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LE PERE

LAROCHE,

tique qui le servait, vint lui dire qu’un voyageur et sa fille étant arrivés dans le village le soir précédent, le père avait été saisi d’un mal subit qui faisait craindre pour sa vie , et que, comme on savait que son maître avait quelques notions de médecine , on l’avait chargée de l’engager à visiter ce voyageur malade. Elle ajouta que c’était une vraie pitié de voir ce bon vieillard privé de secours. Smith posa sur sa table le livre qu’il méditait : la douce humanité rompit le fil de ses idées; sa robe du matin fit place à un habit qu’il se hâta de vêtir , et il suivit sa servante. La maison où se trouvait l’étranger était la meilleure du village ; mais elle était bien chétive. Les vents soufflaient à travers le toit entr’ouvert de toutes parts. Un misérable, grabat dressé sur une terre humide, portait le vieillard souffrant. Sa fille était assise à ses pieds : un de ses coudes appuyé sur le dit soutenait sa tête, et ses yeux étaient attachés sur son père. Elle ne vit point d’abord le philosophe ; mais au bruit de ses pas et à ses premières paroles, elle tourna la tête, et un coloris touchant effaça la pâleur de ses joues. Vous

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

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