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MES ARTICLES Série d’articles entre deux et quatre pages sur les thématiques des arts martiaux et du catch professionnel. Y figurent des sujets d’actualité, des portraits, des analyses, un test de jeu vidéo ainsi qu’un hommage à un commentateur télévisé.

Samuel Balmeur Tél. 06.64.77.70.51 / E-mail : samuel.balmeur@orange.fr


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ZOOM

Le ras-le-bol de CM Punk « Ce n'est pas une question d'ego. Tout le monde a son ego, et je n'y échappe pas. Tout ceci est lié à la ceinture. Le Champion WWE est la personne la plus importante de ce show. » CM Punk remet ça. Comme à l'été 2011, le catcheur straight edge balance un pavé dans la mare. D'après lui, le Champion WWE n'est pas respecté comme il se doit. Son rang n'est plus ce qu'il était, son prestige non plus. Et cela tombe très mal pour tous ceux qui pensaient que cette situation durerait encore longtemps. Le Champion, c'est justement lui, le Best in the World, et il est temps qu'il soit traité à sa juste valeur... celle de no 1 de la fédération.

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erry Lawler a osé prétendre qu'en attaquant The Rock à la 1 000e de Raw, CM Punk trahissait l'Univers de la WWE, trompait ses fans. Quelle hérésie ! Au contraire, il a envoyé un signal très fort à ceux qui le supportent depuis sa prise de pouvoir aux Survivor Series 2011, dans l'antre du Madison Square Garden. Un signal dont le sens et l'évidence lui avait échappé quelque peu : il est temps que le Champion de la fédération soit pris au sérieux et ne soit plus la roue de secours, le plan B de la WWE, après les plans A et A'. Comprenez John Cena et The Rock. Cette réaction a surpris, a choqué, comme si rien ne l'avait laissée pressentir. Mais que dire du train de vie de CM Punk depuis que la ceinture suprême est collée à ses hanches ? Que dire de son comportement depuis son célèbre pamphlet contre le système McMahon à quelques jours de Money in the Bank 2011 ? En dehors du ring, pas grand-chose... du flan ! CM Punk est devenu le Champion corporate (dévoué à sa fédération) que personne ne voulait voir en lui. Son exceptionnelle qualité dans le ring lui a permis d'être considéré comme le Best Wrestler in the World. Et c'était légitime. Cela dit, sa franchise, bien que tenace, s'est élimée comme un vieux costard. Si bien qu'à l'arrivée, elle ne lui allait plus guère. Punk adore les Crazy Chicks, et il se comporte comme un gentleman ennuyeux. Daniel Bryan lui hurle Yes ! Yes ! Yes ! au visage, lui

répond gentiment No ! No ! No ! Eve lui explique qu'il perd sa virilité à laisser AJ devenir plus importante que lui aux yeux du public et il se contente de souffler sans rien répondre... Jusqu'au 23 juillet 2012, CM Punk n'a réussi à régner qu'à moitié. Il n'a brillé que par son catch. Le reste, il l'a laissé au Rock, à Cena, Brock Lesnar et même Triple H. Trop effacé, le Champion s'est trahi lui-même. Il a menti à la propre idée qu'il s'était faite de sa révolution : celle d'un leader qui viendrait marcher sur les plates-bandes de Cena & co, et planter les graines d'un changement. Un an après Money in the Bank,, rien n'a changé. The Champ' et The Brahma Bull fanfaronnent toujours comme si l'or ne les avait jamais quittés.

Qui manque de respect à qui ? L'arrogance du Rock, l'arrogance de Cena (aussi humble soit-il en apparence) excèdent CM Punk. Lorsque le Great One annonce sa participation au match de Championnat WWE au Royal Rumble 2013,, plusieurs choses clochent sérieusement. D'une part, il interrompt CM Punk en pleine prise de bec avec Daniel Bryan, prend la parole et ignore complètement le Champion en titre. Puis après avoir ridiculisé l'ancien challenger, il apostrophe Punk et lui parle de sa ceinture en ces termes, sans s'adresser personnellement à lui : « Au Royal Rumble, peu importe qui


Les chiffres qui brouillent les pistes

Main eventer à Elimination Chamber, Cena occupe le haut du pavé

Depuis des mois, John Cena et CM Punk se chamaillent pour la place de main eventers. Malgré son rang de Champion, le Straight Edge Savior n'a pas toujours le dernier mot. Sur les sept semaines de compétition de juin et juillet, le natif de Boston est apparu six fois en main event, contre cinq pour Punk. Mais, Johnny a eu l'avantage de combattre dans le clou du spectacle lors des deux pay-per-views (No Way Out et Money in the Bank). Le Champion WWE a toutefois le maigre avantage d'avoir disputé deux main events à SmackDown (dont une bataille royale) contre un pour Cena (la fameuse bataille royale). Sheamus, Champion poids lourds n'a eu droit qu'à cinq main events, tous à SmackDown. Dans cette purée, malgré son statut de Champion, Punk ne sort pas du lot. De quoi enrager !

sera le Champion, il se mesurera en un contre un face au Great One. » Sa déclaration sous-entend clairement qu'il sous-estime la probabilité de voir son interlocuteur encore au sommet d'ici 2013. Par ailleurs, cette chance au titre accordée au Rock sort complètement du néant. Quel manque de respect à l'égard du Champion ! Et quelle meilleure occasion pour CM Punk de se réveiller. D'arrêter de se comporter en guerrier souriant et applaudissant à tout va. Le Rock n'a même pas effectué la moindre

déclaration sur Twitter ou Facebook au sujet du Champion. Comme si ce dernier n'existait pas. En 2011, le Brahma Bull se déchaînait sur Cena. En 2012, il annonce son match, repart de Raw et se complaît dans un silence radio affligeant. Dans ces conditions, le Chicagoain a violemment pris la mouche. L'attitude du Rock, l'omniprésence de John Cena en main event (voir encadré) ainsi que son ingérence disproportionnée, reflète un état de fait auparavant inconcevable : être Champion de la WWE ne signifie plus être no 1. Pourtant, dans le sens

Punk doit trouver un moyen de sortir de l'ombre du Rock et du Marine

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actu

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EST-IL FINI ?

« Je suis désolé, j'ai essayé ». Les lèvres paralysées par la frustration, Triple H parcourt du regard les gradins du Staples Center de Los Angeles. Il lit la déception sur le visage des spectateurs de SummerSlam 2012. Il contemple son échec et réalise qu'il vient de vivre l'épisode le plus sombre de sa carrière. Debout, mais brisé, il remonte l'allée qui conduit aux vestiaires, avec des yeux qui disent adieu. Lui qui pensait être le roi du ring s'est retrouvé piégé dans le Brock-togone*, l'aire de combat de Brock Lesnar. Bras meurtri, esprit en lambeaux, le Game croule désormais sous le poids du doute. Est-il temps pour lui de raccrocher ? Est-il fini ? Lui seul connaît la réponse. Pour le reste, au regard de ses dernières performances au plus haut niveau, c'est bel et bien l'impression qu'il a donnée. *Contraction de Brock et Octogone, la surface de combat dans laquelle les fighters de l'UFC s'affrontent


Essayer c'est échouer 2-1. Il s'agit du bilan sportif de Triple H en 2012. Deux défaites, une victoire. Rien de plus, rien de moins. Son seul succès, Helmsley le remporte au Madison Square Garden dans une rencontre par équipe avec CM Punk et Randy Orton lors d'un show non télévisé. Deux semaines avant WrestleMania XXVIII, ce match tag team lui sert de préparation pour son choc face à l'Undertaker. Considéré comme le plus grand défi de sa carrière, le Phenom l'accueille au

« Triple H n'aime pas le MMA, et encore moins l'UFC » En qualité de COO, l'Américain demeure à l'écart des rings et suit de près les affaires de Raw. Il s'immisce logiquement dans les décisions du GM de l'époque, John Laurinaitis, qui engage Brock Lesnar, transfuge de l'UFC, et lui offre un contrat royal. Que l'ancien Champion poids lourds UFC

c'est que beaucoup de personnes se sont sacrifiées pour l'aider à devenir une star. Il était sur la bonne voie et puis quand il est parti, il a, d'une certaine façon, ch** sur tout le monde. » Très conservateur, Hunter n'a jamais toléré que la Next Big Thing agisse à sa guise dans l'univers très codifié du catch. Ajoutez à cela un bras cassé à Raw, ainsi que la vision horrible du pauvre Shawn Michaels démolit lui aussi devant les caméras, et il n'en fallait pas plus pour que Triple H essaie de stopper la Bête. Une noble intention. Sauf qu'essayer,

Même le Pedigree n'a eu aucun effet sur Brock Lesnar Granddaddy of Them All à l'intérieur de la cellule démoniaque du Hell in a Cell. La streak est en jeu. L'honneur et la parole du Cerebral Assassin aussi. Pour sa troisième tentative (l'Undertaker et Hunter s'étaient déjà affrontés à WrestleMania X-Seven et XXVII), Triple H n'a pas le choix, il doit gagner. Aucun autre athlète n'a eu la possibilité de défier le Deadman à trois reprises à WrestleMania. HHH saisit sa chance, mais ne réalise pas l'exploit qu'il avait promis. Épuisé par la fureur de la confrontation, il rentre aux vestiaires avec l'aide de son adversaire et de l'arbitre de la soirée, Shawn Michaels. Pour beaucoup, voir les trois hommes quitter la scène ensemble signifie la fin d'une ère. Pour beaucoup... pas pour Hunter.

voyage, mange et dorme aux frais de la princesse agace Triple H, mais ce ne sont pas les seuls motifs qui poussent le Game a commettre l'erreur de tenir tête au nouveau venu. Primo, Hunter n'aime pas le MMA qu'il juge « parfois ennuyeux avec des hommes qui se traînent par terre, ou trop expéditif avec des matchs qui peuvent s'achever en cinq secondes ». Deuzio, Hunter n'apprécie guère l'UFC qui représente un concurrent sur le marché du divertissement sportif. Et tercio, il méprise Brock Lesnar depuis que ce dernier a quitté la WWE pour le football américain en 2004, après WrestleMania XX. Pour Triple H, Lesnar a abandonné le catch alors que la fédération avait besoin de lui et surtout, lui avait confié les rênes des poids lourds : « Mon problème avec Brock,

c'est échouer, et Planète Catch explique pourquoi.

Mauvais plan d'attaque Triple H n'était pas dedans. Il a voulu ce match au mauvais moment. Son erreur ne tient pas uniquement à sa performance, mais plutôt à la manière avec laquelle il a abordé le combat. S'il savait que défier Lesnar n'aurait rien d'une formalité, le COO a négligé des paramètres fondamentaux. D'une part, son retour de blessure a eu lieu beaucoup trop tôt. Pressé d'en découdre, Hunter néglige la rééducation de son bras et se permet d'éviter quelques matchs de remise en forme. Sans aucune préparation dans le ring, ses chances sont sévèrement réduites dès le départ. Bien sûr, Brock Lesnar

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Le catch à la Triple H Petit best of des matchs les plus extrêmes du Cerebral Assassin ■ Royal Rumble 2000, contre Cactus Jack Brock Lesnar encaisserait-il autant de dommages que Cactus Jack ? Pas sûr. Dans ce Street Fight complètement barbare, Triple H démolit Mick Foley à coups de chaise et le « termine » avec un Pedigree exécuté sur un lit de punaises. ■ No Way Out 2001, contre Steve Austin Un Three Stages of Hell culte. Le Game bat Stone Cold de justesse dans l'une des plus belles bastons de l'histoire de la WWE.

Le bras gauche abîmé, Triple H est abattu mais loin d'être bon pour la casse n'a pas combattu depuis Extreme Rules, mais physiquement, il aborde la rencontre à 100 % de ses capacités, ce qui creuse l'écart avant même que la cloche ne sonne. Ensuite, l'implication de son épouse et de son meilleur ami dans cette affaire a joué contre lui. Trop émotif, Hunter se laisse aller et provoque lui-même la rencontre à SummerSlam.

