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DOSSIER DE PRESSE

PROJET 2010-2011

DU COLLECTIF APPEL DE LA JEUNESSE 1


Appel de  la  Jeunesse  -­‐  Le  Projet  2010-­‐2011  

sommaire Qui sommes-­‐nous  ?

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Histoire du  Collectif Les  associations  membres  du  Collectif

Le Projet

5 12 13 14 18 24 25

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Le contexte Le  texte  de  l’Appel  de  la  Jeunesse Le  but La  philosophie Les  deux  axes  de  débats Les  modalités  de  débats Les  acteurs  du  projet


Qui sommes-­‐nous  ?

Historique du  Collectif  Appel  de  la  Jeunesse En 2008, suite au décès d’un camarade étudiant d’un cancer, les membres de l’association étudiante Regards Croisés décident d’en savoir plus sur cette maladie. Afin de comprendre l’ensemble des facettes de ce sujet, ils ont organisé un cycle de conférence et invité des psychologues, des médecins, des chercheurs en santé environnementale, un chirurgien, un économiste… et même un moine Zen. Au fil des conférences, ils ont découvert que de nombreuses causes de cette maladie sont liées aux activités humaines : alimentation industrielle, agriculture intensive, pollutions chimiques dont nos corps sont imprégnés, rayonnements ionisants (électronucléaire, militaire, médical), téléphonie mobile… Ils ont alors décidé de lancer un Appel de la Jeunesse pour que cesse cet effroyable constat : depuis vingt-cinq ans chaque année en Europe le nombre d’enfants touchés par le cancer augmente. Et la tendance s’accélère  ! Ils l’ont aussi lancé pour que soit reconnue l’épidémie des maladies chroniques (infertilité, diabète, obésité, maladies cardio-vasculaires, allergies, a f fe c t i o n s m e n t a l e s ) e t l e u r s c a u s e s environnementales.

Benjamin Peter ont créé, avec Martin Rieussec de l’association Regards Croisés, le Collectif Appel de la Jeunesse. Au mois de janvier, Timothée Elkihel du REFEDD (Réseau français des étudiants pour le développement durable) a rejoint le Collectif. Ce collectif a pour but de rassembler les organismes étudiants et jeunes qui s’intéressent à la question de la santé et de l’environnement. Il souhaite favoriser l’émergence de modes de vie et de consommation respectueux de la santé, des sociétés et des écosystèmes. Le Collectif Appel de la Jeunesse a eu en décembre 2009 le plaisir d’apprendre qu’il faisait partie de la délégation officielle de la France pour la conférence inter-ministérielle de Parme qui aura lieu en mars 2010. Cette conférence est organisée par l’Organisation Mondiale de la Santé. Avec des jeunes de toute l’Europe, Pascal Conges et Martin Rieussec (les représentants du Collectif Appel de la Jeunesse) ont construit une déclaration qui sera signée par l’ensemble des ministres chargés de la santé et de l’environnement en Europe.

Le hasard leur a fait rencontrer, en février 2009, un représentant de l’association étudiante Fac Verte lors d’une conférence de presse. Le courant est vite passé, le projet de l’Appel l’a intéressé.

Le 25 février 2010 à l’Assemblée Nationale, le Collectif Appel de la Jeunesse lance son projet pour les années 2010-2011. Le 4 mars 2010 ce projet sera présenté au Parlement Européen à Bruxelles et aussi fin avril 2010 lors d’un colloque au Sénat.

Quelques mois plus tard, Audrey Valenta l’association Fac Verte, Gilles Vanderpooten l’association Vive la Terre, Soléane Duplan Réseau Environnement Santé, Robin Rérat

Les associations jeunes et étudiantes membres du collectif sont Vive la Terre, Fac Verte, Regards Croisés et le REFEDD (Réseau français des étudiants pour le développement durable).

de de du et

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Les associations  membres du  Collectif  Appel  de  la  Jeunesse

Réseau de reporters citoyens et club de réflexion, Vive la Terre sillonne la France et le monde à la découverte de solutions aux enjeux écologiques et sociétaux qui engage notre responsabilité collective.

Syndicat étudiant pour la défense de l’écologie au quotidien dans toute la communauté universitaire.

Association d’étudiants en ostéopathie à l’origine d’un cycle de conférence sur les causes du cancer.

