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“APRÈS LA VICTOIRE”, EDGARD MAXENCE, TEMPERA, GOUACHE, PASTEL, REHAUTS DE FEUILLE D’OR ET CRAYON NOIR, 54 X 43 CM, SIGNÉ ET DATÉ 1903 EN BAS À DROITE / COURTESY GALERIE ALEXIS BORDES

Supplément à La Libre Belgique - N°216 - Semaine du 24 au 30 janvier 2014

DIVINE BRAFA

Dossier spécial PP. 2 à 4

© S.A. IPM 2014. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


L'actu Dossier spécial

2 Commentaire

Brafa, Bruneaf, même combat ?

SEMAINE DU 24 AU 30 JANVIER 2014 ARTS LIBRE

l Foire

Brafa, toujours

Les foires d’art aujourd’hui se multi­ pliant à l’envi comme les pains et le vin des noces de Cana jadis, on pourrait parler de vrai miracle si le prodige n’était entaché de son corollaire outre­ cuidant, une flambée des prix sans pareille, du jamais vu au royaume des dieux, fussent­ils africains, ici et là. Curieux en des temps qu’on dit de disette, et qui le sont pour une majorité de fauchés toujours plus pauvres, mais le sont de moins en moins pour des nantis toujours plus riches ! Dans quelle pièce dès lors jouons­nous alors que nous tendons, par tous les moyens, à crever l’abcès de surenchères indi­ gnes d’un monde civilisé ? Faut, hélas, s’en faire une triste raison, y a ceux qui gouvernent et y a les autres ! Faute d’y pouvoir quoi que ce soit, saluons quand même ces lieux d’exception, et même de perdition, que sont la Brafa et Bruneaf, tant, à force de sélections toujours plus draconiennes, elles réus­ sissent à nous faire voir des étoiles de bonheur, fût­ce même, dans nos cas démunis, pour le seul plaisir des yeux. Faute de portefeuille adéquat, conten­ tons­nous d’y rester serein, en somme aussi zen qu’un yogi décharné mais heureux. A la Brafa comme à Bruneaf, les découvertes sont légion et, si les arts premiers jouent cavalier seul en leurs échoppes du Sablon, ils ont, non seulement, de dignes représentants dans les travées de la Brafa : les spécia­ listes non­européens du Sablon et alentours ont eu le pif malin en accro­ chant leurs dates à celles du géant des arts tout terrain. D’où cette animation bruxelloise qui, durant une semaine, vous force à courir de Tours et Taxis au Sablon et vice­versa, l’œil hagard d’y voir autant de pièces merveilleuses susceptibles de saisir d’émotion tous les publics amateurs d’art au sommet. C’est un privilège, surtout à l’heure où certains de nos musées font défaut. Coup de bol en sus : fermé jusqu’en 1917 au moins, le Musée de l’Afrique centrale à Tervuren s’est trouvé une vitrine de substitution à la Brafa, y annonce quelques chefs­d’œuvre et même de superbes objets jamais sortis des réserves ! Rien que pour le fun, s’offrir coup sur coup et la Brafa et Bruneaf, c’est se garantir un hiver doux ! Et ce n’est pas tout car il est bon de le savoir, la Brafa n’aura jamais été aussi riche en art moderne, ce qui est une très bonne nouvelle. Pourquoi ne pas s’y écarquiller les yeux en toute décontraction.

JACQUES VENE

Par Roger Pierre Turine

h Avec ses 128 stands, la Brafa s’inscrit dans le paysage européen comme un grand moment de culture et de négoce. La vitalité des acheteurs belges n’est plus a démontrer. TOUR ET TAXIS, NAGUÈRE ENCORE ABANDONNÉ, érigé à la fin du XIXe siècle dans un style éclectique, est devenu un lieu majeur de la culture bruxelloise. En attendant que tous les aménagements se termi­ nent un jour, les anciens entrepôts des douanes et de la gare servent à des événements marquants. La Brafa s’y est déployé avec une aisance remarquable depuis dix ans déjà. Dix ans aussi que Daniel Culot et Nicolas de Liedekerke (“Volume Architecture”) sont les deux concepteurs de cette réunion qui ne cher­ che plus à grandir, sauf en qualité. La stratégie est

d’être soi­même sans chercher à se comparer à Paris (la Biennale) et Maestricht (la Tefaf). Depuis 2004, Daniel et Nicolas assument ce rôle complexe, à cha­ que fois renouvelé, réinventé, plein de fantaisie, de charme et de couleurs. Cette fidélité du comité d’or­ ganisation à deux metteurs en scène qui passent le reste de leur temps à inventer ou à recréer des mai­ sons est exemplaire. Cela montre la stabilité de l’évé­ nement, ce côté socle sur lequel le marché belge peut s’appuyer pour aller de l’avant et tenir le coup dans une crise qui date depuis 2009. Cette crise com­

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Dossier spécial L'actu

SEMAINE DU 24 AU 30 JANVIER 2014 ARTS LIBRE

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plus belle Chez Oscar De Vos (LathemSaint-Martin), l’optimisme est de rigueur, comme chez tous les exposants réunis à la Brafa, bien sûr. Cette toile d’Emile Claus “Repos de midi”, traduit ce sentiment de bien-être.

Le Musée de Tervuren à la Brafa Chez Jacques Nève, cette horloge française “Au noble Sauvage” représentant une nourrice africaine et son enfant, bronze patiné et doré, période Empire, vers 1800-1810, hauteur 42 cm.

Aux côtés des marchands belges et étrangers, la

mence à perdre de la vigueur comme une zone de pluie venant de l’ouest. Chloé Daval, étudiante à l’Ensav­La Cambre a été désignée par les deux metteurs en scène pour créer un tapis de sol qui depuis des années marque de son empreinte les esprits. Le noir et le blanc, scanné en grand format donne ici des motifs géométriques forts qui se répéteront sur quelques milliers de mè­ tres carrés. Hors cela, l’aspect des longs corridors gar­ dent leurs qualités de sobriété et d’élégance. Il n’y a que les espaces d’entrée qui se révèlent surprenants et réjouissants, comme si on entrait dans un module interstellaire, dans une odysée de l’espace temps. La Brafa vous mettra donc dans un état d’apesanteur. Harold t’Kint de Roodenbeeke nous avait dit na­ guère ne pas vouloir changer une équipe et une for­ mule qui gagne. Il a raison et cela réconforte. Cent­vingt­huit stands cela n’est pas beaucoup. Mais c’est bien assez pour se partager un gâteau qui n’est pas aussi mondialisé que la Biennale et la Tefaf. Le XXe siècle sera la vedette de la manifestation. Ta­ bleaux, dessins et sculptures pour la première partie, avec la galerie Bérès en guise de phare inaltérable. Puis mobilier et objets art déco et design dans la se­ conde partie accrocheront les regards, avec les Mul­ lendorff­Rapin, les Marcilhac et les Mathivet. Le mo­ bilier classique français et les objets d’art du XVIIIe siècle restent importants, avec Steinitz et Fa­ bre pour emmener les amateurs vers la lune. Alain Berger, Delvaille et les Theunissen­Ghellinck sui­ vront aux côtés des négociants d’orfèvrerie dont De Leye et Arschot. La grande décoration et les effets de grandiloquence bien sentis, seront à voir chez les An­ versois Victor Werner et Hervig Simons, quand Axel et Boris Vervoordt manieront le contemporain et l’antique. Puis il ne faudra pas manquer le stand commun des céramistes, emmenés par les Lemaire, papes du Tournai qui jettent des ponts sans trou en­ tre les pays d’Europe où la porcelaine fut reine. Philippe Farcy

JACQUES NEVE

Brafa accueille un hôte de marque : le Musée de l’Afrique centrale à Tervuren. Fermé pour agrandissement jusqu’en 1917, le musée se donne une vitrine de choix pour faire valoir ses trésors, certains n’ayant jamais quitté les réserves. D’où l’occasion d’un beau voyage à travers le temps, les rites, les objets. Une équipe d’experts du musée a présidé aux choix. “Montrer la singularité du musée, éclairer notre rôle social, notre souci de recherche, la qualité de nos archives, nous a paru un devoir prioritaire”. Scénarisé par Elie Levy, le concept est articulé pour une circulation aérée : des objets de légende aux monstres sacrés. (R.P.T.)

l Coups de cœur

Quelques stands méritent un arrêt QUE L’ON NOUS PARDONNE LE CÔTÉ forcément subjectif de cette petite sélection, mais il y a des stands qui nous semblent immanquables comme celui du “Couvent des Ursulines” pour son mobilier Charles X ou en­ core celui d’Alexis Bordes pour ses dessins et tableaux euro­ péens des XVIIIe et XIXe siècles. Dans ce petit segment, l’arrivée de Franck Baulmes (Paris) est une aubaine. Ici aussi il s’agit de dessin, français ou italien d’en­ tre 1630 et 1780. Chez Claude Bernard, coup de cœur assuré pour les nouvelles créations d’argent et de pierres semi­pré­ cieuses de Goudji; l’artiste transcende les siècles et les for­ mes, c’est magique. La recher­ che du très bel objet médiéval chez De Backker (Hoogstraten) est passionnante. Entre Paris, la Meuse, une frange de l’Allemagne et l’Espa­ gne, on touche à une période

des plus inspirée de la chré­ tienté. Coup de cœur sans voir, comme le guide Michelin qui donne des étoiles avant l’ouver­ ture d’un restaurant, pour Ar­ naud Jaspar (Costermans, au Sablon), et dont nous sommes déjà sûr de la justesse des choix en mobilier et tableaux, pour sa première apparition ici. Clin d’œil encore à Ikodinovic qui persiste et signe dans le stand des céramistes pour sa fidélité au début du XIXe siècle. Et pa­ reillement pour la passion sans bornes de Jacques Nève (Brai­ ne­le­Château), qui défend comme personne les pendules anciennes, stand quasi unique sur la Brafa, mais quel stand ! L’archéologie est un segment très soutenu à la Brafa. Douze galeries en font partie. J. Bagot (Barcelone), y fait ses débuts; il a lancé son négoce en 2005. Il est le benjamin de la réunion. Du côté des jeunes, il y a encore

Frédéric d’Ansembourg et ses remarquables bijoux des an­ nées 1850­1950. Chapeau bas encore pour la li­ brairie Sanderus (Gand) qui, sur son stand seul, va enchanter les amateurs de gravures an­ ciennes et de livres imprimés rares. Les libraires sont comme les céramistes, réunis en un seul stand composé de vitrines fermées. L’ambiance feutrée y est bienvenue pour échapper au brouhaha de la foule et retrou­ ver avec quelques auteurs un brin de solitude. Enfin, il ne faudra pas rater la galerie de Manuel Barbié (Barcelone), pour l’importance des créa­ tions du XXe siècle d’artistes majeurs comme Picasso, Chillida, Maria Blanchard ou Hans Arp. La Brafa assure une diversité spectaculaire. C’est un enri­ chissement de s’y rendre. Ph. Fy.

