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AILES

PP.10-11

D.PROVOST/COURTESY GAL. R. POLO

DU GRECO, ON TROUVAIT CHEZ SOTHEBY’S CETTE INTÉRESSANTE « ANNONCIATION » QUI ÉTAIT À PRENDRE À UN MILLION DE DOLLARS ET QUI EN FIT 5,5 MILLIONS.

A NEW YORK, L’ANCIEN A DES

Supplément à La Libre Belgique - N°218 - Semaine du 7 au 13 février 2014

Marché

Foire

Expo en vue

L’ère de Léopold II sera à l’honneur lors des prochaines ventes. PP.12-13

La foire d’art contemporain de Lille compte de nombreux stands belges. P.15

A la galerie Roberto Polo, des toiles monumentales de Marc Maet. PP.2-3

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L'actu

2 Commentaire

De Bruneaf en Brafa

Par Roger Pierre Turine

SEMAINE DU 7 AU 13 FÉVRIER 2014 ARTS LIBRE

l Expo en vue

Marc Maet et les Bio express Né à Schoten en 1955,

Pareil à la formule bateau “Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil” quand la vérité vraie est large­ ment ailleurs, celle qui dit, foires remi­ sées à l’an prochain, “Tout le monde il est content, tout le monde il a bien travaillé” ne serait en somme que poudre aux yeux, leurre de circons­ tance, mensonge à peine déguisé ! Qui disait “Aujourd’hui, tout le monde ment” ? Et si c’était vrai ! Le communi­ qué de presse de Bruneaf claironne une satisfaction qui serait à vérifier mais qui, hélas, ne peut l’être, tant il appa­ raît clair, dires des uns mis à mal par ceux des autres, qu’en ces matières sensibles de ventes et d’achats, mieux vaut se taire que trop parler… Pour de multiples bonnes raisons. Le commu­ niqué de presse post­opératoire de la Brafa ne dira rien d’autre et nous l’en­ tendons déjà, pas besoin de le lire : “Magnifique succès d’une Brafa meilleure que toutes ses devancières.” La seule chose peu ou prou quantifia­ ble et fiable, c’est la participation du public à ces agapes culturelles. Et là, il faut en convenir : effet d’hiver doux ou non, les foules furent au rendez­vous de deux événements qui comptent dans le paysage bruxellois. La concor­ dance des deux joue, c’est acquis, témoignages d’étrangers faisant foi, joue en faveur de l’une et de l’autre de ces deux sœurs qui, sans être jumelles, attirent des publics très voisins, les arts ethniques étant devenus un apport non négligeable à de belles collections se voulant, sinon éclectiques, au moins riches en contrastes. Nous avons répété dans Arts Libre tout le bien que nous pensions de Bruneaf et de la Brafa, des pièces d’exception s’y taillant une belle part du lion. Et comme vous le voyez, nous ne vous avons pas parlé des prix demandés et peut­être atteints. Là encore, en effet, il est ardu d’en connaî­ tre des montants exacts, revus et corri­ gés en fonction de chaque client. Et puis, comme nous le disions aussi, à quoi bon ces prix quand tout le monde ne joue pas dans la même pièce ! Si on aime l’art, pourquoi l’aime­t­on ? Nous persistons à penser, quand bien même serions­nous largués en cette occur­ rence, que l’amour de l’art est une affaire de sensibilité, de conscience, d’émotion face à quelque chose qui nous touche au fond de nous. Et ce doit être sa seule raison. Le coup de cœur qui ne s’explique pas. Tout le reste n’est­il pas billevesées pour de bien tristes sires ?

décédé à Gand en 2000. Biennale de Sao Paulo en 1987; expo solo à la Galerie Fred Lanzenberg, Bruxelles, en 1987; au Smak, à Gand, en 1988; en 2008, au Musée du Dr Guislain, à Gand et, avec Philippe Vandenberg, à la Galerie De Ziener, à Asse.

Infos pratiques Roberto Polo Gallery, 8-10, rue Lebeau, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 23 mars, du mardi au vendredi, de 14 à 18h; samedi et dimanche, de 11 à 18h. Beau catalogue de 112 pages en couleurs, textes de Willem Elias et Ann M. Dijkstra, 38 euros. Infos : 02.502.56.50 et www.robertogallery.com

h A la galerie Roberto Polo, des dizaines de toiles, souvent monumentales, de Marc Maet. QUI SE SOUVIENT ENCORE DE MARC MAET ? Et pourtant ! Météore de la peinture et de l’art belge, Gantois né à Anvers, le jeune homme avait, milieu des années 80, tout pour plaire et réussir, tant il appa­ raissait maître de ses brosses et de ses couleurs, géné­ reux en chromatismes, adepte d’abstractions fran­ ches, solides, presque monochromes. A l’instar de son ami Philippe Vandenberg, il paraissait avoir en

mains tous les atouts d’une percée définitive. Protégé de Jan Hoet, montré à la Biennale de São Paulo, aux Etats­Unis, partout en Europe, il avait ses afficiona­ dos à une époque où, cependant, et notamment en Belgique, la peinture avait perdu aura et importance. Ne disait­on pas, méprisant : “La peinture : nulle et non avenue !” quand alors un conceptuel, froid, vide, réglait toutes les préséances. Subitement, pour Maet,

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DOMINIQUE PROVOST / COURTESY GALLERY ROBERTO POLO

clés du mystère “Marc était très complexe, comme homme et comme artiste. Il n’était pas fou, mais il disait : “Je serais mieux enfermé dans un couvent !” Karina Blanchar

le vent des mauvais jours tourna à plein régime, finit par le tournebouler. Les expositions réputées se sont espacées, galeristes et commissaires d’importance ont lorgné ailleurs et, comme pour Vandenberg, la roue tourna carrément carrée. Une décennie durant, Maet s’accrocha, continua à peindre, s’ouvrit de nou­ velles pistes plastiques, lutta, éructa contre les infidè­ les, se fit de moins en moins d’amis, s’enferma dans

DOMINIQUE PROVOST / COURTESY GALLERY ROBERTO POLO

sa misère à rebrousse­poil. Finit par ne plus peindre que pour lui, torturé, anéanti sans doute, mais pour­ suivant, envers et contre tout, le rude métier du pein­ tre soucieux d’apporter au monde sa lumière très personnelle. A bout de patience, de résistance, il se donna la mort en 2000. Il avait 45 ans ! De rares expositions témoignèrent encore, ici et là, de son talent non pas éteint mais incompris, délaissé. Et nul, quasi, ne vit ce que Marc Maet avait pu pein­ dre durant toutes ces années de doute et d’exil du monde. Un bon dix ans de peinture ignorée, mais heureusement conservée. Cette peinture que Ro­ berto Polo ressort des limbes aujourd’hui, en des temps quand même plus amènes pour ceux qui osent encore, et plus que jamais, dire avec des brosses, des gestes ou des signes, et des couleurs, sur une toile, le monde qu’ils portent en eux. Le Maet méconnu n’était plus l’expressionniste abstrait de ses débuts, plus non plus un peintre acquis aux tendances en vo­ gue, requis par des élégances. Mais un artiste qui, re­ tourné aux sources de son histoire, celle des grands Flamands du Siècle d’or, aux profondeurs de la poé­ sie, s’entichait d’énigmes, de mystères, en même temps de clairvoyances graphiques et plastiques. Proche par l’esprit d’un Magritte, d’un Broodthaers, Maet s’était, années nonante en verve secrète, recon­ verti en allumeur de réverbères façon rébus d’images et de mots à rêver et à dénicher pour qui sait les ap­ privoiser. Maet défendit une peinture au service de l’idée. Une vraie peinture pour de vraies idées diffici­ les à dire, sinon en les imageant parfois par l’absurde. Avec une écriture à lire, parfois, à l’envers (du miroir), sous les couches de pigments, ou par la bande. C’est dire si un tableau de Maet n’est jamais donné d’avance, s’il se mérite, œil pour œil. En avance sur son temps, Maet aura eu pour souci d’exprimer des pensées lourdes de conséquences, son quant­à­soi. Quitte à ce que l’amateur de peinture, dont il es­ comptait la présence, se sente contraint de prendre à son tour le tableau à bras­le­corps, pour lui faire dé­ gorger des vérités voilées, mots et images s’accordant entre eux pour agiter réflexions et humeurs, face au tableau. Plus simplement, la plupart inédites, réalisées en­ tre 1991 et 2000, les dizaines de toiles exposées, sou­ vent monumentales, s’en viennent à nous auréolées d’énigmes à résoudre, chacun pour soi. Belles matiè­ res, combinaisons astucieuses, objets de Magritte ou de Broodthaers – grelot, pipe, bilboquet, œuf ou moule, mots et phrases ­, signes symboliques à tu et à toi avec des images apparemment sans queue ni tête, jeux de mains et… vanités. De la vie à la mort, sexe au mitan comme en tout art qui brûle. Avec des roses et des épines et, peinture déchirante, au paroxysme du destin de Marc Maet, “Le peintre décapité”, de 1997, une toile qui, singulière, déboussole. Roger Pierre Turine

A gauche, Marc Maet, “Nuage de soufre et Poisson de mercure”, 1998, acrylique sur toile, 200 x 200 cm. De haut en bas, “Le peintre décapité”, 1997, acrylique sur toile, 200 x 200 cm. “Journal d’un peintre II”, 1995, acrylique sur toile, 200 x 200 cm, et “Vanitas quatre”, 1997, acrylique sur toile, 200 x 200 cm.

