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LE DESSIN

EDUARDO ARROYO, “SMOCKING”, CRAYON DE COULEUR SUR PAPIER, 97 X 58 CM./COURTESY GALERIA ALVARO ALCAZAR

À LA FÊTE PP.12-13

Supplément à La Libre Belgique - N°224 - Semaine du 21 au 27 mars 2014

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L'actu

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SEMAINE DU 21 AU 27 MARS 2014 ARTS LIBRE

Commentaire

l Expo en vue

Vidéo no, vidéo si !

Toute la force clas Jannis Kounellis, “Untitled”, 1968, sacs de jute et charbon, diamètre 220 cm.

L’expression artistique obéit à de nou­ veaux paramètres. Vieille comme le monde, mais jeune comme un jour de plein soleil au printemps, la peinture, après bien des avatars, a résisté, mon­ tré de quelle énergie elle se prévalait. Elle a hissé sur le pavois d’autres va­ leurs tout à fait appréciables. Il n’em­ pêche ! Depuis de nombreuses années, il lui a fallu composer avec, nouveaux venus sur la scène artistique, l’installa­ tion, le concept, la vidéo, les arts nu­ mériques. Et pourquoi pas. Très pré­ sente, surtout dans les musées et grands rassemblements de l’art con­ temporain, la vidéo a proliféré jusqu’à plus soif. Mise sur orbite par Nam June Paik, dans la foulée de Fluxus, elle a – par facilité ou par opportunité ? – séduit une foule de créateurs peu ou prou inspirés. Le public s’est, de son côté, lassé. Forcément. Combien de vidéos ne sont pas snobées par des amateurs épuisés par de trop longues attentes d’images qui tardent à bouger. En attente d’images qui parlent ! Fort heureusement, il y a des ténors de la vidéo, on les connaît. Une dizaine sous label d’exception. Disons vingt, pour ne pas paraître mesquin. Il y a, quasi hors concours, tant il subjugue et submerge, Bill Viola. Il y a Bruce Nau­ man, Sherin Neshat, Mounir Fatmi, Marie­José Burki, quelques autres. En Belgique, Marie­Jo Lafontaine, Hans Op de Beeck, David Clarebout. Hors caté­ gorie, comment en douter, l’inclassable Bill Viola, hôte en ce moment du Grand­Palais à Paris (et jusqu’au 21 juillet, pour une fête nationale qui n’en sera que plus rayonnante). La chance, cadeau inestimable, a voulu que l’artiste nous serve de guide à travers la quinzaine de séquences d’une rétrospective qui, sous les hauts plafonds et dans les vastes espaces du Grand­Palais, prend vite des allures de grand­messe. Ou de fête païenne. Sans redondance. Modeste, simplicité ré­ jouissante, regard chaleureux, Viola électrise l’atmosphère de son aura. Ses images sont des tableaux. Des volcans d’âme, symphonies d’eau et de feu. De la vie à la mort. Des morceaux de temps énergisés par la lenteur ou le silence. Par le rythme, le plain­chant. Complicité rare. “Si tu t’engages dans le voyage, tu arriveras”, écrivit Ibn Arabi au XIIe siècle. Viola a repris la pensée en exergue de son parcours de quarante ans de déclinaisons filmées autour de l’histoire des hommes. Il a créé la peinture mouvante, évidente, éter­ nelle. L’image qui bruit dans un silence d’ange !

COURTESY ALMINE RECH GALLERY ©L’ARTISTE/M BABOUSSIS

Par Roger Pierre Turine

h Sous forme d’installation, un ensemble inédit de nouveaux tableaux de Jannis Kounellis pour sa première expo personnelle en galerie en Belgique, chez Almine Rech. AUSSI PARADOXAL que cela puisse paraître, cette expo est le premier solo de Jannis Kounellis en ga­ lerie à Bruxelles et en Belgique. Néanmoins ses œuvres participent régulièrement à des ensembles et le Smak de Gand lui a offert une belle rétrospec­ tive voici une dizaine d’années. L’expo est une pre­ mière également pour la galerie Almine Rech de Bruxelles et donc avant Paris ! A l’exception de trois pièces anciennes dont une de 1968 et d’une série de trois pièces de 2012, elle est constituée d’un ensemble très homogène de tableaux spécia­ lement réalisés pour l’occasion. Figure de pointe de l’Arte Povera, Jannis Kounel­ lis a conçu cet ensemble comme une pièce unique dont chaque partie a exactement la même dimen­ sion et procède du même principe de réalisation. Il faut se souvenir de deux phrases clés de l’artiste pour bien saisir sa démarche actuelle. D’une part,

et contre toute évidence pour celui qui a exposé des animaux vivants et des tas de charbon, il s’est toujours déclaré peintre plutôt que sculpteur, d’autre part il affirme que l’homme occupe la place prépondérante dans son œuvre. Aujourd’hui, il montre une série d’œuvres mura­ les en acier dans lesquelles il met à l’honneur des grandes toiles peintes vigoureusement avec les doigts. Des abstractions plutôt lyriques qui con­ trastent avec la froideur des matériaux utilisés. Ces toiles, libres, sans cadre, sont tendues sur le sup­ port et enserrées par d’imposantes poutres en acier, vissées. La peinture est à la fois à l’avant plan et prisonnière d’une structure lourde et métalli­ que dont elle est indissociable. Une manière cette fois évidente d’affirmer le caractère pictural de ses œuvres dont il précise qu’il s’agit “d’une logique picturale”, celle par laquelle “se construit le langage et partant l’image”. Quant à l’usage de la couleur, très parcimonieuse en son œuvre jusqu’à présent, il l’explique en référence au poème des voyelles de Rimbaud. Une allusion, pas une illustration. Une relation poétique. Aux tonalités généralement sombres et mélangées il oppose deux monochro­ mes puissants et lumineux, un rouge vif, réminis­ cence d’un carré peint autrefois, et un jaune solaire repris d’un mur de son atelier. La part humaine de son travail tient en deux as­

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sique de l’art Bio express Jannis Kounellis vit à Rome depuis ses 20 ans et se considère aujourd’hui comme pleinement italien riche d’un fond de culture grecque. Sa première expo remonte à 1960. Peintre à l’origine, il rompt avec sa pratique en 1965 avant de s’adonner deux ans plus tard aux installations notamment avec des animaux vivants. Il fut dans ce sillage l’un des principaux artisans et représentants de l’Arte Povera, mouvement institué par Germano Celan. Il recourt alors aux matériaux bruts (charbon, tôles, coton, pierres…), au feu, et met en place son propre vocabulaire qu’il ne cessera de décliner. Invité à Berne par Harald Szeemann et ensuite dans les biennales, sa carrière s’internationalise dès 1969.

“Je suis un vieil humaniste, et pour moi l’homme est un centre irremplaçable et une frontière ouverte.” Jannis Kounellis

Infos pratiques Jannis Kounellis. Galerie Almine Rech, 20 rue de l’Abbaye, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 17 avril. Du mardi au samedi de 11h à 19h.

COURTESY ALMINE RECH GALLERY ©L’ARTISTE/M BABOUSSIS

pects principaux. Tout d’abord ce qu’il appelle la dramaturgie de l’exposition, autrement dit la mise en espace des œuvres dans le lieu. Les tableaux sont alignés au mur, ils sont tous de même format et de même constitution mais différents. Au Cen­ tre de la salle, une pièce emblématique ancienne : un tas de charbon enserré de douze sacs du même minerai noir. L’image d’un conciliabule, au sol, bien sur terre. Et une matière que l’on retrouve en quelques autres pièces. L’informel, l’instable, en opposition à la solidité de l’acier. Aussi l’évocation possible de la tragédie humaine alors que les cou­ leurs à l’huile apporteraient au contraire une exal­ tation vitale. L’artiste, dans son vocabulaire abs­ trait et matiériste n’en évoque pas moins le destin humain. La seconde référence humaine tient dans les dimensions de tableaux et dans leur biparti­ tion. Les mesures sont celles d’un double lit d’adulte. Lieu emblématique de vie et de mort s’il en est un ! A travers cette nouvelle série d’œuvres, pictura­ les, fermes, aussi puissantes que pesantes, forte­ ment et rigoureusement architecturées, quasi mi­ nimales, Jannis Kounellis accède à une forme de classicisme de son propre art par une concentra­ tion rigoureuse de matériaux et moyens mis en œuvre dans sa démarche. Claude Lorent

COURTESY ALMINE RECH GALLERY ©L’ARTISTE/M BABOUSSIS

Né en Grèce au Pirée en 1936,

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Sm’Art

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l Expo en vue

Rétro De Gobert

Souffles contrastés, dérisoires et subtils

Réputé en tant que photographe des ar­ tistes, Philippe De Gobert, il faut s’en souvenir est avant tout un plasticien auteur de… photographies et de maquet­ tes minutieuses d’ateliers d’artistes célè­ bres. A Liège, la galerie Flux propose une rétrospective des principales orienta­ tions de son travail. Aux maquettes et aux photographies des artist’s studios se joignent des œuvres récentes, des grands formats et des perspectives pira­ nésiennes. Quant au titre de l’expo, “Clair de lune rue Paradis” il fait allusion à la rue de la galerie et à une photo de clair de lune qui illumine les œuvres d’un atelier. (C.L.) U Philippe De Gobert. Galerie Flux, 60 rue Paradis, 4000 Liège. Jusqu’au 11 avril. Du jeudi au samedi de 16h à 19h.

Infos pratiques Galerie Nadine Feront, 32, rue Saint-Georges, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 5 avril, du jeudi au samedi, de 14 à 18h30. Infos : 02.640.34.44 et www.nadineferont.com

IFA Gallery Installée depuis peu à Bruxelles, une ga­ lerie fondée à Shanghai voici sept ans vient enrichir la donne artistique chi­ noise de la capitale qui compte déjà deux lieux spécialisés. Ce marché de l’art asiatique prend de l’expansion et s’infiltre de plus en plus dans les rouages occidentaux. Sur le thème principal de la nudité, symbole du dépouillement et du statut de la population face aux autorités chinoises qui n’hésitent pas à arborer un sourire narquois, les Gao Brothers, Dai Guangyu, Vu Junyong, Fan Jiupeng, ainsi que Zane Mellupe et Christophe Demaî­ tre qui vivent en Chine, développent un art occidentalisé en ses formes. (C.L.) U “Uncovered China”. IFA Gallery, 28 rue des Renards, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 30 mars. Du jeudi au samedi de 14h à 18h.

