Page 150

142

NOS CRÉOLES

l’insuffisance des garnisons régulières. La métropole se repose évidemment sur cette vaillance créole ; car elle réduit de plus en plus le nombre de ses soldats à la Martinique, à la Guadeloupe, à la Guyane et à la Réunion. Au moins devraitelle songer à donner à leurs populations l’organisation sans laquelle aucune force ne résiste aux armées modernes1. Il y a, dans la bravoure créole, quelque chose du chevaleresque des vieux temps. On le voit bien dans la manie du duel. C'est là sans doute une habitude féroce et qui traduit, chez beaucoup d’hommes, les plus détestables instincts. Mais souvent aussi, quand elle se manifeste à propos des choses les plus futiles, parmi des jeunes gens aux allures douces et indolentes, sans colère avant le combat, sans rancune ou exaltation après la rencontre, elle est l’indice d’un dédain de la vie, toujours digne de quelque admiration, alors même qu’on l’estime regrettable. En 1740, par une belle soirée, une douzaine de jeunes gens se promenaient, riant et devisant. « C’est dommage, dit un des promeneurs, que nous n’ayons pas de femmes, nous danserions! Que diable allons-nous faire pour Encore un voile à déchirer ! Le sous-département des colonies affiche bien haut sa confiance en la fidélité des noirs et des mulâtres, déclare que l'ère des discussions et des luttes engendrées par le préjugé de la couleur est à tout jamais close. S’il en est convaincu, pourquoi retarde-t-il indéfiniment la création de l’armée coloniale ? (Voir le chap. IV.) 1

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Profile for scduag
Advertisement