DOMINIQUE PROVOST / COURTESY GALLERY ROBERTO POLO

DOMINIQUE PROVOST / COURTESY GALLERY ROBERTO POLO

(veuve de Marc Maet) en 2008

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SEMAINE DU 7 AU 13 FÉVRIER 2014 ARTS LIBRE

l Expo en vue

h A la suite de celle de l’été, seconde exposition solo du peintre carolorégien Pierre Lefebvre en la galerie bruxelloise de Sébastien Delire. LE GRIS EST SA COULEUR FONDAMENTALE, celle qui personnifie sa peinture depuis une bonne quin­ zaine d’années, non qu’il réfute les autres couleurs mais parce qu’elle est présente comme un leitmotiv traduisant une ambiance générale. Et Pierre Lefebvre lui accorde toutes les nuances, toutes les luminosités, toutes les densités, toutes les capacités. Le gris peut être le ciel, l’ambiance, l’atmosphère, la pluie aussi bien que les pavés ou les tombes. Un gris qui s’impose entre les beautés de ses variantes – que n’a­t­on célé­ bré la riche grisaille de la mer du Nord ! – et un certain refus d’enjoliver ce qu’il peint à travers le prisme de son regard. On pourrait penser, et la présente exposi­ tion va dans ce sens, qu’il est un peintre réaliste dès lors qu’il emprunte ses sujets non à un quelconque imaginaire mais simplement au contact de ses obser­ vations quotidiennes. Il puise ses motifs dans son en­ vironnement immédiat, le nôtre en l’occurrence, sans fioriture, sans chercher à le transformer et certaine­ ment pas à le sublimer. Cependant ce réalisme, un peu délavé, un peu atténué dans ses contrastes, n’est nullement une image photographique même si elle offre des accointances, car l’artiste l’enveloppe dans un climat chromatique personnel qui, sans porter de jugement, sans développer de discours si souvent fu­ meux, sans rien théoriser ou moraliser, plante une at­ mosphère générale de grisaille plus parlante que tou­

tes les démonstrations et les images clichés. Ceux qui suivent son travail depuis les premières apparitions publiques ont pu le constater, la ville est son lieu de prédilection, avec ses voitures, ses publici­ tés géantes, ses mouvements, ses grandes surfaces commerciales, ses rues pour ainsi dire anonymes tant elles se ressemblent. Une absence pourtant se remar­ que et se confirme aujourd’hui dans l’exposition. Tout a été déserté par l’homme. Cependant, il est là, mais invisible. Son œuvre est là en permanence, signe de ses agissements, de ses comportements, de ses rêves aussi. Et l’on devient soudain le regardeur, le contem­ plateur, de ce que nous faisons, de ce que nous som­ mes, de vos vies entre clartés, éclats parfois, grisés multiples et destin écrit. Toutes la richesse de sa pein­ ture est bien là, dans les nuances, dans une tempé­ rance chromatique, dans les éclairages sans fard, dans les accents subtils qui engendrent des visions sans ex­ cès ni démesure bien qu’elles ne manifestent aucun enthousiasme particulier, plutôt un sentiment quel­ que peu déceptif. Cette approche picturale, tout en sensibilité pondé­ rée même si des tonalités festives y participent par­ fois, d’un tempérament modéré, sans être pleine d’ef­ froi, se montre lucide et désespère un peu de posséder jamais une quiétude. Allégorie de la vie, l’exposition par son dispositif, est un trajet que chacun effectue, d’office. Le choix ne nous est pas offert. Suivant que l’on abordera le parcours en entrant par le côté rue ou par le côté couloir, on prendra la vie de face ou de re­ vers, mais à chaque fois, au centre, on sera confronté à soi­même et on appréciera que l’artiste ne nous im­ pose pas ses options. Le miroir qu’il nous offre, c’est à nous d’y placer l’image. Claude Lorent

COURTESY DELIRE GALLERY ©D.R.

Parcours de vie en nuances

l Photographie

Le monde en cartes

PHOTO : © COL. JEAN-CHRISTOPHE BADOT

h Passionnante et très utile édition d’un répertoire de photographes des territoires français d’outre­ mer entre 1839 et 1920.

Algérie, photographe au travail dans l’oasis d’El-Hadjira. Capitaine Piboul, ca 1865

EN COLLABORATION avec Jean­Chris­ tophe Badot, le collectionneur Fran­ çois Boisjoly vient d’éditer chez “Heri­ tage Architectural” un ouvrage à la fois très utile pour les historiens de la pho­ tographie, mais aussi simplement pas­ sionnant à feuilleter. Intitulé sobre­ ment “Répertoire des photographes français d’outre­mer” de 1839 à 1920, ce volume qui est l’aboutissement de 35 années de travail (collectionner, ré­ pertorier, documenter) se présente sous la forme de fiches classées par pays et par villes. Chacune d’elles cor­ respond à un photographe – profes­ sionnel, mais aussi amateur – ayant publié soit des cartes postales, soit des photos­cartes de visite de 1839 (inven­ tion de la photographie) à 1920 (dispa­ rition de la photo­carte). D’évidence, l’outil viendra bien à point dans un marché de la photo an­ cienne en pleine expansion (particu­

lièrement la photo trouvée) pour iden­ tifier les auteurs de ces images d’outre­ mer que l’on retrouve régulièrement dans les ventes ou… aux puces. On ne peut qu’être impressionné par le nombre de photographes réperto­ riés : 1120 ! C’est dire si l’on n’a pas at­ tendu le XXe siècle pour photographier la planète sous toutes ses latitudes. Il est vrai que la période couverte par ce répertoire se superpose à celle de la co­ lonisation tout azimut. Et c’est frap­ pant de constater combien le regard des occidentaux à l’étranger est celui de conquérants. Leurs vues exotiques sont autant d’appropriations symboli­ ques des territoires conquis ou à sou­ mettre. Elles témoignent soit des réali­ sations occidentales (constructions di­ verses), soit des points de vue pittoresques conformes à leur esthéti­ que, soit des populations “exotiques”. À cet égard, dans la partie consacrée à

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tempérées Bio express Né à Charleroi en 1975, Pierre Lefebvre vit

Pierre Lefebvre, “Carrousel”, peinture, 2013 et “La Floche”, peinture, 2013.

Infos pratiques Pierre Lefebvre. Peintures récentes. Delire Gallery, rue de Praetere, Rivoli building 21, 1180 Bruxelles. Jusqu’au 1er mars. Du jeudi au samedi de 13h à 18h. Pour la visite, se munir du folder.

Monnaie sociale

l’Afrique du Nord, on retrouve beau­ coup de nus de “Mauresques” dont on peut raisonnablement penser qu’ils ne répondaient pas seulement à une mo­ tivation ethnographique. Au milieu de toutes ces biographies d’opérateurs dont beaucoup sont d’il­ lustres inconnus, on se fait un plaisir de débusquer des grands pionniers de la photographie comme Gustave Le Gray ou Félix Bonfils. Cependant, dé­ couvrir au détour d’un texte, des per­ sonnalités tel Auguste François, le con­ sul en Chine à Longzhou et Kumming de 1896 à 1904 est tout aussi passion­ nant. Jean-Marc Bodson U “Répertoire des photographes d’outre­ mer de 1839 à 1920” par François Boisjoly et Jean­Christophe Badot, éditions Héritage Architectural, 311pages, 1120 photographes référencés. Environ 1000 photographies, 80 €

COURTESY DELIRE GALLERY ©D.R.

et travaille à Bruxelles. Son travail a été montré en expos de groupe dans diverses institutions en Belgique dont le Musée des beaux-Arts et le BPS22 à Charleroi; le Botanique, l’Iselp et le Centre culturel Jacques Franck à Bruxelles. Il a participé à “Made in Belgium” chez Sandrine Mons à Nice et a été lauréat de plusieurs prix : Hainaut, Ville de Tournai, Ransy… Ses œuvres font partie de collections privées et publiques (Province du Hainaut, Musée des Beaux-Arts de Charleroi).

PRIX Particulièrement accessibles, les peintures de Pierre Lefebvre se vendent entre 1200 et 3200 €.

“Mon boulot ressemble à celui des hommes des cavernes. Je sors, j’observe, je m’attarde sur des choses quotidiennes, et je ramène tout ça sur les murs…” Pierre Lefebvre

Sm’Art

En 1854, le photographe parisien,

Ernest Pignon-Ernest persiste et signe !

André Adolphe Disdéri fit breveter un procédé qui connaîtra un succès mondial. Pour démocratiser le portrait photographique, il mit au point un appareil à quatre lentilles qui permettait de réaliser quatre images de format 6x10cm sur un négatif 20x25 cm. Belle économie, division des coûts par quatre, cela mit effectivement le portrait à la portée de classes sociales moins fortunées. Le succès sera tel que ce format appelé “carte de visite” deviendra une norme standard internationale. Le portrait-carte s’échangeait en famille ou entre amis (il suscita la création des albums familiaux), mais très vite dans une époque bourgeoise, il devint un moyen d’affirmer son rang en société, une sorte de monnaie sociale. Le dos de ces images est la plupart du temps réservé à la publicité du photographe. Souvent, les studios de prise de vue plaçaient dans leurs vitrines des photos de célébrités (politiques ou artistiques) venues se faire tirer le portrait. Pour montrer la réputation de la maison, mais aussi pour la vente aux admirateurs. (J-M Bo)

Expo en Vue de votre Arts Libre 217 du vendredi 31 janvier, la partition “Prisons” d’Ernest Pignon­Ernest (Nice, 1942) à la Galerie Lelong, à Paris (13, rue de Téhéran, Paris 8e, avec ca­ talogue – www.galerie­lelong.com) est prolongée jusqu’au 29 mars pour faire écho à celle que le même Pignon­Ernest propose à la Maison des Arts de Malakoff, en banlieue pari­ sienne, jusqu’au 30 mars, du mercredi au dimanche (voir www.maisondesarts.malakoff.fr) Ce n’est pas la seule actua­ lité de l’artiste, puisqu’à la mi­mars, paraîtra aux Editions Gallimard un fort volume de 352 pages illustrées en couleurs, récapitulatif de l’œuvre entier de Pignon­Ernest, avec un texte du poète et essayiste André Velter, environ 50 euros. En mai, E.P. présentera ses “Extases” à l’Hôpital de La Pitié­Sal­ pêtrière et, en 2015, il sera l’hôte de la Fondation Rebeyrolle, à Eymoutiers, avec une expo sous commissariat de Jean­Louis Prat. (R.P.T.)

