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Foire

Le marché

Jean-Pierre Marquet expose pour la première fois en galerie. PP.2-3

Huit galeries bruxelloises et anversoises sont présentes à Miami Art Basel. P.15

3e vente de livres rares réussie pour Dominique de Villepin. PP.10-11

PBA

Expo en vue

KINGA ET ANATOLY STOLNIKOFF, « COMME SI… », MAIN DE MOTS, INOX DÉCOUPE LASER, 40 CM, MUSÉE D’ART ANCIEN, NAMUR.

Supplément à La Libre Belgique - N°211 - Semaine du 6 au 12 décembre 2013

MESSAGE

POÉTIQUE PP.4-5

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


L'actu Commentaire

Une question de zéros

Par Claude Lorent On l’a tambouriné par monts et par vaux de récentes enchères ont à nou­ veau crevé tous les plafonds et il sem­ ble bien que ce ne soit qu’une étape, la surenchère allant galopant. Ainsi, le triptyque que Francis Bacon a réalisé de son ami et confrère Lucian Freud est devenu l’œuvre d’art au prix le plus élevé du second marché en atteignant 142,4 millions de dollars. Dans la foulée, une œuvre d’Andy Warhol, “Death and Disaster” montait à 105 millions de dollars. Et la valse à six zéro s’est poursuivie allégrement, toujours à New York qui reste la capi­ tale mondiale des enchères artistiques, avec des œuvres de Giacometti, Picasso et autres. C’est la loi de l’offre et de la demande, et tant que l’argent coulera à flots on ne voit pas pourquoi cela s’arrêterait en si bon chemin, les place­ ments semblent sûrs et la rentabilité assurée. Tout est donc bien dans le meilleur des mondes entre celui de la finance et celui du marché de l’art. Dommage seulement que ce ne soit réservé qu’à un petit cercle et que les artistes, tous décédés, n’en profitent pas. Du côté de la Belgique, les meilleures œuvres de Magritte se négocient aussi à des hauteurs variables de six zéros précédés d’un ou deux chiffres et parmi les artistes vivants ceux qui cartonnent, rejoignent ou flirtent avec cette zone de prix sont les Tuymans, Francis Alÿs, Alechinsky. Aussi rares sont ceux qui alignent cinq zéros, sommes restant considérables et réser­ vées aux mieux nantis. Une récente vente aux enchères, à Bruxelles, chez Cornette de Saint Cyr, vient d’attirer l’attention sur des ven­ tes d’artistes réputés mais beaucoup moins célèbres dont la côte néanmoins ne cesse de progresser dans des mesu­ res raisonnables et satisfaisantes qui sont surtout la marque d’une recon­ naissance, tardive certes, mais néan­ moins valorisante pour les artistes (généralement décédés) et ceux qui ont acquis des œuvres du vivant des artis­ tes. Ainsi, un meuble de Jules Wabbes (1919­1974) a dépassé les 100000 euros, un Ado Chale (1928) est parti à 77500 euros, un Raoul De Keyser (1930­2012) a percé le plafond de l’estimation haute avec ses 33750 euros, un petit émail (40 x 20) de 1967 d’Evelyne Axell (1935­1972) a grimpé à 27500 euros et une huile de Jo Dela­ haut (1911­1992) (en expo actuelle­ ment au Bota) a été acquise à 31250 euros. Des valeurs qui restent accessi­ bles pour des œuvres de qualité ! Qua­ tre zéros, ce n’est pas si mal.

SEMAINE DU 6 AU 12 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

l Expo en vue

Les autofictions de Marquet h Jean­Pierre Marquet expose pour la première fois en galerie. Pour ce Français de Nantes, c’est aussi une première belge. Surprenant ! VU DE LOIN, CELA POURRAIT RESSEMBLER à de la bande dessinée rapportée sur des cimaises. A du des­ sin et collages que revisiteraient ou compléteraient textes, exclamations, titres à l’emporte­pièce. A de l’art graphique apostrophé par des déclinaisons pic­ turales. Et pourtant, en somme comme en détail, ce n’est ni ceci, ni cela, l’une comme l’autre de ces mises en bouche péchant automatiquement par leur su­ bordination à des paramètres esthétiques dont Jean­ Pierre Marquet n’a que faire, même s’il est un érudit en matière d’arts plastiques et, qui plus est, un ins­ pecteur en arts plastiques des collèges et lycées de sa région. Sa partition, multipliée par des dizaines et, mieux, des douzaines de séries de planches décli­ nées, chacune, par douze, est une sorte d’art en soi. Une expression très personnelle et qui, même vue de loin, aguiche aussitôt le regard, le surprend, l’en­ gage à s’approcher, à détailler, à ne surtout pas se sa­ tisfaire du seul premier coup d’œil. Voici une œuvre qui se mérite et, donc, s’explore, forme et fond se ju­ melant avec bonheur pour nous engager dans une mise en perspective qui, en bout de course, mais en bout de course seulement, aura délivré des secrets. Des secrets qui mettent autant en joue votre plaisir

