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GUIDEdes PENSIONS MAGAZINE

Préparer sa retraite

SUPPLÉMENT DE


Un complément à votre pension ? Je vous conseille la meilleure solution ! #MerciMonCourtier Les Belges en sont désormais conscients : la pension légale n’est pas suffisante pour maintenir son niveau de vie au moment de la retraite. En effet, notre pays est bien en-dessous de ses voisins européens. Heureusement, il n’est jamais trop tard pour commencer à se constituer une pension complémentaire. Alors moi, votre courtier, je vous propose une solution optimale. En toute indépendance.

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Avant-propos

La retraite, le temps… de se remettre au boulot ! La constitution d’un capital pour la vie qui commence après la carrière professionnelle est en soi un travail de patience et d’équilibre. Que sacrifier pour conserver durant la retraite un confort de vie inchangé ? Quels choix effectuer au fil du temps, selon les orientations pas toujours prévisibles d’une vie active ? Les Belges ont accès à une panoplie d’outils financiers adaptés, assortis de règles fiscales propres à évaluer avec l’aide de professionnels. Même la prise de retraite est liée à des règles que ne connaît pas l’homme de la rue : rachat d’années d’études, possibilité d’arrêter avant terme, ou de poursuivre une carrière après l’âge légal. Ce supplément revient sur une série de règles de base que le futur retraité devrait maîtriser pour effectuer les meilleurs choix pour… le reste de sa vie. On songe notamment aux produits dotés d’avantages fiscaux, à ceux qui permettent de prévoir les moments difficiles, les soucis de santé, la transmission de patrimoine, ou tout simplement aux choix qui vont permettre de relancer une vie faite d’action et de découvertes. Une fois arrivé au terme de la vie professionnelle, il est bon aussi de savoir que les capitaux épargnés ou ceux liés à une assurance à long terme, doivent être réinvestis ou convertis en rente (s) pour le long terme. Ici encore, les choix sont délicats, et doivent être effectués avec l’aide éclairée de spécialistes du secteur bancaire ou de l’assurance. Même la brique, chère au cœur des Belges, doit être envisagée comme une poire pour la soif. A.C.

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13 SOMMAIRE LA PENSION SOUS TOUTES SES COUTURES 04 LA PENSION COMPLÉMENTAIRE, INDISPENSABLE ?

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LA CONVENTION DE PENSION POUR  TRAVAILLEUR INDÉPENDANT 08 ET LES FONCTIONNAIRES ? 

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L’ÉPARGNE-PENSION 

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DES FONDS À FOND SUR LE LONG TERME !

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RÉINVESTIR SON CAPITAL DE MANIÈRE  RESPONSABLE ?  11 LA BRIQUE POUR LES BELGES,  C’EST LE FOND DE PORTEFEUILLE  12 VOILÀ, VOUS ÊTES À LA RETRAITE !

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COMMENT LES ACTIFS PREPARENT-ILS LEUR AVENIR ?

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LE NOMBRE DE SENIORS AU TRAVAIL A DOUBLE EN DIX ANS.  15

Ours SUPPLÉMENT PARU DANS LA LIBRE BELGIQUE – NOVEMBRE 2019 IPM GROUP HEAD OF SALES : CAROLINE BOSSAERT CONCEPT ET COMMERCIALISATION : PATRICIA HUPIN : 02/211 31 54 PATRICIA.HUPIN@IPMADVERTISING.BE

IPM AD OPERATIONS DIRECTEUR : HENRY VISART RÉDACTION : JOHN ECOSSE, ANTOINE CERRUTI, PAT BELLMORE, FLORENCE SEUREL, CAROLINE BOSSCHAERT DE BOUWEL CONTENT MANAGER : CORINE LOOCKX - CORINE.LOOCKX@IPMGROUP.BE PREPRESS : AD OPERATIONS PRODUCTION / PHOTOS : © SHUTTERSTOCK

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LA PENSION sous toutes ses coutures

La pension légale n’étant généralement pas suffisante pour maintenir le niveau de vie du travailleur, la loi prévoit plusieurs manières de se constituer un complément de pension. L’épargne-pension individuelle permet aussi de compléter les revenus du futur retraité. En combinant pension légale, pension complémentaire et épargne-pension, le travailleur est censé pouvoir préserver un niveau de vie proche de celui qu’il avait durant sa carrière.

En Belgique, la pension repose sur trois principaux piliers. Le premier est la pension légale, le deuxième concerne la pension complémentaire et le troisième est constitué de l’épargne individuelle en vue de la pension, encore appelée « épargne-pension ». Dans la plupart des cas, la pension légale sera insuffisante pour conserver le même niveau de vie que durant la carrière du travailleur. D’où l’intérêt de compléter la pension avec les deuxième et troisième piliers.

La pension légale Rappelons d’abord que l’âge légal de la pension est actuellement de 65 ans. Mais il sera progressivement relevé

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dans les prochaines années. À partir de 2025 et jusqu’en 2030, il sera de 66 ans. Puis, à partir de 2030, l’âge de la pension atteindra 67 ans. Ceux qui souhaitent travailler au-delà de l’âge légal de la pension le peuvent, mais si la personne concernée est salariée, elle doit obtenir l’accord de son employeur. Et ce sera à ce travailleur d’introduire une demande de départ à la retraite le moment venu. Partir à la pension plus tôt qu’à l’âge légal requis est possible, mais à certaines conditions. Depuis cette année, pour obtenir une pension anticipée, il faut atteindre 63 ans et 42 années de carrière, ou 61 ans

et 43 années de carrière, ou encore 60 ans et 44 années de carrière. Pour calculer la durée de la carrière, on tient compte non seulement des années de travail, mais aussi de périodes d’inactivité, dites « périodes assimilées », comme les moments où le travailleur a été malade, au chômage, en crédit-temps, etc. Mais attention, en cas de pension anticipée, la carrière du travailleur sera plus courte et donc, le montant de sa pension sera généralement moins élevé… Pour ceux qui se trouvent dans les conditions d’un départ à la pension anticipé, il est possible de simuler l’effet sur le montant de la pension en cas de départ

précoce à la retraite, via le site officiel mypension.be. Vous pouvez comparer ce montant à celui que vous toucheriez en cas de départ à la pension à l’âge légal. Le montant affiché est calculé sur base d’une carrière fictive, c’est-à-dire en supposant que le travailleur poursuivra sa carrière jusqu’à l’âge de la pension dans les mêmes conditions de statut, salaire et temps de travail. Dès qu’un travailleur salarié atteint l’âge de 55 ans, il reçoit chaque année une estimation de pension actualisée en fonction de l’évolution de sa carrière. Le salarié peut aussi demander des simulations d’impact sur sa pension en cas de choix de carrière différent.


