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CLÉMENTINE.

LETTRE HENRIETTE

253

VII. A

SÉLIGNY.

JE ne devais point m’attendre à votre lettre ; je devais m’attendre encore moins, monsieur, aux plaintes que vous me faites , à des aveux qui m’offensent, à des soupçons qui me surprennent. Je n’ai jamais connu la Laine : c’est un sentiment trop pénible , et qui répandrait l’amertume sur ma vie. Eh ! quel motif aurais-je de vous haïr ? Vous ne m’en donnez aucun , et je vous supplie de le croire. Quant à l’amour, il ne m’est pas moins étranger; j’ignore s’il est essentiel à mon bonheur, et si je suis née pour le connaître. L’amour n’est doux que lorsqu’on trouve un cœur qui rend tendresse pour tendresse; et si j’aimais, je sens que je voudrais être aimée sans partage. Mais c’est se flatter d’un vain espoir ; la plupart des hommes n’ont pour but que de satisfaire leur vanité en multipliant leurs conquêtes. . . . Vous ne leur ressemblez point, monsieur, je le veux croire. Ah ! ne leur res-

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

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