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NOS CRÉOLES

une dépréciation toujours croissante, faute de bras suffisants pour la grande culture. Les planteurs ont été absorbés dans la puissante corporation des usiniers. Ceux-ci ont multiplié les efforts pour soutenir la concurrence contre la betterave et les sucres étrangers ; ils n’ont reculé devant aucun sacrifice pour vaincre ou seulement pour obtenir un partage rémunérateur sur les marchés. A leur tour, ils ont été atteints. Habitations et usines ont sombré ; les écroulements de fortunes continuent, tout s’engloutit dans le goufre du Crédit foncier. Le créole blanc voit ce goufre sans cesse béant et prêt à le dévorer; il ne découvre nulle part de l’encouragement et bien au contraire il n’aperçoit autour de lui que menaces sinistres. Il ne s’arrête pas ! Il lutte avec énergie, intelligence, appelant à son aide le secours de la science. Il luttera jusqu’au bout sans désespérance. Je ne vois rien de plus admirable que cette constance, non dérivée de la routine, mais au contraire, cherchant un appui dans toutes les ressources de l’industrie. Ce combat est, à mon avis, le plus bel éloge que l’on puisse faire du créole blanc, la plus éclatante démonstration de la vitalité de sa race... comme aussi de l’ineptie politique qui conduit à la sacrifier à des éléments de moindre valeur sociologique. * * * Un autre mérite de nos populations coloniales.

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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