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Carrière complète, ou pas ! Le montant de la pension légale dépend de la durée de la carrière. En principe, une carrière complète est de 45 années. Si, à l’âge légal de la retraite, la carrière du travailleur n’atteint pas 45 années, il percevra alors un montant de pension calculé au prorata du nombre d’années de carrière. Par exemple, un travailleur qui atteint l’âge de 65 ans, mais avec 42 années de carrière percevra une pension égale à 42/45 e de la pension légale. Précisons aussi que les périodes assimilées évoquées ci-devant sont prises en compte sur une base moins avantageuse que pour les périodes de travail normales. Dans la plupart des cas, les travailleurs n’atteignent pas une durée de carrière complète au moment où ils arrivent à l’âge légal de la pension. Les spécialisations des métiers sont telles qu’il est de plus en plus fréquent de mener des études supérieures après la sortie de

l’école, ce qui implique que la carrière débute souvent bien au-delà de l’âge de 20 ans. Le calcul est vite fait : si vous commencez à travailler à, par exemple, 24 ans, ce qui est fréquent pour les diplômés du supérieur actuellement, votre carrière ne sera pas complète — elle ne sera pas de 45 années — lorsque vous atteindrez l’âge légal de la retraite (65 ans actuellement, 67 ans dès 2030). Dans la plupart des cas, le pensionné ne touchera donc, en principe, pas le montant maximal de sa pension. Pour remédier à cette situation, les autorités ont prévu la possibilité de « racheter » les années d’études. Autrement dit, il est possible de payer à l’État environ 1 500 euros par année d’études dans les dix années qui suivent la fin de celles-ci, ce qui permettra de toucher un montant plus élevé à la pension. La pension sera majorée de 266,67 euros brut par an pour une personne isolée et de 333,33 euros brut par an pour un ménage.

Précision utile : le rachat des années d’études n’implique pas que l’on pourra partir à la pension plus tôt. Ce système est conçu pour augmenter de manière fictive la durée de la carrière prise en compte pour le calcul de la pension, mais pas pour augmenter réellement cette durée de carrière…

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Les spécialistes de la matière des pensions soulignent que l’intérêt de procéder au rachat des années d’études est très variable selon le profil du travailleur concerné. Sur le site mypension.be, il est possible de réaliser une simulation pour vérifier ce que rapporterait le rachat des années d’études. J.E.


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LA PENSION COMPLÉMENTAIRE, indispensable ?

On entre ici dans le deuxième pilier des pensions. La pension complémentaire permet aux travailleurs, qu’ils soient salariés ou indépendants, de compléter leur pension légale dans un cadre légal bien défini. Mais la manière de cotiser pour le deuxième pilier varie en fonction de la situation professionnelle du travailleur.

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Pour les salariés, la loi sur les pensions complémentaires, dite loi Vandenbroucke, est de plus en plus souvent utilisée dans le monde de l’entreprise. Alors qu’auparavant, seules des sociétés d’une certaine taille proposaient à leurs travailleurs des plans de pension, encore appelés « assurances de groupe », tels que prévus par cette loi, des entreprises de taille plus modeste se mettent progressivement également à ce deuxième pilier des pensions. Le meilleur incitant à utiliser ce régime légal de pension complémentaire est la concurrence qui s’accroît entre employeurs pour offrir aux employés et ouvriers des avantages sociaux adaptés à leurs besoins. Le succès du deuxième pilier est tel qu’il existe de plus en plus de plans sectoriels offrant aux travailleurs une pension complémentaire. Les plans sectoriels sont des conventions qui permettent à de petites entreprises d’offrir à leurs travailleurs un régime de pension complémentaire qu’elles étaient incapables de mettre en place seules auparavant. De cette manière, les pensions complémentaires du deuxième pilier, où les employeurs cotisent au profit de leurs travailleurs, se sont démocratisées.

Participation des travailleurs Quand un employeur décide de proposer une assurance groupe à ses travailleurs, ceux-ci sont obligés d’y participer. En général, la prime de cette assurance

de groupe est versée par l’employeur, mais il arrive aussi que le salarié doive également y apporter sa cote-part. Les primes d’assurance sont versées à une compagnie qui doit faire fructifier le capital collecté afin de verser au travailleur, lorsqu’il atteindra l’âge de la pension, le montant auquel il aura droit. En pratique, ce type de contrat est une assurance vie de la branche 21 (à capital et taux garantis) ou de la branche 23 (liée aux aléas des marchés financiers). Mais pour le travailleur, cela ne change pas grand-chose dans la mesure où l’employeur doit, légalement, garantir un rendement annuel minimum de 1,75 % de la pension complémentaire. Précisons qu’il arrive parfois que des employeurs ne passent pas par un assureur pour proposer une pension complémentaire, mais bien par un fonds de pension. Mais comme la mise sur pied d’un tel fonds n’est pas aisée (il faut créer une structure, trouver des gestionnaires, équilibrer cotisations et charges de pension, etc.), ce système se retrouve généralement seulement dans des sociétés de grande taille. Et si l’employeur ne propose pas de pension complémentaire ? Ou encore si celle-ci est insuffisante ? Ce n’est pas pour autant que le travailleur sera privé de deuxième pilier ! Tout salarié peut demander à cotiser luimême à une assurance de groupe de son choix. Le montant de cette cotisation est fixé librement, mais est plafonné à 1 600 euros par an ou 3 % du salaire.

