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Le marché

Photographie

Hamza Halloubi avance à petits pas de géant. Expo chez C-o-m-p-o-si-t-e. P.5

La prochaine vente chez Lempertz allie peintures et sculptures. PP.10-11

À la Stilll Gallery d’Anvers, les photos perdues du MRAH réinventées. PP.4-5

HANA MILETIC, “SINT-ANNABOS”

Expo en vue

Supplément à La Libre Belgique - N°232 - Semaine du 16 au 22 mai 2014

LES OBJETS

VIVANTS

DE VALÉRIE BELIN PP.2-3 VALÉRIE BELIN, “STILL LIFE WITH MIRROR”, 2014, TIRAGE PIGMENTAIRE SUR PAPIER ENHANCED EPSON 108 X 144 CM, ÉD 1/6./ COURTESY VALÉRIE BELIN & GALERIE NATHALIE OBADIA/BRUXELLES ©D.R.

© S.A. IPM 2014. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


L'actu

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SEMAINE DU 16 AU 22 MAI 2014 ARTS LIBRE

Commentaire

l Expo en vue

Couleur et jeunesse

Baroquisme photog

La jeunesse ne calcule pas. La couleur le lui rend bien. Jeunesse de corps sans doute. Jeunesse de cœur surtout. A tout âge ! En ce moment, le printemps ne tarde pas mais s’étire sous une pluie qui, tout compte fait, ne vaut rien à l’homme. Pas de quoi se taper la tête contre les murs. N’est­il pas préférable, expédient de luxe s’entend, aller voir de quels soleils se sont illuminés, nous illumi­ nent par jeu de ricochets, ces artistes à la une actuelle de nos émotions. La couleur les caractérise tous. Ils s’en enchantent. S’en pourlèchent babines et toiles. L’âge leur donne raison qui les illumine depuis toujours. Et durable­ ment. Cinq notes de couleur, diverses et complémentaires, nous poursuivent en ce moment. Leurs auteurs n’ont pas à rougir d’un poids des ans qu’ils portent comme un gant de transparences, tant celles­ci chantent en leurs tableaux, la saison des bilans pourtant venue leur titiller la barbichette. Matisse avait 80 ans quand il découpa ses papiers colorés d’éblouissements. Karel Dierickx en a 74 et sa palette n’a jamais autant chanté la lumière des émerveillements. Joris Ivens, à 79 ans, développe une sérénité qui donne à ses couleurs ténues une jouissance spiri­ tuelle et profonde. Alechinsky, 86 ans de traits et vagabondages graphiques, éclabousse sa vie d’éclairs tendres, goguenards, virevoltants. A 94 ans, Pierre Soulages charme de noirs pro­ fonds l’immensité lumineuse qui s’en induit. Tous les cinq exposent en ce prin­ temps, à deux pas de chez nous. Leurs bouquets sont des cadeaux que l’on s’échange entre amis. De Bruxelles à Rodez, en passant par Londres ou Namur, l’offre est à ce point indicible, réjouissante, sans pareille, qu’elle s’impose. Au seul titre du miracle que véhicule tout art vrai. Que penser, par contre, de la promesse de printemps, habile stratagème élec­ toral, d’un Musée d’Art moderne et contemporain en l’Espace Citroën, au canal, à Bruxelles ? Sinon qu’alléchante à coup sûr, elle risque, élections ve­ nues, de retomber dans des oubliettes incongrues. La vérité des uns n’est point celle des autres ! Et la politique semble si peu encline aux arts que pareille promesse de dernière minute a tout l’air et l’heur de nous prendre pour des nigauds. Mais, “Dites, si c’était vrai”, chantait Brel pour tout autre chose…

COURTESY VALÉRIE BELIN&GALERIE NATHALIE OBADIA/BRUXELLES ©D.R.

Par Roger Pierre Turine

h Duos de la photographe française Valérie Belin chez Nathalie Obadia : noir/blanc et couleur, natures mortes et intérieurs. LA PHOTOGRAPHE VALÉRIE BELIN A BÂTI une so­ lide partie de sa réputation sur ses clichés de manne­ quins, sur les multiples portraits de femmes et sur les séries de catégories de personnages. L’exposition qui porte sur les “Still Life”, série initiée en 2013 et sur les “Intérieurs” datant de 2012, peut surprendre au premier abord. En fait, depuis ses premières thé­ matiques datant de 1994, l’artiste française a alterné les sujets d’objets et ceux consacrés aux personnes,

aux corps et aux habits. Tout comme elle passe vo­ lontiers du noir et blanc à la couleur selon le sujet traité. Les deux axes de sa production peuvent être reliés par une de ses déclarations : “Paradoxalement quand je photographie des objets, c’est comme s’ils pre­ naient vie”. C’est d’autant plus vrai que ses portraits de man­ nequins jouent sur le simulacre. Ce sont des faux­ semblants puisqu’il s’agit de moulages peints et photographiés. D’apparence réelle, ce sont malgré tout des objets ! L’artiste mise ainsi sur l’ambiguïté, inocule le doute dans ses photographies, interroge l’exactitude supposée des identités, la fragilité du re­ gard et la soi­disant vérité de la photographie. Même celle non retouchée. La mise en scène peut suffire à tromper. Les deux séries exposées, d’un certain point de

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raphique et portraits d’objets

COURTESY VALÉRIE BELIN&GALERIE NATHALIE OBADIA/BRUXELLES ©D.R.

Valérie Belin, “Le chapeau de paille”, 1625 (Série Intérieurs), 2012, tirage argentique, 13,4 x 17 cm, éd 2/5. A droite, Valérie Belin, “Still life with pearls”, 2014, tirage pigmentaire sur papier Enhanced Epson 108 x 144 cm, éd 1/6.

“On pourrait dire que je travaille la photographie “de l’intérieur”, au travers de la lumière, de l’échelle, de la chimie – ce qui fait d’elle, avant toute chose, une empreinte lumineuse”. Valérie Belin (Nathalie Herschdorfer, in Valérie Belin, Steidl, Göttingen/Paris, 2007)

vue, touchent également au portrait bien qu’elles ne recèlent aucun personnage et portent sur des objets ou des lieux. Dans les deux cas, les photos sont le re­ flet d’une personnalité. Dans les “Still Life” Valérie Belin lève un bout de voile sur elle­même puis­ qu’elle y montre de véritables accumulations d’ob­ jets de sa propre collection. Dans les “Intérieurs”, on devine facilement qu’ils sont l’illustration d’acqué­ reurs compulsifs qui entassent dans des espaces plus ou moins réduits une invraisemblable quantité d’objets de leurs désirs ou de leur besoin de posses­ sion. Dans les deux cas, on sera tenté de décrypter les capharnaüms quelque peu obsessionnels pour tracer le profil des collectionneurs. Dans les “Still Live”, de grands formats en couleur ou en noir et blanc très durs obtenus par solarisa­ tion, on retrouve, comme s’il s’agissait d’un amas de

souvenirs ou d’un fond d’atelier, quelques­uns des principaux ingrédients de ses photos antérieures. Des fleurs, des visages de mannequins, des accessoi­ res décoratifs, soit une panoplie d’objets présentés en vrac à la manière d’une nature morte et dans un foisonnement typiquement baroque qui fait penser à la peinture italienne du 17e siècle, voire à la ruti­ lance hétéroclite de certains décors surchargés des lieux de culte au Mexique. Contrecarrant l’impres­ sion de chaos et de désordre, toutes ces œuvres sont savamment composées, dosées chromatiquement et éclairées entre mystère et révélation. La lecture des “intérieurs”, eux aussi pour le moins baroques par le phénomène accumulatif, s’avère plus intimiste et plus compliquée dès lors que les formats des photographies, impressions argentiques cette fois, sont réduits. Le lieu apparaît presque comme compressé. L’ensemble, des entassements plus ou moins ordonnés, livre davantage une am­ biance, apporte des indications sans pour autant en­ trer dans le détail. Le format, la gestion de la lumino­ sité plutôt sombre, entrent parfaitement en réso­ nance avec cette intention. En fin de compte, pour neuves et différentes qu’el­ les soient ces deux séries ne sont pas en rupture avec le travail antérieur, au contraire elles abordent le portrait sous des angles différents et en l’absence de figure. Claude Lorent

Infos pratiques Valérie Belin. « Still Life ». Galerie Nathalie Obadia, 8, rue Charles Decoster, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 21 juin. Du mardi au vendredi de 10h à 18h, samedi de 12h à 18h.

Bio express Née en 1964 à Boulogne-Billancourt, Valérie Belin vit et travaille à Paris. Ses œuvres ont été exposées en Europe, aux Etats-Unis, à Moscou et au Japon, et figurent aussi parmi des collections renommées dont celles du Centre Pompidou (Paris), de la Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris) du Lacma à Los Angeles, du Moma à New York, du Mudam (Luxembourg)… En Belgique, elle a exposé au Fomu à Anvers. Son travail a été distingué par le Prix Paris Photo en 1997, le prix CCF (HSBC) Fondation pour la photographie en 2000, le Prix Altadis (2000/2001) et sélectionné pour le prix Marcel Duchamp en 2004.

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SEMAINE DU 16 AU 22 MAI 2014 ARTS LIBRE

Sm’Art

l Expo en vue

Graveurs aux Collines

Images imaginées

Le duo est réuni sous le signe de la gravure même si un demi­siècle sépare les deux protagonistes. Honneur à l’aîné, Gustave Marchoul (Liège, 1924) considéré à juste titre tel un maître es estampes en toutes techniques qui a tout expérimenté et qui a formé plusieurs générations. C’est auréolé de son prix 2013 du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée que se présente le jeune hennuyer installé à Liège, Sylvain Bureau (1979) qui exploite surtout la lino­ gravure et la sérigraphie, technique dans laquelle il réalise également, en dévelop­ pement images et narration, des bandes dessinées autoéditées. (C.L.) U Sylvain Bureau et Gustave Marchoul. Gravures. Galerie des Collines, 79, rue du Moulin, 5680 Vaucelles (Doische). Jusqu’au 15 juin. Ven. de 17h à 18h30, sa et di de 13h à 16h. www.galeriedescollineshubert.com

h À la Stilll Gallery d’Anvers, les photos perdues du MRAH réinventées.

