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Le Journal de la Médecine du Travail

BULLETIN OFFICIEL DE LA SOCIÉTÉ ALGÉRIENNE DE MÉDECINE DU TRAVAIL SAMT NOUVELLE SÉRIE - N° 22 – Troisième trimestre 2016

 Risques liés à la manufacture de tabac  Risques professionnels et conditions de travail  Problèmes spéciaux  Cancers professionnels  Outils de dépistage en Médecine du Travail


J.M.T.

Le Journal de la Médecine du Travail Bulletin Officiel de la Société Algérienne de la Médecine du Travail (SAMT) N° ISSN : 1112 – 2438 N°22 – Nouvelle Série, Annaba Directeur de la Publication Pr. D. NAFAI – BOUTOUCHENT Secrétaire Général, Chargé de la revue de la SAMT Rédacteur en chef Pr. H. BENMESSAOUD Membres du Comité de rédaction Dr. BELKHATIR Achouaq Dr. CHIBANE Lynda Dr. DJAKRIR Larbi Dr. KHOUDOUR Zoubida Dr. OUAREK Abdesselam Dr. REZAK Amina Dr. ZEMMOURI Nadia Comité de Lecture -

AKIF Nora ARIB Amel BEGHDADLI Benali BENMESSAOUD Hayette BOUCELMA Malika BOUHADIBA Fouzia CHAIB Samia DJAKRIR Larbi DJAZOULI Mohamed Amine FISSAH Aziza GHEZINI Younes GHOMARI Othmane HADDAR Mustapha IDDER Cherifa KANDOUCI Abdelkrim KANDOUCI Chahrazed KORICHI Eseid LAMARA MAHAMED Ameur LIANI Nora NAFAI Dalila NEZZAL Abdelmalek OUAAZ Meriem SEKKAL Samira SEMID Abdelkader TALEB Abdeslem ZATOUT Mohand

Membres d’Honneur : (in memorium) Pr. ABED Djamel Eddine Dr. MASSEBOEUF Sadek Pr. MOKHTARI Radia Conception - Réalisation : IAMA, ISUU Site Web: http://samtalgerie.com Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

SOMMAIRE Éditorial Dossier 1 : Risques liés à la manufacture de tabac 1. Poumon du travailleur du tabac : Réalité et perspective D. NAFAI, F. HAMCHAOUI, A. FISSAH, A. SEMID……………………........1 2. Étude du profil spirométrique des travailleurs d’une entreprise de fabrication de tabac H. BENMESSAOUD, S. DJERBI, D. NAFAÏ, K. BAIRI, C. BOUKORTT, L. YOUNSI, A. SEMID……………………............9 3. Évaluation de l’exposition à la poussière de tabac dans deux unités de manufacture de tabac. D. NAFAI, L. RABHI, C. BOUKORTT, F. BENZAOUI- A. SEMID……………………………………13 4. Évaluation des accidents du travail au sein d’une unité de production de tabac L. YOUNSI, H. BENMESSAOUD, S. MESMOUDI, C. BOUKKORT, A. SEMID………………………………………16 Dossier 2 : Risques professionnels et conditions de travail 1.Risques professionnels et profil de morbidité dans une unité de commercialisation d’engrais minéraux NPK. BOUKORTT C., AOUS A., AMRIOU M., MAHDI A., SEMID A…………………………………………21 2. Travail sur écran et troubles visuels. DJAKRIR L, KEDDARIMANAMANI N…………………………………………………………………………24 3. Conditions de travail dans un centre de transfusion sanguine. L.YOUNSI, H. BENMESSAOUD, A. BOUKACHABIA, M. FERHAT, L. SILAKHAL. C.BOUKKORT, A. SEMID……………………….........................27 4. Les dermatites de contact en milieu hospitalier KHATMI S, SEKHRI H, GUEROUIS S, NEZZAL AM………………………………………31 5. Eczéma de contact chez une infirmière chargée de la préparation des chimiothérapies anticancéreuses. H. BENMESSAOUD, F. IFTICEN, L. YOUNSI, A. SEMID ……………………36 Dossier 3 : Problèmes spéciaux 1. Diabète et travail. KANDOUCI.C, ARAB.A, BARAKA.F, B.A KANDOUCI………………………………………………………………………39 2. Surdimutité et permis de conduire. BELKASSA.A, FERNANE.M, KACED.N, OUAREK.A, HADDAR.M……………………………………………45 Dossier 4 : Cancers professionnels 1. Les cancérogènes en milieu professionnel : stratégies d’analyse et de prévention. Actualisation des résultats. KACED N; ZOUAOUCHA H; LAOUFI S; LAIB-IDDER C; KORICHI S: OUAAZ M; OUAREK A; SELLAM K; CHIBANI F; HADDAR M………48 2. Cancer du larynx dans le secteur BTP : A propos d’un cas. A. BOUKHANNOUFA, H. BENSAID, M. AZZOUG………………………59. Dossier 5 : Outils de dépistage en Médecine du Travail 1. L’intérêt de l’actimétrie en médecine du travail : un outil de dépistage des troubles du sommeil et de vigilance chez les travailleurs S. SEKKAL, Y. BENZAID, A. TALEB……………………………………………62 2. Les examens complémentaires en médecine du travail S. LAOUFI, H. ZOUAOUCHA, S. AIN ALOUANE, M. HADDAR……69 Pédagogie 1.Rédaction et validation d’une procédure standard pour la réalisation d’une monographie des services de soins. TIGHA BOUAZIZ N., TOURAB DJ., NEZZAL AM……………………………………73. 20èmes Journées Nationales de Médecine du Travail Ouargla.


Organes de la Société Algérienne de Médecine du Travail

BUREAU DE LA SAMT

Président : Pr. HADDAR M. – EPH « Djamel Eddine Abed » Rouiba Secrétaire Général : Pr. NAFAI D. – CHU Mustapha Bacha Secrétaire Général adjoint : Pr. BENMESSAOUD H. – CHU Bab El Oued Trésorier : Pr NEZZAL Am. – CHU Annaba Trésorier adjoint : Dr. KHEZZANE Dj. CHU Annaba

Vice-président Région Ouest : Pr. DJAZOULI M.A. – CHU Oran Vice-président Région Centre : Dr OUAREK A. – EPH « Djamel Eddine Abed » Rouiba Vice-président Région Sud : Dr. BABZIZ H.S. – Ouargla Vice-président Région Est : Dr. DERRADJ B. – CHU Bougie

Président du Conseil Scientifique : Pr. LAMARA MAHAMED A. CPMC Alger

Secrétariat du Comité de Rédaction Tél. / Fax : 021651273 Email : secrétaire@samtalgerie.com Email : secrétaireadjoint@samtalgerie.com


Éditorial Il m’est fait l’insigne honneur d’introduire cette riche revue n° 22 du JMT au décours d’une médecine du travail qui s’est transformée au fil du temps en santé au travail, avec une vision plus large de l’analyse du travail et l’introduction d’une collaboration multidisciplinaire. Que dire de ce long chemin parcouru par notre discipline depuis les années 70, en ce temps, les services de médecine du travail n’existaient pas, les enseignants se comptaient sur les doigts d’une seule main. Grâce à la volonté des aînés et maîtres, plus de 1500 médecins spécialistes ont été formés et répartis dans des services et centres de médecine du travail à travers tout le pays. Les articles nombreux et variés de ce numéro témoignent du développement et de la richesse de la santé au travail dans notre pays. L’étude des conditions de travail toujours d’actualité est une nécessité absolue pour la connaissance, la compréhension et l’amélioration des postes de travail et des interfaces « homme/travail ». Ces études permettent aussi de prévenir et d’éviter les accidents du travail, les maladies professionnelles et d’assurer au tant que faire se peut un certain confort et épanouissement au travail dans une perspective d’adaptation au travail, toujours réactualisée. La prévalence annuelle des cancers a atteint plus de 53000 cas, ce fléau, devenu un problème majeur de santé publique est en train de devenir la 1ère cause de mortalité dans notre pays. La prévalence des cancers professionnels telle que relevée par la CNAS ne dépasse guère une dizaine de cas par an. La sous déclaration est manifeste. L’introduction des cancers professionnels dans nos études est la bienvenue pour pallier aux insuffisances et aux anomalies qui seront détectées et permettront ainsi l’élaboration de recommandations de prévention. Quant au dépistage de ces affections professionnelles, nous devons faire un état des lieux et standardiser ce dépistage par l’élaboration d’un algorithme conforme aux recommandations internationales sans oublier les moyens matériels nécessaires aux actions de dépistage. Je souhaite longue vie à cette revue ouverte à tous, ce qui permettra sans nul doute le rapprochement des équipes, la mutualisation des expériences, la confrontation des idées et le perfectionnement pédagogique de tous. Le Président du Conseil Scientifique De la SAMT Pr. Amer LAMARA Mahamed


RISQUES LIÉS À LA MANUFACTURE DU TABAC Poumon du travailleur du tabac : réalité et perspective. D.Nafai (1), F.Hamchaoui (3), A.Fissah (2), A.Semid (1) (1)Service de médecine du travail. (2)Service de pneumologie (3) Service d’épidémiologie et de prévention CHU Bab El Oued, Alger. Algérie

Abstract.

thie d’hyper-sensibilité. Le diagnostic positif du PTT est posé sur la base des antécédents d’exposition à la poussière de tabac dans les manufactures de tabac, aux caractéristiques cliniques (éternuement, rhinorée, toux et dyspnée) et aux signes radiologiques (fibrose progressive ou des infiltrations réticulaires diffuses dans une exposition chronique donnant l’aspect d’épaississement pleuraux). L’objectif de l’étude est le dépistage et l’exploration des épaississements pleuraux, chez une population de 352 travailleurs, actifs à prédominance masculine sans antécédents médico-chirurgicaux et ayant une ancienneté de plus de cinq ans à l’exposition aux poussières de tabac dans des unités de fabrication de cigarettes de Bab El Oued. Les résultats montrent une prévalence de 57, 1% d’épaississements pleuraux à la radiographie standard. Le scanner a confirmé 17 cas (34%) d’épaississements pleuraux parmi ceux pathologiques. Discussion, conclusion : ces résultats rejoignent ceux décrits dans la radiographie du poumon du travailleur du tabac par B. Olade. Le PTT est une réalité dans les entreprises de manufacture de tabac. L’éviction de l’exposition aux poussières de tabac, aux feuilles de tabac et aux moisissures les contenant est la meilleure stratégie de prévention. Mots clefs : Tabac, poussière, manufacture, pneumopathie.

Pneumonitis of the tobacco worker known as "the lungs of the Tobacco Worker (PTT)" is classified as hypersensitivity pneumonitis. The diagnosis of TTP is made on the basis of the history of exposure to tobacco dust in tobacco factories, clinical characteristics (sneezing, rhinorée, cough, and dyspnea) and radiological signs (progressive fibrosis or diffuse reticular infiltrations in chronic exposure giving the appearance pleural thickening). The objective of the study is the identification and exploration pleural thickening, in a population of 352 workers, male-dominated assets without medical or surgical history and having a length of more than five years of exposure to dust tobacco in cigarette manufacturing units of Bab El Oued. The results show a prevalence of 57,1% pleural thickening on plain radiographs. The scanner has confirmed 17 cases (34%) and pleural thickening among. Discussion, conclusion : These results confirm those described in radiographic lung tobacco worker B. Olade. TTP is a reality in tobacco manufacturing companies. The eviction of exposure to tobacco dust, tobacco leaves and mold is the best prevention strategy. Keywords : Tobacco, dust, manufacture, pneumonitis.

Résumé. La pneumopathie du travailleur du tabac appelée aussi " le Poumon du Travailleur du Tabac (PTT) ", est classée comme pneumopa1

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Introduction

(visite périodique, visite de reprise, visite médicale spéciale) sur la base d ’un questionnaire standardisé, après consentement éclairé, des travailleurs ayant cinq ans et plus d ’ancienneté et sans antécédents pleuro-pulmonaires. Chaque travailleur retenu bénéficie d ’une radiographie standard. Chaque travailleur chez lequel un épaississement pleural est suspecté subit une deuxième visite par le pneumologue, comprenant : interrogatoire, saturométrie, examen physique et deuxième lecture de la radiographie pulmonaire standard. A l ’issue, on conclue : " épaississement pleural dépisté ".

La fabrication du tabac comprend trois phases [7] : Abattage de la feuille verte, préparation générale et confection. La première étape a lieu au niveau des champs de culture du tabac alors que les deux autres étapes ont lieu au niveau des unités de production. Quelque soit l ’étape, le travailleur du tabac est exposé aux particules de poussière de tabac. L ’examen de la poussière du tabac montre que 62 à 75% des particules de poussière de tabac ont un diamètre < 5µm et 36% ont un diamètre < 3µm. Il est donc évident que les particules de poussière de tabac atteignent et créent des lésions à différents niveaux de l ’arbre respiratoire y compris les bronchioles et les alvéoles. Cependant, la feuille de tabac séchée est aussi connue comme étant allergisante et très irritante pour les voies respiratoires et la poussière induite lors de sa transformation en tabac finement haché et séché est responsable d ’asthme reconnu par la législation algérienne comme maladie professionnelle réparée au titre du tableau 75 des maladies professionnelles indemnisables par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale [10].

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3.2

Sont éliminés de l ’étude tous les travailleurs ayant un épaississement pleural d ’origine évidente ou rejetée par le médecin pneumologue sur la base de la radiologie standard, notamment : – Epaississements pleuraux sequellaires d ’infection (aspergillose, tuberculose ) – Epaississements pleuraux suite à un Épanchement d ’origine connue – Epaississements pleuraux suite à un pneumothorax d ’origine connue – Epaississements pleuraux, séquelles de traumatisme

Objectifs.

La découverte fortuite, lors des visites préventives, de plus en plus importante d ’épaississements pleuraux chez des travailleurs exposés à la poussière de tabac, nous a emmené à entamer cette étude avec comme objectifs d ’estimer la prévalence des épaississements pleuraux dépistés dans les unités de manufacture de tabac de Bab El Oued et de la décrire par rapport aux caractéristiques de la population de notre étude.

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3.3

Critères d ’inclusion.

Sont retenus tout les travailleurs ayant une ancienneté d ’exposition à la poussière de tabac supérieure ou égale à 5 ans, ne présentant pas de pathologie pulmonaire antérieure à la période de recrutement, notamment : Séquelles de tuberculose, broncho-pneumopathie chronique obstructive, traumatisme thoracique, pneumonie ou pleuropneumonie etc.

Méthodologie. 3.4

3.1

Critères d ’exclusion.

Type d ’étude.

La saisie et l ’analyse des données se feront sur le logiciel épi info version 6 et le logiciel SPSS nous permettant le calcul des fréquences, pourcentages, moyennes médianes et écart types. Pour les variables qualitatives, on fera un test de Khi deux ou Khi deux corrigé de Yates

Étude épidémiologique de type transversal auprès de 352 travailleurs de deux unités de la SNTA de la commune de Bab El Oued. Le recrutement est fait par le médecin du travail, dans le cadre des visites préventives 2

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Analyse et tests statistiques.


ou test exact de Fisher selon les conditions d ’application. Pour les variables quantitatives, on fait une analyse des variances, test T de Student selon les conditions d ’application. Pour chaque test, le niveau de signification est fixé à 5%. L ’Odds ratio sera déterminé avec son intervalle de confiance à 95% ; Il en est de même pour l ’Odds ration ajusté (ORA).

4 4.1

4.2

Prévalence des épaississements pleuraux dépistés.

La prévalence globale des épaississements pleuraux dépistés (EP+) au téléthorax standard dans notre population d ’étude est de 57,1% avec IC à 95% (51,74 - 62,31). Prévalence selon les classes d ’âge/Sexe/ lieu d ’habitation/ type d ’habitat/ niveau d ’instruction / l ’ancienneté dans l ’entreprise/Poste de travail. La prévalence des EP+ ne montre pas de différence significative ni selon les classes d ’âge ni parmi les 03 femmes incluses dans l ’étude ni selon les lieux d ’habitation ni selon le type d ’habitation ni selon le niveau d ’instruction mais aussi ni selon l ’ancienneté dans l ’entreprise ou le type de poste de travail.

Résultats. Caractéristiques des épaississements pleuraux dépistés au telethorax standard.

Nous avons dépisté au télé thorax standard 201 épaississements pleuraux (EP+) dont la majorité sont bilatérales (80,1 %), localisé (70, 14 %) et avec lésions associées (86,56 %). Les syndromes interstitiels sont de loin les lésions associées, les plus fréquents (Tab1).

Prévalence selon le statut marital. La prévalence des EP+ est significativement plus importante parmi les célibataires (Tab 2). Tableau 2 :

Table 2 – Prévalence selon le statut marital. p = 0.006 DS

Table 1 – Caractèristiques des EP+.

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Prévalence selon l ’atelier. La prévalence des EP+ est significativement plus importante parmi les travailleurs de la salle de torréfaction, les postes mobiles de sécurité, suivi de l ’atelier entrepôt (Tab 3) Table 5 – Prévalence selon l ’exposition à d ’autres aéro-contaminants . p =106 DS Prévalence selon Type d ’exposition à la fibre de tabac. La prévalence des EP+ ne montre pas de différence significative s elon q ue l ’ exposition à la fibre d e t abac s oit d irecte o u indirecte. Prévalence selon la durée d ’exposition à la fibre d e tabac. La prévalence des EP+ ne montre pas de différence significative s elon l a d urée d ’ exposition à la fibre d e tabac.

Table 3 – Prévalence selon le type d ’atelier. p=0.012 DS

Prévalence selon le comportement tabagique. La prévalence des EP+ est significativement plus importante parmi les travailleurs qui fument ou ayant fumé du tabac (Tb 6).

Prévalence selon l ’existence d ’Antécédents professionnels en dehors de l ’entreprise actuelle. La prévalence des EP+ est significativement plus importante parmi les travailleurs ayant eu des antécédents professionnels en dehors de l ’entreprise (Tab 4).

Table 6 – Prévalence selon le comportement tabagique.

Table 4 – Prévalence selon les ATCDS professionnels en dehors de l ’entreprise .

p=0.03 DS

P= 10-6 DS

Prévalence des "Ex fumeurs" selon la durée du sevrage. La prévalence des EP+ est significativement plus importante selon la durée du sevrage chez les ex fumeurs, notamment lorsqu ’elle est entre 5-10 ans (Tab 7).

Prévalence selon l ’exposition à d ’autres aéro-contaminants. La prévalence des EP+ est significativement plus importante parmi les travailleurs ayant été exposée à d ’autres aéro-contaminants que la poussière de tabac (Tab 5). Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

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Prévalence selon le tabagisme passif en milieu de travail. La prévalence des EP+ est significativement plus importante parmi les travailleurs exposés au tabagisme passif en milieu de travail (Tab

Table 7 – Prévalence selon la durée du sevrage chez les fumeurs et ex fumeurs. p=0.03 DS Prévalence des fumeurs et ex fumeurs selon la consommation de tabac. La prévalence des EP+ ne montre pas de différence significative selon l ’importance de la consommation du tabac aussi bien chez les fumeurs que chez les ex fumeurs.

Table 9 – Prévalence selon le tabagisme passif en milieu de travail. (Tab 9). P= 0.05 DS

Prévalence selon la consommation d ’autres produits . La prévalence des EP+ est significativement plus importante selon que le travailleur consomme d ’autres produits notamment le narguilé ou Cannabis/ Haschich (Tab 8).

Prévalence selon le tabagisme passif en milieu de familial. La prévalence des EP+ ne montre pas de différence significative selon que le travailleur soit exposé ou pas en milieu familial. Prévalence selon l ’existence d ’ATCDs médico-chirurgicaux personnels autres que respiratoires. La prévalence des EP+ ne montre pas de différence significative selon que le travailleur ait ou pas des antécédents médico-chirurgicaux personnels autres que respiratoires). Prévalence selon l ’existence d ’ATCDs respiratoires non inclus dans les critères. La prévalence des EP+ ne montre pas de différence significative selon que le travailleur ait ou pas des antécédents respiratoires non inclus dans nos critères.

Table 8 – Prévalence selon la consommation d’autres produits que le tabac fumé.

Prévalence selon la nature des premiers symptômes respiratoires ressentis La prévalence des EP+ est significativement p lus importante parmi les travailleurs qui ont préalablement ressenti des symptômes respiratoires notamment de l ’éternuement/rhinorée, toux et dyspnée (Tab

p=10-6 DS

10).

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Table 11 – Prévalence selon l ’examen respiratoire des EP+. p=0.0036 DS Prévalence selon l ’examen cardiovasculaire. Table 10 – Prévalence selon la nature des premiers symptômes respiratoires ressentis.

La prévalence des EP+ ne montre pas de différence significative selon que les travailleurs présentent ou pas des signes pathologiques à l ’examen cardiovasculaire.

p=0.001 DS Prévalence selon la symptomatologie générale actuellement ressentie. La prévalence des EP+ ne montre pas de différence significative selon que le travailleur ait ou pas des symptômes généraux actuellement ressentis. Prévalence selon la pression de saturation de l ’oxygène (PS). La prévalence des EP+ ne montre pas de différence significative selon que la pression de saturation de l ’oxygène des travailleurs soit normale ou pathologique. Prévalence selon l ’examen respiratoire. La prévalence des EP+ est significativement plus importante parmi les travailleurs présentant des signes pathologiques à l ’examen pulmonaire (Tab 11).

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Dans notre étude, La prévalence spécifique des EP+ chez les travailleurs dépistés ne montre pas de différence significative selon le lieu d ’habitation, le type d ’habitation, le niveau d ’instruction. Sur le plan professionnel, La prévalence ne montre pas de différence significative selon l ’ancienneté dans l ’entreprise ou dans le poste de travail, selon les ateliers ou les postes de travail, selon que l ’exposition à la fibre de tabac soit directe ou indirecte ni selon la durée de l ’exposition de cette dernière, selon l ’occupation ou pas de postes antérieurs dans l ’entreprise. Ces résultats s ’expliquent par le fait que nous avons retenu dans le cadre du dépistage que les travailleurs ayant une ancienneté supérieure à 5 ans. Ces résultats rejoignent ceux décrits par Rom cité par Olade [9], pour qui une ancienneté à une exposition à la poussière de tabac de plus de 10 ans est deux fois plus susceptible de provoquer la maladie, comparativement à celle de moins de 5 ans.

Discussion.

Les épaississements dépistés. Nous avons dépisté au télé thorax standard 201 épaississements pleuraux (EP+) dont la majorité sont bilatéraux, localisés et avec lésions associées. Parmi les lésions associées retrouvées, les syndromes interstitiels sont de loin les plus les fréquents. Outre les épaississements pleuraux qui n ’ont pas fait l ’objet d ’études aussi bien nationales qu ’internationales, nos résultats rejoignent ceux décrits dans la radiographie du poumon du travailleur du tabac par Olade [13] qui peut montrer dit-il une fibrose progressive associée à une perte du volume du lobe supérieur ou des infiltrations réticulaires diffuses dans une exposition chronique. En cas d’exposition aigue, les infiltrations sont généralement plus marquées dans les lobes inférieurs. La prévalence des épaississements pleuraux dépistés (EP+) Dans notre étude, La prévalence globale des épaississements pleuraux dépistés (EP+) à la radiographie pulmonaire standard est de 57,1%. On ne retrouve aucun cas d ’épaississement pleural parmi les 03 femmes incluses dans l ’étude bien que les données récentes décrites

Toutefois, il a été intéressant de remarquer que la prévalence des EP+ soit importante parmi les travailleurs occupant les postes mobiles de sécurité, de la salle de torréfaction et de l ’entrepôt, parmi ceux ayant eu des antécédents professionnels en dehors de l ’entreprise et ceux ayant été exposés à d ’autres aéro-contaminants que la poussière de tabac (fer, bois, chrome etc.)

par Zenz cité par Olade [9] montrent que les travailleurs du tabac de sexe féminin sont plus sujettes aux symptômes respiratoires et aux troubles pulmonaires. La prévalence spécifique d es E P+ c hez les travailleurs dépistés, bien qu ’elle soit particulièrement élevée parmi les célibataires alors que les travailleurs mariés prédominent dans notre population d ’étude, ne montre pas de différence significative selon l ’âge. Ces résultats rejoignent l ’analyse d ’Olade [9] concernant le poumon du travailleur du tabac, pour qui, ce dernier survient chez les adultes en âge de travailler indépendamment de l ’âge.

La relation avec le tabac fumé et à d ’autres produits consommés est importante à signaler puisque, la prévalence des EP+ est significativement élevée parmi les travailleurs qui fument ou ayant fumé du tabac, parmi les ex fumeurs dont la durée du sevrage est comprise entre 5 et 10 ans, parmi ceux ayant consommé d ’autres drogues comme le Cannabis/Haschich ou narguilé et parmi les travailleurs exposés particulièrement au tabagisme passif en milieu de travail. Ces résultats rejoignent ceux décrits par MUSTAJBEGOVIC ET COL. [8] et YANEV [11] pour qui le tabagisme peut potentialiser les effets de la poussière de tabac.

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Sur le plan fonctionnel, la prévalence des EP+ est élevée parmi les travailleurs qui ont préalablement ressenti des symptômes respiratoires notamment de l ’éternuement/rhinorée, toux et dyspnée et parmi ceux présentant particulièrement des signes pathologiques à l ’examen pulmonaire. Cette symptomatologie est décrite dans la maladie du poumon du travailleur du tabac qui selon Olade [9] dans sa forme chronique peut présenter une toux insidieuse, dyspnée d ’effort, fatigue et perte de poids ainsi que des séquelles respiratoires irréversibles dues à la fibrose pulmonaire survenant tardivement au cours de la maladie.

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Bibliographie. 1. AMEILLE J. et col. : Affections pleurales. encyclopédie médicochirurgical de pathologie professionnelle et de l ’environnement, 2007 2. DALPHIN J. : Alvéolite allergique extrinsèque en milieu professionnel : Maladies respiratoires d ’origine professionnelle. Ed Masson, 2° éd p93-103, 1999. 3. ETEMADINEJAD S, MOHAMMADIAN M, et al : Pulmonary function in workers exposed to tobacco dust. Indian Journal of Med Sci, no 63, pp : 543-548, 2009. 4. GLEICH GJ.ET AL. : Allergy to tobacco : An occupational hazard. N Engl J Med ; no 302, pp : 617-619, 1980. 5. KJAERGAARD SK, ET AL. : Respiratory disease end lung function in a tobacco industry. Arch Environ Health, no 44, pp : 164-170, 1989. 6. LANDER F., GRAVESEN S. : Respiratory discorders among tobacco workers. Br J Ind med no 45, pp : 500-502, 1988.