Il rassemble les associations étudiantes qui œuvrent pour le développement durable. En tant que réseau, il fonctionne par et pour les associations qui le composent. Trois valeurs fédèrent les membres du réseau : l’écologie, l’équité Nord-Sud et le partage.

Collectif de chercheurs, ONGs de protection de l’environnement, associations de professionnelles de santé, de victimes et de malades en faveur de la promotion du lien environnement-santé.

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« Nous pensons qu’en chacun de nous il y a une partie de la réponse aux défis inédits que rencontre aujourd’hui l'Humanité. » Extrait de l’Appel de la Jeunesse

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Le projet

APPEL

DE LA

jeunesse

1- Le contexte L'Humanité fait aujourd'hui face à deux grandes crises sanitaire et écologique qui, si elles ne sont pas véritablement considérées, vont remettre en cause notre avenir commun. « Le défi qui nous attend n’est rien d’autre que d’assurer la survie de l’humanité. » M. Gorbatchev « Protéger l’environnement coûte cher. Ne rien faire coûtera beaucoup plus cher. » Kofi Annan

A. La crise sanitaire

Cancers : • 1 homme sur 2 1 femme sur 3 Soit 2 couples sur 31 • 2 cancers sur 3 sont liés à l'environnement2 • Selon les dernières statistiques publiées en février 2008 par l’InVS (Institut de Veille Sanitaire), la prévalence des cancers en France a fortement augmenté durant ces 25 dernières années : de 93 % chez l’homme et de 84 % chez la femme, avec 320  000 nouveaux cas de cancers par an en 2005, contre 170 000 en 19803. Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer www.fmrc.fr/sinformer/les_statistiques.php Rapport « Cancer and the environment » 2003 NCI NIEHS (Lichtenstein 2000) 3InVS www.invs.sante.fr/surveillance/cancers/estimations_cancers/default.htm 6 1 2


• Les cancers ayant le plus augmenté sont les cancers hormono-dépendants, c'est-à-dire très liés aux influences hormonales (œstrogènes surtout et androgènes) : le taux du cancer de la prostate est multiplié par 5 en 20 ans avec 62  000 nouveaux cas par an  ; 50  000 nouveaux cas par an pour le cancer du sein4. • L’étude de Steliarova-Foucher sur l’évolution du cancer de l’enfant en Europe met en évidence une augmentation de +1 % chez l’enfant et +1,5 % par an chez l’adolescent depuis 30 ans et conclut « Nos résultats apportent une preuve évidente d’une augmentation de l’incidence du cancer de l’enfant et de l’adolescent durant les décennies passées et une accélération de cette tendance »5. Allergies et asthme • En France, 20 à 25 % de la population générale souffre d’une maladie allergique. Le doublement des allergies en 20 ans s’explique par la prépondérance des facteurs environnementaux. Les allergies respiratoires sont au premier rang des maladies chroniques de l’enfant. La prévalence de l’asthme augmente : elle était de 2 à 3 % il y a 15 ans, contre 5 à 7 % actuellement. Près de 2 000 décès sont enregistrés chaque année, du fait d’un asthme, dont 112 à 204 chez les enfants, les adolescents et les adultes de moins de 45 ans6. Le diabète et les maladies cardio-vasculaires • Le diabète est une maladie courante dont la fréquence augmente à une vitesse alarmante partout dans le monde. En 2000, on recensait 171 millions de diabétiques dans le monde ; leur nombre devrait plus que doubler d'ici 2030 et atteindre 366 millions au total7. • Selon l'OMS, on compterait dans le monde 1,6 milliard d'adultes en surpoids et obèses8, chiffre à comparer à celui du nombre de personne souffrant de malnutrition (840 millions). Depuis, 1998 l’OMS considère l'obésité comme une épidémie.

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InVS www.invs.sante.fr/publications/2009/estimation_cancer_1980_2005/estimation_cancer_1980_2005.pdf

5 AFSSET www.afsset.fr/upload/bibliotheque/301829192144697173518532259520/09_asthme_allergies.pdf

6OMS 7OMS

www.who.int/mediacentre/news/releases/2004/pr31/fr www.who.int/mediacentre/news/releases/2004/pr31/fr 7