Borgherquoi ? Comme de plus en plus de galeries d’art anversoises, la Stilll Gallery a fait le choix pour s’établir du quartier excentré de Borgherhout. Autrefois banlieue aisée, l’endroit s’est paupérisé au fil du temps jusqu’à ce que, ces dernières années, une population jeune et branchée y revienne. Pour en expliquer en peu de mots l’évolution récente, Thierry Vandenbussche explique : “Il y a quinze ans encore on parlait de Borgherocco… Depuis quelque temps, avec la parade brésilienne annuelle, on dit souvent Borgherio. Mais quand on voit la nouvelle population, ce serait plutôt Borgheroho…”

The Belgium Odyssey Il est américain mais a choisi de vivre et de développer son talent pictural en Belgi­ que. Tout le bonheur est pour nous car la peinture de Jeff Kowatch est non seule­ ment magnifique mais enchanteresse. Un vrai plaisir pour les yeux, pour les neuro­ nes, pour les émotions qu’elle ne peut manquer de susciter. Abstraite, infor­ melle, vaporeuse, légère au point de vivre comme un nuage dans une sorte d’ape­ santeur, cette peinture est d’une richesse chromatique assez incomparable. Les to­ nalités les plus puissantes sont tempérées par des teintes douces dont la rareté et la saveur n’appartiennent qu’à l’artiste. (C.L.) U Jeff Kowatch. The Belgium Odyssey painting’s. Galerie Negenpuntnegen, 47, St­ Amandsstraat, 8800 Roeselare. Jusqu’au 14 juin. Me de 14h à 18h, du je au sa de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Infos pratiques A specter from the land of it #2, exposition collective avec John Blake, Egon Van Herreweghe, Jan Kempenaers, Lara Dhondt, Ria Pacquée, Dominique Somers, Sarah Gerats, Mattéo Cremonesci, Hana Miletic, Ward Heirwegh, Sine Van Menxel, Erik van der Weijde et Emmeline de Mooij. Anvers, Stilll Gallery, Laar 12. Jusqu’au 28 juin, du mercredi au samedi de 14 à 18h. Rens. : www.stilll.be

JAN KEMPENAERS/COURTESY STILLL GALLERY

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Illustrer, orner Les beaux petits ouvrages d’auteurs illus­ trés, ornés, par peintres ou dessinateurs pullulent en cette saison d’arbres fleuris. Point avare en exercices, le jovial septua­ génaire brocanteur Lionel Vinche met le paquet : après son beau duo avec Chantal Bauwens, le voilà, verve bonhomme, de pair avec Dominique Loreau dans “L’om­ bre du miroir”, chez Esperluète, et avec Jacques Sojcher dans “C’est le sujet”, chez Fata Morgana. Ludique, inventive, énig­ matique et tendrement lubrique, Anna­ belle Guetatra répond présente avec bon­ heur partout où la mènent ses pas. “Comme un air de tendresse au bout des doigts” : Esperluète vous régale des ac­ cords du duo Frédérique Dolphijn/Anna­ belle Guetatra. (R.P.T.)

l Expo en vue

Halloubi au­ h Halloubi avance à petits pas de géant dans une expression artistique qui lui colle si bien à la peau qu’en émerge une poésie indicible.

C’est un peintre en colère qui expose à Pa­ ris : Sabhan Adam. Il vit à Damas au cœur d’une guerre civile qui le déchire. Point de politique directe en son œuvre colorée et tragique, mais le cri d’un homme aux pri­ ses avec les horreurs guerrières et l’incon­ tournable agressivité humaine. D’un homme qui, par contraste, raconte dans ses tableaux ce dont il a toujours rêvé. Les chants chromatiques d’un utopiste. (R.P.T.) U Galerie Polad­Hardouin, 86, rue Quincampoix, Paris 3e. Jusqu’au 21 juin. Infos : www.polad­hardouin.com

H HALLOUBI / COURESTUY GALERIE C-O-M-P-O-S-I-T-E.

Au cœur de Damas

Hamza Halloubi, “Effacer” (Remake 2014), video, 1’40’’ , à la galerie C-o-m-p-o-s-i-t-e.

CELUI QUI ENLEVA, EN 2012, le Prix Arts Libre des Jeu­ nes Artistes n’a pas failli depuis. On le retrouve réguliè­ rement à la une d’expositions qui, lentement mais sû­ rement, l’installent en première ligne des artistes pro­ mis à un bel avenir… Pourvu qu’ils restent parfaitement eux­mêmes dans un monde qui a vite fait de les dé­ voyer vers des modes sans fond. Le risque de voir Hamza Halloubi y prêter attention n’est pas de mise. C’est heureux pour lui. Et pour nous. Si, pour le définir, il semble aller de soi de le situer parmi les tenants d’un art du concept, la sauce, chez lui, demeure légère et riche, panoramique, soucieuse de forme autant que d’idée. Point d’intellectualisme su­ ranné, point de fourre­tout indigent et stérile, mais une idée qui va son chemin en s’arc­boutant à la main qui lui confie sa substance humaine. Qui va son registre dé­ licat. Son incursion dans un quotidien qui vit ou a vécu. Sa vérité intrinsèque au­delà d’une réalité toujours su­ jette à caution.

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L'actu

EN FAISANT LE TOUR DE LA STILLL GALLERY à Anvers, rien ne laisse pen­ ser que l’exposition en cours tire son fil rouge d’un important travail en trois volumes traitant des images manquan­ tes de la collection pictorialiste du MRAH. Il faut être attentif pour faire le rapport entre les œuvres des différents artistes et la disparition des deux tiers des 67 photographies pictorialistes achetées par l’État en toute fin de XIXe siècle et qui avaient fait l’objet de cette thèse de l’historienne de l’art, Ta­ mara Berghmans. En fait, pour faire ce lien, il faut s’apercevoir que la plupart des créations présentées ont un rap­ port avec l’effacement ou l’abandon. C’est le cas par exemple de l’image négative d’Hana Miletic montrant la silhouette dépenaillée d’un arbre sous l’intitulé “Sint­Annabos”. Cette forêt de 96 hectares qui est un véritable pou­ mon de la ville diamantaire subit en ef­ fet les assauts des autoroutes et fait craindre à ses défenseurs de nouveaux projets qui la mettraient en péril. C’est le cas aussi de cette composition abs­ traite d’Egon Van Herreweghe, toute en nuance de gris, qui nous renvoie à l’abandon de la représentation réaliste. L’auteur explique par ailleurs : “En in­ sistant sur la dichotomie entre l’objet et la représentation, j’essaie de proposer un dialogue en dehors de la dénotation de l’image. Cette absence ne doit pas être considérée comme un rejet brutal du réa­ lisme, mais comme la tentative fragile d’un vocabulaire intime…”.

Assez curieusement, Jan Kempenaers que l’on connaît par ses photographies de non lieux s’inscrit dans ce projet également avec deux images abstraites. Cependant, c’est plus ici l’esthétique (en l’occurrence une dominante bleue à la façon des cyanotypes pictorialistes) que l’idée de la perte qui évoque la fa­ meuse collection fantomatique. Une collection qui, soit dit en passant, de­ vait être l’embryon d’un musée de la photographie à Bruxelles et dont on a tout de même retrouvé cinq des images disparues au… musée de la photogra­ phie d’Anvers. Ceci au grand dam du MRAH. C’est tout le pari de cette exposition de traiter en creux de l’importance du Pictorialisme durant la Belle Epoque et de renouer avec ses interrogations. La collection historique qui contenait des auteurs de renommée internationale tels Alfred Stieglitz, Edward Steichen ou Alexandre témoigne pour ce qui en reste de la volonté de reconnaissance de la photographie dans le contexte des beaux­arts d’alors. Tiraillée entre le na­ turalisme et l‘impressionnisme, elle souligne l’égale volonté d’en réserver la pratique éclairée à une classe sociale aisée au fait des courants esthétiques à la mode. Ceci en dépit de l’amorce de démocratisation de la société en cette fin de siècle. C’est dire si le questionne­ ment que prend à bras le corps cette exposition “A specter from the land of it #2” vaut encore aujourd’hui. Jean-Marc Bodson

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HANA MILETIC/COURTESY STILLL GALLERY

SEMAINE DU 16 AU 22 MAI 2014 ARTS LIBRE

Hana Miletic, “Sint-Annabos”

delà de la mémoire Halloubi n’intellectualise pas, sa force. Il enregistre et souligne des faits, qu’il analyse sans y toucher, subtile­ ment. Il raconte en images et inscrit son propos dans une suite de métaphores habilement distillées. Interpellé par le temps et par l’espace, l’artiste soumet sa vision des choses et des gens à l’image qui suggère, énonce sans s’appesantir, flétrit parfois la vie comme la vie se flétrit à mesure que le temps passe. Ses expos récentes à la Médiatine, à La Centrale, à Bo­ zar, ses deux années de résidence à l’HISK, à Gand, lui ont permis d’avancer en connaissance de cause et de re­ connaissance, le jeune homme ayant été salué par plu­ sieurs prix, issue toujours réconfortante pour un créa­