Conclusion.

L ’importance des épaississements pleuraux dépistés au téléthorax standard associés fréquemment à des lésions parenchymateuses et le retentissement clinique nous emmène à déduire qu ’on est devant une alvéolite allergique extrinsèque communément appelée " le poumon du travailleur du tabac ". Le PTT est décrit par plusieurs auteurs [1,2,3,4,5,6] comme étant une pathologie causée par l’inhalation de poussière de tabac chez les personnes qui travaillent dans les champs de tabac et les usines de fabrication de cigarettes et que l ’augmentation de l’humidité joue un rôle majeur dans le développement et la croissance des moisissures hautement incriminées comme cause du PTT.

7. MAAMIR N, NAFAI D : Epaississement pleuraux chez des travailleurs exposés aux poussières de tabac. Mémoire de fin d ’étude de résidanat en médecine du travail, CHU BEO - Université Alger 1, 2009. 8. MUSTAJBEGOVIC J, ZUSKIN E, et al. : Respiratory Findings in To-

Cet état de fait recommande une éviction radicale et sans délai des travailleurs à l ’exposition aux poussières de tabac. Toutefois, notre partenaire socio-économique, s ’avérant

bacco Workers http ://Chestjournal.chestpubs.org/content/123/5/ 1440.full.html, Chest2003. 9. OLADE ROGER B et al. : Tobacco Worker ’s Lung. emedicine.medscape.com/article/302379overwiew, 2012

être l ’employeur des unités de l ’entreprise dans lesquelles notre étude a été réalisée, est conscient de la répercussion des résultats de notre enquête ; C ’est pourquoi, ces unités sont en voie d ’être délocalisées et installées loin des zones urbaines dans des locaux hautement performants en matière d ’hygiène et de sécurité au travail. Par ailleurs, il est important pour nous de déclarer les travailleurs atteint de PTT en maladie à caractère professionnel, de saisir la commission des maladies professionnelle afin d ’inclure le PTT dans le tableau no 80 des alvéolites allergiques extrinsèques et à défaut de pouvoir interdire la production de tabac, inciter les employeurs, outre délocaliser les unités des zones urbaines, à investir dans les procédés de fabrication en vas-clos.

10. REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE : Arrêté interministériel du 05 mai 1996 fixant la liste des maladies présumées d ’origine professionnelle. 11. YANEV I., KOSTIANEV S. : Respiratory Findings in Tobacco Industry Workers. Chestjournal no 125 (2), p : 802 (abstract), 2004.

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RISQUES LIÉS À LA MANUFACTURE DU TABAC Étude du profil spirométrique des travailleurs d’une entreprise de fabrication de tabac. H. Benmessaoud, S. Djerbi, D. Nafaï, K. Bairi, C. Boukortt, L. Younsi, A. Semid Service de médecine du travail. CHU Bab El Oued, Alger. Algérie

Résumé.

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Objectif : apprécier les effets de la poussière de tabac sur la fonction respiratoire des travailleurs en vue de dégager des pistes de prévention. Matériel et méthode : L’étude a ciblé 107 travailleurs affectés dans des ateliers de production d’une entreprise de tabacs. Chaque sujet a bénéficié d’un questionnaire, d’un examen clinique, d’une exploration fonctionnelle respiratoire et d’une radiographie du thorax. Des prélèvements atmosphériques des poussières de tabac ont été réalisés aux postes de travail. Résultat : Quatre-vingt-dix-huit sujets de sexe masculin, âgés en moyenne de 48 ans ont participé à cette étude. L’ancienneté moyenne au poste était de 22.6 ans. La spirométrie est revenue pathologique chez 16.32% des travailleurs. Elle a objectivé cinq syndromes restrictifs, quatre syndromes mixtes, six syndromes des petites voies aériennes et un syndrome obstructif chez un asthmatique connu. Pour les sujets avec symptomatologie clinique, leur EFR était sans anomalies dans 68% des cas. Dans cinq cas des troubles spirométriques ont été retrouvés chez des travailleurs sans antécédents respiratoires ni de symptomatologie clinique. Conclusion : il est impératif d’améliorer l’assainissement de l’air dans cette entreprise par la mise en place de dispositifs de ventilation et d’extraction des poussières adaptés. La surveillance médicale appuyée d’une surveillance spirométrique des travailleurs permettra de dépister des troubles ventilatoires à un stade infra clinique et éviter l’évolution vers des états pathologiques irréversibles.

Introduction

La surveillance médicale des travailleurs exposés à des aérocontaminants en milieu professionnel est assurée par le médecin du travail. Dans une optique de dépistage et d’élaboration d’un diagnostic ou de surveillance d’une pathologie respiratoire débutante ou déjà existante chez une population de travailleurs exposée aux poussières des tabac dans les différents ateliers de production de leur entreprise ; une étude a été réalisée auprès de cette population de travailleurs afin d’apprécier les effets de la poussière de tabac sur leur fonction respiratoire en vue de dégager des pistes de prévention.

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Objectifs.

Apprécier les effets de la poussière de tabac sur leur fonction respiratoire en vue de dégager des pistes de prévention.

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Matériel et méthodes.

L’étude a ciblé 107 travailleurs d’une entreprise de tabacs occupant des postes de travail exposant à la poussière de tabac dans des ateliers de production : cinq travailleurs (5.1%) affectés à la salle des masses, 29 travailleurs (32.65%) affectés à la préparation générale des feuilles de tabac, 38 travailleurs (31,6%) affectés dans la confection de cigarettes, 35 travailleurs (30,6%) dans l’empaquetage. Seuls 98 travailleurs ont répondu à notre enquête. Chaque sujet a bénéficié au cours de la visite médicale périodique d’un question-

Mots clefs : Tabac, spirométrie. Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

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naire, d’un examen clinique, d’une exploration fonctionnelle respiratoire et d’une radiographie du thorax. Les EFR ont été réalisées par le même technicien, le même appareillage à la même heure de rendez-vous pour l’ensemble des travailleurs afin de réduire au maximum la variabilité. La mesure spirométrique a été réalisée à l’aide d’un spiromètre informatisé de type : Spiromètre ZAN intégrant les normes de la CECA (commission européenne du charbon et de l’acier).

tement tabagique ; 47% de travailleurs étaient des ex fumeurs ; 26% des fumeurs et 27% étaient des non-fumeurs ; 31.8% des sujets ont consommé plus de 20 paquets /année. – Antécédents respiratoires : 23.5% des salariés avaient des antécédents respiratoires dominés par des cas de rhinite allergique et de bronchite. – Symptomatologie clinique : Les symptômes les plus retrouvé ont été la dyspnée dans 15.1% des cas, la toux dans 8.2% des cas, la rhinite allergique avec éternuements, rhinorrhée dans 8.16% des cas. 38.7% des sujets ont développé leur symptomatologie clinique entre 10 et 19 ans après l’embauche.

Les paramètres étudiés étaient : La capacité vitale forcée (CVF), le volume expiratoire maximum en une seconde (VEMS), l’indice de Tiffeneau (VEMS/CV), les débits périphériques à 25, 50 et 75 % de la capacité vitale, le débit expiratoire de pointe (DEP).

– Examen clinique L’examen clinique était normal chez 87.8% de notre population d’étude. 13.2% des travailleurs ont présenté des anomalies à l’auscultation pulmonaire à type de : diminution des murmures vésiculaires avec matité, des râles bronchiques (sibilants chez deux patients asthmatiques, ronflants chez huit patients, des crépitants chez un patient.

Trois épreuves ont été retenues pour les valeurs reproductibles (±5% pour le VEMS et la CVF). Les valeurs observées ont été comparées à des valeurs prédites établies par la Commission des Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier et de l’ATS (Américain thoracic society). Pour les travailleurs qui ont présenté des anomalies à l’exploration fonctionnelle respiratoire ou à la radiographie du thorax une consultation spécialisée de pneumologie a été réalisée.

4

– Radiographie du thorax : 78.6% de notre population d’étude ont présenté des images radiologiques en faveur d’un épaississement pleural.

Résultats.

– Spirométrie : 83.7% des salariés ont présenté une spirométrie normale contre 16.32% qui ont présenté des paramètres spirométrique perturbés. o Répartition des résultats des EFR par atelier : La prévalence des sujets présentant un trouble fonctionnel à l’EFR était de 40% au niveau de la salle des masses, 20% au niveau de l’atelier empaquetage, 13 % au niveau de l’atelier confection et 12.5% au niveau de la préparation générale. o Répartition des résultats des EFR selon la symptomatologie actuelle : 32.25% des sujets symptomatiques ont présenté un trouble ventilatoire à la spirométrie. o Répartition des résultats des EFR selon la nature des troubles : La spirométrie

– Caractéristiques sociodémographiques : Quatre-vingt-dix-huit sujets de sexe masculin, âgés en moyenne de 48 ans ont participé à cette étude. L’ancienneté moyenne au poste était de 22.6 ans. La répartition des salariés selon le poste actuel a retrouvé : 14.28% de conducteurs machines, 13.26% d’aides conducteurs machines, 10.2% de metteurs en bateaux avec 9.18% de mécaniciens d’entretien et d’agents de salle. 69,4% des salariés ont été exposés directement à la fibre de tabac (préparation générale, salle des masses, confection) contre 30,6% d’exposés indirectement à la fibre de tabac (empaquetage). – Habitudes tabagiques : Pour le comporLe journal de la médecine du travail – JMT N°22-

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est revenue pathologique chez 16 des travailleurs (16.32%). Elle a objectivé cinq syndromes restrictifs (5.1%), quatre syndromes mixtes (4.1%), six syndromes des petites voies aériennes (6.12%) et un syndrome obstructif chez un asthmatique connu. (1%). Pour les sujets avec symptomatologie clinique, leur EFR était sans anomalies dans 68% des cas. Dans cinq cas des troubles spirométriques ont été retrouvés chez des travailleurs sans antécédents respiratoires ni de symptomatologie clinique. o La comparaison des deux catégories de travailleurs avec ou sans troubles spirométriques n’a pas retrouvé de lien statistiquement significatif entre la survenue des troubles spirométriques et l’âge, l’ancienneté en entreprise et l’affectation dans les différents ateliers de production. Par contre un lien statistiquement significatif entre les troubles spirométriques et l’exposition antérieure aux aérocontaminants professionnels, la présence d’antécédents et de signes fonctionnels respiratoires (sujets symptomatiques) a été retrouvé. – Conditions de travail : le Système de ventilation et d’aération était défectueux au niveau de l’atelier de préparation générale et de la salle des masses. De plus les fenêtres devaient rester fermées pour garder un certain taux d’humidité nécessaire pour le traitement du scaferlati. Les moyens de protection individuelle existant étaient : tenue de travail, chaussures de travail, coquille de protection auditive, masque filtrant type FFP1. Une Pollution atmosphérique par les poussières de tabac présente à tous les ateliers de production a été constatée. Les concentrations moyennes des poussières dans ces ateliers variaient entre 48.10 et 76.16 µm3 . Par ailleurs l’analyse des poussières a révélé la présence de 20 hydrocarbures aromatiques polycycliques notamment de l’anthracène (43.31 µm3 ), du Benzo A Anthracène (60.12 µm3 ) et du Benzo A Pyrène (3.24 µm3 ). La poussière est éparpillée sur le sol, les murs, les fenêtres avec accumulation des Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

couches de poussières sur les machines.

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Discussion.

Les résultats de cette étude qui a concerné 98 travailleurs d’une entreprise de fabrication de tabac ont objectivé des troubles spirométriques chez 16 d’entre eux soit 16.32% des cas. Le diagnostic de cinq troubles spirométriques chez des sujets qui n’ont pas d’antécédents respiratoires ni de symptomatologie clinique est très important, car c’est dans ce groupe de sujets que réside tout l’intérêt de l’EFR dans le diagnostic précoce des pathologies respiratoires. Pour les individus dépistés il y a lieu de vérifier les résultats par de nouveaux tests avec le même appareillage, la même technique et le même opérateur. Des variations des débits périphériques ne sont pas toujours retrouvées secondairement, mais ces effets transitoires peuvent aboutir à des effets chroniques. Il y a lieu également de contrôler tous les ans le sujet ou le groupe présentant une anomalie spirométrique. Il faudra revoir l’aptitude des travailleurs présentant une symptomatologie de bronchite chronique, et pour ceux qui présentent une symptomatologie de rhinite allergique il faudra les surveiller de plus près pour un dépistage précoce d’une hyperréactivité bronchique non spécifique. Pour les sujets présentant un syndrome restrictif il faudra compléter la spirométrie de base par une pléthysmographie (CPT et VR) afin de classer les syndromes selon leur degré de sévérité. Il faut également rechercher les sujets sensibles en comparant leur fonction respiratoire avec et sans exposition à la poussière de tabac au cours de leur travail et compléter la spirométrie de base par des spirométries étagées couplées à une débimétrie longitudinale (démonstration de variations significatives en fonction des périodes d’éviction et d’exposition professionnelle). Le dépistage d’un déficit fonctionnel à la spirométrie devrait avoir pour conséquence la prise de mesures globales de prévention et l’étude des conditions de travail a montré l’importance de l’empoussiérage dans les différents ateliers de production confirmés par les différentes mesures atmosphériques qui dépassent les normes de 11


l’OMS fixées à 20 µm3 [7] et les normes algériennes fixées à 50 µm3 [2]. La limitation des expositions aux agents irritants respiratoires est essentielle et devrait toujours constituer une priorité par l’amélioration des conditions de travail. Diverses mesures de prévention techniques devraient permettre la suppression ou la réduction de l’exposition en diminuant les émissions de poussières de tabac et/ ou favoriser leur évacuation. La protection individuelle consisterait, en complément de la prévention collective, à utiliser des appareils de protection respiratoire adaptés au type de poussière à laquelle les travailleurs sont exposés. Les masques de type FFP2, FFP3 sont les plus conseillés par rapport aux masques de type FFP1.

6

5. Peyrethon. C, Choudat. D. Exploration de la fonction respiratoire en santé au travail. Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, Volume 68, February 2007, Pages 35-46 6. Perdrix. A. Guide pratique d’exploration fonctionnelle respiratoire ; utilisation en milieu professionnel. Masson-1994.

Conclusion.

Il est impératif d’améliorer l’assainissement de l’air dans cette entreprise par la mise en place de dispositifs de ventilation et d’extraction des poussières adaptés. La surveillance médicale appuyée d’une surveillance spirométrique des travailleurs permettra de dépister des troubles ventilatoires à un stade infra clinique et éviter l’évolution vers des états pathologiques irréversibles.

Bibliographie. 1. ANAFORCAL. Les explorations fonctionnelles respiratoires. Allergologie pratique. N°69 juin 2004. 2. Décret exécutif n° 06-02 du 7 DHou El Hidja 1426 correspondant au 7 janvier 2006 définissant les valeurs limites, les seuils d’alerte et les objectifs de qualité de l’air en cas de pollution atmosphérique. 3. Gibson. G.B, Whitelaw. W, Siafakas. N.S. Évaluation globale de la fonction respiratoire. Revue des Maladies Respiratoires, Volume 21, Issue 3, Part 3, June 2004, Pages 9-19 4. Nafti. S. Exploration fonctionnelle respiratoire ; Recommandations. Société algérienne de pneumo-phtisiologie. Séminaire ; atelier. Alger 17-18 décembre 2008. Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

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RISQUES LIÉS À LA MANUFACTURE DU TABAC Évaluation de l’exposition à la poussière de tabac dans deux unités de manufacture de tabac. D. Nafai(1), L. Rabhi(2), C. Boukortt(1), F. Benzaoui(1), A. Semid(1) (1) Service de médecine du travail.CHU Bab El Oued (2)Centre de Recherche et d’Analyse des Poussières Minérales (CRAPC) , Alger. Algérie

ronnement de travail (00 fibre au microscope optique). Introduction : l’analyse des conditions de Discussion : Au niveau des 2 unités les travail et l’évaluation des nuisances en mi-lieu concentrations retrouvées restent supérieures professionnel est la première étape d’un 3 programme de protection technique initié par le à l’objectif de qualité fixé à 50 µg/m par la législation Algérienne et loin derrière les 20 Service de Médecine du Travail de Bab El Oued, 3 µg/m préconisés par l’OMS. Enfin, Les HAP en dans les manufactures de tabac visant à diminuer mélange ont été associés depuis longtemps chez voire éradiquer le risque sur la santé des l’homme à un risque accru de cancers cutanés, travailleurs induit par la poussière de tabac. pulmonaires et de la vessie. Objectif : Décrire l’environnement professionConclusion : Les résultats des échantillonnel des travailleurs exposés à la poussière de nages dans nos deux unités de fabrication de tabac dans 2 unités de manufacture de tabac. cigarettes, recommandent une éviction radicale Méthodologie : Analyse quantitative et et sans délai des travailleurs à l’exposition aux qualitative des poussières de tabac effectuée par poussières de tabac. le Centre de Recherche et d’Analyse des Poussières Chimique sur 4 points d’échantillonnage Abstract. prélevés dans chacun des 5 ateliers retenus dans l’étude. Introduction : analysis of working condiRésultats : tions and assessment of pollution in the workUnité 1 : 09/15 échantillons dont les concen- place is the first step of a technical protection trations =< 10µ, sont supérieures à la valeur program initiated by the Occupational Medicine limite Algérienne fixée à 80 µg/m3. Ces valeurs Service of Bab El Oued, in tobacco factories to varient entre 82.22 et 520.54 µg/m3. Les valeurs decrease even eradicate the risk on the health of dépassant les 100 µg/m3 ont été retrouvées dans workers induced by tobacco dust. l’atelier préparation générale (520.54 µg/m3), Objective : To describe the working environl’atelier GDSOFT (119.65 µg/m3) et l’atelier ment of workers exposed to tobacco dust in 2 flavoring (107.36 µg/m3). tobacco factory units. Les 06/15 autres échantillons montrent des Methodology : Quantitative and qualitative valeurs comprises entre 63.28 µg/m3 et 75.39 analysis of tobacco dust carried out by the µg/m3. Centre for Research and Chemical Analysis Dust Unité 2 : 10/11 échantillons ont des valeurs of 4 sampling points collected in each of the five variant de 51.06 à 76.16 µg/m3, au delà de workshops held in the study. la valeur qualité. L’analyse qualitative, 20 hy- Results : drocarbures aromatiques polycycliques (HAP) Unit 1 : 09/15 samples with concentrations =< ont été retrouvés parmi lesquels, 5 classés par 10µ, are greater than the limit value set at Alle CIRC dans le groupe II des cancérogènes gerian 80 µg/m3 . These values vary between pour l’homme. Absence d’amiante dans l’envi- 82.22 and 520.54 µg/m3 . Values in excess of

Résumé.

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3

100 ug / m3 were found in the general preparation workshop (520.54 µg/m3 ), the workshop GDSOFT (119.65 µg/m3 ) and the flavoring workshop (107.36 µg/m3 ). 06/15 The other samples show values between 63.28 µg/m3 and 75.39 µg/m3 . Unit 2 : 10/11 samples have values ranging from 51.06 to 76.16 g/m3 , beyond the quality value. The qualitative analysis, 20 polycyclic aromatic hydrocarbons (PAHs) were found among them, 5 classified by IARC in Group II carcinogenic to humans. Absence of asbestos in the work environment (00 fiber under an optical microscope). Discussion : At the 2 units found concentrations remain above the quality target of 50 µg/m3 by the Algerian legislation and far behind the 20 µg/m3 préconisés by WHO. Finally, PAHs mixture were long associated in men with an increased risk of skin, lung cancer and bladder. Conclusion : The results of sampling in our two cigarette manufacturing units, recommending a radical foreclosure and without delay for workers tobacco dust exposure. Mots clefs : Tabac, exposition

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Matériel et méthodes.

Notre étude est réalisée au niveau de l’unité 1 et 2 de Bab El oued. Ces unités fabriquent des cigarettes de marques diverses à partir de feuilles de tabac de provenance nationale et internationale (Tableau1). Des données sur les conditions de travail sont relevées sur une fiche préalablement établi par le médecin du travail en vue d’analyser les conditions de travail et de situer les points de prélèvement d’empoussièrage des ambiances de travail. En collaboration avec le CRAPC, la méthode consiste à : – Identifier les points d’échantillonnage des poussières au niveau des différents ateliers – Estimer le nombre d’échantillon à réaliser par atelier (Schéma 1) ; – Estimer la durée d’échantillonnage ; – Fixer les jours à échantillonner.

Introduction

La feuille de tabac séchée est connue comme étant allergisante et très irritante pour les voies respiratoires et la poussière, induite lors de sa transformation en scaferlati (tabac finement haché et séché) est responsable d’asthme reconnu par la législation algérienne comme maladie professionnelle réparée au titre du tableau 75 des maladies professionnelles indemnisables En Algérie. L’analyse des conditions de travail et l’évaluation des poussières de tabac dans deux unités de manufacture de tabac est la première étape d’un programme de protection technique visant à diminuer voire éradiquer le risque induit par la poussière de tabac en milieu professionnel.

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Table 1 – Présentation des unités concernées par l’étude.

Objectifs.

Évaluer l’exposition de la « poussière de tabac » au niveau des ambiances de travail de deux unités de manufacture de tabac. Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

2


Le procédé d’échantillonnage est réalisé en trois étapes :

4

– Première étape : Quantification grotesque pour validation – Deuxième étape : Granulométrie – Troisième étape : Analyse chimique des poussières de tabac La durée d’échantillonnage est de 24 h au niveau de chaque point retenu, comme suit :

Résultats.

4.1

4.1.1

Résultats de l’unité 1,

les échantillons été réalisés sur une période d’un mois du 19.06.2012 au 18.07.2012 et ont concerné cinq ateliers : la préparation générale, la salle de flavoring, l’atelier de torréfaction, la salle des masses et l’atelier GDSOFT (confection, empaquetage). Quatre points d’échantillonnage ont été identifiés par atelier. Au total sur 18 échantillons prélevés 15 ont été exploités. Les résultats montrent :

– J1 matin : Placer le train d’échantillonnage sur un support à 1,60 m du sol ; – J1 soir : Vérification de la mise en place du train d’échantillonnage avec filtre 1. – J2 matin : Récupération du filtre 1 et placement du filtre 2 et vérification étalonnage. – J2 soir : Vérification du train d’échantillonnage avec filtre 2.etc. A l’issue, l’ensemble des filtres récupérés sont acheminés vers le CRAPC pour analyse chimique du tabac haché pour estimer le taux et la composition de poussières inhalables et respirables émises par les feuilles de tabac séchées.

– 09 échantillons dont les concentrations en poussières de diamètre ?10µ sont supérieurs à la valeur limite Algérienne qui est fixée à 80 µg/m3 . Ces valeurs varient entre 82.22 et 520.54 µg/m3 . Les valeurs dépassant les 100 µg/m3 ont été retrouvées dans l’atelier préparation générale (520.54 µg/m3 ), l’atelier GDSOFT (119.65 µg/m3 ) et l’atelier flavoring (107.36 µg/m3 ). – Les 06 autres échantillons montrent des valeurs comprises entre 63.28 µg/m3 et 75.39 µg/m3 .Ces valeurs restent comme même supérieures à l’objectif de qualité fixé à 50 µg/m3 par la législation Algérienne et loin derrière les 20 µg/m3 préconisés par l’OMS [3].

4.1.2

Résultats de l’unité 2,

les échantillons ont été réalisés sur une période d’un mois du 20.05.2013 au 19.06.20123 et ont concerné cinq ateliers : la préparation générale, l’atelier de torréfaction, la salle des masses, la confection et l’empaquetage. 03 points d’échantillonnage ont été identifiés par atelier. Au total 11échantillons ont été prélevés. Les résultats montrent : 10 échantillons avec des valeurs variant de 51.06 à 76.16 µg/m3 donc au delà de la valeur qualité et un seul à 48.10 µg/m3 .

Figure 1 – Points d’échantillonnage : Exemple de l’Unité G.

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Poussières de tabac : analyse quantitative.

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4.2

a) Analyse chimique des poussières de tabac.

L’analyse chimique des poussières, par manque de réactifs, n’a concerné que la recherche des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des alcanes. Toutefois, Les HAP en mélange ont été associés depuis longtemps chez l’homme à un risque accru de cancers cutanés, pulmonaires et de la vessie. Selon l’OMS cité par Lauwerys [2], on estime sur la base d’un modèle mathématique qu’une exposition toute une vie à 1ng/m3 entraîne un risque accru de cancer de 9/100000 sujets exposés. Vingt HAP ont été donc retrouvés dans la poussière de tabac, parmi lesquels, cinq sont classés par le CIRC [2] dans le groupe II des cancérogènes pour l’homme. Ces substances sont : – Le benzo(a) anthracène (gp IIA) à 60 µg/m3 Le benzo (a) pyrène (gp IIA) à 3.24 µg/m3 – – Le benzo (b)fluoranthène (gp IIB) à39.76 µg/m3 – Le benzo (kj) fluoranthène (gp IIB) à48.02 µg/m3 – Dibenzo (a,h) anthracène

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6

Conclusion.

L’importance des concentrations des poussières de tabac et l’impact avéré de leurs compositions hautement toxiques voire cancérigènes, sur le poumon dans le milieu professionnel font que la prévention reste et restera la seule alternative pour protéger la santé des travailleurs. De ce fait le programme de surveillance médicoenvironnemental proposé et recommandé à notre partenaire socio-économique dans le cadre de cette étude, trouve toute son importance. Bibliographie. 1. Commission européenne : Réglementation - Normes européenne en matière de pollution : Valeurs limites, seuils d’alerte et niveaux critiques. http ://www.airparif.asso.fr/ reglementation/ normes-europeennes 2. Lauwerys R, Haufroid V, Hoet P, Lison D : Toxicologie industrielle et intoxications professionnelles. Masson 5ème édition, 2007, p1176. 3. Organisation mondiale de la santé (OMS) : Recommandation des valeurs guides de la qualité de l’air. http ://www.airparif.asso.fr/ reglementation/ recommandations-oms

Discussion.