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Hypofertilité, infertilité • En 50 ans, la qualité spermatozoïdes a diminué de 50% à l’échelle mondiale10. • Un couple sur sept a des difficultés à avoir un enfant11. • Une étude publiée en 2008 en Espagne indique que la moitié des jeunes espagnols ont un sperme de mauvaise qualité et auront plus de difficultés à avoir des enfants. Les altérations dans la concentration du sperme pourraient remonter à la période embryonnaire (avant la naissance des individus en question) et être dues, dans les zones très industrialisées, à l'exposition de l'embryon à des perturbateurs endocriniens à travers le cordon ombilical. Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui agissent dans l'organisme comme des hormones féminines et tendent à s'accumuler dans l'organisme dans les graisses comme le lait maternel. Ces substances, dont 550 d'utilisation habituelle, répertoriées par l'Union européenne, sont très résistantes à la biodégradation et sont présentes dans notre alimentation12. Au-delà du constat de la crise sanitaire, deux points nous montrent que le lien entre la santé et l’environnement est une notion complexe, celui des incertitudes scientifiques et celui de l’impact sanitaire de contextes sociaux défavorisés. • Il est important de rappeler que la science n’est pas toujours en mesure de dire si des molécules chimiques, des nanoparticules, des ondes électromagnétiques sont néfastes pour la santé ou non. Ainsi les recherches scientifiques sur les impacts sanitaires des nouvelles technologies et des produits chimiques sont souvent limitées. De plus les conclusions des études scientifiques font fréquemment l’objet de désaccords. Enfin parfois, les risques ne sont pas quantifiables. Nous disposons d'un faisceau d’indices, mais l'ensemble des éléments ne permettent pas de calculer une probabilité. Quelles conséquences doit-on tirer en matière d'action publique ? Doit-on différer toute action jusqu'à ce que de nouveaux résultats (hypothétiques) viennent confirmer le risque ? Quel est le seuil adéquat pour le déclenchement de la décision ? Le fait d'attendre n’est-ce pas aussi prendre le risque de faire plus de victimes ? S. Swan, E. Elkin et L. Fenster, “The question of declining sperm density revisited: an analyse of 101 studies published 1934-1996”, Envionmental Health Perspectives, vol. 108, n° 10, 2000, p. 961-966 www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11049816 11 P. Thonneau et al., “Infertility in France: results of a multicenter survey in three French departments (1988-1989)”, Contracept. Fertil. Sex. (Paris), vol. 20, n° 1, 1992, p. 27-32 www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12343625 12 M. López-Teijón et al., “Geographical differences in semen quality in a population of young healthy volunteers from the different regions of Spain”. Andrologia, vol. 40, n° 5, 2008, p. 318-328 www3.interscience.wiley.com/journal/ 121406862/abstract 8 10


« Nous, membres du Collectif Appel de la Jeunesse, n’acceptons pas de voir de plus en plus de jeunes rencontrer des difficultés à concevoir un enfant. »  Extrait de l’Appel de la Jeunesse

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On peut donc se demander qui va prendre la décision et la responsabilité de celle-ci ? Les décideurs politiques ? La communauté scientifique  ? L’ensemble des citoyens  ? Quelle est la place des entreprises dans cette décision où l’enjeu est l’état de santé de la population ? Il est donc nécessaire de faire des choix dans un contexte d’incertitude. Le drame de l’amiante nous montre qu’il est important d’agir différemment pour mieux gérer les risques sanitaires. Le déclenchement de la décision a été beaucoup trop tardif et se traduit par un nombre très important de victimes. • L’influence des données socio-économiques sur les impacts sanitaires est très importante. Dans un contexte défavorisé, le cadre de vie est de moins bonne qualité et plus anxiogène. Les individus y ont souvent de moins bonnes habitudes alimentaires et une activité physique réduite. Tout ceci se conjugue pour aboutir à une mauvaise santé et une mortalité excessive. Par exemple en ce qui concerne la cirrhose du foie associée à la prise d’alcool, le risque double dans les milieux les plus défavorisés13. Deux attitudes sont alors possibles : inciter les gens à une moindre consommation d’alcool ou agir sur les facteurs de défaveur sociale, sachant qu'en supprimant les causes de la défaveur sociale, il est possible de jouer sur tous les facteurs aggravant la mortalité. Même quand la cause est connue (tabac ou alcool), l'action sur le contexte (pauvreté, exclusion…) peut s'avérer plus efficace du point de vue de la santé publique. Cet éclairage nous montre bien qu’il n’est pas suffisant d’interdire par une série de mesures la commercialisation de molécules toxiques ou faire des campagnes de prévention pour améliorer l’état de santé des citoyens. Mettre en place des actions sur le contexte est aussi nécessaire.