La Belge Véronique Goossens expose à Toulouse Lauréate 2013 de la Triennale Européenne de l’Estampe con­ temporaine à Toulouse, l’artiste belge Véronique Goossens expose à partir du 11 février. Au Majorat, à Villeneuve­Tolo­ sane, on pourra découvrir l’exposition “Incidences” avec des pastels et des dessins mais surtout la série de gravures “Er­ rance” pour laquelle l’artiste a emporté le prix. U Majorat, 3, boulevard des Ecoles, 31270 Villeneuve­Tolosane (Toulouse), du 11 février au 22 mars, du mardi au samedi de 15h à 19h. Infos : 0033.562.20.77.10; www.veroniquegoossens.be

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Les galeries

SEMAINE DU 7 AU 13 FÉVRIER 2014 ARTS LIBRE

Toiles

Galeries BRUXELLES ABC Quentin Smolders. Peintures, gravures et sculptures. ‣ Du 12·02 au 29·03. Du Ma. au S. de 14h30 à 18h30 ou sur rdv. URue Lebeau 53 - 1000 Bruxelles 02 511 32 53 ou 0475 37 59 27

Albert Dumont Par feuillages divers. Oeuvres de Jacques Calonne et Jacques Vilet. ‣ Jusqu’au 16·02. Du J. au D. de 13h30 à 19h ou sur rdv.

Alice Futur Simple. Oeuvres de Sophie d’Ansembourg, Gauthier Leroy, Yu Matsuoka, Mathias Pol et Paul Wackers. ‣ Jusqu’au 14·03. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue du Pays de Liège 4 - 1000 Bruxelles 02 513 33 07 - www.alicebxl.com

c-l-e-a-r-i-n-g Derrière, après les chutes. Oeuvres récentes de Neil Beloufa et Dorian Gaudin. ‣ Jusqu’au 01·03. Du Me. au S. de 11 à 18h. UAvenue Louise 292 - 1000 Bruxelles 02 644 49 11 - www.c-l-e-a-r-i-n-g.com

Catherine Bastide Jean-Pascal Flavien. ‣ Jusqu’au 08·03. Du Ma. au S. de 11 à 18h. URue Vandenbrandenstraat 1 - 1000 Bruxelles - 02 646 29 71 www.catherinebastide.com

COURTESY GALERIE FRED LANZENBERG

URue Léon Lepage 43 - 1000 Bruxelles 02 512 49 43 - www.galeriedumont.be

UPlace du Grand Sablon - Rue de Bodenbroek 8 - 1000 Bruxelles - 02 893 90 30 www.petitspapiers.be

URue de l’Abbaye 2 - 1000 Bruxelles 02 644 34 54 - www.meessendeclercq.com

Champaka Morbee Galerie Philippe Berthet “Perico”. ‣ Du Gladstone Gallery Body in Space. Sculptures et dessins Yakkity-Yak . Oeuvres de Ricci Albenda. de Didier Leemans. ‣ Jusqu’au 01·03. 13·02 au 09·03. Du Me. au S. de 11 à ‣ Jusqu’au 01·03. Du Ma. au S. de 10 Les V. et S. de 14h15 à 19h. 18h30 et le D. de 10h30 à 13h30. à 18h. UAvenue de Stalingrad 26 - 1000 Bruxelles URue Ernest Allard 27 - 1000 Bruxelles 02 514 91 52 ou 0475 26 94 08 www.galeriechampaka.com

URue du Grand Cerf 12 - 1000 Bruxelles 02 513 35 31 - www.gladstonegallery.com

02 502 32 67 ou 0475 37 43 73 www.morbeegalerie.com

Group 2 Gallery MOTinternational Espace Blanche la recherche du beau. Oeuvres de Neither a Teapot Nor a Painting. Archi / point de vue. Oeuvres de Roch A Pierre Alechinsky, Gaston Bertrand, Zé- Oeuvres d’Amikam Toren. ‣ Jusqu’au Barbieux. ‣ Jusqu’au 02·03. Du L. au phir Busine, Berthe Dubail, Mig Quinet, D. de 14 à 18h (présence de l’artiste Louis Van Lint, Heerbrant, Marc Men- 22·02. Du Ma. au S. de 10 à 18h ou sur rdv. les we). delson... ‣ Jusqu’au 08·03. Du Me. au UPlace du Petit Sablon 10 - 1000 Bruxelles URue Marché au Charbon 3 - 1000 Bruxelles S. de 14 à 18h. 02 511 16 52 - www.motinternational.com - 02 510 01 41 - www.espaceblanche.be URue Blanche 8 - 1000 Bruxelles -

02 539 23 09 Office Baroque Gallery Etablissement d’en face projects http://artalog.net/gallery/gallery.php?id=286 Banana Tourist. Dessins, peintures et Michael. Oeuvres de David De Tscharoeuvres sculpturales de Kyle Thurman. ner et Benoît Plateus. ‣ Jusqu’au Jan Mot David Horvitz. ‣ Jusqu’au 08·02. Du ‣ Jusqu’au 08·02. Du Me. au S. de 11 à 09·02. Du Me. au D. de 14 à 18h. 18h ou sur rdv. URue Ravenstein 32 - 1000 Bruxelles J. au S. de 14 à 18h30 ou sur rdv. 02 219 44 51 www.etablissementdenfaceprojects.org

URue A. Dansaert 190 - 1000 Bruxelles 02 514 10 10 - www.janmot.com

UPlace du Jardin aux Fleurs 5 - 1000 Bruxelles - 0484 59 92 28 www.officebaroque.com

Keitelman Gallery Galerie 2016 & Mira d’Art contemporain Epilogue. Peintures et dessins de Ca- Love and Other Reasons. Oeuvres du Office A demain. Dessins d’Isabel Baraona. mille De Taeye. ‣ Jusqu’au 30·03. Du photographe américain Joel-Peter Wit- ‣ Du 14·02 au 12·04. Du J. au S. de 14 kin. ‣ Jusqu’au 29·03. Du Ma. au S. de J. au D. de 13 à 18h. à 18h ou sur rdv. 12 à 18h ou sur rdv. URue des Pierres 16 - 1000 Bruxelles 02 502 81 16 - www.galerie2016-mira.be

URue van Eyck 44 - 1000 Bruxelles 02 511 35 80 - www.keitelmangallery.com

URue de Laeken 105 - 1000 Bruxelles 02 512 88 28 www.officedartcontemporain.com

Galerie Double One Gallery Portraits cachés. Photos d’Irving S. T. Laurentin Winter Selection. Exposition collective Roberto Polo Gallery Garp. ‣ Jusqu’au 15·03. Du Ma. au S. regroupant une cinquantaine d’artis- The Aftermath. Peintures de Marc de 14 à 18h. tes, allant des années 1890 à nos Maet. ‣ Jusqu’au 23·03. Du Ma. au V. UGalerie du Roi 11 - 1000 Bruxelles jours. ‣ Jusqu’au 27·03. Du Ma. au S. de 14 à 18h, les S. et D. de 11 à 18h ou 02 761 96 70 sur rdv. de 10h30 à 18h30. http://irvingstgarp.wix.com/pictures URue Ernest Allard 43 - 1000 Bruxelles 02 540 87 11 - www.galerie-laurentin.com

URue Lebeau 8-10 - 1000 Bruxelles 02 502 56 50

Galerie Huberty & Breyne www.robertopologallery.com (Petits Papiers) Meessen De Clercq Alex Varenne, Peter Klasen et Edmond Saint Jerome. Exposition collective Schiller Art Gallery Baudoin. Une rencontre entre les der- s’intéressant à la figure centrale de La Période Zen. Peintures de René nières oeuvres du plasticien Peter Kla- Saint Jérôme, et mettant en conversa- Guiette. ‣ Jusqu’au 16·03. Du J. au D. sen et celles des maîtres du trait Alex tion des oeuvres d’art ancien et des de 12 à 18h ou sur rdv. Varenne et Edmond Baudoin. ‣ Jus- oeuvres d’artistes contemporains. URue van Moer 12 - 1000 Bruxelles 23 88 54 qu’au 02·03. Du Me. au D. de 11 à ‣ Jusqu’au 22·03. Du Ma. au S. de 11 à 0496 www.facebook.com/schiller.art.gallery 18h30. 18h.

