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Palabres de  papiers  –  Les  ateliers  d’écriture   de  Livres  et  palabres  

LE GOÛT  DES  MOTS   Jeudi 26 février 2015

Association Livres et Palabres Maison des associations Palais des Sports et des Congrès Avenue de Brandes 38750 Alpe d’Huez livresetpalabres@laposte.net http://livresetpalabres.canalblog.com


Le goût des mots Cet atelier, animé par Sylviane Teillard, relevait moins d’une thématique que de petits dispositifs destinés à retrouver et savourer le goût des mots… Tel M. Jourdain, les 12 participants dont 2 enfants, bien impliqués il faut l’avouer, ont jonglé sans le savoir ou presque, avec l’orthographe à coup d’anagrammes, homophones et autres homéotéleutes… À la brocante des mots en revanche, il s’agissait de se réapproprier les mots inusités, créant ainsi bredi-breda de courtes billevesées sans prétention. Un petit biscuit chinois dévoilant son secret ? Et voici quelques aphorismes à compléter au gré d’une philosophie bien malmenée… Et pour finir, le plus petit atelier du monde où, à partir d’une courte poésie, s’est inventé collectivement un livre minuscule. Si certains sont des fidèles des ateliers d’écriture, c’était une découverte pour les autres, mais il aura fallu peu de temps pour que tous rient ensemble de leurs inventions. À ne pas prendre les mots au sérieux, à s’en faire des amis, à les laisser nous surprendre, l’écrit se réécrit, avec au bout du crayon le plaisir de retisser les liens de la langue et des autres… Merci à André, Bernard, Christiane, Florent, Jacqueline, Jeanine, Laurence, Liliane, Lyan, Sandrine et Serge, et surtout à Sylviane pour cet atelier plein de saveurs et de surprises !


Pour les férus de la langue française Le plus long mot palindrome de la langue française est « ressasser ». C’est-à-dire qu’il se lit dans les deux sens. « Institutionnalisation » est le plus long lipogramme en « e ». C’est-à-dire qu’il ne comporte aucun « e ». L’anagramme de « guérison » est « soigneur » C’est-à-dire que le mot comprend les mêmes lettres. « Endolori » est l’anagramme de son antonyme « indolore », ce qui est paradoxal. « Squelette » est le seul mot masculin qui se finit en « ette ». « Où » est le seul mot contenant un « u » avec un accent grave. Il a aussi une touche de clavier à lui tout seul ! Le mot « simple » ne rime avec aucun autre mot. Tout comme « triomphe », « quatorze », « quinze », « pauvre », « meurtre, « monstre », « belge », « goinfre » ou « larve ». « Délice », « amour » et « orgue » ont la particularité d’être de genre masculin et deviennent féminin à la forme plurielle. Toutefois, peu sont ceux qui acceptent l’amour au pluriel. C’est ainsi ! « Oiseaux » est, avec 7 lettres, le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u], [x]. « oiseau » est aussi le plus petit mot de langue française contenant toutes les voyelles. Eh oui !


Pour jouer avec l’orthographe En français : deux mots composés des mêmes lettres se prononcent toujours de la même façon ! En êtes-vous bien sûr ? Voici quelques exemples d’homographes non homophones (ces mots s’écrivent de la même façon mais se prononcent autrement suivant le sens) Sortant de l’abbaye où les poules du couvent couvent, je vis ces vis. Nous portions nos portions, lorsque mes fils ont cassé les fils. Je suis content qu'ils vous content cette histoire. Mon premier fils est de l’Est, il est fier et l’on peut s’y fier. Ils n'ont pas un caractère violent et ne violent pas leurs promesses, leurs femmes se parent de fleurs pour leur parent. Elles ne se négligent pas, je suis plus négligent. Elles excellent à composer un excellent repas avec des poissons qui affluent de l’affluent. Il convient qu’elles convient leurs amis, elles expédient une lettre pour les inviter, c'est un bon expédient. Il serait bien que nous éditions cette histoire pour en réaliser de belles éditions. Voyons aussi quelques exemples d’homographes homophones (ces mots s’écrivent et se prononcent de la même façon, mais n’ont pas le même sens) Cette dame qui dame le sol. Je vais d’abord te dire qu’elle est d’abord agréable. À Calais, où je calais ma voiture, le mousse grattait la mousse de la coque. Le bruit dérangea une grue, elle alla se percher sur la grue. On ne badine pas avec une badine. En mangeant des éclairs au chocolat à la lueur des éclairs… En découvrant le palais royal, il en eut le palais asséché. Je ne pense pas qu’il faille relever la faille de mon raisonnement. Voici enfin les homophones non homographes (ces mots ne s’écrivent pas de la même façon mais ont la même prononciation) Le ver allait vers le verre vert Un sot avait pour mission de faire parvenir le sceau d'un seigneur à son roi. Il le mit dans un seau et partit à cheval. Le cheval fit un saut et les trois ( le sot, le sceau et le seau) tombèrent !