« En combat de rue, le Game est une machine » Il veut un fight, pas un match de catch... bref, il veut jouer dans la cour d'un homme qui a dominé la catégorie poids lourds de la fédération d'arts martiaux mixtes la plus influente au monde. Double erreur. Sur ce point, le Game omet d'équilibrer les débats au moyen d'une stipulation. Comme combattant de rue, Triple H est une machine. Pour lui, les Last Man Standings, Street Fights et autres « I Quit » Matchs sont des promenades de santé. Alors pourquoi s'est-il contenté d'un affrontement traditionnel en sachant pertinemment que Brock s'acharnerait sur son bras ? La faute au tempérament de feu du Game qui a foncé tête baissée dans le mur. Enfin, Triple H est aujourd'hui un bureaucrate, un décideur. Il ne peut pas porter les deux casquettes sans encourir de risques. À par s'entraîner, le protégé de Paul Heyman n'a pas d'autres obligations. Hunter, c'est tout le contraire. Si le match avait eu lieu dix ans auparavant, à l'époque où les deux hommes animaient Raw et SmackDown, la donne n'aurait pas du tout été la même. Malheureusement, le King of Kings n'est plus le roi des rings parce qu'il n'y passe plus suffisamment de temps. D'où sa défaite contre l'increvable Undertaker. D'où son revers cuisant face à la Next Big Thing. Cela signifie-t-il pour autant que le Game ne vaut plus un clou ?

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Hunter n'a pas dit son dernier mot À 43 ans, Triple H en a encore sous la semelle. Cette défaite n'est que la conséquence d'une mauvaise approche du phénomène Lesnar. Quand ce dernier s'est incliné face à John Cena, Hunter a sans doute mal interprété le résultat. Que le Marine s'impose ne signifiait pas pour autant que Brock était à la portée d'un autre homme. En outre, Cena surfait sur un rythme de compétition phénoménal et bénéficiait surtout d'une stipulation extrême. Sans son fameux coup de chaîne dans le front du fighter, le duel n'aurait peutêtre pas tourné à son avantage. Par péché d'orgueil et de précipitation, Triple H n'a fait que remettre le grand blond en selle. L'impact de Brock sur la WWE avait nettement souffert de la catastrophe d'Extreme Rules et finalement, le corps de Hunter a servi de tremplin au spécialiste de la Kimura. Hormis cet effet pervers, il est clair et net que la Superstar du Connecticut est passée à côté de son match. Les fans du monde entier le savent capable de mieux. Ce goût d'inachevé ainsi que l'affront que représente cette défaite pour le microcosme du catch (un fighter a battu un catcheur) condamnent le gendre de Vince McMahon à revenir pour rectifier le tir. Il y a fort à parier qu'une fois la pilule avalée, le Game lancera un nouveau défi à son bourreau. Il est tout bonnement inconcevable qu'un athlète de sa trempe disparaisse ainsi. Si retour il y a, Triple H devra impérativement repenser sa stratégie et emmener Brock Lesnar là où il ne pourra peut-être pas le suivre, c'est-à-dire dans son catch, le catch à la Hunter Hearst Helmsley : brutal, sans limites et où tous les coups sont permis...

Samuel Balmeur

■ New Year's Revolution 2006, contre le Big Show Un peu oublié, ce duel est un exemple typique du comportement vicieux que Triple H peut adopter lorsque le règlement permet toutes les fantaisies. Fou à lier, Hunter détruit la main droite du Big Show au point de mettre en péril sa carrière. ■ Royal Rumble 2004, contre Shawn Michaels Un bain d'hémoglobine qui aurait donné la nausée à Lesnar. Vaillant, HBK ne parvient pas à détrôner un HHH des grands soirs, alors Champion poids lourds. Ce Last Man Standing s'achève en match nul puisqu'aucun des deux hommes ne réussit à se relever avant le compte de dix. ■ No Way Out 2009, contre Edge, Jeff Hardy, Vladimir Kozlov, Undertaker et le Big Show Dans une cage, Triple H est comme un lion. En 2009, il défend le titre WWE face à l'élite de l'époque. Une victoire qui prouve que dans un environnement extrême, le Game se sent chez lui. Brock n'aurait peut-être pas résisté à ce King of Kings-là.


Sujet FACEBOOK

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LA FIN DES

MIZ-AVENTURES D'UN CHAMPION Champion WWE à WrestleMania XXVII. Invité de dernière minute à WrestleMania XXVIII. Jouet désarticulé de Brodus Clay à Raw. Acteur... Champion intercontinental. L'enchaînement n'a pas de logique, mais il est ce qu'il est. Depuis près de deux ans, le Miz suit une trajectoire déroutante. Pour ne pas dire déprimante. Au sommet, il s'est ensuite effondré. Et voilà qu'il se relève tout doucement avec l'espoir de faire encore mieux qu'auparavant. Un sujet Facebook proposé par Axel Himily.

Tout ce que le Miz a obtenu, il ne le doit qu'à lui même. Joies ou chagrins, main events ou humiliations, il est seul responsable. De sa victoire à WrestleMania contre Cena à ses étonnants revers contre Santino Marella, Brodus Clay et Zack Ryder, la chute a bien failli être fatale. C'était sans compter sur ses incroyables ressources et son désir inépuisable de briller.

Contre Marella, le Miz a connu le pire

Toucher le fond « L'infortune est la sage femme du génie », disait Napoléon Ier. Le XIXe siècle est bel et bien loin à présent, mais l'adage, lui, n'a jamais cessé de se vérifier. Il y a des exemples dans tous les domaines. Y compris dans le catch. Le Miz en est un. Jamais dans sa carrière n'avait-il connu pire situation. Après l'euphorie de WrestleMania XXVII où il conserve l'or WWE face à John Cena, M. Awesome s'est littéralement effondré. Une descente aux enfers longue et éprouvante. Il a fallu un an et demi au Miz pour s'enliser et toucher le fond : ne plus être le centre d'attention de Raw, être privé de ceinture, épuiser définitivement le public avec ses plaintes, pleurs et autres caprices. Beaucoup de catcheurs auraient baissé les bras à sa place. Les fastes de la vie de Champion, les honneurs, n'importe quel individu s'y accoutume, en particulier ceux dont l'arrogance est maladive. Alors quand l'Américain a réalisé qu'il avait tout perdu et que même les athlètes les moins talentueux de Raw parvenaient à le terrasser, il a judicieusement décidé de s'éclipser. Un RKO aidant, le Miz quitte Raw. Mais il ne rentre pas chez lui pour se la couler douce. Non et non. Il prend la place d'Orton - rejeté par le corps des Marines en raison de son passé de déserteur - sur les plateaux de tournage du Marine 3. Et c'est là que le génie opère. Là où d'autres auraient choisi le repos, l'ancien Champion WWE se requinque en transformant l'un de ses rêves en réalité, celui de devenir un jour une star du cinéma.

Champion intercontinental Un petit mois et demi après avoir été dégagé de l'écran par Randy Orton, Mike, fier de sa nouvelle expérience

Main e


Les pires boulettes du Miz en 2011-2012 Voici la liste non exhaustive des petites catastrophes qui ont entraîné la chute du Miz ■ Perdre le titre WWE un mois après WrestleMania XXVII (à Extreme Rules) ► Le Most Must See Champion n'est plus... Champion ■ Être humilié par son propre valet, Alex Riley ► L'élève de NXT dépasse le maître à Capitol Punishment

d'acteur, est l'auteur du coup de théâtre de Money in the Bank 2012. Il entre en scène sans prévenir et annonce qu'il sera en lice pour la conquête de la mallette rouge de Raw. Le public est aux anges. Malgré tous les griefs dont il a été la cible, le Miz sait se mettre la foule dans la poche. Même s'il déteste être adulé, le garçon de l'Ohio ne peut s'empêcher de séduire. Nouvelle coupe de cheveux, petite barbe soigneusement entretenue, le vilain revient avec une touche de maturité supplémentaire. Si son envie de bien paraître ne lui permet pas de décrocher le contrat de Championnat WWE, le destin le pousse toutefois dans le rayonnement doré d'une ceinture. Ainsi, les spectateurs et téléspectateurs du millième épisode de Raw le désignent challenger no 1 au titre intercontinental de Christian. Tout un symbole. Élu par le peuple, The Miz s’en va clouer les épaules du Canadien au tapis, sans tricherie, et s'empare du prestigieux trophée IC. La magie est en marche. Le déclic du départ, de l'absence, a opéré. Qu'elle le veuille

eventer à WrestleMania XXVII, avant la décadence

ou pas, la Superstar sera amenée à se rapprocher des gens, de celles et ceux qui lui ont donné la possibilité de se parer d'un nouveau titre.

Remonter à la surface grâce au Marine Le trophée intercontinental n'est qu'une étape de la rédemption du Miz. Qu'une marche. Ancien Champion WWE, le Chick Magnet ne compte pas rester en milieu de carte. Cela n'a jamais été son intention. Cette situation lui convient pour l'instant. Elle lui permet de reprendre confiance, de retrouver

■ S'associer à R-Truth et s'incliner en équipe face au Rock et à John Cena aux Survivor Series 2011 ► Un main event complètement déséquilibré ■ Être à nouveau humilié par un proche : R-Truth ► La folie de Truth a raison de la « raison » de Mizanin à Raw ■ Défendre les intérêts de John Laurinaitis, l'homme le plus détesté de l'année 2012 ► Le Miz se montre prêt à tout pour revenir au top... C'est l'erreur de trop

Champion IC, première étape d'une nouvelle épopée au sommet ? ses marques au milieu des géants de la discipline. Incontestablement, la sortie du Marine 3 : Homefront entraînera un virage dans le parcours de cet homme ambitieux. Quand les fans le découvriront sur grand écran, un second choc se produira. Le Miz aura alors le choix de continuer à se vanter ou bien de se rallier à ceux qu'il a toujours détestés. Comme Mr. Anderson (Kennedy à l'époque) après son rôle

dans Behind Enemy Lines : Colombia ou Ted DiBiase Jr. après le tournage du Marine 2, le mauvais garçon de Cleveland tente de prendre une autre dimension par la voie des films d'action. Ironiquement, ni Anderson ni DiBiase n'ont su exploiter à 100 % cet élan cinématographique. Mais avec le Miz, le résultat risque d'être bien différent. Samuel Balmeur

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La fin du monde tel que nous le connaissions

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Chris Jericho


Un petit tour et puis s'en va. Revenu en janvier dernier, Chris Jericho quitte déjà le monde du catch. Il s'en retourne à la musique, à Fozzy, ainsi qu'à d'autres projets. La Superstar mène une vie bien différente de ses semblables. Une vie d'artiste, une vie pleine, une vie de showman. Difficile à suivre pour les Jerichoholics qui aimeraient tant voir leur idole continuer à combattre. Difficile à accepter. À son retour en début d'année, Y2J leur avait promis la fin du monde. La fin du monde tel que nous le connaissions. Et maintenant qu'il est parti, à première vue, rien n'a bougé. Si bien que l'Univers de la WWE s'interroge vraiment sur ce qu'entendait Chris par « fin du monde ».

L'humour canadien, c'est moyen C'était du jamais vu. Surtout, du jamais entendu. Chris Jericho est revenu à la WWE un soir de janvier, sans rien dire. Comme ça. Il en fallait du cran. Du culot plus précisément. Il n'y avait bien que lui pour tenter une chose pareille. Dans une condition physique merveilleuse, frais et pimpant, Chris Jericho profite de cette occasion spéciale pour jauger la foule. Sous-peser le manque et la douleur de son absence. Les spectateurs de Nashville le reçoivent à bras ouverts, tout sourire. Pendant quelques secondes la réconciliation entre le peuple et son enfant terrible semble sur la bonne voie. Euphorique, Y2J ne parvient pas à surmonter l'émotion et rentre aux vestiaires en restant muet. Tout le monde s'interroge sur la suite de ces retrouvailles. Dans cette réflexion commune, la suspicion prend le pas. Même

les plus rêveurs ont un mauvais pressentiment. Pourquoi l'ancien Champion Undisputed se comportet-il ainsi  ? Qu'a-t-il à cacher  ? Pourquoi se montre-t-il aussi touché par la vague de tendresse descendue des tribunes  ? Qu'estce qui cloche, nom d'un chien  ? La réponse, seul l'intéressé est en mesure de la donner. Toutefois, les observateurs les plus éclairés comprennent que Chris est chamboulé. Partagé entre l'envie de revenir à la compétition aussi détestable qu'il l'était en 2010 et le besoin de céder à l'appel chaleureux de ses supporters. En réalité, ce qui a tourné à la vaste blague en début d'année n'est que les prémices du changement auquel Chris Jericho s'apprête à succomber. Les catch addicts l'aiment et malgré toute sa réserve, le Best in the World At What He Does peine à résister à l'affection qui gravite autour de lui, de son nom et de ce qu'il représente dans la profession.