“Je tends à un art conceptuel, mais un conceptuel vivant. Je travaille la vidéo comme un artisan, pas à pas. Il faut que l’idée parle, mais il faut aussi que la forme y soit.” Hamza Halloubi

teur en chantier. Le temps et l’espace qui induisent les réflexions sont au cœur même de l’ouvrage qu’initie un Halloubi en­ clin, à temps et à heures, à donner du prolongement à des travaux entrepris hier. Ce n’est pas systématique, plutôt fonction d’imprévus qui, voulus ou pas, confortent le regard précédent sur l’inexorable évidence de la mémoire qui fout le camp. En 2012, Hamza Halloubi avait réalisé la vidéo “Effa­ cer” : on y voyait un vieil homme, l’acteur et costumier de théâtre marocain Larbi Yacoubi, effacer énergique­ ment, posément, irrémédiablement, les traces de sa vie inscrites dans un cahier. Fort et touchant. Or, cette vi­ déo, pour des raisons indissociables de la précarité des nouvelles technologies, s’est, un jour, scratchée (avec le disque dur d’Hamza) ! Loin de s’en alarmer outre mesure, Halloubi a tiré profit du naufrage. A partir de ce qui restait du désastre, il a conçu des “risographies” (sortes de sérigraphies réa­ lisées à l’aide de photocopieuses, un très vieux pro­ cédé), des images en somme d’un temps qui s’est abîmé. Puis, retourné à Tanger, il y a retrouvé son vieil homme, dont la santé s’était pas mal dégradée. A force de persuasion et d’attente, il a pu tourner une nouvelle version de “Effacer” : “Remake”. Un autre film est titré “Lettre à Tanger”, un film autour du voyage, une lettre envoyée de Tanger à ses

amis de C­o­m­p­o­s­i­t­e. Un film sur la précarité, la difficulté d’œuvrer, la limite entre fiction et documen­ taire. Enfin, Halloubi a entièrement surchargé de pein­ ture blanche deux anciennes peintures figuratives de sa jeunesse. Avec Hamza Halloubi, la métaphore du temps qui passe et efface prend un sens terriblement humain, très sensiblement poétique. Roger Pierre Turine

Bio express Né en 1982 à Tanger, Maroc. Vit et travaille entre Bruxelles et Tanger. En 2012, Galerie Rodolphe Janssen; en 2013, Bozar et Médiatine; en 2014, Kiosk, à Gand, La Centrale, à Bruxelles. Lauréat d’Art Contest en 2011. Prix Arts Libre en 2013.

Infos pratiques C-o-m-p-o-s-i-t-e, 10, rue du Marché aux Porcs, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 31 mai, du jeudi au samedi, de 14 à 18h. Infos : www.c-o-m-p-o-s-i-t-e.com

© S.A. IPM 2014. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


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Les galeries

SEMAINE DU 16 AU 22 MAI 2014 ARTS LIBRE

Regards

Galeries

URue du Pays de Liège 4 - 1000 Bruxelles 02 513 33 07 - www.alicebxl.com

BRUXELLES

COURTESY OF THE ARTIST AND ROSSICONTEMPORARY

B.K.W. Gallery 50 Years of The Warhol Factory Photo Archives by Gerard Malanga. L’expo est un véritable témoignage de la scène underground New Yorkaise des années 60. Ses principaux protagonistes y sont immortalisés (Iggy URue Lebeau 53 - 1000 Bruxelles Pop, Patty Smith, Robert Map02 511 32 53 ou 0475 37 59 27 plethorpe, le Velvet Underground...) et notamment les stars de la Factory Albert Dumont Denis Crutzen. ‣ Jusqu’au 08·06. Du (Andy Warhol, Nico, Candy Darling...). ‣ Jusqu’au 30·05. Du L. au S. de 10 à J. au D. de 13h30 à 19h. URue Léon Lepage 43 - 1000 Bruxelles 13h et de 14 à 18h, le D. de 10 à 15h. ABC Murmures. Oeuvres de Julia Jedwab. ‣ Jusqu’au 31·05. Du Ma. au S. de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h30 ou sur rdv, fermé le 29·05.

02 512 49 43 - www.galeriedumont.be

UPlace du Grand Sablon - Rue de Bodenbroek 2-4 - 1000 Bruxelles - 02 503 13 10 www.bkw-gallery.com

Alice Just before Brazil. La galerie présente les travaux sur papier de 27 artistes: c-l-e-a-r-i-n-g Maya Hayuk, Todd James, Steve She. Oeuvres de Spencer Sweeney. Powers, Atelier Pica Pica, Invader, ‣ Jusqu’au 21·06. Du Me. au S. de 11 à Hell’O Monsters, Colonel & Spit, Sophie 18h. d’Ansembourg... ‣ Jusqu’au 27·06. Du UAvenue Louise 292 - 1000 Bruxelles 02 644 49 11 - www.c-l-e-a-r-i-n-g.com Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv.

Les portraits d’un instant de Rosic’ Francesco Rossi a l’art de se constituer un panel d’artistes qui intriguent, dans des genres très divers d’ailleurs. Récemment, à Art Brussels, il fit un tabac avec les dessins épatants du Français Romain Cadilhon, qui fut un Jeune Artiste Arts Libre. Et voici qu’il renouvelle la donne, très différemment, avec Jonathan Rosic’(né à Tirlemont en 1979), un autre dessinateur d’une rare subtilité, d’une sensibilité qui a l’art de taire son nom, d’une précision de trait qui confine à l’acte de dévotion. Rosic’s’inspire de photos tirées de films de Bergman ou d’Hitchock, peu importe d’ailleurs. Il saisit un visage en gros plan, y traque l’instant qui, passant, inscrit, imperceptiblement, un mouvement dans ce visage. Rosic’dessine des portraits qui sont autant d’arrêts sur l’image, une façon très personnelle de s’interroger sur le temps qui passe, les mouvements de la peau, des yeux qui se ferment, d’autres qui s’ouvrent. Traités en gros plan, à l’encre de Chine (des

gouttes d’encre qui, mises dans l’eau, salissent l’eau et donnent au rendu une grisaille), nombreux passages à la clé, les portraits de Rosic’se confinent dans les ombres et, partant, des inquiétudes qui, pourtant, chantent une vie qui passe. Et qui s’ouvre aussi, même si parfois elle se ferme. Se referme sur elle­ même. Quand on sait combien la photographie et l’image filmée ont inspiré nos peintres et les ont transcendés pourvu qu’ils aient réussi à imposer une identité à leurs travaux, nul doute pour Jonathan Rosic’: sa palette est à ce point identitaire qu’on le reconnaîtrait déjà de loin. Ses regards percent l’espace de nos entendus. Ses regards nous poursuivent ! (R.P.T.)

U Rossi Contemporary, Rivoli Building, rue De Praetere, 1180 Bruxelles. Jusqu’au 31 mai, jeudi et vendredi, de 13 à 17h; samedi, de 14 à 18h. Infos : 0486.31.00.92 et www.rossicontemporary.be

URue Ravenstein 32 - 1000 Bruxelles c-o-m-p-o-s-i-t-e Laurentin Gallery 219 44 51 Henri Michaux. Peintures et oeuvres Remake. Oeuvres d’Hamza Halloubi. 02 www.etablissementdenfaceprojects.org sur papier. ‣ Jusqu’au 21·05. Du Ma. ‣ Jusqu’au 31·05. Du J. au S. de 14 à au S. de 10h30 à 18h30. 18h. Gladstone Gallery Ernest Allard 43 - 1000 Bruxelles URue du Marché aux Porcs 10 Richard Aldrich. Dessins, peintures et URue 02 540 87 11 - www.galerie-laurentin.com 1000 Bruxelles - www.c-o-m-p-o-s-i-t-e.com sculptures. ‣ Jusqu’au 07·06. Du Ma. au S. de 10 à 18h. Mathilde Hatzenberger Gallery Catherine Bastide URue du Grand Cerf 12 - 1000 Bruxelles Les Espérances. Oeuvres de Lola ... / Forever Young. Oeuvres d’Uri Aran, 02 513 35 31 - www.gladstonegallery.com B.Deswarte. ‣ Jusqu’au 17·05. Du Me. David Caille, Bitsy Knox, Anna Mayer, au S. de 13 à 19h ou sur rdv. Valerie Snobeck & Catherine Sullivan, Group 2 Gallery URue Léon Lepage 11 - 1000 Bruxelles Julia Wachtel. ‣ Jusqu’au 24·05. Du Homme libre, toujours tu chériras la 0478 84 89 81 mer. Oeuvres de Gaston Bertrand, Zé- www.mathildehatzenberger.eu Ma. au S. de 11 à 18h. phir Busine, Roger Dudant, Jean Milo, URue Vandenbrandenstraat 1 - 1000 BruxelLouis Van Lint... ‣ Jusqu’au 17·05. Du Meessen De Clercq les - 02 646 29 71 www.catherinebastide.com Me. au S. de 14 à 18h. Am I the same ?. Oeuvres de Fabrice URue Blanche 8 - 1000 Bruxelles Samyn. ‣ Jusqu’au 17·05. Du Ma. au S. 02 539 23 09 Champaka de 11 à 18h. http://artalog.net/gallery/gallery.php?id=286 Carlos Nine “Rapport visuel sur la URue de l’Abbaye 2 - 1000 Bruxelles ville de Buenos Aires”. Oeuvres origi- Jan Mot 02 644 34 54 - www.meessendeclercq.com nales de Carlos Nine issues de son der- Only. Oeuvres de Robert Barry. ‣ Jusnier album qui vient de paraître aux qu’au 17·05. Du J. au S. de 14 à 18h30 MOTinternational Concrete Block, Drawings & Works on éditions Les Rêveurs. ‣ Jusqu’au ou sur rdv. Paper, 1978-2005. Figure importante 31·05. Du Me. au S. de 11 à 18h30, le URue A. Dansaert 190 - 1000 Bruxelles 02 514 10 10 - www.janmot.com de l’Art Conceptuel depuis les années D. de 10h30 à 13h30. 60, Stephen Willats présente une série URue Ernest Allard 27 - 1000 Bruxelles 0475 26 94 08 - www.galeriechampaka.com Keitelman Gallery de dessins et de graphiques qui constiMetri quadri di quadri. Oeuvres de Ga- tuent la part essentielle de sa pratique briele Di Matteo. ‣ Jusqu’au 31·05. Du et révèlent son concept déterminant: Etablissement d’en face projects A Hidden Quiet Pocket. Oeuvres de Ma. au S. de 12 à 18h. l’architecture moderne dans le monde Shelly Nadashi. ‣ Jusqu’au 08·06. Du URue van Eyck 44 - 1000 Bruxelles actuel. ‣ Jusqu’au 24·05. Du Ma. au S. 02 511 35 80 - www.keitelmangallery.com de 10 à 18h ou sur rdv. Me. au D. de 14 à 18h.

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SEMAINE DU 16 AU 22 MAI 2014 ARTS LIBRE

UPlace du Petit Sablon 10 - 1000 Bruxelles 02 511 16 52 - www.motinternational.com

18h.

