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LE LANGAGE

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Traduction. Il y a bien longtemps, quand tous les animaux Possédaient la parole, ils étaient tiers et prétentieux1, Absolument comme beaucoup de gens que je connais, Qui voudraient changer de peau pour ne pas paraître Tels qu'ils sont. Il y en avait à gogo Qui faisaient combinaisons pour que leur père et leur [mère Et leurs bisaïeuls sortissent de grande race, Afin de paraître nobles et de monter aux grandes places, Tout comme maints blancs. Alors donc, Le lapin, le singe, le paon, l’âne et le dindon, Le mouton et le léopard tirent mettre dans les gazettes Qu'ils étaient seuls nobles entre toutes les bêtes. Le singe se nomma : gros monsieur le baron. Le bouriquet signa : Le comte Aliboron. Le dindon, gonflé comme un gros coffre2, coupa son [nom, Entre D et I plaça une apostrophe. Le mouton renia son père ; il alla à Paris, Dans un bureau où, pour une poignée d’argent, On change votre nom, besogne malpropre et ignoble, De rôturier on vous fait noble, Et on l’appela : le vicomte Moutonné. Par blason certifié, il fut soi-disant né D'une mère, sortie de la cuisse De monsieur Jupiter, et (déclaré) fils d'une grande déesse. Le léopard à son tour dit qu'il n’est pas bâtard. Il arrange son nom et signe : Le Oppard, Soutenant avec fierté, furie et colère, Que c’est ainsi que son nom est écrit dans le dictionnaire. Dès que le chien apprend cela, il commence à japper ; 1 2

Comme des employés du fisc. Poisson qui se gonfle.

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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