À qui en vouloir, sinon à soi «  You are just a Jericho wannabe !*  » En 2012, Chris Jericho a rabâché cette phrase à tout bout de champ. À CM Punk, au Miz, aux fans, et peut-être même à sa femme. À bientôt 42 ans, ce splendide orateur avait besoin d'un motif bien spécifique pour trouver la rage nécessaire à la poursuite de ses objectifs. Pour combattre à la WWE, conquérir l'or et reprendre sa place au sommet, il lui fallait de quoi se motiver. Accuser, c'est l'option qu'il a choisie. Et c'est l'option qui l'a précipité dans les tentacules de la déception. D'un côté, l'Ayatollah of Rock 'n' Rolla a tout perdu. Le Royal Rumble lui est passé sous le nez (d'un poil), la victoire dans l'Elimination Chamber également, sans parler du titre suprême à WrestleMania ou encore du Money in the Bank de Raw. Le zéro absolu. Pas une pépite d'or à se mettre sous le coude. Pire, le *Vous n'êtes que des copieurs, des jaloux.

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Ce que Planète Catch attendait de Chris Jericho Qu'il gagne le Royal Rumble : La victoire de Sheamus ne peut souffrir d'aucune contestation. L'Irlandais a réellement assuré. Pour autant, Jericho était un candidat de choix. Hargneux, habile et extrêmement difficile à virer du ring, il disposait de toutes les ressources et de l'expérience nécessaires pour être le dernier homme de la bataille.

Contre Dolph Ziggler, Chris s'est réconcilié avec ses fans technicien des rings n'a jamais autant concédé de défaites. 52  % de ses matchs ont tourné à l'avantage de ses adversaires, soit un combat sur deux. Une catastrophe. Alors, bien sûr, il peut se targuer d'avoir occupé le devant de la scène. Pour autant, la vraie question est de savoir s'il avait réellement la possibilité d'aspirer à mieux qu'une simple place de challenger. La réponse est non. Un non ferme ! La faillite de Chris Jericho dormait au fond de son regard. Ce regard brumeux qu'il arbore à Raw un soir de dispute avec CM Punk. Le 27 février 2012, plus exactement. Micro à micro, nez à nez, les deux hommes échangent sur leur carrière, se balancent des méchancetés. La jalousie devient le sujet principal de la conversation et les yeux de Y2J le trahissent. Chris dégouline d'envie. Il accuse son vis-à-vis de le copier en sachant pertinemment qu'au fond, il aimerait être à la place du Second City Saint et faire corps avec la foule. Mais plutôt que de se laisser aller à ses élans

d'affection, Jericho s'enfonce dans une impasse. Il harcèle le Champion, le critique et creuse du même coup un fossé qui le sépare de ses adorateurs. Trop d'ambition tue l'ambitieux. Cette fois encore, le vrai fautif est celui qui pointe les autres du doigt.

Les ratés mènent parfois à la plus belle des victoires En dépit de ses odieuses manigances, de ses tricheries pestilentielles, Chris Jericho n'a pas su convaincre la foule de le haïr à 100 %. Son excellence dans le ring, disons même son excellence de l'exécution, a conquis les plus réticents depuis bien longtemps. Que ce soit à WrestleMania XXVIII, Extreme Rules ainsi qu'au Royal Rumble, cet ancien pilier de l'ère Attitude s'est offert de sacrées tranches de catch, des performances que les passionnés ont adoré et qui feront date. Plus que

Qu'il décroche la mallette du Money in the Bank : En échelle, Chris est un expert. Cette année, il était le véritable favori du Ladder Match de Raw. Cena a eu le dernier mot, mais au final, pour Jericho, cette défaite reste sans aucun doute le plus gros raté de son dernier mandat à la WWE. Qu'il dispute une série de matchs face à Daniel Bryan : Bien occupé par CM Punk et AJ, Daniel Bryan n'a pas eu l'occasion d'affronter la star de Winnipeg en un contre un. C'est bien dommage. Pire, les deux hommes ont souvent catché côte à côte dans des matchs tag team. De quoi questionner l'intelligence des dirigeants de la WWE. Comment se peut-il que deux des meilleurs techniciens du continent américain n'aient pas eu l'opportunité de confronter leurs savoirs ? le spectacle, c'est surtout le sport qui a parlé. Chris Jericho, qu'il soit hué ou salué, séduit toujours parce qu'il maîtrise son art de A à Z (et même plus si l'alphabet comptait d'autres lettres que les 26 habituelles). Lorsque Dolph Ziggler se moque de lui, à Raw, et lui explique qu'il a perdu son étincelle, sa «  touch  », il a bel et bien raison. Le Canadien a perdu le surplus de vanité qui lui nuisait tant et l'empêchait de réussir ou de se rapprocher de ses adorateurs. Tout le ressentiment qu'il éprouvait, Chris l'a épongé dans ses magnifiques défaites. Il en ressort grandi, et la connexion avec les siens a retrouvé des couleurs, l'intensité qui lui manquait tellement jusqu'alors. Le 2 janvier, lorsque le King of Bling Bling est monté sur le ring pour la première fois depuis un an, ce n'était pas pour mettre fin au monde tel que nous le connaissions, mais bien pour donner un nouvel élan au sien. Le processus a été long et compliqué. Le talent a fini par triompher. Ainsi, la prochaine fois que ce Chris Jericho là s'aventurera dans un ring WWE, que les Jerichoholics se préparent à le voir brandir une ceinture dorée. Une de plus. Samuel Balmeur

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Y2J et son groupe Fozzy


MERCI 42


«

Je viens de quitter mon job #PlaceAprendre... Ce fut un plaisir #merciAtous.  » Stupeur sur Twitter ! Le 20 avril, jour de la venue de la WWE à Paris pour le Raw WrestleMania Revenge Tour, Christophe Agius, le commentateur favori des fans français de catch, annonce son départ du Groupe AB, abandonnant le métier qui l'a rendu célèbre. Le mystère reste entier sur cette décision qui a secoué la communauté des passionnés tricolores, mais ce qu'il y a de sûr, c'est que définitif ou non, cet au revoir mérite un grand merci de notre part...

La voix du catch de la génération actuelle « Pleure » ; « Il a tweeté #PasUneBlague et là j'ai voulu pleurer.  » ; «  Si ce n'est pas une blague, c'est la fin d'une ère... » Réactions en chaîne, téléspectateurs en peine, envie de se jeter dans la Seine... L'annonce de Christophe a secoué l'univers du catch hexagonal. Depuis l'an 2000, Christophe Agius est la personnalité catch la plus populaire des ondes. C'est une voix, c'est une compile de blagues, c'est un compagnon de soirées baston. Sur RTL9 puis sur la TNT, Chris transcende le sport divertissement en compagnie de son tag team partner, le non moins indispensable Philippe Chéreau. « Vous savez quoi ? disait un journaliste de Planète Catch a un journaliste du groupe Reuters récemment, s'il n'y avait pas un tel duo au micro, les chaînes qui diffusent du catch perdraient la moitié de leur audimat. Sans Agius et Chéreau, la WWE en France serait orpheline de ses meilleurs harangueurs de foule.» Celui qui doute de cet état de fait ne connaît rien à la discipline et à sa tradition télévisuelle. Zitrone, Blondin, Rougeau, Carpentier et plus tard Agius, ces hommes forment la racine-mère d'une généalogie de commentateurs qui ont séduit des milliers de téléspectateurs aux quatre coins de la France.

Par dessus la troisième corde pour toujours, ou bien... Sur le coup, tous les membres de la rédaction ont été « décapités #MarieAntoinetteStyle ». Mails, textos envoyés depuis Toulouse n'ont reçu en échange que des réponses discrètes de Chris, expliquant qu'il souhaitait rester tranquille et ne pas préciser dans l'immédiat le contexte de son choix. Alors, que nous reste-t-il à faire d'autre que respecter En 2010, Planète Catch éditait la biographie de Christophe Agius, lequel revisitait de son œil expert trois décennies de catch. Retrouvez son livre sur la boutique Planète Catch.

cette décision ? Rien. Oh, si !!! Peutêtre espérer. Espérer un retour, un retournement de situation aussi fou que ceux que le catch nous offre si souvent. Qui aurait cru que Shawn Michaels reviendrait en 2002 ? Qu'Hogan aurait les jambes pour remettre à sa place Randy Orton ? Que Bret Hart reviendrait à WrestleMania XXVI ? Après tout, nous sommes bien en droit de rêver. Dans l'attente d'explications, Planète Catch adresse un grand merci à son chroniqueur star. Un merci au nom des fans. Un merci pour tous les bons moments qu'il nous a fait vivre devant nos écrans, pour son investissement dans les shows WWE en France, pour sa disponibilité, pour ses coups de folie avec Philippe, pour ses vannes et pour la transmission de son savoir, de sa passion. Bonne chance dans tes projets, Chris. Ohhhh yeeahhhh !

Phrases cultes d'une team cultissime ■ « Par dessus la troisième corde » ■ « Simplement deuuuuux... » ■ « Hello to youuuuuu ! » ■ « Vickie Guerrero, la sirène de la WWE, mi-femme mi-thon. » ■ « Chéreau-shot !!! » ■ « Fermez-la, Philippe... » ■ « Bonjour les p'tits enfants, c'est papy ! C'est l'heure du coffre à catch ! »  ■ « Lucha Libre Style »

Retrouvez Christophe Agius dans un bêtisier RTL9 en flashant ce code, fou-rire garanti !

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INDY

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Au Mexique, la Lucha Libre subit un véritable remue-ménage. Entre la CMLL, la AAA et Perros Del Mal, les luchadors ont l’embarras du choix pour mener la carrière de leur rêve. Les mouvements migratoires entre fédérations n’en finissent plus de modifier l’équilibre des forces. Dans son numéro de janvier, Planète Catch évoquait notamment le départ d’Hector Garza, Champion poids lourds de la CMLL, à Perros Del Mal. Cette décision avait eu pour conséquence de laisser le titre vacant puisque El Querubin s’était dispensé de la défendre au moins une dernière fois. Après des semaines sans leader au sein de sa division peso completo, la CMLL a enfin couronné son successeur : El Terrible. ans la culture latine, contrairement à sa voisine américaine, la catégorie poids lourds n’est pas la catégorie reine. L’écurie des diverses compagnies est généralement si riche en gabarits inférieurs que ce sont ces derniers qui bénéficient du plus d’attention. Pour autant, la CMLL ne pouvait pas se passer d’un Champion poids lourds, et suite au départ de Garza, les dirigeants se sont urgés d’échafauder une compétition pour déterminer qui prendrait la relève. Fin décembre, El Terrible et Rush émergent de la masse. Et peu de temps après, le sort du Campeonato mundial de peso completo se joue entre les deux hommes. Rudo, El Terrible n’est pas censé avoir le soutien de la foule, mais étrangement, c’est à lui que vont les encouragements. Son expérience à la CMLL lui vaut une certaine forme de respect que Rush, son jeune adversaire, pourtant tecnico, doit encore conquérir. Si la primera caida (première manche) file dans la poche de Rush avec une clé de bras, El Terrible se rattrape et remporte la segunda caida avec une soumission dont il a le secret. Le match se joue donc dans une troisième et dernière manche particulièrement serrée. Rush résiste bien face au démon, mais doit s’incliner sur un Back to Belly Piledriver digne du Celtic Cross de Sheamus. C’en est terminé. Enfin la ceinture poids lourds de la CMLL retrouve la lumière des projecteurs ainsi qu’un propriétaire prêt à tout pour la défendre. El Terrible a donc pris place dans l’histoire, aux côtés des Ultimo Guerrero, Universo 2000 et Dos Caras Jr. (Alberto Del Rio à la WWE). Une consécration dont Planète Catch se réjouit puisqu’en octobre 2009, à l’occasion du choc de rugby entre le Stade Français et

Perpignan, la rédaction avait rencontré le luchador. Celui-ci avait disputé un match d’exhibition dans l’enceinte du Stade de France, sur un ring trempé par la pluie, et avait démontré une incroyable détermination. « Lorsque le taux d’adrénaline atteint son maximum, rien ne nous effraie », avait-il déclaré après sa performance contre La Sombra et Mascara Dorada. Avec un Champion aussi coriace et sûr de lui, les aspirants à l’or suprême de la CMLL ont du souci à se faire. Quant à la ceinture elle-même, elle est vraisemblablement entre de bonnes mains. Samuel Balmeur

Tous les jeudis, à partir de 20 h 15, sur MCS Extreme chaîne disponible chez tous les opérateurs câble, satellite et Internet - la CMLL donne des sueurs froides aux fans de catch. Célian Varini, la Plaque Tournante du catch en France, en est le commentateur attitré. Planète Catch : « Célian, MCS Extreme et la CMLL, c’est le grand amour ? CÉLIAN VARINI : Oui. Depuis septembre, MCS Extrême a diffusé les vingt-six premiers épisodes de la saison 2010 de la CMLL et devant le succès de cette première expérience, vingt-six nouveaux épisodes ont été commandés. La diffusion a donc repris en février et j’assure les commentaires avec Greg Deas. PC : Pour les spectateurs qui ne jurent que par la WWE, quelle est la spécificité de cette fédération ? CV : La CMLL se démarque de ce que l’on voit habituellement dans le catch américain, lequel nous a habitués à de longues interventions au micro et aux athlètes très musculeux. Elle est plus traditionnelle et concentre l’essentiel de son spectacle dans le ring. PC : Peut-on y voir des stars connues du grand public ? CV : Oui, Mistico, connu actuellement sous le nom de Sin Cara à la WWE, est présent dans les shows que nous diffusons. En revanche, El Terrible n’était pas encore Champion. Le titre appartenait à Ultimo Guerrero. Cela dit, il est présent dans toute la saison et on peut assister à son évolution. » S.B. Retrouvez la CMLL sur MCS Extreme le jeudi à partir de 20 h 15. Rediffusions le samedi à 21 h 30 et le dimanche à 16 h 15.