L’OMS et la CE [1,3] ont fixé à 20 µg/m3 le niveau de concentration moyen des particules de poussière de tabac à ne pas dépasser notamment dans les aires de travail. Selon La Réglementation Algérienne [4] : Les valeurs limites ainsi que les objectifs de qualité pour les particules fines en suspension dans l’air sont fixés respectivement à 80 µg/m3 (valeur limite) et 50 µg/m3 (qualité de l’air). Il en ressort que dans l’ensemble de nos échantillons, les valeurs retrouvées restent supérieures à l’objectif de qualité fixé à 50 µg/m3 par la législation Algérienne et loin derrière les 20 µg/m3 préconisés par l’OMS [3] alors que Vingt HAP sont retrouvés dans la poussière de tabac, parmi lesquels, cinq sont classés cancérogènes pour l’homme.

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4. Décret exécutif n° 06-02 du 07 /01/2006 définissant les valeurs limites, les seuils d’alerte et les objectifs de qualité de l’air en cas de pollution atmosphérique (particules fines en suspension).

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RISQUES LIÉS À LA MANUFACTURE DU TABAC Évaluation des accidents du travail au sein d’une unité de production de tabac. L. Younsi, H. Benmessaoud, S. Mesmoudi, C. Boukkort, A.Semid (1) (1)Service de médecine du travail. CHU Bab El Oued, Alger. Algérie

Résumé. Les accidents du travail, restent encore trop nombreux dans beaucoup de secteurs professionnels malgré les progrès accomplis. Le secteur agroalimentaire dont fait partie notre secteur d’étude occupe la cinquième position avec 5.6% du total des accidents du travail avec arrêts. Des objectifs ont été fixé afin de décrire le pro-fil des accidentés de l’entreprise et d’identifier les dysfonctionnements du système d’organisa-tion avec les différents facteurs accidentogènes. Méthodologie : Il s’agit d’une étude épidémiologique rétrospective qui a porté sur les accidents du travail survenus du 1er Janvier 2003 au 31 Décembre 2012 au sein d’une unité de manufacture de tabac par le recensement des accidents de travail à l’aide d’une fiche de recueil à partir de l’exploitation des dossiers des accidentés complétée par l’évaluation des conditions du travail avec métrologie des ambiances dans les différents ateliers. Résultats : La tranche d’âge la plus touchée par les accidents est celle de 30-40 ans .Ce sont les conducteurs machines qui arrivent en tête des accidents travail, des accidents avec arrêt de travail 20.4%, des accidents graves 32.2%, suivis par les mécaniciens avec 13.3% d’accidents avec arrêt et 21.5% pour les accidents graves. C’est les horaires alternés qui sont les plus concernés par les accidents de travail. Les plaies représentent les lésions prédominantes pour les accidents du travail avec arrêt soit 26% des cas .Pour les éléments matériels en cause de ces accidents avec arrêt de travail ; la machine à 20%, la manutention (19%) et les chutes de plain-pied (13%) arrivent en tête.

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Mots clefs : accident de travail, risques, unité de production de tabac.

1

Introduction

En Algérie, selon le constat établi par la CNAS en 2007 ; près de 50 000 accidents du travail sont enregistrés, dont 7338 jugés graves et près de 650 cas de décès [4]. Le secteur agroalimentaire dont fait partie notre secteur d’étude occupe la cinquième position avec ; 5.6% du total des accidents du travail avec arrêt, après les secteurs ; de l’interprofessionnel, du bâtiment et travaux publique, de la métallurgie et de la pierre et terres à feu. Au sein de l’unité Gouraya de la société nationale de production de tabac et allumettes (SNTA), nous sommes quotidiennement confrontés à la prise en charge médicale des accidents du travail, ce qui a motivé notre étude afin d’identifier les travailleurs victimes d’accidents du travail, les postes à risques et les dysfonctionnements à l’origine de ces accidents afin d’établir un programme de prévention adapté.

2

Objectifs.

1. Décrire le profil des accidentés de l’entreprise 2. Identifier les dysfonctionnements du système d’organisation avec les différents facteurs accidentogénes. 16


3

Matériels et méthodes.

Il s’agit d’une étude épidémiologique rétrospective qui a porté sur les accidents du travail survenus du 1er Janvier 2003 au 31 Décembre 2012 au sein d’une unité de manufacture de tabac par le : – Recensement des accidents de travail à l’aide d’une fiche de recueil à partir du registre des accidents de travail complété par l’exploitation des dossiers des accidentés. – L’exploitation des données recueillies a nécessité l’utilisation d’un logiciel Epi Info 6. – Évaluation des conditions du travail avec métrologie des ambiances dans les différents ateliers

4

Figure 2 – Répartition des accidents du travail avec arrêt selon le taux de fréquence. Ce sont les conducteurs machines qui arrivent en tête des accidents travail, des accidents avec arrêt de travail 20.4%, des accidents graves 32.2%, suivis par les mécaniciens avec 13.3% d’accidents avec arrêt et 21.5% pour les accidents graves (Tableau 1).

Résultats.

La tranche d’âge la plus touchée par les accidents est celle de 30-40 ans (Graphe 1).

Figure 1 – Répartition des accidents selon l’âge.

Table 1 – Répartition des accidents du travail selon la qualification professionnelle.

La fréquence des accidents du travail avec arrêt en 2003 était de 47.6 pour un million d’heures travaillées et diminue jusqu’a 19.9 pour un million d’heures travaillées en 2012 (Graphe 2).

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C’est les horaires alternés qui sont les plus concernés par les accidents de travail (Graphe 3).

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Figure 5 – Répartition des accidents du travail selon la nature de la lésion.

Figure 3 – Répartition des accidents du travail selon l’horaire de travail.

Pour les éléments matériels en cause de ces accidents avec arrêt de travail ; la machine à 20%, la manutention (19%) et les chutes de plain pied (13%) arrivent en tête (Graphe 6).

Le pic des accidents avec arrêt et des accidents graves se voit au cour de la deuxième tranche de la matinée (Graphe 4).

Figure 6 – Répartition des accidents du travail selon les éléments matériels regroupés.

Figure 4 – Répartition des accidents du travail selon l’heure de l’accident. Les plaies représentent les lésions prédominantes pour les accidents du travail avec arrêt soit 26% des cas (Graphe 5).

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18


5

On a constaté que les accidents du travail survenus pendant l’horaire alterné sont plus importants que ceux survenus pendant l’horaire normale avec une prédominance des accidents graves 75.2%, suivi par le travail de nuit avec 23% des accidents avec arrêt et 22.5% des accidents grave. L’influence du travail posté est connue dans la littérature. Elle se traduit par un risque accru d’accident de travail la nuit et un risque double au milieu de la nuit. [5]

Discussion.

La majorité des accidents touchant les travailleurs âgés de moins de 40 ans peut être expliqué par le fait que l’âge moyen de la population de cette entreprise est de 38 ans, et que cette tranche d’âge est la plus exposée aux risques professionnels. Ces données rejoignent ceux des statistiques nationales (CNAS 2007) [1] ; la tranche d’âge entre 30 et 40 ans présente 60% des accidents avec arrêt et des accidents graves. La tranche d’âge entre 50 et 60 ans est plus concernée par les accidents sans arrêt de travail (bénins), ceci peut s’expliquer par le fait que cette tranche d’âge est expérimentée qui a acquis des réflexes de sécurité c’est aussi la moins exposé aux risques professionnels.

Concernant l’heure de l’accident ; nous remarquons que l’heure fatidique se situe le matin entre 10h et 12h avec 26.7% des accidents avec arrêt et 27.9% des accidents grave. Cet horaire correspond à l’horaire proche de l’heure du déjeuner. Cela serait en rapport avec une baisse de la vigilance et la fatigue engendrées par une dépense énergétique importante et la faim physiologique Nos résultats rejoignent ceux de la CNAS (2007) : près de 30% des accidents avec arrêt et également des accidents grave atteignent leur maximum entre 10 et 11h et près de 60% atteignent leur maximum à la 3éme heure après la prise ou la reprise du travail. Il

Par contre pour les accidents graves on note un taux de 1.1% Contrairement à une étude française faite sur les accidents du travail chez les seniors (données de la CNAMTS 2010) [3] qui montrent une augmentation de la gravité avec l’âge ; 32% des accidents grave concernent les salariés de plus de 55 ans car la part de cette tranche d’âge dans la population active est plus importante dans les pays européens. Le taux de fréquence des accidents du travail

est aussi souvent relaté une fréquence accrue des accidents entre 10h et 11h, période de haut niveau de performance et d’activité de travail maximale [5] . Les plaies représentent les lésions prédominantes pour les accidents du travail avec arrêt soit 26%, suivies par les traumatismes sans lésions osseuses avec 18,5%, ensuite les lumbagos avec 12.2% des accidents avec arrêt. Selon les données statistiques de la CNAS (2007) ; les plaies représentent la lésion prédominante avec 24.4% des accidents avec arrêt.

a tendance à diminué, en effet on note un pic en 2003, soit 47.6 accidents du travail avec arrêt pour un million d’heures travaillés, ce taux diminue progressivement pour arriver à 19.9 en 2012 avec un taux moyen de 29.8. Ces aboutissements peuvent s’expliquer par la rénovation des ateliers en 2004 et aussi une diminution de l’activité, après cette période on note un rehaussement du taux de fréquence arrivant jusqu’au 34.8 en 2008 cette période était caractérisée par une réadaptation ; les travailleurs à cette époque étaient en période d’apprentissage sur les nouvelles machines ce qui explique probablement cette remontée. Et depuis on remarque une progression a la baisse suite à l’exploitation des machines plus sécurisées.

Comme on pouvait s’y attendre et parallèlement à notre étude sur les conditions du travail, ces lésions sont liées essentiellement aux mauvaises conditions de travail et le non-respect des règles de sécurité. Le risque mécanique arrive en tête des éléments en cause de ces accidents de travail suivi par les chutes plain-pied, glissades et la manutention.

Les conducteurs machine, aide conducteurs et mécaniciens ont été impliqué dans près de 65% des accidents graves, vu le cumul des expositions aux contraintes physiques et organisationnelles chez cette population. Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

19


6

Conclusion.

L’entreprise a encore du mal à asseoir une vraie politique de maîtrise des accidents de travail qui passe par la mise en place d’un outil d’identification des risques accidentogènes qui permettra d’éclairer l’entreprise sur les défaillances de sécurité dans un but de définir des actions de prévention pertinentes. Bibliographie. 1. Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés. Statistiques nationales des accidents du travail et des maladies professionnelles ; 2007. 2. Commission européenne. Causes et circonstances des accidents du travail dans l’UE Luxembourg, Office des publications officielles des Communautés européennes ;2009. 3. Tissot C, Bastide JC. Accidents du travail chez les séniors. INRS.2012. 4. INRS. Dossier : glissades, trébuchement et autres chutes de plain-pied, Octobre 2006. 5. Leonard R. Le travail en horaires atypiques(INRCT). 1998 ; 269p

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RISQUES PROFESSIONNELS ET CONDITIONS DE TRAVAIL Risques professionnels et profil de morbidité dans une unité de commercialisation d’engrais minéraux NPK. C. Boukortt, A. Aous, M. Amriou, A. Mahdi, A. Semid Service de médecine du travail. CHU Bab El Oued, Alger. Algérie

1

Introduction

3

Bien que les engrais minéraux ne soient pas classés comme matière dangereuse et que les risques professionnels liés à ces produits soient peu documentés, ils peuvent dans le cadre de l’exposition professionnelle, engendrer des effets touchant la peau, les yeux et les voies respiratoires supérieures. Les engrais minéraux sont des granulés utilisés pour suppléer aux insuffisances des sols en éléments nutritifs inorganiques ; ils sont représentés essentiellement par de l’azote, du phosphate et du potassium, qu’on peut trouver sous formes simples (azoté [N], phosphaté [P], potassique [K]), sous forme de composés binaires (NP, NK, PK) ou ternaires (NPK) et sont conditionnés généralement en sacs de 50kg.

Il s’agit d’une étude transversale descriptive menée en 2014 qui a intéressé les 50 travailleurs de cette unité dont plus de la moitié est directement en contact avec ces engrais (31/50). Les risques professionnels ont été appréciés par l’observation des conditions de travail et le profil de morbidité par l’analyse des dossiers médicaux.

4 4.1

Résultats. Caractéristiques de la population d’étude.

Dans notre effectif, 94% sont des hommes, l’âge moyen est de 40.7 ans (±8.9) et l’ancienneté moyenne de 7.1 ans (±6.7). Soixante deux pour cent des travailleurs sont en contact direct avec les engrais minéraux NPK, ils sont représentés par les manutentionnaires, les caristes et le chef d’atelier et 38% sont indirectement en contact avec ces engrais comme les agents de surveillance, les administrateurs et les agents d’entretien.

Figure 1 – Conditionnement des sacs d’engrais.

2

Matériel et méthodes.

Objectifs.

Les objectifs principaux de notre étude menée dans une unité de commercialisation d’engrais minéraux azotés, phosphatés et potassiques (NPK) sont : 1. D’identifier les risques professionnels liés au contact avec ces engrais ; 2. D’établir le profil de morbidité des travailleurs de cette unité.

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Figure 2– caractéristiques de la population.

21


4.2

Risques professionnels.

En dehors du risque d’incendie et d’explosion, deux types de risques professionnels principaux ont été identifiés : le risque chimique lié à la manipulation d’engrais NPK et le risque ergonomique en rapport avec la manutention manuelle de sacs de 50 kg.

4.3

Figure 5 – Manutention. Les troubles musculosquelettiques affectent 34% de notre population d’étude (17/50). Ils sont représentés par les lombalgies (26%) et les atteintes cervico-brachiales (8%), ils touchent essentiellement les manutentionnaires.

Pathologies retrouvées .

Les lésions irritatives sont les pathologies professionnelles les plus fréquemment retrouvées, elles touchent 42 % de la population d’étude (21/50). Elles sont plus fréquentes chez les travailleurs en contact direct avec les engrais (57,1 %, 12/21).

Figure 6 – Troubles musculosquelettiques . Figure 3 – Pathologies retrouvées. Les rhinites. Les lésions irritatives sont représentées essentiellement par les rhinites (32%, 16/50) retrouvées autant chez les travailleurs en contact direct ou indirect avec les engrais. Trois cas de conjonctivites ont été comptabilisés dont deux chez les travailleurs indirectement exposés et deux cas de dermatoses irritatives chez le personnel directement exposé.

Figure 7 – Manutention mécanique.

Les dermatoses allergiques : 2 cas de dermatoses allergiques ont été retrouvées chez les manutentionnaires. Les autres pathologies (HTA, diabète, myopie, surdité, ulcère) touchent surtout les travailleurs en contact indirect avec les engrais (75 %). Figure 4 – Les lésions irritatives.

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22


5

Discussion. Bibliographie.

Les risques professionnels identifiés dans cette unité sont dominés par le risque chimique lié à l’exposition aux engrais NPK et le risque ergonomique en rapport avec la manutention manuelle de sacs de 50 kg. Les pathologies professionnelles les plus fréquemment retrouvées sont les manifestations irritatives (42%) représentées essentiellement par les rhinites (32%) qui touchent aussi bien le personnel technique qu’administratif pouvant être reliées aux poussières aéroportées produites par la rupture des sacs d’engrais. Cette situation pourrait également expliquer les deux cas de conjonctivites retrouvés chez le personnel administratif. Les TMS occupent la deuxième place (34%), ils sont dominés par les lombalgies (26%) et touchent essentiellement les manutentionnaires ils sont en rapport avec la manutention de charges lourdes. Les dermatoses allergiques ou irritatives, retrouvées exclusivement chez les manutentionnaires, sont la conséquence du contact direct de la peau des mains ou des pieds avec les engrais lors des opérations de nettoyage des locaux de travail ou de ramassage des sacs déchirés effectués sans protections. Les deux cas de dermatoses allergiques colligés ont été déclarés en maladies à caractère professionnel.

6

1. CEDEST-PARCS ET JARDINS : fiche de donnée de sécurité engrais NPK de mélange, conforme au règlement CE 1907/2006 (REACH) 2. CEE : Directive du conseil du 7 juin 1988 concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres relatives à la classification, à l’emballage et à l’étiquetage des préparations dangereuses (88/379/CEE). 3. FERTIAL : Engrais complexes N.P.K. fiche de données de sécurité. 4. Testud.F Engrais minéraux EMC Toxicologie et pathologies professionnelles 16-060-A10,2004.

Conclusion.

La manipulation d’engrais minéraux NPK n’est pas démunie de risques professionnels. En plus du risque irritatif et des dermatoses allergiques directement liés à ces substances, la manutention de ces produits conditionnés uniquement en sacs de 50 kg est à l’origine de TMS qui occupent la 2ème place dans la pathologie retrouvée.

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RISQUES PROFESSIONNELS ET CONDITIONS DE TRAVAIL Travail sur écran et troubles visuels. L. Djakrir, N. Keddari-Manamani. Service de médecine du travail. CHU Mustapha, Alger. Algérie

2. Formuler des recommandations pour l’amélioration des conditions de travail et la surveillance Médicale.

Résumé. L’ordinateur est de plus en plus utilisé dans les différents secteurs d’activité notamment le secteur tertiaire, qui a fait l’objet de ce travail qui a concerné 911 agents du secteur des assurances et qui a permis d’objectiver une prédominance de troubles visuels chez les agents de saisie (plus de 50%) qui travaillent sur écran 4 heures et plus par jour et parfois plus sans possibilité de pauses. Un certains nombre de recommandations sont formulées afin d’essayer d’améliorer les conditions de travail. Mots clés : Écran, ergonomie du poste de travail, ergovision, pauses intercalaires.

1

Introduction

Le travail sur écran est retrouvé dans tous les secteurs d’activité(au bureau, à l’école, à domicile, à la maison) notamment dans le secteur tertiaire ou les plaintes des travailleurs sur écran se font de plus en plus fréquentes.les troubles visuels comptent parmi les troubles les plus rapportés parmi les agents de saisie.

2

Objectifs.

Les objectifs principaux de notre étude menée dans une unité de commercialisation d’engrais minéraux azotés, phosphatés et potassiques (NPK) sont :

3

Matériel et méthodes.

Il s’agit d’un dépistage des anomalies visuelles par ergovision ayant concerné tout le personnel (911travailleurs) de quatre entreprises activant dans le secteur tertiaire, employant des opérateurs sur écran de visualisation.

4

Résultats.

Les résultats retrouvés aux tests automatiques sont les suivants :55% des travailleurs sur écran ont une acuité visuelle à droite de loin inférieure ou égale à 4/10 alors que 53, 48% des travailleurs sur écran ont une acuité visuelle à gauche de loin iinférieure ou égale à 4/10, de même 6.97% des travailleurs sur écran présentent une tendance à l’hypermétropie et 6.5% des travailleurs sur écran voient mieux dans le vert ce qui confirme le test précédent nous avons également retrouvé 7,2% des travailleurs sur écran qui présentent une tendance à l’astigmatisme et 18,37% des travailleurs sur écran présentent une hétérophorie qui peut être génératrice de fatigue et 31,86% des travailleurs sur écran ont une acuité visuelle binoculaire de prés à 10/10.

5

Discussion.

Conditions de travail. 60% des TSE+ ont 1. Dépister les anomalies visuelles chez les tra- des activités annexes, 47% des TSE+ prennent vailleurs sur écran. des pauses (alibi) pendant le travail 62,11% des Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

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médecin du travail doit réaliser un examen approfondi et approprié des yeux et de la vue de l’utilisateur. Si des troubles apparaissent, un examen par un ophtalmologiste est prescrit.

6

Conclusion.

Figure 1 – Équilibre des luminances

Travailler intensivement devant un écran peut TSE+ utilisent leur micro-ordinateur au-delà de engendrer des troubles des troubles visuels, le 4 heures par jour pour la saisie. rôle du médecin du travail est important pour limiter ces troubles : une analyse de la présentation de l’information, de l’implantation et de l’aménagement du poste de travail et des tâches qui incombent à l’opérateur peut permettre de mettre en œuvre une stratégie de prévention efficace. Bibliographie. Table 1 – Troubles visuels.

1. ANDERSON G B J. Biomechanical aspects of sitting. An application to VDT terminals, Behaviour and Information Technology, 1987, 6pp, 257-269.

Pour OSTBERG ces signes de fatigue visuelle ont tendance à augmenter avec la durée du travail sur écran ; de même l’absence de pauses réglementées oblige les TSE+ à s’absenter de leur poste pour plusieurs motifs.

2. BERGQUIST U.,PUNNETT L. Visual display unit work and upper extremity musculoskeletal disorders : A review of epidemiological findings. Solna Sweden : National Institute of Working Life, Arbete och Hälsa 199716. Silverstein BA, Stetson DS, Keyserling WM, Fine LJ. 1997.

Recommandations : – Ajuster l’éclairage général – Ajuster l’éclairage d’appoint – Ajuster rideaux ou stores aux fenêtres – Éliminer les surfaces claires et brillantes – Modifier l’emplacement du poste – Nettoyer l’écran – Ajuster ou faire ajuster le foyer de l’écran – Exiger des documents de meilleure qualité visuelle – Modifier l’emplacement de l’écran – Éliminer les sources de réflexion – Ajouter un filtre antireflet – Augmenter la fréquence des regards au loin – Alterner avec un autre type de travail de bureau ou un travail sur écran n’exigeant pas que les yeux soient constamment rivés sur le moniteur. – Réduire la brillance de l’écran – Éviter de faire papilloter le curseur Surveillance médicale : lors des visites médicales (embauche et visites périodiques) le Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

3. ELIAS R, CAIL F, Contrainte et astreintes devant les terminaux à écran cathodiques, Vandoeuvre, INRS, coll. Notes Scientifiques et Techniques, 1982 NS 43, 118 p. 4. FALEK A., CHEKIRINE M. Travail sur Ecran dans une Entreprise d’Equipement Electrique. journée D’information sur "les risques liés au travail sur écran de Visualisation" à l’INSP décembre 2010. 5. OSTEBERG O, SMITH M, Effects on visual accommodation and subjective from VDT work intensified through split screen technique ? In : KNAVE B. Work with display units 86. Amsterdam, Elsevier. 1987, pp, 512-521. 6. SI AMER N, LIANI N. Travail sur écran de visualisation à l’hôtel El Djazaïr :risques et 25


prévention. Mémoire de fin d’études de résidanat de Médecine du travail. Alger, octobre 2002, p 102. 7. TOIVONEN R., TAKLA E. (1999). Assessment of dose-response relationship between VDU work and discomfort. In H.J. Bullinger and J. Ziegler (Eds.). Human-Computer Interaction : Ergonomics and User Interfaces,1 (pp. 27-30). Mahwah, USA : Lawrence Erlbaum Associates Publishers 8. ZEROUG C, OUAAZ M, HADDAR M, ARAIBIA A.Travail sur écran de visualisation dans une imprimerie :conditions de travail et symptomatologie oculaire et visuelle. Mémoire de fin d’études de résidanat de Médecine du travail. Alger, octobre 1995, p 93.

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RISQUES PROFESSIONNELS ET CONDITIONS DE TRAVAIL Conditions de travail dans un centre de transfusion sanguine. L. Younsi , H. Benmessaoud, A. Boukachabia, M. Ferhat, L. Si Lakhal, C.Boukkort, A. Semid. Service de médecine du travail. CHU Mustapha, Alger. Algérie

Résumé.

1

Même si le travail a été fortement automatisé, il n’en reste pas moins que le laboratoire d’analyses médicales représente un secteur d’activité qui expose à un risque permanent d’accidents exposants au sang (AES). Notre étude a été motivée par les plaintes du personnel concernant les nuisances sonores, le matériel mal adapté et les contraintes posturales. Une enquête a été effectuée en 2014 durant 8 mois comprenant des visites des lieux avec mesures des ambiances pour identifier les circonstances d’exposition du personnel complétée par une étude épidémiologique descriptive par auto-questionnaire sur la perception du risque du personnel du laboratoire ayant concerné un effectif de 65 travailleurs au niveau du centre de transfusion sanguine . 60,37% de la population d’étude estime que le geste le plus à risque est celui du débouchage des tubes. Les mécanismes d’action les plus retrouvés sont : la projection de liquide biologique avec 74,54% suivi des piqures d’aiguille souillée avec 34,54% .86,80% du personnel déclare avoir des positions assises ou debout prolongées. L’essentiel des plaintes consiste en des lombalgies et des cervicalgies dans 24,52% et 22,64% suivi de douleur de l’épaule et du poignet dans 16,98% et 15,09 %. 65,30% du personnel estiment travailler en présence de machines bruyantes

De toutes les prestations de santé, celles fournies par les laboratoires d’analyses médicales détiennent une place de choix dans la stratégie de soins, mais aussi et surtout, représentent une large gamme de risques professionnels. Quand on sait que l’activité de laboratoire englobe plusieurs sous spécialités (microbiologie, immunologie, biochimie, sérologie). On devine aisément les catégories de risques encourus par le personnel, notamment le risque biologique, mais aussi les contraintes posturales, le risque chimique et physique. Dans un précédent travail fait par notre service sur la gestion des déchets hospitaliers et durant nos nombreuses visites des lieux dans divers services de notre CHU, Notre attention fut portée sur le centre de transfusion sanguine où nous avons pu remarquer de nombreuses situations à risque. Non seulement en matière de déchets de soins, mais dans bien des domaines notamment le risque infectieux et le risque physique représentés par les nuisances sonores ainsi que les plaintes concernant les postures contraignantes rapportées par le personnel. Ce qui a motivé cette présente étude.

2

Objectifs. 1. Identifier les circonstances d’exposition aux risques professionnels.

Mots clefs : Laboratoire, risques professionnels, accidents exposants au sang.

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Introduction

2. Rendre compte des pratiques de travail des personnels du laboratoire et leur perception des conditions de travail.

27


3

Matériel et méthodes.

