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SUR

LA

MORT

Combien de fois les Driades A ton approche ont souri, Lorsque dès l’aube vermeille , Gai, sautant, dressant l’oreille , Dans tes folâtres ébats , Tu courais sur l’herbe humide , Tantôt guidé par mes pas , Tantôt me servant de guide ! Dans les jours de mon printemps Je crus aux serments des belles , Je crus aux amis fidèles , Et fus instruit par le temps : Faux , légers dans leurs tendresses, Mes amis et mes maîtresses M’ont quitté dans le malheur ; De cette foule commune Toi seul restas à mon cœur , Et partageas ma fortune. Je t’avais auprès de moi Dans le cours de mes voyages ; Dans les lieux les plus sauvages Je sommeillais sur ta foi. Fier de protéger ma couche , Tu t’armais d’un œil farouche, Et, sentinelle assidu , Toujours prêt à me défendre , Au moindre bruit survenu Ta voix se faisait entendre.

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

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