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SEMAINE DU 7 AU 13 FÉVRIER 2014 ARTS LIBRE

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Les peintures paysages de Nathalie Grenier Pénétrant l’antre d’une exposition de Nathalie Grenier, la question se pose, brutale : serions­nous là face à des paysages à l’ancienne, postimpressionnistes pour ne pas s’attarder sur des définitions toujours incomplètes, ou plutôt, réflexion moins restrictive, plus ouverte sur un épanouissement de la peinture actuelle, et donc face à des peintures conçues d’abord pour elles­mêmes, l’éventuel paysage n’y étant qu’accessoire occasionnel ? Grenier a l’art, et c’est quelque chose, de soumettre notre intellect autant que notre perception rétinienne à cette question urgente que ne résoudra aucune réponse à l’emporte­pièce style histoire de l’art. Certes peint­elle des paysages, des émotions tendues d’atmosphères, diverses selon les heures. Très bel hommage, au passage, à Monet avec une suite de cathédrales. C’est, toutefois, son emprise sur la peinture elle­même qui nous tarabuste, nous impressionne, nous soumet au bonheur de la couche picturale en tant que telle. Voilà de la peinture, peinture ! En tant qu’énergie, tension, rayonnement, lumière. S’approcher d’une toile de Nathalie Grenier revient à s’approcher ostensiblement, et toujours de plus près, non pas d’une cuisine plastique dont la valeur reste à tous les coups ténue, mais d’une prise en charge totale par l’artiste de ses gestes, regard, et puis jubilation, au contact des pigments, des matières, des accidents, inévitables mais souvent précieux, de ces couleurs, vivantes et, chez elle, souvent brûlantes, qui confient aux espaces investis une amplitude remarquable. Grenier aurait tout aussi bien pu peindre des abstractions. Et, d’ailleurs, il arrive que sa peinture y touche de près, quand elle est seulement matière vive comme dans un très petit tableau intitulé “Le vent se lève”… Grenier n’est pas un peintre de chevalet qui peint sur le sujet. Sa toile posée au sol, elle debout, elle projette des éclats de peinture, des taches, sorte de dripping réinventé à sa sauce, forte, dense, chromatiquement enflammée comme dans son “Mont Fuji rouge, le matin” ou dans “Bout du monde”, aux verts, bleus et noirs agités d’effervescences. Projection à l’arrosoir, couche après couche, quasi sans pinceau, acrylique sur papier marouflé sur toile. Toile rêche, peinture qui s’accroche, vous capte, finit par vous ensorceler, Grenier peint sa vérité. (R.P.T.)

U Galerie Fred Lanzenberg, 9, avenue des Klauwaerts, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 28 février, du mardi au vendredi, de 14 à 19h; samedi, de 10 à 19h. Infos : 02.647.30.15 ou www.galeriefredlanzenberg.com

Sorry We’re Closed Gray Area. Oeuvres d’Amy Feldman. ‣ Jusqu’au 16·03. Uniquement sur rdv. URue de la Régence 65 - 1000 Bruxelles 0478 35 42 13 - www.sorrywereclosed.com

Synthèse Salon d’hiver. Exposition collective d’oeuvres sur toile et sur papier. ‣ Jusqu’au 01·03. Du J. au S. de 14h30 à 18h30. URue E. Allard 24 - 1000 Bruxelles 02 514 40 55 - www.galeriesynthese.be

Young Gallery Belgium Industries Sate of the Art. Thierry Dubrunfaut expose les clichés des vingt plus grandes industries belges. ‣ Du 14·02 au 15·03. Du Ma. au S. de 11 à 18h30. UAvenue Louise 75b (Hôtel Conrad) 1050 Bruxelles - 02 374 07 04 www.younggalleryphoto.com

de photos, vidéos, peintures, installa- Le Caméléon Coquet tions... ‣ Jusqu’au 01·03. Les V. et S. ANNe Herbauts. Planches originales de son dernier album paru chez Casterde 14 à 18h ou sur rdv. URue Souveraine 97 - 1050 Bruxelles man, ainsi que quelques surprises. 0470 54 98 98 - www.duboisfriedland.com ‣ Jusqu’au 14·02. Du Me. au V. de 13 à 18h ou sur rdv. Elaine Levy Project UPlace Van Meenen 34 - 1060 Bruxelles Misfits. Oeuvres de Philippe Van Wol- 0478 93 42 79 - www.lecameleoncoquet.be putte. ‣ Jusqu’au 15·02. URue Fourmois 9 - 1050 Bruxelles Nathalie Obadia 02 534 77 72 - www.elainelevyproject.com Eugène Leroy. Peintures et fusains. ‣ Jusqu’au 08·03. Du Ma. au V. de 10 à Esther Verhaeghe Art Concepts 18h, le S. de 12 à 18h. Outside-Inside. Oeuvres de Géraldine URue Charles Decoster 8 - 1050 Bruxelles Vink, Richard Moszkowicz, Pascal Du- 02 648 14 05 - www.galerie-obadia.com quenne, Paloma gonzalez... En collaboration avec le Créahm-Bruxelles. ‣ Jus- Puls Contemporary Ceramics qu’au 22·02. Du J. au S. de 14 à 18h ou Claudi Casanovas & Mette Maya Gregersen. ‣ Jusqu’au 15·02. Du Me. au sur rdv. S. de 13 à 18h. URue Mignot Delstanche 51 - 1050 Bruxelles - 0476 28 37 35 - www.estherverhaeghe.com

URue du Page 19 - 1050 Bruxelles 02 640 26 55 - www.pulsceramics.com

Fred Lanzenberg Nathalie Grenier. Peintures. ‣ Jus- Rodolphe Janssen qu’au 28·02. Du Ma. au V. de 14 à 19h, Ember Harbor. Oeuvres de Davide Balula. ‣ Jusqu’au 16·03. Du Ma. au V. Albert Baronian le S. de 10 à 19h. de 10 à 18h, le S. de 14 à 18h. Full Color Bachelor. Oeuvres d’Erik UAvenue des Klauwaerts 9 - 1050 Bruxelles Oops. Oeuvres de Dylan Lynch. ‣ JusFrydenborg. ‣ Jusqu’au 22·02. Du Ma. - 02 647 30 15 ou 0475 73 40 15 www.galeriefredlanzenberg.com qu’au 14·02. au S. de 12 à 18h. URue de Livourne 35 - 1050 Bruxelles Marc Trivier. Photos. ‣ Jusqu’au 02 538 08 18 Galerie Flore “en délocalisation” 22·02. As Far As Eye Can See. Oeuvres de www.galerierodolphejanssen.com URue Isidore Verheyden 2 - 1050 Bruxelles Todd&Fitch. ‣ Jusqu’au 15·02. Du Ma. 02 512 92 95 - www.baronianfrancey.com XXL ART on Waterloo 503 au S. de 14h30 à 18h30. Oeuvre au noir. Peintures et sculptures UPlace du Châtelain 18 - 1050 Bruxelles Box Galerie en bois brûlés de Thibaut Claessens. Keith, Patti, Clint et les autres. Photos 0486 26 72 62 - www.galerieflore.com ‣ Jusqu’au 08·03. Du J. au S. de 14 à de Richard Dumas, portraits de célébri18h ou sur rdv. tés du monde artistique. ‣ Du 14·02 Galerie Lazarew de Waterloo 503 - 1050 BruxelExposition collective. Oeuvres récen- UChaussée au 22·03. Du Me. au S. de 14 à 18h. les - 0472 45 81 49 tes, pour la plupart inédites, de Fulwww.xxlartonwaterloo503.com URue du Mail 88 - 1050 Bruxelles crand, Sergio Moscona, Olivier Catté, 02 537 95 55 - www.boxgalerie.be Yuriko Takagi, Samuel et Rafiy. ‣ Jus- 100 Titres qu’au 22·02. Du Ma. au S. de 14 à 19h. FlipchArt. Peintures de Benoit Piret. Delire Gallery Louis Lepoutre 112 - 1050 BruxelPierre Lefebvre. ‣ Jusqu’au 01·03. UAvenue ‣ Jusqu’au 02·03. Du J. au D. de 14 à les - 02 345 30 83 - www.galerie-lazarew.fr Du J. au S. de 13 à 18h ou sur rdv. 18h. URue A. Cluysenaar 2 - 1060 Bruxelles URue de Praetere 47D - 1050 Bruxelles Jozsa Gallery 02 534 03 43 - www.100titres.be 0487 12 52 50 - http://deliregallery.com On the Steps of... Oeuvres d’Anna Byskov. ‣ Jusqu’au 21·03. Du J. au S. de 12 Aeroplastics Contemporary duboisfriedland HeHe : Anthroposphere. ‣ Jusqu’au Epines d’Eden. Vingt-sept artistes ap- à 18h ou sur rdv. Saint-Georges 24 - 1050 Bruxelles 15·03. Du Ma. au V. de 11 à 18h, le S. profondissent le thème du Jardin URue 0478 48 77 09 - www.jozsagallery.com de 14 à 18h. d’Eden et de sa face noire par le biais

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Les galeries

SEMAINE DU 7 AU 13 FÉVRIER 2014 ARTS LIBRE

URue Blanche 32 - 1060 Bruxelles 02 537 22 02 - www.aeroplastics.net

COURTESY GALERIE DANIEL TEMPLON, BRUSSELS © PHOTO : ISABELLE ARTHUIS

Conscience

(peinture) et Anne de Bodt (tissage). ‣ Jusqu’au 29·03. Du J. au S. de 14 à 19h ou sur rdv.