L’avenir des indépendants Pour les indépendants, une pension complémentaire s’avère également nécessaire. Car la pension légale des travailleurs indépendants est bien maigre… Même si, depuis le 1er août 2016, la pension minimale des indépendants est alignée sur celle des salariés, il ne s’agit là que d’un minimum : à salaire moyen équivalent, un indépendant recevra toujours une pension bien plus faible que celle d’un salarié. Par conséquent, les indépendants ont tout intérêt à souscrire une pension complémentaire. On parle de PLC (pension libre complémentaire), car ce régime est facultatif. Mais il a déjà beaucoup de succès puisque la moitié des indépendants et prestataires d’une profession libérale ont une pension libre complémentaire. A contrario, la moitié d’entre eux n’en ont pas. Pourtant, depuis l’introduction de la PLC en 1982, les pouvoirs publics ont consenti des efforts pour promouvoir ce régime et l’améliorer pour le rendre plus accessible et plus efficace. On peut dès lors se demander si les indépendants ont délibérément refusé d’y souscrire ou s’ils ne sont tout simplement pas au courant. Dans ce dernier cas, cela traduirait un manque de connaissance des différentes possibilités fiscales qu’offre la PLC.

sont retranchées du chiffre d’affaires, au même titre que les frais professionnels par exemple. Mais il y a un plafond légal. En 2019, le montant maximum annuel que l’on peut déduire est de 3 256,87 euros. À moins d’avoir opté pour une pension libre complémentaire sociale ou PLCS. Dans ce cas, le plafond légal est porté à 3 747,19 euros. La différence entre les deux pensions libres complémentaires est que la PLCS, grâce à la mise en place d’un fonds de solidarité, assure la constitution du capital pension du travailleur indépendant. En effet, si celui-ci se trouve en incapacité de travail ou en invalidité, voire s’il s’agit d’une travailleuse en période de maternité, l’organisme de pension agréé intervient en cotisant à la place du travailleur indépendant. Chez certains opérateurs, une indemnité à charge de la caisse de pension est même octroyée à l’indépendant. Dans tous les cas, il s’agit d’un volet social supplémentaire, comme son nom l’indique. Pour en bénéficier, il faut cotiser un peu plus, certes, mais la déduction fiscale est également plus élevée… Le paiement de la pension libre complémentaire se fait sous la forme d’un capital ou d’une rente qui viendra s’ajouter à la pension légale du travailleur indépendant. Ce paiement intervient lorsque l’indépendant atteint l’âge légal de la retraite. J.E.

En effet, les cotisations versées dans le cadre d’une PLC sont déductibles fiscalement, c’est-à-dire qu’elles

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LA CONVENTION DE PENSION pour travailleur indépendant En plus de la PLC, les indépendants peuvent désormais recourir à une forme d’engagement individuel de pension (EIP) qui était jusqu’alors réservée aux dirigeants de sociétés. Ce nouveau type de pension complémentaire destiné aux indépendants en personne physique est qualifié de « convention de pension pour travailleur indépendant » ou CPTI. Ce nouveau régime légal est entré en vigueur en juillet 2018. Il permet aux indépendants de cotiser davantage pour leur pension complémentaire, pour autant qu’ils respectent la fameuse « règle des 80 % », en vertu de laquelle les prestations de pension légale et complémentaire ne peuvent pas dépasser 80 % du montant des revenus imposables moyens des trois dernières années.

Calculs et taxes Pour les versements de 2019, il faudra ainsi tenir compte du revenu moyen des années 2016 à 2018. En pratique, les organismes

financiers qui proposent cette CPTI conseillent les indépendants pour déterminer le montant adéquat de leurs cotisations. D’après les spécialistes de cette matière complexe, ce nouveau régime s’adresse en priorité aux indépendants dont les revenus annuels dépassent 30 000 euros : en dessous de ce plancher, les prestations de la pension légale et de la pension complémentaire (sociale) atteignent en principe déjà le plafond des 80 % … Les montants consacrés à la CPTI donnent droit à une réduction d’impôt égale à 30 % des primes versées. Ces dernières sont par ailleurs soumises à la taxe de 4,4 % sur les opérations d’assurances. Le capital est versé uniquement lorsque le travailleur prend effectivement sa pension, éventuellement de manière anticipée dans les cas où c’est autorisé. Sur le capital versé, l’indépendant paiera 3,55 % de cotisations sociales, de 0 % à 2 % de cotisations de solidarité et 10 % d’impôts. J.E.

ET LES FONCTIONNAIRES ? Les travailleurs de la fonction publique bénéficient d’une pension légale bien plus avantageuse que celle des salariés et des indépendants. Mais certains fonctionnaires travaillent sous statut contractuel, ce qui implique que leur pension légale est nettement inférieure à celle de leurs collègues statutaires. Ces travailleurs auraient donc tout intérêt à souscrire une pension complémentaire, ce qui est possible depuis juillet 2019. Au printemps dernier, le gouvernement fédéral a lancé le marché public pour désigner la compagnie d’assurances qui sera chargée de gérer le plan de pension complémentaire des fonctionnaires contractuels. Les droits de cette pension complémentaire sont calculés sur base du salaire des trois dernières années. Concrètement, les droits s’élèvent, pour 2017, à 1 % de la rémunération, à 1,5 % pour 2018 et à 3 % pour 2019. Environ un quart des fonctionnaires travaillent sous statut contractuel. Leur pension légale est d’un peu plus de 1 500 euros, alors que les fonctionnaires statutaires peuvent prétendre à une pension légale de plus de 2 600 euros. Tout comme pour la pension complémentaire des salariés, le rendement de la pension complémentaire des fonctionnaires contractuels est garanti : ce rendement garanti est actuellement fixé à 1,75 %. J.E.

