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When architects Meet engineers Magazine

PATRIARCHE&CO

Dossier

Novembre 2012

Les infrastructures universitaires du XXème sc : réhabilitations et mutations

ACTUALITE CONCOURS : Centre des congrès d’Annecy


EDITO

//////////////////////// Eloge de la réhabilitation

Le marché de la réhabilitation représente une part importante de notre activité. Nombre de bâtiments construits dans les années 1960-70 nécessitent une remise à niveau technique, règlementaire et fonctionnelle. Mais l’intérêt dépasse ces simples considérations. Loin des effets de mode que l’architecture contemporaine d’aujourd’hui développe consensuellement, l’architecture 60/70 est riche : peu enseignée dans les écoles, souvent focalisées sur les grands maîtres modernes, elle voulait « changer la vie ». 1968, le vent de la contestation souffle sur la France. 1969, on marche sur la lune. Les conditions sont réunies pour accoucher d’un concentré architectural de l’époque : Beaubourg ! L’art pour tous, la technologie au service de l’homme, la ville ouverte. Notre agence, fondée il y a 50 ans, est profondément ancrée dans ces réflexions et possède un héritage fort qui nous rend attentif au passé comme source d’inspiration. L’architecture universitaire (celle que nous réhabilitons majoritairement maintenant) est alors marquée par les pédagogies anti autoritaires, par la volonté de se connecter avec les quartiers voisins pour tendre vers une civilisation communautaire, pluridisciplinaire. Nous assistons à une mue profonde qui touche tous les domaines. L’Ecole d’architecture de Nanterre, de Jacques Kalisz, est à ce titre emblématique. Le concept de combinatoire d’éléments inspirée du vivant, favorise les relations entre les étudiants permettant ainsi une fluidité de l’information. Elle est aujourd’hui en danger et risque la démolition. La production architecturale de cette ère est riche d’architectures méconnues que nous redécouvrons pour la remettre à flot : Alpexpo de Jean Prouvé, La Faculté de médecine Necker de André Wogensky, L’université Lyon 2 de René Dottelonde, L’INSA de Rouen de Marcel Genermont. Chacune de ces « œuvres » nous confronte à la « France à Papa » et se pose alors la question : quelle posture pour adapter une architecture marquée par des choix de civilisation au système de valeur contemporaine ? Force est de constater que certaines idées ont conduit à l’échec, comme l’ouverture totale sur la ville de certains bâtiments par des rues intérieures qui aujourd’hui, vandalisées, doivent être fermées. Nous pouvons cependant être nostalgiques du foisonnement d’idées et des débats passionnés qui manquent à notre société actuelle pour la rendre meilleure : « Changer la vie », n’est ce pas le rôle de l’architecte ?

Bernard Maillet Architecte Patriarche & Co

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sommaire /// PATRIARCHE&CO

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EDITO-SOMMAIRE /////////////// ID-CARD ///////////////////// STEP de la Feyssine - Lyon (69) Restaurant Boiron - Messimy (69) Restructuration restaurant - Poisy (74)

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ACTUALITES /////////////////////

Chantier Savoie Technolac - Koala/Fennec Concours Toulouse - Patriarche remporte le projet pour le CROUS Livraison - Fin de chantier pour Viry (74) Concours - Centre de congrès d’Annecy Alpexpo - Chantier Madagascar - Ça bouge ! Patriarche Resort - Rénovation Allemagne : en course sur 3 concours Etude - Saint Michel de Maurienne

Actualités/

Rubrique « les petites annonces » Les derniers postes à pourvoir Rubrique « A ne pas manquer » SIMI - CONTAMINEXPO - FORUM ETP

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DOSSIER ///////////////////////

DOSSIER

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ZOOM ////////////////////////

zo om

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MELTING POT /////////////////

DIRECTION Directeur WaMe Damien Patriarche REDACTION Emilie Rollet GRAPHISTES Agence komix.fr PHOTOGRAPHIES Mohsen Ozlati

Les infrastructures universitaires du XXème sc : réhabilitations et mutations

Zoom projet : Baignade de St Chaffrey Zoom scénographie : « Architecture et couleur »

Le yarnbombing, le tricot urbain. Rubrique « Marque page » Salon Alpes Home, les 10 incontournables Design « J’ai RDV avec WaMe » - Blandine Patriarche

Meltingpot

Ont collaboré à ce numéro : Fabienne Burdin Sebastien Clert Elisabeth Lucchetti Bernard Maillet Blandine Patriarche Damien Patriarche Mathilde Patriarche Xavier Patriarche Gilles Ragot

est le magazine de Patriarche & Co. - Ce document a été réalisé par Patriarche & Co. Les photos et images présentes dans ce document sont la propriété de Patriarche & Co, de ses partenaires ou de ses clients. toute reproduction sans un accord préalable est donc interdite. - Graphisme komix.fr. - Le magazine est imprimé sur du papier recyclé. - Novembre 2012.

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STEP de la Feyssine Lyon, 69 - France

Le projet d’aménagement de la station d’épuration de la Feyssine est un projet de paysage, vivant et évolutif dans le temps. C’est un projet qui fait corps avec le site et qui s’étire entre le canal de Jonage et le boulevard périphérique Nord de l’agglomération de Lyon. Ce projet se compose de trois bâtiments : le bâtiment de traitement (bât. principal), le bâtiment d’exploitation et le Cemagref. Le bâtiment principal s’apparente à un ouvrage de Génie Civil très linéaire et relativement bas. C’est une ligne tendue dans le paysage qui renvoie à l’horizon du fleuve. La façade se compose selon 3 ordres : - un soubassement minéral - une coursive ceinturant l’ensemble du bâtiment sur laquelle se déroule le circuit de visite. - un dernier niveau plus vitré dans lequel s’organisent les bureaux et les locaux du personnel. La toiture est végétalisée et laisse deviner l’existence de deux patios au dernier niveau. L’entrée dans le bâtiment se fait au travers d’un mur végétalisé toute hauteur sur 14.5m de large, immergé dans un bassin écologique. Ce bâtiment est à la fois porteur de l’identité du projet et respectueux de son environnement naturel proche. L’ensemble de l’usine, à forte connotation industrielle, est volontairement laissé brut, sans artifice, mais enveloppé d’un rideau de bambous, comme une vêture. Les bâtiments sont donc perçus au travers d’un tamisage végétal.

Conception et réalisation d’une station d’épuration. Architecte : Patriarche & Co Maître d’ouvrage : Communauté Urbaine du Grand Lyon Superficie : 18 160 m² Métiers : QEB Lauréat de concours 2008 – Livraison fin 2011

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Restaurant Boiron

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Messimy, 69 – France

Les Laboratoires BOIRON envisageaient la construction d’un nouveau restaurant d’entreprise sur leur site situé sur la commune de Messimy (69). Un bâtiment qui permettrait de répondre de façon plus adaptée à leurs besoins qui avaient fortement évolué. Le projet comprenait également la construction d’un bâtiment destiné au tri des déchets et aux services généraux (sanitaires et vestiaires, petit atelier...). Ce projet de restaurant a vu le jour fin 2011, un bâtiment avec une galerie centrale sur double hauteur permettant d’apporter de la lumière aux salles de restaurant, et abritant en R+1, les locaux techniques. Le projet comprend un mur béton qui longe un jardin paysagé et débouche sur une terrasse en bois, abritée par une pergola métallique, support de végétation grimpante.

Conception et réalisation d’un restaurant d’entreprise Architecte : Patriarche & Co Maître d’ouvrage : Boiron Structure Métallique : Duverney Ingénierie Cuisines : Fluitec Superficie : 1 630m² Métiers : Economie, Travaux Livraison 2011

RestructuratioN

restaurant Scolaire Poisy, 74 - France

Le lycée agricole de Poisy a souhaité restructurer leur ancien restaurant scolaire en foyer pour les élèves. L’ensemble des fonctions de ce nouveau programme prend place dans l’emprise de l’ancien bâtiment : le foyer de vie dans l’ancienne salle de restauration des professeurs, le pôle vie scolaire dans l’ancienne cuisine et les salles de classe dans l’ancienne salle de restauration des élèves. Des volumes toutes hauteurs, des espaces ouverts et lumineux et une circulation fluide. Le projet de restructuration prévoyait également la reprise des façades, tant au niveau architectural que thermique.