Bio express Gerald Dederen

Quittant son havre d’Hymiée, Gabriel Belgeonne vient battre le pavé bruxellois les bras chargés de dessins et d’aquarel­ les. Depuis qu’il a quelque peu délaissé l’eau­forte, le Gerpinnois a renoué avec la peinture de ses débuts. Toiles de rêve imprégnées de ferveurs autant que de si­ lence, mais aussi feuilles blanches sou­ dain visitées de signes et d’effluves. Tout y respire une espèce de sérénité face au temps et à l’espace. Avec Belgeonne et ses peintures, on s’en remet à la sagesse des non­dits. (R.P.T.) U Galerie XXL Art on Waterloo, 503, chaussée de Waterloo, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 5 avril, du jeudi au samedi, de 14 à 18h. Infos : 02.347.78.95 ou 0472.45.81.49 et www.xxlartonwaterloo503.com

Nouvelle exposition des travaux de Fulcrand Après une première exposition par la ga­ lerie Lazarew, à Paris et à Bruxelles, les travaux de l’artiste Fulcrand (décédé en 2004) sont de nouveau à l’honneur à Bruxelles. De petites toiles post­cubistes des années 50 aux couleurs éclatantes côtoient des œuvres plus tardives datant des années 70. Ces encres sur papier, en noir et blanc, impressionnent par leurs figures dissimulées et leur vitalité. (CdM) U Galerie Lazarew, avenue Lepoutre 112, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 12 avril. Infos : 02.345.30.83. et www.galerie­lazarew.fr

COURTESY GALERIE FERONT

Cheminement sur papier

Œuvre de Gérald Dederen à la galerie Nadine Feront. En bas, œuvre de Pierre Clemens.

h Chez Nadine Feront, deux personnalités cohabitent autour d’une thématique ciblée, “Synapses” : en lice, Dederen et Clemens. IL Y A L’AÎNÉ, GERALD DEDEREN, bien connu depuis de nombreuses années, d’abord pour ses bois tranchés dans le vif. Plus tard, pour ses structures d’épingles, ses formes en étain façonnées au goutte à goutte, ses dessins au trait. Ses fouillis de traits comme des éponges de gra­ phite. Et il y a le benjamin, Pierre Clemens, que nous ve­ nons de découvrir en des paysages si minimalistes et se­ crets qu’ils en deviennent éloquents et fertiles. Installée depuis deux ans dans ses beaux espaces d’une vieille demeure blanchie à neuf, Nadine Feront veille à réunir des duos d’artistes, surtout des Belges, conviés à s’y découvrir mutuellement. Tendance avouée : la réunion d’un jeune, encore inconnu, et d’un créateur aguerri. C’est bien le cas cette fois. Et la collu­ sion fonctionne, quand bien même les deux artistes ne s’y croisent­ils qu’au hasard des dénivellations d’espa­ ces. Entre deux portes, pourrait­on dire, et ceci n’a rien de péjoratif, chacun d’eux s’octroyant, de la cave aux

vit et travaille à Bruxelles. Expos internationales depuis 1999. Solos chez Ruben Forni, Orion, Jacques Cerami, Nadine Feront. Participation à l’Art dans les Chapelles en 2000, au Centre d’Art en l’île, à Genève, en 2001. Pierre Clemens, né à Uccle en 1970. Solos en 2000 à la Galerie B-312, à Montreal; en 2004 à la Galerie Détour, à Namur et au Centre culturel Jacques Franck, à Bruxelles.

étages, les espaces qui, sans doute, lui vont le mieux. “Synapse”, qu’est­ce à dire ? Il est bon de ne pas se mé­ prendre sur un vocable peu usité, issu du grec. De “syn”, qui veut dire “ensemble”, et de “haptein”, qu’on peut comprendre “toucher, saisir” dans le sens de con­ nexion. Le vocable ainsi explicité, oublions­le, pour nous plonger plus précisément dans ce qui nous est montré de part et d’autre. Dans la belle demeure – est­ce dû aux murs, aux pla­ fonds hauts, à l’atmosphère virginale seulement coupée d’un escalier en bois de chêne ? – l’exposition respire d’emblée une espèce de sérénité presque contempla­ tive, un air frais et les deux artistes n’y sont certes pas pour rien. Nous avons souvent évoqué le travail de Ge­ rald Dederen, homme discret, secret, innervé dans son ouvrage comme si celui­ci l’habitait de la tête aux pieds. Il aurait pu se satisfaire du succès engrangé par ses bois impériaux. Ce n’était pas dans ses gênes. Il a donc cher­ ché autre chose, s’est renouvelé, a exploré, s’est forgé une personnalité très contrastée par rapport à ses pre­ miers travaux dans la masse… Depuis, il cultive l’infini­ ment léger, le presque rien. Ce rien qui, quand même, vous arrondit un angle, entreprend l’espace sans le bousculer. Et s’incruste avec une fermeté qu’on oublie­ rait à tort. Il en va de même de ses dessins, des composi­ tions aériennes qui, tout en flottant, imprègnent le re­

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COURTESY GALERIE FERONT

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“Je crois que la sculpture est un phénomène d’accumulation ou de prélèvement. C’est la répétition d’un geste : enlever ou mettre, tailler ou modeler. C’est peut-être pour cette raison, car j’ai des antécédents de sculpture classique, que mon travail se mue aujourd’hui en une réflexion sur la sculpture…” Gerald Dederen gard, s’y incrustent. Dederen est un explorateur. Lors d’une résidence sur l’île de Comancina, puis près de la mer, il a longuement regardé le flux et le reflux des eaux, le mouvement des eaux mêlées. Armé d’une caméra, il les a filmées à l’envers, ciel et mer inversés. “Bord de mer”, de 2014, se donne à voir et à méditer. De même, son film “Mouchettes”, une surprise dans un halo de verts. Une pièce sculptée, toute en longueur, n’est pas moins intri­ gante, moins magique. L’artiste l’a conçue comme une em­ prise sur le temps, avec de la cire tombée, ajustée goutte à goutte. Une cire créatrice d’espace à son insu. Ne pas négli­ ger non plus ses structures de papier, littéralement sculp­ tées par une suite de traits très serrés au crayon graphite. Pierre Clemens, c’est tout autre chose. Et son travail est tout aussi préoccupant. Sur une toile blanche, il pose, comme des éclats, des bouts de paysages peints au pin­ ceau, à l’encre. Des “éclats” à la fois majuscules et minus­ cules, sortes de jeux de ronds ancrés dans un espace vide, accueillant. A l’étage, autre surprise, Clemens a réalisé une grande installation de dizaines de ronds, des “tondos” de papier, petits et grands, figuratifs et abstraits, tracés au pinceau à un poil. Des paysages encore et toujours. C’est petit, c’est rond, ça ne vous laisse pas indifférent. S’y agi­ tent des privilèges à saisir au vol, de tout près ou de très loin. Des miracles de délicatesse. Roger Pierre Turine

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Rare

Galeries BRUXELLES Vertige Regards croisés. Vertige & Niki Kokkinos vous invitent dans leur galerie de portraits: vidéos, dessins, collages, photos... ‣ Jusqu’au 26·03. Du L. au V. de 10 à 16h, présence de l’artiste le S. 22·03 de 14 à 17h. URue de Veeweyde 60 - 1070 Bruxelles 02 523 37 68 - www.galerievertige.be

ABC Quentin Smolders. Peintures, gravures et sculptures. ‣ Jusqu’au 29·03. Du Ma. au S. de 14h30 à 18h30 ou sur rdv. URue Lebeau 53 - 1000 Bruxelles 02 511 32 53 ou 0475 37 59 27

c-o-m-p-o-s-i-t-e Re-located into Silence. Oeuvres de Kato Six. ‣ Jusqu’au 12·04. Du J. au S. de 14 à 18h. URue du Marché aux Porcs 10 - 1000 Bruxelles - www.c-o-m-p-o-s-i-t-e.com

URue Ernest Allard 27 - 1000 Bruxelles 02 514 91 52 ou 0475 26 94 08 www.galeriechampaka.com

Espace Blanche Contemplatif. Peintures de Remy Ficheroulle. ‣ Jusqu’au 13·04. Tous les jours de 14 à 18 heures, présence de l’artiste les S. et D. URue Marché au Charbon 3 - 1000 Bruxelles 02 510 01 41 - www.espaceblanche.be

DR

Champaka Jazz Variations. Une quarantaine d’oeuvres inédites de Louis Joos, célèbrant les noces du jazz et du dessin. ‣ Jusqu’au 06·04. Du Me. au S. de 11 à 18h30, le D. de 10h30 à 13h30.

photographe américain Joel-Peter Witkin. Petits Papiers - Huberty & ‣ Jusqu’au 29·03. Du Ma. au S. de 12 à Breyne Gallery 18h ou sur rdv. Les Femmes... & les Femmes. Oeuvres de URue van Eyck 44 - 1000 Bruxelles Ricardo Mosner et Patrice Killoffer. 02 511 35 80 - www.keitelmangallery.com ‣ Jusqu’au 30·04.

