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ÉMILE,

COMÉDIE,

SCENE ARISTE, M.

V.

DORVAL.

ARISTE.

Vous avez vu ses craintes ; De son cœur affligé je recevais les plaintes : A l’aimable Sophie empressé de s’unir, Il demande un aveu qu’il ne peut obtenir ; Et d’un refus constant ignorant le mystère ; Il me sollicitait d’en parler à son père. M.

DORVAL.

Ma fille a trop d’orgueil pour lui faire entrevoir Le motif d'un refus qu’il ne peut concevoir. Il est riche, elle est pauvre ; et cette différence Exige pour la vaincre une grande constance. ARISTE. Lui riche ! il n’en sait rien : daigne-t-il s’informer Si sa fortune sert à le faire estimer ? C’est pour lui, grace au ciel ! une ressource vaine : Il donne aux malheureux son temps, ses soins, sa peine, Sa personne 5 et l’argent, à ses dons ajouté, Est comme un superflu qu’il n’a jamais compté. De plus il est robuste , adroit, plein de courage : Le talent qu’il possède est son seul avantage ; C’est un bien que le sort ne lui peut enlever, Et qui le nourrira, quoi qu’il puisse arriver. Si Sophie avait peur d’une telle richesse , Je ne concevrais rien à sa délicatesse.

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

Œuvres de Léonard. Tome I  

Nicolas-Germain Léonard / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antill...

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