URue Isidore Verheyden 2 - 1050 Bruxelles 02 512 92 95 - www.albertbaronian.com

7

qui ne sont pas des livres. ‣ Jusqu’au 31·05. Du J. au S. de 14 à 18h30. URue Saint-Georges 32 - 1050 Bruxelles -

Office Baroque Gallery 02 640 34 44 - www.nadineferont.com Weird Vibe. Peintures de Mathew Cer- Bodson letty. ‣ Jusqu’au 07·06. Du Me. au S. ... How low can you go. Sculptures de Nathalie Obadia de 11 à 18h ou sur rdv. Simon Nicaise. ‣ Jusqu’au 14·06. Du Still Life. Oeuvres de Valérie Belin. UPlace du Jardin aux Fleurs 5 - 1000 BruxelMe. au S. de 14 à 19h. ‣ Jusqu’au 21·06. Du Ma. au V. de 10 à les - 0484 59 92 28 URue de Hennin 70 - 1050 Bruxelles 18h, le S. de 12 à 18h. www.officebaroque.com 02 648 40 06 - www.bodsongallery.com

URue Charles Decoster 8 - 1050 Bruxelles 02 648 14 05 - www.galerie-obadia.com

Office d’Art contemporain Box Galerie Point attracteur. Oeuvres de Marcus A la croisée des chemins. Photogra- Puls Contemporary Ceramics Bering. ‣ Jusqu’au 21·06. Du J. au S. phies de Mark Steinmetz. ‣ Jusqu’au Yoshimi Futamura & Thérèse Lebrun. de 14 à 18h ou sur rdv. 05·07. Du Me. au S. de 14 à 18h. ‣ Jusqu’au 07·06. Du Me. au S. de 13 à URue de Laeken 105 - 1000 Bruxelles URue du Mail 88 - 1050 Bruxelles 18h. 02 512 88 28 www.officedartcontemporain.com

Petits Papiers - Huberty & Breyne Gallery Andreas / Verschaere. Fantômes, démons et créatures étranges peuplent les univers étranges et fantasmagoriques de l’artiste plasticien Fabien Verschaere et de l’auteur de bande dessinées Andreas. ‣ Jusqu’au 01·06. Du Me. au D. de 11 à 18h30.

02 537 95 55 - www.boxgalerie.be

URue du Page 19 - 1050 Bruxelles 02 640 26 55 - www.pulsceramics.com

Delire Gallery Exposition collective. Oeuvres de Mar- Rodolphe Janssen cel Broodthaers, Nico Dockx & Rirkrit David Adamo. Sculptures. ‣ Jusqu’au Tiravanija, Aditya Mandayam, Pat Mc- 28·05. Du Ma. au V. de 10 à 18h et le S. Carthy, Gianni Motti et Roman Opalka. de 14 à 18h. ‣ Jusqu’au 24·05. Du J. au S. de 13 à Gert & Uwe Tobias. ‣ Jusqu’au 28·05. URue de Livourne 32-35 - 1050 Bruxelles 18h ou sur rdv. URue de Praetere 47D - 1050 Bruxelles 0487 12 52 50 - http://deliregallery.com

02 538 08 18 www.galerierodolphejanssen.com

URue de Bodenbroeck 8 - 1000 Bruxelles 0478 31 92 82 - www.petitspapiers.be

XXL ART on Waterloo 503 Didier Devillez Hubris. Oeuvres de Dany Danino. Haut en Couleur. Peintures, dessins et ‣ Jusqu’au 31·05. Du J. au S. de 14 à aquarelles de Vincent Delpierre. ‣ JusPierre Hallet qu’au 07·06. Du J. au S. de 14 à 18h ou ou sur rdv. Made in Catalunya #2. Oeuvres de Ma- 18h30 URue E. Van Driessche 53 - 1050 Bruxelles sur rdv. nolo Ballesteros. ‣ Jusqu’au 25·05. Du 02 215 82 05 - www.galeriedidierdevillez.be UChaussée de Waterloo 503 - 1050 BruxelMa. au V. (fermé le Me.) de 14h30 à les - 0472 45 81 49 18h30, le S. de 11 à 18h30 et le D. de duboisfriedland www.xxlartonwaterloo503.com 11h30 à 13h30. Music for a Code. Oeuvres de Pascale URue E. Allard 33 - 1000 Bruxelles Barret. ‣ Jusqu’au 05·07. Les V. et S. Zedes Art Gallery 02 512 25 23 - www.galeriepierrehallet.com After Mother. Oeuvres de Louis d’Haude 14 à 18h ou sur rdv. URue Souveraine 97 - 1050 Bruxelles terives. ‣ Jusqu’au 28·06. Du Me. au Roberto Polo Gallery 0470 54 98 98 - www.duboisfriedland.com V. de 12 à 18h, le S. de 14 à 18h. Hand Ballet. Peintures de Karel DieURue Paul Lauters 36 - 1050 Bruxelles rickx. ‣ Jusqu’au 18·05. Du Ma. au V. Elaine Levy Project 02 646 00 04 - www.zedes-art-gallery.be de 14 à 18h, les S. et D. de 11 à 18h ou Ben Horns & Eric N. Mack. ‣ Jusqu’au sur rdv. 100 Titres 24·05. Oneiric Landscapes. Peintures de Mi- URue Fourmois 9 - 1050 Bruxelles Confusion des genres. Oeuvres de chaël de Kok. ‣ Du 22·05 au 07·09. 02 534 77 72 - www.elainelevyproject.com Fanny Viollet. ‣ Jusqu’au 15·06. Du J. URue Lebeau 8-10 - 1000 Bruxelles au D. de 14 à 18h. 02 502 56 50 - www.robertopologallery.com Esther Verhaeghe Art Concepts URue A. Cluysenaar 2 - 1060 Bruxelles Gratitude. Oeuvres d’Olivier Pestiaux. 02 534 03 43 - www.100titres.be Schiller Art Gallery ‣ Jusqu’au 04·06. Du J. au S. de 14 à Gaiska. Oeuvres de Gaiska Torrealba. 18h ou sur rdv. Aeroplastics Contemporary ‣ Jusqu’au 08·06. Du J. au S. de 12 à URue Mignot Delstanche 51 - 1050 Bruxelles Full House. L’expo réunit 100 artistes. 18h ou sur rdv. - 0476 28 37 35 - www.estherverhaeghe.com ‣ Jusqu’au 17·05. Du Ma. au V. de 11 à URue van Moer 12 - 1000 Bruxelles 18h et le S. de 14 à 18h. 0496 23 88 54 Galerie Brenart URue Blanche 32 - 1060 Bruxelles www.facebook.com/schiller.art.gallery ArtMagna Art Selection. Oeuvres de 02 537 22 02 - www.aeroplastics.net Philippe Brodzki, Eric de Ville, Floriane Sorry We’re Closed Peter Schuyff. ‣ Jusqu’au 26·05. Uni- Lisowski, Olivier Lamboray, Patrice le Antonio Nardone Hodey... ‣ Jusqu’au 20·05. Du Ma. au Salope. Oeuvres d’Alessandro Filippini. quement sur rdv. ‣ Jusqu’au 31·05. Du Me. au S. de 14 à S. de 11 à 18h30. URue de la Régence 65 - 1000 Bruxelles UAvenue Louise 221 - 1050 Bruxelles 18h ou sur rdv. 0478 35 42 13 - www.sorrywereclosed.com 02 554 19 50 - www.brenart.com

URue Saint-Bernard 34-36 - 1060 Bruxelles -

02 333 20 10 van der Mieden www.galerieantonionardone.be Adam Jeppesen. Oeuvres du photogra- Galerie Lazarew phe danois. ‣ Jusqu’au 27·06. Du Me. Suburbia. Oeuvres d’Olivier Catté. D+T Project ‣ Jusqu’au 24·05. Du Ma. au S. de 14 à au S. de 13 à 18h. The Absence of Work. Oeuvres d’Elena 19h. URue Antoine Dansaert 196 - 1000 BruxelUAvenue Louis Lepoutre 112 - 1050 BruxelBajo. ‣ Jusqu’au 17·05. Du J. au S. de les - 02 513 62 12 - www.vandermieden.com les - 02 345 30 83 - www.galerie-lazarew.fr 12 à 18h30 ou sur rdv. URue Bosquet 4 - 1060 Bruxelles Young Gallery 0494 62 43 13 - www.dt-project.com Illuminated. Le photographe de mode Jozsa Gallery anversois Dirk Lambrechts présente en Transmutation. Oeuvres de Natalia de première vision une sélection d’une Mello, Lucie Lanzini, Lello//Arnell, Yer- Faider trentaine de tirages photographiques, bossyn Meldibekov et Anila Rubiku. Anne Boland. Oeuvres récentes. ‣ Juscouleur et noir et blanc, portant sur une ‣ Jusqu’au 28·06. Du J. au S. de 12 à qu’au 07·06. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. période de plus de vingt années de pri- 18h ou sur rdv. URue Faider 12 - 1060 Bruxelles Saint-Georges 24 - 1050 Bruxelles ses de vues. ‣ Jusqu’au 08·06. Du Ma. URue 02 538 71 18 - www.galeriefaider.be 0478 48 77 09 - www.jozsagallery.com au S. de 11 à 18h30. UAvenue Louise 75b (Hôtel Conrad) Galerie Paris-Beijing Mazel Galerie 1050 Bruxelles - 02 374 07 04 Ombres et Lumières. Design et sculp- Umwelt. Oeuvres de Rero. ‣ Jusqu’au www.younggalleryphoto.com tures de “curiosité”. Oeuvres d’Hubert 07·06. Du Ma. au S. de 11 à 19h. le Gall, Peter Keene et Piet.sO. ‣ Jus- URue Hôtel des Monnaies 66 - 1060 BruxelArtiscope - 02 851 04 13 Diptyques. Triptyques. Polyptyques. qu’au 31·05. Du Ma. au S. de 11 à 19h. les Oeuvres de W. Leblanc, E. de Paris, N. URue Capitaine Crespel 22 - 1050 Bruxelles - www.galerieparisbeijing.com Howey, G. Titus Carmel, B. Verschue- 02 850 29 28 - www.mazelgalerie.com Le Salon d’Art ren... ‣ Jusqu’au 16·05. Du L. au V. de Texture de la Mémoire. Oeuvres récenNadine Feront 14 à 18h ou sur rdv. UBoulevard Saint-Michel 35 - 1040 Bruxelles Prophets. Issus de l’underground du tes d’Yves Zurstrassen. ‣ Jusqu’au - 02 735 52 12 - www.artiscope.be dessin contemporain et auteurs de 12·07. Du Ma. au V. de 14 à 18h30, le nombreux livres échappant aux notions S. de 9h30 à 12h et de 14 à 18h. traditionnelles d’illustration ou de li- URue de l’Hôtel des Monnaies 81 Albert Baronian Bruxelles - 02 537 66 40 Sisters. Oeuvres de Fiona Mackay. vres d’artistes, Aurélie William-Levaux 1060 ‣ Jusqu’au 21·06. Du Ma. au S. de 12 à et Moolinex créent ensemble des objets www.lesalondart.be