Restructuration du restaurant actuel en foyer, pôle vie scolaire et salles de classe. Architecte : Patriarche & Co Maître d’ouvrage : Lycée agricole Poisy Requalification du site : 11 185 m² Métiers : Energie, Economie, QEB Livraison été 2012 #12 - novembre 2012


//////////////////////// //////////////////////// //////////////////////// //////////////////////// //////////////////////// //////////////////////// Notre actu en temps réel : évènements, concours //////////////////////// gagnés, démarrage de chantiers, nouveaux //////////////////////// projets, … pour être au plus près de notre activité ! ////////////////////////

Actualités

Chantier Savoie Technolac Koala/Fennec

contenant chacun deux studios équipés pour le plus grand confort des résidents. Lancement du chantier prévu pour début 2013.

Alpexpo Chantier

Infos + Entreprise Générale : Patriarche DB Maîtrise d’œuvre : Patriarche & Co Industriel bois : SOREC Superficie : 2830 m²

Livraison

Fin de chantier pour Viry (74)

Le projet Koala/Fennec se compose de deux bâtiments de bureaux reliés entre eux par une plateforme de panneaux polycristallins. Malgré leur ressemblance et leur organisation similaire, chacun des bâtiments est destiné à un maître d’ouvrage différent. Le Koala appartient à la Société d’Aménagement de la Savoie (SAS) et sera livré début octobre ; le Fennec quant à lui, appartient à Dumas-Lattaque et sera livré à la fin de l’année. A suivre.

Le premier écoquartier de Haute Savoie a été livré fin juillet dernier. Le projet se situe dans une ZAC en construction sur la commune de Viry, 42 logements BBC répartis en deux fois deux bâtiments R+2 + Attiques. Dans le cadre de cet écoquartier, l’aménageur et la commune de Viry ont également porté un projet de chaufferie collective bois, très engagé dans l’environnement. Cette chaufferie permet d’alimenter en chauffage et en eau chaude sanitaire de nombreux équipements publics : l’EHPAD, l’école primaire, l’école maternelle, l’espace culturel et l’ensemble des logements de l’écoquartier. La chaufferie a été livrée début septembre et inaugurée le 05 octobre dernier.

Infos + En cours Le Koala : 4035 m² Le Fennec : 4035 m² Label Minergie

Infos + Maître d’ouvrage : SEDHS Superficie : 3 465 m²

Concours Toulouse

Centre des congrès d’Annecy

Patriarche remporte un projet pour le CROUS L’agence vient récemment de remporter un concours pour une résidence étudiante sur le site de la Cité Universitaire Ponsan-Bellevue à Toulouse. 100 logements à destination des étudiants, modulaires reproductibles et à un prix compétitif dans le cadre du logement social. Le bâtiment sera composé de modules en bois

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Concours

Sur les 128 agences d’architecture candidats au concours international lancé par la communauté de l’agglomération d’Annecy, Patriarche & Co a été retenue pour la conception du futur centre d’expositions, de séminaires et des congrès d’Annecy. En lice contre les agences Dominique Perrault, Rogers Stirk Harbour + Partners et Snøhetta arkitektur, ce concours promet une belle compétition ! Prochaine réunion du jury prévue pour début décembre.

La rénovation du parc évènementiel ALPEXPO Grenoble avance à grands pas. Prochaine et dernière phase de rénovation (Hall Marandjian) prévue pour l’été prochain. A suivre !

Madagascar

Ça bouge !

Patriarche & Co vient de réceptionner le chantier de la Maison d’accueil à Amparibe pour les Sœurs Notre Dame du Cénacle. Sur 2755 m², le bâtiment contient des chambres pour les retraitants, une salle à manger et des salles de réunion pour le catéchisme, les recollections / retraites et l’accompagnement spirituel. Une chapelle d’une centaine de places vient également s’accrocher à la maison d’accueil, marquant le caractère religieux du site. L’inauguration du bâtiment a eu lieu récemment avec la bénédiction de l’évêque. Par ailleurs, le chantier du centre d’accueil Soavimbahoaka à Madagascar pour les sœurs Notre Dame du Cénacle vient de commencer. Ce centre a pour vocation de regrouper sur un même site une maison de retraite pour les Sœurs Agées, une maison « apostolique » et un noviciat. Sur une surface de 4724m², toutes les fonctions nécessaires à l’hébergement, au repos, aux soins, à la prière et à l’accueil apostolique se retrouveront. Une architecture résolument contemporaine sans renier le caractère et les thèmes propres à la culture malgache.


Actualités // PATRIARCHE&CO

Patriarche Resort

Allemagne

Flashez moi pour découvrir toutes les actualités

En course sur 3 concours !

Rénovation

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L’agence est actuellement retenue pour la conception de Proteinzentrum à Halle, pour un centre de médecine et Microbiologie à Münster et pour des laboratoires à Bonn. Résultats attendus avant la fin de l’année !

Ou rendez-vous sur www.wame.fr

Etude

Saint Michel de Maurienne, Cœur de ville. Patriarche Resort rénove le chalet SHL situé à Méribel, station authentique au cœur des 3 Vallées. Le projet consiste à rénover et agrandir le bâtiment tout en conservant son esprit d’origine. Chalet haut de gamme avec de très beaux volumes. Livraison prévue pour Noël ! I PATRIARCHE RESORT : facebook.fr & patriarche-resort.fr

Patriarche & Co réalise actuellement une étude sur le devenir urbain du secteur de l’ancien lycée technique Général Ferrié pour la Commune de Saint Michel de Maurienne. En effet, les élus souhaitent disposer d’une vision d’ensemble sur ce site stratégique en cœur de ville et anticiper les constructions à venir. Dans le cadre de cette étude, nous avons réalisé un blog pour suivre l’évolution du projet et des études au fur et à mesure de leur avancement. A découvrir ici : coeurdeville.saint-michel-de-maurienne.com !

A ne pas manquer ! SIMI

Wanted

Salon de l’Immobilier d’entreprises Du 05 au 07 décembre 2012 Palais des congrès – PARIS Stand E108

13ème édition Du 26 au 28 mars 2013 Porte de Versailles, Pavillon 5.1 - PARIS Stand E04

Forum ETP

«

Contaminexpo

Patriarche & Co participera à l’édition 2013 du Forum ETP à Paris. Un évènement au cours duquel se rencontrent plus de 130 entreprises, écoles et universités, et près de 4000 étudiants d’horizons divers. Mardi 8 janvier 2013 - Paris Expo – Porte de Versaille Hall 6.

les petites annonces

Dans le cadre de nos évènements internes, nous recherchons des artistes en lien avec l’architecture. Si vous êtes intéressés, merci de nous contacter à l’adresse : communication@patriarche.fr !

Nous recherchons actuellement :

- Ingénieur Travaux confirmé H/F – Paris Si vous avez le profil, déposez vos candidatures sur notre site internet patriarche.fr, rubrique Carrières !

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Les infrastructures ème universitaires du XX sc : rÊhabilitations et mutations novembre 2012 - #12


Dossier /////

PATRIARCHE&CO

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En France, l’enseignement supérieur a connu de profondes mutations depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : l’augmentation incessante des effectifs étudiants ; la démocratisation de l’enseignement supérieur ; l’évolution des offres de formation et des programmes de recherche… Ces changements se sont accompagnés d’une transformation sans précédent de la situation géographique et du visage des constructions universitaires. En effet, tout en conservant un cadre institutionnel pérenne jusqu’en 1970, les Universités se sont progressivement dotées de multiples implantations principalement sur leur territoire régional. Avec l’application de la loi Faure votée en 1968, elles disparaissent au profit de plusieurs unités. Aujourd’hui, ces établissements universitaires ne sont plus adaptés à leurs besoins quantitatifs et qualitatifs en constante évolution compte tenu des nouvelles technologies, de la rigidité des normes et des contraintes budgétaires, des nouvelles formations… En effet, ces constructions originales des années 60 connaissent aujourd’hui des situations d’échec : de nombreuses réhabilitations sont donc nécessaires dans ce parc immobilier n’ayant guère évolué ces dernières années.