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L’ÉPARGNE-PENSION Comme la combinaison de la pension légale et de la pension complémentaire ne suffit pas nécessairement à garantir un niveau de vie suffisant aux travailleurs arrivés à la retraite, l’État belge encourage une épargne individuelle en vue de la pension. Il s’agit de l’épargne-pension, qui constitue le troisième pilier des pensions. Tout travailleur peut cotiser à l’épargnepension. Celle-ci prend la forme soit d’une assurance-vie, soit d’un fonds d’épargnepension. Les cotisations sont encouragées par un avantage fiscal. Les montants versés dans ce troisième pilier des pensions donnent droit à une réduction d’impôt. Cette dernière est calculée à un taux de 30 % ou de 25 % du montant versé, selon le niveau de celui-ci. Pour les versements annuels jusqu’à 980 euros (montant valable en 2019), la réduction d’impôt est de 30 %. Pour les versements de plus de 980 euros et jusqu’à 1 260 euros, la réduction d’impôt est calculée au taux de 25 %. Il n’est pas possible de verser plus de 1 260 euros en un an. Il n’existe, par contre, pas de montant minimum. Notez que les versements dans l’épargne-pension peuvent aussi être aussi réalisés à un rythme mensuel.

Optimalisation Attention, en 2019, il faut éviter de verser un montant compris entre 981 et 1 176 euros. Car si on applique le taux de 25 % à un montant de 1 176 euros, on obtient une réduction d’impôt de 294 euros, soit exactement l’avantage fiscal qu’on aurait obtenu en limitant la mise à 980 euros, puisqu’en appliquant le taux de 30 % à ce montant, on arrive également à 294 euros… Retenez simplement que si vous décidez de verser plus de 980 euros dans l’épargnepension, vous devez verser plus de 1 176 euros, sinon le jeu n’en vaut pas la chandelle. Le capital constitué et valorisé (via les intérêts garantis de l’assurance ou les plus-values du fonds) dans le cadre de l’épargne-pension sera versé au travailleur lorsqu’il atteindra l’âge de la pension. J.E.

Précompte mobilier Actions (précompte sur dividendes)

Obligations, bons de caisse, comptes à terme, bons d'État (précompte sur intérêts)

Fonds de distribution (précompte sur dividendes)

Fonds de capitalisation (précompte sur la plus-value obligataire)

Compte d'épargne (précompte sur intérêts)

Au-delà de 800€ : 30%*

30%

30%

30% si le fonds investit au moins 10% en obligations

Au-delà de 980€ : 15%

* Pour les dividendes jusqu’à un montant total de 800 €, le précompte mobilier est prélevé normalement mais on pourra le récupérer via la déclaration fiscale à introduire l’année suivante.

Réduction d’impôt pour l’épargne-pension Plafond de versement annuel

Taux pour calculer la réduction d'impôt

Réduction d'impôt maximale

980 € (montant indexé pour 2018)

30%

294 €

1260 € (montant indexé pour 2018)

25%

315 €

N.B. : Attention au piège fiscal ! Les versements supérieurs à 980 € et inférieurs à 1.176 € impliqueront une réduction d’impôt plus petite que ce qu’on obtiendrait en limitant le versement à 980 €.

Taxe sur les comptes-titres Montant à partir duquel un compte-titre est considéré comme taxable

Taux d’imposition (applicable au montant total du compte-titre taxable)

500.000 €

0,15 %

Taxe sur les opérations de Bourse (TOB) Type d’actif financier

Taux de la taxe

Plafond de la taxe

Actions

0,35%

1.600 €

Obligations

0,12 %

1.300 €

Fonds*

1,32 %

4.000 €

* Certains fonds sont soumis au taux de 0,12 %

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DES FONDS À FOND sur le long terme !

Les rendements des fonds de pension, tributaires des Bourses, varient d’année en année. Les fonds de pension sont une alternative à l’assurance groupe. Ce sont principalement les grandes entreprises qui optent pour cette formule plus dynamique : les versements alimentent un fonds géré par un gestionnaire chargé de faire fructifier au mieux les contributions des participants en investissant cet argent dans actions, obligations, fonds de placement… La grosse différence entre les deux formules, c’est le résultat. Dans le cadre de l’assurance groupe, le travailleur sait donc quel montant lui reviendra à son départ à la retraite. Dans le cas d’un fonds de pension, le rendement est par contre plus aléatoire : il va en fait dépendre de l’évolution de la performance du fonds de pension. Les rendements à venir sont en effet tributaires des gains des marchés financiers. Rappelez-vous la chute des Bourses, voilà un an exactement. L’impact s’est immédiatement fait ressentir. Les fonds de pension belges ont enregistré un rendement financier négatif sur l’ensemble de l’année, de l’ordre de 3,21 %, selon les données communiquées en mars dernier par PensioPlus, l’organisation faîtière des institutions de retraite professionnelle (IRP) et des organisateurs de plan de retraite complémentaire sectoriel. Il s’agit d’une moyenne, faut-il le rappeler : certains fonds ont fait mieux et d’autres moins bien. Un de ces fonds a par exemple perdu 6 % sur l’ensemble de l’année.

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Désagréable à court terme De quoi faire la grise mine ? Sans doute, si l’on s’en tient au court terme. A l’instar de toutes les formules investissant tout ou partie dans des produits à risques, les rendements sont à considérer sur le long terme, d’autant plus qu’un plan de pension complémentaire s’étale justement sur plusieurs décennies. Les marchés se sont d’ailleurs repris par la suite, effaçant rapidement le mauvais souvenir de 2018. Pour le premier semestre 2019, le rendement était cette fois de près de 8,50 %. Il avait été de 5,29 % en 2017. Quelques chiffres permettront de mieux saisir la réalité. L’expert en ressources humaines Mercer avait également réalisé une étude sur les fonds de pension belges en début d’année, pointant lui aussi une performance bien terne pour l’année 2018 (rendement médian de - 4,6 %). C’est toutefois l’horizon de placement qui doit être privilégié pour déterminer la performance réelle des fonds de pension. Et là, la situation est bien plus agréable à contempler, affichant un bilan très positif. À 5, 10, 15, 20 et 25 ans, les fonds de pension privés ont enregistré un rendement réel de, respectivement, +4,5 %, +6,6 %, +4,7 %, +3,7 % et +4,9 %, ce qui correspond, après inflation, à des rendements annuels respectifs de +2,9 %, +4,8 %, +2,6 %,

+1,7 % et +3,0 %. Or, c’est justement hors inflation qu’il faut juger la performance objective d’un placement.