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SEMAINE DU 16 AU 22 MAI 2014 ARTS LIBRE

Relationnel

DR

Une planète peinture évolutive Troisième exposition solo chez Albert Dumont pour le jeune Denis Crutzen qui fut en 2011 l’un de nos jeunes artistes Arts Libre. Il fait montre d’une belle constance dans sa démarche picturale qui refuse, et c’est très bien, de s’enfermer dans une voie unique. Chaque peinture est une recherche que l’on sent patiente tant du côté chromatique, matiériste que par rapport à l’agencement des formes et à la gestion des plans. C’est dans cette complexité de rapports que chaque peinture s’articule jusqu’à trouver sa personnalité, sa singularité, son équilibre et surtout cette tension interne entre les éléments. Ce qui procure sa pleine densité à l’œuvre, toujours à la fois forte et fragile. Chaque peinture se construit sur le fil de ce qu’elle sera sans schéma pré­pensé et en évitant que l’image abstraite ressemble à une autre. Chez Denis Crutzen, la touche picturale est d’importance. Elle apporte une large gamme de nuances par des superpositions, des

transparences, des traces de la gestuelle, des légèretés presque diaphanes, des accents assurés et éclairants, des impositions fortes à l’avant­plan. Par ces apports, par les relations formelles aussi libres que parfois très structurées, par les affirmations d’un rouge dominant en contraste d’une tonalité retranchée et apaisante, il anime sa planète peinture en constante évolution. Nouveauté dans le travail, Denis Crutzen s’adonne désormais à la gravure dans deux essais, l’un portant sur des variations en compositions abstraites de carrés striés, l’autre traitant de la ligne continue dédoublée. Une pratique qu’il reprend en des dessins horizontaux, légers, à l’encre noire, sorte de rhizomes habitant le papier. (C.L.)

U Denis Crutzen. Peintures, dessins et gravures. Galerie Albert Dumont, 43, rue Léon Lepage, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 8 juin. Du jeudi au dimanche de 13h30 à 19h.

UChaussée de Charleroi 108 - 1060 BruxelPascal Polar 19h, le Me. sur rdv. 22·05 au 28·06. Du Me. au S. de 15 à frontières entre technologie, informati- 02 537 81 360 ou 0477 25 26 92 URue Faider 6 - 1060 Bruxelles 19h. que, photographie et artisanat. ParImaginations. Oeuvres de Ricard Ay- les www.pascalpolar.be 02 502 78 24 - www.galerievaleriebach.com UAvenue Van Bever 8 - 1180 Bruxelles cours OFF de la 9e Biennale Internatiomar, Lance Letscher, Hassan Musa, Max 02 375 01 75 nale de la Photographie et des Arts ViNeumann, Chéri Samba, Michel Scarpa, Valérie Bach www.galerieespacelorraine.com Galerie Espace Lorraine suels de Liège. ‣ Jusqu’au 25·05. Du J. Miroslav Tichý, Karl Waldmann... A Small Man in A Big World. Photogra- Moké. A travers ses peintures, il est au S. de 14 à 18h ou sur rdv. ‣ Jusqu’au 28·06. Du Ma. au S. de 14 à phies de Gérard Rancinan. ‣ Jusqu’au l’un des meilleurs chroniqueurs de la Rossicontemporary Hors-Château 68 - 4000 Liège 21·06. Du J. au S. de 11 à 13h et de 14 à vie congolaise contemporaine. ‣ Du Closing Time. Encres sur papier de Jo- URue 19h ou sur rdv. nathan Rosic. ‣ Jusqu’au 31·05. Les J. 04 222 37 53 - www.lesdrapiers.be et V. de 13 à 17h, le S. de 14 à 18h ou Nadja Vilenne sur rdv. Eau de mer, eau de rivière. Peintures de Such are the vanished coconuts of hidCarolina Fernandez. ‣ Jusqu’au 31·05. den Africa. Oeuvres de John Murphy. Estefania Perez Perez. Peintures. ‣ Jusqu’au 29·06. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. ‣ Jusqu’au 31·05. URivoli Building - Chaussée de Waterloo 690 - 1180 Bruxelles - 0486 31 00 92 www.rossicontemporary.be

BRABANT WALLON BRAINE-L’ALLEUD

URue du Commandant Marchand 5 4000 Liège - 04 227 19 91 www.nadjavilenne.com

LUXEMBOURG LÉGLISE

Galerie 360° Le Temps retrouvé. Oeuvres de Carole Galerie La louve Fremery-Murphy. ‣ Jusqu’au 30·05. Le Les Agoniques. Peintures et techniques Me. de 15 à 18h et le S. de 14 à 17h en mixtes de Dal. ‣ Jusqu’au 18·05. Les S. et D. de 15 à 18h, en semaine sur présence de l’artiste. rdv. UPlace Abbé Renard 1 - 1420 Braine-l’Alleud - 02 384 61 03 http://galerie360.braine-lalleud.be

URue Saint-Orban 1 - 6860 Léglise 063 42 42 02 ou 0478 42 85 85 www.galerielalouve.com

GLABAIS

NAMUR Espace B Avant la brocante. Peintures, dessins, objets, tirages de tête anciens et récents GRAND-LEEZ de Lionel Vinche. ‣ Jusqu’au 01·06. Les Exit11 Contemporary Art S. et D. de 14 à 18h ou sur rdv. Asia. Photos de Thierry Cantillon. UHaute Rue 33 - 1473 Glabais ‣ Jusqu’au 01·06. Les S. et D. de 10 à 067 79 08 11 - www.espaceb.be 18h ou sur rdv. Voices. Oeuvres de Maureen Bachaus. HAINAUT ‣ Jusqu’au 01·06. COUILLET Jacques Cerami Jean-Baptiste Sauvage & Floris Hovers. ‣ Du 17·05 au 26·06. Du Me. au V. de 14 à 19h, le S. de 11 à 18h. URoute de Philippeville 346 - 6010 Couillet - 071 36 00 65 ou 0477 78 44 34 www.galeriecerami.be

TOURNAI Rasson Art Gallery Beyond words. Oeuvres d’Antoine Gamard. ‣ Jusqu’au 25·05. Du J. au D. de 14 à 18h30 ou sur rdv. URue de Rasse 13 - 7500 Tournai 069 64 14 95 ou 0474 93 50 22 www.rassonartgallery.be

UChâteau de Petit-Leez - Rue de Petit-Leez 129 - 5031 Grand-Leez - 081 64 08 66 www.exit11.be

JAMBES Détour Anne Marie Finné. Dessins et carbones. ‣ Du 21·05 au 21·06. Du Ma. au V. de 12h30 à 17h30, le S. de 14 à 18h. UAvenue Jean Materne 166 - 5100 Jambes 081 24 64 43 - www.galeriedetour.be

ANVERS ANVERS

Fifty One Fine Art Photography Nonage. Oeuvres de William Klein, Katy Grannan, Elinor Carucci, Bruce LIÈGE Davidson, Helen Levitt, Deanna Templeton, Martin Munkasci, Seydou LIÈGE Keïta... ‣ Jusqu’au 28·06. Du Ma. au Les Drapiers Icônes Jacquards. Une série d’images S. de 13 à 18h. 20 - 2000 Anvers tissées de visages humains à grande UZirkstraat échelle de Lia Cook, redéfinissant les 03 289 84 58 - www.gallery51.com

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SEMAINE DU 16 AU 22 MAI 2014 ARTS LIBRE

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À l’étranger

La parution de la semaine

France Thématique – Pluridisciplinaire Paris – Georges-Philippe&Nathalie Vallois

FLANDRE OCCIDENTALE Galerie Zuid Goran Djurovic. Peintures. ‣ Jusqu’au 14·06. Du Me. au S. de 14 à 18h (le J. KNOKKE jusqu’à 20h). Maruani & Mercier Gallery UPacificatiestraat 34 - 2000 Anvers Héroïnes & Just Like a Woman. Deux 03 248 84 83 - www.galeriezuid.be séries photographiques de Bettina Rheims. ‣ Jusqu’au 31·05. Les S. et D. NK Gallery de 11 à 18h30. Flesh !. Oeuvres d’Alexander Pogor- UKustlaan 124-126 - 8300 Knokke gelsky et Maria Pogorgelskaya. ‣ Jus- 0475 31 97 49 - www.maruani-mercier.com qu’au 28·06. Du J. au S. de 12 à 18h. UMuseumstraat 35 - 2000 Anvers Stephane Simoens Contemporary 03 237 98 22 - www.nkgallery.be Fine Art Between the Lines. Oeuvres de Nelleke Tim Van Laere Gallery Beltjens, Laurent Da Sylva, Raoul De Portray. Oeuvres d’Armen Eloyan, Kati Heck, Anton Henning, Edward Lipski, Keyser, Torben Giehler, Philip Van Isacet Frank Stella. ‣ Jusqu’au 25·05. Vivian Maier, Dan McCarthy, Pablo Pi- ker UGolvenstraat 7 - 8300 Knokke casso, Ed Templeton, Rinus Van de 050 67 75 90 - www.stephanesimoens.com Velde, Henk Visch... ‣ Jusqu’au 28·06. Du Ma. au S. de 13 à 18h. UVerlatstraat 23-25 - 2000 Anvers 03 257 14 17 - www.timvanlaeregallery.com

ZEEBRUGGE

MG Art Landscape I. Oeuvres de Johan BORGERHOUT Boutelegier et Pierre Courtois. ‣ Jusqu’au 16·06. Du V. au L. de 11 à 13h et Zeno X Gallery Mark Manders. ‣ Jusqu’au 31·05. Du de 15 à 18h. URederskaai 16 - 8380 Zeebrugge Me. au S. de 13 à 17h. 0475 98 39 99 - www.mgart.be

COURTESY GAL. V LEFEBVRE COURTESY GAL. POLAD-HARDOUIN

Dans l’œuvre de l’artiste, point de parti pris politique mais l’expression bouleversante d’une humanité mise à nu, plon­ gée dans l’incertitude, entre désespoir et étonnement, puis­ sance et affliction. Troublantes, ses œuvres s’adressent à la part d’ombre de chacun de nous. U Jusqu’au 21 juin. Galerie Polad­Hardouin, 86, rue Quincampoix, 75003 Paris. www. Polad­Hardouin.com

COURTESY V.MIRO GAL.