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Faculté Necker

Paris, 75

Réhabilitation IGH

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P°18

Restructuration Bâtiment K

Un véritable changement de programme

Université Lumière

Université Blondel

Bron (69)

Mont Saint Aignan (76)

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Faculté Necker

Paris, 75

Réhabilitation IGH Patriarche & Co, associé à HENN ARCHITEKTEN a remporté en 2011, le concours de la réhabilitation du site de la faculté de médecine Necker, appartenant à l’université Paris Descartes. Le rayonnement international et un environnement scientifique exceptionnel sont les enjeux essentiels de cet ambitieux projet de restructuration du pôle de recherche de l’université Descartes, afin que soient logées au sein d’un même bâtiment plusieurs activités pluridisciplinaires au profit d’un but commun. Réhabiliter un bâtiment conçu par André Wogenscky, inscrit au patrimoine du XXème siècle, implique de comprendre sa vision d’architecte et de respecter les concepts qui ont conduit l’œuvre. Pour André Wogenscky, l’architecture ne se définit pas par la matière qui la compose (comme la pierre, le béton) mais par l’organisation de formes dans l’espace. Les proportions, les volumes et les rythmes créés dans l’espace définissent pour lui, fondamentalement, l’architecture. Le rythme, élément essentiel de son œuvre, provient de la juxtaposition de formes diverses dans l’espace, formant une unité qui, au-delà des questions fonctionnelles, devient purement esthétique. Mais A. Wogenscky avait surtout pour devise : « Voir des hommes avant de s’autoriser à voir des formes architecturales ». Pour lui, être architecte signifiait mettre tout son savoir dans la création, comprendre et se mettre à la place de ceux qui vivront dans cette architecture. Dans le cadre de la réhabilitation, notre objectif est, non seulement de redonner au bâti une force en accord avec le concept originel, mais avant tout de réussir la reconversion, afin de répondre aux nouveaux besoins des utilisateurs en plaçant l’homme au centre de la réflexion. En 1992, Gilles Ragot, Architecte et historien a été chargé de mettre en ordre un fond très complet, avec A. Wogenscky de son vivant, couvrant l’ensemble de sa carrière. En 2011, il réalise une étude architecturale et patrimoniale sur le C.H.U Necker. Gilles Ragot est aujourd’hui intégré au projet en tant qu’expert en architecture moderniste.

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id card ./ Université Paris Descartes Réhabilitation du site de la faculté de médecine Necker Architecte : Patriarche & Co Associé à HENN ARCHITEKTEN (mandataire) Maître d’ouvrage : Université René - Descartes - Paris V Superficie : 22 000 m² Management de projet, Travaux, QEB En cours


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Parole d’expert avec Gilles Ragot Architecte et Historien Comment aborder la réhabilitation de la faculté de médecine Necker ? Gilles Ragot : Travailler sur l’existant, quelle que soit sa qualité patrimoniale, implique les mêmes contraintes et la même attention que l’intervention sur un site supposé « vierge ». Il s’agit d’analyser au préalable, avant toute proposition, les qualités du lieu, de révéler son identité et d’identifier, aussi clairement que possible, les dispositifs architecturaux existants qui traduisent et matérialisent ces qualités. Ce n’est pas autre chose, il me semble, que ce que Patriarche & Co nomme le « génie du lieu ». L’existant n’est qu’une variante du contexte. La faculté de médecine Necker a ceci de particulier qu’elle est également signée de la main d’un architecte renommé, André Wogenscky dont l’œuvre est majeure et dont l’aura est amplifiée car il fut pendant 20 ans, de 1932 à 1952, le chef d’agence de Le Corbusier. La faculté de médecine Necker est donc aussi un témoignage majeur de l’héritage de celui qui a marqué, comme nul autre, l’histoire de l’architecture contemporaine. On mesure donc combien, dans ce cas, les architectes chargés de sa réhabilitation marchent sur des œufs, car tout le monde les attend au tournant. De ce point de vue, il faut souligner que l’initiative prise par Patriarche & Co de faire appel à un historien pour conduire une étude préalable visant à resituer cette œuvre dans son contexte historique, à établir ce qu’il était lors de sa livraison et à restituer ce que fut son évolution jusqu’à aujourd’hui est une démarche encore trop rare. Elle fait évidemment émerger de la connaissance sur l’édifice, mais ajoute également une « couche » supplémentaire de contraintes. Mais comme aimait à le dire Le Corbusier, l’ancien patron de Wogenscky, « l’architecture est la mise en ordre des contraintes ». Toute contrainte nouvelle peut donc devenir une force de projet. Comment intervenir dans un ouvrage comme celui-ci sans le dénaturer ? GR : Vous employez le verbe « dénaturer » à juste titre. Comme je l’indiquais précédemment, il s’agit en premier lieu de cerner les contours de cette nature du projet de Wogenscky, d’entrer dans sa logique

de projet, d’identifier son vocabulaire architectural. Une fois ce travail établi, la solution ne réside cependant pas dans le pastiche, ni dans le mimétisme. Il s’agit plutôt de conserver les principes de projets, les intentions qui ont été celles de l’architecte d’origine. Je souscris à l’approche de l’architecte italienne Gae Aulenti qui disait « Le risque, lorsqu’on travaille sur un édifice historique, c’est précisément de le regarder de façon historique, de subir les conséquences stylistiques et de tomber dans l’anecdote d’images. Si l’on regarde l’édifice au contraire comme une géographie, un terrain, un paysage, non comme un paysage Renaissance ou Romantique, plutôt une topographie, on ne retient que des éléments physiques très concrets : certains axes, certaines dimensions, certaines liaisons, des passages d’un lieu à un autre, des volumes, des nœuds. Si l’on regarde l’édifice avec cet œil, on ne s’oppose pas alors à l’œuvre de l’architecte qui vous a précédé, mais on agit librement, sans faire de pastiche ». Cette approche est d’autant plus légitime dans le cas de la faculté de médecine Necker qu’il s’agit d’un édifice toujours dans son activité d’origine : il est vivant. Il s’agit donc de préserver en premier lieu cette vie. Cet édifice est un outil au service de l’enseignement et de la recherche. Il doit le rester et l’objet de la réhabilitation est d’abord de préserver cette activité première pour laquelle Wogenscky la conçu. Cela implique donc de considérer en premier lieu les contraintes nouvelles qui sont liées à l’évolution de l’enseignement et de la recherche sur près de quatre décennies. Quelles sont les qualités exceptionnelles de ce bâtiment ? GR : Ces qualités ne sont pas toutes exceptionnelles, mais elles sont d’une grande cohérence et s’inscrivent pleinement dans l’histoire de l’architecture moderne

dont l’édifice est un témoin de qualité. Il serait réducteur de les résumer en quelques mots, mais il me semble que ces qualités principales qui fondent le projet sont d’abord celles d’une écriture éprise de simplicité : Wogenscky joue de l’opposition de formes primaires, d’une géométrie simple et en tire une composition d’une grande clarté dans le contraste entre le socle et la tour, avec entre les deux ce grand espace vide et transparent. La seconde qualité me semble être la maîtrise et la mise en scène de la circulation sur le parvis et dans l’édifice. Wogenscky a conçu un rez-de-chaussée d’une grande transparence qui prolonge l’espace du parvis. Cette transparence allège l’impression de masse qui se dégage de la tour, offre une multitude de contacts visuels entre intérieur et extérieur, et permet une véritable promenade architecturale amplifiée par les deux grandes trémies d’origines qui met en contact l’espace d’enseignement du sous-sol et le hall d’entrée. Enfin, et sans être exhaustif, j’ajouterai aussi l’attention accordée par Wogenscky pour introduire des éléments de rupture de perturbation dans une composition très ordonnée, grâce à sa gamme personnelle de couleurs, mais aussi grâce aux sculptures de Marta Pan.

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En 49 ans, les programmes changent, évoluent… Le programme - 1962 Défini en début d’année 1962 et approuvé le 14 avril de la même année, le programme du C.H.U Necker est un peu plus important que celui de Saint-Antoine. Prévu pour 960 étudiants et une cinquantaine d’enseignants, chercheurs et personnel administratif, il comprend principalement, des locaux d’enseignements, salles de cours, amphithéâtres, des laboratoires de recherche, des bureaux et un restaurant universitaire sur une surface totale estimée à un peu plus de 13 000 m². Ce programme lié à des activités de recherche en perpétuelle évolution, ne cessera de changer au cours des études, et même pendant la période de chantier.

