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LES MŒURS PUBLIQUES

ce nouveau mode de reconnaissance. Bien plus, dans les moments les plus critiques, alors qu’elle a besoin de toutes ses ressources pour défendre ses frontières et son littoral, qu’elle est presque aux abois, — on organise contre elle un ingénieux système de drainage, comme dans l’affaire du port et du chemin de fer circulaire de la Réunion. Pas une personne, au courant des difficultés que présentait l’entreprise, n’hésitait à la déclarer au-dessus des forces d’une compagnie. Une compagnie acceptait gaîment l’œuvre, cependant, mais garantie par l’Etat français; puis, les travaux lancés, s'éclipsait, laissant le ministre de la marine en face d’une obligation de rente annuelle de 2 millions... pendant une durée de près d’un siècle ! Et une Chambre française recevait cet aveu d’un sous-secrétaire aux colonies sans bondir indignée, juste au moment où nos armements maritimes paraissaient le plus compromis ! Mais, sur cette affaire, s’était déroulée une élection ; l’intérêt d’une candidature, celui d’un minuscule pays, passaient avant les intérêts vitaux de la nation. Et, comme si ce n’était pas assez d'un pareil coup de Jarnac, quand M. de la Porte, sous l’air d’un bon apôtre, fit mine de vouloir supprimer les marines, établissements devenus inutiles pour le débarquement, si le nouveau port était réellement en condition d’abriter des navires, et de prélever dans ce port un droit d’ancrage qui diminuât la contribution 13.

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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