Résultats à suivre « Dans ce type d’engagement, l’organisateur (l’employeur ou l’organisateur sectoriel) ne promet pas de résultat final, mais seulement le paiement de contributions versées par exemple tous les mois ou tous les ans. On ne connaît pas à l’avance le montant que la pension complémentaire atteindra finalement à la mise à la retraite. Il dépend de la quantité de contributions versées, du temps pendant lequel l’épargne a été réalisée et du rendement que produisent les placements », rappelle la FSMA, l’autorité des services et marchés financiers, sur son site. Il existe également une formule hybride. L’employeur, par exemple, promet un résultat final déterminé pour les versements effectués dans le cadre de cette pension complémentaire. Pour le travailleur, l’avantage est de savoir quelle somme il touchera. L’avantage pour l’employeur ? Si le rendement des investissements est plus élevé que celui promis par l’employeur, celui-ci y gagnera, car il devra mettre moins d’argent de sa poche. « À l’inverse, il va devoir réaliser un financement plus important si le rendement réellement obtenu est moins élevé », note encore la FSMA. P.B.


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RÉINVESTIR SON CAPITAL de manière responsable ?

Même après la vie professionnelle, il est possible de donner une dimension supplémentaire à son portefeuille en investissant de façon socialement responsable. C’est donner à son argent un double rendement : un rendement financier et une rentabilité qui est soutenue par des valeurs éthiques. Mais il faut être attentif à certains aspects. Dans un portefeuille, on peut décider d’investir tout ou partie des sommes en gestion durable. Qu’entend-on par là ? On parle de fonds ESG pour environnement, social et gouvernance. Dans ces fonds, les valeurs sont sélectionnées sur base de critères qui prennent en compte ces trois dimensions. Ensuite, les valeurs sont sélectionnées sur base de critères financiers. On peut ainsi allier valeurs morales et financières en portefeuille.

Vraiment durables ? Les méthodologies utilisées pour sélectionner les valeurs en portefeuille selon les critères ESG sont multiples. Il est donc difficile de faire le tri dans cet univers et de voir si le fonds dans lequel on investit est réellement responsable. L’offre de ces fonds explose dans le monde avec près de 1 800 fonds qualifiés d’ESG commercialisés à hauteur de près de 12 milliards d’euros. Il n’existe cependant pas de définition communément admise de la durabilité. Mais, on constate que la majorité des fonds responsables pratiquent l’exclusion de certains secteurs controversés. C’est ainsi qu’ils n’investissent généralement pas dans des secteurs tels que l’industrie du tabac, de l’armement, de la pornographie, des jeux, ou parfois de l’alcool. On aurait cependant tort de se satisfaire uniquement de ces exclusions. Lorsque l’on choisit un fonds de ce type, il est primordial de s’interroger sur sa contribution réelle à la transition énergétique et sociale de

la société. Pour s’y retrouver dans la multitude de fonds proposés et choisir un fonds ayant une bonne qualité ESG, on peut se référer à certains labels. En Belgique, Febelfin (la fédération du secteur financier) vient de lancer un nouveau label auquel les fonds ESG vendus en Belgique sont appelés à se soumettre. Ce type de label est une première étape pour éviter les fonds qui sont émis sous forme de « green washing ». Il faut donc être particulièrement attentif au contenu de ces fonds, à la façon dont les valeurs sont sélectionnées dans ces sicav. C’est là que le dialogue avec le banquier prend toute sa valeur.

Et rentables ? Une autre question est fréquemment posée : ces fonds sont-ils aussi rentables que les fonds traditionnels ? De nombreuses études académiques ont été réalisées sur ce sujet. Elles ont démontré que, généralement, lorsqu’on investit dans ces produits, on ne perd rien en performance financière. De plus, ces fonds ont une rentabilité connexe qui est leur rentabilité sociale, environnementale et de gouvernance. Les mesures mises en place dans le cadre d’une politique ESG peuvent aussi engendrer une meilleure performance de l’entreprise. Dans une entreprise bien gérée d’un point de vue ESG, les employés sont souvent plus performants, les relations avec les clients sont meilleures et le

dialogue avec les investisseurs est de qualité supérieure. Les entreprises qui adoptent un comportement plus responsable en matière environnementale ou sociale prennent aussi une avance sur leurs concurrents. En effet, elles anticipent souvent de nouvelles législations dans ces domaines. Dans l’univers des fonds, chaque fonds ESG a sa propre approche. C’est ainsi que certains produits, en raison de leur politique d’exclusion, peuvent parfois sous-performer dans un cycle économique complet, mais sur le long terme ces fonds génèrent en moyenne une bonne performance. Mais ces fonds durables ont-ils un réel impact sur la société, un rendement extrafinancier ? Ces entreprises sont encouragées à améliorer leur comportement pour des raisons de gestion du risque, de réputation et de bon fonctionnement. L’argent n’est pas neutre dans la mesure où, investi dans ces entreprises plus durables, il peut encourager tout un secteur à améliorer ses pratiques. La façon dont il est alloué et soutient l’économie n’est pas anodine. Opter pour une gestion plus responsable permet aussi de soutenir des entreprises qui préparent la société pour les générations futures selon des critères plus responsables. F.S.