Le programme - 2011

A-t-il été fragilisé par des adjonctions apportées au fil du temps ? GR : Certaines de ces qualités ont disparu, ou ont été amoindries, mais toutes ces altérations sont probablement réversibles. La principale transformation est le comblement progressif du rez-de-chaussée. A l’origine Wogenscky conçoit cet espace comme une sorte de place publique intérieure où l’on passe, on l’on stationne pour discuter, rencontrer des amis, et d’où l’on repart pour aller à l’administration, descendre vers les espaces d’enseignements que l’on domine et que l’on voit par les deux grandes trémies, ou simplement ressortir. Mais l’une des trémies a été comblée pour regagner quelques dizaines de mètres carrés, et tous les espaces d’agrément et de circulation le long des façades de verre ont été comblés par quelques bureaux. C’est probablement l’altération majeure avec l’ajout du court de tennis sur la dalle à l’arrière du bâtiment et toutes les adjonctions techniques parasites qui altèrent profondément les abords de l’édifice. Les modifications de cloisonnement dans les services de l’administration ou dans les étages de la tour ne sont pas dramatiques car elles ne remettent pas en cause les qualités premières de l’édifice et s’inscrivent dans cet esprit de modularité et de flexibilité voulu par Wogenscky pour ces espaces de travail.

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Le nouveau programme prend en compte, entre autres, le désamiantage total du site, la mise en sécurité incendie, la création de laboratoires modulaires, de plateaux scientifiques communs et de zones d’enseignement. Cette restructuration lourde prévoit également de créer des espaces dédiés à la recherche et à la vie étudiante, de réaménager et agrandir la cafétéria actuelle, et de créer une animalerie. Une prise en compte totale de la qualité environnementale et de l’accessibilité sera également effectuée.


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Interview Bernard Maillet Architecte, Le bâtiment aura-t-il un nouveau « visage » ? BM : La caractéristique principale de l’ensemble est sa situation en cœur d’ilot. Ainsi, c’est après être passé sous un porche, au numéro 152 de la rue Vaugirard, que la faculté se découvre enfin. Le bâtiment se présente sous une forme parallépipèdique, dictée par l’organisation interne, sur 9 niveaux en superstructure et se donne à voir au visiteur sous un pignon plein et monumental. L’effet architectural est saisissant et l’effet de masse blanche force au respect. La construction repose sur un socle de deux niveaux inférieurs qui contient les fonctions d’enseignement général et les fonctions communes. Ce socle constitue par ailleurs le parvis d’entrée. Le visiteur pénètre dans le bâtiment par une porte de faible dimension en contraste avec la masse surplombante du volume, pour être dirigé au niveau inferieur dans un hall typique de l’architecture de Wogenscky dans la lignée d’un Le Corbusier. Les fonctions sont mises en valeurs par un jeu de couleurs primaires. Afin d’apporter de la lumière naturelle au cœur du socle, A. Wogenscky a, astucieusement, percé le socle de patios rectangulaires disposés aléatoirement. Notre équipe poursuit l’idée de maintenir le bâtiment existant dans son expression architecturale de base telle qu’elle a été créée sous la direction d’A. Wogenscky en 1966, tout en l’adaptant aux exigences contemporaines au niveau technique, fonctionnel ainsi qu’esthétique, à l’aide d’interventions ciblées. Une nouvelle entrée: nous proposons de percer le parvis sur une largeur de 24m par 6m pour intégrer dans un volume de verre un dispositif d’accès largement dimensionné. Ce volume léger et transparent se donne à percevoir avec évidence comme l’entrée d’une faculté de renommée internationale. Le volume immatériel respecte l’implantation d’origine et ne perturbe pas la perception du monolithique de l’ensemble, mais au contraire le met en scène.

Quelles interventions sont prévues pour la façade du bâtiment ? BM : Une façade principale recomposée : de l’extérieur, la construction doit annoncer un certain confort au poste de travail, une forme de convivialité qui se devine au travers d’une façade finement ciselée. Actuellement, la façade est aveugle mais sa modénature composée de panneaux émaillés blancs, lui confère une présence frappante. Afin de respecter l’idée d’origine, nous proposons de simplement percer le pignon sur la trame d’origine et de composer un ensemble de panneaux vitrés sérigraphies blancs. Cela conserve l’aspect massif, mais d’une manière beaucoup plus ludique par une disposition aléatoire des éléments. De l’intérieur, cette peau ramènera de la lumière naturelle aux espaces de travail en permettant la vision sur l’extérieur. La recodification de la façade Sud (qui permet d’appréhender d’une nouvelle manière le bâtiment en lui donnant un nouveau visage), le nouveau volume d’entrée, permettent de percevoir le bâtiment, ainsi que ses équipements situés dans le socle d’une nouvelle façon aussi bien que de renforcer l’originalité du lieu. Selon Wogenscky, « le moteur de l’architecture, c’est le présent et la contestation du présent, c’est l’impérieux besoin de mieux faire ». Qu’en pensez-vous ? BM : Aujourd’hui, la fonctionnalité de la construction change, les systèmes de valeur sont différents. La société, le monde du travail, le milieu de l’enseignement, s’attachent au confort, aux postes de travail, à la transparence, au respect de la nature et de l’environnement, à la convivialité, aux échanges fructueux. Wogensky a écrit ces mots dans une période indéniablement contestataire (mai 68). La société française aujourd’hui est

plus consensuelle et les politiques s’accordent relativement sur les grands choix de société. Il est cependant bon de méditer sur les paroles de Wogenscky qui nous rappelle que l’architecte doit être en perpétuelle révolution. Améliorer la vie dans ce qu’elle a de plus simple au plus complexe, répondre aux menaces qui mettent en péril le vivant au travers d’une architecture engagée et citoyenne, c’est, il me semble un fil conducteur de notre agence depuis 50 ans. Wogenscky insiste sur le fait que la forme, celle qui enveloppe les fonctions, ne doit pas être trop rigide pour pouvoir répondre aux évolutions nécessaires du programme. Qu’en est-il pour Necker ? BM : «Proposer un maximum de modularité, tout en répondant aux spécificités de chacun.» Wogenscky a mis en œuvre ce concept novateur à l’époque, ce qui nous permet de reconfigurer les plateaux aisément. Dans le cadre de la réhabilitation, nous reprenons le principe de structure et d’enveloppes tramées et systématisées, qui laissent ouvertes un maximum de possibilités. Un système clair, lisible et fonctionnel permet d’assurer la longévité, l’efficacité et la modularité de l’édifice. Quelle que soit l’évolution des exigences, le support pour y répondre reste stable et fiable. Les laboratoires sont organisés en module de base sur une trame régulière. Le long de la circulation, un système

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tramé de distribution de fluides secondaires rythme les portes astucieusement sur un pas d’organisation de laboratoires prenant en compte les largeurs de paillasses. Cette conception modulaire, déjà pressentie en 1970, permet de répondre à la majorité des cas d’implantation.

Quelles sont les principales étapes du chantier de réhabilitation ? Des parties neuves seront-elles construites ? BM : Notre équipe poursuit l’idée de maintenir le bâtiment existant dans son expression architecturale de base telle qu’elle a été créée sous la direction d’A. Wogenscky en 1966, tout en l’adaptant aux exigences contemporaines au niveau technique, fonctionnel ainsi qu’esthétique, à l’aide d’interventions ciblées. Ceci passe par les phases suivantes : -désamiantage concernés ;

des

éléments

bâtis

- démantèlement du bâtiment ; -nouvelle conception des plans conforme aux règles de sécurité contre l’incendie dans les immeubles de grande hauteur ; -réorganisation de la distribution verticale ; - recomposition de la façade, de l’aménagement intérieur, de la technique du bâtiment et de l’équipement des laboratoires. Dans ce contexte, l’aspect extérieur du bâtiment est adapté aux exigences d’efficacité énergétique actuelles, ce qui, accompagné d’interventions architecturales ciblées, rehausse considérablement la valeur du bâtiment. Plus précisément, il s’agit des mesures suivantes : - amélioration de la situation de l’entrée ; - nouvelle lecture de la façade Sud en tant que nouveau «visage» de la rue Vaugirard. Avec ces mesures, l’apparence d’un bâtiment construit dans une architecture dite moderne classique ne sera pas modifiée, mais renforcée et réinterprétée à l’aide de moyens contemporains. Autrement dit, ceci conduit à la réalisation d’un bâtiment qui tout en répondant aux exigences techniques actuelles reste très clairement ancré dans ses origines modernes classiques.

