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LES MŒURS PUBLIQUES

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à l’assemblée, de terminer la séance en appelant M. Schœlcher — Schœlcher-Louverture 1 ! » La philanthropie noire a été « la plus douce manie » de V. Schœlcher. Elle serait en ellemême fort louable, si elle révélait dans ses formes plus d'intelligence et moins d’aversion entêtée contre le créole blanc. J’ai entendu affirmer, aux Antilles françaises, que l’origine de cette aversion ne reposait pas uniquement sur les tristes souvenirs des tyrannies de l’ancienne caste aristocratique, mais qu’il s’y mêlait un peu de ressentiment tout personnel. Quoi qu’il en soit, Schœlcher est l’oracle, toujours en honneur, bien qu’un peu vieilli, auprès duquel les gens de couleur viennent prendre ou faire semblant de prendre le mot d’ordre. On a beau chercher à déguiser le sens de celui-ci, il n’échappe qu’aux aveugles ou aux observateurs qui ferment, de parti pris, leurs yeux et leurs oreilles : c’est la substitution du mulâtre au blanc. Il n’y a point de vexations qu’on n’imagine contre les planteurs, point de mesures arbitraires qu’on ne décide pour achever leur ruine : la France laisse faire et les persécutés en sont pour 1 On sait que, depuis cette époque, M. Schœlcher a publié une histoire de son héros. Cette histoire, très indigeste, est moins encore un panégyrique outré des nègres, même personnifiés en ces types de coquins qui s’appellent Dessalines et Christophe, qu’une longue diatribe contre les blancs. Pourquoi M. Schœlcher n’a-t-il point établi ses pénates au milieu de ses chers frères et amis ? Il eut été à même de les mieux connaître.

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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