Le débouchage des tubes représente le geste le plus à risque d’AES dans le laboratoire Enquête réalisée en 2014 sur 8 mois et a selon la perception des salariés 60.37% graphe 2. comporté : – Des visites des lieux avec mesures des ambiances pour identifier les dangers potentiels et les circonstances d’exposition du personnel à chaque étape de l’activité par l’Observations aux postes de travail ,Témoignages des équipes et Mesure des ambiances sonores. – Une étude épidémiologique descriptive par auto-questionnaire sur la perception du risque ayant concerné un effectif de 65 travailleurs au niveau du centre de transfusion sanguine. le questionnaire a été inspiré de celui utilisé dans l’étude menée par l’INRS en collaboration avec le GERES en 1996 et en 1998 sur le risque infectieux dans les laboratoires d’analyse médicales – Des Visites médicales avec recensement rétrospectif des AES survenus pendant l’année 2013.

4

Figure 2 – Répartition des salariés selon la perception des gestes les plus à risque d’AES.

La projection est le mécanisme le plus fréquent des accidents exposants au sang graphe3.

Résultats.

La moyenne d’âge de notre population d’étude est de 33 ans, en majorité féminine à 71,69%. L’ancienneté moyenne est de 10,6 ans, environs 60% de l’effectif a une ancienneté inférieure à 5 ans. Le personnel médical représente la même proportion que le personnel technique graphe1.

Figure 3 – Répartition selon le mécanisme d’action le plus fréquent d’AES.

Presque la moitié des TMS touchent le membre supérieur (poignet et main) avec un taux de 47.19% graphe 4.

Figure 1 – Répartition de l’effectif selon les catégories professionnelles. Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

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V/ DISCUSSION Le risque infectieux est représenté par les accidents exposant au sang (AES). Sur les 13 AES déclarés en 2013 les mécanismes d’action les plus retrouvés sont : la projection de liquide biologique dans 51.83% de cas suivie des piqures d’aiguille dans 34,54% des cas. L’étude du GERES[4] retrouve elle, les piqures d’aiguille dans 56% des cas, suivie des projections avec un taux de 25% des cas. Ce type d’accidents par projection reste fréquent dans notre laboratoire du fait de l’usage de matériel mal adapté. En effet 60.37% de la population d’étude estime que le geste le plus à risque est celui du débouchage des tubes suivi par la réception des tubes et le nettoyage des surfaces et machines dans 34% respectivement pour les deux mécanismes. Le pipetage arrive en 3éme position dans 30,18% des cas. Des chiffres nettement inférieurs aux nôtres ont été retrouvé dans l’étude menée par l’INRS et le GERES[4] dans 18 laboratoires volontaires avec 20% pour le débouchage des tubes,13% pour le pipetage et 11% pour la réception des tubes. Effectivement ce constat a été vérifié ; 81,13% du personnel affectés aux locaux d’analyses, estime travailler avec du matériel mal adapté. 73,58% des tubes sont reçus collés sur les ordonnances. Ces mêmes tubes arrivent au laboratoire souillés dans 56,60% des cas. Cet état de fait a été conforté lors de nos visites des lieux en relevant des insuffisances a type de manque de portoirs pour la réception des échantillons, des tubes avec bouchons rigides difficiles à ouvrir et des poches de sang sans système vacuum qui représentent des facteurs de risque d’AES. Dans notre étude chez le personnel effectuant du pipetage manuel 78,94% se plaignent de TMS contre 44% dans le rapport de MOISAN [3] ; rapport rapportant l’étude ergonomique de l’activité du pipetage manuel de 74 techniciens des laboratoires de biochimie et d’hématologie du CHU d’Angers. Ce même personnel déclare des douleurs de poignets dans 63,02% des cas, des douleurs de mains dans 25,34% des cas. MOISAN cite 44% respectivement pour ces deux symptômes. Ceci peut s’expliquer par le travail avec des pipettes à poignet non ergonomique, poussoirs rigides qui augmentent les contraintes sur le

Figure 4 – Troubles musculo-squelettiques retrouvés chez le personnel.

88,01% du personnel ne connait pas la procédure en cas de tubes brisé graphe 5.

Figure 5 – Connaissance de la procédure à suivre en cas de tube brisé. Les 2/3 du personnel se plaignent de nuisances sonores graphe 6.

Figure 6 – Exposition au bruit.

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poignet. 45% du personnel avec le travail sur microscope dans notre étude ont présenté des TMS, un taux proche des résultats retrouvés dans le rapport sus cité (53%.)[3]. Concernant l’évaluation des connaissances du personnel : 60,37% du personnel ne reconnait pas le pictogramme du risque infectieux. Alors que l’identification de cette signalisation est indispensable pour ajuster le comportement face au risque. 88% du personnel ne connaissent pas la procédure en cas de tube brisé et 79,24% ne reconnaissent pas les pictogrammes du risque chimique, ainsi il apparait évident que la formation et l’information du personnel est à renforcer, ceci est d’ailleurs exprimé chez 100% des travailleurs questionnés.

Bibliographie. 1. INRS. Conception des laboratoires d’analyses biologiques, ED 999, Avril 2007. 2. INRS. Laboratoires d’analyses médicales évaluation et prévention du risque infectieux.2009 3. MOISAN S. Troubles musculosquelettiques chez les techniciens de laboratoire rapport CNRACL 2003,42 pages 4. Touche S, Fleury L, Berlie C .Risques infectieux dans les laboratoires d’analyses médicales. Enquête d’évaluation et d’évolution des pratiques. Documents pour le médecin du travail, 2000,83 :233-9

65,30% du personnel estiment travailler en présence de machines bruyantes. Les relevés sono métriques ont retrouvé des niveaux atteignant 83 dB (A) ce qui est au-dessus du seuil limite de concentration pour les travaux à forte sollicitation cognitive qui ne devrait pas dépasser 55 dB(A).

5

Conclusion.

l’amélioration des condition de travail concernant le risque infectieux et les contraintes posturales reste primordial dans ce laboratoire par la mise a disposition du personnel d’un matériel d’analyse de meilleure qualité ; plus sécurisant et moins contraignant afin de diminuer le risque d’AES et le risque de troubles musculosquelettiques, surtout pour les opérations de pipetage manuel . L’exposition aux nuisances sonores est réelle et perturbe le personnel hospitalier dans l’exécution de taches très précises requérant une attention soutenue, nécessitant une intervention sur les machines bruyantes en assurant leur maintenance régulière. Aussi il apparait clairement que l’éducation du personnel et sa sensibilisation aux bonnes pratiques de laboratoire est plus que nécessaire.

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RISQUES PROFESSIONNELS ET CONDITIONS DE TRAVAIL Les dermatites de contact en milieu hospitalier. S. Khatmi , H. Sekhri , S. Gueroui, Am. Nezzal. Service de médecine du travail. LRSE, Faculté de médecine, Université Badji-Mokhtar Annaba. Algérie

Résumé Introduction En milieu de soins, de nouvelles substances ne cessent d’apparaitre aussi bien dans le domaine du diagnostic et du soin, que dans celui de l’hygiène, de la maintenance et de l’entretien de l’équipement et des locaux. Ces produits, souvent irritants et allergisants, risquent de provoquer des dermatoses chez les travailleurs exposés. En vue d’évaluer l’importance de ces dermatoses en milieu hospitalier, une étude a été réalisée allant de 2008-2013 ciblant le personnel du CHU. Objectifs. 1. Déterminer la fréquence des dermatoses professionnelles chez le personnel hospitalier du CHU 2. Identifier les différents types de dermatoses constatées chez le personnel hospitalier 3. Préciser les produits incriminés dans la genèse de ces dermatoses. Matériel et méthodes. C’est une étude épidémiologique descriptive rétrospective concernant les dermatoses professionnelles en milieu hospitalier sur une période de 05 ans allant de 2008 à 2013. La population concernée est représentée par tous les employés hospitaliers activant dans tous les services du CHU d’Annaba ; se répartissant en personnel paramédical, technique et administratif. Le personnel médical est exclu de l’étude. Résultats. On retrouve une prédominance féminine avec un sexe ratio de 0,7, la tranche d’âge la plus touchée par la dermatose se situe Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

entre 40-49 ans, le personnel paramédical et technique est le plus touché avec des prévalences respectives de 46,6% et 43,4%, les services médicaux et chirurgicaux sont les plus touchés par la dermatose professionnelle avec des prévalences respectives de 50% et 33,3%. Il s’agit le plus souvent de dermatite d’irritation favorisée par le travail en milieu humide et la manipulation fréquente et répétée des différents produits incriminés représentés principalement par les désinfectants et les détergents. Conclusion : La prévention bien organisée et structurée d’une dermatose professionnelle allergique ou d’irritation est une étape essentielle dans sa prise en charge thérapeutique. La suppression des facteurs responsables est difficile en milieu professionnelle mais lorsqu’elle est possible, elle est efficace. Mots clefs dermatose, allergie, irritation, hospitalier.

Abstract. Introduction. In medium of care, new substances do not cease appearing as well in the field of the diagnosis and the care, as in that of hygiene, the maintenance and the maintenance of the equipment and the buildings. These products, often irritating and allergisants, are likely to cause dermatoses in the exposed workers. In order to evaluate the importance of these dermatoses in hospital medium, a study was carried out going from 2008-2013 targeting the staff of the university hospital. Objectives. 1. To determine the frequency of the professional dermatoses at the hospital staff 2. To identify the various types of dermatoses noted at hospital staff 31


3. Preciser products accused in the genesis of these dermatoses. Method. It is a retrospective descriptive epidemiological study concerning the professional dermatoses in hospital medium over one 05 years period going from 2008 to 2013. The population concerned is represented by all the hospital employees activating in all the services of the university hospital ; dividing itself into ancillary medical, technical and administrative staff. Medical staff is excluded from the study. Results. One finds a female prevalence with a sex ratio of 0.7, the age bracket the most touched by the dermatosis ranges between 40-49 years, staff ancillary medical and technical is touched the most with respective prevalence of 46.6% and 43.4%, the medical departments and surgical are touched by the professional dermatosis with respective prevalence of 50% and 33.3%. It is generally about dermatitis of irritation supported by work in moist environment and frequent and repeated handling various accused products represented mainly by disinfecting and the detergents. Conclusion. The well organized and structured prevention of an allergic professional dermatosis or irritation is a crucial step in its therapeutic assumption of responsibility. The suppression of the responsible factors is difficult in professional environment but when it is possible, it is effective.

nique préétablie des cas de dermatoses ayant consulté au service de médecine du travail sur une période de 05 ans allant de 01 janvier 2008 au 31 decembre 2013.

3

L’âge moyen : 40 ± 6ans Minimum : 25ans, Maximum : 55 ans. 60% de la population d’étude est de sexe féminin avec un sexe ratio de 0.66. 69% de la population d’étude est mariée. Catégorie professionnelle de la population : les paramédicaux représentent 46,6%, les agents techniques 43,4%, les agents administratifs 10%. 46,7% de l’ensemble des travailleurs sont employés dans des services médicaux. L’ancienneté moyenne est de 21 ans. Les antécédents personnels d’atopie : la majorité des patients présentent des antécédents d’atopie, allergie respiratoire 27%, conjonctivite allergique 7% et allergie cutanée 20% correspondant à un eczéma des mains. (Graphe 1)

Keywords dermatosis, allergy, irritation, hospital.

1

Figure 1 – Répartition selon les ATCD d’atopie. La Vaccination de nos patients est relativement correcte HVB : 93%, dT : 74% . La date du diagnostic de la dermatite de contact est l’année 2013 pour 43,3% des cas. (Graphe 2 ) .

Objectifs.

1. Déterminer la fréquence des dermatites de contact chez le personnel hospitalier du CHU d’Annaba. 2. Identifier les différents types de dermatites constatées chez le personnel hospitalier. 3. Préciser les produits incriminés dans la genèse de ces dermatites.

2

Résultats.

Matériels et Méthodes.

C’est une étude rétrospective à partir des dossiers médicaux et à l’aide d’une fiche techLe journal de la médecine du travail – JMT N°22-

Figure 2 – Répartition selon la date du diagnostic. 32


Le traitement : La majorité des patients ont été traité par un traitement local 56,7% des cas. L’évolution de la maladie : la guérison n’a été observée que chez 40% du personnel atteint de dermatose professionnelle et la rechute dans 60%. Les arrêts de travail : 100% des employés hospitaliers atteints de dermatose professionnelle ont été mis en arrêts de travail dont la majorité entre 10 à 90 jours Les moyens de protection : ils sont portés chez 60% de notre population. La constatation de la maladie professionnelle est faible, de l’ordre de 20% (04) cas déclarés selon le tableau no 41 des maladies professionnelles.

La localisation de la dermatite : la dermatite siège au niveau des mains dans 90% des cas. (Graphe 3)

Figure 3 – Répartition selon la localisation de la dermatite.

4

Le risque infectieux est représenté par les accidents exposant au sang (AES). Sur les 13 AES déclarés en 2013 les mécanismes d’action les plus retrouvés sont : la projection de liquide biologique dans 51.83% de cas suivie des piqures d’aiguille dans 34,54% des cas. L’étude du GERES[4] retrouve elle, les piqures d’aiguille dans 56% des cas, suivie des projections avec un taux de 25% des cas. Ce type d’accidents par projection reste fréquent dans notre laboratoire du fait de l’usage de matériel mal adapté. En effet 60.37% de la population d’étude estime que le geste le plus à risque est celui du débouchage des tubes suivi par la réception des tubes et le nettoyage des surfaces et machines dans 34% respectivement pour les deux mécanismes. Le pipetage arrive en 3éme position dans 30,18% des cas. Des chiffres nettement inférieurs aux nôtres ont été retrouvé dans l’étude menée par l’INRS et le GERES[4] dans 18 laboratoires volontaires avec 20% pour le débouchage des tubes,13% pour le pipetage et 11% pour la réception des tubes. Effectivement ce constat a été vérifié ; 81,13% du personnel affectés aux locaux d’analyses, estime travailler avec du matériel mal adapté. 73,58% des tubes sont reçus collés sur les ordonnances. Ces mêmes tubes arrivent au laboratoire souillés dans 56,60% des cas. Cet état de fait a été conforté lors de nos visites des lieux en relevant des insuffisances a type de manque de portoirs pour la réception des échantillons, des tubes avec bouchons rigides difficiles à ouvrir et des poches de sang sans

Le type de dermatite, les dermatites de contact sont de type irritatif dans 53,3% des cas et de type allergique dans 46,7% des cas. (Graphe 4)

Figure 4 – Répartition selon le type de la dermatite.

Les produits manipulés : les désinfectants sont retrouvés dans 36,7% et les détergents dans 16,7%. (Graphe 5)

Figure 5 – Répartition selon les produits manipulés. Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

Discussion.

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système vacuum qui représentent des facteurs de risque d’AES. Dans notre étude chez le personnel effectuant du pipetage manuel 78,94% se plaignent de TMS contre 44% dans le rapport de MOISAN [3] ; rapport rapportant l’étude ergonomique de l’activité du pipetage manuel de 74 techniciens des laboratoires de biochimie et d’hématologie du CHU d’Angers. Ce même personnel déclare des douleurs de poignets dans 63,02% des cas, des douleurs de mains dans 25,34% des cas. MOISAN cite 44% respectivement pour ces deux symptômes. Ceci peut s’expliquer par le travail avec des pipettes à poignet non ergonomique, poussoirs rigides qui augmentent les contraintes sur le poignet. 45% du personnel avec le travail sur microscope dans notre étude ont présenté des TMS, un taux proche des résultats retrouvés dans le rapport sus cité (53%.)[3]. Concernant l’évaluation des connaissances du personnel : 60,37% du personnel ne reconnait pas le pictogramme du risque infectieux. Alors que l’identification de cette signalisation est indispensable pour ajuster le comportement face au risque. 88% du personnel ne connaissent pas la procédure en cas de tube brisé et 79,24% ne reconnaissent pas les pictogrammes du risque chimique, ainsi il apparait évident que la formation et l’information du personnel est à renforcer, ceci est d’ailleurs exprimé chez 100% des travailleurs questionnés.

sensibilisation augmente avec l’âge. Dans notre étude on a une prédominance féminine 60%, sexe ratio 0,66, l’étude de Flyvholm et al. retrouve les mêmes données correspondant à un effectif important des femmes employées dans les structures hospitalières, associé aux activités extraprofessionnelles notamment les activités domestiques. Dans notre étude la catégorie paramédicale représente 46.6% et technique 43.4% comparé à l’étude de Flyvholm et al ou le personnel paramédical est de 59% et le personnel technique 36% cela est très similaire. Le personnel paramédical et technique étant plus exposé par la multiplicité et l’importance des soins médicaux et les tâches d’entretien effectuées. La structure hospitalière à l’hôpital Ibn Sina on a 46,7% des cas et à l’hôpital Ibn Rochd 23,4%, ces résultats sont liés à la pathologie et non à l’effectif qui est plus important au niveau de l’hôpital Ibn Rochd. Selon l’importance de la manipulation des produits allergisants et irritatifs en milieu hospitalier la répartition de nos patients dans les services médicaux est de 50% et dans les services chirurgicaux elle est de 33,3%. L’ancienneté au poste la plus élevée 43,3% se situe dans la tranche [1-10] ans, l’ancienneté au poste ne semble pas influencer la survenue de la dermatose. La majorité des patients présentent des antécédents d’atopie, Le terrain allergique cutané est retrouvé chez 06 patients soit 20% pour l’eczéma des mains. Répartition des malades selon la date du diagnostic : nos patients dans 43,3% ont été diagnostiqués durant l’année 2013 . Dans notre étude la localisation de la dermatite se situe essentiellement aux mains dans 90% des cas ce qui se rapproche de l’étude de Darouiche et al qui retrouve une localisation aux mains dans 52,7% des cas Répartition des malades selon le type de la dermatite : Dans notre étude les dermatites de contact sont de type irritatif dans 53,3% des cas et de type allergique dans 46,7% des cas, ce qui est concordant avec l’étude européenne qui retrouve 54% de dermatite d’irritation et 46% de dermatite allergique . Répartition des malades selon les produits

65,30% du personnel estiment travailler en présence de machines bruyantes. Les relevés sono métriques ont retrouvé des niveaux atteignant 83 dB (A) ce qui est au-dessus du seuil limite de concentration pour les travaux à forte sollicitation cognitive qui ne devrait pas dépasser 55 dB(A).

5

Discussion.

Dans notre étude la tranche d’âge 40-49 ans est la plus importante 53,4% avec un âge moyen de 40 ans, comparé à l’étude européenne qui retrouve le taux le plus élevé 60% dans la tranche d’âge 45-50 ans. On constate que la Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

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manipulés : Dans notre étude les produits manipulés sont des désinfectants dans 36,7% et des détergents dans 16,7% comparé à l’étude italienne qui retrouve 16% pour les désinfectants et 6,4% pour les détergents Ceci pourrait être expliqué par le faite que le personnel soit souvent mal informé sur la nature des produits qu’ils utilisent et les mesures de protection nécessaires lors de leur utilisation. Prévention : La majorité de nos patients déclarent porter des moyens de protection (60%) pas toujours adapté à la manipulation des différents produits utilisés dans l’activité professionnelle. Lors des visites d’embauche et des visites périodiques il faut écarter du risque les sujets atopiques, les sujets présentant une dermatite irritative car celle-ci fera le lit d’une dermatite allergique. Réparation : Dans notre étude elle n’a été effectuée que dans 03 cas soit 10%. La prise en charge médico-légale est complexe, les dermatites retrouvées chez le personnel hospitalier sont surtout de type irritatif 53,3%. Dans la majorité des tableaux de réparation des maladies professionnelles on répare la dermite eczématiforme qui est confirmée par des tests épicutanés. Les tests épicutanés ont été réalisés dans 13,3% des cas. IL n’existe pas de batterie de tests spécifiques pour le milieu hospitalier.

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nécessaire d’adopter des mesures préventives adaptées afin de limiter l’apparition de ces affections cutanées chez les travailleurs exposés, particulièrement en cas d’antécédent de dermatite atopique, car cela semble augmenter le risque de développer un eczéma de contact professionnel.

Bibliographie. 1. CREPY M.N., Dermatites de contact professionnelles chez les personnels de santé. Documents pour le médecin du travail 1er trimestre 2011, no 125, Fiche d’allergologiedermatologie professionnelle, no TA 88, p. 121-139 2. FRIMAT P., LARTIGAU-SEZARY I. Prévention des affections cutanées dans le secteur de la santé, matériel et produits de protection cutanée. Lille : Centre hospitalier régional de l’Université de Lille 2.

Conclusion.

Cette étude a permis l’identification des principaux facteurs de risque chimiques en milieu hospitalier qui menace toute la population hospitalière représentés principalement par les désinfectants et les détergents. Le diagnostic étiologique de l’allergie reste difficile. La mise en place de moyens d’investigations tel que tests allergologiques, dosages des IgE spécifiques est nécessaire pour une meilleure prise en charge. Ces dermatoses sont sources d’inconfort pour les salariés et donc invalidantes dans leur activité´ professionnelle quotidienne. Il est donc Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

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RISQUES PROFESSIONNELS ET CONDITIONS DE TRAVAIL Eczéma de contact chez une infirmière chargée de la préparation des chimiothérapies anticancéreuses. H. Benmessaoud, F. Ifticen, L. Younsi, A. Semid. Service de médecine du travail. LRSE, Faculté de médecine, Université Badji-Mokhtar Annaba. Algérie

1

Introduction.

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– Données sociodémographiques : technicienne supérieure de la santé, âgée de 53 ans, infirmière dans une unité d’oncologie médicale depuis 12 ans. Elle est chargée de la reconstitution et de l’administration de plusieurs médicaments cytotoxiques, notamment la doxorubicine, le cyclophosphamide, le 5 fluorouracile, vincristine, cis platine. – Antécédents médicaux : hypertension artérielle et hypothyroïdie sous traitement, une hépatite virale B guérit et plusieurs accidents exposant au sang non déclarés. Cette infirmière n’a pas bénéficié d’une visite d’embauche(2002), et elle ne s’est présentée que deux fois en visite périodique (2004 et 2006) en 12 ans d’ancienneté. – Histoire de la maladie : consultation en médecine du travail (avril 2013), pour une dermatose palmoplantaire apparue il y a une année et qui s’est aggravée depuis deux mois. Les lésions semblent être apparues après un contact répété avec les médicaments cytotoxiques. – Données cliniques : lésions eczématiformes au niveau de la main droite et des deux pieds. - Le diagnostic d’eczéma de contact a été évoqué et confirmé par le dermatologiste. - Traitement prescrit et évolution : dermocorticoïdes, qui ont donné de bons résultats. Néanmoins il y avait une réapparition des lésions à chaque fois qu’elle arrêtait son traitement. - Il est à noter que les lésions ont complè-

L’utilisation des médicaments cytotoxiques dans le traitement des affections cancéreuses représentent des risques potentiels pour la santé des manipulateurs chargés de leur reconstitution et de leur administration [1]. Hormis les effets systémiques, des effets locaux à type de manifestations irritatives et d’eczémas de contact allergiques ont été décrits au sein du personnel affecté à la préparation des protocoles de chimiothérapie lorsque les règles d’utilisation de ces produits n’ont pas été appliquées [1 ; 2]. L’objectif de ce travail est de mettre l’accent sur l’intérêt de la sensibilisation des manipulateurs au strict respect des bonnes pratiques et au port d’équipements de protection individuelle. Cette sensibilisation n’est pas toujours aisée pour le médecin du travail qui est confronté à des résistances aux changements de la part de ces manipulateurs. Ces difficultés seront illustrées à travers le cas d’une infirmière qui a développé un eczéma de contact probablement en rapport avec la manipulation des cytostatiques.

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Objectifs.

Mettre l’accent sur l’intérêt de la sensibilisation des manipulateurs au strict respect des bonnes pratiques et au port d’équipements de protection individuelle.

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Matériels et Méthodes.

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tement disparu lors de la période du congé la manipulation des médicaments anticancéreux (test d’éviction réadmission positif). représentent la catégorie professionnelle la plus exposée à ce type de manifestations. Lors de – Analyse de la situation du travail : L’unité contact direct des observations de ce type ont d’oncologie médicale prend en charge en été faites avec le cyclophosphamide, la doxorumoyenne huit patients par jour. L’infirmière bicine, le méthotréxate et le 5 fluorouracile lors travaille en binôme pour la préparation et de contact direct [3]. l’administration des protocoles. La contamination se fait principalement par les L’observation des situations de travail, mains [4] ; ce qui a été constaté lors de l’obsera révélé qu’au cours de la reconstitution vation des situations de travail de l’infirmière l’infirmière travaillait sous hotte et avec de cette unité d’oncologie. Elle ne portait pas des gants, mais le changement des flacons de gants lors de l’administration du produit, de produits de chimiothérapies au lit du du changement des flacons, de l’utilisation des malade et l’utilisation des perfuseurs pur- perfuseurs purgés avec le médicament. Par la gés avec le médicament se faisaient à mains suite, malgré le port de gants, la non observance nues et sans couvre chaussures (risque de des bonnes pratiques, (utilisation du téléphone réception de gouttelettes du produit sur les avec des gants souillés) a été une source de pieds). contamination des mains qui a entrainé une reviviscence des lésions eczématiques. – Suivi et évolution Ces pratiques l’exposent au risque de contact - L’infirmière a été sensibilisée quant à l’im- direct avec les médicaments cytotoxiques, ce qui portance du port des équipements de pro- fait du port de gants une mesure de protection tection individuelle notamment au cours de individuelle incontournable dans ce type de l’administration des chimiothérapies. manipulation. - Un traitement local à base de dermocorti- Il existe un grand nombre de cytostatiques qui coïdes, le port de gants et de couvre chaus- diffusent à travers les gants en latex et vinyle sures ont entraîné une nette régression des [5] d’où la recommandation de porter deux lésions au niveau des pieds, mais pas au ni- paires de gants pour les reconstitutions avec veau de la main droite. deux matériaux différents afin d’assurer une - Une nouvelle analyse de la situation de protection contre un maximum de substances travail, a permis de comprendre la persis- [6]. tance des lésions qui serait due à la conta- Les couvres-chaussures font partie des équipemination du téléphone portable utilisé au ments de protection individuelle et diminuerait cours des préparations. le risque de contact cutané ainsi que celui de la - La protection du téléphone par un sac en dissémination des produits. plastique (plutôt que de respecter l’interdic- Le port d’équipements de protection indivition de son utilisation) au cours de la ma- duelle est indispensable mais à eux seuls, ils ne nipulation des cytostatiques a entraîné une suffisent pas à éliminer le risque de contaminarémission totale des lésions eczématiques. tion par les cytotoxiques mais c’est toute une discipline rigoureuse qui doit être acquise et appliquée. 4 Discussion. En dehors de sa formation de base dispensée au niveau des écoles paramédicales, cette infirmière Les lésions eczématiques présentées par cette n’a pas bénéficié de formation continue à la préinfirmière pourraient être liées au contact paration et l’administration des anticancéreux direct avec des médicaments cytotoxiques au alors que le NIOSH et l’ASHP, cités par Liani [7] cours de leur administration. Le test d’éviction considèrent que seules des personnes motivées, réintroduction conforte cette origine profession- formées et informées devraient manipuler ce nelle. La survenue de l’eczéma de contact aux type de médicaments [7] ; et il est souhaitable cytostatiques est prouvée [3] par les données de évidement de renouveler régulièrement ces forla littérature, mais sa fréquence reste indétermi- mations. Ce type de formation est essentiel pour née. Les infirmiers chargés de la préparation et limiter et réduire le risque de contamination. Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

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Conclusion.