Rapport de l'Observatoire régionale de la santé de 2004 intitulé « Inégalités socio-spatiales de mortalité dans la région Nord-Pas-de-Calais » www.orsnpdc.org/etudes/129868.html 13

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B. La crise écologique

• L’homme est en train de provoquer la 6e grande crise d’extinction d’espèces14. • Le taux d’extinction des espèces s’est accéléré pendant les cent dernières années, pour atteindre à peu près mille fois ce qu’il était avant l’arrivée des humains15. • Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) : près de 25 % des mammifères (1130 espèces) et 12 % des espèces d’oiseaux sont menacés d’extinction16. De plus, 28 % des stocks de poisson sont surexploités ou épuisés17. • D’après le rapport du Millennium Ecosystem Assessment (2005) (groupe de scientifiques internationaux), 12% des oiseaux, 25% des mammifères et 32% des amphibiens pourraient disparaitre d’ici à 2100. Quant aux espèces de poissons et de crustacés pêchés pour la consommation, la quasi-totalité de celles-ci pourrait disparaître des océans d’ici à 2048, d’après une étude parue dans la revue américaine Science18. • La planète se réchauffe à un rythme accéléré : sa température moyenne a grimpé depuis 1976 à un rythme 3 fois plus élevé que celui qui a prévalu sur un siècle. La hausse globale depuis 1900 atteint 0,6°C. Les 9 années les plus chaudes ont été enregistrées après 199019. • Le nombre annuel d’inondations et de cyclones a quintuplé entre 1950 et aujourd’hui. Il est passé de 20 en 1950 à 90 dans les années 199020. • On assiste un peu partout à un appauvrissement des terres. La désertification se poursuit à un rythme galopant. En 1980, le tiers de la surface des continents était désertique. On prévoit que cette fraction passera à 40 % en 2010 et peut-être à 50 % en 202021. Rapport de l'Observatoire régionale de la santé de 2004 intitulé « Inégalités socio-spatiales de mortalité dans la région Nord-Pas-de-Calais » www.orsnpdc.org/etudes/129868.html 14 CNRS www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosbiodiv/index.php?pid=decouv_chapA_p2_f1&zoom_id=zoom_a2_1 15 Robert May, Oxford University et président de la Royal Society, discours à la conférence annuelle de la Society for Conservation Biology, novembre 2001 16 Scientific American, novembre 2001 17 FAO www.fao.org/fishery/topic/3380/fr 18 B. Worm et al., “Impacts of Biodiversity Loss on Ocean Ecosystem Services”, Science, vol. 314, n° 5800, 2006, p. 787-790 www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/sci;314/5800/787 19 Dépêche AFP (17 décembre 2002) 20 S. Planton et P. Bessemoulin, « Le climat s’emballe-t-il ? », La Recherche, n° 335, octobre 2000, pp. 46-49 21 Hubert Reeves, « Mal de Terre », Ed. Seuil, Paris, 2006, 272 p. 11 13


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2- Le texte de l’Appel de la Jeunesse Nous, membres du Collectif Appel de la Jeunesse, n’acceptons pas :

• de voir autour de nous nos parents, nos proches et même de plus en plus souvent nos camarades de classe, touchés par le cancer ;

• de voir de plus en plus de jeunes rencontrer des difficultés à concevoir un enfant ; • de voir se développer les allergies, l’asthme, le diabète, l’obésité et les maladies invalidantes que cela génère ;

• de consommer des produits qui traversent le monde, empoisonnant les populations et leur environnement, et exploitant plus particulièrement les populations des « pays du sud » ;

• d'entendre le discours qui veut nous faire croire que tout cela n'est qu'une fatalité ou ne relève que de la seule responsabilité individuelle.

Nous considérons cet état de fait comme anormal ! • Parce que la pollution chimique généralisée imprègne nos organismes et ceux des enfants ;

• parce que la publicité omniprésente nous pousse à être des consommateurs boulimiques de biens matériels jetables et de mal bouffe ;

• parce que les technologies nouvelles comme la téléphonie mobile, les OGM ou les

nanotechnologies sont développées sans qu’elles aient été sérieusement évaluées au préalable ;

• parce que nous ne pensons pas que notre génération et celles à venir puissent être en bonne santé sur une planète malade.