Quelle est l’écriture des années 60 ? Quelles sont les principales différences entre l’écriture des années 60 et celle d’aujourd’hui ? BM : Il y a une récurrence permanente entre les architectures des différentes époques.

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Des solutions spatiales intéressantes ont clairement été développées par les «modernes» comme le plan libre grâce aux solutions techniques du XXème siècle (poteaux poutres béton). Les façades sont ainsi devenues indépendantes des structures. Ces solutions peuvent toujours être mise en œuvre aujourd’hui avec la même intention spatiale. Nous sommes, en ce sens, loin des effets de mode. Il ne faut pas retenir superficiellement la notion d’écriture 60 mais bien comprendre plus profondément quelle était la conception de l’architecte. Wogenscky maitrise particulièrement le rapport des masses construites entre elles ainsi que la matérialité des surfaces. A ce titre il est exemplaire pour un architecte contemporain et ses bâtiments sont à porter au patrimoine… Les différences s’expriment essentiellement par l’évolution des matériaux et des techniques qui ouvrent de nouvelles possibilités.


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Image 3D réhabilitation faculté de médecine Necker

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Restructuration Bâtiment K Université Lumière Bron (69)

L’université Lyon 2 est un véritable campus pouvant accueillir plus de 15 000 étudiants. La construction, datant de 1969, est emblématique des réflexions engagées après 1968 sur l’enseignement universitaire et sa démocratisation, à travers sa typologie, les formes architecturales et les techniques employées. Ainsi, entre 1969 et 1972, les pluridisciplinarités et les nouvelles pédagogies trouvent un réel écho architectural dans l’absence d’identification des bâtiments, mise en place techniquement par des structures multidirectionnelles constituées en nappes continues réservant la possibilité de déplacement d’éléments modulaires. L’ensemble du bâtiment est construit en charpente métallique à partir de modules carrés tridimensionnels, assemblés entre eux sur une trame porteuse de 6m par 6m. Les façades sont composées de panneaux modulaires de 1.5m de largeur, pleins ou vitrés. De même, à l’époque, les notions d’ouverture au public et de lien entre ville et université étaient centrales et furent matérialisées par la réalisation d’une rue traversant l’université pour mettre en communication deux zones urbaines. Outre la difficulté de cette architecture à engendrer l’appropriation des bâtiments par leurs utilisateurs, le bâtiment a subi les outrages du temps et ne répond plus aux exigences techniques et réglementaires d’aujourd’hui. L’opération de réhabilitation concerne le bâtiment nommé « K Est », situé dans la partie centrale du campus : l’ensemble est constitué de corps de bâtiments et d’espaces extérieurs successifs reliés par une artère centrale qui « chemine » au gré de la déclivité du terrain. Cette disposition compose des lieux ludiques et riches mais l’imbrication des bâtiments entre eux rend difficile la lecture de chaque département et leur gestion sur le plan patrimonial et sécuritaire (incendie, accès des engins de secours). Un des objectifs de cette réhabilitation est de rendre ce bâtiment plus autonome et de le séparer des bâtiments « tiers ».

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id card ./ Restructuration et extension d’un bâtiment de l’Université Lyon 2 Architecte : Patriarche & Co Maître d’ouvrage : UNIVERSITÉ LYON 2 Superficie : 8 815 m2 dont 2 275 m2 neuf Structure, Energie, Economie, Travaux, QEB En cours


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Des façades performantes, adaptation du système constructif. Le système constructif existant est constitué, à partir de petits éléments assemblés, de nappes de plancher tridimensionnelles. Cette structure est parfois extérieure et les façades existantes sont « pincées » dans le procédé. Il en résulte donc des enveloppes très déperditives sur le plan énergétique. Le système, conçu à l’origine comme un « meccano », est par ailleurs modifiable. A travers cette réhabilitation, le nu des façades sera « déplacé » afin que la structure soit toujours intérieure et qu’il n’y ait aucun pont thermique. La volumétrie extérieure sera simplifiée, épurée et les angles générant des points singuliers trop complexes seront supprimés. La nouvelle façade rapportée respectera le vocabulaire d’origine, elle sera également composée sur un principe modulaire de 1.5m d’entraxe. Les niveaux seront marqués extérieurement par des bandeaux horizontaux revêtus de cassettes métalliques blanches et les angles seront arrondis conformément au dessin d’origine. Les vitrages seront remplacés par des châssis à triple vitrage respirant et agrémentés de stores pour la protection solaire. Les matériaux utilisés seront efficients et pérennes pour une image finale sobre mais élégante.

Façade Est

Façade Ouest

Eclaté du principe constructif

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Un véritable changement de programme Université Blondel Mont Saint Aignan (76)

Ce bâtiment universitaire est l’un des premiers à avoir été construit sur le campus universitaire de Mont Saint Aignan. Le bâtiment a été construit de 1959 à 1963 en plusieurs tranches de travaux. Il abritait initialement l’Institut National de Chimie de Rouen (INCIR), puis a accueilli l’INSA à partir de 1985. Les différentes phases de travaux qu’il aura subies le conduiront à sa configuration actuelle. En effet, la première tranche a été construite en 1959 et concernait les bâtiments Amphithéâtre, A, C, D et E. La seconde tranche effectuée en 1963 permettra de construire les bâtiments I et J. En 1992, le bâtiment fera l’objet d’une première rénovation importante lors de la création de l’IUT : construction du passage souterrain sous le hall, mise en place d’un SSI de catégorie A, encloisonnement des escaliers, recoupement des circulations, réfection des menuiseries extérieures, ravalement partiel des façades et réfection de l’étanchéité. En termes d’espace, le défi à relever par notre agence consiste à trouver des moyens plus efficaces de répondre aux besoins d’apprentissage, d’enseignement et de recherche tout en permettant à l’établissement de répondre aux attentes d’un plus grand nombre d’étudiants. Ce projet de restructuration prévoit 18 000m² de locaux réhabilités comprenant des fonctions d’accueil, des fonctions d’enseignement, des laboratoires, des amphithéâtres, des salles de réunion, une bibliothèque et plusieurs espaces de convivialité.

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id card ./ Réhabilitation d’un bâtiment universitaire Architecte : Patriarche & Co Maître d’ouvrage : Rectorat de l’académie de Rouen Superficie : 18 600m² Réhabilitation : 18 000m² Bâtiment neuf : 600m² Management de projet, Structure, Energie, Economie, Travaux, QEB, VRD, Clean Concept En cours


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zo om

Projet 2012

Base de Loisirs et baignade écologique Saint Chaffrey - Serre Chevalier, 05 – France

Lauréat de concours en 2010, notre agence s’est vue confier la conception d’une base de loisirs et de baignade écologique pour la commune de Saint Chaffrey. Ce programme se composait sur plus de 25 487 m², d’une zone de baignade, plusieurs bâtiments et espaces qualifiés tel qu’un restaurant, deux terrains de tennis, une aire de jeux pour enfants, un terrain de pétanque et un théâtre de verdure. Les bâtiments à la structure saine ont été facilement restructurables. En effet, une fois le squelette mis à nu, notre équipe d’architectes a sculpté les espaces intérieurs pour les rendre très performants d’un point de vu énergétique en les isolants par l’extérieur. Cette isolation nous a permis non seulement d’atteindre un bon confort d’utilisation mais en plus de re-designer les bâtiments pour les rendre plus homogènes et plus conformes au vocabulaire architectural de la région.

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En effet, les longues toitures construites sur rez-de-chaussée donnent une allure de camp de base qui mêle une esthétique d’aventure sportive à une architecture de loisirs. Le challenge était alors de jouer la carte de l’intégration architecturale dans le grand paysage tout en offrant une vision dépaysante et ludique au cœur de la base de loisirs. Entièrement revêtus de mélèze, les bâtiments construits sur pilotis revisitent d’une manière contemporaine le chalet traditionnel et permettent aux constructions de rester hors d’eau lors de la montée éventuelle de la nappe phréatique de la Guisane. Le bois qui grisera naturellement au fil du temps, fera peu à peu disparaître les bâtiments au milieu des mélèzes présents sur le site aujourd’hui. Si l’insertion est déjà gage de respect de l’environnement, il en va de même pour les choix énergétiques. En effet, les bâtiments en ossature bois bénéficient notamment d’une enveloppe à isolation renforcée sans ponts thermiques. Le système de chauffage est basé sur une chaufferie collective bois à granules

pour l’ensemble des bâtiments utilisés toute l’année et l’eau chaude sanitaire des douches et de la cuisine du restaurant est produite par des panneaux solaires thermiques intégrés aux toitures. Pour le confort d’été, les baies vitrées sont pourvues de volets persiennés coulissants, ils protègent donc les espaces des éventuelles surchauffes solaires. Un effort tout particulier sur la qualité sanitaire des matériaux a été porté pour le confort et la santé de tous : peintures en phase aqueuse avec des taux de rejet de COV inférieurs à 30mg/l, sols en caoutchouc et sols PVC traditionnels, menuiseries bois et bardages naturellement résistants aux agressions naturelles sans traitements complémentaires. L’ensemble de l’installation est accessible à tous, des jeux de rampes et de terrasses permettent aux personnes à mobilités réduites de profiter pleinement des activités proposées sur le site.


