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LES

ORIGINES

DE LA POPULATION

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rence du sang et il ne dédaignait pas de partager ses faveurs entre la négresse et la femme de sa race. « On sera sans doute étonné d’un goût aussi dépravé de la part des blancs, écrit Ducœurjoly ; il est cependant général, soit qu’ils y soient entraînés par l’occasion et la facilité, par l’oisiveté, par l’influence du climat, par l’habitude, par l’exemple, par l’indolence et la fierté des blanches, ou par le peu de soin qu’elles prennent de leur plaire ; et peut-être, dans l’origine de nos colonies (par la disette d’autres femmes ou) par un motif de curiosité... » Ce dernier mobile seul peut expliquer l’abandon de quelques femmes blanches à des nègres esclaves, chose rare, mais qui l’eût été beaucoup moins, d’après le P. Labat, « s’il y paraissait chaque fois que cela arrive 1 ». De ces unions sont sortis les mulâtres. Le clergé catholique, qui assimilait naguère le rapprochement du chrétien et de la sarrasine au crime de bestialité, n’alla pas aussi loin dans nos colonies : il eut quelque pitié pour des faiblesses difficiles à empêcher, et protesta même contre les excès de sévérités répressives, inspirées par une politique de caste défiante et malavisée. Toutefois sa voix resta timide. « Le nombre des mulâtres serait bien plus grand dans nos isles, remarque le P. Labat, sans les peines 1

Nouv. voy. aux isles de l' Amérique, 1724, éd. eu 6 vol., II,

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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