Nous lançons cet Appel de la Jeunesse pour que le lien entre la Santé et l’Environnement soit au cœur des choix politiques. Nous avons bien conscience que l’avenir de nos sociétés est entre les mains des décideurs politiques ainsi que de tous les citoyens. Nous pensons qu’en chacun de nous il y a une partie de la réponse aux défis inédits que rencontre aujourd’hui l'Humanité. Nous avons confiance en la Société, en ses valeurs, en son imagination, en son intelligence, en sa capacité à se mobiliser massivement et de manière déterminée pour construire un bel avenir, assurer sa pérennité et son épanouissement. Nous pensons que la Jeunesse a un rôle moteur à jouer pour inventer de nouveaux modes de vie et de consommation respectueux de sa santé, de la santé des sociétés et des écosystèmes. 12


3- But du projet Appel de la Jeunesse

« Imaginer et construire avec chacun et chacune une société où les modes de consommation et de vie soient respectueux de la santé des citoyens, des autres sociétés et des écosystèmes. »

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4- La philosophie « En chacun de nous il y a une partie de la réponse aux défis inédits que rencontre aujourd’hui l'Humanité. Nous avons confiance en la société, en ses valeurs, en son imagination, en son intelligence, en sa capacité à se mobiliser massivement et de manière déterminée pour construire un bel avenir et assurer sa pérennité et son épanouissement. Nous pensons que la Jeunesse a un rôle moteur à jouer pour inventer de nouveaux modes de vie et de consommation respectueux de sa santé, de la santé des sociétés et des écosystèmes. »

Nous pensons que la jeunesse et la société sont porteuses de valeurs. Il est possible que la jeunesse et la société se mettent en mouvement et se mobilisent pour changer un certain nombre de paramètres précis lorsqu’elles vont comprendre le lien intime qu’il existe entre la santé et l’environnement, lorsqu’elles vont se rendre compte que l’état sanitaire des enfants et de la population en général se dégrade en raison ( e n t re a u t re ) d ’ u n e d é g r a d a t i o n d e l’environnement. Par le mot environnement nous entendons la d é fi n i t i o n d ’ A l b e r t E i n s t e i n : «  L’environnement, c’est ce qui n’est pas m o i  » . C e q u i r e v i e n t à d i r e q u e l’environnement est ce qui n’est pas déterminé par notre patrimoine génétique. Selon le schéma utilisé par l’OMS, l’environnement  comprend des parts sociale, physique, naturelle et comportementale.

Parmi les différents points qui peuvent évoluer, il y a : 14


1. L e s m o d e s d e v i e e t d e consommation de l’ensemble de la nation : les transpor ts, l’architecture , l’industrie , l’agriculture… par ses modes de consommation et son influence, la jeunesse peut participer à l’avènement d’une nouvelle société. 2. La gouvernance de l’innovation ou comment concilier nouvelles technologies (OGM, nanotechnologies, téléphonie mobile…) et respect du vivant. Nous souhaitons organiser des débats sur l’ensemble du territoire français, dans les écoles primaires, les collèges, les lycées, les grandes écoles, les facultés et les lieux publics car c’est la façon qui nous semble la plus favorable pour qu’une prise de conscience ait lieu et qu’émerge des solutions aux défis actuels. Ce seront des échanges directs de jeunes à jeunes, de citoyens à citoyens et intergénérationnels dans un climat où le but est surtout de réfléchir ensemble plus que de transmettre des connaissances ou de défendre son opinion. L’éclairage par un scientifique (ou via la projection d’un film) d’un enjeu apportera de la matière pour le débat. Trois points nous semblent favorables à une mobilisation de l’ensemble de la nation : 1. La plupart d’entre nous avons un ami ou un membre de notre famille touché par le cancer ou d’autres pathologies

dues en partie à la dégradation de notre environnement. 2. Le sentiment d’appartenance à une dynamique que peuvent ressentir les jeunes et les citoyens ; la dynamique du Collectif Appel de la Jeunesse. En effet, la simultanéité des débats sur l’ensemble du territoire et la perception par les jeunes et les citoyens que l’Appel de la Jeunesse est un projet qui s’inscrit dans un cadre national et européen peut faciliter la prise de conscience que chacun peut véritablement être vecteur de changement et apporter sa contribution à l’aventure collective. La perception d’œuvrer et de participer à une grande aventure collective peut faire lever des résistances à la mobilisation telle l’idée très répandue que ce sont des enjeux (le changement climatique, la go u ve r n a n c e d e l ’ i n n ov a t i o n , l’augmentation du nombre de cancers…) si complexes et vastes que l’on ne peut rien faire. 3. Un autre point nous semble favorable, c’est celui de l’effet boule de neige. On peut espérer que lorsque des jeunes (par exemple de l’Université Sud Bretagne) vont parler à des lycéens de la façon dont ils ont pu mettre en place une alimentation de qualité dans leur cantine, ces lycéens se rendront compte que cela est possible et accessible. L’expérience des initiatives réalisées peut permettre d’aller plus vite pour les autres et avec plus de facilité. 15