52 Voici, Closer, Public, Gala... ils en parlent tous et nous feraient presque croire qu’ils la connaissent. Depuis qu’elle s’affiche au bras de George Clooney, vedette d’Hollywood et fantasme ultime de la gent féminine depuis plus de vingt ans, Stacy Keibler hante les pages des magazines people français et internationaux. «  La catcheuse américaine.  » C’est ainsi que les médias la désignent... c’est ainsi qu’ils font grincer des dents l’équipe de Planète Catch. Soyons clairs, cette merveille blonde représente bien plus qu’une amatrice d’un sport jugé pour les hommes. Œuvre d’art en chair et en os, la nouvelle chérie de M. Nespresso est un sex-symbol elle aussi, mais dans l’univers du divertissement sportif ! La rumeur courait depuis des mois. George Clooney et Elisabetta Canalis avaient décidé de suivre chacun leur propre chemin et de rompre. La star de cinéma se retrouvait célibataire. Son cœur était à prendre et la question était sur toutes les lèvres : qui serait la prochaine compagne du beau quinquagénaire  ? Tombeur invétéré, «  GC  » dispose effectivement d’un palmarès phénoménal niveau conquêtes. Salma Hayek, Renée Zellweger, Lucy Liu, Pink, Teri Hatcher ne forment qu’un infime échantillon des splendeurs qu’il a réussi à ajouter à sa liste personnelle. Du coup, chaque fois qu’il retourne sur le marché du célibat, les prétendantes s’empressent de sonner à sa porte. Il a fallu attendre un peu et puis la nouvelle est tombée. Le héros d’Ocean’s 12 a trouvé son bonheur en la personne d’une certaine Stacy Keibler. Ce qui ressemble d’abord à un flirt finit par se transformer en couple officiel. Au Festival du Film de Toronto en septembre, Stacy accompagne sa petite graine de café préférée et officialise une relation exquise pour la presse américaine ainsi que


d on C’est drôle quan e a y repense... Ell pas me mê à cé en comm r la su t an ns da en 20 ans tateurs table des commen maintenant dans à Nitro et la voilà es aux cotés zin ga tous les ma s célèbre du plu du célibataire le sentimentale va vie Sa e. nd mo orge Clooney... de David Flair à Ge , la petite a ge l’â de En prenant en matière ûts go su affiner ses :-) me om d’h

ses paparazzi. En France, si tout le monde connaît bien Mister Clooney, Miss Keibler, elle, appartient plus à la caste des blondinettes inconnues au bataillon. Pourtant, avec des jambes de plus d’un mètre et un déhanché ravageur, la jolie créature a donné des sueurs froides à des millions de téléspectateurs, d’abord à la WCW - entre 1999 et 2001 - puis à la WWE, de 2001 à 2006. Les habitués des programmes de RTL9 s’en souviennent forcément. Engagée par la fédération d’Atlanta, la jeune fille de Baltimore débarque parmi les danseuses de Monday Nitro, les Nitro Girls, avant de se métamorphoser rapidement en Miss Hancock. À peine âgée de 20 ans, elle déambule dans le show majeur de la WCW en tailleur très très court, avec une petite paire de lunettes innocemment posée sur son nez. Le public masculin est en ébullition à chacune de ses apparitions et quand elle endosse le rôle de valet pour divers combattants, notamment David Flair (le fils du Nature Boy), les malheureux adversaires qui croisent sa route en perdent leurs moyens. Lorsque la WWE parvient à englober la WCW, Stacy reste une pièce maîtresse dans les plans des McMahon. Intelligente, elle se mue en chambrière du grand boss, Vince McMahon. Leur entente sulfureuse ne dure pas éternellement, mais la belle a su se distinguer des autres Divas, en particulier grâce à ses gambettes légendaires, à peine plus courtes que celles d’Adriana Karembeu (1,06 m contre 1,26 m).

Stacy, nouvelle muse de George Clooney

Très convoitée par les Superstars de la WWE, Stacy devient le valet des Dudley Boyz, de Test, puis de Scott Steiner. Elle partage aussi une idylle avec Randy Orton et goûte même aux joies du RKO lors d’une rupture télévisée mémorable. Adulée, elle obtient également quelques opportunités à la ceinture féminine sans toutefois concrétiser ses occasions. Malheureusement, aucun ring n’étant assez grand pour contenir tant de charme, Stacy abandonne la WWE afin de mener sa vie de mannequin, de danseuse et de comédienne. Si Playboy court toujours après son agent pour qu’elle accepte de poser nue, Stuff, Maxim, Muscle & Body, Edge et WWE Magazine ont eu l’immense privilège de l’avoir en couverture. De quoi inciter les revues people à revoir leur jugement : ce n’est pas Stacy Keibler qui sort avec George Clooney... c’est George Clooney qui sort avec Stacy Keibler. Nuance. Samuel Balmeur

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36 Un jeudi de folie. Une soirée mémorable. Une situation imprévisible. Quatre jours après Bound for Glory, l’IMPACT Zone a été la scène d’un spectacle incroyable, d’un coup du destin, d’une surprise totale. Tout juste remis des émotions du blockbuster d’Orlando, les Citoyens de la TNA ont assisté à la destitution de Kurt Angle. Le Champion olympique 1996, personnalité controversée en Floride, a été battu. Par qui  ? Bobby Roode ? Non, chers lecteurs... par l’autre moitié de Beer Money, James Storm. Un événement à la fois historique. Et dramatique.

Storm entre dans la danse «  Les 30 derniers jours, vous avez présenté Bobby Roode comme un véritable héros. Vous savez ce que j’ai fait à Bobby Roode en seulement 30 minutes  ? Je l’ai fait passer pour un crétin. » Arrivé à un point dans sa carrière où il ne prête plus attention à ses déclarations, Kurt Angle ne mâche pas ses mots au sujet de Robert Roode. Prétendant au titre poids lourds à Bound for Glory, le Canadien était celui que tous les fans attendaient, celui qui devait prendre la ceinture et impulser à la TNA un rythme nouveau. Seulement, le Champion ne l’entendait pas de cette oreille. Prêt à tout pour conserver l’or poids lourds, Kurt a triché en se servant des cordes pour remporter le main event du pay-per-view. Une déception majeure que seul le médaillé olympique est en mesure d’apprécier. À l’émission IMPACT Wrestling de la semaine suivante, les Citoyens de la TNA souhaitent que l’injustice soit réparée. Sting, promu au poste de manager par Dixie Carter, prononce le mot magique « match-retour » avant d’apprendre une mauvaise nouvelle. La clause de Championnat, édictée par Immortal, précise que Bobby Roode ne disposait que d’une chance unique d’affronter Angle. Par conséquent, la moitié de Beer Money est exclue de la course au titre. La Wrestling Machine se réjouit de son sale coup et réfléchit même à cette fameuse phrase que James Storm scande souvent au micro pour tourner ses adversaires en ridicule : « Sorry about your damn luck. »(*) Manque de chance, c’est James qui se charge de la prononcer. Déterminé à venger l’affront de Bound for Glory, il surgit des vestiaires et exige un match de Championnat en lieu et place de Bobby. Euphorique, Sting valide la rencontre. L’un des scénarios les plus invraisemblables du divertissement sportif américain s’apprête à se dérouler sous les yeux des spectateurs incrédules.

La minute du Tennessee Le 20 octobre, brandir le Championnat poids lourds, remercier Dieu et serrer Bobby dans ses bras prennent plus (*) Désolé pour ton manque de pot.


de temps à James Storm qu’il ne lui en faut pour vaincre Kurt Angle. À peine plus d’une minute suffit, en effet, au barbu pour déboîter la mâchoire du Champion avec le Last Call, son Superkick fétiche. Trois secondes plus tard, le voilà décoré de son premier titre individuel en neuf ans de compétition à la TNA. Invraisemblable. Personne n’a vu venir le Cowboy, cet Original, buveur de bière et amateur de jurons. Aussitôt ses amis du clan Fortune accourent pour féliciter le héros de la soirée. Kazarian et AJ tressautent, canette à la main. Roode est comme transporté de joie, malgré le mauvais coup du sort dont il a été victime. Micro à la main, Storm réalise très vite que cette victoire, quelque part, il la doit à son équipier et dans un élan de respect, lui tend symboliquement le précieux objet : « Cette ceinture est à toi. »

November to Remember(**) « Cette ceinture est à moi. » Deux semaines après avoir félicité James Storm, Bobby passe la vitesse supérieure. Prétendant à la ceinture, il obtient une nouvelle chance de se couvrir d’or, et cette fois, c’est lui qui remercie Dieu... où plutôt une célèbre marque de bière. Obnubilée par la gloire, la star canadienne range son intégrité au placard pour battre le Champion en lui éclatant une cannette sur le crâne. Déçu à Bound for Glory, Roode exulte à IMPACT Wrestling. Ses supporteurs, par contre, déchantent. Tous voulaient voir leur idole gagner, mais pas de cette façon, pas en ruinant son amitié avec James. Ce virage à 180° est donc triste pour Beer Money ainsi que pour le clan Fortune, lequel perd un de ses plus précieux membres. À qui la faute ? Bobby est-il totalement responsable de la tournure des événements ? James a-t-il commis une erreur en se mêlant des affaires de son binôme ? Difficile de répondre. La TNA est sans doute l’entité coupable de cette déchirure. Si Beer Money n’avait plus vraiment grand-chose à prouver dans la division tag team, l’incapacité (ou la réticence) de Dixie Carter et Sting à statuer outre les règles d’Immortal, a réellement bouleversé le vainqueur des Series. Le visage sombre et malfaisant que Roode présente désormais n’est que la répercussion d’un malaise qui sévit à Orlando : celui d’un pouvoir qui voyage de main en main en cherchant son véritable maître. Samuel Balmeur

bien Bobby Je ne connais pas temps pour de u pe i Roode. J’a contre, je r Pa A. suivre la TN up de talent. sais qu’il a beauco squ’il avait Je me souviens lor trouver un se ur po ng organisé un casti date. J’ai ça is, sa Je nouveau manager... s gagné pa it va ’il n’a été déçu de lire qu crois que Je ry. Glo for d un le titre à Bo un vraiment à garder la TNA y gagnerait la ter en rés rep ur po x vrai gars de chez eu ial c’est comme nd mo e titr Le n. fédératio s’y , il faut souvent une présidentielle s avant foi is tro ou ux reprendre à de t la s’est passé en es d’être élu, ce qui preuve. (**) Un mois de novembre dont il faudra se souvenir.

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« Ce serait mieux comme ci. Ou plutôt comme ça ! Si seulement Cena arrêtait de jouer les fayots. Si la WCW n’était pas morte... Si Christian pouvait dégager de SmackDown... » Refaire le monde du catch, refaire l’univers de la WWE, c’est exactement ce à quoi tous les passionnés de sports entertainment aspirent. Quand la réalité ne suffit plus, les déesses du virtuel – les joliment courbées PS3 et XBox 360 – tendent la main aux âmes tourmentées par l’hégémonie McMahonienne et soudain, WWE’12 apparaît. Un simple CD, aussi léger qu���une auréole et ça y est, n’importe quel individu a la possibilité d’échanger sa condition de fan contre celle d’acteur et d’auteur d’un catch encore meilleur.