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Rencontre Xavier Patriarche Architecte,

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WaMe : Quel est l’intérêt d’une baignade écologique ?

W : Les coûts sont également comparables au niveau de l’entretien ?

Xavier Patriarche : Le monde d’aujourd’hui est un monde soumis à de vastes pressions, qu’elles soient écologiques, économiques ou encore politiques. Se lancer dans un tel projet permet d’apporter une contribution à un monde meilleur, plus proche de la nature et soucieux du bien-être des personnes. Les arguments qui militent en faveur d’un tel projet sont très nombreux et touchent à la fois à l’écologie, l’économie et au bien-être.

XP : Grâce au système d’épuration biologique par les plantes et les bactéries, toutes les importantes dépenses en produits chimiques traditionnels pour le traitement de l’eau sont supprimées et l’entretien se résume à quelques interventions très ciblées. Par ailleurs, le rituel de vider et de remplir les bassins est terminé, de ce fait, des économies importantes en matière de consommation d’eau et d’heures de maintenance peuvent être également réalisées. Enfin, ces eaux n’ont plus besoin d’être déversées dans les canalisations pour le traitement des eaux usées, réduisant ainsi les coûts indirects du traitement de ces eaux. Economiquement parlant, ce système est le plus rentable. Toute analyse comparative sérieuse permet de le démontrer.

W : Quels sont les avantages d’un tel système ? XP : Ce système offre des avantages écologiques indiscutables : une technique douce par l’utilisation de processus naturels, la création d’un biotope naturel riche et diversifié avec une végétation palustre indigène, une épuration biologique par les plantes et les bactéries et l’abandon total des produits chimiques traditionnels !

W : Ecologie rime donc avec bien-être ? XP : Fini les yeux rouges, le goût du chlore dans la bouche, les mycoses au pied, les baignades dans un univers froid et aseptisé ! Au contraire, c’est goûter aux joies de la baignade dans une eau pure et limpide, du printemps à l’automne ; profiter des berges en pente douce qui abritent une végétation palustre indigène et offrent un milieu de vie pour une faune diversifiée ; retrouver le plaisir simple de la nature, s’évader de la pression quotidienne dans un havre de paix, un mini-paradis ; bénéficier d’une hygiène irréprochable grâce à une régénération biologique continue. Oui, vivre et apprécier, se ménager des instants de paix, de tranquillité et de bien-être. W : Et au niveau économie, cette installation est elle plus coûteuse ? XP : Les expériences ont démontré que les coûts sont comparables, sinon moins chers à ceux d’une piscine de même taille, mais avec bien sûr des effets incomparablement supérieurs ! Ils dépendent largement des options choisies (profondeur du bassin de natation, plage de sable, ajout de pontons ou passerelles en bois, ou autres jeux aquatiques, éclairage de piscine, robot de nettoyage, skimmer actif, etc...).

W : Que diriez-vous aux communes qui pourraient être porteuses d’un tel projet ? XP : Que cela soit à titre privé ou public, se lancer dans une telle aventure, c’est faire preuve d’un bel esprit de pionnier, d’anticipation. C’est aussi manifester le désir d’agir en faveur « du moins de pollution » et offrir un bien-être et un plaisir sans pareil à sa famille, ses amis ou aux concitoyens dont les revendications écologiques deviennent toujours de plus en plus importantes. Les expériences des communes de Saint Chaffrey, Combloux (74), de La Chapelle Saint Sauveur (71) et de Mont près Chambord (41), sont l’illustration vivante de cet esprit pionnier. Leur réussite est sans égal et mérite un détour.

id card ./ Base de loisirs organisée autour d’un bassin écologique Architecte : Patriarche & Co Maître d’ouvrage : Mairie de Saint-Chaffrey Superficie : 2 522 m² 2012

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Clean Concept

Médicaments de Thérapie Innovante (MTI) changement de statut Réglementaire

1. Les médicaments de Thérapie Innovante : Dans le domaine de la thérapie, une nouvelle voie de traitement est en plein essor : les médicaments de Thérapie Innovante. Qu’est-ce que c’est, me direz-vous ? Je vais essayer d’expliquer simplement… • Il existe des médicaments de Thérapie Génique (PTG)… si, si vous les connaissez forcément car ce mode de traitement est sur le devant de la scène une fois par an, le premier week-end de décembre… Si je vous dis « Téléthon » cela vous parle sûrement plus ! Ils ont été les précurseurs du domaine.

Principe de la Thérapie Génique

Un médicament de thérapie génique est un médicament biologique contenant une substance active ou constitué d’un Acide Nucléique recombinant (ADN ou ARN), appelé gène qui, administré à une personne permettra de réguler, réparer, remplacer, ajouter ou de supprimer la séquence d’un gène défectueux. Son effet peut être thérapeutique, prophylactique (traitement ou remède préventif) ou de diagnostic. Son action dépend directement de l’expression du gène ou de sa recombinaison (son intégration) dans la cellule. Mais attention, un médicament de thérapie génique n’est pas un vaccin !

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• Il y a les médicaments de thérapie cellulaire somatique, eux aussi sont des médicaments biologiques. Ce sont des cellules ou des tissus qui ont subi des modifications entrainant la modification de leurs propriétés biologiques ou de leurs fonctions initiales. Le but est de traiter, de prévenir ou de diagnostiquer une maladie à travers l’action métabolique, immunologique ou pharmacologique de ces cellules ou de ces tissus. • Et enfin, il y a les médicaments issus de l’ingénierie cellulaire ou tissulaire, eux aussi sont des médicaments biologiques. Ce sont des cellules ou des tissus qui ont subi des modifications entrainant la modification de leurs propriétés biologiques ou de leurs fonctions initiales de façon à ce que leurs caractéristiques biologiques, leurs fonctions physiologiques ou leurs propriétés structurelles permettent la régénération, la réparation ou le remplacement

d’organes, de tissus ou de cellules défectueuses. Les médicaments de Thérapie Innovante sont issus de ces trois technologies. Hors de ce scope mais il faut le savoir, il y a des médicaments biologiques appelés « Préparations ». Ce sont des produits cellulaires ou tissulaires à finalité thérapeutique. Par contre, contrairement aux MTI, ils ne subissent pas de modification et la destination est la même chez le donneur et le receveur. Par exemple les Cornées pour les greffes.

La Greffe de Cornée


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Depuis 2007, le règlement Européen (CE) n°1394/2007/EC encadre le développement des médicaments de Thérapie Innovante pour les 27 Etats Membres de l’Union Européenne. Ce nouveau texte a considérablement modifié l’environnement réglementaire applicable aux approches thérapeutiques qui font appel aux gènes, tissus et cellules. Il est entré en vigueur le 30 décembre 2008 avec une période transitoire pour les produits déjà sur le marché qui se termine le 31 décembre 2012, date à laquelle tous les MTI devront avoir une AMM pour être mis sur le marché. Ce nouveau texte donne une définition légale des produits issus de l’ingénierie tissulaire. L’ensemble de ces produits est maintenant dans le champ réglementaire des médicaments avec obligation d’autorisation de mise sur le marché par voie centralisée (revue obligatoire par l’EMA). Il définit aussi dans son article 28, une permission hospitalière pour les produits préparés de façon ponctuelle, selon des normes de qualité spécifique. Ces produits doivent être utilisés au sein d’un même état membre, dans un hôpital, sous la responsabilité professionnelle exclusive d’un médecin, pour exécuter une prescription médicale déterminée, pour un produit spécialement conçu à l’intention d’un malade déterminé. Ainsi, ces produits, bien que considérés comme Médicaments de Thérapie Innovante pourront bénéficier d’une Autorisation Nationale i.e. non centralisée. En mars dernier, la France a émis la loi publique n° 2011-302 cadrant en droit national cette permission hospitalière pour les Médicaments de Thérapie Innovante Préparés Ponctuellement (MTI-PP). Les décrets d’application sont encore en attente, néanmoins la loi définit dès à présent certaines modalités et en particulier les exigences en terme de lieu de fabrication, le niveau de preuves attendu, les spécificités de suivi de l’efficacité et des effets indésirables, ainsi qu’une gestion adaptée des risques. En effet, la fabrication des MTI-PP pourra se faire dans deux types d’établissements opérant chacun sous un référentiel de bonnes pratiques spécifiques : - Les établissements pharmaceutiques privés ou publics/associatifs opérant selon les bonnes pratiques de fabrication (BPF) du médicament, - Les établissements autorisés par l’ANSM pour la fabrication des MTI-PP opérant selon les BPF des MTI-PP, dont la publication officielle est imminente, elles sont annoncées comme proches des BPF du médicament. L’enjeu, pour de nombreux organismes, est de bien définir le statut des produits entrant dans leurs activités de soin ou de recherche afin de