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Nous pensons que la prise de conscience des nouvelles générations aux enjeux santé-environnement est une clé essentielle pour qu’il y ait des changements profonds et durables dans notre société. Nous demandons des Etats Généraux au mois de mai 2011 qui actent d’une année d’écoute de la société française au sujet de son avenir et des enjeux qu’elle rencontre. Ses Etats Généraux sont l’occasion de faire part des solutions imaginées par la jeunesse et les citoyens aux défis sanitaire et écologique actuels. Nous souhaitons que ses Etats Généraux s’inscrivent dans la continuité d’une année de débats et non de façon isolée, marginale. Nous ne souhaitons pas de mesures « parachutées  » par des responsables politiques qui ne seraient pas forcément suivies d’effets sur le terrain.

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« Nous ne pensons pas que notre génération et celles à venir puissent être en bonne santé sur une planète malade ». Extrait de l’Appel de la Jeunesse

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5- Les deux axes de débat

Le point fondamental de tout le projet est d’aborder des sujets complexes sous forme de questions. Il ne sera jamais question que les intervenants prennent position sur un sujet. Libre aux citoyens, jeunes, étudiants, lycéens, collégiens de se forger leurs propres opinions. • Quelles représentations la jeunesse et la société ont-elles du futur ? Quels sont leurs craintes et leurs espoirs ? Quel est leurs futur idéal ? • Quelles sont les conséquences de nos modes de vie et de consommation sur notre santé, les sociétés et la santé des écosystèmes ?

Détails des deux axes de débats 1)Quelles représentations la jeunesse et la société ont-elles du futur ? Quels sont leurs craintes et leurs espoirs ? Quel est leur futur idéal ? Il nous semble important d’être à l’écoute en premier lieu de la jeunesse et de la société. A l’écoute de leurs craintes, peurs, appréhensions mais aussi désirs, envies et espoirs. Cet axe de débat sera l’occasion de découvrir les convergences et divergences d’aspirations au sein de la jeunesse et de la société. Se poseront alors les questions : • Nous rejoignons-nous sur des points essentiels ? • Aujourd’hui notre société se dirige-t-elle vers la réalisation de ce que souhaitent majoritairement la jeunesse et la société ? 18


2)Quelles sont les conséquences de nos modes de vie et de consommation sur notre santé, les sociétés et la santé des écosystèmes ? Quel est l’impact sanitaire, social et environnemental de trois produits de consommation courante : a) Quelle est la vie de nos produits de consommation courante ? A partir de 3 exemples (un portable, un tee-shirt, un déodorant) on réfléchira à, aux : • conditions de recherche et de développement dans lesquelles il a été conçu, • études qui ont été faites ou non pour évaluer la toxicité du produit, de la production à son utilisation et jusqu’à sa fin de vie, • qui finance les études d’impacts du produit sur la santé des populations et des écosystèmes, • rôles des agences sanitaires françaises et européennes, de leur fonctionnement actuel vers un fonctionnement idéal, • transport parcouru par le produit pour aller jusqu’aux consommateurs et aux conséquences du transport sur les écosystèmes et les sociétés, • la pertinence de la consommation et de l’utilisation du produit en question, • la durée de vie du produit, •

l’influence éventuelle de la publicité sur la consommation du produit,

• la satisfaction que ce produit nous procure. Contribue-t-il au bonheur ? • quel est le cycle optimal d’un produit, de sa conception à sa fin de vie, au niveau de son impact sanitaire, environnemental et social.

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Notre assiette à la loupe : b) «  Notre assiette à la loupe  »  : quelles sont les conséquences de notre alimentation sur notre santé, les sociétés et la santé des écosystèmes ?