Catcher avec WWE’12 Avant même de s’enfoncer dans une foule de détails, venons-en à l’essentiel : l’action. Comment catche-t-on dans WWE’12  ? Et bien franchement, l’expérience n’a rien en commun avec celle de SmackDown vs Raw 2011. Bonjour à un nouveau gameplay, novateur et évidemment quelque peu perturbant pour les vieux de la vieille, surtout les habitués du stick droit. La prise en main n’est donc pas immédiate, mais elle le devient très vite, même si, un didacticiel pratique (étrangement absent) aurait facilité les choses. Quoi qu’il en soit, la possibilité d’attaquer stratégiquement une partie du corps adverse permet de développer facilement une vraie psychologie de match. Slammez votre adversaire et son endurance chutera sensiblement. Enchaînez les clés de bras et les chances de victoires par soumission augmenteront. WWE’12 entretient l’intelligence de combat, même si les bourrins auront eux aussi la possibilité de s’imposer à leur façon. D’ailleurs, les modes de jeux sont légion avec en outre la possibilité de créer vos propres stipulations, tirées ou non par les cheveux. Le tout se déroulera dans des arènes et des stades offrant une vraie profondeur. Cette dernière est magnifiée par des plans caméras semblables à ceux des shows télévisés, alternant plans entre les cordes et plans sur tapis pour les prises à gros impact. En outre, l’animation pour les chutes a été enrichie d’une secousse du ring, augmentant simplement, mais de manière cruciale la sensation de réalisme des projections.

Quand Punk est dans la place, le public est transcendé d’être plus fine (le moteur graphique est le même que l’édition précédente), les animations dans le ring sont très convaincantes. Ainsi, un Evan Bourne épuisé chancellera pour monter sur une échelle dans un TLC Match, tandis qu’un Daniel Bryan flamboyant aura besoin de reprendre son souffle après un Dropkick de la troisième corde. Parmi les nombreux modes de jeu proposés, le mode WWE Universe revient plus fort que jamais avec la possibilité de customiser son propre monde du catch. Le joueur peut réorganiser ses écuries, supprimer des shows hebdomadaires,

Du monde, du très beau monde Côté écurie, WWE’12 gâte les joueurs avec plus de 70 catcheurs (légendes comprises) ainsi que la possibilité de télécharger des combattants. Autant dire que les variantes de matchs, d’équipes ou de stables sont colossales surtout si en prime, les gamers décident de créer des catcheurs par l’intermédiaire du très complet mode de création de personnages. Si la modélisation de certains athlètes méritait La nWo a disparu... sauf dans WWE’12

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Le mode Road to WrestleMania est l’occasion d’enchaîner les cinématiques

Pour soumettre un adversaire, pressez les boutons de votre pad avec frénésie


Samuel Balmeur

Actu En revanche, s’il y a bien un mode ou rien n’est modifiable, c’est la Route de WrestleMania (Road to WrestleMania). Trois scénarios successifs vous embarqueront dans la vie de Sheamus, de l’indestructible HHH et d’un personnage fictif  : Jacob Cass. Avec un blase pareil, difficile de résister à l’envie de dire «  Casse-toi  » à Jacob. Le pauvre dispose d’un move set prédéterminé et seul son look est modifiable. Même si le mode Road to WrestleMania apporte son lot d’émotions et de cinématiques, ce n’est pas le point fort du jeu, surtout en raison du choix restreint de personnages jouables et de détails aberrants, genre John Cena qui se balade à Raw avec la ceinture de Champion poids lourds. Non, mais où on est là ? C’est quoi le délire ? Allez, on ne va pas s’emporter tout de même, WWE’12 a tellement de qualités. Des heures de jeu en vue, à la maison en tag team entre amis ou sur le mode online pour un Royal Rumble, c’est ça l’expérience WWE’12. Bref, il y a tant à faire avec cette édition qu’une année ne suffira pas pour en effectuer le tour. En 2012, une suite sortira très certainement avec sa cargaison d’améliorations. D’ici là, il n’y a pas à hésiter : fan de catch, ce jeu est fait pour toi !

Légendes

Casse-toi, Jacob !

Entrées

en créer des nouveaux. Marre de Raw ? Éditez votre show WCW Nitro tous les lundis. Kelly Kelly vous insupporte, débarrassez vous d’elle en ne lui attribuant aucun temps d’antenne. Vous rêvez de voir Santino Marella descendre l’allée de Raw avec le Championnat WWE et bien donnez lui ! C’est simple, c’est cool et en plus pour ceux qui veulent pousser le sens du détail un peu plus loin, WWE’12 permet de se payer une partie de « tuning de stade ». En gros, concoctez votre arène avec les logos de votre choix, lumières, visuels de bannières, etc. Bien entendu, pour remodeler un monde qui vous ressemble, il faudra passer des heures à modifier des tonnes de paramètres. Le jeu en vaut la chandelle.

Avec les DLC (downloadable contents – personnages téléchargeables), le roster s’enrichit de façon significative puisque Shawn Michaels, Batista, Macho Man Randy Savage, Mick Foley et bien d’autres ont leur ticket pour le jeu. En guerriers à débloquer, Vader, Demolition et Eddie Guerrero accompagnent les présences plus convenues du Rock, d’Austin ou celle très médiatisée de Brock Lesnar. Autant dire que ça envoie même si les animations des catcheurs s’avèrent encore un peu robotiques, notamment en ce qui concerne les cheveux (pauvres Divas) et le regard de certains personnages. Par contre, c’est le frisson garanti pour l’Undertaker, le Macho Man ou Edge. Dommage que Tony Chimel et Justin Roberts ne se lâchent pas plus au micro.

Réalisme

En match tag team, travailler à deux augmente les dégâts

Le Royal Rumble à 40 est bien là. Chavo Guerrero fait de la résistance, Kozlov et Morrison aussi. Le Great Khali est resté à la porte avec Jinder Mahal. Vince McMahon rechausse les bottes tandis que l’Inferno Match pourtant abandonné par la WWE depuis des lustres est toujours disponible.

Sin Cara défie tous ses adversaires sous un éclairage qui lui est propre, comme à SmackDown. La WWE reste grand public, mais WWE’12 n’a pas bloqué l’hémoglobine si chère aux fans les plus hardcore. Les prises de finitions sont un régal et la Predator Technology fluidifie les affrontements, les rend plus rapides et intuitifs. Le mode Come-Back, qui redonne la pêche à votre personnage quand ce dernier est au bout du rouleau, dévoile des séquences de folie qui peuvent renverser un match.

Stades et ambiance

Les critères plébiscités par Planète Catch

Les commentaires meublent l’ambiance sans pour autant être intéressants à écouter. La modélisation du public donne une franche impression de dynamisme autour du ring, même si le manque de pancartes se ressent. Avec plus de 25 angles de caméra différents, le joueur est aux commandes du show tel qu’il le voit à la télévision.

Dispo sur PS3 XBox 360 La force de WWE’12 réside aussi dans ses légendes, comme ici Vader

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30 Immortal. Huit lettres, un mot, un nom, un symbole. Les citoyens de la TNA prononcent ces trois syllabes en croyant désigner un clan. Les stars d’Orlando aussi. Ric Flair, Matt Hardy, Eric Bischoff, Rob Terry et compagnie, tous sont convaincus d’appartenir à ce groupe que le temps n’effacera pas, soi-disant, de l’Histoire du catch. L’heure est venue d’ouvrir les yeux... La réalité, c’est qu’Immortal ne concerne qu’un seul et unique homme. Une Icône. La plus grande vedette des rings : Hulk Hogan. L’Immortel, c’est lui et personne d’autre. Le Hulkster n’est pas venu à Orlando pour diriger une fédération. Il est venu y exercer sa domination. Conquérir le Championnat TNA, tel est son ultime défi.

Diplômé en charlatanisme

F

in 2009, lorsque Dixie Carter accueille Hulk Hogan au pupitre d’une conférence de presse au Madison Square Garden, la TNA semble avoir réalisé LE coup de l’année. Le retour de cette immense légende dans le monde du catch est une nouvelle qui attire l’attention des caméras de la Terre entière. Avec Hogan, la Total Nonstop Action miroite de mettre des bâtons dans les roues de la WWE : « D’ici peu, avec le pouvoir de la Hulkamania, la TNA, Dixie Carter et ses athlètes, nous allons prouver que nous sommes no 1 dans le domaine du divertissement sportif », affirme la mythique recrue à qui veut l’entendre. Le colosse se présente comme l’instigateur de la réelle alternative au sport-spectacle offert par Vince McMahon. Il veut non seulement aider la TNA,

mais surtout sauver le catch et ses millions de fans de l’ennui. Et pourquoi pas ? Pour mettre à bien son projet, l’ancien Champion WWE et WCW prétend se plier en quatre. Il organise des « Monday Night » iMPACT, affronte Ric Flair et AJ Styles dans un Tag Team Match, fonde une tonne d’espoirs dans les capacités d’Abyss, engage Jeff Hardy, convainc Rob Van Dam de remonter sur le ring... Bref, il donne son maximum. En apparence... Clairement, sa formule ne fonctionne pas. Abyss n’est pas à la hauteur, Jeff Hardy manque d’implication et quand Rob Van Dam commence à s’installer dans le fauteuil de leader de la fédération, Abyss le fauche sournoisement. Comble de malchance, Sting, ennemi juré du Hulkster, entre dans la danse et dénigre ses bonnes actions avec des accusations étrangement floues.

Hulk « Kasparov » Hogan « J’ai toujours su que tu étais le plus grand joueur d’échecs qui soit, Hulk. » Sting ne se trompe pas. Il a deviné les intentions d’Hogan bien avant Dixie, bien avant RVD et consorts. Sur le moment, personne ne comprend les reproches du Stinger. Hogan passe pour une victime, un bon samaritain martyrisé par un détraqué... Et puis le 10 octobre, à Bound for Glory, le rideau tombe. L’Immortel montre son vrai visage. Il aide Jeff Hardy à remporter la ceinture de Champion poids lourds, éjecte Dixie Carter de son fauteuil de dirigeante et s’accapare la TNA. Diminué physiquement à cause d’une intervention chirurgicale aux lombaires, le paria se trimballe en béquille avec peine et laisse le soin à Jeffrey ainsi qu’à ses autres soldats de monopoliser la scène d’Orlando. Il n’est plus en état d’aller au front, alors ce sont ses seconds couteaux qui s’en chargent. Le problème, c’est qu’une fois encore, la formule ne fonctionne pas. Jeff Hardy n’est pas aussi féroce et méchant qu’il l’avait promis, Mr. Anderson trahit le clan Immortal en simulant une adhésion puis en crachant sur sa carte de membre, et enfin, Rob Van Dam se moque complètement des offres qu’on peut lui soumettre. En somme, il n’y a personne pour donner à Hogan ce qu’il désire vraiment. Hulk veut la ceinture suprême de la TNA. Il y a eu échec par procuration... Il y aura, par contre, échec et mat quand il sera lui-même en état de combattre.


Hulk veut la tête de Sting et surtout sa ceinture de Champion TNA.

« Champion TNA ? Oui, mais contre Sting ! » Vers un remake de Starrcade 1997 En 1996, Hulk Hogan fonde la nWo sur les dépouilles de Randy Savage, Lex Luger et... Sting. La scène a lieu à Bash at the Beach lorsque le public découvre que le Hulkster est l’allié mystérieux des Outsiders, Kevin Nash et Scott Hall. Par la suite, Sting choisit de prendre la défense de la WCW contre ses envahisseurs. Puis, suite à un enchaînement de malentendus avec son camp, le Stinger se dissout dans la nuit. Il change de look, ne prononce plus le moindre mot, ne combat plus et se contente d’épier la nWo. Une année durant, il se comporte comme un fantôme et ce n’est qu’à Starrcade 1997, show no 1 en Géorgie, qu’il affronte et bat Hulk Hogan pour le Championnat WCW. Une affiche d’enfer qui reste à ce jour un des plus grands matchs de la fédération d’Atlanta. D’autres duels auront lieu entre ces deux belligérants, sans réellement parvenir à supplanter l’intensité de leur premier clash. Quatorze ans plus tard, Hogan et Sting semblent décidés à boucler la boucle de la plus belle des manières. Il y a de quoi être impatient. S.B.