Il est important de rester vigilant, quant aux effets liés à la manipulation des cytotoxiques aussi bien locaux que systémiques, en minimisant les circonstances d’exposition au plus bas niveau possible. Une information et une formation adaptée au personnel, une prévention technique collective et individuelle doivent être impérativement mises en place. Bibliographie. 1. ROUSSELIN X, STÜCKER I-Les caments cytostatiques en milieu de 1. Toxicité et risques professionnels. médico-technique TC 33. Doc Méd 1990 ; 43,3e trimestre 1990 : 215-25.

médisoins. Fiche Trav.

2. DESCHAMPS FJ, MARINUTTILIBERGE V -Risques liés à l’exposition aux cytostatiques pour le personnel soignant. Presse Méd. 2001 ;30 (32) : 1596-600. 3. Astier L : chimiothérapie anticancéreuses : effets secondaires et toxicité, 1989 2ème ed PARIS. Laboratoire Roger Bellon 97 p. p 91-93. 4. Association pour la Santé et la Sécurité du Travail du Secteur des Affaires Sociales : ASSTSAS Manipulation sécuritaire des médicaments dangereux. Guide de prévention 2007 5. Centre de coordination de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN Sud-Ouest) Recommandations « entretien des locaux des établissements de soins .2005 6. Falcy M, Pillière F : Cytostatiques : Evaluation des risques professionnels. Emc Toxicologie6 Pathologie professionnelle 16-545-05 2007. 7. Liani N. Manipulation des cytostatiques et leurs effets à travers la pratique oncologique dans cinq établissements hospitaliers. Thèse de doctorat en médecine,. Alger : Université d’Alger,2008,208p.

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PROBLEMES SPECIAUX Diabète et travail. C.Kandouci , A. Arab, F. Baraka, B.A Kandouci. Service de médecine du travail. Laboratoire de recherche en environnement et santé CHU Sidi Bel-Abbes Algérie. Algérie

Abstract. Objective. This study aims was to demonstrate the interaction between diabetes and work, but also to identify any difficulties that a diabetic patient can meet at his place of work, which could hinder the daily management of the disease. Methodology. A descriptive cross-sectional study was realized on a period of eight months (from September 2012 to April 2013) with a self-anonymous questionnaire pre-established ; among diabetic patients in employment in various institutions during their visit. The questionnaire collected several data : sociodemographic, those bound to the disease, and those related to the management of the disease at work. The analysis of these data was realized by the software SPSS 17.0, the used test was khi2 of Pearson with a significance level of inferior to 5 %. Results. – The final sample consisted of 83 diabetics with 61.4% men and 38.6% women, the average age of employees was 50 years, 62 .6% of our patients were non-insulin-treated, 77.1% were type 2 diabetes, – F – or (69 %) patients, working schedules are totally compatible (54,2 %) or most of the time compatible (14,5 %) with meals and taking treatment at regular hours, and 65.1% found it difficult to follow their diet during working time, 53% reported hypoglycemia at work with variable severity. – The type of diabetes was strongly linked to hypoglycemia occurred in the workplace and change of occupation (p = 0.022, p = 0.008).

– A second factor which was related to the disease : duration of illness affected the occurrence of hypoglycemia (p = 0.014) and has a link with the achievement of capillary blood glucose and Modified Work. Conclusion. We have seen with the study, some socio-professional factors and factors related to the disease can occur in diabetes management. Key words. diabetes, occupation, management.

Résumé. Objectif. Cette étude apour objectif de démontrer les interactions entre le diabète et le travail, mais également d’identifier toutes les difficultés qu’un patient diabétique peut rencontrer s ur s on lieu de travail, et qui font obstacle à la surveillance de s a m aladie. Méthodologie. C’est une étude descriptive de type transversal qui s’est déroulée s ur une période de huit mois (de s eptembre2012 jusqu’à avril 2013).le support de l’enquête est un autoquestionnaire anonyme préétabli, auprès des patients diabétiques exerçant une activité professionnelle dans différents établis-sements et rempli lors des visites périodiques. Le questionnaire recueille plusieurs données : sociodémographiques, celles liées à la maladie, et celles liées à la gestion de la maladie au travail. L’analyse de ces données été réalisée à l’aide du logiciel SPSS 17.0, le test utilisé est le khi2 de Pearson avec un seuil de significativité fixé inférieur à 5%. Résultats et discussion. L’échantillon final était constitué de 83 diabétiques dont 61.4%homme et 38.6 % femmes, l’âge moyen des salariés était de 50 ans, 62 .6% de nos patients

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étaient non insulino-traités , 77.1 % étaient des diabétiques de type 2 . Pour (69%) des patients, les horaires de travail étaient totalement compatibles (54,2%) ou le plus souvent compatibles (14,5%) avec des repas et des prises de traitement à des heures régulières, 65,1% trouvaient des difficultés à suivre le régime au travail. 53% des patients déclaraient avoir déjà présenté une hypoglycémie (modérée à sévère) sur leur lieu de travail. Le type de diabète était fortement lié aux hypoglycémies survenues sur le lieu de travail et à la modification de l’activité professionnelle (p= 0.022, p=0.008). Deuxième facteur lié à la maladie ; la durée de maladie influe sur la survenue des hypoglycémies (p=0,014) et présente un lien avec la réalisation des glycémies capillaires et modification de l’activité professionnelle. Conclusion. Nous avons pu constater à l’aide de l’étude réalisée, que certains facteurs socioprofessionnels et des facteurs liés à la maladie peuvent intervenir dans la gestion du diabète. Mots clefs. Diabète, travail, gestion.

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Cette enquête concernait les patients diabétiques exerçant une activité professionnelle dans les différents établissements conventionnés avec le service de médecine du travail du CHU de Sidi Bel- Abbès lors de leurs visites périodiques. C’est une étude descriptive de type transversal qui s’est déroulée du mois de septembre 2012 jusqu’à avril 2013. On a inclut dans l’étude les diabétiques de tout âge type 1 et 2, exerçant actuellement une activité professionnelle, et suivis par le service de médecine du travail. On a exclu les diabètes récemment diagnostiqués (moins de 6 mois), et le diabète gestationnel. Le support de l’enquête est un auto- questionnaire anonyme comportant vingt et une questions, à choix multiples, il a permis de recueillir : – Données sociodémographiques âge, sexe, niveau d’études. – Données liées à la maladie : type de diabète, durée de la maladie, traitement en cours. – Données sur la situation professionnelle : type d’activité professionnelle : secteur et poste. – Données liées à la gestion de la maladie au travail : Compatibilité des horaires de travail avec les repas et les traitements réguliers, difficultés de suivi de régime, réalisation de glycémie capillaire en milieu de travail, charge physique liée au travail. – Impact de la maladie : Adaptation des horaires, fréquences et sévérité des hypoglycémies, absentéisme, modification des caractéristiques de travail ou changement d’activité professionnelle. Les résultats sont exprimés sous forme de moyenne ± écarttype (pour les variables quantitatives) ou de pourcentage (pour les variables qualitatives), Le test utilisé est le khi2 de Pearson avec un seuil de significativité fixé inférieure à 5%.

Introduction.

Le diabète dans le monde est devenu un problème majeur de santé publique au cours de ces dernières décennies et occupe la quatrième place parmi les maladies chroniques dans notre pays et dans le monde [1]. Le diabète sucré est la pathologie chronique la plus fréquente en milieu du travail [2]. De par la chronicité, il retentit nécessairement sur la vie quotidienne des sujets atteints. Et il transforme parfois la vie socioprofessionnelle en course d’obstacles.

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Matériels et Méthodes.

Objectifs.

Les objectifs de l’étude étaient de démontrer les interactions entre diabète et travail, et 4 Résultats. de définir les principales difficultés, qui font obstacle aux salariés à la surveillance de leur L’échantillon final était constitué de 83 permaladie. . sonnes dont 61,4% hommes et 38,6 % femmes. L’âge des salariés était compris entre 28 et 65 Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

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Parmi les employés qui ne faisaient jamais d’hypoglycémie, nous avons retrouvé seulement 31,3% de femmes contre 56,9% d’hommes. Il existe un lien hautement significatif entre le type de diabète et les hypoglycémies sur le lieu de travail .79% des diabétiques de type 1 faisaient des hypoglycémies sur le lieu de travail contre 45% des diabétiques de type 2. Le type de diabète et la modification de l’activité professionnelle étaient étroitement liées : un peu moins d’un quart des patients diabétiques de type 1 avaient modifié leur activité professionnelle contre 3% des patients diabétiques de type 2.

ans avec une moyenne à 49, 84 ± 7, 43ans. Plus des deux tiers (77,1%) de nos patients étaient des diabétiques de type2. Sur le plan de la durée du diabète, presque la moitié des employés (47%) avaient moins de cinq ans de diabète ; Un quart d’entre eux avaient 5 à 9 ans de diabète et 25% plus de dix ans. Plus de la moitié de notre échantillon (57,8%) étaient traités par les antidiabétiques oraux ; au total, il y avait 62,6% qui étaient non-insulinotraités, 37,4% qui étaient insulino-traités.

Table 3 – Répartition du type de diabète en fonction des hypoglycémies et modification de l’activité professionnelle. (43.5%) des patients faisant des glycémies capillaires étaient diabétiques depuis plus de 10 ans, (63, 33%) des patients n’en faisant jamais étaient diabétiques depuis moins de 10 ans. 13% des patients diabétiques faisant des hypoglycémies sévères sur leur lieu de travail étaient diabétiques depuis plus de 10ans avec 5% des

Table 1 – Données sociodémographiques et les données liées à la maladie. Le tableau suivant fait apparaître une association entre le sexe et les hypoglycémies (p = 0, 002).

patients entre six mois et dix ans. 13% des patients diabétiques depuis plus de 10ans ont modifié leur activité professionnelle contre 5% des patients diabétiques depuis moins de 10ans.

Table 2 – Répartition du genre en fonction des hypoglycémies.

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La majorité des cadres et des maitrises (100 %) s’absentaient très rarement voire jamais, pour les chargés d’exécutions (7%) , ils s’absentaient régulièrement pour cause de prise en charge de leur diabète .

Table 4 – Répartition de la durée du diabète en fonction : des glycémies capillaires, l’hypoglycémie, modification de l’activité professionnelle sur le lieu de travail. 41% des patients ayant une charge physique intense n’avait pas d’horaires compatibles avec une bonne gestion de la maladie, contre 22 . 5% des patients à charge physique légère voire nulle.78% des patients ayant des horaires compatibles avec une gestion adéquate de la maladie avaient une charge physique légère ou nulle. Presque la moitié des personnes (48.7%) présentant une charge physique intense ne se sentaient pas handicapées par leur maladie ; contre (80%) des patients présentant aucune charge physique.

Table 6 – Répartition des catégories professionnelles (CSP)en fonction l’absentéisme.

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– Notre population d’étude, était composée de 83 diabétiques, ce faible effectif réduit les possibilités d’interprétation des résultats. – L’échantillon comprenait : 61.4% d’hommes et 38.6 % de femmes est presque le même que celui retrouver dans plusieurs études : A.SKERJANC 2001[ 3] et J.Backer et al 1993 [4]) contre l’étude de (N Robinson et al 1990 [5]. – Avec une prédominance des diabétiques de type 2 que les diabétiques de type 1 même conclusion que l’étude de F. Louda et al 2012 [2] contrairement à celle de : AM .Leiki 2005[6] et I.WEIJMAN et al 2005 [7] – Presque les 2/3 (62 .6% ) de nos patients était non insulino-traités contrairement à l’étude de : F.Louda et al 2012[2]. – L’âge des salariés était compris entre 28 et 65 ans avec une moyenne à 49, 84 ± 7, 43. Résultats confirmés par l’étude de : M .Kivimaki 2007[8], JC. Poole 1994[9] .

Table 5 – Répartition de la charge physique en fonction la compatibilité des horaires de travail, repas réguliers, traitement, la sensation de handicap.

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Discussion.

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– Le sexe jouait un rôle très important dans la survenue des hypoglycémies sur le lieu de travail p = 0, 002. – Les femmes faisaient des hypoglycémies plus que les hommes (sévère et modérée)., mais parmi ceux qui ne les faisaient jamais, on retrouve une prédominance masculine. Cette relation rejoint les données de la littérature : AM.LECKIE, 2005[6] . – Le type de diabète influait sur la survenue de : «l’hypoglycémie " avec un lien hautement significatif entre le type de diabète et les hypoglycémies sur le lieu de travail (p = 0, 022). – Plus des diabétiques de type 1 que type 2 faisaient des hypoglycémies sur le lieu de travail, comme l’approuve l’étude : Attia Caroline 2005[10], mais contrairement à ce qui est prouvé dans les études : ALLEN 2001[11], MACLEOD1993[12]. – Le type de diabète et la "modification de l’activité professionnelle " étaient étroitement liés p = 0, 008 : plus de diabétiques de type 1 que de type 2 avaient modifié leur activité professionnelle : N ROBINSON 1990[5]. – Au niveau des variables liées à la maladie, la durée du diabète semble jouer un rôle prépondérant, en effet, le fait d’être diabétique depuis plus de 10 ans augmente la fréquence des glycémies capillaires, y compris sur le lieu de travail : nous avons constaté que les diabétiques qui avaient une durée de diabète plus de 10ans faisaient plus de glycémies capillaires que ceux qui avaient une durée de diabète moins de 10ans rejoignant :

– Une autre donnée intéressante dans cette étude concerne l’absentéisme lié à la prise en charge de la pathologie : on remarque que la catégorie professionnelle était liée à l’absentéisme : la totalité des employés appartenant à la catégorie cadre et maitrise (100 %) s’absentaient très rarement voire jamais, alors que les chargés d’exécutions (7%) s’absentaient régulièrement pour cause de prise en charge de leur diabète :Munir 2007[14]. – Les chiffres retrouvés montrent que les diabétiques qui avaient une charge physique intense avaient une moindre compatibilité des horaires de travail avec des repas et des prises de traitement réguliers que ceux qui n’avaient aucune charge physique : I.WEIJMAN et al 2005[7]. – Dans notre étude il y avait une relation entre la charge physique liée à un poste de travail et la sensation de handicap I.WEIJMAN et al 2005 [14]. et ATTIA CAROLINE 2005[10]. –

6

Nous avons pu constater à l’aide de l’étude réalisée, que certains facteurs socioprofessionnels et des facteurs liés à la maladie peuvent intervenir dans la gestion de la maladie : – Le type de diabète était fortement lié aux hypoglycémies survenues sur le lieu de travail et la modification de l’activité professionnelle. – Deuxième facteur lié à la maladie : la durée de la maladie influait sur la survenue des hypoglycémies et présente un lien avec la réalisation des glycémies capillaires et modification de l’activité professionnelle. – La charge physique liée au poste de travail n’était pas significativement liée à l’absentéisme, mais liée aux difficultés à prendre

I.WEIJMAN et al 2005[7]. – Nos diabétiques qui ont une durée de diabète plus de 10ans faisaient plus des hypoglycémies sévères et ils avaient modifié leur activité professionnelle plus que ceux qui avaient une durée de diabète moins de 10ans rejoignant : Leckie 2005[6], American diabètes association 2003[13].

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Conclusion.

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les repas et les traitements à horaires réguliers, et à une sensation de handicap sur son lieu de travail. – D’autres indicateurs ont pu également être mis en évidence : la sensation de handicap, les catégories professionnelles sont des facteurs à prendre en compte dans l’évaluation de la gestion de cette maladie chronique au travail. Bibliographie.

diabetic employees", at a large engineering factory Occupational and Environmental Medicine.(1994) Vol 51 p.299-301. 10. Caroline Attia, "Thèse de doctorat de Médecine", Octobre 2008. 11. Allen Kraut, Randy Walld, Robert Tate, Cam Mustard, "Impact of Diabetes on Employment and Income in Manitoba", Canada Diabetes Care January .2001 vol. 24 no. 1 64-68. 12. KM.MACLEOD, DA.HEPBURN, BM.FRIER, "Frequency and morbidity of severe hypoglycemia in insulin-treated diabetic patients", Diabetes metabolism (1993). Vol 10 p.238-245.

1. Salah Zaou.,Christian Biémont, Kaoual Meguenni, " Approche épidémiologique du diabète en milieux urbain et rural dans la région de Tlemcen (Ouest algérien) ", Cahiers Santé vol. 17, no 1, janvier-févriermars 2007.

13. AMERICAN DIABETES ASSOCIATION, "Hypoglycemia and employment/licensure", Diabetes Cares (2003) .Vol 26 p.1902-1912.

2. Louda, A. Chadli, S. El Aziz, H. El Ghomari, A. Farouqi, "Le diabétique en milieu du travail " Elsevier masson .2012 ; A120.

14. F.MUNIR, J.YARKER, C.HASLAM, H.LONG, S. LEKA, A.GRIFFITHS, S.COX, "Work factors related to psychological and health-related distress among employees with chronic illnesses ", Journal of occupational rehabilitation (2007). Vol 17 p 259-277

3. A.SKERJANK, "Sickness absence in diabetic employees", Occup Environ Med. 2001 ;58 :432-436 4. J.BACKER, R.SCRAGG, P.METCALF, P. DRYSON, "Diabetes mellitus and employmentis", Diabetic Metabolism. (1993) Vol 10 p 362-365. 5. N.ROBINSON, NA.YATEMAN, LE.PROTOPAPA, L.BUSH, "Employment problems and diabetes", Diabetic medicine. (1990) Vol 7 p.16-22. 6. AM.LECKIE, MK.GRAHAM, JB.GRANT, PJ.RITCHIE, BM.FRIER, " Frequency,Severity and morbidity of hypoglycemia occurring in the workplace in people with insulin-treated diabetes", Diabetes cares. (2005) Vol 28 ; p.1333-1338. 7. Iris Weijmana, Wynand J.G. Rosa, Guy E.H.M. Rutten, "The role of work-related and personal factors in diabetes selfmanagement" Elsevier .Patient Education and Counseling 59 (2005) 87-96. 8. M.KIVIMAKI, J.VAHTERAT, M.VIRTANENT, "Increased sickness absence in diabetic employees : what is the role of co-morbid conditions ? ", Diabetic Medicine (2007). Vol 24 p.1043-1048. 9. CMJ. POOLE, IA.CALVERT, "Sickness

D.GIBBONS, absence in

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PROBLEMES SPECIAUX Surdimutité et permis de conduire. A. Belkassa, M. Fernane, N. Kaced, A. Ouarek, M. Haddar. Service de médecine du travail. EPH Rouiba. Algérie

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Introduction.

La surdi-mutité désigne l’incapacité pour un individu d’entendre (surdité) et de s’exprimer distinctement (mutité).la détermination de l’aptitude d’une personne sourde muette au permis de conduire est bien déterminée par la réglementation algérienne. À travers cette observation nous vous discuterons le cas d’un monsieur sourd-muet qui s’est présenté au niveau de notre consultation pour l’obtention d’un certificat médical de bonne santé afin de renouveler son permis de conduire.

pour renouvèlement et maintien de son permis de conduire. – Notre conduite à tenir est de demander un avis l’avis de son médecin traitant plus un compte rendu médical, Ainsi que des examens complémentaires pour nous aider à apprécier son aptitude à savoir : un examen neuropsychiatrique, des tests psychomoteurs, un audiogramme et une courbe de TA. – Finalement le patient a bénéficié du certificat médical de bonne santé délivré par un médecin généraliste dans une polyclinique. Réglementation Algérienne

Arrêté interministériel du 15/11/1984 fixant la liste des affections incompatibles avec l’obMr S.M est âgé de 61 ans, originaire et de- tention ou le maintien du permis de conduire. meurant à Alger, marié sans enfants, électricien auto de profession depuis 23 ans. Antécédents : Antécédents personnels : Mr S.M est sourd-muet de naissance, diabétique (type 2) sous metformine 850 mg depuis 01 année, hypertendue sous Ramipril 5 mg Depuis 01 année, Insuffisance coronaire sous molsidomine 2 mg depuis 01 année, notion de prise d’alcool pendant 04 ans, sevré il y a 31 ans, non tabagique. Curriculum laboris : Électricien auto depuis 05 ans dans une entreprise de production des détergents. Électricien auto à SONATIBA (secteur BTP) pendant 10 ans . Et à GTP (grand travaux public) pendant 08 ans. Motif de consultation : L’obtention d’un Table 1 – Arrêté interministériel du 15/11/1984. certificat médical de bonne santé et d’aptitude

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Observation.

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Discussion.

– " Lorsqu’un médecin demande une évaluation fonctionnelle en ergothérapie, il doit préciser que celle-ci est en lien avec la conduite automobile. Cette évaluation peut être faite par un ergothérapeute spécialisé en évaluation de la conduite. Le processus dure presque toute une journée. Il comprend une épreuve en salle, d’environ trois heures, suivie d’une épreuve sur route en compagnie d’un moniteur de conduite, dans une automobile équipée de doubles pédales. La durée de l’évaluation routière est variable mais, en règle générale, elle dure au moins une heure, après une période de familiarisation avec l’automobile. " L’évaluation médicale de l’aptitude à conduire un véhicule automobile, Guide d’exercice du Collège des médecins du Québec. – Une consultation en médecine spécialisée peut se révéler utile. Comme elle ne comprend toutefois pas une évaluation fonctionnelle incluant une épreuve sur route, il n’est pas toujours possible d’apprécier les effets d’une condition médicale sur la capacité de conduire. Le code pénal : L’article 226 stipule que : " tout médecin, chirurgien-dentiste, officier de santé ou sage-femme qui dans l’exercice – de ses fonctions et pour favoriser quelqu’un certifie faussement ou dissimule l’existence de maladies ou infirmités ou un état de grossesse ou fournit des indications mensongères sur l’origine d’une maladie ou infirmité ou la cause d’un décès est puni d’un emprisonnement plus l’interdiction de un ou plusieurs – de ses droits." Le code déontologie dans ses articles 24 et 58 interdit tout acte de nature à procurer à un malade un avantage matériel injustifié ainsi que la délivrance de rapport tendancieux ou d’un certificat de complaisance.

– L’acte de la délivrance du certificat médical de bonne santé pour renouvellement du permis de conduire engage-t-il la responsabilité du médecin ? – Un sourd muet a-t-il le droit d’avoir un permis de conduire ? – Ce patient présente-t-il un problème de santé pouvant diminuer l’aptitude à conduire ou rendre la conduite non sécuritaire ? – Selon les guides d’évaluation publiés par l’Association médicale du Canada (AMC), la surdité ne constitue pas une incapacité empêchant automatiquement la conduite d’un véhicule de promenade. Toutefois, les exigences peuvent différer pour les chauffeurs professionnels. Dans ce cas, il revient à la Société d’analyser la situation et de prendre une décision. Le rôle du médecin se limite à lui communiquer l’information médicale la plus complète possible. – La réévaluation des compétences est le moyen qui permet de prendre position rapidement sur un conducteur pouvant constituer un risque sur le réseau routier. – Lorsqu’un médecin envisage de remettre en question la capacité de conduire d’un patient, il peut lui suggérer de subir une évaluation fonctionnelle. – " Une évaluation en neuropsychologie fournit une excellente appréciation de l’état cognitif d’un patient à la suite d’une évaluation en salle. Cependant, comme celle-ci ne comprend pas d’épreuve sur route, il faudra souvent compléter l’évaluation en ergothérapie, ce qui entraînera des coûts supplémentaires pour le patient. " L’évaluation médicale de l’aptitude à conduire un véhicule automobile, Guide d’exercice du Collège des médecins du Québec.

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– La loi sur la protection et la promotion de la santé du 16 février 85 énonce dans l’article 238, que sous peine des dispositions de l’article 226 du code pénal, il est interdit à tout médecin dans l’exercice de ses fonctions de certifier faussement et sciemment pour favoriser ou nuire délibérément à une personne physique ou morale. La délivrance d’un certificat de complaisance constitue une infraction disciplinaire ainsi que l’établissement du certificat sans avoir pris une garantie personnelle de l’exactitude des faits confirmés.

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Conclusion. – Si la sécurité routière est l’affaire de tous, la question interpelle particulièrement les médecins, qui ont à évaluer l’aptitude de leurs patients à conduire un véhicule automobile car ils sont les premiers à dépister, lors de la consultation individuelle avec le patient, les problèmes de santé qui risquent d’affecter sa capacité de conduire. – Le médecin doit connaître parfaitement la législation à propos de l’exercice de la médecine. – L’acquisition du permis de conduire est un des droits des sourds-muets à condition du respect des modalités précis par la loi algérienne. Bibliographie.

1. Arrêté interministériel du 15/11/1984 fixant la liste des affections incompatibles avec l’obtention ou le maintien du permis de conduire 2. Julie Borgetto, Laurence Paire-Ficout, N. Bedoin, J.-C. Bougeant, J. Ecalle.Surdité et accés au permis de conduire, Mémoire de master en Humanité et sciences humaines,Université Lumière Lyon 2,Juin 2006 3. L’évaluation médicale de l’aptitude à conduire un véhicule automobile, Guide d’exercice du Collège des médecins du Québec.