déterminer le cadre réglementaire opposable. En effet, de nombreux produits de Thérapie Cellulaire et de Thérapie Génique étaient réglementés en France jusqu’alors comme des Préparations de Thérapie Cellulaire (PTC) ou Préparations de Thérapie Génique (PTG) et fabriqués dans des Unités de Thérapie Cellulaire et Génique régies par les dispositions de la Directive Européenne Tissus/Cellules (2004/23/EC) (Art L. 12431 du CSP en France). Pour exemple, pour la libération de ces produits, la responsabilité d’un Pharmacien n’était pas obligatoire, une personne qualifiée pouvait libérer les lots, contrairement aux établissements Pharmaceutiques. Ce nouveau cadre réglementaire fait disparaitre le statut de PTG, celui-ci devient soit MTI, soit MTI-PP. Pour les PTC, selon qu’ils sont modifiés ou pas, qu’ils soient utilisés pour la même fonction essentielle chez le donneur et le receveur ou non, ils resteront soit dans le cadre réglementaire de la Préparation de Thérapie Cellulaire, soit dans le cadre réglementaire relatif aux médicaments. Une fois le statut des produits définit, les organismes impactés par ce changement réglementaire devront évaluer si leur organisation répond à la réglementation de la fabrication de médicaments. Cette évaluation couvre l’organisation des chaines décisionnelles et des responsabilités, leur système qualité en place ainsi que l’agencement de leurs locaux de production et de contrôle. Ces changements doivent être anticipés et planifiés afin d’assurer la continuité du traitement des patients et des recherches cliniques en cours et à venir. Les enjeux économiques sont important car il est primordiale d’évaluer les coûts associés à cette mise à niveau tel que : - La quantité de travail à fournir en jours/ hommes pour la mise en place de cette nouvelle organisation

En conclusion, ce changement de statut réglementaire permet de mieux cadrer la fabrication des médicaments de Thérapie Innovante, ce qui est une garantie de sécurité supplémentaire pour les patients et leurs familles. Mais pour les organismes académiques, start-up ou sociétés privées, la « marche à monter » risque pour certains d’entre eux, d’être très importante. Les choix seront stratégiques, ils devront s’entourer d’experts en internes et en externes (consultant, cabinets d’ingénierie..) compétents pour réussir ce passage dans les délais impartis. Le pôle Clean Concept de Patriarche & Co a acquis une expérience significative de la production des médicaments de thérapie innovante et connait le cadre réglementaire applicable à chaque produit ainsi que les particularités des locaux permettant leur fabrication. Au travers de ces 19 années d’expérience dans le secteur de la production dont 7 années dans le domaine de la production de vecteurs viraux BPF, Patriarche & Co a acquis l’expertise permettant de cerner et résoudre les problématiques liées aux unités de production BPF. Cette expérience dans le fonctionnement, la construction ainsi que dans le réaménagement d’unités de fabrication de MTIs lui permet de proposer des solutions répondant aux exigences réglementaires qui sont fonctionnelles et adaptées aux procédés de fabrication, contrôles qualité et locaux de production spécifiques à chaque MTI. Le pôle Clean Concept de Patriarche & Co est également régulièrement sollicité pour développer et conduire des plans de formation afin que les nouvelles organisations soient comprises et intégrées par tous les acteurs concernés. Cette expérience lui permet naturellement d’anticiper de façon précise les coûts et les délais à prévoir dans le cadre d’un réaménagement d’unités de fabrication. Nos ingénieurs sont à votre disposition pour vous accompagner tout au long de ce changement.

- L’estimation financière de la mise en conformité des locaux existant voir dans certains cas, envisager un nouveau site de production

P&CO EFS Besançon

2. Le changement de réglementation et son impact

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- L’estimation financière de l’externalisation de leur fabrication dans un Etablissement Pharmaceutique existant en tenant compte des modalités du contrat (confidentialité, savoirfaire, audit de sous-traitance etc..) et des délais de transfert technologique.

Cellule

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somatique - Cellules du corps à l’exclusion

des cellules germinales et des cellules de l’embryon aux premiers stades du développement.

#12 - novembre 2012


Scénographie 2012

EXPOSITION « Architecture et couleur » Conçue et réalisée par Patriarche & Co, Françoise NOVARINA, Artiste et le CAUE de Haute-Savoie. L’exposition « Architecture et couleur » clôture le quatrième outil de sensibilisation à l’architecture «la fabrique de couleur, petites recettes pour rencontrer l’architecture», conçu à l’intention du public scolaire, par le CAUE en collaboration avec Patriarche & Co.

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Zoom /////// PATRIARCHE&CO

Cette exposition donne à voir les productions des élèves, réalisées à l’aide de l’outil de sensibilisation, questionnant de près ou de loin, la place de la couleur dans l’architecture. Cette approche plastique côtoie une dimension plus informative illustrée par des kaléidoscopes de projets, panoramas d’architectures d’hier et d’aujourd’hui, utilisant la couleur, pour «révéler» ou «transformer» l’architecture et les espaces qui la composent.

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Ainsi ces superpositions de «lumière-couleur» viennent épouser un cube central blanc, support neutre «révélateur de couleurs», et surtout révélateur des variations de perception des espaces de monstration crées par la scénographie. Le visiteur est invité à se balader dans l’espace, pour éprouver ses paysages intérieurs en perpétuel changement, la complexité de leur naissance et la fugacité de leur présence.

Afin d’engager physiquement le visiteur dans le rapport étroit tissé entre volume-espace et lumière, l’artiste Francoise Novarina s’est emparée des vitrages délimitant l’espace d’exposition du CAUE, en installant des filtres colorés dialoguant avec la volumétrie du bâtiment, questionnant ainsi leur relation à l’environnement intérieur et extérieur. #11 #12- -mai novembre 2012 2012


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Meltingpot

Le Yarn bombing, Ou le tricot urbain.

Le Yarn bombing (appelé aussi « knit graffiti » ou « Street Tricot ») est une forme d’art urbain qui utilise le tricot. Un joli mélange entre la tradition et la modernité, une mouvance artistique à la croisée du kitch et du underground venue tout droit des Etats-Unis. Lampadaires, troncs d’arbres, façades, ponts, autobus… Les tricoteuses de rue investissent l’environnement de manière décalée et poétique en recouvrant le mobilier urbain de tricot ! Les galeries d’art leur font de l’œil, les happenings artistiques se multiplient et le MOMA (Musée d’Art Moderne de New York) a même acquis quelques œuvres. Le mouvement est né en 2005 lorsque Magda Sayeg a eu l’idée de recouvrir la poignée de la porte de sa boutique de laine à Houston (EU). La pratique s’est ensuite largement diffusée en Europe : en France par exemple, la ville d’Angers a proposé à ses habitants de contribuer, en tricotant, à une action de yarn bombing dans la ville dans le cadre du festival d’art urbain Artaq en mai 2012. Un livre en porte l’étendard: « Yarn Bombing, The Art of Crochet and Knit Graffiti » de Mandy Moore et Leanne Prain aux éditions Arsenal Pulp Press.