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l Au top des arts ethniques

Brafa en mode majeur et moderne

Zao Wou Ki (1920-2013), 20.12.96 – 17.01.97, 1997, huile sur toile, 130 x 162 cm. En bas, Clarice, Niki de Saint Phalle, résine synthétique peinte, 118.5 x 114 x 84 cm, 1981-1982.

h Internationale, la Brafa ne cesse de

LA CRÉATION TRIBALE N’A JAMAIS AUTANT suscité les engouements d’un public d’afficionados, n’a ja­ mais été aussi prisée des directeurs de musées d’art, les meilleures pièces ethniques s’y accouplant à des collections qui, il y a peu encore, faisaient la fine bou­ che devant tout ce qui n’était pas d’Occident. Com­ ment ne pas s’en réjouir quand il apparaît que, cul­ tuels avant tout, ces expressions indigènes étaient aussi l’affaire de créateurs soucieux d’excellence pour plaire aux dieux ! Une petite dizaine de galeries illus­ trent, à la Brafa, les arts africains, océaniens, préco­ lombiens. Didier Claes, membre du comité d’organisation, nouveau Président de Bruneaf, y fera banco avec, piè­ ces d’exception, un masque Léga en bois et une figure nkisi des Songye, venus de la RDC. Le Parisien Bernard Dulon mise son stand sur une rare figure de Tshibinda Ilunga, divinité légendaire des Tschokwe d’Angola et de RDC; à remarquer chez lui une figure ancestrale Luluwa, RDC, allure sévère et baroquisme distinctif. Le Montréalais Jacques Germain annonce un superbe masque Bété/Guro et un masque de course Dan à la belle patine miel, de la Côte d’Ivoire, alors que la Gale­ rie de Montbrison nous entraîne au Nigéria pour un masque Idoma et au Gabon pour un Kwele. Adrien Schlag, de Bruxelles, offre de beaux exemples Senufo, Pende, Vili, quand Mermoz, de Paris, mise sur le Pré­ colombien. Si Serge Schoffel, de Bruxelles, se diversifie entre le Bénin, l’Indonésie et la Nouvelle Irlande, Schoffel­Valuat, de Paris, innove avec un masque Ka­ nak. La création contemporaine demeure timide, quand l’offre moderne abonde et cible avec aisance un XXe siècle qui en a vu de toutes les couleurs. Le Pari­ sien Pascal Lansberg fait régulièrement merveille, cette fois avec une attachante peinture de Zao Wou­Ki qui devrait enlever les suffrages; intitulée “20.12.96­17.01.97”, elle se décline sans outrance, toute harmonie et légèreté; ne pas y manquer un Vasa­

COURTESY GALERIE PASCAL LANSBERG

grimper sur l’échelle des valeurs. Elle est parcours à travers l’histoire des hommes et des civilisations.

rely noir et blanc de 1958, l’âge d’or du peintre. Em­ blématique de l’après­guerre à Paris, Claude Bernard revient avec des choix divers : or et argenterie du Géorgien Goudji et puis Raoul Ubac, mais aussi Music, Laget, Barrot : diversité et qualité ! Axel Vervoordt fait flèche de tout bois et sa “Composicio vertical negra” (1960), du grand Tapiès devrait susciter des envies. Poids lourd de la foire, Guy Pieters sait varier les plai­ sirs et mener sa partition entre Fabre, Delvoye et même Folon et leur adjoindre du Schnabel, du Christo, du Niki de Saint Phalle. Samuel Vanhoegar­ den, le Knokkois, annonce un Hartung du plus bel ef­

Première à Bruxelles pour Basquiat

JEAN-MICHEL BASQUIAT/ARCURIAL

Jean-Michel Basquiat (1960-1988) fut un de ces météores de l’art dont on se plaît à constater que sa peinture, d’essence primitiviste et populaire, déjantée et tonique, est, en moins de deux, passée, dans l’imaginaire universel, au rang d’art supérieur, reflet indiscutable d’une époque new-yorkaise en ébullition. Ecriture circonstanciée, unique, mais aussi écriture sans frontière, tant elle tend à rapprocher l’individu de ses sources, ses combats, ses attentes, dans un monde déshumanisé, sans illusion. Basquiat a frappé fort, sur les murs de Brooklyn d’abord, puis sur toile et en galeries et musées. Né de père haïtien et de mère portoricaine, coulait en lui de ce sang noir qui aura, à bon escient, titillé ses neurones pour qu’en gicle un art de feu et de fièvre, à la fois symbolique et direct comme un uppercut. Dix toiles et œuvres sur papier, datées de 1982 à 1985, nous en disent davantage sur sa verve créatrice et récurrente que de vains discours. Basquiat flambait sur sa toile à la vitesse de l’éclair. Sa vie fut au diapason : soudaine et brève. Patrimoine de particuliers, ces Basquiat ne sont pas à vendre mais à méditer. Un fameux cadeau venu à son heure à l’heure de la Brafa ! R.P.T.

U 5, avenue Franklin Roosevelt, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 13 février. Infos : www.artcurial.com

fet, encre en bleu et noir de 1960, et un séduisant Tom Wesselman, une “Monica couchée” de 1987. La Whitford Fine Art de Londres possède un Bram Bogart bienvenu et ancien, une “Naissance du crépus­ cule” riche en rouge et noir. Jane Bastien explicite sa passion de la découverte extra muros : après les Chi­ nois, voici ses artistes indiens et, notamment, Manish Pushkale et Binoy Varghese. Bérès de Paris annonce un Lemmen luministe de 1891, “La mer”, déclinée par petites touches colorées, quand la Hongroise Judith Reigl s’y impose avec une toile sensible de 2010. Chi­ nois aussi, mais abstraits classiques, chez Aktis de Londres : Zao Wou­Ki et Cheu Ten Chun. Patron de la foire, Harold T’Kint n’est pas en reste de valeurs et, chez lui, une composition abstraite de Georges Remi, alias Hergé, devrait susciter l’intérêt cu­ rieux, à côté d’une autre composition de même type, mais plus explosive, signée Sam Francis. Chez Patrick Lancz, Serge Poliakoff bénéficiera de son actualité pa­ risienne : “Red and Green” de 1962 y est à saisir. De beaux Hongrois à l’enseigne de Kalman Maklary, de Budapest, et Judith Reigl ou Simon Hantaï y sont de premiers choix. Un Riopelle de 1960. Chez le Cannois Hurtebize, un “Blanc volatile” d’Alechinsky chez Ja­ mar, “Printemps” (1928) d’Edgard Tytgat chez Francis Maere, des Américains actuels – Christopher Wool ou Philip Taaffe – chez Maruani&Noirhomme, un “Nu au bain” de 1925, très figuratif, de Fautrier, chez AB de Paris, Arp, Metzinger, Miro chez le Barcelonais Manuel Barbié… Il y en a pour tous les gouts à défaut d’être pour toutes les bourses ! Epinglons une superbe “Tête d’oiseau”, de Karel Appel (1958) à la Galerie Fleury de Paris, du George Condo et du Wesselman, Galerie Rive Gauche. Que du bonheur ? Allez­y voir ! Roger Pierre Turine

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l Expo en vue

Bio express

COURTESY GALERIE NATHALIE OBADIA, PARIS/BRUXELLES © WE DOCUMENT ART

1910, décès à Wasquehal le 10 mai 2000. 1956, première expo solo au Musée des BeauxArts de Tourcoing; 1982, première expo à la Galerie Michael Werner, à Cologne; 1992, Documenta IX de Kassel; 1995, Biennale de Venise. Rétrospective à la Maison de la Culture de Namur en 1993.

Infos pratiques Galerie Nathalie Obadia, 8, rue Charles Decoster, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 8 mars, du mardi au vendredi, de 10 à 18h; le samedi, de 12 à 18h. Infos : 02.648.14.05 et www.galerie-obadia.com L’expo Leroy/Baselitz au MUba, à Tourcoing, jusqu’au 24 février : www.muba-tourcoing.fr

COURTESY GALERIE NATHALIE OBADIA, PARIS/BRUXELLES © WE DOCUMENT ART

Naissance à Tourcoing le 8 août

Eugène Leroy, fusain. En bas, “La marée”, 1995, huile sur toile, 56 x 46 cm.

Du Leroy plein jus, bien vivant PRIX Pour les fusains : 14000 euros; une aquarelle à 18000 euros; les peintures, de 35 à 92000 euros.