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CANCERS PROFESSIONNELS Les cancérogènes en milieu professionnel : stratégies d’analyse et de prévention. Actualisation des résultats. N. Kaced, H. Zouaoucha, S. Laoufi, C. Laib-idder, S. Korichi, M. Ouaaz, A. Ouarek, K. Sellam, F. Chibani, M. Haddar. Service de médecine du travail. EPH Rouiba. Algérie

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Introduction.

dans la gestion quotidienne du risque cancérogène professionnel(CMR), à savoir établir un diagnostic des situations de travail à risque cancérogène (CMR) par secteur d’activité et par poste de travail.

Au-delà du risque cancérigène, cette étude nous a permis de mettre en évidence les dysfonctionnements en matière de gestion du risque chimique en milieu industriel, notamment sur les conditions d’approvisionnement, de stockage, du respect de la réglementation par les fournisseurs et les utilisateurs et sur les conditions d’élimination des déchets et des rejets industriels.

3. Évaluer à partir des informations obtenues, l’effectif des populations exposées par produits, par secteur d’activité, par poste de travail et mettre en place un système d’évaluation de l’exposition professionnelle (score d’exposition lié à la durée et l’intensité de l’exposition).

L’impact des résultats de cette enquête est d’abord de situer l’existence et l’importance de ces facteurs de risque pour la santé, dans les secteurs d’activité professionnelle. Les résultats obtenus constitueront un outil d’aide à la décision pour les différents partenaires impliqués dans le domaine de la politique de prévention des risques professionnels.

4. Élaborer une stratégie de prévention en faisant le point sur les besoins en matière de gestion du risque cancérogène professionnel(CMR) au niveau local (entreprise) et national et proposer des voies méthodologiques et pratiques en vue d’améliorer la prévention de ce risque.

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Objectifs.

1. Identifier les substances cancérogènes (CMR), leurs conditions d’utilisation et l’effectif des populations exposées dans les entreprises (principalement de la zone industrielle Rouiba-Réghaia), liées par une convention avec le service. 2. Élaborer une banque de données informatisée, centralisée, ouverte à la mise à jour, au niveau du service de médecine du travail. Cette banque de données servira d’outil d’aide à la décision du médecin du travail Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

Matériels et méthodes.

Nous avons retenu pour notre enquête l’ensemble des entreprises et nous nous sommes basés surles deux classifications UE et CIRC pour identifier toutes les situations pouvant exposer au risque CMR afin d’optimiser la protection des personnes susceptibles d’entrer en contact avec des substances CMR. Matériel. Toutes les entreprises conventionnées avec le service au début de l’enquête au nombre de 112 sont incluses. Ces entreprise réduites au nombre de 105 durant le déroulement de l’enquête, couvrent une grande partie des 48


branches d’activité professionnelles. Elles sont de statut juridique public ou privé, et sont constituées par de grandes ou de petites et moyennes entreprises ou industries (PME et PMI). L’effectif total des salariés exerçant au niveau de ces entreprises est de 24 000 dont un échantillon représentatif de la population exposée au risque cancérogène a été tiré au sort. Méthodes. L’enquête épidémiologique est de type transversal, descriptive, exhaustive, par questionnaire. Une analyse des conditions de travail est réalisée conjointement par le médecin enquêteur. La durée de l’enquête est de 12 mois. L’enquête a débuté à la fin du mois de septembre 2007. Chaque médecin du travail a eu à faire signer une lettre d’ "Accord de participation à l’enquête " par le responsable de l’entreprise et à renseigner 3 types de questionnaire. Les différents questionnaires doivent être remplis dans l’ordre suivant :

L’identification des CMR. L’analyse statistique se fera sur la base des listes des cancérogènes établies par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) et les directives européennes.

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Identification des produits ou agents CMR.

– Questionnaire " Entreprise " – Questionnaire " Cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques " (CMR) – Questionnaire "Salarié " Étude des situations de travail. L’analyse des situations de travail s’est basée sur l’exploitation des résultats issus des travaux initiés dans le cadre des mémoires de fin d’étude de résidanat et de l’évaluation des conditions de travail dans le cadre de l’activité quotidienne de médecine du travail[1-8]. Exploitation des données. La saisie et l’exploitation des données recueillies ont été effectuées sur le logiciel intitulé " un outil support à une enquête sur les cancérogènes en milieu industriel ", élaboré par les informaticiens de l’INI (actuellement ENSI).La saisie des données a été assurée par un ingénieur en informatique à l’ENSI.Chaque questionnaire saisi a été contrôlé par un membre du collectif de pilotage. Analyse des données. L’analyse descriptive des différents questionnaires a été effectuée à l’aide du logiciel conçu à cet effet par l’équipe ENSI : (un outil support à l’enquête : " les cancérigènes en milieu professionnel "). Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

Résultats.

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Table 1 – Liste des produits ou agents cancérogènes selon la classification du CIRC et de l’UE. Table 3 – Liste des produits chimiques repro-toxiques selon la classification européenne.

97 agents ou produits sont cancérogènes dont :17 (soit 17,5 %) agents ou produits sont classés groupe 1 du CIR ;07 (soit 7 %) agents ou produits sont classés groupe 2A du CIRC ;37(soit 38 %) agents ou produits sont classés groupe 2B du CIRC ;32 (soit 33 %) agents ou produits sont classés groupe 3 du CIRC ;05(soit 5 %) agents ou produits est classé CARC 1 selon la classification UE ;20(soit 20,6 %) agents ou produits sont classés CARC 2 selon la classification UE ;13(soit 13,4 %) agents ou produits sont classés CARC 3 selon la classification UE ;59 (soit 61 %) agents ou produits ne sont pas classés par la classification UE mais classés par le CIRC ; 04(soit 4 %) agents ou produits sont classés CARC 2 selon la classification UE et ils ne sont pas classés par le CIRC.

17 produits sont toxiques pour la reproduction dont :01 est de catégorie 1, 04 sont de catégorie 2, 08 sont de catégorie, 04 sont des catégories 1 et 3 (plomb).

Table 4 – Liste des produits cancérogènes et mutagènes. 11 produits classés cancérogènes et mutagènes dont : 01 classé CARC 1 et MUT 2, 05 classés CARC, 2 et MUT 2, 03 classés CARC 2 et MUT 3, 02 classés CARC 3 et MUT 3.

Table 2 – Liste des produits mutagènes selon la classification européenne. 13 produits mutagènes dont la moitié (06/13) sont mutagènes de catégorie 2.

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Table 5 – Liste des produits cancérogènes et reprotoxiques.

Table 6– Liste des produits CMR.

Le potassium (dichromate de)et lesodium (dichromate de) sont classés cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques.

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Les produits CMR retrouvés dans le processus général de production pour l’industrie agro-alimentaire sont au nombre de 77. Il s’agit de solvants (benzène, toluène, trichloréthylène, xylène, solvants pétroliers), du formaldéhyde,du diéthylformamide, du dichlorométhane, du méthylorange, de la silice cristalline, des gaz et fumées d’échappement diesel...

Table 9– Répartition des CMR par branche d’activité et par effectif potentiellement exposé.

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La partie concernant les conditions d’utilisation et l’effectif des salariés exposé au CMR s’est basée sur l’exposition potentielle en tenant compte des effectifs directement affectés à la production. Le délai imparti à cette recherche ne permet pas d’affiner ces données et d’atteindre les objectifs initialement fixés.

Table 7 – Liste des produits recensés en fonction des deux classifications.

Il n’ya que 02 produits mutagènes, l’oxyde de glycidyle et de tolyle et le phénol et 7 produits reprotoxiques :l’Ethylglycol, le 2-2(2-hydroxy-3,5 dinitroanilino) éthanol, le 2éthoxyéthanol, la Cis-4-(3-(p-ter-butylphényl)2méthylpropyl)2,6-diméthylmorpholine, le Disulfure de carbone, le N-hexane, le Monoxyde de carbone. Au total, 106 produits sont CMR sur 1465 produits identifiés soit 7,23%.

Des 143 entreprises retenues au début de l’enquête, nous n’en avons plus que 105 à l’arrivée. Une première déperdition d’entreprises conventionnées s’est faite au profit de l’Établissement Public de Santé de Proximité de Dergana, suite à la restructuration des établissements de santé (nouvelle carte sanitaire). Nous avons aussi fait face à l’appréhension suscitée par le mot " cancérogène " chez les employeurs (" CMR " fait peur, il est " anxiogène "), malgré l’obligation réglementaire de mettre à la disposition des di˙érents acteurs de prévention les produits et les process utilisés par l’entreprise (crainte récurrente de divulguer l’information).

Table 8 – Répartition des CMR par branche d’activité et par effectif potentiellement exposé. Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

Discussion.

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La tranche d’âge de 40-50 ans représentant 36% constitue la tranche d’âge cible pour le dépistage des affections néoplasiques. La prévention primaire a, par ailleurs, des incidences particulières pour les 53% des travailleurs qui sont dans la tranche d’âge de 20-40 ans. Le sexe masculin est fortement représenté (87%). Plus de la moitié (53%) des travailleurs sont en contrat à durée indéterminée. Cette organisation du travail se prête de façon pertinente à une surveillance médicale longitudinale. Les travailleurs exercent dans 60% des cas une fonction principale dans la production, la fabrication, et les chantiers selon la selon la classification du BIT. Les ouvriers représentent 60% des salariés des entreprises. Caractérisation de l’exposition : Notre étude a concerné 41 entreprises appartenant à divers secteurs d’activité. Les entreprises étudiées ne sont pas représentatives des entreprises ciblées au départ en raison des considérations développées précédemment (cf. limites de l’enquête).

Les entreprises n’ont pas adhéré (ou l’ont fait difficilement) à l’enquête du fait que la démarche est basée sur l’engagement volontaire de chacune. Nous constatons aussi que la capitalisation du travail de prévention résultant de la pratique quotidienne du service de médecine du travail n’est pas optimale dans le sens où on retrouve des dysfonctionnements dans la transmission et la sauvegarde de l’information. Cette recherche a soulevé aussi l’appréhension de la restitution des résultats chez certains employeurs. L’implication insuffisante des différents acteurs dans la gestion de ce risque (CHS, inspec-tion du travail.)avec toutes les difficultés ont pour conséquence un taux de participation de 30%,puisque seulement 41entreprises sur les 143conventionnées avec le SUMT ont répondu favorablement à notre lettre d’engagement. Nous nous sommes adaptés au problème du non-respect de la programmation des visites périodiques, en modifiant les critères du pas de tir de l’échantillonnage. L’identification des effectifs de salariés exposés est déclassée en objectif secondaire car il ne nous a été possible de colliger que 854 questionnaires sur les 3747 prévus.

Les CMR identifiés sont au total de 106 sur un total de 1465 agents identifiés s oit 7 .23% selon le critère d’appartenance à la catégorie 1, 2A, 2B, 3, du CIRC pour les agents cancérogènes et la catégorie 1,2,3 de la classification européenne pour les produits CMR. La classification d e l ’UE e nglobe l a n otion de produits cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques alors que la classification d u CIRC ne prend en considération que le critère de cancérogénicité mais elle est élargie aux agents biologiques, physiques et aux procédés de travail. Nous avons fait le choix d’utiliser ces deux classifications et les critères d’appartenance aux catégories 1, 2 et 3 du CIRC et aux catégories 1,2,3 de l’UE comme référence pour une identi-fication plus large des agents CMR. 97 agents ou produits sont cancérogènes dont 17 (soit 17,5 %) agents ou produits sont classés groupe 1 du CIRC, 07 (soit 7 %) agents ou produits sont classés groupe 2A du CIRC, 37 (soit 38 %) agents ou produits sont classés groupe 2B du CIRC, 32 (soit 33 %) agents ou produits sont classés groupe 3 du CIRC. Selon la classification européenne, 05 (soit 5 %) agents ou produits sont classés CARC 1, 20 (soit 20,6 %) agents ou produits sont classés CARC 2, 3 (soit 13,4 %) agents ou produits sont classés CARC 3.

L’étude des situations de travail est un des rares éléments où la capitalisation de l’activité quotidienne du service nous permet d’exploiter une somme importante d’informations au bénéfice du projet de recherche. Ainsi les mémoires de fin de résidanat sont exploités dans la partie relative à l’analyse des situations de travail et l’identification du risque. Le logiciel conçu dans le cadre de cette enquête n’a été testé qu’après la réalisation de la pré- enquête. L’optimisation du logiciel n’a été possible qu’après l’introduction des données de l’enquête. Certains recoupements des données n’ont pu être faits de par les limites du logiciel, identifiées après l’analyse des données. Le taux de participation à l’enquête est de 39%, soit 2/5 des entreprises. Les 3/5 (63 %) des entreprises participantes à l’enquête sont dans l’industrie manufacturière. La division agroalimentaire et la division chimie sont les plus représentées.

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Il faut noter que 59 (soit 61 %) agents ou produits ne sont pas classés par la classification européenne, mais le sont pas par le CIRC et que 04 (soit 4 %) agents ou produits sont classés CARC 2 selon la classification européenne, mais ne le sont pas classés par le CIRC. Le groupe 1 du CIRC représente 18% des agents cancérogènes identifiés, le groupe 2A représente7% des agents cancérogènes identifiés et le groupe 2B représente 38% des agents cancérogènes identifiés. Les produits mutagènes sont au nombre de 13 et représentent 1% de l’ensemble des produits répertoriés. Les reprotoxiques représentent également 1% des produits chimiques recensés.

Dans une étude réalisée sur 11 entreprises employant 2783 salariés appartenant au secteur de l’industrie dans la région d’Oran par Ghézini et coll [10], le nombre de produits chimiques inventoriés est de 1360, les CMR représentent 28 % des produits identifiés en tenant compte aussi du fait que dans un cas sur deux le produit chimique n’a pu être identifié [10].Le nombre d’agents CMR repérés est de 179 dont 35 en cours d’utilisation au moment de l’enquête. Il n’a été retenu que les produits classés selon le CIRC (1, 2A, 2B) et l’UE (1, 2, 3). L’étude de Ghézini montre que les entreprises les plus utilisatrices de produits CMR appartiennent au secteur de la chimie [10].

Les agents potentiellement aussi bien cancérogènes, mutagènes que reprotoxiques constituent 0.14% de l’ensemble des produits ou substances chimiques repérés. Dans notre étude, 87% des produits cancérogènes sont retrouvés dans l’industrie manufacturière notamment dans le secteur agroalimentaire, la construction, le secteur de la chimie et la santé et l’action sociale. Les branches d’activité les plus représentées sont l’industrie alimentaire, l’édition et l’imprimerie, l’industrie chimique et l’industrie automobile.

Les enquêtes de surveillance médicale des risques professionnels en France (SUMER) ont permis de retrouver 13.5% de salariés exposés à un ou plusieurs produits cancérogènes, soit environ2,4 millions personnes [9] [11-13].Parmi les 83 produits ou famille de produits chimiques répertoriés 28 sont cancérogènes dont 4 sont mutagènes aussi. Trois produits ou famille de produits sont repérés comme reprotoxiques. Il n’a été pris en considération que l’appartenance des CMR au groupe 1 et 2A du CIRC. Dans cette étude,1% des salariés sont exposés aux produits mutagènes repérés dans le questionnaire et 1% aux reprotoxiques. L’industrie de la chimie, de la construction, la métallurgie et la réparation automobile, la santé sont les secteurs qui concentrent le plus les expositions aux CMR[13]. Le projet CAREX (Carcinogens Exposure) estime à 32 millions de travailleurs potentiel-lement exposés à 139 agents cancérogènes du groupe 1,2A,2B du Centre International de recherche sur le cancer, dans 15 pays de l’union européenne [14].

Le secteur agroalimentaire est bien représenté au niveau des entreprises conventionnées avec le service de médecine du travail. Il arrive au premier rang des secteurs utilisateurs de produits CMR. Ceci est en rapport avec la prise en compte des activités annexes dans la recherche des agents CMR. Cette démarche n’a pas été systématisée pour l’ensemble des entreprises ayant fait l’objet de l’étude, ce qui constitue par ailleurs une limite de cette en-quête. Ce résultat doit permettre une meilleure prise en compte des activités connexes à la production (nettoyage, maintenance, activité de laboratoire..)dans le repérage des produits chimiques toxiques en général. Les produits CMR les plus fréquemment ob-servés dans les entreprises sont les solvants notamment le benzène, le xylène et le toluène (14 fois),la silice (8 fois), le formaldéhyde(4 fois) et l’amiante (4 fois).

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L’Agence Européenne pour la santé et la sécurité au travail (OSHA Bilbao) a mené en 2004-2005, une enquête concernant les agents cancérigènes, dont les fumées Diesel, les fibres minérales réfractaires, la silice cristalline, les fumées de bitume, l’amiante, le formaldéhyde, les poussières de bois, le nickel et alliages, le béryllium, les composés organiques du mercure, les composés du cadmium et le perchloréthy-lène. Les secteurs où les risques sont les plus préoccupants sont ceux des déchets et de la construction.

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Les pouvoirs devraient mettre en place des laboratoires de référence dans l’identification des produits chimiques et l’évaluation des expositions professionnelles (en partenariat avec l’université ou autre organisme de prévention). La définition de valeurs limites d’exposition contraignantes doit être instituée avec pour corollaire le respect par l’entreprise de l’application de ces normes. La mise en place de systèmes de recueil de données (registres de cancer local, régional et national, par organe (poumon), ou global (toutes tumeurs confondues) est nécessaire afin de disposer d’indicateurs épidémiologiques de façon à permettre un soutien efficace aux politiques publiques de santé et assurer la pérennité de cette organisation à travers la budgétisation de cette activité. Les consultations spécialisées en pathologie professionnelle devraient être renforcées en moyens et intégrées dans la mise en place de réseaux (local, régional, national.) Il est nécessaire de mettre en place un organisme ou une agence chargée de contrôler le processus d’enregistrement, d’évaluation, d’autorisation ou de restriction des substances chimiques (modèle REACH de l’union Européenne). Il l’est également, de renforcer la recherche à

Stratégies de prévention. La prévention des cancers et des effets des produits mutagènes et reprotoxiques professionnels est, au même titre que les autres maladies professionnelles, une préoccupation des acteurs et des organismes de la prévention des risques professionnels. Elle répond aux mêmes exigences que toute démarche de prévention. Nous avons tiré des enseignements que nous formulons à partir de notre travail de recherche et des conditions de sa réalisation. Les propositions formulées à partir du travail de recherche et des conditions de réalisation. Il y a nécessité de respecter les dispositions réglementaires en vigueur en matière de gestion du risque chimique, de les enrichir et de spécifier cette réglementation en matière de prévention des CMR et des agents chimiques dangereux. Dans le cadre de la convention-type établie entre le service de médecine du travail et l’entreprise, il faut exiger au préalable les informations de base concernant la liste des produits chimiques présents dans l’entreprise. Dans la prévention des CMR, les partenaires de la prévention dans l’entreprise, doivent s’impliquer à travers les comités d’hygiène et de sécurité comme le stipule la réglementation, et en dehors d’elle, par l’intervention et le contrôle de l’inspection du travail et les services spécialisés de la Caisse Nationale des Assurances Sociales. Le renforcement et l’élargissement des connaissances relatives aux CMR doit concerner tous les partenaires de la prévention. Les organismes de prévention et de contrôle doivent veiller à l’e˙ectivité de la déclaration obligatoire par l’employeur de l’utilisation de procédés, de substances et produits dangereux. Il est nécessaire d’assurer des cycles de forma-tion des médecins d’entreprise et de mettre à la disposition des autres médecins spécialistes des informations relatives aux agents CMR et leur utilisation dans les postes et les secteurs d’ac-tivité professionnelle. L’élaboration de banques de données de type matrice emploiexposition devrait permettre aux professionnels de la santé de vérifier l’existence potentielle d’une exposition professionnelle.

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travers l’implication des institutions comme l’Institut National de Santé Publique, l’Institut National de Prévention des Risques Professionnels et les services universitaires ; de permettre leur coordination et la mise en place d’équipes pluridisciplinaires dans le domaine de la santé au travail pour définir les meilleures stratégies de prévention. La formalisation de la démarche globale de prévention se détermine par le repérage, l’évaluation, l’intégration de la sécurité en amont, la suppression ou la réduction des risques, l’information et la formation du personnel sur la prévention de ce risque. Cette démarche reste identique à celle mise en œuvre pour l’ensemble des risques professionnels. Elle relève d’une évaluation du risque CMR par le repérage, l’analyse des conditions d’exposition et la hiérarchisation des risques mis en évidence dans un but de mettre en place un plan d’action de prévention.

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Surveillance et actions sur le milieu de travail. La tâche du médecin du travail consiste à analyser le risque pour adapter le suivi des salariés, en adoptant une démarche d’identification et d’évaluation des agents CMR sur la base des outils existants (FDS, étiquette, observation, entretien.). Il est à noter que pour les cosmétiques à usage professionnel (coiffure.), les produits ne sont pas accompagnés de fiches de données de sécurité. Dans ce cas, il est possible de demander des analyses chimiques. A partir du nom de la substance, on peut remonter au numéro CAS (Chemical Abstract Substance) pour vérifier lanature chimique exacte via certains sites internet(voir chapitre méthodologie). Le médecin du travail doit établir une fiche d’entreprise des secteurs professionnels où il y a une probabilité d’exposition aux CMR (se référer à la liste établie par la direction régionale de l’emploi et de la formation professionnelle en France dans laquelle on mentionne le secteur professionnel, l’activité, l’agent responsable, le tableau de maladie professionnelle, CMR catégorie/phrases de risque, localisation du cancer ; ou liste SUMER).

Les obligations de l’employeur relatives aux CMR. En Algérie, certaines obligations légales existent déjà, mais leur application est limitée. De plus, il est indispensable de mettre en place de nouvelles procédures telles que l’élaboration d’une liste de salariés exposés, dans laquelle, il est mentionné la nature de l’exposition, le produit en cause, la durée de l’exposition, le niveau de l’exposition au poste de travail, le mesurage des niveaux d’exposition à des agents CMR, l’établissement d’une attestation d’exposition aux agents CMR, à remettre au salarié en se basant sur la disponibilité du système de matrice emploi-exposition et enfin la réalisation d’une fiche d ’exposition p our chaque salarié exposé, dans laquelle existe un descriptif des tâches exposantes et l’identification des caractéristiques des produits utilisés (phrases de risques, VLEP, IBE.).Cette fiche comprend également la détermination des périodes d’exposition et leurs durées en heures, les dates et résultats des contrôles de l’exposition, et aussi la détermina-tion des durées et l’importance des expositions accidentelles. Cette fiche est établie pour tout salarié, tout travailleur temporaire ou tout travailleur d’entreprise extérieure exposé. Elle est transmise au médecin du travail sous forme nominative (dossier médical), et aux membres de la CHS, sous forme non nominative. L’employeur doit également s’assurer du suivi médical des salariés.

Perspectives. Notre travail permet d’ouvrir des perspectives en matière de recherche dans le domaine de la santé au travail. Le capital acquis peut servir à prolonger cette étude et à l’élargir au plan régional ou national. Les axes de recherche identifiés concernent notamment : – La caractérisation des expositions professionnelles aux produits CMR dans les Petites et Moyennes Entreprises et les TPE(Très petites Entreprises).

Les obligations du médecin du travail. Le médecin du travail doit assurer une surveillance médicale spéciale (voir arrêté du 09 Juin 1997.). La surveillance médicale portera sur la surveillance individuelle et collective des salariés exposés et intégrera la surveillance clinique, la surveillance biologique (pour le risque de cancer, l’exposition à une faible dose peut être déterminante), la surveillance épidémiologique, la gestion pérenne et la traçabilité des données relatives à l’exposition aux CMR (sauvegarde du dossier médical à des fins de surveillance post professionnelle et d’archivage). Il y a nécessité à mettre en place une surveillance médicale post professionnelle pour les travailleurs ayant été exposés aux CMR.

– L’identification de l’origine professionnelle des cancers L’estimation du nombre de cancers profes– sionnels – L’estimation de la mortalité par cancers professionnels

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Des propositions d’action ont été formulées, portant sur un renforcement de la politique d’information sur les risques, l’élargissement et le renforcement de la démarche d’identification des CMR dans les entreprises particulièrement les PME et les TPE, une meilleure prise en charge des activité connexes à la production et une prévention basée sur la suppression ou la substitution des produits cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques. Cette étude met aussi en exergue les difficultés d’appréhender le risque CMR en entreprise, mais elle a aussi permis, à travers les différentes étapes de sa réalisation, d’impulser une prise de conscience de ce risque dans l’entreprise. Ce travail peut entrainer une dynamique dans la mise en place d’outils et d’études qui permettront de produire des indicateurs épidémiologiques en santé au travail notamment sur les cancérogènes professionnels en Algérie et une réflexion sur l’actualisation des textes réglementaires.

Ces différentes actions dans le domaine de la recherche et de cette prise en charge spécifique, doivent s’appuyer localement sur la mise en place d’un réseau local pour la création d’un registre local sur le cancer dans ses différentes composantes. Il faudrait fédérer la ressource humaine disponible au niveau de notre établissement dans cette approche pluridisciplinaire recherchée avec les oncologues, les radiologues, les pneumologues, les internistes, les chirurgiens et les médecins du travail. Dans une 2ème étape, il s’agira d’étendre le réseau à d’autres équipes pour lui donner une dimension régionale et nationale. La banque de données issue de ce travail étant une première étape dans un processus, il faut donc la consolider, l’optimiser, l’actualiser régulièrement. La matrice emploi-exposition CMR finalisée, il serait utile de capitaliser ce savoir-faire dans l’élaboration d’autres matrices et pour d’autres risques. Cette recherche interpelle aussi les gestionnaires de la santé sur la nécessité d’associer les personnes ressources en santé au travail dans l’élaboration des programmes de santé publique (plan cancer).

Bibliographie. 1. Abid. R. Évaluation du risque chimique a L’ANEP. Mémoire de fin de cursus 2006. 2. Adjrad H. Évaluation de la mise en place du système HSE a Henke.l Mémoire de fin de cursus 2007. 3. Bacha Évaluation des conditions du travail par la méthode Renault a COSIDER 2007

Actualisation 2014.

