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NOS CRÉOLES

les indique quelquefois en faisant précéder le mot du terme papa ou maman ; le plus souvent, il emploie indifféremment les noms comme s’ils étaient neutres ou associe des qualificatifs masculins à des noms féminins ; il ne s’inquiète pas davantage d’indiquer les nombres soit par des désinences, soit par des qualificatifs ; pourtant, le terme yo marque ordinairement La pluralité : Mon femme ou mon fame, ma femme, Yon poule, une poule. Yon négress, yon nèg, une négresse, un nègre. Mon z’enfant, mon enfant et mes enfants. Bon zié, bon œil et bons yeux. Bon zaureill, bonne oreille et bonnes oreilles.

Pas d’article ou un article incorporé au mot, absorbé dans le mot : lagent, lanmou, l’argent, l’amour (Martinique). Il n’y a pas à proprement parler de conjugaison. Le verbe reste invariable. Quelquefois cependant, il semble qu’un accent sur la syllabe ultime, muette, indique le passé : moin pas save (moi pas savoir), je ne sais pas ; moin pas savé, je ne savais pas. Plus ordinairement, les trois temps principaux sont indiqués par des radicaux indépendants, comme dans le wolof et les autres idiomes de l’Afrique occidentale. Dans le créole martiniquais, par exemple, ka marque le présent, té-ka le passé, ké ou kaille le futur. Il y aurait aussi une indication du conditionnel (sé, sré) :

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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