“Un abstrait ? Non, surtout pas. En même temps, je ne me sens pas comme un peintre figuratif… Tout ce que j’ai essayé en peinture, c’est d’arriver à cela, à une espèce d’absence presque, pour que la peinture soit totalement ellemême.” Eugène Leroy In “Eugène Leroy – Autopor­ trait”, essai de Eric de Chassey, Gallimard, 2004

h Il y a belle lurette qu’Eugène Leroy (1910­ 2000) n’avait plus été montré à Bruxelles. Peintures et dessins s’y donnent à cœur joie. HOMME DU NORD, NÉ À TOURCOING, Eugène Leroy fait plus que jamais figure de héros, héraut de jours meilleurs, dans un coin de France que ses couleurs vivantes, emportées, usinées dans la pâte, ses matières sourdes à trop d’éclats comme aux alignements stériles, ont, comme par magie, reconfiguré autre­ ment. Au point d’y faire oublier l’épo­ que pas si lointaine des mines et des crassiers sans lumière, qu’il a pourtant connus à deux pas de chez lui. Bon­ homme apte aux synthèses, peu enclin aux honneurs, beau ténébreux que ré­ jouissaient son atelier, ses chevalets et palettes, ses pigments en fusion, Leroy aura vécu dans l’ombre, hors cénacles et coteries, une bonne partie de sa vie. Re­ connu certes, mais pas au­delà, ou si peu, des limites de l’Hexagone, si ce n’est par ses proches voisins belges qui pouvaient voir en lui un homme de la terre et des labeurs, lointain héritier presqu’abstrait, et sans doute à son insu, d’un Permeke. Quel âge pouvait­il avoir quand, sou­

dain, les feux de l’actualité se mirent à l’auréoler de succès retentissants ? Comme souvent dans la vie, pour Leroy cette reconnaissance, aux accents bien­ tôt de fête sans frontières, retentirent alors qu’il avait largement franchi le de­ mi­siècle. Par un de ces hasards qui, toujours, fait bien les choses, par la foi d’un homme du devant de la scène sub­ jugué par ses élans de sincérité. Georg Baselitz, l’Allemand des renversements tête en bas, n’eut de cesse, ayant décou­ vert du Leroy chez Claude Bernard, en 1961, de causer de sa découverte à tout vent. Un regard ajusté et, comme par chance, ce fut le départ de tout. Baselitz en parla à son ami Michael Werner, tout jeune marchand et, quelques temps plus tard, l’affaire prit des proportions imprévisibles. Devenu marchand d’en­ vergure, Werner hissa Leroy au pan­ théon vivant des vedettes, en des temps où pourtant déjà la peinture n’avait plus la cote. Une bien belle victoire. Or, en ce moment même et jusqu’au 24 février, Evelyne Dorothée Allemand et le MUba de Tourcoing présentent un duo Leroy/Baselitz qui ravive une ami­ tié étonnante, qu’à peu près rien dans leurs expressions respectives n’aurait dû souder à ce point, magie des arts. Chez Nathalie Obadia, qui joue sa partie de mèche avec Werner, de beaux nus au fusain et des peintures représentatives du parcours homogène et très person­ nel du peintre égayent les cimaises de leur solidité convaincante. Solidité du trait et des formes dans une douzaine

de fusains “Sans Titre”, d’évidence des nus aux belles déclinaisons tout en rete­ nue, des années 1990 à 1999. Solidité aussi dans la dizaine d’huiles, de for­ mats très divers, datés 89 à 99. S’ils ont souvent des titres, il faut n’y voir là que des repères allusifs, la peinture de Leroy étant à déguster dans ses magmas qui l’enchantent, la labourent de reliefs et d’orages, lui distillent des ancrages sou­ dain plus colorés ici et là, jaunes, rouges, bleus, oranges quasi de guingois entre les bruns et les verts rudes. Une façon bien à lui de dégager des atmosphères, des ambiances, des lumières qu’exsude la matière. C’est noble, fort, sans hiatus, symphonie accordée aux élans d’une âme en quête d’elle­même jusqu’en ses tréfonds. Leroy fut un grand peintre, il fut aussi un peintre qui sculptait ses pigments dans leur effervescence. “Doux ventre”, “Lumière d’hiver”, “Dans les petits bois”, “Seuls” ou “A deux” : Leroy souf­ flait sur ses toiles des titres comme en passant : ne sont­elles pas de soi des souffles qui chantent l’intériorité des gestes et des visions ! Cultivé, épris de l’histoire de l’art, Leroy avouait volon­ tiers ses favoris : Rembrandt, Rubens ou Malevitch. Une belle façon d’indiquer que les grands écarts ne lui étaient pas étrangers, que la peinture seule justifiait sa palette tantôt assourdie, ici explosive et là davantage architecturée ou plus spirituelle. D’où la fête visuelle qu’une telle peinture dégage à qui sait y voir ! Roger Pierre Turine

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l Expo en vue

Croisements de stratégies picturales et de marketing h En plus de quarante peintures sur

DANS LES PEINTURES À L’ENCRE SUR PAPIER de Benoit Piret, des mots écrits à la main, en rouge, en bleu, bien visibles, apparaissent comme autant de flashes qui percutent l’œil : donation, succession, ar­ gent, challenges, planning, confiance, client, sépara­ tion, enfants, estime, auto accomplissement… des chiffres s’y mêlent, des dates, des pourcentages… Aucun de ces vocables n’a été tracé par l’artiste. Ce sont les résidus de séminaires, d’ateliers, de réunions de formation et d’informations, de formatages de la pensée et du discours, organisés par les champions de la communication de marketing. Des mots qui doivent frapper les esprits et convaincre avant qu’on ait le temps de réfléchir. La société de consommation ne provient pas seulement du besoin d’acheter, elle découle surtout de stratégies commerciales agressi­ ves qui créent l’envie. C’est ce que ces mots inscrits sur les Flipchart, les feuilles quadrillées présentes sur tréteaux dans tous les séminaires, nous disent. C’est un fait. Ces feuilles, Benoit Piret les récupère, les entasse, les lit et relit jusqu’à ce qu’une image qu’il a retenue et choisie parmi celles qu’il amasse, s’impose et se superpose aux mots. Les figures s’insèrent, s’imbri­ quent, s’intègrent, des mots sont recouverts, lisibles ou pas par transparence, d’autres, sauvés, émergent, se placent en évidence. Des corrélations s’établis­ sent, l’image qui n’est jamais une illustration ou une forme de commentaire, impose sa propre réalité et agit à son tour avec force, supplante parfois les écri­ tures. L’entreprise picturale tient davantage du dé­ tournement, de la juxtaposition, voire de la note dis­ cordante que de la surenchère ou de l’adéquation. Pourtant l’intention du peintre n’est pas a priori cri­ tique, car la famille, la nature y sont glorifiées au même titre que la femme visiblement libre en ses at­ titudes. Dans ces confrontations textes et images, ce sont en fait des réalités différentes qui s’impriment, l’une ne prenant pas nécessairement le pas sur l’autre. Il rè­ gne dans ces peintures un climat pop très américain dans lequel se rejoignent les méthodes de marketing et les images issues des années 50/60, des rêves et comportements de la Beat Generation, des souvenirs d’enfance aussi. L’artiste, on le sait (voir A.L. du 21.06.13), a vécu à Los Angeles. Les montagnes qu’il peint sont autant celles de son enfance que celles de la Paramount hollywoodienne ! Et ce n’est pas un ha­ sard si les Indiens sont présents, si William Burrou­ ghs s’y retrouve en silhouette noire aspergée d’un dripping généreux à la Pollock, si la gravité s’y glisse autant qu’une certaine légèreté, et si la vivacité des couleurs rejoint celle d’un Sam Francis. C’est sur fond de culture made in USA que travaille l’artiste en sachant que tout cela, caddies en tête, a allégrement traversé l’Atlantique pour nous atteindre de face. Ad­ miration, nostalgie, mélancolie, constat, parfois un peu d’humour, participent de ces peintures enlevées avec ardeur, souplesse, dextérité, ce qui les rend d’autant plus attachantes qu’elles traduisent un vécu dans lequel les personnages sont bien en vie, les pay­

L’ARTISTE

Flipchart, exposition solo, à Bruxelles chez 100 Titres, de Benoit Piret sur fond de culture pop américaine.

Benoit Piret, “Flipch art 014”, marqueur et encre sur papier, 100 x 70 cm, 2013. En bas, “Flipch art 015”, marqueur et encre sur papier, 100 x 70 cm, 2013 sages sont attirants, les sujets porteurs d’une sensibi­ lité forte les rendant touchants. Ce n’est pas seule­ ment une époque qui est évoquée, ce sont aussi les

traces qu’elle laisse et qui infiltrent progressivement nos pensées et nos comportements. Claude Lorent U FlipchArt. Benoit Piret. Peintures réalisées entre 2012 et 2014 sur papier Flipcart quadrillé. Galerie 100 titres, 2, rue Cluysenaar, 1060 Bruxelles. Jusqu’au 02 mars. Du jeudi au dimanche de 14h à 18h.

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l Expo en vue

Une durée photographique h Chez Baronian, Marc Trivier explore ses

Les œuvres encadrées sont vendues au prix de 550 € en format A4, de 1650 € en format 100 x 70 cm Flipchart; le prix des œuvres sur Flipchart varie suivant le nombre de feuilles.

“Le feuillet Flipchart, à mille lieues de l’universalité et de la clarté fantasmée du message initial qu’il portait, absorbe la couleur, gondole et recrache sa plastique nouvelle.” Anaël Desablin, 2013 Bio express Né en 1963 à Charleroi, Benoit Piret vit et travaille à Grimbergen. En artiste autodidacte il fréquente d’abord le groupe Puzzle à Charleroi. En 1996, il rompt les amarres et part à Los Angeles où il expose à plusieurs reprises. Trois ans plus tard, il est de retour et depuis expose en galerie et en solo, en Belgique, à Paris (galerie Keller), à Monaco. En groupe, il est invité en Italie, en France et en Belgique, notamment au Palais des BeauxArts de Charleroi.

Publication Benoit Piret. “FlipchArt”. A l’occasion de l’exposition publication d’un catalogue de 48 pages, illustré en couleur, reprenant une part importante des œuvres de l’expo, ainsi que quelques portraits des artistes de la collection de la Fondation SMartBe : Luciano Castelli, Chassepot, Jacques Lennep, Pierre Bettencourt, Roland Breucker, Jiri Kolar…; textes d’Anaël Desablin et d’Alain de Wasseige, biographie, photobook éd. 100 titres.