Etablissement d’en face projects URue de Bodenbroeck 8 - 1000 Bruxelles Lou Ford. Une sélection d’oeuvres de Laurentin Gallery 02 893 90 30 - www.petitspapiers.be Roddy Buchanan, Jos de Gruyter & Harald Winter Selection. Exposition collective Thys, Jack Pierson, Dahn Vo... ‣ Jusqu’au regroupant une cinquantaine d’artistes, Pierre Hallet 30·03. Du Me. au D. de 14 à 18h. allant des années 1890 à nos jours. Made in Catalunya n° 1. Oeuvres de ReURue Ravenstein 32 - 1000 Bruxelles ‣ Jusqu’au 27·03. Du Ma. au S. de 10h30 gina Gimenez. ‣ Du 27·03 au 25·04. Du 02 219 44 51 à 18h30. Ma. au V. (fermé le Me.) de 14h30 à www.etablissementdenfaceprojects.org URue Ernest Allard 43 - 1000 Bruxelles 18h30, le S. de 11 à 18h30 et le D. de 02 540 87 11 - www.galerie-laurentin.com 11h30 à 13h30. Galerie 2016 & Mira URue E. Allard 33 - 1000 Bruxelles Epilogue. Peintures et dessins de Camille MH Gallery De Taeye. ‣ Jusqu’au 30·03. Du J. au D. New works. Peintures de Marc Van 02 512 25 23 - www.galeriepierrehallet.com Cauwenbergh. ‣ Jusqu’au 12·04. Du Me. Roberto Polo Gallery de 13 à 18h. URue des Pierres 16 - 1000 Bruxelles au S. de 13 à 19h ou sur rdv. Hand Ballet. Peintures de Karel Dierickx. 02 502 81 16 - www.galerie2016-mira.be URue Haute 11 - 1000 Bruxelles ‣ Du 28·03 au 18·05. Du Ma. au V. de 14 0478 84 89 81 www.mathildehatzenberger.eu à 18h, les S. et D. de 11 à 18h ou sur rdv. Galerie Ambre Congo The Aftermath. Peintures de Marc Maet. Jacques Cassiman. ‣ Jusqu’au 06·04. ‣ Jusqu’au 23·03. Les Me., J. et S. de 14 à 19h, le V. de 14 à Morbee Galerie Traces of silence. Photos de Lien Ser- URue Lebeau 8-10 - 1000 Bruxelles 21h et le D. de 11 à 19h. geant. ‣ Jusqu’au 13·04. Les V. et S. de 02 502 56 50 - www.robertopologallery.com UImpasse Saint-Jacques 17 - 1000 Bruxelles 14h15 à 19h. 0478 72 43 69 UAvenue de Stalingrad 26 - 1000 Bruxelles Synthèse 02 502 32 67 ou 0475 37 43 73 Microcosmos. Peintures récentes de PhiGladstone Gallery www.morbeegalerie.com lippe Charpentier. ‣ Jusqu’au 27·04. Du Curiosities from a Late Western ImpaeJ. au S. de 14h30 à 18h30. rium. Oeuvres récentes de Lari Pittman. MOTinternational ‣ Jusqu’au 16·04. Du Ma. au S. de 10 à En Belgique. Oeuvres de Raphael Danke. URue E. Allard 24 - 1000 Bruxelles 02 514 40 55 - www.galeriesynthese.be 18h. ‣ Jusqu’au 05·04. Du Ma. au S. de 10 à URue du Grand Cerf 12 - 1000 Bruxelles 18h ou sur rdv. van der Mieden 02 513 35 31 - www.gladstonegallery.com UPlace du Petit Sablon 10 - 1000 Bruxelles Disconditions. Oeuvres de Dirk Vander 02 511 16 52 - www.motinternational.com Eecken. ‣ Jusqu’au 26·04. Du Me. au S. J. Bastien-Art de 13 à 18h. Chaissac & Cie. Oeuvres de Pierre Office Baroque Gallery Bayard, François Boisrond, Pierre Caille, Hephaestus. Oeuvres de Catharine URue Antoine Dansaert 196 - 1000 Bruxelles Robert Combas, Hervé et Buddy Di Rosa. Ahearn, Mathis Altmann, John Finneran, 02 513 62 12 - www.vandermieden.com ‣ Jusqu’au 29·03. Du Me. au S. de 11 à Thomas Gilissen et Michael Rey. ‣ Jus18h30. qu’au 05·04. Du Me. au S. de 11 à 18h ou Young Gallery Manga Dreams. Les photographies de JoURue de la Madeleine 61 - 1000 Bruxelles sur rdv. 02 513 25 63 - www.jbastien-art.be nathan Anderson et Edwin Low s’inspiUPlace du Jardin aux Fleurs 5 - 1000 Bruxelles - 0484 59 92 28 rent de l’esthétisme de l’univers des manwww.officebaroque.com Jan Mot gas japonais. ‣ Jusqu’au 03·05. Du Ma. Dominique Gonzalez-Foerster. ‣ Jusau S. de 11 à 18h30. UAvenue Louise 75b (Hôtel Conrad) qu’au 29·03. Du J. au S. de 14 à 18h30 Office d’Art contemporain A demain. Dessins d’Isabel Baraona. 1050 Bruxelles - 02 374 07 04 ou sur rdv. www.younggalleryphoto.com ‣ Jusqu’au 12·04. Du J. au S. de 14 à 18h URue A. Dansaert 190 - 1000 Bruxelles ou sur rdv. 02 514 10 10 - www.janmot.com URue de Laeken 105 - 1000 Bruxelles Artiscope 02 512 88 28 Diptyques. Triptyques. Polyptyques. Keitelman Gallery www.officedartcontemporain.com Oeuvres de W. Leblanc, E. de Paris, N. Love and Other Reasons. Oeuvres du

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Pincemin magistral ! Riche de 25 œuvres, l’exposition offre une excellente sélection de peintures auxquelles se joint une sculpture de l’artiste français Jean­Pierre Pincemin (1944 – 2005), artiste de très grand talent. En partant de la remise à la question de la peinture en compagnie des futurs membres de Supports/Surfaces dès la fin des années soixante, Jean­ Pierre Pincemin a réenclenché un processus pictural qui l’a conduit à un véritable ré­enchantement de cette pratique. Le caractère rétrospectif de l’exposition qui comprend des œuvres d’ampleur et de qualité muséales, offre l’opportunité rare d’effectuer un parcours riche et quasi complet à travers le cheminement de l’artiste. Réamorcée par des teintures sur toiles découpées et assemblées, sa pratique s’est rapidement orientée vers une peinture géométriquement et souplement structurée, constitué de couches multiples apportant une gamme infinie de nuances. Une peinture monumentale de 1974, “Palissade” en est un exemple magistral, c’est un chef­ d’œuvre du genre ! Il poursuivit par des peintures plus radicales en leur architecture abstraite toujours aussi subtiles de nuances chromatiques et de sensualité matiériste, avant de renouer, ce qui surprit tout le monde, avec la figuration. Dès lors, dans la maestria qui était la sienne, tout pouvait être sujet pictural. Et il s’est tout permis, même de redonner une force picturale à ses sculptures assemblées. Il spatialise sa pratique, lui donne du volume, de l’ampleur et démultiplie l’acte créateur. Il travaille sur papier, rehausse des estampes, peint des arbres ou des ornements, repasse à l’abstraction, suggère la figure… Rien ne lui résiste et il domine le tout avec éblouissement ! A ne pas manquer ! (C.L.)

U Jean­Pierre Pincemin. Galerie Faider, 12, rue Faider, 1060 Bruxelles. Jusqu’au 27 avril. Du mercredi au samedi de 14h à 18h.

Howey, G. Titus Carmel, B. Verschueren... ‣ Jusqu’au 16·05. Du L. au V. de 14 à 18h ou sur rdv.

30·03. Les S. et D. de 14 à 18h.

URue de l’Arbre Bénit 84 - 1050 Bruxelles 0499 22 57 66 - www.galeriedys.com

sur rdv.

UChaussée de Waterloo 503 - 1050 Bruxelles 0472 45 81 49 www.xxlartonwaterloo503.com

100 Titres Vous m’en direz tant. Une sélection d’oeuvres d’artistes plasticiens proposée par Créahm-Bruxelles. ‣ Jusqu’au 13·04. Du J. au D. de 14 à 18h. URue A. Cluysenaar 2 - 1060 Bruxelles 02 534 03 43 - www.100titres.be

Antonio Nardone Jean-Philippe Duboscq. ‣ Jusqu’au 03·05. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue Saint-Bernard 34-36 - 1060 Bruxelles 02 333 20 10 www.galerieantonionardone.be

Galerie Arielle d’Hauterives Opus. Oeuvres de Patricia Kinard (peinture) et Anne de Bodt (tissage). ‣ Jusqu’au 29·03. Du J. au S. de 14 à 19h ou sur rdv. URue Tasson Snel 37 - 1060 Bruxelles 0477 70 02 32 - www.arielledhauterives.be

Galerie Paris-Beijing Korean Shape. Exposition collective, panorama de la scène artistique contemporaine coréenne. ‣ Jusqu’au 29·03. Du Ma. au S. de 11 à 19h. URue Hôtel des Monnaies 66 - 1060 Bruxelles - 02 851 04 13 www.galerieparisbeijing.com

Le Salon d’Art Entre nature et culture. Arts premiers. Les objets ont été choisis par Martial et Alban Bronsin. ‣ Jusqu’au 10·05. Du Ma. au V. de 14 à 18h30, le S. de 9h30 à 12h et de 14 à 18h. URue de l’Hôtel des Monnaies 81 -