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LA BRIQUE POUR LES BELGES, c’est le fond de portefeuille En Belgique, l’on est friand de posséder son propre logement. Durant la vie professionnelle, c’est pour beaucoup un objectif prioritaire. Disposer de son propre logement, c’est disposer d’un nid pour y construire une famille, et c’est une manière d’envisager la retraite. Pour beaucoup de familles, le logement est à la fois une dépense indispensable et une forme de placement à long terme. On transforme un loyer financier en capital, tout en occupant un bien : c’est en gros, le principe du beurre et de l’argent du beurre. Et, une fois le bien acquis, souvent après 20 ans de remboursements, il est devenu un des principaux actifs financiers de la famille. S’il y en a d’autres, tant mieux, bien sûr !

Réflexion de fond (s) Au moment de la prise de retraite, une réflexion de fond doit toutefois être menée à propos de l’avenir du logement familial. En théorie, à 65 en plus, les Belges ont fini de s’acquitter des traites relatives à leurs emprunts hypothécaires. Mais ce n’est pas toujours le cas. Il est bon dès lors d’ajuster à temps les dépenses sur les rentrées prévisibles, y compris celles liées au capital dédié à la production de fonds de substitution aux revenus du travail. Rien ne doit être décidé à la dernière minute. Il est bon de planifier les opérations qui devront être effectuées, mais en prenant

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du temps : une cession immobilière doit s’envisager sur le long terme, une fois encore. L’immobilier, par essence, est peu liquide. Et les règles liées à de telles opérations sont devenues complexes dans notre pays, chaque Région disposant de ses normes propres en la matière. Les conseils d’un spécialiste de l’immobilier sont précieux, en l’occurrence.

Changer d’air ? La demeure familiale est-elle encore adaptée à la vie de tous les jours ? Ne devrait-on pas songer à changer d’air et à la mettre en location, de manière à occuper un logement plus adapté, payé avec les loyers perçus ? Ne faudrait-il pas songer à la mettre en vente sous forme d’un contrat viager ? Ou simplement, n’est-il pas temps de partir vivre en appartement dans une zone confortable, en transformant en capital disponible une maison trop grande et gourmande en travaux divers ? Se poser la question, c’est souvent mettre en marche la machine à bonnes idées. Dans la foulée, après 65 ans, il est temps aussi de mettre de l’ordre dans sa vie future, en se faisant assister par exemple par un juriste spécialisé capable de préparer bien à temps

une éventuelle dépendance, une fois encore à long terme. Une manière de choisir son avenir, jusqu’à son dernier souffle.

Changer de propriétaire ? Comme chaque situation est différente, des décisions peuvent être prises dans le sens d’une transmission harmonieuse du patrimoine immobilier. Comment éviter aux héritiers potentiels de se trouver confrontés à des frais inattendus qui viendraient grever lourdement un héritage immobilier ? Les notaires sont d’excellents interlocuteurs à cet égard, qui connaissent les besoins des retraités, la façon d’en parler, et la manière de préparer le futur. Beaucoup de Belges ont préparé leur retraite en investissant dans des biens immobiliers, appartements, studios, ensembles d’habitation. N’est-il pas temps de déléguer la gestion de ces biens, de les transmettre ou d’en réaliser la valeur, pour jouir d’une vie paisible ? Évoquer ces sujets, ces problèmes, c’est souvent la méthode permettant de dégager des solutions. A.C.


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VOILÀ, VOUS ÊTES À LA RETRAITE ! C’est donc le moment de jouir de votre pension complémentaire, sous forme de capital ou de rente ? Vous voilà à la tête d’un joli capital — après le passage du fisc, s’entend — perçu dans le cadre d’une pension complémentaire. La somme est en principe coquette : qu’en faire, si vous ne souhaitez pas dépenser cet argent à court ou moyen terme, mais bien la conserver pour des temps futurs ?

Choix de la rente viagère La première solution est de convertir tout ou partie de ce capital en produit à rente. L’avantage est de recevoir périodiquement — tous les mois, par exemple — une rente, c’est-à-dire un montant déterminé au moment de la signature du contrat, et ce à vie. C’est le concept de rente viagère et dans la logique même de cette pension complémentaire. Vous percevez de la sorte un revenu supplémentaire régulier vous permettant de gonfler quelque peu le montant de votre pension légale. Une formule qui peut être tentante pour de nombreux Belges, qui adorent les produits avec « coupon ». Certains bénéficiaires n’ont pas le choix : l’option rente est alors prévue à l’origine dans le règlement liant l’employeur/l’employé et la compagnie d’assurance. Le capital est par conséquent transformé automatiquement en produit à rente. Malheureusement pour le jeune pensionné, le montant versé est considéré comme un revenu professionnel. La rente est donc soumise au précompte

professionnel, selon un pourcentage augmentant en fonction du montant annuel global de cette rente.

Choix du capital Si vous optez pour le paiement intégral de ce capital au moment de prendre votre pension légale, vous n’échappez pas non plus au bon souvenir de l’administration fiscale : une cotisation INAMI ponctionnera à tous les coups 3,55 % du montant du capital auquel il faudra ajouter un impôt de solidarité pouvant aller jusqu’à 2 % et un précompte professionnel calculé en fonction de votre carrière. Le tout est plutôt de savoir ce qui est le plus intéressant. Cela dépend de votre profil et surtout de l’importance que représente ce capital dans votre patrimoine global. Si vous ne souhaitez pas jouer avec le feu, la rente est bien entendu une solution idéale : vous savez à quoi vous en tenir. Veillez toutefois à ce que le capital revienne à vos héritiers lors de votre décès : c’est la rente qui est garantie à vie.

Un petit pactole Opter pour le versement du capital vous donne logiquement un sentiment de richesse : votre compte en banque se gonfle en une seule fois d’un montant à cinq ou six chiffres. Vous pourrez avoir l’envie, bien légitime, de vous offrir l’un ou l’autre extra. Ce sera toutefois

au détriment du capital ponctionné. Ce n’est pas en soi problématique si vous possédez d’autres réserves financières. Cela peut l’être, au contraire, si ce montant doit vous être utile pour faire face à des frais ultérieurs, de santé par exemple. Vous pouvez aussi utiliser ce capital à des fins d’investissements. Il existe d’ailleurs sur le marché des produits offrant une rente, pouvant être souscrits dès l’âge de 50 ans, en dehors donc du cadre légal lié à la pension complémentaire. Ce produit peut être une assurance de branche 23, dont le capital évoluera en fonction d’indices boursiers. Si la rente est à nouveau garantie à vie, le capital lors du décès ne l’est absolument pas : il pourra être supérieur à la mise de départ si les marchés performent correctement sur le long terme ou inférieur dans le cas contraire.