Mots d’hier, rares ou vieillis… À la venvole = qui vole au gré du vent Bredi-breda = avec précipitation Cacochyme = de faible constitution Callipyge = qui a de larges fesses Cauteleux = rusé Céladon = vert pâle Céruléen = azure Ingambe = alerte, bien en jambes L’aquilon = vent du nord Mafflu = qui a de grosses joues Odieux = oisif Robin = sot, facétieux Un aliboron = un âne, un homme ignorant Un amphitryon = mari trompé et qui de surcroît accueille celui qui le cocufie Un anachorète = moine solitaire Un chasse-cousin = mauvais vin Un croque-lardon = un parasite Un entrefesson = entrecuisse Un grimaud = mauvais écrivain Un jocrisse = benêt qui se laisse gouverner Un robin = un sot Un roger-bontemps = personne vivant sans souci Une billebaude = une confusion Une billevesée = discours frivole Une cédule = un papier ou l’on notifie quelque chose Une galmafrée = plat mal préparé Une thébaïde = un lieu très retiré


La brocante  des  mots  

Un mafflu, un peu robin, vêtu d’un pull céladon, discutait avec un Roger-bontemps. Cet ocieux qui n’était qu’un croque-lardon lui racontait qu’un jour où l’aquilon soufflait autour d’une thébaïde, il avait aperçu un anachorète cauteleux se cacher pour boire un casse-cousin pendant que son aliboron s’échappait bredi-breda. Notre mafflu pensait que cet amphitryon aurait eu mieux à faire que de raconter de telles billebaudes Christiane

J’étais alors un Roger-Bontemps mafflu, pas un robin tout de même et j’occupais mes soirées à préparer mon vin pour l’hiver mais la grappe était rare, couleur céladon, et je n’obtenais souvent qu’un chasse-cousin aigre-doux. Je notais pourtant chaque année sa composition sur une cédule, mais je n’y mettais pas assez de cœur, trop ocieux que j’étais. Et je mélangeais les dosages, du moins c’est ce que disait ma voisine, une billebaude qu’elle disait ! Elle aussi rate ses plats, nous fait trop souvent des galmafrées bien singulières. Je n’aime pas les critiques, je sens que je vais filer en forêt dans une thébaïde et vivre comme un anachorète. Et foin des remarques, que l’on ne me traite pas de surcroît de croque-lardon ! Sylviane


La brocante  des  mots   L’amphitryon qui était aussi un Roger-bontemps et un vrai grimaud, invita bredi-breda après une billevesée cet aliboron cacochyme pour faire route avec lui. Chemin faisant, à la venvole, sous un ciel céruléen, ils rencontrèrent un robin ocieux et lui demandèrent s’il savait où se trouvait la thébaïde où vivait l’anachorète mafflu et callipyge mais cependant ingambe. Laurence

Pour ces 80 ans, cet homme est ingambe : il fait ses 2 km par jour. Mon gendre est un Roger-Bontemps et la situation ne s’améliore pas, le maire de notre commune est un jocrisse. Je dois partir bredi-breda, j’ai déjà 5 minutes de retard. Finalement je me décide pour un coussin céladon. Liliane Un robin cacochyme voulut un jour jouer le jocrisse. Mal lui en prit, le roi s’en émut et le déclara croque-lardon. Depuis la billebaude demeure : on confond souvent le robin, gentil mais naïf, et le croque-lardon, malfaisant. André

Le papillon céladon s’en va à la venvole, porté par le vif aquilon. Une bien belle image que le grimaud mafflu bien que cacochyme, note bredi-breda sur sa cédule, de peur d’oublier. Hélas, emporté par son élan, l’aliboron commet une billebaude entre l’anachorète et l’amphitryon, ôtant tous sens à sa billevesée. Honteux, le robin s’en fut en une thébaïde, réduit à ne manger que des galimafrées et à ne boire que du chasse-cousin. Sandrine


La brocante  des  mots   Un anachorète qui avait bu un chasse cousin s’est retrouvé au petit matin avec l’entrefesson rougi. Cela était-il dû à la galimafrée préparée bredi-breda par ce robin de cuisinier jocrisse vivant comme un Roger-bontemps et croquelardon au monastère ? Serge

