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CLÉMENTINE.

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nois , comme s’il y eût assisté lui-même ; vante beaucoup les anciennes modes , et conserve encore dans ses habits le costume du dernier siècle. Il m’a menée dans tous les coins de son habitation. Peins-toi de longs appartements , où l’on voit pour tous meubles des tapisseries à grands personnages, et des fauteuils à franges ? Dans une de ces salles que M. Norton appelle sa galerie de tableaux, j’ai remarqué douze ou quinze figures aussi rouies que lui : ce sont ses aïeux. J’ai voulu voir la bibliothèque ; j’y ai trouvé peu de littérature moderne, et pas un roman. J’en ai marqué ma surprise au baron , qui m’a déclaré son horreur pour ces livres, en termes si clairs, que je ne me suis plus avisée d’en parler. On a passé dans le parc, et nous y avons fait cinq ou six tours avec un silence qui ajoutait encore à la dignité de notre marche. J’ai su qu’on se promenait tous les jours jusqu’à une certaine distance du château , et qu’il n’était jamais arrivé qu’on allât plus loin. La cloche sonne, nous rentrons pour dîner. Je vois arriver un grand garçon bien décontenancé, bien gauche, qui ne paraît qu’à table , et à qui je n’ai pas entendu prononcer une parole : mais en

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

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