de lire que celui de voir, de savoir autant que de vous dérider. Chez Marquet, il y a un peu de tout cela mais pas, vulgairement dit, façon salmigondis. Pas du tout ! Il y a de tout cela qui, mis bout à bout, image après image, réflexion après réflexion, collage après col­ lage, réjouit à la fois votre conscience et votre adhé­ sion à ce quelque chose de passionnant qui, visuelle­ ment, trouve sa raison dans une image qui parle aux sens et dans un ensemble texte/dessin/collages qui agite l’intellect, certains sujets pouvant s’avérer plus légers, plus souriants, plus intériorisés. Ces feuillets, ces histoires, ces séries de propos et couleurs sur des thèmes très variés sont, en quelque sorte, les histoi­ res et images que Marquet se raconte à lui­même, à temps et à heures, sorte de journal de bord d’un homme que dévore la manie, salutaire, de codifier ses fantasmes, ses lubies, ses souvenirs, ses référen­ ces, ses petits bonheurs et ses grands malheurs au rythme de feuillets qui, déclinés par douze, pour­ raient aussi bien être les douze coups de minuit que les douze mois d’une année. Il y a de l’absurde dans cette option répétitive de séries qui, loin de se don­ ner le chic de treize à la douzaine, se braquent sur le

Bio express Né en 1971, vit à Nantes. Inspecteur en arts plastiques dans les lycées de la région nantaise. En 2007, a exposé à la Librairie du Centre national de la bande dessinée, à Angoulème. A publié en autoédition 9 séries d’Autofictions (1993-2007).

Infos pratiques Galerie 100 Titres, 2,

COURTESY GALERIE 100 TITRES

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rue Cluysenaar, 1060 Bruxelles. Jusqu’au 22 décembre, du jeudi au dimanche, de 14 à 18h. Livre-catalogue “Autofictions”, Jean-Pierre Marquet, 220 pages en mots et couleurs. Coédition 100 Titres, Fondation SMartBe, Yellow Now. 25 euros. Infos : 02.534.03.43 et www.100titres.be

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L'actu

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COURTESY GALERIE 100 TITRES

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Jean-Pierre Marquet, technique mixte sur papier, 42 x29,7 cm et 156 x 112 cm. chiffre 12, parce que c’est ainsi qu’il le sent. Pour cette saison, qu’on lui souhaite festive, de ses 25 ans de galerie, Alain de Wasseige est tombé sur cette perle rare (et bon marché, une idée pour vos ca­ deaux de Noël !), dont chaque pièce est unique, œuvre en soi qui, d’ailleurs vit fort bien extirpée de sa série. Du noir et blanc des débuts, Marquet est progressivement passé à la couleur et les deux va­ riantes ont leurs attraits, l’artiste maniant le crayon, le collage, les couleurs, le texte et les sentences avec un sens rare de la connivence des diverses facettes entre elles. Avec un sens inné des harmonies de tons et de rythmes, de partage ajusté entre dessin, pein­ ture et texte. Tout est à lire et à déguster entre les li­ gnes, entre les assemblages peu ou prou éloquents. On vous y colle Beuys et Warhol ou Duchamp, Ma­ rilyn, Presley, Nabokov ou Wittgenstein. Les titres sont, en eux­mêmes, des morceaux de style : “Je planche sur le rock”, “Je livre”, “La force des fragi­ les”… Un livre, plaisir pour se retrouver chez soi avec Marquet, accompagne habilement la démonstration très contemporaine d’un artiste sans prétention, mais juste et vrai avec lui­même et, donc, avec les autres. Clin d’œil de bonne guerre, une vitrine de Jacques Lennep fait écho aux tribulations graphi­ ques de Marquet. Lennep a déposé là quelques­uns de ses “Devoirs quotidiens”… Voici, pour vous, un monde éclaté qui prendra tout son sens lorsque vous vous éclaterez avec lui ! Roger Pierre Turine

PRIX Œuvres uniques encadrées, de 450 (formats A3) à 2400 euros (plan­ ches grand format conçues pour l’exposition).

