Page 205

LES MŒURS PRIVÉES

197

d'une famille, donné naissance à des querelles et à des duels malheureux. Ides nègres manient aussi les cartes, chez eux, dans les débits de boissons, au coin des rues. Ou a vu des affranchis, jadis, « hasarder leur fortune, leur femme, leurs enfants, enfin leur propre personne, et devenir par là les esclaves du gagnant, subir leur sort et passer entre les mains des blancs ». (Ducœurjoly.) Pl ns daugcureuse est une autre passion que j’ai à signaler, celle des liqueurs fortes, du tafia et du rhum : elle menace tous les éléments des populations d'une dégénéra tion plus ou moins prochaine, si l'autorité n'y met ordre. En bas, on boit jusqu'à s’enivrer crapuleusement ; en haut, « pour couper la soif », sans comprendre que l’ingurgitation trop répétée des grogs au rhum mène en droite ligue à l'alcoolisme. Mon ami, le docteur Cornilliac. a jeté le cri d’alarme dans un vigoureux article, publié l'an dernier par le journal les Colonies. J’ai écrit moi-même ce que j'avais à dire sur ce déplorable sujet, dans mes études de criminalité créole : je n'ai donc ici qu'à mentionner l'habitude fâcheuse à laquelle prédisposent et le climat et la nature particulière des productions indigènes.

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Profile for scduag
Advertisement