• Quel est le contenu de notre assiette actuelle ? D’où provient ce que l’on mange  ? Quelles sont les conséquences des différents modes de production et de transport des aliments sur la santé des sociétés et des écosystèmes ? Que mangeaient nos grands-parents? Quelle serait une alimentation idéale pour nous et la planète ? • Qu’est ce que l’agriculture biologique ? Est-ce une vraie garantie ? Nourriture de qualité et agriculture locale, est-ce la clé d’un avenir durable ? • Les OGM dans notre assiette, y en a-t-il  ? Si oui quelles sont les connaissances actuelles de leurs impacts sur la santé ? Qui fixe les seuils de dangerosité et autorise la commercialisation  ? Quelles sont les différentes agences sanitaires ? Comment fonctionnent-elles ? Quel est le rôle de l’Union européenne sur cette question ? • Nos aliments sont de plus en plus emballés. Parfois des molécules du contenant migrent dans le contenu (ex. : le bisphénol A). Quelles en sont les conséquences pour notre santé? Ce type de pollution pourrait-il expliquer en partie l’augmentation du surpoids  ? La baisse drastique de la qualité des spermatozoïdes ? L’augmentation du nombre de cancers ? Depuis peu, les nanomatériaux ont fait leur apparition dans notre quotidien. On en trouve dans les aliments, l’automobiles, le textile, l’électronique, le bâtiment, les médicaments, les cosmétiques… et sans qu’on le sache toujours d’ailleurs. Pourquoi ces nanomatériaux se sont insérés dans notre alimentation ? Quels en sont les intérêts ? Y a-t-il des risques pour notre santé ? Qui a financé les études d’impact sur la santé humaine des nanoparticules ? Les résultats ont-ils été rendus publics ? Pourquoi l’étiquetage des produits alimentaires qui en contiennent n’est pas obligatoire ?

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• Comment notre alimentation contribue-t-elle à notre état de santé ? Dans quelle mesure notre alimentation contribue-t-elle à nos capacités intellectuelles  ? Quelles sont les liens entre l’alimentation et notre système immunitaire  ? Notre alimentation peut-elle faciliter en nous un état de sérénité ? Ce que l’on mange influence-t-il nos émotions, nos humeurs ?

La question du transport : c) Quelles sont les conséquences pour notre santé, la santé des sociétés et des écosystèmes des différents modes de transport qui existent  : train, vélo, marche, bateau, bus, tramway, voiture, avion ? Comment mesurer et comparer leurs impacts ? Quels seraient des modes de transport idéal ? •

Notre génération est de plus en plus touchée par l’obésité et le surpoids, pourquoi ? Quel peut être l’apport du sport et des modes de transports tels que le vélo ou la marche ? Quels sont les effets bénéfiques du sport sur notre organisme et notre psychisme ?

Le changement climatique : d) Y a-t-il des impacts de nos modes de consommation et de vie sur le changement climatique  ? Si oui, comment les mesurer  ? Comment les limiter ?

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Mettre en débat les indicateurs de santé de la société, des écosystèmes et de l’activité économique : e) Nos modes de consommation et de vie ont des impacts sur notre santé et les écosystèmes, en témoigne la 6ème extinction de masse de la biodiversité dont l’Homme est en partie responsable. La veille écologique et sanitaire actuelle est-elle suffisante  ? Quels indicateurs seraient possibles pour mesurer l’état sanitaire des populations et des écosystèmes  ? Serait-il pertinent que ses indicateurs deviennent les indicateurs phares de nos sociétés  ? Aujourd’hui, notre indicateur phare est le PIB (produit intérieur brut). Que mesure-t-il ? Et que ne mesure-t-il pas ?

De l’épanouissement individuel : f) Quels impacts ont nos modes de vie et de consommation sur notre manière de penser  ? Nos modes de vie et de consommation sont-ils favorable à l’épanouissement de l’individu ? Quels seraient des modes de consommation et de vie idéaux ?