MARC TRIVIER / COURTESY GALERIE ALBERT BARONIAN

PRIX

MARC TRIVIER EST AINSI. Rare, mais discrètement actif. Le travail qu’il montre actuellement chez Albert Baronian n’est rien de moins que le résultat de son travail photogra­ phique de ces dix dernières années. En grande partie de l’inédit et pour tout dire du surprenant. Pourtant, au premier coup d’œil, on reconnaît son style et ses préoccupations. D’une part, le portrait en carré – du 6x6 noir et blanc – comme il en a fait dès ses débuts alors qu’il était encore étudiant à la Cambre. Du portrait qui rudoie ses modèles pour mieux leur faire cracher le morceau. Des sommités de la science ou de l’art y sont passées à l’époque, en regardant le jeunot qu’il était soit avec la bienveillance du savant (Michel Foucault), soit avec l’irritation de l’artiste qui est bien persuadé d’en savoir plus (Jean Genet). Peu im­ porte au final, c’était le gamin qui les croquait. Pas mécham­ ment, mais avec une telle justesse qu’il aurait mieux valu pour eux que ça le soit. Ces images lui valurent une reconnaissance précoce, une notoriété dont il usa prudemment en avançant à son rythme, sans se disperser. Un livre de temps en temps à une ou plusieurs voix et très récemment un film (“ …d’un lent regard”, 2011). La précédente exposition chez Baronian (en 2003) nous montrait un ensemble d’images que le photo­ graphe de Haut­le­Wastia ne faisait évoluer que très lente­ ment. Ses portraits les plus célèbres – Nathalie Sarraute, Willem de Kooning, Jean Dubuffet, Graham Greene, Samuel Beckett, Andy Warhol – étaient confrontés comme dans une vanité à des images d’abattoir. C’est encore cette articula­ tion que l’on pouvait voir l’an passé à la Maison Européenne de la Photographie à Paris. Cependant, cette fois on a du neuf. Quelques portraits que l’on ne connaissait pas, des images tout aussi nouvelles aux contours évanescents prises avec un vieux Brownie, mais aussi et surtout des contacts de négatifs couchés sur du ba­ ryté en 50x50. Cette relecture de ce qui est la matrice de la production de tout photographe est à la fois touchante et saisissante. Touchante car c’est bien du passé révolu – non seulement celui de l’objet, mais aussi celui de l’auteur – que l’on voit ainsi s’étendre sur quelques fractions de secondes. Touchantes parce que cette durée photographique témoi­ gne de la recherche sur “le motif” comme on disait chez les peintres : le choix du sujet dans le chaos, l’hésitation, l’ajus­ tement du cadrage… On est­là tout autant dans le noyau dur du photographique que dans l’intimité de la création et c’est fascinant. Jean-Marc Bodson

Marc Trivier, Yaak Valley, Montana, 2012. En bas, Juin (lupins), RunmarÖ, 2007.

Fabrication Les tirages de Marc Trivier ont toujours eu un aspect

MARC TRIVIER / COURTESY GALERIE ALBERT BARONIAN

L’ARTISTE

planches contact qui explorent le temps.

“brut de décoffrage”. Ses épreuves argentiques sont comme autant de témoignage d’un dur labeur en laboratoire. Le bord bavant le noir est celui du négatif; le papier est un baryté, autrement dit un vrai papier de cellulose qui vit sa vie. Pour la série des contacts, l’impression a été réalisée en duo avec le fameux tireur Jean-Pierre Bauduin. Celui-ci insiste sur le fait qu’ils ont travaillé ensemble en chambre noire. Pourquoi chez lui ? Simplement parce qu’il est un des rares en Belgique (et au train ou ça va, même dans le monde) à encore avoir un agrandisseur qui accepte des négatifs 20x25 cm. Autrement dit, les planches ne sont pas à proprement parler des “contacts” puisqu’elles sont réalisées par une projection. Ceci dit, on imagine la folie de l’entreprise pour maîtriser chacune des petites images imprimées toutes en même temps sur le même papier. On est là dans une tout autre galaxie que celle du Photoshop et du jet d’encre. C’est à l’ancienne, en cohérence avec une conception du médium photographique à l’ère de la graphosphère plutôt qu’avec une virtuosité du visuel à l’ère de la vidéosphère. De l’excellence et du rarissime façon joaillerie. (J-M Bo)

Infos pratiques “Photographies”, Marc Trivier. Bruxelles, Galerie Baronian, rue Isidore Verheyden, 2. Jusqu’au 22 février, du mardi au samedi, de 12h à 18h. Rens. : www.albertbaronian.com

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SEMAINE DU 24 AU 30 JANVIER 2014 ARTS LIBRE

Au féminin

Galeries BRUXELLES Albert Dumont Par feuillages divers. Oeuvres de Jacques Calonne et Jacques Vilet. ‣ Jusqu’au 16·02. Du J. au D. de 13h30 à 19h ou sur rdv. URue Léon Lepage 43 - 1000 Bruxelles 02 512 49 43 - www.galeriedumont.be

Albert Ier Claudine Nemirovsky. Peintures. ‣ Jusqu’au 05·02. Du Ma. au S. de 13 à 19h et le D. de 11 à 13h. URue de la Madeleine 45 - 1000 Bruxelles - 02 512 19 44 - www.artsite.be/albert1

Alice Futur Simple. Oeuvres de Sophie d’Ansembourg, Gauthier Leroy, Yu Matsuoka, Mathias Pol et Paul Wackers. ‣ Jusqu’au 14·03. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue du Pays de Liège 4 - 1000 Bruxelles - 02 513 33 07 - www.alicebxl.com

UAvenue Louise 292 - 1000 Bruxelles 02 644 49 11 - www.c-l-e-a-r-i-n-g.com

Christine De Cuyper Art Gallery Dirk De Keyzer, Rietje Geurts, Patricia Broothaers et Jully Denis. Sculptures et peintures. ‣ Jusqu’au 30·01. Du Ma. au D. de 11 à 18h30. URue de la Madeleine 43 - 1000 Bruxelles - 02 503 21 12 ou 0479 93 94 74 www.christinedecuyperartgallery.be

Etablissement d’en face projects Michael. Oeuvres de David De Tscharner et Benoît Plateus. ‣ Jusqu’au 09·02. Du Me. au D. de 14 à 18h. URue Ravenstein 32 - 1000 Bruxelles 02 219 44 51 www.etablissementdenfaceprojects.org

Galerie Double One Portraits cachés. Photos d’Irving S. T. Garp. ‣ Jusqu’au 15·03. Du Ma. au S. de 14 à 18h. UGalerie du Roi 11 - 1000 Bruxelles 02 761 96 70 http://irvingstgarp.wix.com/pictures

Gladstone Gallery Yakkity-Yak. Oeuvres de Ricci Albenda. ‣ Jusqu’au 01·03. Du Ma. au S. de 10 à 18h. URue du Grand Cerf 12 - 1000 Bruxelles 02 513 35 31 - www.gladstonegallery.com

Group 2 Gallery A la recherche du beau. Oeuvres de Pierre Alechinsky, Gaston Bertrand, Zéphir Busine, Berthe Dubail, Mig Quinet, Louis Van Lint, Heerbrant, Marc Mendelson... ‣ Du 31·01 au 08·03. Du Me. au S. de 14 à 18h. URue Blanche 8 - 1000 Bruxelles 02 539 23 09 http://artalog.net/gallery/gallery.php?id=286

Jan Mot David Horvitz. ‣ Jusqu’au 08·02. Du J. au S. de 14 à 18h30 ou sur rdv. URue A. Dansaert 190 - 1000 Bruxelles 02 514 10 10 - www.janmot.com

Keitelman Gallery Love and Other Reasons. Oeuvres de Joel-Peter Witkin, photographe et dessinateur américain. ‣ Jusqu’au

MARTINE CANNEEL

c-l-e-a-r-i-n-g Derrière, après les chutes. Oeuvres

récentes de Neil Beloufa et Dorian Gaudin. ‣ Jusqu’au 01·03. Du Me. au S. de 11 à 18h.

29·03. Du Ma. au S. de 12 à 18h ou sur rdv. URue van Eyck 44 - 1000 Bruxelles 02 511 35 80 - www.keitelmangallery.com

Laurentin Gallery Winter Selection. Exposition collective regroupant une cinquantaine d’artistes, allant des années 1890 à nos jours. ‣ Jusqu’au 27·03. Du Ma. au S. de 10h30 à 18h30. URue Ernest Allard 43 - 1000 Bruxelles 02 540 87 11 - www.galerie-laurentin.com

Meessen De Clercq Saint Jerome. Exposition collective s’intéressant à la figure centrale de Saint Jérôme, et mettant en conversation des oeuvres d’art ancien et des oeuvres d’artistes contemporains. ‣ Jusqu’au 22·03. Du Ma. au S. de 11 à 18h. URue de l’Abbaye 2 - 1000 Bruxelles 02 644 34 54 - www.meessendeclercq.com

Morbee Galerie Body in Space. Sculptures et dessins de Didier Leemans. ‣ Jusqu’au 01·03. Les V. et S. de 14h15 à 19h. UAvenue de Stalingrad 26 - 1000 Bruxelles - 02 502 32 67 ou 0475 37 43 73 www.morbeegalerie.com

MOTinternational Neither a Teapot Nor a Painting. Oeuvres d’Amikam Toren. ‣ Jusqu’au 22·02. Du Ma. au S. de 10 à 18h ou sur rdv. UPlace du Petit Sablon 10 - 1000 Bruxelles - 02 511 16 52 - www.motinternational.com

Office Baroque Gallery Banana Tourist. Dessins, peintures et oeuvres sculpturales de Kyle Thurman. ‣ Jusqu’au 08·02. Du Me. au S. de 11 à 18h ou sur rdv. UPlace du Jardin aux Fleurs 5 1000 Bruxelles - 0484 59 92 28 www.officebaroque.com

Pierre Hallet Proposition n°3. Oeuvres de Gaston Bertrand, James Brown, Jo Delahaut, Bernard Gaube, Mireille Liénard, Georges Meurant... ‣ Jusqu’au 02·02. Du Ma. au V. (fermé le Me.) de 14h30 à 18h30, le S. de 11h30 à 18h30 et le D. de 11h30 à 13h30. URue E. Allard 33 - 1000 Bruxelles 02 512 25 23 - www.galeriepierrehallet.com

Roberto Polo Gallery The Aftermath. Peintures de Marc Maet. ‣ Jusqu’au 23·03. Du Ma. au V. de 14 à 18h, les S. et D. de 11 à 18h ou sur rdv. URue Lebeau 8-10 - 1000 Bruxelles 02 502 56 50 - www.robertopologallery.com

Schiller Art Gallery Johan Baudart. Peintures, collages et sculptures. ‣ Jusqu’au 31·01. La Période Zen. Peintures de René Guiette. ‣ Jusqu’au 16·03. Du J. au D. de 12 à 18h ou sur rdv. URue van Moer 12 - 1000 Bruxelles 0496 23 88 54 www.facebook.com/schiller.art.gallery

Sorry We’re Closed Gray Area. Oeuvres d’Amy Feldman.

