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AUX

ANTILLES.

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de toutes parts. Les bonites et les baleines , en se jouant sur les vagues, y laissaient une longue traînée de lumière , et les sillons du navire étaient comme enflammés. La lune se leva et changea la scène. Des bords de l’orient jusqu’à nous , la surface unie de l’océan parut couverte d’une pluie d’argent , et ses petits flots ressemblaient à des feuilles de nacre agitées par le vent. Les souffleurs, en se balançant sur cette belle mer, jetaient dans l’air des gerbes d’eau qui retombaient en gouttes brillantes. Représentez-vous dans ce moment une troupe de fous dansants au son du violon. Il est impossible d’exprimer le charme que l’instrument répandait dans ce vaste silence et au milieu de ces déserts. Assis sur le bord du navire , immobile, regardant la lune, je me retraçais des temps heureux. Une mélancolie délicieuse me ramenait aux plaisirs de ma jeunesse. Aux airs de certaines contredanses qui Venaient quelquefois me frapper l’oreille, mon cœur se reportait sur des souvenirs attendrissants , et les larmes tombaient de mes. veux. Je crois que cette sensation vive et pénétrante pouvait naître aussi du contraste singulier de notre état d’inquiétude avec la gaîté d’un bah

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

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