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NOS CRÉOLES

jeunes filles : l’une, de caractère très doux, laborieuse et intelligente, qui venait de perdre son père, officier sans fortune ; l’autre altière, paresseuse, sans aptitudes comme sans bonne volonté, appartenant à une famille de très riches usiniers. A la première, la maîtresse répétait quelle serait obligée de travailler ferme pour vivre, et elle ajoutait, en se tournant vers la seconde : « Ce n’est pas comme vous, Mademoiselle, vous êtes riche, vous êtes destinée à briller dans le monde et à commander, vous en saurez toujours assez. » Et les propos de ce genre attiraient les cadeaux sur la communauté. Ces dames, tant célébrées pour leur humilité et leur désintéressement, ne manquent aucune occasion de faire rendre profits à un sentiment d’orgueil qu’elles connaissent à merveille et caressent avec habileté, mais cynisme. Pas de fête qui ne deviennent pour elles un événement fertile en dons. Est-ce bien là qu’il faut chercher l’amélioration féminine et les partisans de pareilles maisons sont-ils bien venus à tonner contre les lycées de jeunes filles ? * *

*

Mais, qu’il provienne d’une école congréganiste ou d’une école laïque, le créole adulte apparaît presque toujours identique. Ce qui prouverait

Nos créoles  

A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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A. Corre / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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