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LES ORIGINES DE LA POPULATION

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En général, ces unions, formées par la débauche, n’étaient que passagères, ou bien elles constituaient un simple concubinage. Mais quelquefois elles furent cimentées par des liens légitimes. Si la négresse ne méritait pas toujours d'être admise au foyer régulier, elle savait en certains cas s’en rendre digne par le dévouement. Chose assez surprenante, il ne semble pas que ces mariages aient été aussi mal vus qu’on eût pu le croire à priori, d’après les préjugés de caste : sans doute parce qu’ils étaient la conséquence d’obligations exceptionnelles. Ils étaient d’ailleurs fort rares 1 Les mulâtres, nés de femmes esclaves, furent d’abord affranchis de plein droit à l’âge de vingtquatre ans « pourvu que, jusqu’à ce temps-là, ils eussent demeuré dans la maison du maître de leur mère ». Mais par ordonnance royale, ils durent plus tard conserver le sort de leur mère, suivant le vieil adage, romain, partus sequitur ventrem. Cela n’empêcha pas la formation d'une race métisse, qui se développa de plus en plus belle et vigoureuse, à mesure que les croisements se multiplièrent entre ses éléments plus clairs et les blancs de pur sang, à mesure aussi que des mariages devinrent plus fréquents entre ses propres éléments. Cette race grandit par ses 1 Labat n’a connu que deux mariages de ce genre aux îles du Vent ; il rapporte l’un sans un mot de critique,l’autre avec indignation, mais en raison de la triste réputation de l’épousée.

Ib., 128.

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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