“Jean-Pierre Marquet l’écrit sur plusieurs de ses planches (“Autofictions : mode d’emploi du temps perdu”), son travail est une œuvre qui s’organise autour du temps, du temps passé, du temps qui passe et de celui à venir…” Alain de Wasseige

Arts Libre. Supplément hebdomadaire à La Libre Belgique. Coordination rédactionnelle: Gilles Milecan et Camille de Marcilly. Réalisation: IPM Press Print. Administrateur délégué éditeur responsable: François le Hodey. Rédacteur en chef: Francis Van de Woestyne. Rédacteurs en chef adjoints: Xavier Ducarme, Pierre-François Lovens et Gilles Milecan. Conception graphique: Bruno Bausier, Jean-Pierre Lambert. Publicité: Martine Levau (0032.2.211.29.12 – martine.levau@ipmadvertising.be).

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l Expo en vue

Une œuvre protéiforme, polysémique et encyclopédi Le livre Il est le complément indispensable de l’exposition tant il ouvre toutes les portes de l’érudition et du talent inné du couple. Et si l’on a pu s’interroger sur la diversité créatrice on sera totalement convaincu que l’on est face à une œuvre hors du commun jamais soucieuse de s’inscrire dans une ligne esthétique particulière et encore moins dans une mode passagère, par contre ouverte à l’universalité et n’écartant aucune voie à explorer. Ce double talent multiforme prend visiblement sa sève dans les voyages dont ils reviennent l’esprit riches de récits et de rencontres, et les bras chargés d’un amoncellement de dessins qui vont de la copie classique à l’évocation libre. L’ouvrage qui regorge de reproductions est structuré par une succession de textes, des artistes eux-mêmes narrant leurs périples, leurs découvertes et extériorisant leurs sujets d’inspiration; d’une multitude d’intervenants, écrivains, chercheurs, philosophes, historiens de l’art, ethnologues… qui éclairent et interprètent de manière personnelles les aspects d’une aventure artistique incomparable tant elle est étendue.

U Kinga et Anatoly Stolnikoff. Jeu d’enfer. Une rétrospective dé­raisonnable. 528 p., 1200 ill. coul. et n/bl, 48 auteurs. Éd Arpad/Musées de Liège

Infos pratiques Kinga&Anatoly Stolnikoff. “Jeu d’enfer”.

© KINGA ET ANATOLY STOLNIKOFF

Galerie Deletaille, 32 rue aux Laines, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 21 décembre. Du jeudi au samedi de 14h à 18h.

h Coup double pour le duo d’artistes Kinga et Anatoly Stolnikoff : exposition foisonnante et publication rétrospective déraisonnable. DIFFICILE D’ÊTRE PLUS ÉCLECTIQUE que le couple belge qui expose en ce moment chez Deletaille, composé de Kinga Bardos­Feltoro­ nyi et Anatoly Stolnikoff, originaires respecti­ vement de Hongrie et de Russie. Ils sont sculp­ teurs, dessinateurs, céramistes, dessinateurs, auteurs d’œuvres in situ, aquarellistes, gra­ veurs, photographes, le tout dans un réper­ toire très large puisque leurs œuvres passent de la tradition classique à l’abstraction, du portrait sur le vif à l’évocation paysagère; de la figuration, du dessin d’architecture à l’écri­ ture. On aura compris qu’ils sont inclassables et que l’on ne recherche pas à savoir qui fait quoi. L’exposition est d’ailleurs un foisonne­ ment d’œuvres et se présente un peu comme un cabinet de curiosité où tout est amassé, ne laissant de vide que les espaces pour se dépla­ cer. Pas de style défini, pas d’orientation précise, mais une accumulation de créations qui relè­ vent d’une culture quasi encyclopédique tant les références et les hommages balisent le temps et les genres. Le décoratif s’oppose à la rigueur mais sans heurt tant l’un et l’autre semblent naturels, l’objet utilitaire rencontre aussi bien l’évocation coquine qu’une étude de spirale. Le spectre des créations est on ne peut plus large dans une forme de générosité sans borne. Les techniques abordées sont multi­ ples, le travail de la terre occupant cependant une place capitale dans une variété qui va de la faïence à la porcelaine en passant par de multi­ ples spécificités. Ce qui peut surprendre, c’est le passage avec une aisance apparemment toute naturelle d’une sculpture aux formes dé­ pouillées et géométriques au lyrisme d’un pinceau sûr de lui. Le bois taillé, poli, traité,