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SEMAINE DU 24 AU 30 JANVIER 2014 ARTS LIBRE

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Un duo bien contrasté Elle expose peu en Belgique, elle vit et travaille entre Bruxelles et Brisbane (Australie) et ses sculptures sont d’une foncière originalité tenant de l’objet précieux, énigmatique, sans âge particulier, singulier par la forme et les couleurs. Dans la maison­galerie où elles sont disposées, elles se remarquent d’emblée et se distinguent par leur pouvoir d’attraction. Chaque sculpture est construite et façonnée à la main par Martine Canneel (Bruxelles, 1936). Ces objets la plupart dressés, phalliques, parfois posés horizontalement comme quelque chose de sacré, parfois en forme de fruit improbable, défient le temps par leur totale indépendance vis­à­vis des expressions artistiques diverses. Ils sont contemporains, modernes tout autant qu’ils pourraient relever d’une tradition ancestrale inconnue. Et découvrir leur origine n’enlèvera rien, au contraire, à cette aura qui les rend si personnels. Composés d’une multitude d’éléments trouvés, récupérés, choisis et agglomérés : bouts de bois, fruits, écorces, moulures, papiers…, parsemés ça et là de paillettes brillantes comme des lumières dans l’univers, colorés avec autant de ferveur que de douceur, ils sont l’unité dans la diversité, la cohésion dans les différences, l’harmonie dans la multiplicité et une sorte de rendez­vous secret, toujours un peu mystérieux, du yin et du yang. De Nancy Seulen (Bruxelles, 1967), aux grandes peintures qui flirtent avec l’abstraction dans un lourd brouillard multicolore où se perdent les repères, on préférera les petits dessins au crayon, plus libres, plus enlevés, plus légers, qui respirent l’air du temps et à partir desquels l’imaginaire du visiteur peut s’évader. (C.L.)

U Martine Canneel : sculptures. Nancy Seulen : dessins et peintures. “De l’une à l’autre”. Espace B, Haute Rue, 33A, 1437 Glabais. Jusqu’au 2 février. Samedi et dimanches de 14h à 18h et srv. www.espaceb.be

‣ Jusqu’au 16·03. Uniquement sur rdv.

URue de la Régence 65 - 1000 Bruxelles 0478 35 42 13 - www.sorrywereclosed.com

Synthèse Salon d’hiver. Exposition collective d’oeuvres sur toile et sur papier. ‣ Du 25·01 au 01·03. Du J. au S. de 14h30 à 18h30. URue E. Allard 24 - 1000 Bruxelles 02 514 40 55 - www.galeriesynthese.be

Young Gallery Across the Ravaged Land. Par le biais de son objectif, Nick Brandt nous confronte à une réalité dérangeante où les anciens rois sont devenus des martyres, des portraits d’animaux aux allures d’icônes d’une Afrique autrefois préservée. ‣ Jusqu’au 08·02. Du Ma. au S. de 11 à 18h30. UAvenue Louise 75b (Hôtel Conrad) 1050 Bruxelles - 02 374 07 04 www.younggalleryphoto.com

Quadri Des usines et des palais. Gouaches et peintures de Luc Van Malderen. ‣ Jusqu’au 01·02. Les V. et S. de 14 à 18h ou sur rdv. UAvenue Reine Marie-Henriette 105 1190 Bruxelles - 02 640 95 63 www.galeriequadri.be

Albert Baronian Full Color Bachelor. Oeuvres d’Erik Frydenborg. ‣ Jusqu’au 22·02. Du Ma. au S. de 12 à 18h. Marc Trivier. Photos. ‣ Jusqu’au 22·02.

URue Isidore Verheyden 2 - 1050 Bruxelles - 02 512 92 95 - www.baronianfrancey.com

Box Galerie Afrique africaine. Objets d’art africain et photos de Marina Cox, Isabel Muñoz, Bernard Plossu, Bernard Descamps, George Rodger... ‣ Jusqu’au 01·02. Du Me. au S. de 14 à 18h. URue du Mail 88 - 1050 Bruxelles 02 537 95 55 - www.boxgalerie.be

Delire Gallery Pierre Lefebvre. ‣ Du 31·01 au 01·03. Du J. au S. de 13 à 18h ou sur rdv. URue de Praetere 47D - 1050 Bruxelles 0487 12 52 50 - http://deliregallery.com

Didier Devillez Un Canadien à Tokyo. Photographies de Tim Porter. ‣ Jusqu’au 08·02. Du J. au S. de 14 à 18h30 ou sur rdv. URue E. Van Driessche 53 - 1050 Bruxelles - 02 215 82 05 - www.galeriedidierdevillez.be

duboisfriedland Epines d’Eden. Vingt-sept artistes approfondissent le thème du Jardin d’Eden et de sa face noire par le biais de photos, vidéos, peintures, installations... ‣ Jusqu’au 01·03. Les V. et S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue Souveraine 97 - 1050 Bruxelles 0470 54 98 98 - www.duboisfriedland.com

Elaine Levy Project Misfits. Oeuvres de Philippe Van Wolputte. ‣ Jusqu’au 15·02. URue Fourmois 9 - 1050 Bruxelles 02 534 77 72 - www.elainelevyproject.com

Esther Verhaeghe Art Concepts Outside-Inside. Oeuvres de Géraldine Vink, Richard Moszkowicz, Pascal Duquenne, Paloma gonzalez... En collaboration avec le Créahm-Bruxelles. ‣ Du 31·01 au 22·02. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue Mignot Delstanche 51 - 1050 Bruxelles - 0476 28 37 35 - www.estherverhaeghe.com

Fred Lanzenberg Nathalie Grenier. Peintures. ‣ Jusqu’au 28·02. Du Ma. au V. de 14 à 19h, le S. de 10 à 19h. UAvenue des Klauwaerts 9 - 1050 Bruxelles - 02 647 30 15 ou 0475 73 40 15 www.galeriefredlanzenberg.com

Galerie Lazarew Exposition collective. Oeuvres récentes, pour la plupart inédites, de Fulcrand, Sergio Moscona, Olivier Catté, Yuriko Takagi, Samuel et Rafiy. ‣ Jusqu’au 22·02. Du Ma. au S. de 14 à 19h. UAvenue Louis Lepoutre 112 1050 Bruxelles - 02 345 30 83 - www.galerie-lazarew.fr

Jozsa Gallery On the Steps of... Oeuvres d’Anna Byskov. ‣ Jusqu’au 21·03. Du J. au S. de 12 à 18h ou sur rdv. URue Saint-Georges 24 - 1050 Bruxelles 0478 48 77 09 - www.jozsagallery.com

Le Caméléon Coquet ANNe Herbauts. Planches originales de son dernier album paru chez Casterman, ainsi que quelques surprises. ‣ Jusqu’au 14·02. Du Me. au V. de 13 à 18h ou sur rdv. UAvenue A. Buyl 12 - 1050 Bruxelles 0478 93 42 79 - www.lecameleoncoquet.be

Nadine Feront Metacognitive Artefacts. Oeuvres de Christina Mitrentse et Emmanuel Dundic. ‣ Jusqu’au 01·02. Du J. au S. de 14 à 18h30. URue Saint-Georges 32 - 1050 Bruxelles 02 640 34 44 - www.nadineferont.com

Nathalie Obadia Eugène Leroy. Peintures et fusains. ‣ Jusqu’au 08·03. Du Ma. au V. de 10 à 18h, le S. de 12 à 18h. URue Charles Decoster 8 - 1050 Bruxelles - 02 648 14 05 - www.galerie-obadia.com

Puls Contemporary Ceramics Claudi Casanovas & Mette Maya Gregersen. ‣ Jusqu’au 15·02. Du Me. au S. de 13 à 18h. URue du Page 19 - 1050 Bruxelles 02 640 26 55 - www.pulsceramics.com

Rainhart Gallery Dialogos entre Cuba - Brasil. Dessins de six artistes latino-américains contemporains: Kilian Glasner, Bruno Vilela, Marcio Almeida, Douglas Argüelles Cruz, René Francisco et Yoan Capote. ‣ Jusqu’au 31·01. Du Ma. au S. de 11 à 18h. URue Washington 90 - 1050 Bruxelles 02 649 24 69 - www.rainhart.net

Rodolphe Janssen Ember Harbor. Oeuvres de Davide Balula. ‣ Jusqu’au 16·03. Du Ma. au V. de 10 à 18h, le S. de 14 à 18h. Oops. Oeuvres de Dylan Lynch. ‣ Jusqu’au 14·02. URue de Livourne 35 - 1050 Bruxelles 02 538 08 18 www.galerierodolphejanssen.com

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SEMAINE DU 24 AU 30 JANVIER 2014 ARTS LIBRE

Industriel

Publicité mensongère. Photomontages surréalistes de Robert Askenasi. ‣ Jusqu’au 23·02. URue Gratès 7 - 1170 Bruxelles 02 662 16 99 - www.lavenerie.be

BRABANT WALLON BRAINE-L’ALLEUD Galerie 360° Anne Dorselaer. ‣ Jusqu’au 15·02. Le Me. de 15 à 18h et le S. de 14 à 17h en présence de l’artiste.

COURTESY GALERIE QUADRI

UPlace Abbé Renard 1 - 1420 Braine-l’Alleud - 02 384 61 03 http://galerie360.braine-lalleud.be

Architectures de contrebande Luc Van Malderen fut, à La Cambre, un professeur de graphisme apprécié. Sourire, jovialité et galanterie sont des caractéristiques humaines qui le gouvernent et l’éclairent de l’aura des bonheurs sacrés. Rigueur, doigté et précision, des qualités professionnelles qui l’honorent, font mouche dans ses entreprises. Curiosité, créativité et humour, des compétences qui lui auront permis d’agir en franc­tireur inspiré parmi les artistes belges de sa génération. Van Malderen n’est pas un architecte, mais les architectures l’inspirent. Il n’est pas un peintre, mais le jeu avec le pinceau et les couleurs tranchées lui sied. Son ardeur à en tâter n’a rien d’anecdotique.