Antonio Nardone URue Tasson Snel 37 - 1060 Bruxelles Figures dans l’espace. Oeuvres 0477 70 02 32 - www.arielledhauterives.be d’Ulrike Bolenz. ‣ Du 08·02 au 08·03. Du Me. au S. de 14 à 18h. Galerie Paris-Beijing URue Saint-Bernard 34-36 - 1060 Bruxelles Korean Shape. Exposition collective, 02 333 20 10 panorama de la scène artistique conwww.galerieantonionardone.be temporaine coréenne. ‣ Jusqu’au 29·03. Du Ma. au S. de 11 à 19h. Faider In Situ. Transformations sculpturales URue Hôtel des Monnaies 66 - 1060 Bruxelde Rainer Gross. ‣ Jusqu’au 22·02. Du les - 02 851 04 13 www.galerieparisbeijing.com Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue Faider 12 - 1060 Bruxelles 02 538 71 18 - www.galeriefaider.be

Le Salon d’Art Dynamiques des danses. Oeuvres récentes de Gundi Falk. ‣ Jusqu’au Galerie Arielle d’Hauterives Opus. Oeuvres de Patricia Kinard 15·03. Du Ma. au V. de 14 à 18h30, le

La lumière crue Tant ces œuvres furent impressionnantes, d’aucuns se souviennent sans aucun doute de “Death Row” (couloir de la mort) ou de “Die” (mourir), une autre pièce de l’artiste chilien Ivan Navaro (1972, vit à NY), une stature internationale largement établie, qui expose pour la première fois en solo en Belgique. Ses puits dans lesquels les mots inscrits en tubes fluorescents se perdent dans les profondeurs de l’infini par un jeu de miroir, apportent la lumière blanche, crue, froide, de quelques vocables choisis pour mieux les précipiter dans l’abîme où ils se reflètent à satiété comme un écho (ECCO) qui s’éteint lentement mais inexorablement. L’impression visuelle est telle que l’on croirait entendre ces mots en perdition d’eux­mêmes alors qu’ils sont là malgré tout, persistants comme un souvenir qui ne veut pas s’effacer. Tenaces et polysémiques comme on peut s’en apercevoir facilement à leur prononciation. En opposition à la lumière, la

S. de 9h30 à 12h et de 14 à 18h. URue de l’Hôtel des Monnaies 81 1060 Bruxelles - 02 537 66 40 www.lesalondart.be

mort rôde dans cette exposition intitulée “Nacht und Nebel” (Nuit et Brouillard), titre repris du décret promulgué en 1941 par le pouvoir nazis organisant la disparition des opposants. Alain Resnais en a fait un film poignant, Jean Ferrat une chanson forte et émouvante, des actes contre l’oubli, et Ivan Navaro, en établissant un parallèle avec l’histoire tragique de la dictature chilienne, reprend l’acronyme NN en l’appliquant au disparus nommé No Name sous le régime de Pinochet. Toute son exposition entre ombre et lumière, est à considérer au croisement de ces données dans un contexte social, politique et surtout humain. Et les mots alors résonnent dans la tête et se répètent à l’infini dans les consciences. L’histoire se répéterait­elle ? (C.L.)

U Ivan Navaro. “Nacht und Nebel”. Galerie Daniel Templon, 13 A rue Veydt, 1060 Bruxelles. Jusqu’au 22 février. Du mardi au samedi de 11h à 18h.

‣ Jusqu’au 23·02.

URue Gratès 7 - 1170 Bruxelles 02 662 16 99 - www.lavenerie.be

BRABANT WALLON

Arts Libre. Supplément hebdomadaire à La Libre Belgique. Coordination rédactionnelle: Gilles Milecan et Camille de Marcilly. Réalisation: IPM Press Print. Administrateur délégué - éditeur responsable: François le Hodey. Rédacteur en chef: Francis Van de Woestyne. Rédacteurs en chef adjoints: Xavier Ducarme, Pierre-François Lovens et Gilles Milecan. Conception graphique: Bruno Bausier, Jean-Pierre Lambert. Publicité : Martine Levau (0032.2.211.29.12 – martine.levau@ipmadvertising.be).

taine Lonchamps et Emilio Lopez Menchero. ‣ Jusqu’au 03·03. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue du Commandant Marchand 5 4000 Liège - 04 227 19 91 www.nadjavilenne.com

Valérie Bach Velvet Skin. Oeuvres de Gudrun Kampl. BRAINE-L’ALLEUD ‣ Jusqu’au 22·02. Du J. au S. de 11 à STAVELOT Galerie 360° 13h et de 14 à 19h. Anne Dorselaer. ‣ Jusqu’au 15·02. Le Triangle bleu URue Faider 6 - 1060 Bruxelles Me. de 15 à 18h et le S. de 14 à 17h en Krystal Fontaine. Installation, dessins 02 502 78 24 - www.galerievaleriebach.com présence de l’artiste. et peintures de Sylvie Macías Díaz. UPlace Abbé Renard 1 - 1420 Braine-l’Alleud Rossicontemporary ‣ Jusqu’au 09·03. Du J. au D. de 14 à 02 384 61 03 Panorama. Exposition collective avec 18h30 ou sur rdv. http://galerie360.braine-lalleud.be les oeuvres d’Eric Croes, Alain GeronUCour de l’Abbaye 5 - 4970 Stavelot nez, Thomas Mazzarella, Jean-Louis Mi080 86 42 94 - www.trianglebleu.be cha, Emmanuel Tête, Sarah Van HAINAUT Marcke... ‣ Jusqu’au 29·03. Les J. et V. NAMUR de 13 à 17h, le S. de 14 à 18h ou sur COUILLET rdv. Jacques Cerami JAMBES URivoli Building - Chaussée de Waterloo Ceci n’est pas un paysage. Photos 690 - 1180 Bruxelles - 0486 31 00 92 Détour d’Iris Hutegger. ‣ Jusqu’au 01·03. Du www.rossicontemporary.be Me. au V. de 14 à 19h, le S. de 11 à 18h. Dominique Collignon. Peintures. ‣ Jusqu’au 15·02. Du Ma. au V. de URoute de Philippeville 346 - 6010 Couillet DS Galerie - 071 36 00 65 ou 0477 78 44 34 12h30 à 17h30, le S. de 14 à 18h. Bad Trip. Peintures de David Pirotte. www.galeriecerami.be UAvenue Jean Materne 166 - 5100 Jambes ‣ Jusqu’au 23·02. Du V. au D. de 11 à 081 24 64 43 - www.galeriedetour.be 19h ou sur rdv. URue de l’Hospice communal 67 1170 Bruxelles - 02 675 83 80 www.louisedsgalerie.com

LIÈGE

LIÈGE

ANVERS

ANVERS Monos Gallery Galerie Verhaeren Heavens and Yakusa. Photos d’Anton Fifty One Fine Art Photography Bruxelles 14-18. Photos de Vincent Kusters. ‣ Jusqu’au 13·04. Du J. au D. The Other Self. Oeuvres de Vivian Vandendriessche, inventaire visuel des de 14h30 à 18h ou sur rdv. Maier, Jacques Sonck, Adama Kouyaté monuments bruxellois consacrés à la URue Henri Blès 39 - 4000 Liège et Norbert Ghisoland. ‣ Du 11·02 au Guerre 14-18. ‣ Jusqu’au 23·02. Du 0485 91 16 02 - www.monosgallery.com 05·04. Du Ma. au S. de 13 à 18h ou sur Me. au S. de 14 à 18h, le D. de 10 à rdv. 13h. Nadja Vilenne UZirkstraat 20 - 2000 Anvers Publicité mensongère. Photomonta- Exposition collective. Oeuvres de Jac- 03 289 84 58 - www.gallery51.com ges surréalistes de Robert Askenasi. ques Lizène, Jacques Halbert, Capi-

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Les galeries

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À l’étranger

Parution et expo

Angleterre Thématique – Photographie Londres – Galerie Richard Saltoun Pour célébrer le 40e anniversaire de l’exposition “Transformer : Aspects of Travesty”, conçue et réalisée par Jean­Christophe Ammann in 1974, la galerie réunit à nouveaux les mêmes ar­ tistes dont Castelli (illu), Lüthi, Molignier, Sieverding, Warhol… sur cette thématique des travestis, du désir et de la sexualité. U Jusqu’au 28 février. Richard Saltoun Gallery, 111 Great Titchfield Street, W1W 6RY Londres. www.richardsaltoun.com

COURTESY HAUSER&WIRTH

Zhang Enli – Sculpture et peinture Londres – Hauser&Wirth Dans cette expo intitulée “The Box”, l’artiste chinois (1965), présente sa première installation sculpturale parallèlement à une série de nouvelles peintures. Dans ces œuvres, il reste fi­ dèle à son intérêt pour les objets banals issus de son quotidien. Une manière de nous faire partager son univers. U Jusqu’au 1er mars. Hauser&Wirth Gallery, 23 Savile Row, W1S 2ET Londres. www.hauserwirth.com

France Robert Barry – Edition Paris – Galerie Michèle Didier COURTESY GAL. M. DIDIER

EDITIONS LUC PIRE

Premier solo bruxellois pour David Pirotte (Ougrée, 1965), doublé de la publication d’une monographie et en bonus une présence en foire. Si vous appréciez la peinture puissante, sans remords, extrême en termes d’expressivité, celle qui peut cogner, stridente et parfois désespérée comme une musique punk, vraie comme une colère et profondément humaine, alors cette expo est pour vous. Dans l’ouvrage, l’excellent texte de Pierre­Yves Desaive, critique d’art et historien, ainsi que son dialogue avec l’artiste, éclaire toute la trajectoire chaotique d’un artiste qui n’a jamais donné dans la demi­mesure. “Je suis”, dit­il, “en désaccord avec la société actuelle : plus on tend vers le progrès et plus on régresse; plus on développe la communication et plus on la réduit.” Après ses premières armes déjà underground, bad boys, l’influence des Stades : New York et l’Ouest, celle des Burroughs et Artaud, après les années de défonce et la nostalgie des années septante, voici venir le temps du réalisme plus réfléchi mais jamais tempéré. Dans les peintures des dernières années, celles exposées, on reste transporté par la même énergie qui tient un peu de la rage d’aborder ce monde qui ne lui convient pas. Il peint ce qui l’entoure, ceux qui l’entourent : ses portraits sont saisissant de vie et d’ardeur; il peint ce qu’il voit dans les médias, à la télé, et son monde est noir; ou encore il peint des scènes de films, ou plus simplement un objet banal, un livre. Le tout mis en situation picturale intense désormais avec des poses abstraites dans le tableau. A ne pas manquer, ses dessins aux couleurs pétantes, issus de ses carnets de croquis ! (C.L.)