En quittant le stade de Lockdown (voir p. 19) après une énième tentative avortée de convaincre RVD, Hulk regarde Sting et lui adresse une petite tendresse : « Toi et moi [...] quand je l’aurai décidé. » Puisqu’il n’y a personne sur qui compter, l’évidence s’impose : Hogan va devoir rechausser les bottes. Sans doute auraitil aimé catcher plus tôt. Seulement, il lui manquait un zeste de motivation, c’est-à-dire un adversaire à sa hauteur, une icône à décapiter. Avec Sting dans la position du lièvre, Hulk retrouve sa jeunesse, imagine déjà un duel Icon vs Icon. Pour preuve, quand Jeff Hardy perd son titre le 3 mars à iMPACT, aucun membre d’Immortal n’est là pour assurer ses arrières. Idem à Victory Road. N’appelez pas ça le hasard. M. Muscle voulait que Sting s’approprie le précieux trophée. En 1994, le Hulkster a volé la vedette au « Stingman » en signant à la WCW. En 2011, il compte bien recommencer. Afin d’être un peu plus Immortel aux yeux de ses admirateurs, et surtout pour satisfaire son ego, « Double H » veut devenir le premier homme à s’emparer des ceintures majeures des trois plus grandes fédérations de catch au monde. Roi de la WWE dans les années 80-90, « meneur de revues » à la WCW entre 90 et 2000, il aspire désormais à conquérir l’or de Floride. Les tatillons remarqueront que Kurt Angle a déjà accompli l’exploit d’être Champion WWE, WCW et TNA. Cela dit, son règne WCW s’est déroulé sous l’ère McMahon à l’époque de l’Alliance. Ce qui signifie qu’Hogan est actuellement dans la position idéale pour s’enraciner complètement dans les annales de la discipline. Une quête qui n’a cessé de le motiver tout au long de sa carrière. Le Champion est prévenu. Il a une cible monumentale collée sur le dos. Et contrairement au Hulkster, Sting est seul, humain, et bel et bien mortel... Samuel Balmeur

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« Le syndrome Mike Tyson touche déjà Jon Jones, comme c'est le cas pour Anderson Silva. Ils finiront bien par perdre un jour, c'est inéluctable. Mais pour que cela se produise, il faudra que ceux qui les affronteront à l'avenir n'aient pas peur d'eux. » Même si Pat Barry semble convaincu d'offrir une expertise pleine de fiabilité, aucun traité de psychologie n'a abordé le syndrome Mike Tyson comme un véritable objet d'étude. Son évocation n'a rien de scientifique. Il s'agit juste d'une idée selon laquelle le légendaire boxeur gagnait ses matchs avant même que la cloche n'ait sonné.

Broyer des têtes... sans les mains « Vaincre et conquérir à chaque bataille n'est pas la forme suprême d'excellence ; l' excellence suprême consiste à briser la défense adverse sans combattre. » Dans son célèbre traité intitulé L'art de la guerre, le stratège chinois Sun Tzu exprime la véritable essence de la victoire, celle qui consiste à s'imposer sans employer les armes. Ce système de pensée est omniprésent dans

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N°9

le monde du sport. Certaines théories jugent le mental responsable de 70 à 80 % de la performance à haut niveau, d'autres moins. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'à la fin des années 80, lorsque Mike Tyson aligne les succès en boxe comme on empile des perles sur la ficelle d'un collier, ceux qui osent se dresser sur sa route ne sont pas forcément au sommet de leur sérénité, prêts à brandir le drapeau blanc avant que leur bourreau ne s'avance. Pour en arriver à ce stade, à cette aura écrasante, Iron Mike combine plusieurs facteurs

déstabilisants qui, mélangés, résultent en une authentique potion tragique pour ses challengers. Progéniture des ruelles torturées de Brooklyn devenue plus jeune Champion du monde poids lourds, premier homme de sa catégorie à unifier les titres WBA, IBF et WBC, Tyson est un individu peu orthodoxe dont le style et l'histoire s'avèrent effrayants. Sa puissance est phénoménale, son mouvement de tête lui confère une défense presque impossible à percer et enfin, son visage de tueur, derrière lequel s'abrite une voix d'enfant, glace le


sang. Il n'y aura qu'un seul Mike Tyson, ambassadeur d'une branche de l'effroi, capable d'écœurer un guerrier rien qu'à l'annonce de son nom. Toutefois, la caste des combattants de MMA comporte elle aussi quelques spécimens particulièrement intimidants.

Jon Jones, l'héritier d'une longue lignée Affirmer que Jon Jones procure à ses opposants autant d'appréhension que Mike Tyson paraît prématuré, mais les propos de Pat Barry démontrent à quel point le Champion Light Heavyweight prend ses aises dans sa catégorie. Invaincu (si l'on écarte sa disqualification contre un Matt Hamill dépassé au TUF Heavyweights Finale de 2009), Bones est un surdoué. Son jeu dans l'Octogone ne semble souffrir d'aucune faille ou de si peu qu'il en devient imbattable. Rampage, sa dernière victime lors de l'UFC 135, n'a pas ménagé ses compliments : « Je pensais que je l'aurais à ma merci, et maintenant, je dois lui tirer mon chapeau. Il est bon. Je ne vois personne capable de le battre. » Hormis son talent pour les disciplines pugilistiques, la personnalité de Jon Jones n'a rien en commun avec celle de Mike Tyson. Ce jeune fighter (24 ans) ne s'autorise pas des écarts de conduite aux conférences de presse organisées en la présence de Dana White et

Les épouvantails Bolt et Federer « J'espère rester au contact des meilleurs », « Je voulais tenir le plus longtemps possible, mais c'était dur », « Asafa (Powell) et Bolt vont se battre pour la victoire ». Pas des phrases de winner tout ça ! Quelques semaines avant les Mondiaux d'athlétisme de Daegu (Corée du Sud) à la fin de l'été dernier, le sprinteur français Christophe Lemaître savait déjà à quoi s'attendre : aux miettes. Le summum de la résignation est atteint lorsqu'il déclare qu'il s'alignera sur 100 et 200 m aux Mondiaux pour finir « quatrième ou cinquième »... Usain Bolt étant déjà hors concours. Voici donc un type qui s'entraîne ardemment toutes les semaines, mais qui sait qu'il ne se bat pas pour une place sur le podium, presque victime de l'Histoire, de son époque, celle où il côtoie un phénomène jamaïcain. Au final, Lemaître avait vu juste sur 100 m (4e, après que le sprinteur qui tire plus vite que le starter et grand favori, Usain Bolt, soit disqualifié sur faux départ), mais fut récompensé avec du bronze sur 200. Autre monstre qui faisait régner un sentiment de respect, mais surtout d'abdication : Roger Federer. Durant sa période pleine (2004-2007, 11 titres du Grand Chelem sur 16, 315 victoires pour 24 défaites), tous les joueurs croisaient les doigts pour affronter le plus tard possible l'ogre helvète. L'heure venue, ils partaient pratiquement battus d'avance. Encore en

2010, à la veille d'affronter le grand Roger au 3e tour de l'US Open, Paul-Henri Mathieu n'était pas des plus confiants : « Même si je n'ai que 5 % de chances de gagner, je vais jouer à fond. J'ai envie de dire pourquoi pas une fois, questionnait l'Alsacien. Le plus difficile à passer, c'est la présentation de son palmarès pendant l'échauffement, il vaut mieux se boucher les oreilles. » Tout comme à la fin du match : défaite 6-4, 6-3, 6-3. W. G.

Jon Jones peut-il devenir le Tyson du MMA ? N°9

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n'est pas rompu à l'exercice du staredown. Ou plutôt du staredown « traditionnel ». Car, inconsciemment ou non, il a inventé un nouveau face-à-face, celui où l'on ne fixe pas le regard de son adversaire ! « Je fais ça pour humaniser l'autre, en observant ses imperfections physiques, affirme le New-Yorkais. En général, il est un peu plus gras [que moi] du ventre. » Un staredown anticonformiste qui désarçonne forcément les opposants. Toutefois, l'Américain impressionne essentiellement par son profil de guerrier complet. Exactement comme c'est le cas pour Anderson Silva. Le maître de la division Middleweight, actuellement sur une série de quatorze victoires consécutives (dont neuf défenses de titre) a défendu son titre à l'UFC 134 devant un Yushin Okami inhibé. Le Japonais aspirait à cette rencontre depuis des lustres et pourtant, une fois dans la cage, il n'est pas parvenu à inquiéter le Brésilien. Pire, il a été tellement surclassé que The Spider a terminé le match avec autant de décontraction qu'en sparring. Il ne s'agit pas de dire qu'Okami avait peur, là n'est pas la question. Le vrai problème, c'est qu'en face du campeao, Thunder a eu la sensation qu'il n'avait pas de solution adéquate pour l'emporter. De quoi être sacrément frustré et désarmé. Des nerfs en acier, un sang froid à toute épreuve, voilà les ingrédients incontournables pour défier un type de la trempe de Wanderlei Silva. The Axe Murderer est, à bien des égards un des athlètes les plus perturbants du MMA. Rien que ce surnom, The Axe Murderer (le meurtrier à la hache), résonne comme une oraison funèbre. Chaque fois qu'il enfonce son regard dans celui de son adversaire, Wand cherche le K-O psychologique. Il piétine sur place, trépigne, impatient de réduire à néant le courage du camp adverse. À l'époque du Pride, le natif de Curitiba est une menace redoutée par tous. Champion des poids moyens, il est aussi respecté par le public que craint par ses prétendants. Ses salves de coups de poing enragés, ses soccers kicks et stomps sauvages ainsi que ses coups de genou foudroyants laissent sur le carreau des compétiteurs tels Mezger, Henderson, Jackson, Sakuraba ou encore Arona. Rares sont ceux qui trouvent réellement l'ouverture et parviennent à surmonter l'effet Silva. Tito Ortiz, lui, y est arrivé, à l'UFC 25. Couronné Champion Light Heavyweight, l'Huntington Beach Bad Boy entame un règne de trois ans au cours duquel son tempérament de feu et sa façon d'en découdre ne laissent pas insensibles les combattants qui se frottent à lui. Mirko Cro Cop figure également parmi ceux qui ont eu le dessus sur Wanderlei Silva et qui ne se sont pas laissés étouffer par son mythe. Un simple coup d'œil aux deux staredowns entre le Croate et le Brésilien (au Pride 20 et au Pride Final Conflict Absolute) suffit à comprendre que Filipovic n'a pas subi un quelconque effet qui aurait pu dynamiter sa cervelle. À ce titre, c'est plutôt lui qui au milieu des années 2000 prenait une option sur la victoire avant même que l'arbitre n'ordonne le début de ses matchs. Peu de temps après son triomphe au Pride Openweight Grand Prix 2006, Mirko

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Sans broncher, Fedor troue la défense adverse vient confier ses poings à l'UFC. Dana White effectue une splendide acquisition à laquelle il offre Eddie Sanchez en guise de test. Malgré un palmarès vierge de toute défaite, et un premier succès engrangé à l'UFC contre Mario Neto, Sanchez aborde le combat avec retenue. Son punch n'a pas de jus. Ses hommes de coin lui hurlent « No respect Eddie, come on, let's go (*) ! » afin de l'aider à se libérer de la pression qu'exerce implicitement sur lui la renommée de son rival. En vain. Cro Cop restera à jamais l'un des plus grands cracks du MMA.

Le MMA et sa référence « Jamais personne ne m'a intimidé. Et puis, au moment de notre staredown, je l'ai fixé droit dans les yeux pour lui montrer que j'allais lui régler son compte. Mais il n'y avait rien dedans. C'était comme si je regardais dans le vide. Ça m'a complètement mis à l'envers. » Au StrikeForce de novembre 2009, Brett Rogers vit une rencontre du troisième type. Devant lui, Fedor Emelianenko a l'air absent. L'intensité de sa concentration est telle qu'elle percute de plein fouet Da Grim. Quand le tsar entre dans la cage, il amène avec lui toute sa légende et c'est ce bagage qui le rend

inamovible. Inexpressif, Fedor génère lui aussi un effet bien particulier. Depuis dix ans, et malgré trois défaites récentes, Emelianenko bouscule ses opposants sans même les toucher. Son hégémonie, sa placidité, son punch destructeur sont des paramètres que chacun de ses adversaires peine à digérer au moment de passer à l'acte. S'il n'est pas du genre à s'étaler devant la presse et à jongler avec le trash talking comme Mike Tyson, c'est justement son flegme qui secoue les plus téméraires. Ironiquement, Fedor, Wanderlei et consorts appartiennent davantage à la classe des vétérans que des espoirs. D'autres fighters ont également bénéficié de cet effet, et, à bien y regarder, Jon Jones est le spécialiste des arts martiaux mixtes le plus prometteur en terme d'hégémonie future. S'il maintient le cap sur le plan des résultats, s'endurcit dans tous les à-cotés de la discipline, Bones pourrait devenir le plus grand phénomène du MMA. Et lorsque ce jour viendra, les amateurs d'arts martiaux n'évoqueront plus le syndrome Mike Tyson pour qualifier leurs Champions, mais bien le syndrome Jon Jones. Samuel Balmeur

Wand et son regard tranchant

N°9 (*) « Pas de respect Eddie, vas-y fonce ! »


