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LES MŒURS PUBLIQUES

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Je n’apprendrais rien qu’elle ne connaisse aussi bien que moi, à cette excellente administration centrale, et, en faisant le silence sur les peccadilles et les gros péchés de nombre de ses créatures, j’ouvre peut-être à quelques-unes la porte de la résipiscence. Et, en effet, il semble déjà que des pas retentissent sur le chemin de Damas. Je crois du moins entrevoir un heureux changement dans certain aveu échappé à la grande feuille opportuniste (République française du 2 août 1888), à la suite de la mésaventure d’un gouverneur de ses amis. J’enregistre cet aveu avec joie : « Il n’est point de bonne administration possible, aux colonies, si l’on n’assure aux gouverneurs à la fois l’indépendance et la sécurité... Les gouverneurs n’ont, en général, trouvé dans les ministres dont ils relèvent, ni des guides sûrs et constants, ni des soutiens justes et fermes. Mais bien évidemment, ce n’est pas parmi les ministres que se rencontrent les pires adversaires, ni même leurs adversaires accoutumés : c’est surtout parmi les députés des colonies... Un gouverneur, si imposant que son titre et son autorité paraissent à ses subordonnés, humbles et tremblants, un gouverneur n’est qu’un fantoche aux mains du député de la colonie : et je dis le mieux noté des gouverneurs, en face du député le plus novice. Nous en avons malheureusement vu des exemples. Certains ont même été si scandaleux,

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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