COURTESY GAL.R.SALTOUN

David Pirotte

La galeriste et éditrice belge propose l’exposition “Somethin in a Box — and some other things in boxes” dans laquelle elle présente une édition de 62 cartes Robert Barry en référence à une action menée le 15 juin 1969 à 13h36, ainsi que des boîtes de Philippe Cazal, Braco Dimitrijevic, Paul­Armand Gette (illu) et UNTEL (Albinet, Cazal, Snyers). U Jusqu’au 22 février. Galerie mfc­Michèle Didier, 66, rue Notre­ Dame de Nazareth, 75003 Paris. www.micheledidier.com

U David Pirotte. Bad Trip. 216 p., 30 x 30cm, illu coul., texte de P.­Y. Desaive, cart. Éd. Luc Pire.

U David Pirotte. Peintures et dessins. DS Galerie, 67 rue de l’Hospice communal, 1170 Bruxelles. Jusqu’au 2” février. Du vendredi au dimanche de 11h à 19h.

U David Pirotte, stand de la DS Gallerie, Affordable Art Fair, Tour&Taxis, Bruxelles. Du 7 au 10 février.

Fifty One Too All about Eve. Oeuvres d’Annie Kevans. ‣ Jusqu’au 01·03. Du Ma. au S. de 13 à 18h ou sur rdv. UHostraat 2 - 2000 Anvers - 03 233 88 14 www.gallery51.com

Tropical Nights. Oeuvres de Johannes Kahrs. ‣ Jusqu’au 22·02. UGodtsstraat 15 - 2140 Borgerhout 03 216 16 26 - www.zeno-x.com

MECHELEN

Galerie Zuid Transit Manuel Velasco. Peintures. ‣ Jusqu’au 22·02. Du Me. au S. de 14 à 18h, le J. Gulden Snede. Oeuvres murales inédites du sculpteur Johan Creten. ‣ Jusjusqu’à 20h. qu’au 23·03. Du V. au D. de 14 à 18h ou UPacificatiestraat 34 - 2000 Anvers sur rdv. 03 248 84 83 - www.galeriezuid.be NK Gallery La Femme qui voyage. Oeuvres de Didier Mahieu. ‣ Jusqu’au 08·03. Du J. au S. de 12 à 18h. UMuseumstraat 35 - 2000 Anvers 03 237 98 22 - www.nkgallery.be

UZandpoortvest 10 - 2800 Mechelen 015 33 63 36 - www.transit.be

FLANDRE ORIENTALE MEIGEM

D’Apostrof Tim Van Laere Gallery A Hunter’s Night. Sculptures de Peter Wannes Lecompte - Benoît Félix Rogiers. ‣ Jusqu’au 15·03. Du Ma. au Franziz Denyz. ‣ Jusqu’au 23·02. Du S. de 13 à 18h. V. au D. de 15 à 18h ou sur rdv. Illumination. Oeuvres de Nicolas Pro- UPastoriestraat 59 - 9800 Meigem vost. ‣ Jusqu’au 15·03. 0494 53 45 66 - www.dapostrof.be UVerlatstraat 23-25 - 2000 Anvers 03 257 14 17 - www.timvanlaeregallery.com

Contact BORGERHOUT Zeno X Gallery Susan Hartnett. ‣ Jusqu’au 22·02. Du Me. au S. de 13 à 17h.

Agenda Culturel Tél. : 02.211.27.23 Email : agenda@lalibre.be

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Adjugé!

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l Actualités

SOTHEBY’S

Chez Sotheby’s à New York le 29 jan­ vier, on proposait de nombreux dessins italiens, flamands et hollandais. Parmi les Italiens, outre une grande compo­ sition de Tiepolo qui fit 725 000 $, au cœur des estima­ tions, il y avait cette petite étude d’un enfant assis, sans doute un projet pour un Christ. Il était tracé à la sanguine et fut présenté à 25000 €, sous l’estimation basse. Il fut adjugé après une courte bataille d’enchères à 37500 $, frais in­ clus. L’auteur en était Giovanni­Francesco Barbieri, dit “le Guerchin”, né à Cento en 1591.

37500 $

Vue de Naples

Belles pe à New Y h Les tableaux

D.R.

Guerchin

Cette petite vue de la baie de Naples peinte à la gouache dans la grande tradition remontant au XVIIIe siècle, était à prendre chez Millon à Paris le 22 janvier dernier. Cette paire s’en alla à 360 € dans la fourchette des estimations. L’un des meilleurs scores d’une vente qui s’intitulait “Mon chez moi”, tomba sur une paire de vases, sans doute en porcelaine de Paris, aux anses en griffons et décorés de scènes antiques. Là on donna 700 €. Il y eut beaucoup de retraits, mais ce n’était que de la brocante.

et dessins anciens se portent relativement bien. Bonus à l’Italie et à la Hollande.

360 € Cette toile d’un groupe de musiciens par Honthorst, peintre d’Utrecht, est partie à New York chez Sotheby’s pour 5,5 millions d’euros.

AUX ALENTOURS DU 30 JANVIER, New York a été la plaque tournante du marché de l’art pour les tableaux, quelques sculptures et des­ sins anciens de grande qualité. Les vacations chez Sotheby’s et Christie’s furent d’un niveau exceptionnel en termes de provenance et de si­ gnatures; ce le fut un peu moins en termes de chiffres d’affaires. Et ce sont surtout les ta­ bleaux qui firent des merveilles. Chez Sothe­ by’s, en quatre vacations, il est tombé plus de 49 millions d’euros. Les tableaux à eux seuls ramenèrent pas moins de 37,7 millions d’euros. C’est beaucoup d’argent bien sûr, mais c’est seulement un chiffre qui s’inscrit dans la fourchette des estimations. Il n’y a donc pas eu de miracle pour l’un ou l’autre lot, comme cela se voit pour l’art moderne ou contemporain. Il n’empêche que certains lots obtinrent des ad­ judications plusieurs fois millionnaires. C’est bon signe, mais ce n’est pas pour cela que l’en­ semble du segment va voir ses valeurs aug­ menter. Au niveau local, chez les marchands ou dans les petites salles de ventes comme chez nous, il n’y aura pas de changements ma­ jeurs. Face à de la qualité “musée”, il est encore heureux de voir de nombreux amateurs privés ou institutionnels se battre pour quelques tré­ sors. Ce fut le cas avec un tableau d’un des meilleurs artistes caravagesques des Pays­Bas et de la ville catholique d’Utrecht en particu­ lier. Sotheby’s vendait une scène en nocturne,

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SOTHEBY’S

rformances ork

aux forts accents de lumière et d’ombre où l’on voyait une compagnie de musiciens dans l’exercice de leur art. Le peintre était Gerrit van Honthorst (1590­1656). Le tableau de 99 x 138 cm était une redécouverte. La salle avait fixé la barre entre 2 et 3 millions de dollars. Il en vint 7557000 $, soit 5,5 millions d’euros. Jamais semble­t­il Honthorst n’a obtenu une telle cote en vente publique. La toile n’avait plus été vue en vente depuis 1883 à Valencien­ nes quand elle sortait de la collection d’un sieur de Malherbe. Ensuite de quoi elle s’en alla chez Jules de Brauwere et enfin chez Le Gavrian à Versailles, jusqu’en 1927. Une version très proche de celle­ci se trouve au mu­ sée des Beaux­Arts de Lyon comme l’indiquait Valérie Lavergne dans le catalogue du musée, en 1993 où son mari, Philippe Durey était con­ servateur en chef. Lequel Philippe Durey (ac­ tuel directeur de l’Ecole du Louvre), avait fait entrer la collection de Jacqueline Delubac dans cette magnifique maison qui vaut le détour quand on se trouve dans la cité des traboules. Le second meilleur score est tombé sur une composition du Greco. Il s’agissait d’une “An­ nonciation” peinte sur un panneau de 63 x 76 cm et que la salle avait annoncée entre un million et un million et demi de dollars. Les amateurs ont poussé le lot bien au­delà à 5,8 millions de dollars et c’est un privé euro­ péen qui emporta la mise. Les prix comportent les frais d’acheteurs. Philippe Farcy

La Renaissance version Christie’s Toujours à New York mais cette fois chez Christie’s, la même semaine passée a permis de récolter dans les diverses ventes d’art graphique ancien, tableaux et dessins essentiellement, dont certains du XIXe siècle, pas moins de 64 millions de dollars. Il y avait à prendre le 29 janvier une sacrée brochette de peintre célèbres ayant travaillé vers 1470-1550. Ce fut d’ailleurs la vente la plus efficace puisqu’elle fit sur sa seule “tête” pas moins de 44 millions de dollars, soit 32,8 millions d’euros, pour quarante-neuf lots offerts à la vente. Presque tous furent vendus. Le lot le plus cher fut obtenu non pour un tableau mais pour un livre d’heures à l’usage de Rome, façonné à Bruges ou à Gand vers 1500-1510. Le volume avait appartenu aux Rothschild de la branche de Vienne. Les miniatures étaient d’une finesse extrême. On vendit le lot à 13,6 millions de dollars sur une fourchette de douze à dix-huit millions. La deuxième plus belle enchère vint couronner une “Adoration des Bergers” peinte par Jacopo Bassano (1510-1592), sur une toile de 72 x 112 cm, que la salle prévoyait de vendre entre huit et douze millions de dollars. Le commissaire-priseur adjugea cette composition du maître vénitien à 8,9 millions de dollars, frais inclus. Le dernier lot était occupé par une gravure d’Albrecht Dürer “Adam et Eve”, vendue à l’estimation basse, plus les frais, soit 461000 $.