UBoulevard Saint-Michel 35 - 1040 Bruxelles 02 735 52 12 - www.artiscope.be

1060 Bruxelles - 02 537 66 40 Galerie Lazarew Fulcrand (1914-2004). Travaux sur pa- www.lesalondart.be Quadri pier réalisés entre 1950 et 1970. ‣ JusJacques Lacomblez. Images de 1951 à qu’au 12·04. Du Me. au S. de 14 à 19h, le Pascal Polar Imaginations. Oeuvres de Lance Lets2013. ‣ Du 26·03 au 26·04. Les V. et S. D. de 11 à 16h. cher, Hassan Musa, Max Neumann, AlUAvenue Louis Lepoutre 112 - 1050 Bruxelles de 14 à 18h ou sur rdv. berto Reguera, Chéri Samba, Miroslav Ti02 345 30 83 - www.galerie-lazarew.fr UAvenue Reine Marie-Henriette 105 1190 Bruxelles - 02 640 95 63 chý, Barthelemy Togo, Martine Vanderhowww.galeriequadri.be ven... ‣ Jusqu’au 19·04. Du Ma. au S. de Mazel Galerie Made in Brussels. Oeuvres de Bruno Tim- 14 à 19h ou sur rdv. Albert Baronian mermans, Jimmy de Bock, Benjamin UChaussée de Charleroi 108 - 1060 Bruxelles I love you, but I don’t know. Oeuvres de SPaRK, Antoine Rose et Raphaël Charles. 02 537 81 360 ou 0477 25 26 92 Mekhitar Garabedian. ‣ Jusqu’au 29·03. ‣ Jusqu’au 19·04. Du Ma. au S. de 11 à www.pascalpolar.be Du Ma. au S. de 12 à 18h. 19h. URue Isidore Verheyden 2 - 1050 Bruxelles Valérie Bach URue Capitaine Crespel 22 - 1050 Bruxelles 02 512 92 95 - www.albertbaronian.com Un Monde Parfait. Les oeuvres de Mar02 850 29 28 - www.mazelgalerie.com tine Feipel et Jean Bechameil proposent Didier Devillez une réflexion sur l’utopie des architectuNadine Feront Jacques Aron. Collages. ‣ Jusqu’au Synapses. Oeuvres inédites de Gérald res modernistes des années 50 à 70 en 05·04. Du J. au S. de 14 à 18h30 ou sur Dederen exploitant des matériaux et mé- France. ‣ Jusqu’au 12·04. Du J. au S. de rdv. diums divers (papier, sculpture, vidéo...). 11 à 13h et de 14 à 19h et le Me. de 14 à URue E. Van Driessche 53 - 1050 Bruxelles Pierre Clemens présente quant à lui une 18h sur rdv. 02 215 82 05 - www.galeriedidierdevillez.be série d’oeuvres sur papier ainsi qu’une URue Faider 6 - 1060 Bruxelles - 02 502 78 24 installation murale. ‣ Jusqu’au 05·04. - www.galerievaleriebach.com duboisfriedland Quand le vent se lève. Peintures de Ma- Du J. au S. de 14 à 18h30. Delire Gallery Saint-Georges 32 - 1050 Bruxelles thieu Nozières. ‣ Jusqu’au 26·04. Les V. URue Alain Bornain & Arnaud Gerniers. ‣ Jus02 640 34 44 - www.nadineferont.com et S. de 14 à 18h ou sur rdv. qu’au 19·04. Du J. au S. de 13 à 18h ou URue Souveraine 97 - 1050 Bruxelles sur rdv. Nathalie Obadia 0470 54 98 98 - www.duboisfriedland.com Cuba. Photographies d’Andres Serrano. URivoli Building - Rue de Praetere 47D Bruxelles - 0487 12 52 50 ‣ Jusqu’au 17·04. Du Ma. au V. de 10 à 1180 Elaine Levy Project http://deliregallery.com Adrien Lucca. ‣ Jusqu’au 05·04. Du J. 18h, le S. de 12 à 18h. URue Charles Decoster 8 - 1050 Bruxelles au S. de 14 à 18h ou sur rdv. Rossicontemporary 02 648 14 05 - www.galerie-obadia.com URue Fourmois 9 - 1050 Bruxelles Panorama. Exposition collective avec les 02 534 77 72 - www.elainelevyproject.com oeuvres d’Eric Croes, Alain Geronnez, Rodolphe Janssen Gamme Tubulaire. Oeuvres des Ateliers Thomas Mazzarella, Jean-Louis Micha, Fred Lanzenberg L’imaginaire coloré de noir. Peintures et J&J. ‣ Jusqu’au 05·04. Du Ma. au V. de Emmanuel Tête, Sarah Van Marcke... ‣ Jusqu’au 29·03. Les J. et V. de 13 à 17h, reliefs de Guy Leclercq. ‣ Jusqu’au 10 à 18h, le S. de 14 à 18h. 10·05. Du Ma. au V. de 14 à 19h, le S. de Thank You In Advance. Oeuvres d’Isaac le S. de 14 à 18h ou sur rdv. URivoli Building - Chaussée de Waterloo 690 Brest. ‣ Jusqu’au 05·04. 10 à 19h. UAvenue des Klauwaerts 9 - 1050 Bruxelles 02 647 30 15 ou 0475 73 40 15 www.galeriefredlanzenberg.com

URue de Livourne 32-35 - 1050 Bruxelles 02 538 08 18 www.galerierodolphejanssen.com

XXL ART on Waterloo 503 Galerie d’Ys Revisiter. Oeuvres de Pat Andrea, Jac- Cheminement sur papier. Dessins et ques Courtejoie, sabine Delahaut, joao aquarelles de Gabriel Belgeonne. ‣ JusMoreno, Yasemin Senel... ‣ Jusqu’au qu’au 05·04. Du J. au S. de 14 à 18h ou

1180 Bruxelles - 0486 31 00 92 www.rossicontemporary.be

DS Galerie Looking for something else. Oeuvres de Daniel Eggli, Roby Comblain et Priscilla Beccarri. ‣ Jusqu’au 30·03. Du V. au D. de 11 à 19h ou sur rdv.

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Les galeries

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SEMAINE DU 21 AU 27 MARS 2014 ARTS LIBRE

Ensemble

URue de l’Hospice communal 67 - 1170 Bruxelles - 02 675 83 80 www.louisedsgalerie.com

ges, de nos rivières. ‣ Jusqu’au 05·04. Le Me. de 15 à 18h et le S. de 14 à 17h en présence de l’artiste.

- www.lavenerie.be

BRABANT WALLON BRAINE-L’ALLEUD

ALBERTO REGUERA / COURTESY GALERIE PASCAL POLAR / BRUXELLES

UPlace Abbé Renard 1 - 1420 Braine-l’Alleud Galerie Verhaeren 384 61 03 Chimères. Depuis ses débuts en photo- 02 http://galerie360.braine-lalleud.be graphie, Barbara Harsch explore les surfaces, les signes, les textures... ‣ Jusqu’au 30·03. Du Me. au S. de 14 à 18h et HAINAUT le D. de 10 à 13h. Gallus gallus/Walls. Chez Bas Ruyters, la COUILLET contemplation du quotidien se traduit par des séries d’images brutes par les- Jacques Cerami quelles il communique au spectateur un La forma della città. Photographies de sentiment curieux d’enfermement. ‣ Jus- Michel Couturier. ‣ Du 22·03 au 03·05. Du Me. au V. de 14 à 19h, le S. de 11 à qu’au 30·03. 18h. URue Gratès 7 - 1170 Bruxelles - 02 662 16 99 URoute de Philippeville 346 - 6010 Couillet 071 36 00 65 ou 0477 78 44 34 www.galeriecerami.be

TOURNAI

Rasson Art Gallery Galerie 360° Vous avez dit “sable” ?. Une exposition Grosses bébêtes et petites vicieuses... 2 de Michel Bocart sur le thème de la dispa- histoires religieuses. Oeuvres de Kosta rition progressive des sables de nos pla- Kulundzic. ‣ Jusqu’au 13·04. Du J. au D.

Imaginations Comme pas mal de ses confrères après la pause hivernale, Pascal Polar sacrifie à l’exposition d’ensemble. Peur d’expos solo plus difficiles à négocier ou plaisir de montrer de belles pièces préservées d’artistes maison ? Un peu des deux sans doute et, à la clé, une démonstration qui a du chien vu la qualité des acteurs et des œuvres en présence. Le titre choisi, “Imaginations”, laisse place à toutes les cogitations, une œuvre d’art étant a priori censée éveiller notre adhésion, nos réactions. Humour, dérision, rêve, contestation, audace, originalité… Dans une vie qui n’est pas facile à gérer, on peut rêver ou se mobiliser. Les artistes y aident. A l’entrée, deux beaux tableaux d’Alberto Reguera se font face, l’un, “Solar Fragments”, avance des engorgements de jaunes en fusion (illu.), l’autre, “Foggy Skies”, s’impose avec des flamboyances de rouges. Le ton de la fête est donné, musclé. Ce que conforte une tapisserie d’Hassan Musa, “The Moderate Drivers, qui pose bien des questions urgentes. Contraste en légèreté, une

de 14 à 18h30 ou sur rdv.

URue de Rasse 13 - 7500 Tournai 069 64 14 95 - www.rassonartgallery.be

LIÈGE LIÈGE Les Drapiers Icônes Jacquards. Une série d’images tissées de visages humains à grande échelle

architecture ludique et fragile de Martine Vanderhoven accroche l’espace, un double “Ciel étoilé” de Thomas Ruff distillant des ondes de paix. Des “Dromadaires” de Barthélémy Toguo créent la diversion amusante. Les portraits, photographies repeintes, de Max Neumann agitent des réflexions intériorisées et les robes sous plexi de Didier Hagège intriguent à bon escient. Quelques toiles de Chéri Samba dérident l’atmosphère à leur tour, quand le Tchèque Miroslav Tichy crée l’intrigue et la surprise avec ses photographies sans doute volontairement banales. Les Vénus d’Anton Solomoukha crèvent l’écran de désirs sulfureux et, comment l’oublier, Karl Waldmann ajoute à l’intrigue générale sa part d’inconnue. (R.P.T.)

U Galerie Pascal Polar,108, chaussée de Charleroi, 1060 Bruxelles. Jusqu’au 19 avril, du mardi au samedi, de 14 à 19h. Infos : www.pascalpolar.be

de Lia Cook, qui redéfinissent les frontiè- Monos Gallery res entre technologie, informatique, pho- Heavens and Yakusa. Photos d’Anton tographie et artisanat. Parcours OFF de Kusters. ‣ Jusqu’au 13·04. Du J. au D. de la 9e Biennale Internationale de la Photo- 14h30 à 18h ou sur rdv. graphie et des Arts Visuels de Liège. URue Henri Blès 39 - 4000 Liège ‣ Jusqu’au 25·05. Du J. au S. de 14 à 18h, 0485 91 16 02 - www.monosgallery.com les D. 06·04 et 04·05 de 11 à 17h ou sur rdv. STAVELOT URue Hors-Château 68 - 4000 Liège 04 222 37 53 - www.lesdrapiers.be

Triangle bleu Des journées entières #2. Oeuvres de

Arts Libre. Supplément hebdomadaire à La Libre Belgique. Coordination rédactionnelle: Gilles Milecan et Camille de Marcilly. Réalisation: IPM Press Print. Administrateur délégué - éditeur responsable: François le Hodey. Rédacteur en chef: Francis Van de Woestyne. Rédacteurs en chef adjoints: Xavier Ducarme, Pierre-François Lovens et Gilles Milecan. Conception graphique: Bruno Bausier, Jean-Pierre Lambert. Publicité: Martine Levau (0032.2.211.29.12 – martine.levau@ipmadvertising.be).