Le 17 janvier dernier, le monde de la boxe célébrait les 70 ans de son enfant chéri Mohamed Ali. Monument du sport, icône de la culture des sixties et des seventies, cet Américain était l'homme de spectacle no 1 des rings. Son palmarès éblouissant dans le noble art lui vaut le respect de la profession qui l'a élevé au rang de demi-dieu. Auteur d'une kyrielle de classiques, The Louisville Lip a aussi joué un rôle souvent mésestimé dans le domaine des arts martiaux mixtes. À travers sa rubrique Top Combat — consacrée aux disciplines satellites des arts martiaux mixtes - Top Fight vous raconte comment la boxe a rencontré le catch japonais dans ce que beaucoup considèrent comme l'ébauche des compétitions modernes de MMA. une fédération de puroresu (terme désignant le catch nippon) fondée en 1972, Inoki sait que ce challenge est en mesure de solidifier sa notoriété dans le paysage pugilistique de l'époque. Et pour cause, en pleine concurrence avec une autre fédération de puroresu, Inoki tente de tirer son épingle du jeu en affrontant divers spécialistes des arts martiaux et autres sports de combat. Avant qu'Ali n'ait foulé la terre du Soleil Levant, Inoki s'est distingué en « terrassant » Willem Ruska, double médaillé d'or de judo aux JO de Munich, au cours d'un combat aux règles hybrides. À l'époque, ces rencontres suspicieuses sont souvent taxées de truquées et très peu d'observateurs approuvent qu'un

« Pourquoi affronter un catcheur ? Pour six millions de dollars ! » Depuis le 10 septembre 1973, date à laquelle il reprend son Championnat poids lourds NABF à Ken Norton dans un duel épuisant, Mohamed Ali surfe sur une vague de succès qui cimente sa place dans la légende. Ses performances contre Joe Frazier ainsi que George Foreman (pour les titres WBC et WBA) font le tour du monde et dans le milieu pugilistique, The Greatest s'affirme comme la référence. Cependant,

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N°11

les combats qui suivent le célèbre « Thrilla in Manilla », troisième épisode de la rivalité qui l'oppose à Joe Frazier, ne sont pas les plus relevés de sa carrière et alors qu'il traverse la trente-troisième année de son existence, le boxeur songe même à prendre sa retraite. C'est durant cette période que l'éventualité de s'exporter au Japon pour y disputer un match contre une vedette locale se présente. Antonio Inoki, qui a lancé un défi à l'Américain, compte profiter de la notoriété de ce dernier pour organiser un événement sportif international. Jeune patron de la New Japan Pro-Wrestling,

MOHA AL DAN

L'HIST DU M


athlète du calibre de Mohamed Ali s'y aventure. « Pourquoi combattre un catcheur et prendre le risque de dévaloriser un Championnat de boxe ? » lui demandent les journalistes en conférence de presse. Ce à quoi Ali répond avec aplomb : « Six millions de dollars. » Grâce aux contrats publicitaires passés notamment avec Asahi TV ainsi qu'une diffusion assurée en circuit fermé sur tout le globe (aux USA le choc est précédé du mémorable clash André le Géant-Chuck Wepner au Shea Stadium, stade de baseball à New York), les Japonais garantissent une manne financière colossale au Champ'. Mais bien évidemment, pour que les deux hommes puissent évoluer ensemble sur le ring, la nécessité d'un règlement adapté s'impose. C'est la raison pour laquelle — justement ou injustement — ce match est considéré aujourd'hui comme l'une des premières grandes joutes d'arts martiaux mixtes.

Un règlement frustrant « Quel est le nom des oiseaux qui ont un énorme menton comme toi ? Un pélican. Je vais t'appeler comme ça

AMED LI NS

TOIRE MMA

maintenant ! » Match signé et programmé dans l'antre du Budokan de Tokyo le 26 juin 1976 (date locale), Ali et Inoki se chargent d'assurer la promotion d'un spectacle qui s'annonce grandiose. « Si tu touches mon menton, méfie-toi que ton poing n'explose pas ! » se défend l'Asiatique, passé maître dans l'art de la répartie et de la gestion des conférences de presse. Les journaux vantent l'opposition de style entre boxe et arts martiaux-catch, tandis qu'en coulisses, la préparation de l'événement conduit à une vraie mythologie du divertissement sportif. Certains journalistes expliquent qu'un scénario était en place. Quant à Inoki, il raconte encore à l'heure actuelle que lui et son adversaire se seraient mal compris. Ali s'attendait à une exhibition, tandis qu'Antonio voulait un combat réel. Une version qui semble risible au premier abord, mais qui, au regard de l'époque du Pride, n'est pas aussi insensée qu'elle en a l'air. En effet, combien de fighters se sont plaints de la communication avec les Japonais ainsi que de leur peine à comprendre les règles MMA de la compagnie asiatique d'antan ? Véridique ou non, une succession de faits provoque l'aménagement de règles qui réduisent le rendez-vous à une étrange bataille. Au bout du compte, Inoki est ligoté par une foule de contraintes : il lui est impossible de frapper son adversaire au dessus de la ceinture, ni d'envoyer de coups de pied sans qu'un de ses genoux ne touche terre, ni même d'utiliser des projections. Les conditions n'emballent guère l'athlète nippon. Toutefois, l'enjeu médiatique est tel qu'il se plie aux exigences du camp adverse, lequel menace de se retirer de l'affiche si ses exigences ne sont pas respectées. Par conséquent, les télévisions retransmettent quinze rounds d'échanges dont la configuration s'avère inédite.

Le match

et Ali sont vus progressivement comme des sportifs qui ont pris le risque de mettre en péril leur image médiatique pour tester une formule de combat extrêmement rare sur les écrans de télévision. Même si l'argent a joué un rôle fondamental dans sa décision, The Greatest mérite la reconnaissance des fidèles du MMA pour sa contribution à leur discipline favorite. Avec vingt ans d'avance, cet immense Champion a démontré que le concept des arts martiaux mixtes avait le potentiel pour séduire la planète entière. Samuel Balmeur

Antonio passe la majeure partie de son temps au tapis à tacler le Champion de boxe. L'homme que l'on appelait Cassius Clay assure tout de même le spectacle en provoquant son adversaire, en dansant quand les coups de pied ratent leur cible. Au sixième round, Inoki entraîne Ali au sol et lui porte un coup de coude interdit à la tempe. Mais l'Américain, en dépit d'un opposant inatteignable en raison de sa position au sol, parvient à atteindre six fois Inoki au visage. La légende du puroresu reconnaîtra plus tard que si « Ali [l']avait touché de plein fouet, le match aurait tourné court ». À la fin du temps réglementaire, la rencontre se solde par un nul. Mohamed est sévèrement touché à la jambe gauche sans pour autant montrer de réels signes d'épuisement. Les deux rivaux tombent dans les bras l'un de l'autre sous les sifflets d'un public qui n'a pas encore conscience de la portée de l'événement. Inoki et la New Japan frôlent la faillite. Ali poursuit sa carrière après avoir soigné sa blessure, mais son jeu de jambes n'est plus le même. Sa propension à obtenir le K-O s'en trouve d'ailleurs réduite à néant. Pourtant, avec le temps, cette « mascarade » prend les couleurs d'un choc légendaire. Charismatiques et reconnus sur leur territoire respectif, Inoki N°11

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Pas possible ! L'année 2011 s'est achevée avec une énorme déception pour les fightaddicts : Georges St-Pierre, victime d'une déchirure du ligament croisé antérieur au genou, est out pour une période estimée à dix mois. Une catastrophe pour ceux qui attendaient d'assister au choc entre le Champion Welterweight et l'as de la polémique Nick Diaz. Déjà reporté, ce combat représentait une occasion cruciale pour le Canadien de clouer le bec aux critiques jugeant son style ennuyeux depuis qu'il enchaîne les victoires par décision. Les oreilles pleines à craquer, GSP prépare déjà son retour et sa réponse personnelle à cette question. Et puisqu'elle est sujette au débat, Top Fight s'est également penché dessus.

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OUI

Le MMA sans FINISH, ça fait désordre

Il suffit de se concentrer un instant sur quelques chiffres pour reconnaître qu'effectivement, ces dernières années, GSP n'a pas donné au public ce que celui-ci était en droit d'attendre : des victoires avant la limite. L'amateur de sports de combat paie pour un divertissement, pour du spectacle. En somme, il veut des K-O, des soumissions et si possible assister à des joutes aux scénarios invraisemblables. Georges occupe une place essentielle, celle de main eventer et de Champion. C'est lui qui clôt les soirées et porte la ceinture des Welters. Par conséquent, quatre victoires par décision unanime en deux ans et demi ont de quoi laisser les fans sur leur faim. Incapable, au premier abord, de terminer ses adversaires, le

French Canadian a dû s'en remettre plus d'une fois à l'avis des juges. Ainsi, le néophyte qui a découvert l'UFC après le dernier TKO obtenu par St-Pierre (par arrêt du coin de BJ Penn en janvier 2009), n'a pas franchement d'image percutante à se mettre sous la dent. Victoire par décision unanime à l'UFC 100 contre Thiago Alves, à l'UFC 111 contre Dan Hardy, à l'UFC 124 contre Josh Koschek et enfin contre Shields à l'UFC 129. Tout de même, deux ans sans K-O... c'est très très long, aussi bien pour l'athlète que pour celui qui le regarde. Si par-dessus le marché d'autres fighters se mêlent également de l'affaire, tel Matt Hughes déclarant que Georges « est sur la défensive », la critique a tôt fait de se transformer en vérité générale.

À l'UFC 124, Koscheck n'a pas vu le jour

NON

Le K-O, toujours le K-O... et le reste alors ?

S'il a laissé ses admirateurs orphelins de K-O lors de ses derniers combats, le natif de St-Isidore a brillé d'une autre manière, notamment par la finesse de sa technique et la rigueur de sa tactique. GSP n'a pas perdu un round entre l'été 2007 et sa dernière défense de titre. Logiquement, personne n'arrive à lui voler une décision des juges. L'année suivante, il a été le premier homme à passer la garde au sol de Jon Fitch, alors invaincu dans l'Octogone. Jake Shields, lutteur All-American, spécialiste des soumissions, n'a pas été capable d'amener une fois le Champion au sol, échouant dans ses six tentatives de takedowns. Une statistique qui paraît inconcevable sur 25 minutes d'échanges. À l'UFC 124, GSP corrige Koscheck avec une précision chirurgicale en ruinant la diagonale œil directeur-

appui avant du challenger. Au bout de l'effort, Koscheck se retrouve avec l'orbite droite pulvérisée et un genou gauche bien amoché qui ont littéralement anesthésié sa performance. Et que dire de Thiago Alves, en plein rush depuis fin 2006 et complètement étouffé par le Champion à l'UFC 100, auteur de dix takedowns suivis de phases de ground & pound exténuantes à bloquer. À aucun moment Greg Jackson ne demande à son poulain de finir Alves. Au dernier round, le Champion applique les consignes de son coach comme un vrai professionnel : tourner autour du Brésilien en utilisant le jab et ne pas se risquer à reprendre son dos... C'est moins folichon qu'un K-O, mais c'est peut-être aussi grâce à cette ligne de conduite que GSP demeure au top de sa catégorie. N°10

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OUI

Ohlala... on ne s'emballe pas !

non

Un Champion, il faut aller le chercher

« C'est une chèvre et je vais le démonter avant la fin du premier round ! » Ce genre de propos (à moins d'un terrible accident) ne sortira jamais de la bouche de Georges St-Pierre. Ce garçon n'a pas la verve de Josh Barnett, le sens de la provocation de Chael Sonnen, ni l'attitude désinvolte de Nick Diaz. Sa voie, c'est celle du bushido, c'est-à-dire du respect, de l'intégrité. En 2012, à l'approche d'une présupposée fin du monde, ce ne sont pas des valeurs dynamites dans le monde de l'entertainment. Les langues de vipères ont le beau rôle, elles nourrissent la tension avant un match et fascinent le spectateur qui adore retrouver chez ses héros la touche de folie qui lui échappe dans son quotidien. Respectueux et discret, Rush tempère ses émotions avec une rigueur martiale parfois atterrante. Même Diaz, pourtant méprisant à l'encontre du Champ', n'a récolté que des commentaires soporifiques : « Je ne pense pas que Diaz soit un mauvais garçon, a-t-il déclaré, tout ce qu'il dit, c'est pour le show. » Pas de menace, pas de colère médiatisée. Plus fort encore, alors que Koscheck s'est défoulé sur lui par journaux interposés lors de la préparation de l'UFC 124, GSP a tenté de lui toucher les poings pendant le staredown d'avant-match. Évidemment, Kos a joué la carte de la provocation jusqu'au bout, ignorant totalement le geste du Champ', toujours stoïque et ne laissant rien transparaître de son feu intérieur. Cela n'a rien d'hollywoodien, ni d'américain. Georges est l'archétype de l'homme d'action frustrant. Il ne se bat que dans l'Octogone, pas ailleurs. Ben oui... GSP n'est pas Américain.