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l Salle des ventes

Le XIX siècle au menu chez Bernaerts e

seront éclectiques quant aux modes d’expression. L’ère de Léopold II sera à l’honneur. 520 LOTS SERONT À PRENDRE et ils sont visibles de­ puis hier déjà dans la grande salle entre la rue du Mu­ sée et la rue Verlat, en face donc du Musée des Beaux­ Arts d’Anvers. Les Bernaerts roulent leur bosse avec sé­ rénité depuis plus de vingt ans qu’ils sont installés dans la Métropole. Les affaires tournent bien et les lots ne manquent pas. Le XIXe siècle est souvent en ces murs la période de prédilection, entre romantisme, art troubadour et pré­impressionnisme. C’est le cas cette fois­ci, avec quelques ajouts en fin de deuxième vente dans le monde oriental et ses porcelai­ nes de la Compagnie des Indes du XVIIIe siècle (très belle paire de cache­pots), quand ce ne sont pas des ivoires sculptés au tournant des XIXe et XXe siècles dans des défenses d’éléphants. Voilà qui fait penser aux magasins proches du marché dominical de Tongres. Pour une paire de vases couverts en porcelaine de Sè­ vres à fonds bleus et rehauts d’or, hauts de 110 cm, d’époque Napoléon III, il faudra assumer entre 7000 et 8000 €. Il y a pas mal de choses dans ce genre, au goût un peu trop sucré. On mettra ceci en parallèle avec des tableaux un peu plus anciens, à l’instar d’un paysage méditerranéen animé d’une ruine médiévale et d’un couple de bergers, signé par Bernard Jos van Gobbelschroy (1825­1870). Le panneau d’acajou est de 66 x 55 cm. On en espère entre 2500 et 3750 €. On appréciera également la composition campagnarde de Pieter Gerardus Van Os (1776­1839) qui montre des vaches et des moutons en liberté dans un paysage agreste délicatement rendus par de fins glacis et une lumière au couchant. Cette œuvre sur panneau égale­ ment, de 41 x 36 cm, est annoncée entre 2 500 et 3750 €.

Il y aura plus loin un petit panneau de Herman Ten Kate (1822­1891) qui reprend un thème caravagesque comme les “Joueurs de luth” de Honthorst que nous évoquons par ailleurs. Ici, il s’agit de “Joueurs de car­ tes”, très proches de motifs peints par Valentin de Bou­ logne, natif de Maubeuge, au XVIIe siècle, quand Maubeuge était encore espagnole. Le lot de Ten Kate est évalué entre 3000 et 4000 €. Le lot qui suivra est peint par Ezechiel Davidson (1792­1870). L’artiste britannique a peint en 1823 sur une grande toile de 117 x 91 cm, un sujet historique dans l’esprit troubadour qui mettait en avant la Re­ naissance autant que l’architecture gothique flam­ boyante. La scène aurait pu décorer un salon du châ­ teau de Noisy; il s’agit de l’abdication de Mary Stuart. Au lot 55 se trouve une très délicate aquarelle de 23 x 28 cm, signée par Anthony Oberman (1781­1845)

montrant des oiseaux morts, des fruits et un coquillage sur un entablement de marbre. Le lot pourra être vendu à 750 €, ce qui est un cadeau. Le catalogue contient par la suite une foule de pendu­ les et de garnitures de cheminée en marbre et bronzes patinés qui valent entre 800 et 3000 €. Quelques car­ tels feront partie de la panoplie et ne manqueront pas de charme car ils sont inspirés des lignes mouvemen­ tées du temps de Louis XV. Mais tout cela est Napoléon III ou plus jeune encore et donc ne vaut pas très cher (1500 à 3000 €), à l’exception d’un modèle Louis XIV inspiré d’une création de l’ébéniste Boulle, posé sur une terrasse animée de chevaux nautiques. Pour ceci, la cote est inscrite entre 8000 et 10000 €. Ph. Fy. U Infos via www.bernaerts.be. Exposition aujourd’hui, demain et dimanche.

D.R.

h Les ventes de ces 11 et 12 février

Le lot 178 est occupé par cette magnifique toile d’une jeune fille nue dans la forêt, peinte par J.D.A. Caucannier (18601905), en 1884. La toile de 100 x 200 cm est évaluée entre 12500 et 15000 €.

l Bande dessinée Cette planche d’une grande qualité graphique fut tracée pour “Le Sang des Justes” de Cayman. Elle mesure 360 x 550 mm et est annoncée entre 300 et 400 €.

Coups de crayon aux casernes h La 34e vacation de Banque Dessinée

BANQUE DESSINÉE

aura lieu le 23 février dès 11h du matin. IL Y AURA PRÈS DE 800 LOTS à prendre dans quinze jours dans la salle d’Arnaud de Partz et sous les auspices du commissaire­priseur Serge Hutry. Parmi ceux­ci il y aura plus de 170 plan­ ches originales d’artistes vivants pour l’essentiel et dont les feuilles son estimés à des prix très abordables. En pariant sur l’avenir ce sont là sans doute de bons placements. Nous resterons sur ce segment pour éviter toute dispersion. La plus belle des compositions est à notre avis celles de Cabanes pour “Collin­Maillard”. Il s’agit

d’une aquarelle et crayon pour la couverture de “Maxou contre l’athlète”, publié chez Casterman en 1997. On en attend 500 à 600 €. On appré­ ciera également la planche de l’Ardennais d’adoption Cayman pour “Le sang des juste”, épi­ sode relatif à Godefroid de Bouillon. La feuille de 36 x 55 cm est datée de 1995. On en escompte entre 300 et 400 €, ce qui est la moyenne des neufs lots le concernant ici. I l faudrait assumer 1200 € pour une planche de Buck Danny pour la page 31 de l’épisode “Les Se­ crets de la mer noire”, publié par Dupuis en 1994. Et enfin, clin d’œil vers les très belles archi­ tectures à l’aquarelle de Boiscommun, tracées pour la couverture d’une intégrale parue en 2005. Ph. Fy. U Tout se voit sur www.banquedessinee.be.

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l Résultats

Février sera mieux que janvier La vente de mardi prochain comportera plusieurs pièces d’argenterie dont cette grande assiette volante liégeoise, vers 1702 (10000 €) et deux saucières d’Ath, datée de 1773 (15000 €).

h Chez VDK, la vente passée

FAISONS ICI D’UNE PIERRE DEUX COUPS pour évoquer la salle uccloise qui officiait le 14 janvier et qui va remettre le couvert ces 11 et 12 février. Une vente n’est pas l’autre même si le classicisme bon teint est de rigueur dans cette mai­ son qui cultive la tradition mieux que quiconque. La vacation de janvier n’a pas entraîné de fameuses enchères à deux ou trois exceptions près dont un vase en porcelaine de Chine, bleu et blanc, an­ noncé entre 300 et 400 €; il fut acheté frais compris à 6200 €. Et pourtant il se trouvaient là des lots provenant du beau château de Vorst ou Vorsch, à Grimberghen, appartenant aux barons d’Anethan, qui ont donné plusieurs ambassadeurs au siècle passé. Cette provenance intéressante aurait pu favoriser les transactions mais les lots y afférents n’étaient pas singularisés. Le château figurait pourtant sur la jaquette du catalogue. Sans connaître les prove­ nances, on notera toutefois les 13000 € obtenus pour une toile figurant un “Bord de Seine” par Robert Pinchon (1886­1943), annoncée entre 5 000 et 7000 €. Puis il y eut “Les Clouse” de Salvador Dali (1904­1989). C’était un dessin à l’encre et à l’aquarelle certifié, évalué entre 2000 et 3000 €. Le marteau

D.R.

fut moyenne. Celle qui arrive s’annonce bien plus passionnante.

fut frappé à 7400 €, toujours avec les frais. Beau score encore pour un pan­ neau de 36 x 28 cm signé par Petrus van Schendel. Il figurait une “Jeune fille pré­ parant le repas à la lueur d’une bougie”. Le lot était estimé entre 3000 et 5000 € et la salle le poussa jusqu’à 10500 €. On notera encore les décevants 8000 € d’une immense toile de 305 x 211 cm peinte par Marten Geeraerts (1707­ 1791). La toile était signée et datée de 1731. On y voyait dans un décor de co­ lonne “Eris semant la discorde parmi les dieux lors du mariage de Thétis et Pe­ lée”. Il paraît que c’était pour une his­ toire de ballon. Le lot était pourtant an­ noncé entre 10000 et 15000 €, ce qui eut été bien mérité. On n’a pas vendu par

contre un petit enfant endormi peint par Ferdinand de Braekeleer (1792­1883), daté de 1824. Il s’agissait d’Idesbal, ba­ ron van der Gracht et on en escomptait 4000 €. Sans doute le croyait­on mort sur son lit, ce qui est une erreur. On ter­ minera pour cette vente passée par les 9500 € acquis sur une petite toile de Gustave Courbet (1819­1877), figurant une “Chute d’eau en sous­bois”. On était ici à l’estimation basse. Pour ce qui est de la vente à venir la se­ maine prochaine (exposition dès ce ven­ dredi), on épinglera le premier soir une paire de dessin au lot 50. Ils sont l’œuvre de Raoul Dufy (1877­1953). Il s’agit de jockeys entourés d’élégantes dames. Les compositions font 250 x 205 mm. Elles

sont évaluées entre 8 000 et 12000 €, et ce sera mérité. On oubliera le lot 64 erro­ nément donné au peintre Liégeois Ber­ tholet Flémal (1614­1675), car c’est une toile flamande assez secondaire (est. : 2000 à 3000 €), pour se concentrer sur le lot 75 occupé par un très intéressant cuivre de Louis­Joseph Watteau (1731­ 1798), dit Watteau de Lille, figurant une jeune femme étalant ses légumes dans une cour. Le lot mesure 35 x 43 cm. Il est évalué entre 4000 et 6000 €. Il en vaut largement le double tant la qualité pic­ turale est évidente. On finira par une très belle photo de Misonne, datant de 1939, au lot 86. Elle est évaluée à 350 €, ce qui est également un cadeau. Ph. Fy.