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« Nous avons confiance en la société, en ses valeurs, en son imagination, en son intelligence, en sa capacité à se mobiliser massivement et de manière déterminée pour construire un bel avenir, assurer sa pérennité et son épanouissement. » Extrait de l’Appel de la Jeunesse 23


Appel de  la  Jeunesse  -­‐  Le  Projet  2010-­‐2011  

6- Les modalités de débats et la préparation des Etats Généraux

Nous pensons que le plus constructif sera les échanges directs, de jeunes à jeunes, de citoyens à citoyens et les échanges intergénérationnels. Nous souhaitons quatre espaces de travail différents : 1) Premièrement, des débats au sein des écoles primaires, collèges, lycées, grandes écoles, facultés et les lieux publics en petit comité (20 personnes). Ce qui sera un climat très propice pour les échanges, pour que chacun puisse donner son avis. A chaque débat une production est réalisée et mise en ligne sur www.appeldelajeunesse.org 2) Deuxièmement, les membres du conseil scientifique de l’Appel de la Jeunesse interviennent dans les collèges, lycées, grandes écoles, facultés et les lieux publics. Les interventions ont lieu dans des amphithéâtres. A chaque débat une production est réalisée et mise en ligne sur www.appeldelajeunesse.org 3) Troisièmement, le site internet www.appeldelajeunesse.org est un espace où chacun peut s’exprimer sur les deux grandes thématiques et prendre 24

connaissances des contributions de chaque débat qui a eu lieu. 4) Quatrièmement, dans le but de démultiplier la mise en place des débats sur tout le territoire français et ainsi le déploiement du projet nous souhaitons mettre en place au niveau national et régional des formations sur la le lien entre la santé et l’environnement. Ses formations seront mis en place à l’attention des futurs animateurs de débat. Plus ceux-ci seront compétent, plus la qualité des débats sera élevé. Les débats ont lieu localement puis des rencontres sont organisées entre les villes, collèges, lycées, facultés qui participent au projet. Lors de ces rencontres les solutions pensées et imaginées aux crises sanitaire et écologique que rencontre aujourd’hui la société sont mutualisées, des échanges ont lieu et de nouvelles contributions à l’aventure collective voient le jour. Cellesci sont mises en ligne sur le site internet. Les Etats Généraux commencent au mois de mai 2011. Ils actent une année scolaire d’écoute de la société française au sujet de son avenir et des enjeux qu’elle rencontre. Ces Etats Généraux sont l’occasion de faire part des solutions imaginées et mis en place par la jeunesse et les citoyens aux défis sanitaire et écologique actuels.


7- Les acteurs du projet a) L’organisateur du projet, le Collectif Appel de la Jeunesse : 1. Membres du Collectif Appel de la Jeunesse : Un groupe de travail constitué de 15 personnes. 2. Le parrain de l’Appel de la Jeunesse : Gilles-Éric Séralini, président du conseil scientifique du Criigen. Les membres du conseil scientifique : André Cicolella, président du Réseau Environnement Santé.  Roland Desbordes, président de la Criirad. Lylian Le Goff, docteur en médecine. Pierre Le Ruz, président du Criirem. Yorghos Remvikos, universitaire.  Denis Riché, docteur en nutrition. Dominique Belpomme, président de l’Artac. Charles Sultan, membre du conseil scientifique du Criigen. 3. Et les soutiens du projet Appel de la Jeunesse : Jean-Paul Jaud, réalisateur de « Nos enfants nous accuserons ». Marie-Odile Bertella-Geffroy, vice-présidente, au Tribunal de grande instance de Paris. Michéle Rivasi, députée européenne. François Veillerette, président du Mdrgf. Philippe Desbrosses, agriculteur, docteur en sciences de l’environnement. Dorothée Benoît-Browaeys, déléguée générale de Vivagora. b) Soutiens de la société civile : Criigen, Criirem, Criirad, Mdrgf, Vivagora, Campus Responsable, Artac, Intelligence Verte.

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Appel de  la  Jeunesse  -­‐  Le  Projet  2010-­‐2011  

« Nous pensons que la Jeunesse a un rôle moteur à jouer pour inventer de nouveaux modes de vie et de consommation respectueux de sa santé, de la santé des sociétés et des écosystèmes. » Extrait de l’Appel de la Jeunesse

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PRISE DE  NOTES

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CONTACT Robin Rérat

Trésorier du Collectif Appel de la Jeunesse 06 28 23 62 77 Martin Rieussec Coordinateur du projet 2010-2011 Président du Collectif Appel de la Jeunesse Fondateur de l’association Regards Croisés 06 27 95 92 48 martinrieussec@gmail.com Collectif Appel de la Jeunesse 32 rue du Paradis 75010 Paris

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Projet 2010-2011 - Dossier de Presse  

Les points forts du Projet du Collectif Appel de la Jeunesse, condensés dans un dossier de Presse.