Retour à la case « placements » Vous pouvez aussi opter pour des produits d’investissement comme des fonds de placement, là encore si vous pouvez vous passer des montants investis dans la mesure où votre horizon de placement est en principe lointain : l’espérance de vie à l’âge de la retraite est bien supérieure à une poignée d’années. Il y a quasiment autant de possibilités qu’il y a de pensionnés. Évitez toutefois de laisser ce capital dormir sur un compte d’épargne : c’est la « meilleure » façon de perdre de l’argent. P.B.

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COMMENT LES ACTIFS PREPARENT-ILS LEUR AVENIR ? En matière de pension, mieux vaut être fourmi que cigale ! Parmi les Belges entre 20 et 65 ans, 64 % s’inquiètent de leur situation financière après la retraite. A peine 6 % d’entre eux estiment, d’ailleurs, que la pension légale leur suffira pour maintenir le niveau de vie qu’ils souhaitent (Enquête nationale des pensions 2019 publiée par le groupe d’assurance NN en octobre 2019). Selon cette même étude, 50 % des jeunes de 20 à 35 ans pensent qu’ils devront travailler après 67 ans et 60 % d’entre eux estiment qu’ils seront obligés de continuer une activité, afin de gagner un salaire d’appoint, lorsqu’ils seront retraités. Que ce soit en souscrivant à une épargne pension ou à une assurance-vie, en cotisant à une PLCI (Pension Libre Complémentaire pour Indépendants) ou en investissant dans l’immobilier, voyons comment les salariés et les indépendants préparent leur pension.

FRANÇOIS, SALARIÉ, 38 ANS, CÉLIBATAIRE, UN ENFANT À CHARGE. Quand je lui demande s’il a une idée de ce qu’il aura comme pension de l’Etat lorsqu’il aura atteint l’âge de la retraite, il me répond en souriant : « je ne compte pas trop dessus, je préfère agir comme si je n’aurai rien ». Très au courant des différentes solutions pour se constituer un supplément de retraite, il cotise à la pension complémentaire avec déduction fiscale depuis qu’il a commencé à travailler. C’est sa banque qui l’y a encouragé. Ce n’est que depuis peu qu’il bénéficie d’une assurance groupe. Il explique : « Quand j’ai changé d’emploi, j’avais deux propositions. Mais le fait d’avoir une assurance groupe n’est pas entré en ligne de compte dans mon choix. Pour moi, c’est surtout la fonction qui m’intéresse et les revenus et avantages immédiats ». Il continue : « J’épargne depuis quelques années mais, ces derniers temps, j’ai arrêté car j’ai été plus dépensier. Il faudrait que je recommence. L’idéal serait de mettre 10 % de mon salaire annuel de côté ». François a acheté un appartement, il y a huit ans. Il aura remboursé son prêt à l’âge de 60 ans. S’il se remet en couple et a un second enfant, il envisagera d’acquérir un bien immobilier plus grand.

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PIERRE, INDÉPENDANT, GRAPHISTE, 42 ANS, EN COUPLE, SANS ENFANT. Il ne rentre pas dans la catégorie des très bons élèves en matière d’épargne pension. Il explique : « Avant, je cotisais à une PLCI à hauteur de 50 euros par mois. C’est mon comptable qui m’y avait encouragé. Je me suis mis en société il y a deux ans et depuis je ne verse plus rien ». Il avoue : « Je vis dans le présent et ne me vois pas à la retraite. Si nous avons un enfant, je me projetterai, sans doute, plus dans le futur ». Pierre envisage l’achat d’un bien immobilier mais attend de voir comment vont évoluer les bénéfices de sa société pour décider dans quelle proportion elle pourrait participer à une éventuelle acquisition. Jusqu’à quel âge compte-t-il continuer ses activités professionnelles ? « Je compte travailler le plus longtemps possible mais par plaisir et non par obligation tout comme mon père qui est dirigeant d’une entreprise familiale et qui est toujours actif à 75 ans ».

CATHERINE, COMMERÇANTE, 42 ANS, EN COUPLE AVEC DEUX ENFANTS À CHARGE. D’entrée de jeu, elle commence en disant : « Nous vivons tous les quatre dans l’appartement dont mon compagnon a hérité et que nous avons complètement rénové. Ça m’inquiète car si jamais on se quitte, je me retrouverai sans toit ». Avec un associé, elle a ouvert, il y a deux ans, une boutique qui marche très bien. Ils se sont mis en société et viennent de créer un nouveau magasin. Sur les conseils de leur comptable, ils ont décidé de cotiser chacun pour 2000 euros par an à une assurance « dirigeant d’entreprise ». Elle conclut : « Ce n’est pas beaucoup donc si ça marche bien, nous augmenterons notre cotisation. Mais, mon objectif premier est d’avoir au moins un bien immobilier ».

CHARLES, KINÉSITHÉRAPEUTE, 25 ANS, CÉLIBATAIRE. Voilà un jeune homme prévoyant qui cotise à la PLCI, tous les mois, depuis qu’il a commencé à travailler il y a un an. Il explique : « C’est mon courtier d’assurances qui m’a proposé de le faire en m’expliquant qu’il y avait un avantage fiscal important, déductible à 100 %. De plus c’est de l’argent auquel je ne pourrai toucher que lorsque j’arriverai à l’âge de la retraite. Je pense que ma génération n’aura plus de pension de l’Etat, il faut l’accepter et anticiper ».