À travers ses peintures récentes, l’artiste américain marque à nouveau son intérêt pour les arts décoratifs et particulière­ ment pour les aménagements intérieurs. Cette série, foison­ nante et vivement colorée, est un hommage au groupe Mem­ phis (Milan) fondé par Ettore Sottsass. U Jusqu’au 31 mai. Victoria Miro Gallery II, 16 Wharf Road, N1 7RW Londres. www.victoria­miro.com

Michel François – Installation Birmingham – Ikon Gallery COURTESY IKON GAL.

UStationsstraat 55 - 1730 Asse 02 452 77 86 - www.deziener.be

Poursuivant dans une ligne entamée lors de son expo à Sète, le plasticien belge trace des parallèles entre les actions des contrebandiers et celles des artistes, tous deux passeurs illé­ gaux et ingénieux des frontières. De part et d’autre, comme le montre un magicien, les objets ne sont pas ce qu’ils paraissent être. U Jusqu’au 22 juin. Ikon Gallery, Oozells square, Brindley Place, Birmingham. www.ikon­gallery.org

Andreas Gursky – Photographie Londres – White Cube COURTESY WHITE CUBE

UHofstraat 2 - 2000 Anvers - 03 233 88 14 www.gallery51.com

Sabham Adam – Peinture Paris – Galerie Polad-Hardouin

Hernan Bas – Peinture Londres – Victoria Miro Gallery II

illustrations quadri, relié sous coffret. Prix : environ 140 euros.

Jean-Georges Massart, Sara Van Woerden... ‣ Jusqu’au 15·06. Du V. au D. de 15 à 18h ou sur rdv.

Les photos de l’artiste français nous entraînent dans des lieux abandonnés, en ruines, où le temps s’est arrêté. Palais italiens, usines textiles, bases militaires… tous ces lieux racontent des histoires et les images en appellent à notre perception du temps qui s’écoule tout en ayant l’air d’être figé. U Jusqu’au 31 mai. Galerie Valérie Lefebvre, 68 rue Léonard Danel, 34 rue de la Halle, 59000 Lille. www.galerievalerielefebvre.com

Angleterre

U Mantegna, par Mauro Lucco, Editions Actes Sud, 384 pages, 280

Fifty One Too Arnold Newman “Early Works and Portraits”. ‣ Jusqu’au 28·06. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv.

Conçue par l’artiste Alain Bulex, l’exposition “Portrait de 3/4”, regroupe une dizaine d’artistes et pourrait être une sorte de portrait de la galerie. Y participent notamment : Gilles Barbier (illu :”La Grosse Vague”, 2013), Julien Bismuth, César, Daniel Spoeri, Jean Tinguely, Jacques Villeglé… U Jusqu’au 31 mai. Galerie Georges­Philippe&Nathalie Vallois, 36, rue de Seine, 75006 Paris. www.galerie­vallois.com

Thomas Jorion – Photographie Lille – Galerie Valérie Lefebvre

ACTES SUD

Commissaire d’importantes expositions internationales, auteur d’ouvrages de référence sur Giorgione, Lorenzo Lotto ou Antonello de Messine, Mauro Lucco vient de réaliser pour Actes Sud un très bel album, agrémenté d’une foule de renseignements et d’une étude appropriée sur le maître de la Renaissance en Italie du Nord, Andrea Mantegna (1431­1506). Un Mantegna qui a enfin renoué avec une réputation glorieuse, après avoir été délaissé pour des raisons toujours obscures en ces cas­là. La traduction française d’Anne Guglielmetti permet une lecture agréable de la partie rédactionnelle du livre. Laquelle est confortée par une illustration magnifique, pleine de vie et de couleurs, et favorisée par des images en pleine page et des gros plans sur des détails déterminants. Formé à Venise et à Ferrare, c’est à Mantoue que Mantegna exerça ses talents au service des Gonzague. Artiste de cour durant quarante ans, peintre et graveur hors­pair, Mantegna marqua son siècle par une puissance de touche et de dessin indépendante de toute école. Humaniste, il fit largement référence à une Antiquité qui, à ses yeux, ne pouvait que favoriser une meilleure marche en avant. Volumes, espace et perspectives, décors en trompe­l’œil, furent des maîtres mots de son art audacieux et, après lui, les Bellini, Crivelli, et même Vinci et Dürer lui devront quelques élans. (R.P.T.)

COURTESY GAL. VALLOIS

Mantegna

Dans cette exposition, l’artiste allemand (Leipzig, 1955) aborde les aspects de la basse et haute culture visuelle, en ex­ plorant les thèmes de la fabrication de l’image et de l’échange, ainsi que les questions de l’authenticité, de la propriété et du contrôle de notre époque de plus en plus numérisée. U Jusqu’au 6 juillet. White Cube, 144 – 152 Bermondsey Street, SE1 3TQ Londres. www.whitecube.com

UGodtsstraat 15 - 2140 Borgerhout 03 216 16 26 - www.zeno-x.com

BRABANT FLAMAND ASSE De Ziener Een Groep. Oeuvres de Sjoerd Buisman, Karel De Meester, Jo De Smedt,

Contact Agenda Culturel Tél.: 02.211.27.23 Email : agenda@lalibre.be

Arts Libre. Supplément hebdomadaire à La Libre Belgique. Coordination rédactionnelle: Gilles Milecan et Camille de Marcilly. Réalisation: IPM Press Print. Administrateur délégué - éditeur responsable: François le Hodey. Rédacteur en chef: Francis Van de Woestyne. Rédacteurs en chef adjoints: Xavier Ducarme, Pierre-François Lovens et Gilles Milecan. Conception graphique: Bruno Bausier, Jean-Pierre Lambert. Publicité: Martine Levau (0032.2.211.29.12 – martine.levau@ipmadvertising.be).

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Adjugé!

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l Vente publique

Christ

C’est à Bruxelles que fut vendue au tout début de ce mois de mai cette intéressante et raris­ sime capsule russe et plus précisément sovié­ tique. Elle avait d’abord été montrée à Berlin avant d’être mise sur le marché en guise de plat unique servi lors de l’inauguration des nouveaux espaces de la salle de ventes Lem­ pertz à Bruxelles, rue du Grand­Cerf. Cette maison de vente qui existe depuis 1798 est la plus ancienne d’Europe à avoir gardé son ac­ tionnariat familial d’origine. Le lot a été vendu à un collectionneur européen pour 1260000 €. La capsule a servi deux fois. La première c’était en 1977 et elle resta en orbite quatre se­ maines. Puis l’année suivante, elle n’y resta que 78 minutes. Deux combinaisons firent 70000 et 63000 €.

1260000 €

BEAUSSANT

LEMPERTZ

Capsule

Le 5 avril dernier dans une vente classi­ que chez Beaussant­ Lefevre dans les halles de l’hôtel des ventes Drouot, on proposait cette partie haute d’un Christ cru­ cifié, en marbre aux longs che­ veux pei­ gnés et à la barbe bou­ clée. Le lot était italien, sans doute sorti d’un atelier sien­ nois, et datait du XVe siècle. Il n’était haut que de 18 cm, ce qui n’enleva rien à sa captation esthétique d’autant qu’il provenait de la célè­ bre collection de Paul Corbin. Les experts mai­ son avaient visé entre 8000 et 10000 € pour cet objet très sensible. Mais les amateurs en salle se sont disputés comme de beaux diables et le marteau tomba frais compris à 275000 €.

Du bon

275000 € Miquel Barceló LOUIS-MICHEL LAUPRETE / TAJAN

LOUIS-MICHEL LAUPRETE / TAJAN

LEMPERTZ

Cruz-Diez

Lors d’une vente d’art contemporain chez Ta­ jan à Paris, rue des Mathurins, le 29 avril der­ nier, on proposait cette “Physichromie n°250”, datant de juillet 1966, à effet de relief optique. L’œuvre de Carlos Cruz­Diez (né en 1923), était composée d’acrylique et de lamelles de PVC sur panneau dans un cadre en bois peint. La pièce mesurait 101 x 101 cm. Elle a été ven­ due à 287000 €. L’ensemble de la vacation a rapporté 1135598 €.

287000 €

h La vente de ce dimanche est de très belle qualité, alliant peintures et sculptures des XVIe et XVIIe siècles. Lors de la même dispersion chez Tajan le 29 avril, on pouvait emporter deux composi­ tions de Miquel Barceló (né en 1957). Celle fi­ gurée ci­contre (260 x 360 cm), provenait de la fameuse galerie Bischofberger de Zurich qui l’avait cédée en 2008 au vendeur. Il s’agissait de “Dogon, 1”. Le marteau tomba à 268400 €. L’autre composition, “Cuina Mallorquina”, de 1985 mesurait 200 x 300 cm. Elle provenait de la même galerie de Zurich, mais passa par Stockholm puis par une vente Christie’s à Londres en 2003. Elle est partie à 138200 €.

