Page 263

CLÉMENTINE.

257

sens à souffrir deux siècles de tourments. Loin de Henriette, que le monde me paraît frivole ! Je ne suis occupé que d’elle; je ne suis bien qu’auprès d’elle : un seul instant où je la perds de vue est un tourment pour moi. Oui, vous ne pourriez vous empêcher de l’aimer si vous l’aviez vue. Elle a la physionomie la plus douce, la plus touchante. Il y a dans ses traits quelque chose de céleste : c’est une sérénité angélique qui donne l’idée d’un bonheur sans mélange. Sa voix.... On dit que la voix d’une amante est la plus douce de toutes les harmonies ; mais celle de Henriette s’insinue avec volupté dans votre ame, et vous croyez toujours l’entendre. Ajoutez à cela une modestie si noble ; elle baisse avec tant de grâce ses longues paupières, elle rougit d’un air si ingénu , qu’on ne peut la voir sans être touché. Nous avons fait, ces jours passés, une promenade sur une petite rivière qui baigne les murs du parc : elle court à travers une longue allée de peupliers et de frênes qui forment des deux côtés une voûte impénétrable au jour. Nous trouvâmes sur le rivage une troupe de villageoises qui dansaient au son de la flûte. Nos dames se mirent de la fête, et je sentis I.

17

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

Profile for scduag
Advertisement