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SEMAINE DU 21 AU 27 MARS 2014 ARTS LIBRE

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A l’étranger

La parution de la semaine

France

Les trois livres publiés conjointement aux éditions Triangle Books, de même format (27,9 x 22 cm), en noir et blanc sont des livres d’artistes sans texte qui ont en commun de proposer des portraits, plus précisément des dessins de visages. “Les énigmes de Saarlouis” de Jos De Gruyter&Harald Thys rassemblent des visages anonymes traités au crayon, au trait simple. La tête est isolée, la plupart du temps comme n’appartenant pas au corps. Les dessins originaux ont été présentés en 2012 dans la galerie de Micheline Szwajcer à Anvers. Le titre du recueil de Aline Bouvy et John Gillis, “The anus, in relation to the penis, the hand, the face”, est assez explicite sur le contenu de crayonnés très appliqués et d’un réalisme quasi photographique s’il n’était les fantaisies apportées se rapportant au thème non sans des accents fantastiques ou surréalistes. Le troisième ouvrage, les “Atari faces” de Thomas Bayrle est le résultat d’une collaboration entre l’artiste et Stefan Mück qui travaillèrent ensemble entre 1988 et 1991. Ce dernier a créé un programma de distorsion des traits pour un ordinateur Atari. A partir de cette composante graphique et digitale, par collage, Thomas Bayrle a réalisé une série de portraits qui furent ensuite imprimés. Certains d’entre eux se résument à des compositions de formes quasi géométriques remplies de lignes vibrantes. (C.L.)

Alors que l’artiste (1928) est l’invitée du Lacma (L.A.) la Gale­ rie parisienne donne à voir les propositions visuelles récen­ tes, de celles qui combinent avec audace photographies, vi­ déos et matériaux divers. “Triptyques atypiques” fait réfé­ rence au chiffre trois et aux triptyques de la peinture ancienne qu’Agnès Varda affectionne. U Jusqu’au 5 avril. Galerie Nathalie Obadia, 3, rue du Cloître Saint­Merri, 75004 Paris. www.galerie­obadia.com

Marc Nagtzaam&Jochen Lempert – Dessin et Photo Paris – DIX291 Les deux artistes sont adeptes d’un “effacement de soi”. Marc Nagtzaam (1968, vit et travaille à Gand) réalise des séries de dessins de pures abstractions (illu); Jochen Lempert (1958, vit et travaille à Hambourg) montre des photographies argenti­ ques d’animaux, d’objets ou de phénomènes naturels. U Jusqu’au 5 avril. Galerie Dix 291, 10 passage Josset, 75011 Paris. www.dix291.fr

Armand Jalut – Peinture Paris – Michel Rein COURTESY GAL. M. REIN

Livres d’artistes

COURTESY GAL. DIX291

AGNES VARDA

EDITIONS TRIANGLE BOOKS

Agnès Varda – Photographie Paris – Galerie Nathalie Obadia

Les peintures produites par l’artiste français (1976, vit à Pa­ ris) associent des machines­outils, des animaux ou des pro­ duits alimentaires dans une forme d’hyperréalisme transfi­ guré partiellement par le traitement chromatique apparem­ ment aléatoire et influencé par une gestion numérique. U Jusqu’au 22 mars. Galerie Michel Rein, 4é, rue de Turenne, 75003 Paris. www.michelrein.com

U Chaque ouvrage est tiré à 500 exemplaires. Editions Triangle Books, MMXIV, Bruxelles. 14 € ou 18 €. www.trianglebooks.com

GRAND-LEEZ Exit11 Contemporary Art This one is for you... Oeuvres d’Alain Bornain, Jörg Coblenz, André Delalleau, Benoît Félix, Luc Fierens, Djos Janssens Jacques Lennep... ‣ Jusqu’au 30·03. Les S. et D. de 10 à 18h ou sur rdv. UChâteau de Petit-Leez - Rue de Petit-Leez 129 - 5031 Grand-Leez - 081 64 08 66 www.exit11.be

BORGERHOUT Zeno X Gallery Hommage. Oeuvres de Cristof Yvoré. ‣ Jusqu’au 12·04. Du Me. au S. de 13 à 17h. Twentyseven.one.seven. Oeuvres de Dirk Braeckman. ‣ Jusqu’au 12·04. UGodtsstraat 15 - 2140 Borgerhout 03 216 16 26 - www.zeno-x.com

MECHELEN

JAMBES

Transit Détour Gulden Snede. Oeuvres murales inédites Jeux de Jambes. Oeuvres de Benoît Félix. du sculpteur Johan Creten. ‣ Jusqu’au ‣ Jusqu’au 29·03. Du Ma. au V. de 12h30 23·03. Du V. au D. de 14 à 18h ou sur rdv. à 17h30 et le S. de 14 à 18h. UZandpoortvest 10 - 2800 Mechelen UAvenue Jean Materne 166 - 5100 Jambes 081 24 64 43 - www.galeriedetour.be

015 33 63 36 - www.transit.be

FLANDRE ORIENTALE

ANVERS ANVERS

GENT

Fortlaan 17 Fifty One Fine Art Photography The Other Self. Oeuvres de Vivian Maier, 00:00:01: A Split Second. Exposition Jacques Sonck, Adama Kouyaté et Nor- collective regroupant des oeuvres de Mabert Ghisoland. ‣ Jusqu’au 05·04. Du nor Grunewald, Lawrence Malstaf, Kiki Smith, Pieter Laurens Mol, Joey Kötting... Ma. au S. de 13 à 18h ou sur rdv. UZirkstraat 20 - 2000 Anvers - 03 289 84 58 ‣ Jusqu’au 26·04. Du Me. au V. de 14 à www.gallery51.com 18h, le S. de 12 à 18h ou sur rdv. UFortlaan 17 - 9000 Gent - 09 222 00 33 www.fortlaan17.com

Fifty One Too All about Eve. Oeuvres d’Annie Kevans. ‣ Jusqu’au 05·04. Du Ma. au S. de 13 à Tatjana Pieters 18h ou sur rdv. Interpunction #6. Oeuvres de Stefanie UHostraat 2 - 2000 Anvers - 03 233 88 14 De Vos. ‣ Jusqu’au 23·03. Du Me. au D. www.gallery51.com de 14 à 18h ou sur rdv. Kawagoopa!. Oeuvres de Rein Dufait. Galerie Zuid Watercolours. Oeuvres de Catherine Jan- ‣ Jusqu’au 23·03. sens. ‣ Jusqu’au 05·04. Du Ma. au S. de Summary; Fox, Milk, Smoke. Oeuvres de Kasper Bosmans. ‣ Jusqu’au 23·03. 14 à 18h, le J. jusqu’à 20h. UPacificatiestraat 34 - 2000 Anvers 03 248 84 83 - www.galeriezuid.be

COURTESY GAL. D. TEMPLON

NAMUR

UVerlatstraat 23-25 - 2000 Anvers 03 257 14 17 - www.timvanlaeregallery.com

L’un des artistes français les plus connus (1935 Naples – Vit à Nice depuis 1949), fer de lance de l’avant­garde conceptuelle dès les années soixante notamment avec Fluxus, auteur de peintures écrites, propose une exposition sur le thème de l’égo avec des pièces historiques et des travaux récents iné­ dits. U Jusqu’au 9 avril. Galerie Daniel templon, Impasse Beaubourg, 75003 Paris. www.danieltemplon.com

Angleterre Stephen Willats – Plurisdisciplinaire Londres – Raven Row L’exposition porte sur le travail de 1962 à 1969 de l’artiste anglais (vit à Londres) pluridisciplinaire à la fois chercheur en sciences sociales, ingénieur, designer et plasticien. Vêtements, meubles, œuvres de lumière et en mouvement, environne­ ments et dessins sur papier, constituent son corpus. U Jusqu’au 30 mars. Raven Row Gallery, 56 Artillery Lane, E1 7LS Londres. www.ravenrow.org

Glenn Ligon – Sérigraphie Londres – Thomas Dane COURTESY GAL. THOMAS DANE

080 86 42 94 - www.trianglebleu.be

COURTESY L’ARTISTE ET VICTORIA MIRO, LONDRES

Marthe Wéry. ‣ Jusqu’au 11·05. Du J. au Tim Van Laere Gallery D. de 14 à 18h30 ou sur rdv. Adrian Ghenie. Peintures. ‣ Du 27·03 au UCour de l’Abbaye 5 - 4970 Stavelot 10·05. Du Ma. au S. de 13 à 18h.

Ben – Peinture Paris – Galerie Daniel Templon

L’artiste américain a composé un ensemble de trois peintures monumentales sérigraphiées sur la base de “Come Out” (1966), l’une des premières œuvres du musicien minimaliste Steve Reich à propo des brutalités policières du cas “Harlem Six” à N.Y. Comme le musicien, Ligon y répète inlassablement la même phrase. U Jusqu’au 22 mars. Thomas Dane Gallery, 3&11 Duke Street St James’s, SW1Y 6BN Londres. www.thomasdane.com

UBurggravenlaan - 9000 Gent - 093 24 45 29 www.tatjanapieters.com

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Adjugé!

SEMAINE DU 21 AU 27 MARS 2014 ARTS LIBRE

l Au marteau

D.R.

Sotheby’s et Art­ curial étaient as­ sociés dans la vente Art déco de la collection privée de Félix Marcilhac, mar­ chand parisien d’un peu plus de septante ans qui fut parmi les premiers à ache­ ter de l’Art déco quand personne n’en voulait, dès les années soixante. Bien lui en prit car les 316 lots proposés ont presque tous été vendus et que le chiffre final après deux tours de dispersion est monté à 24,7 millions d’euros, frais compris. L’estima­ tion globale allait de 8 à 12 millions d’euros. Le musée d’Orsay à Paris, celui de Troyes et ce­ lui de Poitiers ont profité de leur droit de préemption. Pour 27500 €, Poitier s’est em­ paré du portrait de Madame Lipska, peint vers 1920, par Chana Orloff. Orsay a préféré la “Méduse” de Carlos Schwabe, peinte vers 1896, payée 49500 €.

