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LE LANGAGE

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Du reste, d’une colonie à une autre, dans les diverses catégories de la population de chaque colonie, parmi les individus de même couche sociale, beaucoup de variations de prononciation comme d’orthographe. Et même dans le choix ou le mode de formation des mots : « A la Guadeloupe, par exemple, on dit : Bitin au Chumise Chuval Avé Ci-là,cé-là gnon, gnonne Moué, mou, Pititt à moué Caze Soucougnian Achité

lieu de Bagaie, effets, bagages, choses, chimise, chemise. — chouval, cheval. — — evec, avec. çà qui, celui-là, ceux-là. — yon, yonne, un, l’un d’eux. — moin, moi. — Yche moin, mon enfant. — Gaie, case. — zombi, revenant, sorcier. — — gangnien, acheter.

« A Cayenne, les changements sont encore plus frappants. On dit moi pour moin (me, moi), so pour li (son, sa, ses), craire pour coué (croire), jin pour janmain (jamais), ké pour évec (avec), sor pour sé (sœur), etc... Deux négresses de Cayenne se rencontrent le matin ; l’une dit : « Bonjou, sor, comment fika ? Bonjour, sœur, comment vous portez-vous ? » A la Martinique, le bonjour se souhaite : « Bonjou, chè, comment ou yé ? » (Turiault)1. Des genres, le créole ne se soucie guère, il 1

Et. sur le langage créole de la Martinique.

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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