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LES ORIGINES DE

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LA POPULATION

seize ans, 16 à 1,800 livres, l’enfant de huit à douze ans, 1,200 livres; les négresses coûtaient presque aussi cher que les hommes : celles qui avaient des enfants âgés de cinq à six ans ne pouvaient être vendues séparément (non point par charité, l’on ignorait ce sentiment-là dans le monde des exploiteurs qui traitaient le noir en vile bête de somme, mais pour assurer la conservation d’un produit, plus tard susceptible de bonne vente). Puis venait la répartition sur les habitations, l’apprentissage du travail forcé sous le fouet toujours levé du commandeur, les souffrances physiques et morales de toutes sortes, chez les mauvais maîtres, cruels ou insouciants de la pitié, dédaigneux d’un code qui leur paraissait empreint de trop de douceur envers l'esclave (!) et d’ailleurs assez puissants, au milieu des leurs, pour être assurés de l’impunité, même après un crime ; — chez les bons, l’oubli par l’abrutissement. Et l'on osait soutenir que le nègre, aux colonies, était plus heureux esclave que libre, que son sort était préférable à celui d’un grand nombre de nos paysans ou de nos ouvriers, déclaration doublement infâme et à la honte des gouvernements, car elle visait à consacrer la théorie du bonheur des masses par la soumission docile à une caste de privilégiés et elle avouait que le prolétariat métropolitain était pire que l’esclavage colonial. 2.

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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