Eclectism

Chez Eric Pillon à Versailles ce 16 mars on vendit avec difficulté d’ailleurs un ensemble de tableaux de l’école française du XXe siècle, accompagnés de nombreuses sculptures “fin de siècle”. Un peu plus de 60% des lots a été vendu. Ici on épinglera une toile d’André Lhote datant de 1938 qui fit 48000 €, juste au­dessus de l’estimation haute. Les frais sont inclus. La toile avait été montrée à Bruxelles, Liège (à l’Association pour le Progrès Intellec­ tuel&Artistique de la Wallonie), et Anvers en 1947 dans une suite d’expositions.

48000 €

© LOUIZA

24700000€

Tableau

© PILLON

Marcilhac

h La salle de vente Louiza Auction met en vente ce samedi 29 mars une belle brochette de signatures célèbres des XIXe et XXe siècles. Parfois à petits prix. CLAIRE RÖTHARMEL ORGANISE sa pro­ chaine vacation sous huitaine, ce qui laisse le temps de se rendre dans sa salle située entre la place Stéphanie 6 et la rue Crespel, 53. Ce bel espace sert d’écrin régulier à des ex­ positions­ventes qui ne laissent pas indiffé­ rent un public friand de bonnes choses. Ce n’est jamais la grande foule dans cette salle comme dans les salles qui vendent des meu­ bles et des objets mais la foule ne génère pas toujours le succès. Cette maison de vente tra­ vaille beaucoup via Internet, c’est sa force. Voici quelques coups de cœur parmi plus de 500 lots peints et dessinés. La vacation dé­ bute avec un intéressant portrait de bédouin peint par un Polonais, Adam Styka (1890­ 1959), élève de Cormon à Paris. Sa toile de 55 x 46 cm est annoncée entre 7 000 et 9 000 €. Quelques autres portraits suivront comme cette “Elégante au bord de mer” peinte par Henri Gervex (1852­1929). Elle est en pied et la toile mesure pas moins de 195 cm de haut. La notice du catalogue signale ce qui suit : “Cette œuvre nous était connue par une photo­ graphie des archives de Gervex. On peut émettre

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SEMAINE DU 21 AU 27 MARS 2014 ARTS LIBRE

Adjugé!

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e de bon aloi Cette table en bronze de Diégo Giacometti est intitulée “Table aux Caryatides”. Elle devrait se vendre entre 180000 et 200000 €.

une hypothèse sur l’identité du modèle par une mention de son carnet de comptes. Ainsi un por­ trait en pied d’une miss Glaser ou Glover a été vendu par l’artiste en octobre 1922 pour la somme très importante de 7 200 francs de l’époque. Sans doute est­ce également l’œuvre exposée au Salon de la Société Nationale des Beaux­Arts de 1922 sous le titre “Portrait de Mlle G.” Si c’est bien le même tableau voilà une re­ découverte importante pour le corpus de cet artiste mondain et raffiné qui mit la bour­ geoisie d’affaires au premier plan des com­ manditaires culturels. On attend 10 000 à 12 000 € de ce lot. Juste après suivra un des­ sin de Menzel (1815­1905), artiste allemand majeur du XIXe siècle. Il s’agit en l’occurrence d’un portrait au fusain d’une dame et de sa fille, tracé en 1891. On en escompte 3 000 à 4 000 €. Un Hongrois du nom de Jozsef Rip­ pl­Ronai (1861­1927), apparaît ici à travers un portrait de profil au pastel de Cléo de Me­ rode. Laquelle Cléo est une des effigies les plus marquantes du nouveau musée “Fin de Siècle”, rue de la Régence à Bruxelles. Elle est en cire et c’est nous qui fondons devant une telle beauté. La composition un peu austère ici est annoncée entre 6 000 et 7 000 €. Puis viendra un grand tableau idyllique in­ titulé “Symphonie en blanc”. C’est une toile peinte en 1912 par Frans Van Holder (1881­ 1919). La toile de 118 x 112 cm est annoncée entre 12 000 et 15 000 €. Ce sera mérité. On continuera par “Les bords du Loire à Poncé dans la Sarthe” et pas “sur la Loire” comme

écrit au catalogue, où se trouve d’ailleurs un très beau château, récemment repris par les Guy de Malherbe qui le restaurent. En plus ils y ont installé dans les dépendances une très intéressante galerie d’art contemporain qui fait le contre­point avec la galerie parisienne de Marie­Hélène de La Forest­Divonne (23 rue Vieille­du­Temple, dans le Marais). Cette vue de Poncé est une toile de Maxime Mau­ fra. Elle est annoncée entre 12 000 et 15 000 €. On est toujours au tout début du catalogue quand on regarde cette belle composition de Gustave Loiseau (1865­1935), figurant des “Péniches sur l’Oise”. Nous sommes vers 1910, dans la mouvance post­impressio­ nisme. C’est un tableau de bonne facture que la salle estime entre 18 000 et 20 000 €. “Le Port de Rotterdam” peint par Maximilien Luce en 1907 est plus impressionniste en­ core par la liberté de ses touches et pourtant nous sommes en 1907. La toile est passée en vente déjà en 1961 puis en 1984, 1989 et en­ fin en 1997, chez Sotheby’s. Elle est évaluée entre 25 000 et 30 000 €. La toile de 54 x 65 cm est annotée “La Meuse au matin”. Le lot phare de la vente sera une table en bronze signée de Diégo Giacometti et vendue vers 1976 par l’artiste à un collectionneur bruxellois. La pièce est intitulée “Table au ca­ ryatides”. Elle mesure 67 x 112 x 128 cm. Elle est frappée d’une valeur de 180 000 à 200 000 €. Ph. Fy. U Exposition à partir de demain 22 mars.

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l Salon

Quand le dessin fait son show Barthélémy Toguo, “Hidden face”, aquarelle sur papier, 107 x 97 cm. tions d’artistes dont les esthétiques procè­ dent tant d’une sensibilité à l’espace ur­ bain que de la création de langages plastiques inédits” : Villeglé face à Lek&Sowat; le Drawing Now Video : une autre facette du dessin contempo­ rain. Nouveauté : La Drawing Night, le 28, projection sur la façade du Carreau du Temple d’un film de Lek&Sowat. En­ fin, tradition oblige, le Prix Drawing Now de 5.000 euros sera remis à l’un des artistes de moins de 50 ans présenté en focus. Roger Pierre Turine U Infos : www.drawingnowparis.com

COURTESY GALERIE LELONG

sensibiliser à l’art contemporain ?”; le 28 : “Quelle place pour le dessin con­ temporain dans le marché de l’art ?”; le 29 : “Existe­t­il un rapport entre l’ensei­ gnement actuel du dessin et l’engoue­ ment des jeunes artistes pour le me­ dium ?”. Chaque jour, à 12h, Philippe Piguet interviewera un artiste : le 26, Jean­Luc Parant; le 27, Barthélémy To­ guo; le 28, Julien Beneyton; le 29, Clai­ re­Jeanne Jezequel. Drawing in Pro­ gress : chaque jour, un artiste intervient en direct. A l’Espace Commines, l’expo cultu­ relle, une rencontre entre “deux généra­

h Drawing Now : 8e édition du Salon du dessin contemporain

CINQ JOURS POUR UN DESSIN en fête, toutes techniques et audaces confon­ dues. Du mercredi 26 au dimanche 30 mars. Deux lieux remis à neuf ac­ cueillent le Salon sous leurs verrières. Au Carreau du Temple (4, rue Eugène Spuller, Paris 3e) : les galeries confir­ mées; le Drawing Talks, les débats autour du dessin; les interviews d’artis­ tes par Philippe Piguet, commissaire ar­ tistique de Drawing Now; le Drawing in Progress : des interventions d’artistes en direct. A l’Espace Commines (17, rue Commines, Paris 3e) : le Fresh réservé aux jeunes galeries (15 en tout avec fo­ cus sur un artiste émergent. Point de ga­ leries belges dans cet espace) et l’exposi­ tion culturelle avec Villeglé et Lek&So­ wat. Au total des deux lieux : 87 galeries internationales, 400 artistes : la diver­ sité du dessin des cinquante dernières années. Au Carreau du Temple, écrin de 3000 m2, deux étages. Au premier niveau, 55 galeries qui ont fait leurs preuves; au se­ cond, 18 galeries pour la première fois de la partie. Quatre galeries belges en lice : Aeroplastics mise sur Mircea Suciu; chez Geukens&De Vil, focus sur le monde décalé de Gideon Kiefer; Petits

Papiers pointe Pat Andrea, mais aussi Philippe Geluck; la Galerie Mazel et Laurina Paperina. Epinglons la partici­ pation, une première, de la Galerie Al­ varo Alcazar, de Madrid, avec Eduardo Arroyo et ses “Crayons de couleur”. Autre première, Bernard Ceysson, pré­ sent avec Daniel Dezeuze, élément ma­ jeur du groupe Support/Surface; nou­ velle venue, De Primi Fine Art, de Lu­ gano, joue la carte Alighiero Boetti (1940­1994). Bien connues des ama­ teurs, quelques galeries parisiennes jouent franc jeu, sans oublier leurs ve­ dettes maison : Barthélémy Toguo à la une chez Lelong; Per Kirkeby, chez Vi­ dal­Saint Phalle; Jean­Luc Parant à l’en­ seigne de Lara Vincy. L’art brut sera de la partie avec le Parisien Christian Berst et l’américaine Creative Growth. Dirigé par Christine Phal et Carine Tissot, le Salon propose ses rendez­vous ponctuels. Au Carreau du Temple, le Drawing Talks : chaque jour, à 17h, dé­ bats avec des collectionneurs, des cura­ teurs, des critiques d’art, des artistes; le mercredi 26 : “Quelle place pour le des­ sin dans les collections d’entreprises ?”; le 27 : “Artothèques et cabinets d’ama­ teurs ou comment le dessin sert­il à

COURTESY GALERIA ALVARO ALCAZAR

parisien. Au Carreau du Temple et à l’Espace Commines, dans le Marais.