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LE NOMBRE DE SENIORS AU TRAVAIL A DOUBLE EN DIX ANS. Par nécessité ou par plaisir ? Pour 75 % des Belges, partir à la retraite a une connotation positive et ne signifie pas forcément devenir vieux. C’est en tout cas ce qui ressort de l’enquête nationale des pensions 2019 publiée par le groupe d’assurance NN en octobre 2019. Mais, encore faut-il avoir les moyens d’en profiter ! Les pensions belges ne suffisant pas à couvrir les besoins des retraités. Fort heureusement, un bien immobilier vient, très souvent compléter les revenus. Certains continuent à travailler à temps partiel, aussi longtemps qu’ils sont encore en forme, pour vivre décemment, améliorer leur quotidien ou tout simplement pour ne pas se couper complètement de la vie active.

NATHALIE, 67 ANS, DIVORCÉE, COIFFEUSE, UN FILS ET UN PETIT ENFANT. Comme beaucoup de femmes seules, sa situation est difficile. Elle me dit : « Je travaille depuis l’âge de 16 ans dans différents salons de coiffure. Je n’ai jamais été au chômage. A 65 ans, j’ai pris ma pension. L’Etat me paye un peu plus de 1200 euros par mois. Ce n’est pas suffisant pour vivre. Je suis donc obligée de travailler deux jours par semaine. Je commence à avoir mal au dos et ne sais pas pendant combien de temps je pourrai continuer ».

ANNE, 69 ANS, DIVORCÉE, UNIVERSITAIRE, UNE FILLE ET UN PETIT ENFANT. Cette retraitée a toujours été salariée sauf pendant cinq ans où elle a été indépendante et a cotisé à une épargne pension. Elle avoue « Ma retraite ne me suffit pas pour vivre, bien que je sois propriétaire de mon appartement, car je dois payer le précompte immobilier et les charges. J’ai travaillé dans différentes sociétés qui ont cotisé pour moi à une assurance groupe. Comme à l’époque on ne pouvait pas transférer le contrat d’un employeur à un autre, à mes 65 ans, j’ai touché plusieurs petites sommes de chaque compagnie, au total seulement 50.000 euros ». Anne continue à travailler pour arrondir ses revenus mais surtout pour mettre de l’argent de côté pour plus tard. Elle est indépendante à titre complémentaire, paye une sécurité sociale et 50 % d’impôts sur ses revenus professionnels. Courageuse, elle explique : « Je compte travailler jusqu’à 75 ans, si ma santé me le permet. J’ai des journées bien remplies car je m’occupe de ma mère qui est très âgée et aussi de ma petite fille ». Elle ajoute que si elle ne devait pas travailler, elle consacrerait du temps au bénévolat pour garder des contacts sociaux.

SIMONE, 66 ANS, DIVORCÉE, UNIVERSITAIRE, UN FILS ET UN PETIT ENFANT. Avec une carrière complète comme salariée et un employeur qui a cotisé à une assurance groupe pour elle durant 36 ans, cette pensionnée a envisagé l’avenir avec sérénité lorsqu’elle a arrêté de travailler à 65 ans. Elle explique : « J’ai terminé de payer ma maison à la veille de ma retraite. Avec une petite partie du montant que j’ai touché de l’épargne pension j’y ai fait des travaux. La location d’un appartement, que j’ai acheté, complète mes revenus. J’ai assez pour vivre mais l’argent sort vite et ne rentre plus comme avant : plus de 13e mois ni de bonus et j’ai plus de frais médicaux car je vieillis ». Simone est très active. Elle fait du bénévolat, suit des cours à l’université, s’occupe de son petit-fils et garde la forme grâce à la natation et des cours de gym. Elle ajoute « Il faut avoir un toit sur sa tête, quel qu’il soit, même un flat, car les pensions belges ne permettent pas de vivre décemment. Il faut aussi s’occuper. Sinon on déprime ».

HENRI, 70 ANS, EN COUPLE, MÉDECIN GÉNÉRALISTE, QUATRE ENFANTS ET DE NOMBREUX PETITS-ENFANTS. Cet homme dynamique explique : « Je continue à travailler mais je lâche un peu le pied car j’ai réduit mes horaires à 4/5e. Je suis un médecin de famille à l’ancienne et j’aime ce que je fais. Ça me permet de continuer à avoir des contacts sociaux et ça met du beurre dans les épinards. Je touche ma pension et ai en plus le statut d’indépendant. Je me recycle toujours et utilise les outils informatiques d’aujourd’hui. Certains de mes confrères arrêtent car ils trouvent que ça devient trop compliqué, moi pas ». Le couple a acheté une maison à crédit. Ils ont tout emprunté et fini de la payer lorsque Henri a atteint l’âge de la pension. Avec le montant de son assurance vie à laquelle il avait cotisé jusqu’à 65 ans, il a acheté un appartement pour compléter les revenus du couple. Son épouse a travaillé comme aidante durant 19 ans puis a été employée pendant 29 ans. Elle a pris sa retraite à 65 ans. Elle confie : « Je suis bénévole dans une association. Je rencontre de nombreux seniors qui n’ont aucun revenu à part leur très petite pension qui leur permet de vivre à peine au-dessus du seuil de pauvreté ».

A l’heure où l’on parle de plus en plus du vieillissement de la population et où le budget pension de l’Etat explose, il est plus que temps pour les actifs de planifier leurs vieux jours en se faisant assister par un expert qui les aidera à trouver des solutions fiscalement intéressantes pour combler le déficit de revenus qu’ils connaitront quand ils seront arrivés à l’âge de la retraite. C.B.dB.

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Une pension moyenne s’élève à seulement 1125 €. C’est pourquoi Stéphanie, en plus de son épargne-pension, a établi un plan personnel pour ses investissements. Et vous, êtes-vous prêt pour l’avenir ? Faites le test des 3 questions sur axabank.be/investir, calculez ce dont vous avez besoin et faites une analyse de votre plan personnel pour vos investissements avec votre Agent bancaire AXA.

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Guide des Pensions - 13 Novembre 2019  

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