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Melting pot// PATRIARCHE&CO

Marques Pages A l’agence, nous avons aussi des passionnés de lectures ! Voici une petite sélection de leurs coups de cœur du moment…

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Toutes les maisons sont dans la nature

Le vestibule des causes perdues

Magazine La Revue durable, n°45.

« Toutes les mamans vont craquer ! »

« Un roman que l’on a du mal à quitter…Dépaysement assuré ! »

« Une revue plus qu’intéressante ! »

Didier Cornille

Mathilde, Graphiste.

10 maisons de grands architectes du XXème siècle expliquées aux enfants, avec simplicité, élégance et fantaisie. A partir de 7 ans (et jusqu’à 77 ans). L’auteur, Didier Cornille fait une petite histoire de l’architecture en nous présentant ces maisons individuelles signées par les plus grands architectes de ces 100 dernières années de Gerrit Rietveld à Sarah Wigglesworth & Jeremy Till, en passant par Frank Lloyd Wright, Le Corbusier, le couple Charles et Ray Eames, Mies Van Der Rohe, Jean Prouvé, Frank Gehry, Rem Koolhaas et Shigeru Ban. Editions Hélium

Avril, 2012 / 25 x 17 / 86 pages

Manon Moreau

Elisabeth, Service concours.

C’est l’histoire de Mara, de Robert, de Sept Lieues, d’Henrique, de Bruce, de Clotilde, de cet homme qu’on appelle Le Breton, de Flora et d’Arpad. Un retraité, un joueur de guitare, un cow-boy, un exégète de Claude Simon, une brunette maigrichonne, un taiseux, une grande bourgeoise fatiguée, un gars que la vie un jour a pris pour un punching-ball… L’histoire de gens qui dans leurs existences urbaines n’avaient aucune chance de se croiser, mais qui tous, un jour, enfilent de grosses chaussures, un sac à dos, et mettent le cap vers les confins de l’Espagne, le bout du monde, la fin de l’Europe : Saint-Jacques-de-Compostelle. Sans se douter que ce chemin vieux comme les contes emporte ceux qui l’arpentent bien plus loin que ce qu’ils pouvaient imaginer.

Dossier : « Ecoquartiers : des aspirations individuelles à l’intérêt collectif ».

Sebastien, Urbaniste.

En 2008, lorsque paraît le premier dossier de La Revue Durable sur les écoquartiers, le sujet ressemble à une friche ferroviaire. Quatre ans plus tard, la friche est un vieux souvenir. Les écoquartiers ou quartiers durables donnent lieu à un vaste et ambitieux chantier qui mobilise professionnels du bâti, élus, administrations publiques et conseillers techniques à tous les étages du territoire, un secteur associatif très présent et des particuliers qui servent leurs intérêts tout en faisant œuvre d’utilité publique.

Editions Delphine Montalant

Février, 2011/ Broché / 397 pages #12 - novembre 2012


Alpes Home

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Alpes Home est le seul et unique salon dans les Alpes à présenter les tendances ‘déco’ les plus originales et les plus folles. Patriarche Resort participe à ce salon depuis plusieurs années. Amateur, professionnel ou simple curieux, chacun peut trouver à Alpes Home ce petit supplément d’âme qui fait de son intérieur un lieu unique et si personnel. Voici une petite sélection des 10 incontournables Design du moment !

Méribel - Les Tendances de cet hiver !

Alpes Home Méribel édition n°04 : 10,11 et 12 août 2013 ! Nous y serons… vous aussi ?

www.alpes-home.com

Lampes fils rouge

Fauteuil Oeuf

by Design heure

by Concept suspendu

Ours bibliothèque by Ibride

Chaises ChAlet by David le tapissier

Sauna by Atelier nordic

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Melting pot // PATRIARCHE&CO

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tĂŞte de cerf Coussins

by Bruno Veyret

by Nathalie de Breda Les affranchis

Table by Un temps pour elle

Salon by Dado Robino

Table de feu by Mobex

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! Blandine Patriarche Blandine est une jeune femme belle, souriante et en plus, super sympa ! ☺ Après avoir suivi un cursus scientifique à l’université de Savoie de 1988 à 1992, Blandine entreprend ses études à l’Ecole d’Architecture de Lyon dont la quatrième année à l’Université de Montréal. Son DPLG, orienté projet urbain, a été obtenu en 1999 avec félicitations du jury sur le thème «l’eau, la ville, les hommes : dialogues et connivences». En 2001, elle participe au concours européen Europan 6 au côté de son mari Xavier Patriarche, sur le thème : «Entre Villes, dynamiques architecturales et urbanités nouvelles» et voit son projet publié dans la revue Urbanisme. Pendant 4 ans, elle travaille au sein du cabinet Anziutti à Lyon avant de rejoindre notre agence en 2005. Rencontre.

Wame : Ce métier était-il une vocation pour toi ? Quand as-tu décidé de devenir architecte ? Blandine Patriarche : Je me suis décidée très tardivement, en fin de dernier trimestre de lycée !! A cette époque, je n’avais même pas encore entendu parler de Le Corbusier... Je ne suis absolument pas issue d’une famille baignée dans l’architecture, à l’inverse de la famille Patriarche ! Mon père est ingénieur agronome, et mes racines maternelles sont ancrées en terre paysanne picarde. Le choix de cette discipline était un peu un pari sur mon devenir, une alliance entre science et art qui m’attirait. J’ai toujours aimé dessiner. Réaliser grandeur nature un bâtiment imaginé sur un bout de papier m’interpelait. Naïvement, je pensais que si mon métier, c’était dessiner… ce serait vraiment idéal ! Je ne connaissais pas encore toutes les facettes administratives, toutes les négociations diplomatiques, procédures et justifications en tout genre du métier d’architecte ! W : Quelles sont pour toi les principales difficultés rencontrées au sein de ton travail ? BD : L’inadéquation quasi récurrente des programmes (quand il y en a un) et des volontés des maîtres d’ouvrage par rapport à leur enveloppe financière… toujours un vrai cassetête…

novembre 2012 - #12

W : Les qualités essentielles pour être architecte ? BD : L’écoute, la curiosité, et une grande humilité. W : Tu es depuis maintenant 7 ans à l’agence, quel a été ton projet préféré ? Pourquoi ? BD : Dans les projets récents, mention spéciale à la baignade écologique de Saint-Chaffrey pour la justesse de la réponse dans ce contexte idyllique ! Je suis aussi sensible au projet de la maison d’accueil Amparibe à Madagascar. W : Tu es maman de 4 jeunes enfants. Vie de famille, vie professionnelle… comment arrives-tu à tout gérer ? BD : Déjà, je ne suis pas toute seule… nous sommes deux à gérer la vie de famille, et çà, c’est primordial. Même si pratiquement, c’est plutôt moi qui gère le quotidien des enfants ! Je crois, cette année seulement, avoir enfin trouvé le bon rythme de travail, et de ce fait l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. W : Il paraît que tu es une personne très calme qui ne s’énerve (presque) jamais… Comment fais-tu pour être aussi zen ? Quel est ton secret ? BD : Le presque est de mise… Il m’est déjà arrivé de m’énerver ! D’ailleurs, certains à l’agence en ont peut-être le souvenir !

Si je m’énervais à chaque fois que « ce monde » m’en donne l’occasion, je serais déjà morte d’énervement ! J’ai donc pris le parti, autant que possible, de ne pas commencer par m’énerver, mais plutôt d’essayer d’écouter, de comprendre, de me mettre à la place de, et surtout de prendre du recul… Ma grand-mère me disait : « ne prends jamais de décision dans la précipitation » C’est un conseil de sage ! W : Si tu étais un instrument de musique ? BD : Un violoncelle ! Pour la profondeur du son, la vibration et l’émotion qu’il procure. Ecouter les suites de Bach par Jean-Guihen Queyras, ça me donne des frissons... W : Une phrase qui te parle ? BD : « Tout détail en architecture doit procurer de la joie » d’Alvar Aalto. W : Un coup de cœur à l’agence ? BD : Le voyage d’agence à Londres en 2006… une belle expérience d’architecture et de partage…


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CONTACT : Emilie ROLLET - e.rollet@patriarche.fr - +33 (0)4 79 25 37 30 / +33 (0)6 23 19 66 41 novembre 2012 - #12

Magazine WaMe #12  

Magazine trimestriel de l'agence d'architectes Patriarche & Co. Dossier principal de ce numéro "Les infrastructures universitaires du XXème...

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