4. Belfar Étude sur les EPI à SAPTA 2007

Nous avons environ 30% des produits qui ont été reclassés selon la classification de CIRC et l’UE, et l’intégration du travail de nuit commecancérogène probable (groupe 2A) selon le CIRC en 2014.

6

5. Dahou. Risques dans une entreprise de transformation du plastique SGT Mémoire de fin de cursus 2007 6. Harchaoui Éther de glycol et effets sur la reproduction ENAD cosmétique i 2006

Conclusion.

7. Tahar Prévalence des troubles respiratoires dus aux aromes et additifs alimentaires 2008 8. Yahiaoui. Evaluation du risque chimique au labo du SSR. Mémoire de fin de cursus 2005.

Cette étude a permis de répondre à notre objectif principal portant sur l’identification des CMR (utile dans le repérage et la surveillance des populations exposées à ce risque) et la conception d’une banque de données qui demande par ailleurs à être consolidée.

9. N. Sandret. Enquête SUMERLutter contre les cancers d’origines professionnelles. Une action en Ile-de-France. 5émes entretiens de santé au travail du service universitaire " Djamel Eddine Abed " du 01 avril 2007 10. Ghezini. Thèse de doctorat

57


11. Guignon.N., Sandret. N. Les expositions aux produits cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques. Documents pour le médecin du travail, numéro 104,4ème trimestre 2005 pages 471-483. 12. Sandret N. De SUMER 1994 à 2002, 2èmes entretiens de santé au travail, Rouiba 2002. 13. Sandret N. Sumer 2003 Ministère de l’emploi et de la solidarité- France- Expositions aux contraintes et nuisances dans le travail : SUMER 1994. Dossiers de la DARES ,56,1999. 14. Delphine.A.,Héry.M.,Falcy.M. Prévenons les cancers professionnels, notes de congrès, Paris le 18-20 novembre 2009, DMT, numéro 121, 1 Trimestre 2010, pages 77-90.

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CANCERS PROFESSIONNELS Cancer du larynx dans le secteur BTP : à propos d’un cas. A. Boukhannoufa, H. Bensaid, M. Azzoug. Service de médecine du travail. CHU Beni Messous. Algérie

1

Introduction.

un terrain non alcoolo-tabagique associé à une surdité diagnostiqué depuis 4 ans. Ce patient nous a été adressé par son médecin traitant pour la prise en charge médicolégale de son cancer. Histoire de la maladie. La symptomatologie semble remonter à 05 ans marquée par des épisodes de dysphonie à répétition sans autres signes cliniques. Cette dysphonie n’a pas inquiété le patient car il en a pris l’habitude, c’est l’évolution vers l’aphonie totale qu’il l’a obligé à consulter en milieu spécialisé (ORL). L’ensemble des examens cliniques et para cliniques (TDM, examen anatomopathologique) étaient revenu en faveur d’un carcinome épidermoïde des cordes vocales, une laryngectomie totale a été réalisée il y a un mois.

Le secteur BTP représente le 3éme secteur (13%) pourvoyeur des cancers aérodigestives supérieures. Le cancer du larynx occupe la 2eme place après le cancer de la cavité buccale selon l’étude de J.BRUGERE (1980) et il est caractérisé par sa longue période de latence. Les causes pour l’apparition du cancer du larynx de même que les causes de toutes les maladies malignes ne sont pas tout à fait relevées. Cependant le rôle du tabagisme est prouvé d’une manière catégorique, en plus autre groupe de risque est celui des gens qui travaillent au milieu des vapeurs nuisibles ( les travailleurs dans l’industrie chimique, ceux qui travaillent avec de l’asphalte (produits bitumineux et le goudron) et les conducteurs d’engin (secteur BTP et travaux routier) d’où la nécessité et l’obligation de la surveillance de ce groupe à risque (visite périodiques ,visites médicales spécialisées) sans oublier les visité des lieux afin d’instaurer un programme de prévention approprié à ce type de travaux . Cette présentation vise à apporter des connaissances pour favoriser le renforcement des mesures de prévention afin de lutter contre les cancers des voies respiratoires en particulier dans le secteur BTP .

Figure 1 – Téléthorax

2

Observation.

M.r K.R âgé de 64 ans, retraité depuis 7 ans d’une entreprise de revêtement routier, ex conducteur d’engin type finisseur-régleur durant plus de 30 ans ayant présenté un cancer du larynx évoluant depuis 01 an pris en charge par un service spécialisé (ORL) survenant sur

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Figure 2 – Tomodensitométrie

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Etude de poste de travail.

3

– Lieu de travail : Chantier en plein air (route, autoroute, parking). – L’organisation du travail. - Travail en équipe avec horaires atypiques et amplitude très larges. - Travail limité dans le temps (délais à respecter).

. – Moyenne de survenue est de 61 ans. – Sexe masculin ++++. – L’atteinte de l’étage glottique 27% des cas (J.Brugere). – Tabagisme : la durée de tabagisme chez l’homme a été retrouvée supérieure à 20 ans, dans notre cas le tabagisme est substitué par l’inhalation des fumées de bitume durant plus de 30 ans (J.Bugere). – Hygiène buccodentaire : fréquemment incriminée surtout dans les cancers de la cavité buccale,dans 47% des hommes atteints de cancer des cordes vocales avaient une hygiène buccodentaire médiocre. – Le secteur BTP est classe en 3 Emme position pour les cancers aéro-digestives hautes. – Conducteur d’engin (métier) est exposé aux fumés et vapeurs des produits bitumineux, les poussières de la silice, les gaz d’échappements (diesel et essence). – Les HAP composants majeurs du goudron et de bitume (produits utilisés) en particulier le benzo (a)pyrène classe 2A par CIRC, le bitume est classé 2B. Les brais et goudron de la houille sont classés 1 par le CIRC. – Durée d’exposition était estimée à 33 ans pour le cancer de larynx (J.Brugere). – Absence des moyens de protections appropriés (toutes les voies d’exposition sont possibles). – Le bruit, la posture, le froids, la chaleur, les intempéries induisent une irritation chronique des cordes vocales (facteur prédisposant au cancer de larynx).

– Tâche. - Il conduit un engin type finisseur régleur en suivant chronologiquement la répandeuse dans le but d’étaler les produits bitumineux versé par cette dernière. Il avertit le conducteur de la répandeuse en cas de problème. - Cette tâche se déroulait en position assise prolongée. – Machines et matériaux. - Engin roulant : finisseur régleur. - Produits utilisés : le goudron et les produits bitumineux, asphalte. – EPI. - Chaussures de sécurité.

Figure 3 – Bitumeuse

4

Conclusion.

Au total l’ensemble des facteurs de risque professionnel (le secteur d’activité, la durée d’exposition, les voies d’exposition, les produits utilisés, l’absence des EPI.) plaident en faveur de l’étiologie professionnelle par présomption d’origine du cancer du larynx. Le cancer de larynx a été déclaré au tableau no 16 des maladies professionnelles qui répare les maladies professionnelles provoquées par les sous-produits de distillation des houilles et des pétroles (arrêté interministériel du 5 mai 1996

Figure 4 – Bitumage

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Discussion.

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fixant la liste des maladies présumées d’origine professionnelle) : – Désignation de la maladie : cancer des voies respiratoires – Délais de PEC respecté – Liste des travaux est indicative Bibliographie. 1. Bossons Futé : ouvrier de travaux publics spécialisé en enrobés, http://www.bossonsfute.fr/index. php?option=com_content&view= article&id=317:fiche0089&catid=2: activites&Itemid=3. 2. Chantal B : toxicité des HAP. 3. Chitour.S : raffinage tomme 1. 4. François .c : HAP est cancer de la vessie. 5. François. T : pathologietoxique en milieu professionnel. 6. INRS : Risque cancérogène en milieu professionnel. 7. J.Brugere : étude prospective sur les cancers des voies aéro-digestives supérieures et facteurs de risque professionnel. 8. Législationalgérienne : arrêté interministérielle du 5 mai 1996 fixant la liste des maladies présumée d’origine professionnelle. 9. M.lafontaine, INRS :bitumes, asphalte, goudrons mise à jours 2006.

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OUTILS DE DEPISTAGE EN MEDECINE DU TRAVAIL L’intérêt de l’actimétrie en médecine du travail : un outil de dépistage des troubles du sommeil et de vigilance chez les travailleurs. S. Sekkal, Y. Benzaid, A. Taleb. Service de médecine du travail. CHU Tlemcen, Laboratoire de recherche Toximed, Faculté de médecine, Université de Tlemcen. . Algérie

Résumé Abstract. The aim of the study : is to consider the interest of actigraphy in screening especially sleep disorders such sleep-wake rhythm to better understand the biological clock of each employee. Methods : descriptive cross-sectional survey from 01 October 2013 to 31 May 2014 with 87 employees, using subjective methods (questionnaire, sleep diary) and objective investigations (actigraphy). The sample for this study consists of a group of 87 employees examined as part of the periodic visit, the occupational health service. Each worker is subject to general questionnaire, Epworth scale, a questionnaire Berlin, a questionnaire on the severity of insomnia and a sleep diary. More ever, an actimeter is placed at the wrist each of each worker for 7 days. The data carried actimeters were analyzed with the Wellness Ultra. Many parameters are software bedtime, the ’sunrise, sleep latency, total duration of nocturnal awakenings and sleep efficiency. Entry and data analysis were performed using SPSS software(version17.0). Results : The study population was exclusively male, average age 38, average age of 11 years. The Epworth scale showed that 15% of workers were really sleepy actimetry The objectified that 82% of workers are insomniacs rather short sleepers and Vesper. A phase delay was noted in 23% of cases. Discrepancies were noted between objective data (actigraphy) and subjective Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

(sleep diary) : bed time (HC = 34 ± 4min), sleep efficiency (SE = ±8.05% ± 2), the term intra sleep awakenings (W ASO = 49±24mn) and the proportion of awakening (P E = 13% ± 6). Conclusion : Actimetry is simple, reliable, well suited to the study of sleep and exploration of the sleep-wake rhythm especially in the case of posted workers or night. Keywords : actimetry, sleep, alertness, sleep diary Résumé : Objectif de l’étude : Etudier l’intérêt de l’actimétrie dans le dépistage des troubles du sommeil en particulier ceux du rythme veille-sommeil pour mieux comprendre l’horloge biologique de chaque salarié. Matériel et Méthodes : Il s’agit d’une enquête descriptive transversale allant du 01 Octobre 2013 au 31 Mai 2014 auprès de 87 salariés, en utilisant des méthodes subjectives (questionnaire,agenda du sommeil) et des explorations objectives (actimètrie). L’échantillon de notre étude est constitué par un groupe de 87 salariés examinés dans le cadre de la visite périodique, au service de médecine du travail CHU Tlemcen.Chacun de ces salariés est soumis à questionnaire général, une échelle d’Epworth, un questionnaire de Berlin, un questionnaire sur la sévérité de l’insomnie et un agenda du sommeil. Par ailleurs,un actimètre est placé au niveau du poignet non dominant de chaque salarié pendant 7 jours.Les données des actimètres 62


réalisées ont été analysées avec le logiciel Wellness Ultra.Les paramètres retenus sont l’heure de coucher, l’heure de lever, la latence d’endormissement, la durée totale des éveils nocturnes et l’efficacité du sommeil. La saisie et l’analyse des données ont été réalisées à l’aide du logiciel SPSS (version 17,0). Résultats : La population d’étude est exclusivement masculine, moyenne d’âge de 38 ans, ancienneté moyenne de 11 ans. L’échelle d’Epworth a montré que 15% des salariés étaient hyper somnolents L’actimétrie a objectivé que 82% des travailleurs sont insomniaques, plutôt courts dormeurs et vespéraux. Un retard de phase est noté chez 23% des cas. Des discordances ont été notées entre les données objectives (actimètrie) et subjectives (agenda du sommeil) : l’heure de coucher (HC = 34 ± 4mn), l’efficacité du sommeil(ES = 8, 05% ± 2), la durée des réveils intra sommeil (W ASO = 49 ± 24mn) et la proportion d’éveil (P E = 13% ± 6). Conclusion : L’actimétrie est outil simple, fiable bien adapté à l’étude du sommeil et l’exploration du rythme veille-sommeil notamment dans le cas des travailleurs postés ou de nuit. Mots clés : actimétrie, sommeil, vigilance, agenda du sommeil.

1

3

Matériels et méthodes.

3.1

Type d’étude :

Il s’agit d’une enquête descriptive transversale allant du 01 Octobre 2013 au 31 Mai 2014

3.2

Population d’étude :

L’échantillon de notre étude est constitué par un groupe de 87 salariés examinés dans le cadre de la visite périodique, au service de médecine du travail. Ce recrutement obéit à des critères d’inclusion précis.

3.2.1

Critères d’inclusion :

Sont inclus les salariés répondant à tous les critères suivants : – Salariés de sexe masculin, âgés de plus de 18 ans. – Ancienneté au poste du travail est supérieure à un an – Conventionné avec le service de médecine du travail – Consentement éclairé pour la participer à l’enquête et remplir l’agenda du sommeil et porter l’actimètre pendant 07 jours

Introduction. 3.2.2

Critères d’exclusion :

L’actimétrie est une technique validée pour Les sujets ne doivent présenter aucun des l’exploration des rythmes veille-sommeil. Elle critères de non inclusion pour être éligible : permet d’évaluer précisément le temps total de sommeil autant chez des sujets en conditions – Travail posté et de nuit standard, que dans des situations de sommeil – Antécédents de pathologies psychopolyphasique [1, 2, 3]. chirurgicales non stabilisées. – Personnes illettrées

3.3

2

Objectifs.

Chaque salarié retenu à l’enquête est soumis à:

Étudier l’intérêt de l’actimétrie dans le dépistage des troubles du sommeil en particulier ceux du rythme veille-sommeil pour mieux comprendre l’horloge biologique de chaque salarié. Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

Méthodologie :

– Un questionnaire général : portant sur des caractéristiques du sujet : âge, sexe, poids, taille, ainsi que ses habitudes (thé, café, sieste). 63


– Une partie professionnelle : qui a permis de chronotypologique en catégorisant les patients connaitre : le poste de travail, l’entreprise, en groupe : les antécédents professionnels, le rythme du travail, et l’ancienneté. – Vespéralité /matinalité – L’échelle d’Epworth ou ESS (Epworth Slee– Du matin, correspondant l’expression tradipiness Scale) [5] : elle mesure la probabilité tionnelle couche tôt, lève tôt, où nous consid’assoupissement ou d’endormissement. On dérions non pas une heure de coucher et a considéré qu’il n’y avait pas de somnode lever mais une heure d’endormissement lence pour des scores de zéro à 8, 8 à 10 : moyenne maximal à 22 heures [6, 7, 8]. somnolence moyenne, de 11-15 : somnolence – Du soir, correspondant au couche tard, élevée lève tard avec le même système que précé– Questionnaire sur la sévérité de l’insomnie : demment avec une heure d’endormissement pour évaluer le degré de difficulté du sommoyenne minimale à 23 heures 45. meil à savoir : les difficultés d’endormisse– Les neutres, ne rentrant dans une des deux ment, les réveils nocturnes et les réveils préprécédentes catégories coces. – Longs et courts dormeurs [9, 10] – Un agenda du sommeil : Il nous a permis – Longs dormeur avec une TTS supérieure à d’analyser le sommeil, les habitudes et l’hy510 minutes, soit 8 heures 30 [11,12] giène du sommeil sur une période d’une se– Courts dormeurs avec un TTS inférieure à maine. 400 minutes, soit 6 heures 30 environ. – Actimètrie : un actimètre type (Vivago®) est placé au poignet non dominant pendant Résultats. 07jours. Son fonctionnement, et les précau- 4 tions d’usage sont détaillés. – Au terme de cette période, les actimètres 4.1 Caractéristiques générale de la population de l’étude : et les agendas étaient retournés au service de médecine du travail. Les données des actimètres ont été analysées avec le logiciel Wellness Ultra. – Les paramètres retenus étaient : l’heure de coucher, l’heure de lever, la latence d’endormissement, la durée totale des éveils nocturnes et l’efficacité du sommeil. – L’actimètrie a permis aussi d’analyser la consommation calorique, le rythme circadien ainsi que la courbe d’activité. Table 1 – Caractéristiques générale de la population de l’étude.

3.4

Exploitation des données :

La moyenne d’âge de notre population est La gestion des données est totalement infor- de 38ans ± 12 avec une moyenne d’IMC de matisée. La saisie des données actimétriques et 23, 74kg/m2 ± 3, 76. de l’agenda du sommeil ainsi que celles issues du questionnaire est effectuée par le logiciel SPSS (version 17,0) à partir d’un masque de 4.2 Evaluation de la somnolence saisie, et la construction des graphes a été faite diurne (Epworth) : sur le logiciel Excel. Nous avons estimé la significativité à nos tests statistiques quand p < 0, 05. Par ailleurs, pour l’étude du rythme veillesommeil, nous avons pu proposer une description Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

64


4.4

Satisfaction du sommeil :

87% de la population est satisfaite de leur sommeil alors que 6,4% manifeste une très insatisfaction.

4.5

La description du rythme veille-sommeil a porté sur les variables : rythme circadien, heure de coucher, heures de lever et de latence d’endormissement, issues de l’actimètre et de l’agenda du sommeil. Ces données ont ainsi permis d’établir dans un second temps, une description chronotypologique des travailleurs de repérer au final des troubles du rythme circadien tel qu’un éventuel retard de phase.

Figure 1 – Répartition de la population selon le score d’Epworth. La population de l’étude a présentée en moyenne un score à l’échelle d’Epworth de 5, 2 ± 3, 4. 85% de la population ont une somnolence normale et 15% ont une somnolence diurne.

4.6 4.3

Description du rythme veillesommeil :

Rythme circadien :

70% de notre population ont un rythme circadien normal.

Evaluation de l’insomnie :

L’évaluation de l’insomnie a portée sur la difficulté d’endormissement, réveils nocturnes et les réveils précoces.

4.7

Latence d’endormissement.

Les latences d’endormissement sont résumées dans le tableau, prenant en compte les données de l’actimètre. Plus d’un tiers (34%) des sujets avaient une latence d’endormissement inférieure à 30 minutes, contre 66% supérieure à 30 minutes. Parmi, ces derniers, 23,4% avaient une latence d’endormissement supérieure à 60 minutes. Autrement dit, près de deux tiers (65,9%) des sujets présentent un trouble de l’initiation du sommeil. Figure 2 – Répartition de la population selon la sévérité des difficultés de sommeil.

4.8

Retard de phase (LE > 60mn).

On note que 23% de la population présentent un retard de phase. Presque la moitié de la population n’ont pas de difficulté d’endormissement et de réveils précoces avec un pourcentage de 46%8 et 42%6 respectivement ; 72.3% des travailleurs présentent des réveils nocturnes avec des degrés de sévérité différents.

Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

65


4.9

4.11

Réveils intrasommeil(WASO).

Confrontation subjective (agenda) et objective de l’actimètrie.

Pour chaque travailleur, les discordances ont été repérées pour les paramètres heure de coucher , heure de lever, temps au lit et durée d’éveils nocturnes(WASO), efficacité du sommeil (ES) et proportion d’éveil(PE). Sont considérées comme discordances une différence en valeur absolue entre données agenda et actimètre supérieure à 15 minutes pour l’heure de coucher, à 30 minutes pour l’heure de lever et à 45 minutes pour la durée des éveils nocturnes(WASO). Figure 3 – Répartition de la population selon la durée des éveils nocturnes de l’actimètrie (WASO1) et celle de l’agenda(WASO2). La majorité des travailleurs a des réveils nocturnes plus de 30 min.

4.10

Efficacité du sommeil(ES).

Table 2 – Comparaison des données actimètrieagenda. Pour l’heure de lever et le temps au lit, aucune discordance n’a été remarquée entre les données de l’actimètre et de l’agenda (avec une différence en valeur absolue inférieure à 30 minutes pour l’heure de lever et un p > 0, 05 pour le temps au lit). Figure 4 – Répartition de la population selon l’efficacité du sommeil de l’actimètrie (ES1) et celle de l’agenda(ES2).

5

La présente étude contribue à fournir un état descriptif sur les troubles du sommeil et de la vigilance en particulier ceux du rythme veille-sommeil, en utilisant un nouveau matériel d’investigations du rythme veille-sommeil (actimètre de marque VIVAGO®) pour la première

L’insomnie est objectivée par l’actimètre chez 38 ,3% et 61,7% par l’agenda de sommeil.

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Discussion.

66


fois en Algérie. Ce travail a permis d’une part d’étudier surtout le rythme veille sommeil d’un groupe de travailleurs de manière subjective par l’agenda et objective par l’actimètre. D’autre part, il a permis d’apprécier les composantes qualitatives du sommeil Au total, sur le plan subjectif et qualitatif du sommeil et de la vigilance, peu de sujets manifestent une somnolence diurne et plus de la moitié de notre population sont des ronfleurs et se plaignent de fatigue au réveil et à l’état éveillé. Par contre, la plupart des travailleurs sont satisfaits de leur qualité de sommeil. Cependant, deux tiers de notre échantillon d’étude manifestent des troubles de mémoire et de concentration dans leur travail. Sur le plan du rythme veille-sommeil les sujets sont plutôt neutres et courts dormeurs [10, 11]. La plupart des sujets de cette étude présente un trouble de l’endormissement avec une proportion moyenne plus importante que la population générale. Plus de la moitié de nos travailleurs (55,3%) avaient un décalage de réveil entre les jours de semaine et le week-end. Par ailleurs, 23% de la population étudiée présentaient un trouble du rythme circadien qui était uniquement un retard de phase du sommeil. [12, 13]. Chez la population générale deux études traitent le versant pathologique (retard de phase) du rythme circadien chez les patients TOC. [14, 15]. De plus, ces derniers n’ont pas utilisés d’agenda du sommeil et/ou d’actimètre pour repérer les retards de phases mais se sont plutôt basés sur les critères DSM IV et sur l’évaluation rétrospective des aspects qualitatifs du rythme veille-sommeil et par l’échelle PSQI Sur le plan descriptif de la structure du sommeil chez la population leur sommeil était plus fragmenté que la normale avec un trouble de la continuité du sommeil et par conséquent une efficacité du sommeil diminuée et donc une diminution du Temps total de Sommeil (TTS). Dans ce sens, en y adjoignant les plaintes subjectives sur la somnolence, la fatigue, la qualité de veille et de sommeil, il a été retrouvé une insomnie pour près de la moitié des sujets. Tous les sujets ont présenté des discordances entre leurs données subjectives sur l’agenda du sommeil et les données objectives de l’actiméLe journal de la médecine du travail – JMT N°22-

trie. Les discordances étaient plus nombreuses sur les éveils nocturnes souvent sous-estimés.

6

Conclusion.

L’actimétrie est outil simple, fiable bien adapté à l’étude du sommeil et l’exploration du rythme veille-sommeil notamment dans le cas des travailleurs postés ou de nuit. L’actimétrie a permis le dépistage des troubles du sommeil et de la vigilance de façon objective pour ses travailleurs afin d’instaurer une surveillance particulière de ces pathologies qui sont largement méconnues aussi bien par la population générale que celle active avec des conséquences le plus souvent fatales.

Bibliographie. 1. J.Doucet, M.Kerkhofs.Exploration du sommeil chez l’adulte et l’adolescent, EMCpsychiatrie2004. 2. Mullaney, D.J., D.F. Kripke, and S. Messin, Wrist-actigraphic estimation of sleep time. Sleep, 1980. 3(1) : p. 83-92. 3. Borbely, A.A., Ambulatory motor activity monitoring to study the timecourse of hypnotic action. Br J Clin Pharmacol, 1984. 18 SUppal 1 : p.83S-86S. 4. Brown, A.C., et al., Actigraphy : a means of assessing circadian patterns in human activity. Chronobiol Int, 1990. 7(2) : p. 125-33. 5. Johns, M.W., A new method for measuring daytime sleepiness : the Epworth sleepiness scale. Sleep, 1991. 14(6) : p. 540-5. 6. Hauri, P.J. and J. Wisbey, Wrist actigraphy in insomnia. Sleep, 1992. 15(4) : p. 293301. Sadeh, A., et al., The role of actigraphy in the evaluation of sleep disorders. Sleep, 1995. 18(4) :p.288-302. 7. Horne, J.A., et al., A field study of sleep disturbance : effects of aircraft noise and other factors on 5,742 nights of actimetrically monitored sleep in a large subject sample. Sleep, 1994. 17(2) : p. 146-59.)

67


8. Reyner, L.A., J.A. Horne, and A. Reyner, Gender- and age-related differences in sleep determined by home-recorded sleep logs and actimetry from 400 adults. Sleep, 1995. 18(2) : p. 127-34. 9. ROYANT-PAROLA S. Les mécanismes du sommeil : rythmes et pathologies. Paris :Le Pommier 10. LEGER D. Le sommeil dans tous ses états. Paris : Plon ; 2010. 11. Pichot, P., et al., un questionnaire d’autoévaluation de la symptomatologie dépressive :le questionnaire QD2. Rev Psychol Appl, 1984. 34(3) : p. 229-250. 12. Horne, J.A. and O. Ostberg, A selfassessment questionnaire to determine morningness-eveningness in human circadian rhythms. Int J Chronobiol. 13. Johns, M.W., Reliability and factor analysis of the Epworth Sleepiness Scale. Sleep, 1992. 15(4) : p. 376-81. 14. Sadeh, A. and C. Acebo, The role of actigraphy in sleep medicine. Sleep Med Rev, 2002. 6(2) : p. 113-24. 15. Ancoli-Israel, S., et al., The role of actigraphy in the study of sleep and circadian rhythms. Sleep, 2003. 26(3) : p. 342-92.

Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

68


OUTILS DE DEPISTAGE EN MEDECINE DU TRAVAIL Les examens complémentaires en médecine du travail. S. Laoufi, H. Zouaoucha, S. Ain Alouane, M. Haddar. Service de médecine du travail Djamel Eddine Abed. EPH Rouiba. Algérie

1

Introduction.