GLABAIS Espace B De l’une à l’autre. Dessins et peintures de Nancy Seulen, et sculptures de Martine Canneel. ‣ Jusqu’au 02·02. Les S. et D. de 14 à 18h ou sur rdv. UHaute Rue 33 - 1473 Glabais 067 79 08 11 - www.espaceb.be

LOUVAIN-LA-NEUVE

Cela fait un moment que l’un et l’autre l’ont donc encouragé à se construire une écriture ventilée autour de ce que l’architecture est au paysage urbain, un domaine réservé ne souffrant point approximations ou facilités. Point de faillites spatiales en ses constructions volatiles. Homme épris d’histoire autant que de modernité, Van Malderen s’est fait un domaine réservé de la complicité avec les architectures d’antan qu’il revisite et reconfigure d’une patte actuelle. L’exact propos de son exposition. Un “Coucher de soleil sur l’Acropole d’Athènes” y jouxte une vue d’Hiéropolis ou des vestiges industriels. Un regret : le trop­ plein d’un accrochage surabondant,

chaque toile y tuant un peu sa voisine. 20 peintures (1m x 1,20m) à l’acrylique des années 80 développent autant d’architectures ludiques, modules cernés de gros traits, du rouge et du noir, du gris et, parfois, du jaune, sur fonds blancs. Surprise du chef : une “Jeannette”, tirée en sérigraphie, que ce poète des angles et des arrondis, des formes et des femmes, avait, en 2004, signée au Bois du Cazier pour évoquer, allusion cocasse, la cage qui remontait les mineurs à l’air ! (R.P.T.)

U Galerie Quadri, 105, avenue Reine Marie Henriette, 1190 Bruxelles. Jusqu’au 1er février, les vendredis et samedis, de 14 à 18h. Infos : 02.640.95.63 et www.galeriequadri.be

Galerie des Halles Connexions. Oeuvres de Pierre Debatty. ‣ Jusqu’au 25·01. Du L. au S. de 11 à 18h. UPlace de l’Université - 1348 Louvain-laNeuve

HAINAUT COUILLET Jacques Cerami Ceci n’est pas un paysage. Photos d’Iris Hutegger. ‣ Du 25·01 au 01·03. Du Me. au V. de 14 à 19h, le S. de 11 à 18h. URoute de Philippeville 346 6010 Couillet 071 36 00 65 ou 0477 78 44 34 www.galeriecerami.be

LIÈGE 100 Titres FlipchArt. Peintures de Benoit Piret. ‣ Jusqu’au 02·03. Du J. au D. de 14 à 18h. URue A. Cluysenaar 2 - 1060 Bruxelles 02 534 03 43 - www.100titres.be

Aeroplastics Contemporary HeHe : Anthroposphere. ‣ Jusqu’au 15·03. Du Ma. au V. de 11 à 18h, le S. de 14 à 18h. URue Blanche 32 - 1060 Bruxelles 02 537 22 02 - www.aeroplastics.net

Faider In Situ. Transformations sculpturales de Rainer Gross. ‣ Jusqu’au 22·02. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue Faider 12 - 1060 Bruxelles 02 538 71 18 - www.galeriefaider.be

Galerie Arielle d’Hauterives Découvertes hivernales. Peintures et oeuvres plastiques de Sibylle Baltzer, Yuko Nakaya et Raphaèle BernardBacot. ‣ Jusqu’au 24·01. Du J. au S. de 14 à 19h. URue Tasson Snel 37 - 1060 Bruxelles 0477 70 02 32 - www.arielledhauterives.be

Le Salon d’Art Dynamiques des danses. Oeuvres récentes de Gundi Falk. ‣ Jusqu’au 15·03. Du Ma. au V. de 14 à 18h30, le S. de 9h30 à 12h et de 14 à 18h. URue de l’Hôtel des Monnaies 81 1060 Bruxelles - 02 537 66 40 www.lesalondart.be

Pascal Polar Quel avenir pour notre art ?. Les

peintures de Chéri Samba, sur une période allant de 1989 à 2009, révèlent sa perception de la réalité sociale, politique, économique et culturelle du Zaïre, exposant toutes les facettes de la vie quotidienne à Kinshasa. ‣ Jusqu’au 01·02. Du Ma. au S. de 14 à 19h ou sur rdv. UChaussée de Charleroi 108 1060 Bruxelles 02 537 81 360 ou 0477 25 26 92 www.pascalpolar.be

Valérie Bach Velvet Skin. Oeuvres de Gudrun Kampl. ‣ Jusqu’au 22·02. Du J. au S. de 11 à 13h et de 14 à 19h. URue Faider 6 - 1060 Bruxelles 02 502 78 24 - www.galerievaleriebach.com

Arts Libre. Supplément hebdomadaire à La Libre Belgique. Coordination rédactionnelle: Gilles Milecan et Camille de Marcilly. Réalisation: IPM Press Print. Administrateur délégué - éditeur responsable: François le Hodey. Rédacteur en chef: Francis Van de Woestyne. Rédacteurs en chef adjoints: Xavier Ducarme, Pierre-François Lovens et Gilles Milecan. Conception graphique: Bruno Bausier, Jean-Pierre Lambert. Publicité: Martine Levau (0032.2.211.29.12 – martine.levau@ipmadvertising.be).

Rossicontemporary Daniel Coves. Peintures récentes. ‣ Jusqu’au 25·01. Les J. et V. de 13 à 17h et le S. de 14 à 18h ou sur rdv. Du bout des doigts. Oeuvres d’Eleonore Gaillet. ‣ Jusqu’au 25·01. Lights Out. Encres sur papier de Jonathan Rosic. ‣ Jusqu’au 25·01. Panorama. Exposition collective avec les oeuvres d’Eric Croes, Alain Geronnez, Thomas Mazzarella, Jean-Louis Micha, Emmanuel Tête, Sarah Van Marcke... ‣ Du 30·01 au 29·03. URivoli Building - Chaussée de Waterloo 690 - 1180 Bruxelles - 0486 31 00 92 www.rossicontemporary.be

DS Galerie Bad Trip. Peintures de David Pirotte. ‣ Jusqu’au 23·02. Du V. au D. de 11 à 19h ou sur rdv. URue de l’Hospice communal 67 1170 Bruxelles - 02 675 83 80 www.louisedsgalerie.com

Galerie Verhaeren Bruxelles 14-18. Photos de Vincent Vandendriessche, inventaire visuel des monuments bruxellois consacrés à la Guerre 14-18. ‣ Jusqu’au 23·02. Du Me. au S. de 14 à 18h, le D. de 10 à 13h.

LIÈGE Nadja Vilenne Exposition collective. Oeuvres de Jacques Lizène, Jacques Halbert, Capitaine Lonchamps et Emilio Lopez Menchero. ‣ Jusqu’au 03·03. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue du Commandant Marchand 5 4000 Liège - 04 227 19 91 www.nadjavilenne.com

STAVELOT Triangle bleu Krystal Fontaine. Installation, dessins et peintures de Sylvie Macías Díaz. ‣ Jusqu’au 09·03. Du J. au D. de 14 à 18h30 ou sur rdv. UCour de l’Abbaye 5 - 4970 Stavelot 080 86 42 94 - www.trianglebleu.be

NAMUR JAMBES Détour Dominique Collignon. Peintures. ‣ Jusqu’au 15·02. Du Ma. au V. de 12h30 à 17h30, le S. de 14 à 18h. UAvenue Jean Materne 166 - 5100 Jambes - 081 24 64 43 - www.galeriedetour.be

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Les galeries

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A l’étranger

La parution de la semaine

COURTESY DANIEL TEMPLON

GAL. NATHALIE OBADIA

L’ouvrage est essentiellement recueil de photographies d’œuvres, de performances, d’installations, d’interventions in situ, et en cela donne un aperçu visuel, en noir et blanc principalement, très conforme à l’attitude et la démarche de l’artiste qui mêle intimement ses performances musicales, ses concerts et ses réalisations plasticiennes. On y retrouve bien entendu, et en couleur cette fois, les photos de son exposition récente en la galerie Obadia à Bruxelles qui fut suivie par une intervention au CC Strombeeck en attendant celle du Palais de Tokyo à Paris, en février, et son solo show en avril à Art Brussels. Belle actualité marquée en sus par la publication de cet ouvrage qui constitue en soi une rétrospective par l’image. Dans son texte (trilingue) le commentateur de l’expo “Getting confortable slowly”, Tanguy Eeckout, évoque le rapport du travail de l’artiste aux natures mortes et aux vanités, il parle de “stratégie identiques” en citant : “le rassemblement d’objets d’origines diverses en une seule situation, […] la répétition de certains motifs, le jeu d’équilibre et le défi aux lois de la pesanteur”. Il note aussi fort à propos : “L’œuvre est en constant développement […] mais elle parvient à un repos momentané”, mais conclut : “tout recommencera, et tout sera différent”. Pour circonscrire l’œuvre, notamment par rapport à la musique : “Au­delà de son emprunt (formel) au ready­made de Duchamp et de Rauschenberg, la psychologie de l’œuvre de Joris Van de Moortel ressemble à celle du rock” et aussi : l’artiste “endosse le costume de la rock­star ready­made”. Son œuvre étant en effet une contraction entre ses expériences et prestations musicales, et un cheminement plasticien pop un peu sauvage rassembleur de sensations fortes dans l’espoir sans doute de les préserver. (C.L.)

