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NOS CRÉOLES

aurait du affermir à tout jamais leur prospérité. A la Réunion [Bourbon), l'histoire du créole blanc est, à peu de chose près, ce qu'elle a été en Amérique. Il y a pourtant quelques différences. L'île a bien été occupée tout d’abord par des aventuriers, auxquels on envoya de Paris des lots de filles, recrutées dans les hôpitaux ou sur la rue ; mais elle était déserte et les Européens n’y ont trouvé personne à voler et à massacrer. Les progrès de la colonisation ont été lents ; ils se sont accomplis, comme par ricochet, à l’ombre de la Compagnie de Madagascar : en 1670, au rapport de de la Haie, il n’existait encore que quatre habitations, avec une cinquantaine de Français, et, au XVIII siècle, la population était demeurée si réduite, malgré l’extrême salubrité du climat, que, pour l’accroître, on alla jusqu'à donner des lettres de naturalisation et d’amnistie à des forbans de diverses nationalités. En 1730, la Compagnie des Indes est incertaine, si elle doit garder l’île ou l’abandonner. On a cependant fourni aux habitants des vivres, des instruments de culture, des noirs en très grand nombre1. Tout va périclitant jusqu’à l’arrivée de La Bourdonnais. Alors tout change de face et la colonie s’élève rapidement au plus haut degré de prospérité. Les mêmes contre-coups e

1 Hist. gén. des voy., XXXII, 433 et XXXI, 399 ; Guët, Les Origines de l’ile Bourbon, Rev. mar. et col., 1886.

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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