– Article 10 : L4organisme employeur prend en charge les frais occasionnés par les examens complémentaires et les analyses effectuées dans le cadre de la médecine du travail [1]. – Art 13 : la médecine du travail constitue une obligation de l4organisme employeur. Elle est à la charge de celui-ci [1]. – Article 17 : la visite médicale d4embauchage comporte un examen clinique et des examens para cliniques appropriés [1]. – Art 18 : Le médecin du travail peut effectuer ou faire effectuer des prélèvements aux fins d4analyses ou tout examen à toutes fins utiles [1]. Au vu des résultats de ces analyses ou examens, il recommande toute mesure jugée nécessaire à la préservation de la santé des travailleurs [1].

Le médecin du travail en plus de l4examen clinique, peut prescrire des examens complémentaires selon la nature de l4exposition. Il est le seul juge de la nature et de la fréquence de ces examens. Chaque travailleur est informé par le médecin du travail des résultats des examens complémentaires dont il a bénéficié.

2

Objectifs.

Les examens complémentaires ont pour objectifs : 1. La détermination de l’aptitude du sujet au poste de travail et notamment au dépistage des affections comportant une contreindication à ce poste de travail ;

– Article 20 : Le temps nécessité par les examens médicaux est décompté comme temps de travail pour les travailleurs concernés [1]. 3. Le dépistage des affections susceptibles Décret exécutif du 93-120 du 15 mai relatif à d’exposer l’entourage du salarié à des l4organisation de médecine du travail. Art 19 : Le médecin du travail peut effectuer risques de contagion. des examens complémentaires ou avoir recours à un spécialiste en vue notamment : 2. Le dépistage d’une maladie professionnelle ou à caractère professionnel ;

3

Règlementation rienne.

algé-

Loi n°88-07 du 26 janvier 1988 relative à l4hygiène, la sécurité et la médecine du travail avec ses différents articles. – Article 9 : L4organisme employeur est tenu de participer au financement de la médecine du travail selon les modalités fixées par la convention-type. Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

– de déterminer l4aptitude médicale au poste de travail et notamment de dépister les affections comportant une contre-indication au poste de travail considéré ; – de dépister les maladies contagieuses ; – de dépister les maladies professionnelles ou caractère professionnel [2]. Arrêté interministériel du 2 avril 1995. La convention type relative à la médecine du travail établie entre l4organisme employeur et 69


le secteur sanitaire ou la structure compétente ou le médecin habilité. Le contractant s4engage à : – Assurer la prise en charge financière de la médecine du travail. – A prendre en charge financièrement la réalisation des examens complémentaires prescrits pour déterminer l4aptitude au poste de travail ou la prévention et le dépistage des lésions d4origine professionnelle [3]. Arrêté interministériel du 9 Juin 1997 La liste des travaux ou les travailleurs sont fortement exposés aux risques professionnels. Les organismes employeurs sont tenus de faire subir aux travailleurs exerçant ces travaux au moins une visite médicale semestrielle complétée par l4examen para clinique approprié [4].

4

Résultats.

Table 3 – Bilan des examens complémentaires (examens préventifs). 16.51% de la population couverte ont bénéficié d4examens curatifs. 18.66% de la population couverte ont bénéficié d4examens préventifs.

Table 4 – Bilan des examens complémentaires (examens curatifs). 16.51% de la population couverte ont bénéficié d4examens curatifs. – Nous constatons que malgré l4obligation réglementaire de l4employeur de prendre en charge la médecine du travail, seulement 3% des entreprises sur le territoire national sont conventionnées avec un service de médecine du travail. – 25% des travailleurs ont accès à un service de médecine du travail. – Le taux d4examens complémentaires demandés reste insuffisant par rapport à la population couverte par la médecine du travail. – Malheureusement, certains employeurs utilisent la convention avec un service de médecine du travail comme un simple document à présenter à l4inspection du travail sans une prise en charge effective de ses salariés.

Table 1 – Évaluation de l4activité de la médecine du travail séminaire national 2004 [5]. Seulement 25% des salariés sont pris en charge par la médecine du travail.

Table 2 – Couverture des entreprises par la médecine du travail.

3% des entreprises ont été conventionnés avec Rôle de l4inspection de travail ? Le rôle de l4inspection du travail est pourtant bien défini un service public de médecine du travail. dans l4article 31 : Le contrôle de l4application de la législation en matière d4hygiène, de sécurité et de médecine du travail est dévolu àl4inspection du travail, conformément à ses Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

70


attributions. Lorsque des infractions à cette législation sont constatées, l4inspecteur du travail met le responsable de l4organisme employeur endemeure de se conformer aux prescriptions prévues par la loi et la réglementation en vigueur [6]. Nous avons analysé les rapports d4activité annuels des médecins du travail du service de médecine du travail de l4EPH Rouïba volet examens complémentaires avant et après obligation de la remise des conventions signées des examens complémentaires respectivement 2011 et 2013.Nous avons obtenu les résultats suivants .

Table 5 – Bilan d4activité 2011.

– L4amiante – Le personnel naviguant. – Les pilotes. – Le travail en milieu hyperbare. – Les rayonnements ionisants. En matière d4aptitude médicale, la responsabilité professionnelle, morale et juridique, du médecin du travail est considérable, les décisions sont parfois difficiles pour plusieurs raisons : – L4absence de prise en charge des examens par l4employeur malgré l4obligation réglementaire. – Le cout très élevé de certains examens complémentaires – La non disponibilité des examens par absence de laboratoires adaptés notamment les examens toxicologiques. – La polyvalence des postes de travail chez un même salarié pose le problème de la nature des examens complémentaires à demander du faite de la poly-exposition. – La méconnaissance du risque due à l4absence des fiches de données de sécurité. – Le législateur n4a pas précisé les examens complémentaires que l4employeur doit financer. Il peut s4agir d4examens à but diagnostic et dont la pathologie n4a aucun rapport avec le travail !

5

Table 6 – Bilan d4activité 2013. On a remarqué qu4il ya une augmentation significative du nombre d4examens complémentaires effectués après avoir sensibilisé et convaincu l4employeur à prendre en charge les examens complémentaires. Le bilan toxicologique n4est même pas demandé par les médecins du travail malgré la prépondérance du risque chimique.

Les examens complémentaires ne sont pas des examens de routine, ni de sélection, mais ils sont demandés dans le but de surveiller et d4améliorer la santé des travailleurs, d4où l4intérêt d4établir un consensus par la société savante de santé au travail. La mise en place de laboratoires d4analyses biologiques ; radiologiques et toxicologiques au sein même des services de médecine du travail est primordiale pour une meilleure prise en charge des travailleurs Bibliographie. 1. Loi 88-07 du 26 Janvier 1988 relative à l4hygiène, à la sécurité et à la médecine du travail. Journal Officiel de la République Algérienne du 27 Janvier 1988.

Les examens complémentaires de certains risques professionnels sont règlementés notamment : Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

Conclusion.

2. Décret exécutif n° 93-120 du 15 mai 1993 relatif à l4organisation de la médecine du 71


travail. Journal Officiel de la République Algérienne N° 33 du 19 mai 1993. 3. L4arrêté interministériel du 2 Avril 1995. 4. L4arrêté interministériel du 09 juin 1997 fixant la liste des travaux où les travailleurs sont fortement exposés aux risques professionnels. 5. Evaluation de l4activité de médecine du travail ; Séminaire national 2004. 6. Loi 90-03 du 6 février 1990 relative à l4inspection du travail.

Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

72


PEDAGOGIE Rédaction et validation d’une procédure standard pour la réalisation d’une monographie des services de soins. N. Tigha Bouaziz, Dj.Tourab, Am. Nezzal. Service de médecine du travail . CHU Annaba, LRSE, Faculté de médecine, université Badji Mokhtar Annaba. Algérie

1

Introduction.

L’exposition aux risques professionnels varie fortement d’un secteur d’activité à l’autre, l’hôpital constitue un milieu de travail à haut risque. Les risques professionnels dans ce secteur sont nombreux liés à la présence d’agents pathogènes, d’allergènes, de dispositifs médicaux potentiellement dangereux, de la charge du travail, de l’organisation du travail.etc. Le médecin du travail chargé de la surveillance médico-environnementale du personnel hospitalier a besoin des outils de travail simples faciles à utiliser et efficaces pour achever convenablement ses activités. Dans le cadre de l’implantation d’un système de management qualité dans notre service selon le référentiel ISO 9001 v 2008 [1,2] et afin de normaliser le recueil des informations utiles pour la surveillance médico-environnementale, nous avons effectué ce travail qui a pour objectif la rédaction et la validation d’une procédure et un standard pour la réalisation des monographies des services de soins dans le service de médecine du travail.

3

Matériels et méthode

Le standard de monographie a été rédigé et validé selon les étapes suivantes : recherche bibliographique en utilisant plusieurs bases de données de sndl [3] et le JORA [4, 5, 6, 7, 8, 9, 10,11] , rédaction initiale, correction et modification, rédaction de la version définitive, validation et approbation, diffusion aux intervenants du service de Médecine du travail et application. Cette étape a été finalisée au bout de dix mois. Plusieurs réunions de travail ont été tenues entre les rédacteurs et les approbateurs ainsi qu’une réunion d’information et d’explication avec les intervenants. Ce standard a été conçu et validé durant l’année 2013 (du 01 janvier au 24 Octobre 2013). Au total trois professeurs et deux maitres assistants ont participé à l’élaboration de ce document.

4

Résultats. Deux documents ont été rédigés et validés

4.1

La procédure Monographie des Services de Soins :

la procédure comporte plusieurs volets : historique et diffusion des modifications, objet, domaines d’application, responsabilité, réfé2 Objectifs. rences, terminologie, logigramme, étapes de réalisation, préparation de la visite, réalisation Rédiger et valider une procédure et un stan- de la visite du service et rédaction de la monodard pour la réalisation des monographies des graphie. services de soins dans le service de médecine du Historique et diffusion : permet le contrôle et travail. le suivi des modifications de l’ERQ proposées Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

73


par les intervenants sur terrain. Cette rubrique la définition de 14 termes figurant dans la englobe la date de la modification, l’objet et monographie. les pages concernées par les modifications, la date de la première version, les noms et la signature des rédacteurs, des vérificateurs et des 4.1.5 Logigramme : approbateurs.

4.1.1

Objet de la monographie :

– Identifier le personnel exerçant dans le service – Décrire les espaces dans le service – Identifier les outils et les équipements spécifiques – Identifier les produits chimiques utilisés – Identifier les principaux facteurs de risque – Identifier les principales tâches réalisées par le personnel de soins – Identifier les principaux EPI disponibles et utilisés – Identifier les formations en santé sécurité au travail suivis dans le service. – Lister les accidents du travail et les maladies professionnelles du service – Lister les moyens de lutte contre les incendies 4.1.2

il trace les différentes étapes de la réalisation d’un document pour monographie des services de soins. De la conception à la validation en insistant sur le rôle de chaque intervenant.

4.1.6

Préparation de la visite : Cette étape comporte la collecte de la documentation relative au service. Pour cela un courrier doit être adressé aux médecins chefs pour les informer des objectifs de la visite et programmer la visite. La planification de la visite est réalisée en accord avec les responsables du service.

Réalisation de la visite du service : Pour le recueil des informations, on procédera à des : – Entretiens avec les personnes concernées – Les médecins : tâches réelles, disponibilité et port des EPI. – Le surveillant médical en chef (SMC) : recueil des informations relatives aux effectifs du personnel, catégories professionnelles, horaires et rythme de travail, équipements disponibles, EPI, statistiques des AT et MP. – L’infirmier : tâches réelles, disponibilité et port des EPI. – L’agent de service : tâches réelles, disponibilité et port des EPI. – Le pharmacien : la commande et la liste des médicaments.

Domaine d’application :

La monographie s’applique à tous les services de soins du centre hospitalo-universitaire, à savoir les services de soins et d’explorations.

4.1.3

Étapes de préparation.

Responsabilité :

Le responsable qualité veille à la mise en œuvre de la monographie, sa diffusion et son application aux structures concernées. Les pilotes de processus assurent l’encadrement de la réalisation et la vérification des monographies. Les maitres assistants et assistants assurent l’encadrement des médecins résidents lors de la réalisation des monographies. Observations : elles concernent les locaux de travail, les équipements, les espaces communs, les différentes tâches réalisées par le personnel. 4.1.4 Références : nous nous sommes basées sur les textes Mesures : demander au SMC la surface de réglementaires algériens [4, 5, 6, 7, 8, 9, 10,11]. différentes salles, à défaut déterminer soi-même Terminologie : nous avons jugé utiles de donner la surface de chaque local. 74


Rédaction et application de la monogra- 6 Discussion. phie sur terrain : Il s’agit des instructions A l’issue de notre recherche bibliographique et des recommandations pour les utilisateurs de basée sur les textes algériens régissant le rôle l’ERQ 7.5.1. du médecin du travail dans les entreprises algériennes ainsi que les données de la littérature dans ce domaine, un modèle de monographie des services de soins a été rédigé et validé. A 5 Les enrégistrements de la la différence des modèles de fiche d’entreprises dans la littérature et qui ne sont monographie des Services retrouvées pas adaptés aux conditions du travail dans de Soins. le secteur de la santé [12,13], le standard de monographie conçu par le service de médecine du travail représente un document clair, facile L’Enregistrement qualité de la monographie à comprendre, à renseigner et à appliquer, des services de soins contient 11 items et deux d’autant plus qu’il ne demande pas beaucoup de annexes : temps ni d’énergie. Il aide le médecin du travail à cerner toutes les informations des services de – Le personnel : il faut spécifier le corps, le soins nécessaires pour le bon déroulement des grade, les effectifs, les horaires et le rythme visites périodiques et spéciales. de travail de chaque équipe. – Locaux de travail : distinguer deux types de locaux, les services d’hospitalisation Conclusion. (nombre de lits) et les autres locaux (salle 7 d’exploration, salle de soins, bureaux méLe standard de monographie représente un dicaux, salle de consultation, etc.). Pour outil très utile pour le médecin du travail, la chaque local, mentionner le nombre et la surédaction de procédures permet d’homogénéiser perficie. la pratique de cette activité et la formation des – Équipements : préciser le type, la date de la intervenants. mise en service et de l’entretien – Outils : Type et état. – Consommables : consommables pharmaceu1. Loi 88-07 du 26 Janvier 1988 relative à tiques et produits d’hygiène. l4hygiène, à la sécurité et à la médecine du – Principaux facteurs de risque : chimique, travail. Journal Officiel de la République Alphysique, ergonomique, sécuritaire et biogérienne du 27 Janvier 1988. logique 2. Décret exécutif n° 93-120 du 15 mai 1993 – Tâches effectuées : spécifier les tâches effecrelatif à l4organisation de la médecine du tuées par chaque catégorie professionnelle, travail. Journal Officiel de la République Alla durée et la fréquence de chaque tâche. gérienne N° 33 du 19 mai 1993. – Formation du personnel : Formation initiale 3. L4arrêté interministériel du 2 Avril 1995. – Accidents du travail et maladies professionnelles : préciser le nombre de chaque outil 4. L4arrêté interministériel du 09 juin 1997 – Moyens de protection individuelle : la dispofixant la liste des travaux où les travailleurs nibilité et le port des moyens de protection sont fortement exposés aux risques profesindividuelle. sionnels. – Formation continue du personnel : Existe5. Evaluation de l4activité de médecine du trat-il un programme vail ; Séminaire national 2004. – Lutte contre les incendies : installations 6. Loi 90-03 du 6 février 1990 relative à sous tension, machines, les moyens de lutte l4inspection du travail. contre les incendies. – Annexes : liste du personnel et le plan des services de soins. Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

75


THESES SOUTENUES EN SANTE ET SECURITE AU TRAVAIL Thésards

Intitulé

Année de soutenance

Keddari née Manamani Naciba Mohammed Brahim Brahim Fyad Abderahmane

Évaluation des risques professionnels dans une structure hospitalo-universitaire à Alger Toxicité du plomb en milieu professionnel

1982

Dermatologie professionnelle

1985

Merah née Hadj-Salah Fatiha

Considérations sur les accidents de trajet dans le cadre de la législation relative aux accidents du travail Solvants et problèmes hématologiques professionnels Risque professionnel lié à l’utilisation d’amiante et des effets pathologiques chez les travailleurs exposés : Mesures souhaitables de prévention et de réparation Anthropométrie de l’adulte Algérien en milieu de travail – Application pour l’étude de l’adaptation au poste de conducteur dans la région d’Annaba Étude des lombalgies chroniques chez les exécutants dans l’entreprise portuaire d’Alger Intérêt des tests cycloergométrique et des enregistrements continus des fréquences cardiaques en médecine du travail Épidémiologie de la brucellose professionnelle dans la région d’Annaba Identification des maladies d’origine professionnelle observées en Algérie et perspectives d’évolution des tableaux des maladies professionnelles Affections respiratoires chroniques liées aux polluants en milieu industriel Étude sero-épidémiologique de l’hépatite virale B en milieu médical à Sétif Handicapés du travail : approche préventive et de prise en charge dans une unité industrielle de Annaba Aspects épidémiologiques et ergonomiques de la lombalgie en milieu de travail Exposition au bruit, stress, hypertension artérielle en milieu professionnel Étude de la neurotoxicité des solvants chez des populations professionnellement exposés Asthme (l’) professionnel : aspects épidémiologiques, cliniques et évolutifs à travers une enquête réalisée dans les unités industrielles de la wilaya de Boumerdes Absentéisme (l’) médical en milieu hospitalier dans une circonscription urbaine du gouvernorat du grand Alger année 2000 Connaissance, reconnaissance du travail des cadres et stratégie d'action en phase de Transition économique et sociale en Algérie

1985

Mokhtari Radia Saad Malika née Azzoug

Nezzal Abdelmalek Lamara Mahamed Amer Kandouci Abdelkrim Tourab Djamel Semid Abdelkader

Haddad Mustapha Boukerma Ziadi Gueroui Said Rezk-kallah Baghdad Taleb Abdelslam Bouhadiba-Kamen Faouzia Haddar Mustapha

Nafai Dalila ép Boutouchent Idder ép Laïb Cherifa

1984

1987 1987

Directeur de thèse Pr Lakhdar Mokhtari Pr Robert Lauwerys Pr Jean marie la Chappelle Pr Djameleddine Abed Pr Rose Marie Hamladji Pr Jean Champex

1987

Pr Abdelhamid Aberkane

1987

Pr Djameleddine Abed Pr Lakhdar Mokhtari

1988 1988

Pr Ahmed Aouati

1990

Pr Djameleddine Abed

1990

Pr Abdelhamid Aberkane Pr Lakhdar Mokhtari Pr Abdelhamid Aberkane

1993 1996 1999 2000 2000 2001

Pr Brahim Mohamed Brahim Pr Mohammed Brahim Brahim Pr Brahim Mohamed Brahim Pr Rabea Alloua

2003

Pr Abdelkader Semid

2005

Pr El Hadj El Bachir Tebboune


Thésards

Intitulé

Année de soutenance

Directeur de thèse

Étude des hépatites virales sériques B et C d’origine professionnelle répertoriées par la caisse nationale des assurances sociales (C.N.A.S) de 1986 à 2002 Syndrome d’épuisement professionnel "burn out" chez le personnel infirmier de deux établissements hospitaliers : le centre hospitalo-universitaire d’Alger et le Centre Pierre et Marie Curie Manipulation des cytostatiques et leurs effets à travers la pratique oncologique dans cinq établissements hospitaliers Identification et analyse des facteurs de stress professionnel chez le personnel soignant Les troubles musculo-squelettiques du membre supérieur en milieu industriel

2008

Pr Ameur Lamara Mahamed

2008

Pr Ameur Lamara Mahamed

2008

Pr Ameur Lamara Mahamed

2008

Les déchets hospitaliers : Mise en place d’un système de gestion durable des déchets produits par les activités de soins au niveau du CHU de Sidi Bel-Abbes Troubles musculosquelettiques en milieu professionnel Surdité d’origine professionnelle due à la coexposition au bruit et aux agents ototoxiques

2009

Pr Haddad Mustapha Pr Badredine Abdelkrim Kandouci Pr Badredine Abdelkrim Kandouci

Ghezini Younes

Les cancérogènes, les mutagènes et les reprotoxiques en milieu de travail.

2010

Belabed Assia

Pathologie pulmonaire et nasosinusiénne liée à l’exposition professionnelle aux poussières de bois chez les menuisiers et les ébénistes Accidents d’exposition au sang chez le personnel de soins : stratégie et prévention Troubles respiratoires et exposition professionnelle aux solvants Lombalgie et facteurs psychosociaux liés au travail chez le personnel Soignant de la wilaya de Batna Évaluation de l’exposition professionnelle au benzène à Annaba Exposition au stress psychocial en milieu professionnel

2010

Étude des accidents du travail et des maladies professionnelles dans les entreprises de l’électroménager, du bois, du bâtiment et travaux publiques (BTP) et de l’établissement de santé (CHU TO) de la wilaya de Tizi-Ouzou de l’année 2005 à 2007 Les systèmes de management de la santé et de la sécurité au travail : Évaluation des mises en œuvre dans trois entreprises de la région d’Alger (20092010) Les systèmes de management de la santé et de la sécurité au travail : Évaluation des mises en œuvre dans trois entreprises de la région d’Alger (20092010)

2012

Akif Nora Benmessaoud Hayette

Liani ép Taieb Nora Chemaa Farida Ghomari Othmane Beghdadli Benali

Chaib Samia Belhadj Zoubida

Chachoua Hayet Sekkal-Baghdadi Samira Benhassine Wissal Djafer Rachid Kandouci Chahrazed Zatout Mohand

Ouaaz Meriem

Ouaaz Meriem

2009

2009 2010

2011 2011 2011 2011 2011

Pr Nezzal Abdelmalek Pr Badredine Abdelkrim Kandouci Pr Fyad Abderrahmane Pr Badredine Abdelkrim Kandouci Pr Haddad Mustapha Pr Taleb Abdesselam Pr nezzal Abdelmalek Pr Azzouz Mohamed Pr Badredine Abdelkrim Kandouci Pr Ameur Lamara Mahamed

2012

Pr Mustapha Haddar

2012

Pr Mustapha Haddar


Thésards

Intitulé

Année de soutenance

Directeur de thèse

Khatmi Saliha Djazouli Med Amine

Le handicap en milieu hospitalier Risque Cardio-métabolique en Milieu du travail

2013 2013

Arib Amel

Étude des surdités professionnelles chez les travailleurs des entreprises nationales de l’électroménager « ENIEM » et de transformation du bois « LEADER MEUBLE » dans la wilaya de TiziOuzou de 2009 à 2011 Identification des facteurs d’absentéisme chez le personnel hospitalier Étude de l’effet de l’exposition professionnelle au plomb sur la fertilité et les hormones sexuelles Impact des facteurs de risque professionnels sur le risque cardiovasculaire global Travail sur écran astreintes contraintes et répercussions sur la santé

2013

Les eczémas de contact allergiques professionnels (aspects épidémiologiques, médicaux-légaux et préventifs) : enquête dans des unités industrielles à risque de la région Est d’Alger Risques liés à l’exposition aux cytostatiques chez le personnel de santé Cancers de la vessie et risques professionnels Enquête dans deux régions du Centre (2011- 2014)

2014

Étude de la précarité au travail en rapport avec les contrats à durée déterminée au niveau du métro d’Alger Allergie au latex naturel en milieu professionnel. Épidémiologie. Formes cliniques et aspects réglementaires dans la région Ouest d’Alger Violence exogène à l’hôpital et effets sur le personnel de santé

2016

Pr Lamara Mahamed Ameur

2016

Pr Malika Azzoug

2016

Harcèlements et clinique du travail

2016

Pr Abdelkader Semid Pr Badredine Abdelkrim Kandouci

Naceri Mustapha Hamadouche Mohamed Behlouli Ahmed Lakhdar Djakrir Larbi Korichi Saied

Tigha Nadia ép. Bouaziz Fraga Seid Khoudour Zoubida Chekirine Mansour Boukortt Cherifa

Hachelafi Hamid

2013 2014 2014 2014

2015 2016

Pr Gueroui Said Pr El Hadj El Bachir Tebboune Pr Lamara Mahamed Ameur

Pr Haddad Mustapha Pr Ziadi Boukerma Pr Ziadi Boukerma Pr Naciba KeddariManamani Pr Mustapha Haddar Pr Djamel Tourab Pr Mustapha Haddar

Les allergies respiratoires et/ou cutanées chez le Pr Abdesslem personnel des établissements de soins de la ville de 2016 Taleb Tlemcen : Prévalence et facteurs de risque. N.B/ Sauf erreur ou omission, veuillez contacter le secrétariat de rédaction, en prenant soin de préciser l’auteur, l’intitulé, la date de soutenance et le directeur de thèse

Meziane Lobyed Zakia


AGENDA DES CONGRES ET MANIFESTATIONS SCIENTIFIQUES NATIONALES 

XIémes Journées médico-chirurgicales nationales du SNPSSP : 25, 26 et 27 Novembre 2016 à Alger

Thèmes 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7.

Risques professionnels dans les métiers de la santé La douleur en cancérologie Périnatalité Tumeurs cutanées Biothérapie Maladies émergentes et ré émergentes Communications libres

Email : jmcnationales2016@gmail.com 

20e Journées nationales de Médecine du Travail, 24 – 26 janvier 2017, Ouargla Thèmes : - Risques liés au travail dans le secteur des hydrocarbures - Travail en horaires décalés (atypiques) - Surveillance médicale en santé au travail - Alimentation et travail - Risques psychosociaux - Communications Libres Table Ronde : Législation en santé au travail. Ateliers : (ambiances physiques) : - Atelier 1 : Métrologie du bruit - Atelier 2 : Métrologie d’ambiance thermique - Atelier 3 : Exploration fonctionnelle respiratoire. Symposium. Renseignements : http://samtalgerie.com/moodle/ INTERNATIONALES

 12èmes Journées Nationales de Médecine du Travail Hospitalière - Sousse, 18 et 19 Novembre 2016 Thèmes principaux : Femme enceinte et activité de soins Risques chimiques liés aux aldéhydes Risques professionnels dans les blocs opératoires Conférences : Travail de nuit en milieu hospitalier Risques infectieux émergents Le site du Congrès (www.medtrav-aghachem-com.webnode.fr)


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Conception - Réalisation : IAMA, 3ème Trimestre 2016 Le journal de la médecine du travail – JMT N°22-

Jmt 22  

Journal de médecine du travail n°22 Risques professionnels et conditions de travail.

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