GSP peut prendre des coups, il n'est pas infaillible

Champion vs Champion intérim Forfait pour son rendez-vous de Championnat face à Nick Diaz, initialement prévu à l'UFC 137 puis à l'UFC 143, GSP va assister au couronnement d'un Champion Welterweight intérimaire. Sa ceinture ne sera donc pas déclarée vacante, comme l'aurait aimé Cesar Gracie, manager de Nick Diaz, lequel affirmait en décembre : « à son retour, ça fera environ deux ans que GSP n'aura pas combattu. Quand un Champion est absent pendant deux ans, à mon avis on doit le destituer de son titre. » L'affiche intérim opposera donc Nick Diaz à Carlos Condit le 4 février à l'UFC 143 et promet d'être explosive. Toutefois, le vainqueur aura beau s'illustrer avec une prestation sublime, il demeurera toujours dans l'ombre du real Champ', aussi ennuyeux puisset-il être d'après certains. D'ici à ce que les deux Champions s'affrontent, l'intérimaire aura probablement une autre défense de titre à gérer. Pour GSP, il n'y a pas le moindre doute quant à son retour au top : « Ceux qui disent du mal de moi ne perdent rien pour attendre. Je promets à mes fans que je serai Champion à nouveau. » Et Georges, en grand connaisseur de l'histoire de son sport, de se souvenir qu'avant de reprendre son titre, lui aussi avait été Champion par intérim...

Depuis que GSP a repris son titre de Champion incontesté contre un Matt Serra dépassé, quel combattant peut se targuer d'avoir poussé Georges dans ses derniers retranchements ? Quel fighter est parvenu à emballer son match de Championnat et à faire déjouer le Québécois ? Personne. D'où l'attente de ce fameux clash avec Nick Diaz, réputé pour sa capacité à enflammer ses duels ainsi que son goût pour « la bagarre ». Gros puncheur, Koscheck a attendu le contre. Thiago Alves a passé le match sur le dos et la seule fois qu'il s'est retrouvé dans la garde adverse, il a laissé sa proie s'enfuir sans tenter quoi que ce soit. Shields a développé une boxe craintive sans véritablement avancer. Hardy, quant à lui, touchait une fois GSP et recevait quatre coups en contrepartie. Un bilan peu reluisant qui ne reflète absolument pas la qualité des challengers. Certes, GSP n'a pas produit de combat faramineux ces deux-trois dernières années, mais il n'en est pas le seul responsable. Un combat se dispute à deux et si les prétendants ne prennent pas d'initiatives, la déception leur incombe également. N'est-ce pas le rôle du challenger de manifester son appétit de victoire, sa soif d'or ? Fort logiquement, St-Pierre ne souhaite pas perdre sa ceinture. Sa mission est de la défendre, pas d'attaquer au nom du spectacle. Si personne ne l'oblige à déclencher la foudre, il est tout naturel pour un Champion de rester prudent.

S. B.

Shields recule et ne parvient pas à convaincre les juges 42

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Un Champion complet qu'il faut aller chercher, mais...

non OUI

Trop de stratégie tue la magie

Excellent dans tous les compartiments du MMA, GSP est un combattant qui s'adapte à ses adversaires et qui, surtout, peut appliquer n'importe quel type de stratégie et s'y tenir. Les game plans (*) font partie intégrante du combat, mais ils peuvent mettre en péril l'aspect spectaculaire d'un affrontement. L'un des reproches particulièrement fondés à l'encontre de St-Pierre sur ses dernières performances est de ne pas avoir cherché la conclusion dans des situations où il dominait largement. Relâcher une kimura sur Dan Hardy, se contenter de pulvériser l'œil de Koscheck avec des directs sans chercher le K-O ou encore ne pas fondre sur un Jake Shields grandement approximatif en a agacé plus d'un. Globalement, à trop maîtriser son sujet, Georges ne libère pas la folie capable de déchaîner un combat. En prenant un minimum de risques tout en s'appliquant à infliger suffisamment de dégâts pour gagner, l'intéressé édulcore ses prestations. Résultat, le leader des Welterweights dégage l'image d'un Champion trop studieux, voire insipide, qui déroule son plan d'attaque en évitant d'en corser la configuration. Une tête froide que les fans espèrent voir s'enflammer de temps en temps, pour pimenter le sommet d'une catégorie dont la régence est inchangée depuis plus de quatre ans.

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Les adversaires de GSP ne sont pas des bonshommes en mousse

Question nettoyage de catégorie, difficile de reprocher à GSP des défenses de titres contre des prétendants illégitimes. Systématiquement, le Champion a relevé le défi de concurrents ayant justifié leur place dans le main event. Même si Shields n'a pas réussi un match de transition exceptionnel contre Kampmann lors de son passage du StrikeForce à l'UFC, l'Américain avait déjà montré toutes ses qualités chez Scott Coker en s'affranchissant d'Henderson, Jason Miller ou Robbie Lawler. Un sacré client, étranger à la défaite depuis six ans et n'ayant expérimenté le K-O qu'au début de sa carrière en MMA. Alves, sur une série de sept matchs sans défaite, a résisté au punch de St-Pierre, survivant notamment à un knockdown au troisième round. Et que dire de Dan Hardy, tellement déterminé à ne pas abandonner dans l'Octogone que GSP, dépité, n'a pas eu le cran de forcer sa kimura jusqu'à la rupture comme a pu le faire Frank Mir contre Rodrigo Nogueira à l'UFC 140. Enfin, Josh Koscheck, en dépit de toutes les critiques qu'il mérite sur le plan de son attitude d'avant-match, a lui aussi sorti ses réserves de courage pour ne pas quitter l'aire de combat avant la limite. Son œil, quasiment fermé par les jabs de Georges, ne l'a aucunement incité à se rendre. En vrai guerrier, le lutteur s'est donné jusqu'à l'ultime seconde. Samuel Balmeur (*) Plans d'attaque


cie naissance à tout cela. » Royce Gra né don a qui e pèr n mo st c'e et t le Brésil pour l'UFC « Rio est le berceau du MMA, ux mixtes sait qu'en choisissan rtia ma s art des e end lég La cipline. Un ue. est catégoriq sources, aux origines, de la dis aux our ret ble ita vér un sé ani org pierre d'un 134, Dana White a torique, constitue la première his il d'œ clin un qu' s plu ir qui come-back médiatique o bat. Le Brésil est une terre d'aven com de rts spo de 1 n n tio éra projet d'expansion pour la féd il en a déjà les racines. pour le MMA. Et sa force, c'est qu'

Royce : un des pères Junior : un des fils Derrière : le Saint-Esprit 10

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Le Brésil, eldorado de l'UFC e s'est Le 27 août 2011, le drapeau auriverd urs ecte proj les sous r nue onti disc agité sans iro. Sur du stade HSBC de Rio de Jane ent des douze affrontements, huit opposai s. Brésil enfants du pays à des étranger ça que contre le reste du monde, c'est à érique, ressemblait cette carte. L'Am entes prés ent étai e l'Asi e mêm l'Europe et Luiz vre pau le au rendez-vous. Mis à part tous kov, Ned are Bulg le par cu Cane, vain victoire. les locaux sont repartis avec une la fête de goût le que pres t avai L'UFC 134 jours nationale, pourtant célébrée onze s aîné déch rs orte supp 000 14 . plus tard la à ière prem la ont donné de la voix de a White dernière minute. À tel point que Dan bat com ier prem en est resté scotché : « Le Le » . titre le r pou choc un à ressemblait uis dep it nda l'atte public voulait ce show, si toutes des mois. Ce n'est pas un hasard l'espace en ues les places ont été vend e des vent en mise la de lors re d'une heu Dana que able tickets. Mais il est fort prob re enco nt l'aie itta Fert s frère les ainsi que il Brés le que e Parc plus désiré. Pourquoi ? 1, la 201 En A. MM du o orad l'eld te représen ortable situation est autrement plus conf a posé l'UFC elle laqu à ée ann 8, qu'en 199 en terre pour la première fois les pieds Ultimate brésilienne, à l'occasion de l'UFC: Brazil. ne la C'était bien avant que Zuffa ne pren ue époq une à et s, ation opér des direction dans crire s'ins à re ou le MMA peinait enco ue où le paysage sportif mondial. Une époq rs enve ile host trait même le Brésil se mon qui ions tens des n raiso en tiaux les arts mar tudo, régnaient parmi les pratiquants du vale plus nités affi leurs par és divis nt lesquels étaie livre luta la ou su ou moins fortes avec le jiu-jit : l'UFC sûr, Bien gi). sans pling grap ion (submiss acré cons et o Rizz o Ultimate Brazil a révélé Pedr mais Vitor Belfort en tant que Phenom, ent rètem conc n'a l'impact de ce pay-per-view va 134 l'UFC que ce à ble para com rien de i, Ains on. ositi l'exp générer. À commencer par , USA aux PPV en sé diffu été a s'il , l'UFC 134 il, Brés au ent item a été retransmis gratu ons de attirant l'attention d'environ 30 milli mat audi Un e. Whit a spectateurs, d'après Dan e autr t n'es é erch rech t l'effe dont nal phénomé sur UFC e chis fran la qu'ancrer un peu plus ité. En un marché au potentiel presque illim 000 300 t men ative comparaison, approxim À is. s-Un État aux show le té ache foyers ont ces e entr sion diffu l'évidence, les modes de mêmes, deux pays ne peuvent pas être les avec ce MMA le t cela dit la visibilité qu'obtien nner lutio révo de e risqu ent énem genre d'év Sud. du rique Amé en l'image de la discipline à cette e mèn , l'UFC de s plan les dans Et tout, a déjà révolution. En 2012, l'organisation et pas il, Brés au r retou son er ectu prévu d'eff lir remp : f jecti L'ob n'importe où, à Manaus. par et s onne pers 000 100 de e un stad uence conséquent, pratiquement doubler l'affl fans 000 55 ses avec 129 l'UFC de record quoi De nto. Toro de réunis au Roger Centre ge l'ima à , MMA du ie olog myth vraie créer une 1, 192 de r entie de l'affiche Dempsey-Carp foule une nt deva an, orem Ali-F h clas ou du . moindre, mais sur le sol zaïrois, en 1974

Anderson Silva, une icône parfaite pour le MMA brésilien

Une explosion imminente de talents er nos « Nous voulons vraiment développ nte et activités au Brésil de façon permane s l'an show s ieur plus r nise orga pourquoi pas s l'idée prochain, trois ou quatre, avec dan talents de montrer au public les jeunes de l'UFC brésiliens. » Le futur économique du MMA. est en partie lié au futur spor tif veulent Lorenzo Fertitta, son frère et Dana veaux nou de nce erge l'ém contribuer à risquent combattants sud-américains. Ils qu'ils d'être servis. En effet, rien n'indique istiques aient à leur disposition les stat battants indiquant le nombre de com nanciers brésiliens qui, faute de moyens, fi nné le ou d'infrastructures, ont abando ibilité de MMA. Tous n'ont pas eu la poss . Tous quitter leur patrie pour filer aux USA rtunités n'ont pas eu la ténacité et les oppo consorts. de Wanderlei Silva, Anderson et rs sudghte fi C'est en s'exportant que les n et tatio répu une é forg sont américains se

Europe vs Brésil t-être En annonçant plusieurs shows (peu Lorenzo il, Brés au 2 201 ée l'ann r pou tre) qua les fans Fertitta a dû faire grincer des dents Anglais. les ent èrem iculi part s, péen euro uels lesq i parm e, Rein la de Ainsi, les sujets est une A MM de s epte d'ad n ortio prop la droit en des plus fortes d'Europe, n'ont eu et ont res, Lond à , show seul un qu'à 0 201 sen) rhau (Obe agne Allem en dû se déplacer respecte pour assister à l'UFC 122. Si l'UFC tre fois son idée de base et se produit qua ra que au Brésil en 2012, l'Europe n'au te ? Pas ses yeux pour pleurer. Est-ce injus r Zuffa vraiment. Le problème essentiel pou qui ires hora x eau crén des est de trouver nement permettent aux USA de suivre l'évé e l'est à distance et avec le décalage entr e affaire. et l'ouest, ce n'est pas une minc to be » Le Brésil est donc « the place le pour puisque situé dans la zone idéa heures des à isés télév ns occuper les écra que les aussi convenables pour les locaux . Américains... Business is business S.B.

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