268400 €

PLUSIEURS SITES OU RÉGIONS de produc­ tions figurent dans le très riche catalogue réuni par les experts de la salle de vente colo­ gnaise, entre peintres et sculpteurs de l’ac­ tuelle allemagne et des Dix­Sept Provinces. Il s’agit dans un premier temps de la vente de la collection du Professeur Reinhold Hofstätter (1927­2013). Dès le départ de cette journée de trois vacations de dimanche matin (lots 1000 à 1051), puis tout l’après­midi, cela va être du solide. On s’en tiendra à la seule collection Hofstätter, en signalant que l’art ancien et le XIXe siècle auront droit de cité après l’heure de table. Le matin donc, on sera impressionné par la qualité magistrale d’un saint Michel, issu d’un atelier lorrain vers 1320­1330. L’ange en

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Adjugé!

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heur à Cologne Ce “saint Michel terrassant le Dragon”, d’origine lorraine, vers 1320, devrait se vendre entre 80000 et 100000 €. En bas, Pour un “Philosophe” peint par Van Honthorst, l’adjudication devrait tourner dans la zone du million d’euros. de 120 cm, et porteur de l’Ordre de la Toison d’Or (chose exceptionnelle), est d’une qualité d’exécution telle qu’il fait penser à des pièces conservées au Victoria&Albert Museum de Londres. On serait à nouveau à Ulm ou du moins dans un atelier souabe.

Puis on verra apparaître une imposante effi­ gie en pied du pape Urbain I, exécuté sans doute par Lorenz Luchsperger, mort à Vienne en 1501. La pièce, haute de 94 cm sans le socle, devrait se vendre aux alentours des 25000 €. C’est le quart de l’estimation haute placée sur un lot qui suivra de peu. Il s’agit de la sculpture d’un saint en armure, peut­être saint Florian comme l’indiquait le catalogue de la vente chez Helbing en 1930, à moins que ce ne soit de nouveau saint Georges. Le personnage, haut

LEMPERTZ

pierre est placé sur le dragon qu’il terrasse, lui enfonçant son bouclier dans la gueule. Il lui manque juste une main et il est creux à l’ar­ rière, comme s’il était posé contre une co­ lonne. L’expert Metzger lie cette œuvre avec des sculptures conservées à Metz, Saint­Dié et d’autres lieux lorrains dont les œuvres se trou­ vent à Berlin ou Paris. Le lot est annoncé entre 80000 et 100000 €; ce sera mérité pour ce tra­ vail tout en élégance et raffinement des plis. Suivra un buste reliquaire en chêne, sans doute sculpté à Ulm, vers 1470. Il est en bois naturel et devait être polychrome jadis. On en attend entre 8000 et 10000 €.

On ne peut oublier dans cet univers souabe la présence d’une œuvre donnée à Daniel Mauch, né à Ulm en 1477 et mort à Liège en 1540. Le lot 1022 qui le reçoit est une sainte Catherine en tilleul, haute de 88 cm et encore partiellement peinte. On l’attend entre 30000 et 35000 €. L’expert Albrecht Millner pense qu’il s’agit d’une création tardive du maître, vers 1535. C’est donc une œuvre lié­ geoise ce qui rend le lot exceptionnel car les sculptures de la principauté de la première moitié du XVIe siècle sont très rares. Mauch est l’auteur de la magnifique pierre tombale en marbre noir de Theux, de Jean de Coron­ meuse, abbé de Saint­Jacques à Liège de 1505 à 1525, que conserve le Louvre. Les sculptures voisineront avec les tableaux, les dessins, de rares tapisseries plus quelques meubles de style Haute­Epoque et même ba­ roques. Parmi les tableaux, l’une des meilleu­ res pièces est ce “Philosophe écrivant” traité dans un luminisme moins violent que d’habi­ tude pour le maître qui tenait les pinceaux. Il s’agit de l’artiste d’Utrecht Gerrit van Hon­ thorst (1590­1656). On est loin des sujets si­ milaires peints par Ribera à Naples vers 1620. Ici c’est la joie et la mine pourpre du person­ nage, fort en verve, du moins dans sa gestuelle, laisse penser qu’il sort tout juste de table. Le tableau de 107 x 102 cm est évalué entre 800000 et 1,2 million d’euros. Là on ne rigole plus. Par contre, le sourire vient en regardant la bouille rougoyante de Bertrud Reuss décé­ dée en 1398 mais peinte au début du XVIe siè­ cle dans l’entourage du peintre de Nuremberg Jacob Elsner (1466­1517). Le panneau de 29 x 20 cm est annoncé entre 20000 et 25000 €. Un grand nombre de tableaux flamands figu­ rent dans cette vacation. Ce sont rarement des œuvres données comme autographes; peu im­ porte, la qualité est souvent présente. Philippe Farcy U A voir sur : www.lempertz­online.de

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Le marché Commentaire

Palaces qui lassent

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l Internet

Une place pour le ma intermédiaire

Par Philippe Farcy

SERGE MIESSEN

C’est Paris qui n’en finit pas de plier ses souvenirs anciens en faisant ses valises et qui changent ses hôtels de luxe aux parfums de la mélancolie quand le marché de l’art n’est rien d’autre qu’un marché et que l’art n’est quasiment nulle part. “Ils s’en vont, ils s’en vont les souvenirs cassés comme des chiens perdus que l’on ne reconnaît plus”, chantait Léo Ferré. Et c’est l’histoire des palaces dont on bouscule les faces pour plaire à des richards venus d’un autre monde. Alors on tue les âmes contre des mil­ lions de dollars et l’on abandonne le passé, parfois suranné, pour un avenir que l’on assure certain mais dont l’image se trouble quand les nouveaux riches débarquent avec leurs roubles. Et l’on vous vend des meubles et des lustres, des lits, des tapis et des appli­ ques comme si c’était magique et plein d’histoires romantiques ou des lieux chargés de langueurs et de raffi­ nements évaporés, vécus par des gens importants dont il ne reste rien, sinon une signature dans un livre d’or. Coco Chanel au Ritz, Dali au Meurice, les comtes de Paris au Crillon, Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III, à l’Inter­Continental, sont des brillants que l’on exploite sans fard. Le Georges­V avait donné le ton à la fin de l’autre siècle et là Tajan avait fait merveille. Depuis lors, le Ritz, le Crillon, le Fouquet’s, le Plaza­Athénée de l’avenue Montaigne, le Meurice (ces deux derniers sont aux mains du sultan de Bruneï), et maintenant le Lutetia et bientôt le Lotti (qui n’est qu’un quatre étoiles mais qui profite de la vague publicitaire que cela en­ gendre), surfent sur les faux rêves. Des rêves sur lesquels les chalands se jettent, comme s’ils détenaient tout à coup cette part de luxe inaccessible et impayable dont jouirent les grands de ce monde. Ces ventes qui se succèdent et qui rapportent gros n’ont rien à voir avec le marché de l’art. On vend du style et c’est un style de Paris qui fuit, un art de vivre qui disparaît pour un univers bling­bling mondialisé comme sur les bateaux de croisières pour Américains fortunés et sans goût.

spécialiste choisi pour afficher son œuvre à travers une description con­ forme aux règles de l’art et surtout en inscrivant un chiffre qui sera définitif ou peu s’en faut. Point d’enchères donc, mais la porte reste ouverte pour une discussion en bonne intelligence. On n’a jamais vu un acte de vente dans le monde de l’antiquité s’effectuer sans qu’il y ait une tentative de rabais sur le prix affiché. Serge Miessen nous indi­ quait par ailleurs que “les experts belges choisis par Expertissim sont représentatifs du marché. Ils sont reconnus et membres des associations ad­hoc. Les lots nous sont confiés pour deux mois et nous en garan­ tissons la protection. Pareillement pour le

A travers Expertissim on peut vendre et acheter toutes formes d’art et de toutes époques.

h L’Internet offre on le sait mille possibilités de développement des affaires dans le négoce de l’art. Expertissim y navigue en eaux moyennes. C’EST DÉJÀ EN 2007 qu’Igor Mon­ toussé et Gauthier de Vanssay (nous avions parlé de son cousin qui tient le château de la Barre à Conflans­sur­ Anille, près du Mans, en novem­ bre 2013 dans le supplément Mo­ mento), ont créé le site internet “Exper­ tissim”. Il permet d’acheter et de vendre des objets, des meubles, des tableaux, des sculptures et toutes œuvres d’art quelle que soit leur taille. C’était alors une invention purement française destinée à travailler dans des zones financières qui naviguent entre 500 et 20 000 € en général, avec une moyenne à l’usage de 800 € par lots mis en ligne. Ce créneau est celui des salles de ventes belges qui, sauf exception (Rops, Elysée et Moderne, Athéna), ne prennent plus rien sous les 500 €. Et c’est un créneau où évidemment les salles de ventes principales, les “ma­ jors” comme on l’entend parfois, ne jet­ tent même pas un œil. Il y avait donc une place à prendre qu’Expertissim es­ saye toujours de conquérir en allant à l’extérieur du périmètre hexagonal. Le Bénélux est la nouvelle zone d’expan­ sion; depuis deux mois un bureau est ouvert à Bruxelles et il faut passer par là pour voir un lot exposé sur le site. Les USA et la Chine sont déjà des ci­ bles depuis 2009. Le chiffre d’affaires en 2013 tournait autour des dix millions

d’euros. On sait par ailleurs que près de 300 000 visites sont recensées en moyenne chaque mois sur le site. Par ailleurs, Expertissim est associé depuis peu avec le site américain “1stdibs” qui est numéro un de la vente de produits de luxe en ligne. Cela ouvre des pers­ pectives infinies. 20000 pages sont visi­ tées par jour. Le gros problème de ce site est de gé­ rer l’intendance et donc le transport des œuvres, leur stockage et leur sécu­ rité. Serge Miessen (aidé par son fils Vi­ vian), qui possédait la magnifique gale­ rie au Sablon à Bruxelles où se situe dé­ sormais la librairie Taschen, sert de por­ te­drapeau belge au site français. Il nous a reçu comme un guide enthousiaste, étant lui­même expert dans divers seg­ ments du marché de l’art. Ses bureaux sont installés dans la tour du Sablon, place Vandervelden. “En attendant de déménager vers un lieu plus accueillant et propice au transport.” Le concept d’Expertissim reste le même qu’à l’origine et cherche à per­ mettre aux propriétaires d’afficher leur(s) œuvre(s) dans des conditions optimales de sécurité et d’expertises. Exit donc les commissaires­priseurs et tous types de ventes publiques soumi­ ses aux lois de l’enchère. Le déposant virtuel va ici se mettre d’accord avec le

