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LE LANGAGE

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consonnances glottales ou nasales, yo (eux, on) gnon(un), etc., avec le wolof yi, yu, ya, gni, gnu, gna (ces, ceux, qui), etc. Mais le plus grand nombre des mots créoles ont une origine française. Ce sont des mots français, ou de langage courant, ou de dialectes provinciaux, les uns conservés sans modification, mais non toujours avec leur signification primitive, les autres avec des modifications créées par le caprice, l’ignorance, certaines tendances euphoniques. Beaucoup remontent à notre vieux langage et se retrouvent encore dans nos patois : Bailler, bayer, pour donner ; se virer, pour remuer avec impatience ; dévaller, pour descendre ; se nayer, pour se noyer ; crier, pour appeler, demander quelqu’un ; mitan, pour milieu. La gaule, la robe des mulâtresses, est cette espèce de robe-peignoir que revêtaient jadis nos élégantes dans leur petit négligé : il paraît que la reine Marie-Antoinette ne dédaignait pas ce costume, car ce fut sous une gaule blanche que la fille Oliva se présenta, comme la souveraine, au cardinal de Rohan, et, dans cette affaire du collier, le défenseur du cardinal fait usage d’un mot fréquemment employé parmi les créoles, assassiner, pour léser. Le créole accuse en outre la grossièreté des provenances qui contribuèrent à jeter les fondements de nos colonies, par certaines locutions dérivées du langage maritime. Une mulâtresse

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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