Eduardo Arroyo, “Smocking”, crayon de couleur sur papier, 97 x 58 cm.

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l Salon

TERRADES

Cette allégorie par Sainte-Colombe magnifie le retour au bon gouvernement personnifié par le ministre Calonne.

39 spécialistes à la Bourse h Un salon international pour le dessin au cœur de Paris avec pour invité le musée des Beaux­Arts de Nancy. DU 26 AU 31 MARS, de 12h30 à 20h30, à la Bourse dans ce que l’on appelle le palais Bron­ gniart du nom de son architecte comme on dit “l’opéra­Garnier”, va se tenir un petit salon exi­ geant par sa thématique, sa sélectivité, son pu­ blic et ses affinités vers le monde des musées. C’est le salon du dessin. Le temps passe et en cette vingt­troisième édi­ tion ne se pose nullement le problème du re­ nouvellement de la clientèle. La foule était là en 2013; elle le sera encore en 2014. Il faut donc demeurer optimiste car les niches du marché de l’art sont des viviers. Le dynamisme des anti­ quaires reste le meilleur moyen de diffuser l’art mais aussi la passion ce qui est tout autant im­ portant. Trente­neuf participants cela donne assez de fil à retordre aux amateurs parisiens qui, s’ils ne sont pas montés à Maestricht pour la Tefaf, auront ici l’occasion de se rattraper sur des lots de grande qualité comme on en voit en bord de Meuse jusque dimanche. Sauf à considérer que les dessins français an­ ciens et du XIXe siècle sont mieux défendus dans l’ancienne Bourse de Paris alors qu’au nord du département du Nord, d’autres univers géogra­ phiques tiennent la corde. Les exposants vien­ nent de France, de Hollande, d’Espagne, de Grande­Bretagne, des USA, de Suisse, d’Allema­ gne et d’Italie. Il y a un Belge, Patrick Derom. On trouvera des feuilles du XVe siècles jusqu’à des travaux modernes, montrés notamment chez Bérès et chez Zlotowski. Un des promoteurs originels de ce salon est la galerie Aaron que dirige Hervé Aaron. Le dessin n’est chez lui qu’une partie d’un négoce cons­ truit sur le mobilier et les tableaux d’abord par son père Didier. Dans leur hôtel de maître du Faubourg­Saint Honoré, juste à côté du Bristol, se trouve depuis quelques semaines la salle de vente Piasa. Aaron va proposer du Fragonard, d’abord avec le père (Jean­Honoré) et une très douce vue d’un parc italien traitée vers 1775; puis avec le fils, Evariste. Lui, il laisse ici un por­ trait envoûtant de la comtesse de Fitz­James, vers 1800, descendante des Stuart d’Angleterre, dont la subtilité de l’atmosphère annonce

Prud’hon. Antoine Laurentin qui s’est installé l’année passée au Sablon à Bruxelles tout en conservant sa galerie du quai Voltaire, propo­ sera un vivifiant collage de Maurice Estève (1904­2001) et une étude de Dubuffet. Jean­Luc Baroni (Londres), annonce déjà un portrait de moine encapuchonné tracé à la pierre noire par Fra Bartolomeo qui fut un élève très proche de Raphaël. Chez Antoine Cahen (d’Anvers ?) et Gabriel Terradès on verra peut­ être cette très belle et allégorique composition de 1783 tracée par l’avocat Luc­Vincent Thiery de Sainte­Colombe, qui était artiste par passion. Il s’agissait pour lui de magnifier le retour du crédit de l’Etat grâce à la politique de Calonne. Retour de crédit espéré, car Calonne ne fut nommé par Louis XVI qu’en novembre 1783. L’artiste n’aura pas perdu de temps pour glori­ fier un ministre qui est l’alter ego du premier ministre d’Italie, Matteo Renzi. Pourtant, le Lié­ geois Florimond de Mercy­Argenteau, seigneur de Vierset, ambassadeur d’Autriche à Paris, af­ firmait que Calonne n’était pas aimé du peuple. Calonne disait, selon Pierre Jolly : “J’aurais tout perdu si j’avais pris l’attitude de la pénurie, au mo­ ment où je devais en dissimuler la réalité”. A l’op­ posé de Necker qui tablait sur la réduction des dépenses, Calonne favorisa la consommation in­ térieure et une meilleure gestion des affaires de l’Etat. Après quatre ans, face à des caisses vides, Versailles se ligua contre lui et il démissionna, se retirant dans son château d’Hannonville, près de Verdun. On souhaite à Renzi un meilleur sort. Notons encore que le salon accueille comme invité le Musée des Beaux­Arts de Nancy, ce qui permettra de mettre en valeur la donation de Jacques et Guy Thuillier. Jacques Thuillier fut professeur d’Histoire de l’Art à l’Université de Dijon puis au Collège de France. Avec son frère Guy, outre des dizaines de tableaux anciens et jusqu’au style “Pompier”, il accumula plus de 15000 feuilles dessinées et gravées. Ph. Fy. U Infos : du 26 au 31 mars, de 12h à 20h30. Entrée : 15 €. Etudiants et moins de 18 ans : 7,5 €. Entrée : rue Vivienne.

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SEMAINE DU 21 AU 27 MARS 2014 ARTS LIBRE

l Foire d’art contemporain

Offensive chinoise sur Paris Une œuvre dans le vent, une grande éolienne (350 x 250 cm) de Vassilakis Takis (1925), “Signal Eolien” de 1987, sera proposée à Art Paris 2014 par la galerie knokkoise d’André Simoens.

h Pour sa troisième édition, Art Paris

SOUTIEN HABITUEL DE LA CRÉATION européenne et française en particulier, dans ses aspects contem­ porains classiques, la foire Art Paris s’ouvre davan­ tage au monde en accueillant des galeries du Moyen Orient, d’Asie, ainsi que par son focus sur l’art chi­ nois. 20 pays sont représentés et la moitié des de­ vantures participantes sont étrangères. Le secteur général reste largement prépondérant par rapport aux quelques jeunes galeries et à la petite section design. On remarque une forte présence de l’abs­ traction des années 50 et 60. Cette année, c’est la Chine qui rafle la mise avec dix galeries du cru et une vingtaine de galeries qui présentent des artistes chinois. Une véritable offen­ sive orchestrée par la foire et qui répond à une réa­ lité de la croissance de ce marché. Outre les artistes très contemporains on verra aussi Zao Wou Ki (Bo­ géna), Chu Teh Chun (Trigano) et Gao Xingijan (Claude Bernard), ex prix Nobel de littérature tou­ jours interdit dans son pays. Quatre galeries de Bel­ gique participent à ce raz de marée. Paris­Beijing avec notamment Maleonn, Liu Bolin et Li Wei; Feizi, entre autres avec Qin Ga, Cang Xin ou Xiao Yu; Da­ niel Templon avec He An et Yue Minjun, et IFA

COURTESY GALERIE ANDRÉ SIMOENS

s’internationalise davantage et invite les galeries chinoises.

(Bruxelles/Shanghai) avec une sélection chinoise à l’exception du Letton Mellupe. Du côté des galeries et artistes belges, la NK Gal­ lery (Anvers) s’y présentera avec Hans Vandekerc­ khove, Didier Mahieu, Nick Ervinck et Piet Stock­ mans; Nathalie Obadia (Paris/Bruxelles) exposera Thomas Lerooy et un choix international avec les Dewasne, Vasconcelos, Belin, Hyber, Jaffe…. Chez Petits Papiers (Bruxelles) on aura Denis Deprez et Philippe Geluck. Michael Rooryck (Courtrai) a re­ tenu des œuvres de Karel Dierickx et Gustave de Smets, mais aussi d’Eugène Leroy, Vasarely, Zadkine et Mario Sironi. Chez André Simoens (Knokke), à côté des Walter Leblanc et Jan Van Oost, sélection internationale avec les Boltanski, Nauman, Goldin, Sugimoto… Panoplie d’artistes étrangers en la Bod­ son Gallery (Bruxelles) avec Paulo Climachauska, Rafael Y. Herman, Nathaniel Rackowe, Simon Schu­ ber, Benjamin Sabatier et Evol. Enfin, ils seront cinq sur le stand de Pascal Janssens (Gand) : Carlos Cruz­ Diez, Rafael Barrios, René Ugarte, Yves Ullens et Pascal Dombis. Parmi les artistes belges, on pourra aussi repérer Johan Muyle (Toxic), Joël Kermarec (Lemand), Jan Fabre (Mauroner), Nic Joosen (Mullig), Charley Case (Quang), Peter Roegiers (Richard), Marcel Berlanger (Silin), Michaux (Herold), Mehdi­Georges Lahlou (Dix9). C.L. U Art Paris Art Fair. Du 27 au 30 mars. Grand Palais, Paris. Infos : www.artparis.com

l Salle des ventes

Gros prix à Lokeren h La 157e vente chez De Vuyst le 1er mars a bien fonctionné. Petit aperçu financier. COMME TOUJOURS dans l’illustre mai­ son de vente de Flandre orientale, c’est par des œuvres anciennes que les cho­ ses débutèrent. Lentement d’abord, avec un tableau flamand influencé par l’Italie, figurant la noyade de l’armée du pharaon devant Moïse et son peuple. 8500 € vinrent se déposer sur les ber­ ges de la Mer rouge, contre 3000 € d’es­ timation basse. Il y eut juste après une très belle envo­ lée pour un paysage de l’entourage de Paul Bril (1556­1625), dans lequel était perdu du fait de sa petite taille, la célè­ bre scène de la fuite en Egypte. La salle pensait obtenir 20 000 à 30 000 € pour ce panneau de 19 x 25 cm. Mais les amateurs ne l’entendirent pas de cette