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l Au marteau

Livres rares chez Ferraton sera situé au numéro 63. Il s’agit d’un livre d’heures, psautier à l’usage des Chartreux da­ tant de la fin du XIVe siècle ou du début du XVe siècle, sans provenance stylistique précise. Le volume compte dix­neuf grandes lettrines. Le lot est annoncé entre 6 000 et 8 000 €.

h D’un livre d’heures à Toulouse­ Lautrec le libraire bruxellois offre un panel de découvertes amusant.

Il sera passionnant sans doute de détenir le lot 21 où se trouvera l’“Introduction à la Fortifica­ tion”, ou “Atlas des forces de l’Europe”, paru en­ tre 1690 et 1695 sous la plume de Nicolas de Fer (1646­1720). Il s’agit d’un atlas de 167 cartes. Le lot est annoncé entre 2 000 et 2 500 €. Pour 600 à 800 € on devrait pouvoir partir avec un vo­ lume comportant 239 gravures de Sébastien Le Clerc (1637­1714), graveur du Cabinet du Roi, diffuseur du grand goût du temps de Louis XIV et de ses peintres tels Le Brun, Mignard et autres Jouvenet ou La Fosse. Le lot le plus rare et pour le coup le plus cher

D.R.

SANS DOUTE EST­CE LE XXe SIÈCLE lors de la seconde séance de vente le samedi 22 février qui fera parler la poudre. Mais il y aura d’abord dans la vacation de la veille, quelques livres anciens assez rares mais pas nécessairement onéreux et donc attrayants. Ce sera le cas avec ce volume du “Tableau de l’histoire générale des Provinces­ Unies”, écrit par Antoine Cerisier; il fut publié à Utrecht entre 1777 et 1784. Le volume provient de la bibliothèque de Talleyrand en son château de Valençay, à lui offert par Napoléon Ier en 1803. Le lot est annoncé entre 350 et 450 €.

Cette gravure de Toulouse-Lautrec fait partie d’un volume consacré à Maurice Joyant, marchand d’art. On en espère 2000 €.

Pour la seconde vente, on mettra en avant la ja­ quette du catalogue où figure un volume orné de pointes sèches d’Henri de Toulouse­Lautrec (1864­1901) en l’honneur de Maurice Joyant qui remplaça Théo Van Gogh à la galerie Bous­ sod et Valdon en 1890. Le lot est évalué en­ tre 2 000 et 3 000 €. Puis il y aura au lot 755, pas moins de 559 des 594 volumes de la revue sati­ rique “L’Assiette au beurre”, sortie de 1901 à 1911. Le lot est évalué entre 1 500 et 1 800 €. De futurs très grands artistes trouvèrent là l’occa­ sion de se faire connaître. On terminera par une lettre de huit pages en­ voyée par Roger Martin du Gard à André Gide. Il y est question des commentaires effectués lors d’une conférence des amis de l’URSS à Nice en décembre 1936, à propos d’un livre de Gide con­ sacré à sa visite en Russie : “Retour de l’URSS”. L’auteur français s’y est fait descendre en flèche par un jeune professeur italien, Alessandrini, qui défendit devant un public acquis d’avance, les progrès magnifiques du communisme. Cette let­ tre quasiment inédite, connue mais considérée comme perdue, n’est affichée qu’entre 1 000 et 1 500 €. On verra ce que le marché en fera. Ph. Fy.

l Bijoux

h Chez Lombrail et Teucquam, les bijoux se sont vendus avec peine. C’ÉTAIT UNE VENTE comme il y en a tant à Paris dans l’hôtel des ventes et c’est bien ce qui ca­ ractérise Paris des autres gran­ des capitales. L’hôtel Drouot peut être le théâtre de très gran­ des vacations qui vont générer des millions d’euros puis à côté de cela, ce sera un monde de brocante ou de petites antiqui­ tés où l’on vendra avec le même plaisir des portes serviettes à 25 € ou des candélabres Empire à 45000 €. Plusieurs études ac­ ceptent finalement de rendre service comme le voulait et le veut sans doute encore la charge d’officier ministériel dont les commissaires­priseurs se re­

vendiquent toujours. Et ne par­ lons pas des ventes judiciaires, sur saisies et autres. Là les ventes publiques rendent également leurs services pour le bien com­ mun et surtout l’Etat. Vente normale donc ce mardi avec l’assistance de Claire Sa­ lanne comme expert en gem­ mologie devant une salle un peu amorphe où les enchères furent difficiles à conclure, sauf pour les lots de la meilleure qualité. C’est pourtant dans ce type de ventes que l’on effectue de bon­ nes affaires et à l’aube du 14 fé­ vier cela peut être utile. On notera les 580 € obtenus au lot 94 pour une alliance en or jaune sertie de diamants atten­ due à 600 € et lancée avec peine à 550 €. Devant la lenteur du public, le commissaire­priseur se fit pressant, arguant de la beauté de la chose et de l’“envie que cela donne de se marier”. On entendit alors l’experte rétor­ quer avec vigueur “Oh non !”, ce

qui fit hurler de rire plus d’une personne. Au lot 129, on donna quand même 9000 € pour une paire de boucles d’oreilles en or gris ser­ tie chacune d’un diamant jaune ovale. Toutefois, la somme obte­ nue était celle de l’estimation basse. Le lot 130 était détenu par une superbe bague ornée d’un diamant de forme coussin de 4,36 carats. Estimée entre 55 000 et 58 000 €, lancée à 45 000 €, elle fut adjugée à 53000 € sur la forte insistance de Me Lombrail qui dit qu’“il va­ lait mieux acheter ici que de pla­ cer son argent à la Caisse d’Epar­ gne”. 3 000 € tombèrent encore pour une paire de pendants d’oreilles à motifs géométriques sortis des ateliers de Chaumet. La moyenne des lots présentés atteignit rarement les mille euros. Les frais ne sont pas in­ clus. Ph. Fy.

LOMBRAIL ET TEUCQUAM,

Vente poussive à Paris

Ce diamant de forme coussin de 4,36 carats fut vendu péniblement à 53000 €, plus frais.

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l Foire d’art contemporain

DR

François Martinache, “Double Irish”, Fujichrome contrecollé sous diasec, 2013, 120 x 165 cm; une œuvre exposée à Art Up par la galerie tournaisienne Rasson Art.

Art Up Lille h Régionale tout en attirant des galeries étrangères la foire d’art contemporain de Lille compte de nombreux stands belges. IL FAUT REDYNAMISER, SURPRENDRE, con­ vaincre, se mettre à la mode, c’est sans doute la raison pour laquelle quelques foires chan­ gent de nom. Lille Art Fair devient donc Art Up sous la direction de Didier Vesse. Majori­ tairement française, la foire est très lilloise au point que l’on est surpris du nombre de gale­ ries d’art dans la cité nordique qui se sent boustée par les manifestations officielles de niveau internationale qui s’y déroulent régu­ lièrement. Même Saatchi et Perrotin ont ex­ posé à Lille ! Cette foire au caractère régional a accueilli l’année dernière environ 26000 visi­ teurs, nombre d’entre eux en provenance, par voisinage immédiat, de Belgique ! La foire est également soutenue par les structures cultu­ relles régionales puisque l’Atelier des éditions populaires, Lasécu, la Maison de la photogra­ phie, l’école Supérieure d’Art Nord Pas­de­Ca­ lais (ESA), le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, l’ECV Nord Europe, le Centre d’art CARO/Choeur de Lumière, le FRAC Nord Pas­de­Calais, l’Inventaire, Kitchen Litho, la Plate­Forme et l’Université Lille 3, ainsi que la structure culturelle de Knokke­Heist, seront présents ! Les galeries belges sont massivement repré­

sentées dans cette foire où elles peuvent sé­ duire un public de proximité et participer à l’internationalisation de la manifestation. On n’y joue cependant pas le vedettariat, ni les va­ leurs de pointe du marché belge ou internatio­ nal et ces représentations ne sont pas celles que l’on retrouve dans les grandes foires inter­ nationales. On est en terrain régional, avec, la plupart du temps, des artistes peu connus et en devenir, la barre étant moyennement éle­ vée. En comptant la franco­belge Lazarew qui montrera Olivié Catte été Sergio Moscona, el­ les sont dix­sept galeries belges à participer ! Un vrai record. Les galeries bruxelloises sont majoritaires avec Archiraar, Espace Art 22, Arielle d’Haute­ rives, LKFF et Sculptur Projects, Macadam Gallery, Mazel et Spot u Art; de Knokke, se pré­ sentent Samuel Maenhoudt et Absolute Art Gallery, tandis que Jos Depypere vient de Kurne, Leonhard’s Gallery d’Anvers, Mad Art d’Egem; enfin la namuroise Gery Art Gallery qui annonce des multiples de Bernar Venet et de Panamarenko et des collages de Pauline Tonglet (expose en ce moment à la MCNa­ mur), sera accompagnée de la liégeoise No Name, de la mouscronnoise Xavier Ronse et de la tournaisienne Rasson Art Gallery avec notamment François Martinache et Emma­ nuel Barcillon. C.L. U Art Up. Foire d’art contemporain de Lille. Du 13 au 16 février. Lille Grand Palais, 1 boulevard des Cités Unies, F­59777 Lille­Euralille (France). www.art­up.com

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