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CLÉMENTINE.

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Un piége que vous vouliez me tendre? Je n’ose me livrer à cette affreuse idée. Cependant vous Vous êtes lassé d’une réserve pénible. Imprudent ! vous avez détruit le culte que j’aimais à Vous rendre : au lieu de la divinité que j’adorais, je n’ai plus vu qu’un homme vulgaire, esclave de ses passions, emporté par un aveugle instinct, et prêt à lui sacrifier tout ce que le monde entier est convenu de respecter. Et Vous osez vous flatter d’aimer ! Connaissez tnieux l’amour : il sait honorer dans l’objet chéri, jusqu’à sa faiblesse : loin de l’entraîner Vers l’abîme, il l’en détourne, et le soutient s’il le voit près d’y tomber. Il faut croire, monsieur , que vous avez connu des femmes qui ne vous ont point donné de mon sexe une idée bien avantageuse. Voyez a quoi vous a servi leur commerce : à profaner l’asyle de l’hospitalité , à payer d’ingratitude une famille imprudente qui vous ouvrait son sein. Ah ! si vous étiez père ! si vous aviez une fille, une sœur dans le même péril !... Comment cette idée ne vous est-elle pas venue ? Comment n’a-t-elle pas repoussé jusqu’au fond de votre ame les' noires impressions du vice? Plus je réfléchis sur votre audace, plus je vous

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

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