Un anachorète se mit à billeveser avec un robin amphitryon et callipyge de l’endroit où l’on peut trouver des toilettes. Mais il était jocrisse et cacochyme, il ne put parlementer longtemps avec un sot qui le faisait enrager. Il fit donc ses besoins dans un coin. Lilian C’est l’histoire d’un amphitryon ingambe et cauteleux devenu anachorète par obligation suite à son penchant déplorable pour les femmes callipyges et ses visions répétées de l’entrefesson. Bernard

Suis-je un grimaud ? Suis-je ingambe ? Robin ? Cauteleux ? J’essaie de ne pas être cacochyme car je n’ai aucune envie de me retirer dans une thébaïde comme un Roger-bontemps ou un anachorète. Même si l’on décorait ma cellule de céladon ou de céruléen, de déesses mafflues et callipyges, je n’aimerais pas être un jocrisse ocieux. J’écris cette cédule bredi-breda, à la venvole. Jacqueline


Biscuit chinois  

Pour avoir confiance en soi, il faut être entouré de sa famille. Nul besoin d’une armée d’artistes ou de médecins. L’abri de sa famille est un cocon qui nous permet d’agir et de vivre en ville ou n’importe où à la campagne. Jacqueline

Hier, les miasmes de la maison et le marasme ambiant étaient tels que j’ai rangé le livre et pris la route pour découvrir moi-même où se cachaient les amis avec qui entonner le sonnet de la vie. Sandrine

Écoutez, dans mon village, où les maisons sont roses, il y a toujours votre cœur qui aura un habitat chez soi et le ciel vous rendra un quart ou un tiers de centuple. Florent Ce soir-là, une tranche de lune scintillait au-dessus de notre toit, inondant notre intimité de sa clarté… Vous trouverez sans doute nul qu’à cet instant, j’ai pensé que si l’amour consistait à voir le bien partout, cet amour me serait rendu au centuple… Mais moi, j’y ai cru ! Christiane


Biscuit chinois   Mon voisinage était tyranniquement sensible… Toute senteur considérée comme malvenue, même celle du pain d’épice ou de la miche cuisant dans la cheminée. Il fallait que je me débarrasse de cette nichée d’importuns… Les biscuits chinois me fournirent une issue aussi discrète que rapide. À la place du petit papier portant formule, psuit… Un peu d’arsenic comme au bon vieux temps. L’illusion est parfaite. Sylviane

Le chat de mon commerçant aimait ce lieu de vie où à l’heure de la bienvenue, la chaleur et le silence permettaient à la sagesse d’atteindre son plus haut degré. Laurence

Ne vous laissez pas enfermer dans un ghetto. Recherchez le confort de votre grande maison. Invitez la famille, votre gendre et toute sa bande à goûter le délice d’un bon vin, qui vaut bien à lui seul la vie d’être vécue. André

Pendant nos vacances en montagne dans notre chalet, nous dégustons un couscous au mouton… Le moment du dessert arrive et chacun se régale d’une part de gâteau, les conversations s’animent… Je calme l’ambiance : allons, il ne faut pas compter les paroles, il faut les peser ! Liliane Le village aux ruelles étroites semblait ronronner la plupart du temps ; comme endormi. Mais à intervalles réguliers, il s’animait. Les voisins, de leurs balcons ou sur leurs perrons, se mettaient à jacasser et à pérorer ; on entendait alors des billevesées et même des sermons tels que « comprendre, c’est pardonner ». Jeanine


Le plus  petit  atelier  du  monde  !  

Le chat et le soleil de Maurice Carême Le chat ouvrit les yeux Le soleil y entra. Le chat ferma les yeux, Le soleil y resta. Voilà pourquoi le soir, Quand le chat se réveille, J’aperçois dans le noir Deux morceaux de soleil.

Le gros chat mange le gâteau au chocolat sur la table. Les yeux sont le reflet de l’âme, qu’ils soient bleus, noirs, verts ou noisette. Le japon a un nom spécial, le pays du soleil levant. Y resta-t-il ? Y resta-t-elle ? Nul ne le saura jamais. Et l’aquilon souffla. Voilà pourquoi le capitaine quitta le navire en premier. Ce soir je me coucherai tôt car demain j’ai école. Depuis mon réveil, je me sens d’humeur joyeuse et j’espère que ma journée en sera ainsi. J’aperçois tous les soirs à l’orée de la forêt un chamois. Noir, c’est noir ! Pourtant le noir se décline velouté, bleuté, ténébreux… Dans le calme de la nuit, j’admire le croissant de lune, ce morceau de lune ! Que c’est magnifique…


Le goût des mots  

Association Livres et Palabres Atelier d'écriture février 2015

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