COURTESY GAL. MAGDA DANYSZ

Joris Van de Moortel

COURTESY GAL. N OBADIA

France Sarkis – Sculptures et dessins Paris – Galerie Nathalie Obadia “Au commencement le blanc” rassemble une large sélection d’œuvres inédites et de pièces antérieures de l’artiste, autour de la couleur blanche. Avec justesse l’artiste investit la galerie à la manière d’un compositeur de musique. C’est le hurle­ ment aphone de la réinterprétation du “Cri” de Munch qui accueille et donne le ton. U Jusqu’au 1er mars. Galerie Nathalie Obadia, 18, rue du Bourg­ Tibourg, 75004 Paris. www.galerie­obadia.com

Gérard Garouste – Peinture et sculpture Paris – Daniel Templon L’artiste français revient à la Galerie avec ses “Contes ineffa­ bles”, en sculptures, peintures et gouaches dans une exposi­ tion qui met en scène l’univers des mythes et des contes, pri­ vilégié par l’artiste pour évoquer des questions universelles telles que le rapport au temps, aux autres et à la connais­ sance. U Jusqu’au 26 février. Galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg, 75003 Paris. www.danieltemplon.com

Trio – Dessin et peinture Paris – Galerie Magda Danysz A l’acrylique sur toile, à l’encre noire sur papier de soie ma­ rouflé ou en inversant ce rapport du noir sur blanc par un travail à la craie sur fond noir, l’expo “Black and White” per­ met à YZ, JonOne et Nicolas Buffe (illu), ainsi qu’à Babou, Tanc et Benjamin Laading à travers une performance, de créer des variations lumineuses. U Jusqu’au 8 février. Galerie Magda Danysz, 78 rue Amelot, 75011 Paris. www.magda­galley.com

U Fieldrecordings of my own environment”, Joris Van de Moortel. Oeuvres, performances, de 2008 à 2013, texte de Tanguy Eeckout, ill. coul. et n/bl, éd. galerie Nathalie Obadia Paris­ Bruxelles.

ANVERS ANVERS Fifty One Fine Art Photography Hans-Christian Schink. ‣ Jusqu’au 25·01. Du Ma. au S. de 13 à 18h ou sur rdv. UZirkstraat 20 - 2000 Anvers 03 289 84 58 - www.gallery51.com

Fifty One Too All about Eve. Oeuvres d’Annie Kevans. ‣ Jusqu’au 01·03. Du Ma. au S. de 13 à 18h ou sur rdv. UHostraat 2 - 2000 Anvers - 03 233 88 14 www.gallery51.com

NK Gallery La Femme qui voyage. Oeuvres de Didier Mahieu. ‣ Du 31·01 au 08·03. Du J. au S. de 12 à 18h. UMuseumstraat 35 - 2000 Anvers 03 237 98 22 - www.nkgallery.be

Tim Van Laere Gallery Corn in your fruity basket. Peintures d’Armen Eloyan. ‣ Jusqu’au 25·01. Du Ma. au S. de 13 à 18h.

Contact Agenda culturel Tél. : 02.211.27.23 Email : agenda@lalibre.be

Nicolas Provost. ‣ Du 30·01 au 15·03. Peter Rogiers. Sculptures. ‣ Du 30·01 au 15·03. UVerlatstraat 23-25 - 2000 Anvers 03 257 14 17 - www.timvanlaeregallery.com

BORGERHOUT Zeno X Gallery Susan Hartnett. ‣ Jusqu’au 22·02. Du Me. au S. de 13 à 17h. Tropical Nights. Oeuvres de Johannes Kahrs. ‣ Jusqu’au 22·02. UGodtsstraat 15 - 2140 Borgerhout 03 216 16 26 - www.zeno-x.com

FLANDRE ORIENTALE GENT Fortlaan 17 I Told You So. The World is Flat. Oeuvres de Jan Verbruggen. ‣ Jusqu’au 31·01. Du Me. au V. de 14 à 18h, le S. de 12 à 18h ou sur rdv. UFortlaan 17 - 9000 Gent - 09 222 00 33 www.fortlaan17.com

MEIGEM D’Apostrof Wannes Lecompte - Benoît Félix Franziz Denyz. ‣ Du 26·01 au 23·02. Du V. au D. de 15 à 18h ou sur rdv. UPastoriestraat 59 - 9800 Meigem 0494 53 45 66 - www.dapostrof.be

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Adjugé!

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l Salle des ventes

Comme pour évoquer la première vi­ trine de l’ex­ position Car­ tier au Grand­ Palais à Paris, voici un des trois diadè­ mes, tiares ou aigrettes selon les formes et ampleurs qui ap­ parurent chez Sotheby’s à Londres le 12 dé­ cembre dernier. Il y avait près de 450 lots à prendre et plus de 80% de ceux­ci changèrent de mains. Ce fut le cas pour les trois orne­ ments frontaux évoqués dont celui­ci, ano­ nyme, créé vers 1900 et annoncé entre 14000 et 18000 livres sterling. Il en est venu 67300 £, frais inclus. Une autre pièce fit 18750 £ dans la fourchette des estimations et la dernière, une aigrette de Guillot, monta à 15000 £, là aussi dans la fourchette annoncée.

Chez Bukowski qui possède une salle à Stockholm et une autre à Helsinki, on trouve des choses de très belle facture et rares sur notre mar­ ché. C’est le cas des peintres nordiques qui outre les Danois, hyper bien co­ tés depuis plus de vingt ans, proposent des su­ jets intimes et plein de lumière, comme les peintres du Midi. Cette toile d’Albert Edelfelt (1854­1905), “Jeune femme au balcon”? fut très prisée le mois passé. On attendait 50000 à 80000€ de cette composition post­impres­ sionniste de 72 x 59 cm. Il en vint 171248€ avec les frais.

171248€

SOTHEBY’S

67 300 £

Krugier, e XX siècl

BUKOWSKI

Edelfelt

SOTHEBY’S

Diadème

h Jan Krugier (1928­2008) était un des meilleurs marchands suisses, comme Beyeler. Sa succession est difficile. TOUS CEUX QUI ONT FRÉQUENTÉ LES GRANDS SALONS internationaux où l’art mo­ derne est admis auront vu un jour cet homme petit et “chiquissime”, grand défenseur de Pi­ casso avec qui il avait eu des liens forts, de même qu’avec sa fille Marina. Krugier était très proche également d’Alberto Giacometti dont il avait exposé dix sculptures au moins, dans son stand de la Tefaf à Maestricht vers 2005 ou 2006. C’était une impressionnante réunion que seules des grandes pointures du négoce mon­ dial peuvent assumer. Depuis 2008, la presse s’est souvent faite l’écho des déboires de la gale­ rie Krugier qui était installée Grand­Rue à Ge­ nève et dans le plus beau quartier de New­York, depuis le décès de son auteur. C’est souvent le cas avec les antiquaires et les marchands d’art en général. Toute leur construction repose sur leurs épaules et quand le sablier s’est vidé, l’œuvre d’une vie est rapidement mise à mal à cause des tensions familiales, des charges fisca­ les et des appétits divers d’amis qui deviennent des rapaces. C’est pire encore quand il n’y a pas

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Le marché

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un certain esprit e

Van Gogh, Picasso, Matisse et Kandinsky risquent d’être les grandes vedettes de la nouvelle vente du galeriste suisse Jan Krugier, à Londres cette fois, le 5 février en soirée.Cette magnifique composition, très aboutie, de Pablo Picasso dite “Le Minotaure”, date du 9 mai 1936. Le lot est annoncé entre 1,8 et 2,5 millions de livres sterling. d’héritiers directs. L’exemple de la Fondation Beyeler qui a permis de protéger la collection privée de ce grand négociant, sise près de Bâle, est un exemple trop rare de préservation d’un patrimoine, mais aussi d’une âme. La Fondation Maeght en est un autre trop rare exemple. Quelques effets de Jan Krugier sont déjà pas­ sés en vente chez Christie’s à New­York au tout début de novembre 2013. La vente en soirée, à lui uniquement consacrée, a rapporté 92533000 $. Il y avait 44 lots et 85% de ceux­ci furent vendus. La vente était montée comme un dialogue entre l’art non européen et les artistes du Vieux­Continent. Quelques millions tombè­ rent encore le lendemain. Et voici que Sotheby’s qui n’avait sans doute pas assez baissé son pantalon pour obtenir les lots de New York, a obtenu plus de cent lots, 119 exactement, qui seront proposés à Londres au début du mois de février. Il s’agit de tableaux, de dessins et de sculptures (un Rodin exception­ nel), exécutés par des artistes toujours célèbres bien sûr, des XIXe et XXe siècles. L’ensemble de cette vente Krugier est annoncé entre 24 et 29 millions d’euros et on lui a donné un nom qui ressemble à l’intitulé des expositions des années cinquante : “De Goya à Picasso”. On y trouvera quelques lots d’exception, mais aussi des feuilles encore abordables, attendues autour des 200 000€. Dans la gamme accessi­ ble, il y aura ce dessin de deux études de dan­

seuses, tracé en 1873 par Degas (1834­1917), estimé entre 140 000 et 210000 €. Une “Vue de Tivoli” par Théodore Géricault (1791­1824), tracé à l’encre de Chine en 1817, est annoncée entre 290 000 et 400 000 €. Un “Cavalier arabe galopant” d’Eugène Delacroix (1798­1863), à l’aquarelle, est évalué entre 90 000 et 140 000 €. Les Goya sont eux aussi dans ces normes financières. Mais cette relative accessibilité disparaît très vite quand on regarde une composition de Ma­ net “Femme au Tub”, réalisée au pastel sur une toile. Là, le marteau devrait tomber entre 580 000 et 800 000 €. Un “Nu allongé” de Pi­ casso devrait se négocier entre 700 000 et 930 000 €. Un dessin de Picasso “La Femme qui pleure” (vers 1932), provenant de chez Marina Picasso, est évalué entre 1,4 et 2 millions d’euros. Le peintre catalan est encore présent avec une composition magistrale dite “au Minotaure”, à l’aquarelle et escomptée entre deux et trois mil­ lions d’euros. La pièce est signée et datée du 9 mai 1936. On vous en passe et quelques des meilleurs comme Kandinsky, Van Gogh (an­ noncé entre 7 et 9 millions d’euros), Rodin, une toile majeure de Matisse, sans oublier un très beau Magritte et du Delvaux. Ph. Fy. U Tout se voit sur le site “www.sothebys.com” et pourra être suivi en direct sur le même site.

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Le marché

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l Au marteau

Très belle soirée chez Horta h Les tableaux et les bijoux

© HORTA

ont très bien donné. Début d’année en fanfare.

