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LES ORIGINES DE LA POPULATION

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« Il y a deux sortes de familles dans les Isles. écrivait le Père Dutertre, les premières sont composées de personnes mariées ; les autres de certains garçons qui vivent en société, qu’ils appellent matelotage aux termes du pays ; ils ont dans la case égale authorité sur les serviteurs ; tout y est en commun et ils vivent en fort bonne intelligence. Lorsque l’un d’eux se marie, ils se séparent et l’on partage les serviteurs...; l'habitation est aprétiée et celuy à qui elle échoit est obligé d'en payer la moitié a l’autre... Toutes les meilleures familles qui sont aujourd'huy dans les Isles ont commencé comme cela : car M. d'Esnambuc et après Juy M. l’Olive n'y ayant mené que des engagez, quand ces pauvres gens avoient achevé leurs trois ans, ils se mettoient deux ou trois ensemble, abattoient des bois et faisoient une habitation sur laquelle ils bastissoient une case, et faisoient des marchandises. Quand l’un estoit marié, il assistoit son matelot à faire une habitation et taschoit de luy acheter quelque engagé, afin de l'aider à gagner quelque chose pour acheter une femme... 1. « Au commencement que les Isles furent habitées, chacun faisoit sa place; ceux qui venoient libres avec des hommes aboient trouver le gouverneur qui leur donnoit gratuitement une place 1 Car les femmes se pavaient et elles choisissaient pour mari le plus offrant.

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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