EXPERTISSIM

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Le marché

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transport, nous prenons en charge les as­ surances, sauf les frais de transport qui font l’objet d’une soumission de prix. Li­ vrer à Berlin ou Nancy n’est pas pareil qu’à Ostende ou à Liège. C’est UBS qui s’oc­ cupe des transferts. Diverses chartes, y compris photographiques nous imposent d’agir de façon nette et précise. Et pour la Belgique, il convient de passer par notre bureau avant de publier une œuvre”. Voici donc une société de service qui se met en place, et dont le chiffre d’af­ faires double chaque année depuis son lancement. Nul doute que la Belgique y jouera bientôt un rôle essentiel. Ph. Fy. U Infos: www.expertissim.com

L’objet Maurice Guil­ bert (1876­ 1938) a peint ce superbe tableau dans une am­ biance post­im­ pressioniste. Il s’agit derrière les frondaisons de deviner les murs blancs et longs des restes de l’abbaye de Waulsort (aux de Halloy), qui animent la rive gauche de la Meuse non loin du château de Freÿr. La toile de 86 x 76 cm a été traitée à tempera et dans son cadre d’origine elle est protégée par un verre ancien. L’œuvre se trouvait à la foire des antiquaires et brocan­ teurs de Ciney lors des vacances de Pâques et ornait les cimaises de l’antiquaire namurois Pierre Demanet. La composition était à ven­ dre à 2500 €. L’artiste n’est presque pas étu­ dié et il figure seulement dans les dictionnai­ res des peintres récents. Ses œuvres apparues récemment chez Vanderkindere et à la Gale­ rie Moderne n’ont pas trouvé preneur, selon le site www.arcadja.com. (Ph. Fy)

DR

rché

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U Infos : Avenue Reine Elisabeth, 170/5, 5300 Andenne. Téléphone : 0475.66.26.90.

Cette pendule portique en marbre noir et blanc, agrémentée de motifs en bronze ciselé et doré est à vendre chez Expertissim aux alentours de 2000 €.

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l Souvenirs historiques

DOROTHEUM

Vente impériale à Vienne

DOROTHEUM

Le chapeau de cavalière de Sissi ou de sa fille Marie-Valérie, annoncé entre 2000 et 4000 € s’est emballé pour atteindre la somme immense de 134500 €. La pipe de l’empereur François-Joseph s’est vendue à 1375 €. Mais les deux cigares de Sa Majesté et leur boîte s’en sont allés à 34460 €, contre les 1000 € d’estimation basse.

h Chez Dorotheum le 30 avril dernier on vendait deux centaines de lots concernant les Habsbourg et de rares autres princes européens. Succès garanti et confirmé.

EN PARLANT DES FAUX RÊVES que véhiculent les pa­ laces parisiens que l’on modernise à tout va, on ne pourra mettre le type de vente montée par Doro­ theum à Vienne le 30 avril dernier sur le même pied d’égalité. La dynastie des Habsbourg fut ici passée au crible des regards assoiffés de proximité avec ces mon­ seigneurs empilés dans leurs générations comme ils l’étaient dans les vitrines. Il y avait là du très beau monde, proposé à la vente sous des formes d’une di­

versité complète, allant jusqu’à deux disques 78 tours desquels surgissait la voix de l’empereur François­Jo­ seph I (vendu 2250 € et 1050 €). Il n’y avait que 200 lots à prendre et presque tout fut vendu, à des prix parfois attractifs. Ce genre de vente est relativement régulier par ici, même si l’Autriche ne se montre plus guère royaliste. Il n’empêche que les gens sensibilisés à ce que fut l’Autriche­Hongrie sont encore nombreux. Parmi les lots les mieux vendus, il y eu cette mèche de cheveux de l’empereur François­Joseph I, coupée à l’âge de 3 ans et que l’on attendait entre 600 et 1000 €. Une dispute inattendue se produisit et le lot fut cédé, frais compris à 14940 €. La pièce provenait d’une femme de chambre, Léopoldine Frappat (1807­ 1863). Le portrait à mi­corps (70 x 57 cm), de ce même prince, mari de Sissi, peint par Leander Russ (1809­1864), fut vendu dans les estimations, à 8750 €. Et toujours pour François­Joseph I, mais cette fois en trois­quarts et en grand uniforme de feld­ma­ réchal, il fallut assumer 29580 €. Mais cette fois, le couple impérial était réuni et les toiles, présentées dans leurs cadres d’origine mesuraient 141 x 107 cm. Le peintre de ces tableaux fort officiels exécutés en 1858 était Jean­Népomucène Meyer (1805­1866). On compta un joli succès ensuite pour un portrait de fa­ mille. Il s’agissait d’une gravure colorée de 67 x 53 cm montrant le couple précédant, accompagné du prince héritier Rodolphe et de sa jeune épouse Stéphanie de Belgique qui n’avait pas vingt ans, sans oublier l’archi­ duchesse Gisèle et son mari le prince Léopold de Ba­ vière, plus la jeune archiduchesse Marie­Valérie. Le lot était annoncé entre 500 et 700 €; il fila à 1625 €. Le lot 59 était occupé par une montre signée Patek Philippe. Elle avait été offerte en 1900 par François­Jo­ seph I à notre princesse Stéphanie, veuve de Rodolphe et qui allait épouser le comte Lonyay (1863­1946). La montre provenait de l’archiduchesse Elisabeth qui avait épousé le prince Otto de Windisch­Graetz, puis de leurs héritiers. Le lot était évalué entre 12000 et 15000 €. Il a été cédé contre 17380 €. Ph. Fy.

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l Vente publique

Belle vente moderne chez Guy Campo

CAMPO&CAMPO

Cette gouache d’Alexander Calder “Composition aux Boules”, 1970, fut vendue à 76750 € chez Guy Campo à Berchem.

h Le 29 avril, la salle de Berchem (Anvers), offrait des lots intéressants. IL Y AVAIT BEAUCOUP DE MONDE en salle nous disait Carla Janssen en charge de la com­ munication de la plus ancienne maison de ventes d’Anvers. Et la générosité des amateurs fut à l’aune de ce que Guy Campo avait trouvé ces derniers mois pour fleurir un catalogue qui avait de la gueule. Dans l’ordre décroissant des enchères obte­ nues, le premier prix est tombé sur une grande gouache d’Alexander Calder (1898­ 1976), “Composition aux Boules”, datant de 1970 et mesurant 71 x 107 cm. L’ultime en­ chère fut de 76 750 €, frais compris. Un bronze de Modigliani (1884­1920), septième épreuve sur huit tirages, monta sur la deuxième marche au son des 40 260 € tombés dans l’escarcelle du déposant (moins la com­ mission à verser à la salle bien sûr). Il s’agissait

de l’effigie d’une “Jeune fille à la frange”, haute de 49 cm. Le tour des Belges arriva. On donna ainsi 26 840 € pour une très belle toile de Mo­ dest Huys (1874­1932), figurant un “Eté à Wacken”. La toile datait de 1924 et mesurait 80 x 100 cm. Henri­Joseph Thomas, né en 1878 et mort en 1972, et pas en l’an 2010 comme écrit au catalogue, laissait ici une toile de belle facture, montrant une “Dame dans un café”. L’artiste est connu pour ses toiles aux femmes lascives, proches de Fernand Tous­ saint, ses portraits mondains et quelques na­ tures mortes. La toile de 74 x 62 cm a trouvé preneur contre 13 350 €. Anna De Weert s’empara de la place sui­ vante. Ses “Meules de foin à Afsnée” allaient partir à 12 600 €. La toile datait de 1897. La sixième place fut prise alors par George Minne (1866­1941), par l’intermédiaire de “L’Homme à l’Outre”, un bronze de 63 cm qui trouva preneur à 12 200 €. Enfin, un dessin de Floris Jespers, datant de 1920 et très moderne d’esprit, fut adjugé à 5 040 €. Ph. Fy.

l Sculpture

Joséphine Baker sous des ciseaux calabrais h Joséphine Baker, la perle noire de Paris dans le blanc de Carrare en 1931.

CARRÉ RIVE GAUCHE

POUR CES JOURNÉES portes ouvertes du Carré Rive Gauche à Paris qui commence ce vendredi jusque dimanche soir, Vincent Lécuyer a sorti de l’ombre une sculpture en marbre de Carrare, perdue depuis des lustres mais qui fut célèbre en son temps. Il s’agit d’une commande effectuée par Joséphine Baker (1906­1975), en 1931 pour orner un de ses salons dans sa maison parisienne. L’auteur était fameux à l’époque et il s’agissait d’Ezio Roscitano (1889­1940), né à Reggio Cala­ bria. Il fut sculpteur et céramiste et obtint de nombreuses commandes tant privées que publiques. En 1928 il vint s’installer à Paris qui était le centre du monde artistique. Au “Salon du Printemps” de 1929 il exposa “Il Campione”, sculpture figurant le cycliste hollandais Peter Moeskops (1893­1964). Moeskops était une star à l’époque. Il fut cinq fois champion du monde de vitesse et participa aux Jeux olympiques de Paris en 1924. Roscitano travailla le bois, le verre et le plâtre tout au long de sa carrière. Il fut exposé en 1938 à la Galerie de la Toison d’or à Bruxelles. Il fit alors le portrait d’une dame belge. D’Annunzio a même écrit sur lui vers 1921 pour dire que “son art renovait la plus antique tradition et la renouvellait”. Cet objet serait par­ fait au château des Milandes, dans le Périgord où Madame Baker vécut avec toute sa famille. Ce marbre de 1931 figure Joséphine Ph. Fy Baker dans toute sa sensualité. U La galerie est au 34 rue de Lille. www.vincentlecuyer.com

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