Cette “Naïade” du peintre colombien Andres de Santa Maria a atteint presque 10 fois la valeur de son estimation.

QUELQUES TRÈS BELLES COTES SONT TOMBÉES chez Horta ce lundi soir devant une salle bien remplie. Parfois ce fut difficile, pour des lots peu attrayants comme des tableaux flamands de troisième zone, et les su­ jets religieux notamment, mais dès qu’il y eut un brin de rareté, les ama­ teurs se montrèrent prodigues. Ce fut le cas pour certains bijoux, surtout les brillants en solitaire dont deux fi­ rent des étincelles. Le deuxième auquel on pense passa de 35 000 € de lancement à 82 000 €, plus les frais, en faveur d’un amateur en salle face à deux téléphones. Ce fut le dou­ ble de l’estimation haute, d’autant qu’il y a 20 % de frais à y ajouter. Pour les tableaux, plusieurs enclen­ chèrent des batailles assez longues, comme pour cette toile d’une vue du lac Léman, peinte par Bocion, artiste suisse quasiment inconnu chez nous. Le lot était annoncé au catalogue en­ tre 2500 et 3500 €. Mais pour mettre les choses au clair et correspondre à

de nombreuses offres, le commissai­ re­priseur lança directement les en­ chères à 13 000 €. Dominique de Vil­ legas étant submergé de coups de té­ léphone annonça que les choses allaient durer un peu. Il y avait qua­ torze téléphones disponibles et vingt­un candidats. Il était nécessaire à ses assistants d’appeler, puis de clore, puis de rappeler les amateurs. Il fallut cinq bonnes minutes pour arri­ ver à 38000 € en faveur d’un ama­ teur en salle. La grande vedette de la soirée fut le peintre d’origine colombienne An­ dres de Santa Maria (1860­1945), qui fut le premier et d’emblée le meilleur post­impressionniste de son pays. Il vint à Paris, à Londres et à Bruxelles; son père était diplomate. Il mourut chez nous. Deux toiles figuraient au programme. Une jeune fille à la robe bleue annoncée à 10 000 € et Un “Naïade” (34 x 39 cm), escomptée à 4000 €. Le premier s’en alla à 15000 € quand le second fit bien mieux en­ core pour être adjugé à 30000 €. Et pour finir cela a flambé pour Kruse­ man, un peintre hollandais (1816­ 1882) dont un paysage aux patineurs entamé à 15 000 € fut adjugé à 60000 €, plus les frais toujours. Ph. Fy.

l Foire d’art contemporain

h Art Genève confirme sa convivialité, sa tenue internationale et sa bonne réputation. UNE FOIRE, DITES PLUTÔT SALON car le mot est choisi à bon escient, conviviale car elle compte une cinquantaine de galeries, non démesurée donc, de qualité internatio­ nale, européenne, “attirant un public intéressé et curieux, acheteur aussi”, comme le confirme le galeriste bruxellois Bodson, oui cela existe et s’ouvre pour la troisième fois à Genève où officient quelques excellentes galeries fidèles au rendez­vous, dont Gagosian, Bernard Ceysson, Xippas, et Blancpain qui expose régulièrement des artistes belges, Espace L, Patrick Gutknect et Mitterrand­Cramer, et où le Mamco local sera également présent. Ce sera une première pour Albert Baronian qui sera ac­ compagné de Robert Devriendt, de la suissesse Marie José Burki (Biel, 1961 – Vit à Bruxelles), de Xavier Mary, Lionel Estève, Gilbert&George, Fiona Mackay, Ry Rocklen et Tony Oursler. La galerie Bodson qui se montre enthou­ siaste de retourner à Genève où “elle a fait de bonnes affai­ res en 2013” y emmène Nathaniel Rackowe qui sera en solo à Bruxelles pour l’ouverture du nouveau lieu en fé­

vrier, ainsi que Benjamin Sabatier et Simon Schubert et ses pliages de papier. Sébastien Janssen (Sorry We’re closed) participe pour la première fois car “les galeries sont de bonne qualité” et cela lui permet “d’aller à la rencontre de ses nombreux collec­ tionneurs suisses”. Il y montrera son projet de bijoux du Suisse Ugo Rondinone, une édition d’une série de 7 mas­ ques différents en or 23 carats; fera un focus sur le néo­ géo des années 80 Peter Schuyff (NL) et exposera aussi des pièces de Joshua Abelow (USA), Stefan Rinck (D) et Jans­ son Stegner (USA). Deux galeries franco­belges, Paris­Bruxelles, seront du rendez­vous, Almine Rech et Nathalie Obadia qui consi­ dère que “Art Genève est une très bonne destination pour une foire : c’est à la fois utile comme date – fin janvier, et très agréable de retrouver nos collectionneurs suisses dès le début de l’année. La taille de cette foire est idéale pour une certaine convivialité avec à la fois les visiteurs, et les collègues qu’on est toujours heureux de revoir à ces occasions”. Elle sera pré­ sente avec – Valérie Belin, Rosson Crow, Ramin Haeriza­ deh, Fabrice Hyber, Thomas Lerooy, Youssef Nabil, Enoc Perez, Fiona Rae, Sarkis, Joana Vasconcelos et Barry X Bal. Claude Lorent U Art Genève. Salon d’art. Du 30.01 au 02.02. De 12h à 20h. Palexpo SA, rue François­Peyrot 30, 1218 Le Grand­ Saconnex/Genève.

Ugo Rondinone, “Sunday”, 2012, or 23 carats, édition de 6, 8 x 5,5 x 2,4 cm, une œuvre de la série des “Masques” présentée à Art Genève par le galeriste Sébastien Janssen (Sorry We’re closed) de Bruxelles.

DR

Art Genève attire des galeristes belges

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l Résultats

SOTHEBY’S

Ce triptyque parisien du début du XIVe siècle en ivoire s’est vendu à l’estimation basse, mais ce fut quand même 2,77 millions de livres sterling.

Docteur Rau, une générosité infinie h 2013 fut une grande année de dons à l’Unicef. La succession de Gustav Rau fut riche comme une manne d’or. NOUS AVONS ÉVOQUÉ NAGUÈRE en ces pages au mois de décembre, une vente organisée par Bonham’s dans laquelle se trouvaient des lots provenant de la succession du docteur Gustav Rau (Stuttgart, 1922­2002), citoyen allemand, mais aussi du monde et attaché particulière­ ment à l’Afrique centrale. Les lots alors vendus le furent à sa requête, en faveur de l’Unicef. Le professeur Robert Didier, médiéviste bruxellois très réputé et passionné de sculpture nous a en­ voyé un courrier passionnant qui complétera le petit portrait donné voici peu. “En Afrique, le docteur Rau n’était pas fixé au Congo Brazzaville mais au Zaïre­Rwanda. Il y avait même construit un hôpital et finançait les études d’infirmiers zaïrois et rwandais en Belgi­ que. Avec les troubles politiques et militaires de la région, l’hôpital a été malheureusement détruit et le docteur Rau avec qui je correspondais régulière­ ment, s’est retiré d’Afrique”, nous disait le profes­ seur Robert Didier. Le docteur qui était un héritier d’une grosse industrie automobile et qui était donc un col­ lectionneur clairvoyant avant de devenir un mécène extraordinaire, avait conçu un mon­ tage de fondations pour s’assurer de la péren­ nité de ses objets d’art. Une ville du Midi de la France, Marseille, devait accueillir un musée construit par lui, accompagné d’une salle de concerts. Mais le projet ne fut pas finalisé. La vente d’il y a un mois n’était pas la pre­ mière. A plusieurs reprises ces derniers mois, chez Sotheby’s à Londres et chez Lempertz à Cologne, des lots isolés passèrent sous le feu des enchères. Cela donne une petite liste édifiante, par la qualité des lots collectionnés depuis plus de quarante ans et par les enchères obtenues. Du courrier du professeur Robert Didier, nous vous donnons ici quelques exemples parlants

de la grandeur de ce personnage qui fit à cha­ que fois don de ses objets à l’Unicef. Le 2 juillet dernier, plusieurs sculptures médiévales qui font les délices du professeur Didier, passèrent en vente chez Sotheby’s à Londres. On y trou­ vait une petite Vierge mosane du XIIIe siècle, cé­ dée contre 176 500 £. Un petit triptyque en ivoire issu d’un atelier parisien du XIVe siècle mais présenté comme du “Maître du Triptyque d’Amiens”, fila à 2 770 500 £. Puis un petit médaillon, lui aussi en ivoire, mais plus récent, figurait un maire de la cité de Londres. Le lot a été vendu à 314 500 £. Il s’agis­ sait d’une œuvre presque en ronde­bosse, haute de 21 cm, due à David Le Marchand (1674­1726), sans doute un protestant français qui fuit son pays suite à la révocation de l’Edit de Nantes. Le modèle était sans doute Lord Houblon (1632­1712), gouverneur de la Ban­ que d’Angleterre, avant d’être maire de Lon­ dres. Le lendemain, 3 juillet passa un saint Domini­ que à genoux en prière devant le Christ en croix, peint sur toile (75 x 58 cm), par le Greco; il était estimé entre trois et cinq millions de li­ vres sterling. Le lot a été vendu au profit de l’Unicef­Allemagne pour la somme de 9 154 500 livres sterling. Lors de la même dis­ persion, une suite de six toiles à fond d’or, en grisaille, de Gian­Domenico Tiepolo a été adju­ gée à 3 218 500 livres sterling, soit l’estimation basse ou presque. Chaque toile mesurait 270 x 185 cm. Après les vacances, les gestionnaires de la suc­ cession Rau déposèrent encore des pièces le 24 septembre dernier chez Sotheby’s puis le 16 novembre ce fut chez Lempertz à Cologne où deux peintures anciennes firent 122 000€ et 189 100 €, sans oublier une Vierge du XIVe siècle en ivoire, adjugée à 219 600€. Sur cette seule année 2013, il dut y avoir pour vingt millions de livres sterling d’objets vendus au profit des enfants déshérités en terres africai­ nes. Superbe, non, pour un Rau qui dans nos contrées n’est qu’un ruisseau ? Là, ce fut un fleuve de générosité. Ph. Fy.

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