités de la coutume, en faveur des noirs affranchis, on leur laissa prendre des noms plus conformes au milieu dans lequel ils étaient destinés à vivre, mais empruntés encore aux couches les plus basses de la population française ou trahissant les sobriquets de la caserne. Il se rencontre enfin dans le monde de couleur, 1 Une ordonnance de 1773 défend aux noirs libérés de donner à leurs enfants d’autres noms, que ceux tirés de l’idiome africain.

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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