“Comme si tu tenais le passé dans ta main/ Tenu ferme mais non pressé/entre dans ce lieu qui est le tien/Et ouvre le passé comme tu ouvres la main.” Kinganatoly Extrait du poème pour la balustrade du Musée d’Art Ancien du Namurois

n’a pas plus de secret que le métal découpé au laser pour faire surgir un texte poétique. La peinture riche en matière sensuelle innervée de sillons par lesquels passent les vibrations lumineuses sait aussi faire chanter les couleurs et intègre le trait en des formulations nerveu­ ses et non figuratives. Loin d’être absentes, les innombrables sym­ boliques enrichissent une œuvre protéiforme et polysémique qui puise aussi bien aux sour­ ces mythologiques que scientifiques et artisti­ ques dans un brassage étonnant de culture puisque la cérémonie du thé peut rejoindre des références aux Dogons ou aux Indous, ou simplement au langage des signes graphiques. Et la main humaine, aussi sollicitée que la sphère planétaire, rappelle si besoin en était, qu’elle est l’outil de la pensée qui s’exprime ici avec propension. Claude Lorent

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Sm’Art Masque Rondinone En vitrine, une grande tête blanche, mi­hu­ maine, mi­animale, un peu goguenarde, un peu triste comme un ‘smiley’légèrement dé­ ceptif. Une sculpture en aluminium moulé et peint, “Moonrise” (lever de lune), amusante, fantaisiste et touchante, œuvre de l’artiste suisse Ugo Rondinone (1964 – Vit à NY) qui vient d’exposer au Museum M de Louvain et qui a créé, à l’initiative de Stéphanie et Sébas­ tien Janssen, une série de bijoux d’artiste, portables et en or 23 carats. Quelqu’un a dit Noël ? Ces sont des masques réalisés en colla­ boration avec l’orfèvre des plus réputés Pierre Hugo qui poursuit la tradition pater­ nelle du métal repoussé et chassé appréciée par les Picasso, Dubuffet, Ernst, Cocteau… sept masques pour les sept jours de la se­ maine, à porter suivant l’humeur du jour. (C.L.) U Ugo Rondinone. Sculpture et bijoux. Sorry We’re Closed, rue de la Régence 65A, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 26 décembre. Contact : sebastienjanssen@sorrywereclosed.com

que

Rétrospective Jean Milo

Bern Wéry au château C’est dans une belle demeure du Brabant wallon que Bern Wéry expose ses derniers dessins et ses peintures si caractéristiques, fourmillements de foules et de couleurs. Par­ fois, il juxtapose des petites scènes indivi­ duelles qui, jointes entre elles, développent des histoires, des fantaisies chromatiques, des jeux de formes, une sorte de mariage heureux entre abstractions et figures plus ou moins indéfinies. Aubade et clôture en fête : le dimanche 22 décembre, à 18h précises, une lecture musicale ponctuera de félicités littéraires et sonores ces quelques jours d’ex­ position. Des textes dits par François Emma­ nuel seront introduits par Anne Leloup et ac­ compagnés au violoncelle par Jean­Pol Zanu­ tel. (R.P.T.)

© KINGA ET ANATOLY STOLNIKOFF

Il fut l’un des membres fondateurs de l’art abstrait en Belgique et, vingt ans après sa mort, la Galerie Group 2, qui l’a souvent montré et défendu avec une rare fidélité, y va cette fois d’une sorte de rétrospective avec des pièces de choix datées déjà des années 20. Une belle occasion pour se refaire une plus juste idée de l’apport créatif d’un homme à propos duquel Serge Goyens de

Heusch écrit : “Jean Milo peint plus son émo­ tion primitive au contact des choses de la vie et de la nature que le spectacle visuel restitué par l’art et la raison.” Souvent inspiré par la na­ ture, Jean Milo le fut aussi par la musique et le même Goyens de Heusch d’écrire cette fois : “Le lyrisme joyeux qu’exhalent les œuvres de Jean Milo, on le trouve aussi dans une série de toiles inspirées par la musique, celle de Mozart surtout qui fut son inspirateur privilégié”. Rap­ pelons aussi que de séjours au Congo, il ra­ mena des peintures très particulières et sen­ sibles. (R.P.T.) U Galerie Group 2, rue Blanche, 8, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 21 décembre, du mercredi au samedi, de 14 à 18h. Infos : 02.539.23.0

Kinga et Anatoly Stolnikoff, “L’Heureux tour d’Ulysse”, acrylique sur toile, 200 x 200, 2013. A gauche, Kinga et Anatoly Stolnikoff, “Mandala”, faïence Royal Boch, 27 cm, 2010.

