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AUX ANTILLES.

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empoisonnait jadis les flèches des sauvages. L’île me. parut n’être qu’un noyau de montagne. Toutes les terres basses qui l’entourent semblent avoir été formées avec le temps par les alluvions de la mer : c’est partout un sable blanc, comme celui du rivage ; et dans le quartier du Souffleur, les rochers eux mêmes sont des couches amoncelées de cailloux , de sable et de coquillages marins. Il n’y a de bois que dans les plaines ; et l’espèce en est petite , maigre , et peu chargée de feuillage. Dans la route que je fis jusqu’à la Baie-Mahaut, je ne rencontrais que des mapoux , arbre triste , sec , rabougri , dont la tige est toujours dans la nudité de l’hiver : des monceaux de raisiniers bordent le rivage de toutes parts : on trouve dans quelques endroits le baume de copahu et le gayac. D'énormes paquets de raquettes s’élevaient en gerbes du milieu des raisiniers , des mamains et des mapoux ; les caratas , dont le s longues feuilles sont chargées d’épines et rassemblées en bouquets d’artichaux , poussaient à une grande élévation des flèches charnues et droites comme des cierges. La terre était tapissée d’un gramen jaune et presque desséché. Quelques parties

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

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