oreille et le marteau chut à 120 000 €. Ensuite, la dernière grosse enchère sur les tableaux anciens tomba sur une scène terrible de naufrage, de l’entou­ rage de Magnasco dit le catalogue. Les experts maisons pensaient négocier cette toile de 84 x 138 cm entre 20 000 et 30 000 €. Il n’en vint que 18 000, ce qui montre que les prix de réserve sont bien en dessous des esti­ mations basses, souvent prises pour le plancher minimum. Dans la partie des artistes modernes on vendit ensuite un très intéressant morceau de Théo Van Rysselberghe (1862­1926) figurant en 1881 un cours de dessin à l’académie. L’œuvre de 26 x 37 cm, sur panneau, était dédiée à son ami Vanaise. Le lot sera repris dans une étude à venir réalisée par Pascale de Sa­ deleer et Olivier Bertrand. Comme pour le lot précédant, le marteau tomba en dessous de l’estimation basse, à 17000 €, alors que le seuil était de 20000 €. Et pareillement encore pour un superbe

groupe en marbre blanc sculpté figu­ rant “Le Réveil”, sous les traits d’une jeune femme nue soulevant des draps; elle dormait donc debout ou presque… La pièce, haute de 197 cm était an­ noncée entre 30000 et 40000 €; elle fut adjugée à 24000 €. Trois dessins de Rops sur quatre fu­ rent retirés. Par contre, James Ensor eut plus de veine et notamment avec sa “Ronde in­ fernale”, datée de 1888, magistral des­ sin de 170 x 226 mm, qui passa sans peine des 40000 € de base pour se ven­ dre à 120 000 €, frais compris. Du même, “Etoiles au cimetière”, gravure rehaussée de 1888, était annoncée en­ tre 13 000 et 16 000 €. Les amateurs poussèrent la chose à 36 000 €. Plus loin, un superbe dessin de Spilliaert à l’encre de Chine et lavis se négocia à 85000 € quand les estimations allaient de 35 000 à 45 000 €. Il s’agissait d’un “Adam” qui sera repris par Anna Adriaens­Pannier dans une prochaine

monographie. Il y eut mieux encore avec trois enchè­ res à 200 000 € et plus. Et la première adjudication dans le genre est venue couronner la superbe toile d’Anto Carte (1886­1954), figurant quatre marins regardant la mer. La toile datait de 1923. Elle était annoncée entre 150 000 et 170 000 €. Elle se vendit à 280000 €, ce qui fait quand même plus de dix millions d’anciens francs ! Il y avait un petit temps qu’une telle toile, provenant pour l’occasion d’une mai­ son de Theux, n’était apparue sur le marché. Puis il y eut les 200000 € dé­ posés sur “La noble rose” de Paul Del­ vaux, large dessin de 680 x 1000 mm. Il s’agit ici de l’estimation haute. Enfin, il fallait compter 220000 € pour la toile du chinois Chu Teh­Chun, né en 1920 et datant de 1972. Le lot de 73 x 100 cm était estimé entre 135000 et 160000 €. Près de 70 % des lots changèrent de mains. Ph. Fy.

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l Résultats

Tefaf : bonnes ventes mais peu de choses inouïes Le tableau de Fernand Khnopff “Nature morte à l’éventail japonais”, a été vendu à un collectionneur américain.

h La Tefaf à Maestricht c’est

COMME CHAQUE ANNÉE LA TEFAF ÉBLOUIT. Ce salon de plus en plus riche par sa diversité mais pas plus grand en mètres carrés, ne cesse de croître en affluence. Près de vingt galeries sont présentes pour la première fois dont celle de Florence de Voldere (Paris), qui était à Na­ mur en novembre et à la Brafa en janvier. Entrer dans le cénacle des marchands de peintures nordiques de la Tefaf n’est pas une mince af­ faire et coûte un pont. Mais c’est fait, c’est mé­ rité et c’est tant mieux. La Tefaf se déguste donc mais bien mieux s’il y fait calme. Pour cela il faut y aller à l’ouverture (11h) afin de profiter au mieux des stands. Les tableaux, anciens, mo­ dernes (après 1830) et contemporains bénéfi­ cient d’une plus large “diffusion”; on sent bien que les antiquaires à l’ancienne qui proposent meubles, objets, sculptures et tableaux tous mélangés sont de moins en moins nombreux. Ils sont une vingtaine emmenés par quelques Anglais de haut vols comme Mallet, Pelham, les français Aveline, Perrin et Mathivet ou notre Vervoordt national mais surtout La Mésangère qui illumine son secteur avec brio et qui a déjà bien vendu dont un magnifique meuble néo­ renaissance en bois noirci d’origine française des années 1860. Ceci dit, comme beaucoup de personnes pré­ sentes sur place on se demandait bien avec quoi partir s’il fallait choisir un lot ou deux. Person­ nellement ce serait avec trois toiles. Et d’abord un tableau de Simon Vouet, “Sainte Catherine d’Alexandrie”, peinte à Rome en 1626; elle se trouve chez Adam Williams (New York). Puis dans notre grand sac on déposerait les deux toi­ les du peintre de Charleroi François­Joseph Na­ vez (dont la “Famille Jonet” ô combien remar­ quable – rien ne change sous le soleil du Bra­ bant), et qui trônent depuis l’an dernier chez Jack Kilgore (New York également). Mais ce ne sont pas là des chefs­d’œuvre absolus qui lais­ sent pantois d’admiration et qui possèdent une attractivité universelle et irrésistible. Parmi les ventes les plus significatives com­ muniquées jusqu’à lundi, on sait que les frères Kugel (Paris), toujours au sommet de leur art ont vendu au Metropolitan Museum de New York une aiguière en forme d’autruche et son plateau en argent et vermeil, du maître orfèvre d’Augsbourg Marx Weinold, créés vers 1690. Aronson (Amsterdam) a vendu un vase pyrami­ dal en faïence de Delft, lui aussi des années 1690, à la National Gallery de Victoria en Aus­ tralie. Chez Daniel Crouch (Londres), un collec­ tionneur privé a payé deux globes du XVIIe siè­ cle, œuvrés par Willem Blaeu, pour les offrir au Rijksmuseum d’Amsterdam. Ceci pour dire

PATRICK DEROM GALLERY

un miracle pour les yeux chaque année. Les amateurs ont répondu présents semble­t­il dans les quatre premiers jours.

que tous les conservateurs actifs ou à la retraite du monde sont passés par la Tefaf dans les qua­ tre premiers jours. La galerie Weiss de Londres a vendu pour sa part son tableau principal, une “Lucrèce”, peinte nue sur fond noir juste avant le coup de poignard fatal, par Lucas Cranach vers 1536. La pièce s’en est allée pour près de deux millions d’euros. Bernard de Grunne dont le stand est imaginé depuis vingt ans par Nico­ las de Liedekerke (auteur du decorum de la Brafa), est très content. Le succès fut assuré la veille de l’ouverture, pour lui, car le catalogue étant sorti, sa collection de cannes Senufo (CDI), a été vendue en totalité à un amateur étranger. “C’est formidable d’avoir des amateurs de ce genre car ils savent ce qui est unique. En l’es­ pèce cette ensemble est une rareté absolue. J’ai mis plusieurs années à réunir ces cannes. Une canne seule est difficile à négocier, mais quinze, c’est irré­ sistible et cet amateur a bien compris la portée de cette collection”, nous dit Grunne. Chez Patrick Derom également on est très content de cette édition 2014. Pour l’heure, la pièce la plus importante qui soit partie est un tableau de Fernand Khnopff “Nature morte à l’éventail japonais”, vendu à un collectionneur américain. Ph. Fy. U Le salon continue jusque dimanche à 18h. Infos: www.tefaf.com

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L'actu

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l Événement

h Sotheby’s exposera une cinquantaine de dessins du maître catalan prêtés par sa petite­fille, Marina Picasso. C’EST LA MANIÈRE SUBTILE dont la salle de ventes usera pour participer à sa façon au “Salon du Dessin” et à la “Semaine du Dessin” qui ira de pair avec le pas­ sionnant rendez­vous du Palais Brongniart. A peine la Tefaf terminée, on retrouvera certains marchands qui y exposaient à pied d’œuvre pour magnifier cet art délicat, placé au cœur de la création. Certains musées parisiens, dont le Louvre, monteront des projets en rapport avec le dessin. Sotheby’s ne pouvait manquer ce rendez­vous d’autant que de nombreuses salles de ventes de Paris mettront en place des événements similaires, avec une vacation à la clé. Picasso donc, et de la meilleure fibre puisqu’il s’agit de retracer quelques années d’une carrière féconde où la femme prise comme modèle fut une héroïne sans faille. Quelques pièces de céramique seront associées à cette approche exhaustive qui permet d’appréhen­ der le maître dans une matière qui l’aura taraudé toute sa vie. Cela ira des croquis de femmes prosti­ tuées qu’il croisait à Barcelone jusqu’au début des an­ nées soixtante où, dit une des conservatrices du mu­

sée Picasso à Paris, il traça des croquis entiers de des­ sins de nus féminins, du peintre et de son modèle et d’autres variantes sur le même thème. Picasso était obnubilé par le thème du peintre et de son modèle, se mettant lui­même en scène, pour mieux s’analyser sans doute. Le nu fut un des moyens d’expression dont usa Pi­ casso pour atteindre à la création du cubisme. C’était déjà le cas en 1906 et 1907 dans diverses études à l’encre de Chine et notamment pour son tableau my­ thique des “Demoiselles d’Avignon”. Dans ses dessins sans tête, les formes du corps sont traitées comme des blocs juxtaposés. Les corps sont déstructurés et le mo­ delé est rendu par des hachures précises comme le fai­ saient déjà depuis longtemps les graveurs anciens ou modernes. Certaines de ses compagnes ou épouses furent des modèles et le ferment d’une création incessante. Le jeu des arabesques n’a rien à envier aux effets d’une femme­fleur. Le minotaure sera un autre support d’effusions insensées, où des êtres fantasmés sont tra­ cés à l’encre de Chine d’un trait ferme et délicat. Ces œuvres provenant de la plus belle des sources sont comme un manifeste. Ce faisant, Sotheby’s cul­ tive ses clients et amis. Ph. Fy. U Du 28 mars au 1er avril; fermé le dimanche. De 10h à 18h. 76 rue du Faubourg­Saint­Honoré à Paris. Entrée libre

D.R.

Picasso et le nu féminin

Comme le montre cette étude pour “Les demoiselles d’Avignon”, le nu fut un des moyens d’expression dont usa Picasso pour atteindre à la création du cubisme.

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