Bio express Kinga et Anatoly Stolnikoff travaillent ensemble la sculpture monumentale. Leur travail se base sur l’échange et la résonance, les collaborations transdisciplinaires. Ils ont exposé notamment au Musée des Arts décoratifs à Paris, au musée de Courtrai, au Musée d’Art ancien de Namur, au musée Grand Curtius à Liège.

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Les galeries

SEMAINE DU 6 AU 12 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

Le livre de la semaine

Picasso et les écrivains

BRUXELLES ABC Eijberg. Sculptures. ‣ Jusqu’au 28·12. Du Ma. au S. de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h30 ou sur rdv. URue Lebeau 53 - 1000 Bruxelles 02 511 32 53 ou 0475 37 59 27

Alice Deaf, Dumb and Blind. L’esthétique du collectif belge Hell’O Monsters est un mélange iconoclaste de références à l’art contemporain, de sub-cultures et de culture populaire. ‣ Jusqu’au 20·12. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue du Pays de Liège 4 - 1000 Bruxelles 02 513 33 07 - www.alicebxl.com

Catherine Bastide Use Period. Oeuvres de Valerie Snobeck. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au S. de 11 à 18h. URue Vandenbrandenstraat 1 - 1000 Bruxelles - 02 646 29 71 www.catherinebastide.com

Champaka Miles Hyman “Le Dahlia Noir”. Illustrations couleurs de grands formats du Los Angeles des années 40-50. ‣ Jusqu’au 08·12. Du Me. au S. de 11 à 18h30, le D. de 10h30 à 13h30. URue Ernest Allard 27 - 1000 Bruxelles 02 514 91 52 ou 0475 26 94 08 www.galeriechampaka.com

Christine De Cuyper Art Gallery Dirk De Keyzer, Rietje Geurts, Patricia Broothaers et Jully Denis. Sculptures et peintures. ‣ Jusqu’au 30·01. Du Ma. au D. de 11 à 18h30. URue de la Madeleine 43 - 1000 Bruxelles 02 503 21 12 ou 0479 93 94 74 www.christinedecuyperartgallery.be

Espace Blanche Vilson Biçaku. Peintures figuratives.

CITADELLES&MAZENOD

Galeries

Voilà un livre qu’on ouvre en croisant les doigts, en se disant que les bonnes surprises y abonderont, que l’œuvre du peintre de génie sera à l’aune des écrivains qui firent route avec lui. Et, de fait, l’aubaine est bien au rendez­vous telle qu’on l’attendait et mieux encore quand, belle élégance, les textes des auteurs nous sont fournis via des sortes de tirés à part en petit format par rapport aux grandes pages de l’album. Ce qui double le plaisir du regard et de la lecture sur le cheminement du peintre de celle de poètes, romanciers ou essayistes qui les ont accompagnées chemin faisant, presque au jour et à l’heure de leur concrétisation, de ses débuts espagnols et de la période bleue ou rose puis cubiste aux œuvres de la maturité et de l’apogée d’un homme qui n’eut de cesse de se dépasser, quitte à opérer des retours en arrière, de l’audace au classicisme et vice­versa, pour mieux aborder de nouvelles audaces. Si Picasso, comme il disait, ne cherchait pas mais trouvait, il sut aussi choisir ses amis et ses auteurs complices furent les plus grands du temps, de Guillaume Apollinaire à Pablo Neruda, de Tristan Tzara ou Max Jacob à Rafael Alberti, Francis Ponge, Jean Cocteau, de Paul Eluard à Rainer Maria Rilke, Henri Michaux, Pierre Reverdy ou Henri Bataille. Il en est d’autres encore, de Queneau à Prévert, par exemple. Un très beau livre doublé d’un document rare et fameux. (R.P.T.)

U “Picasso et les écrivains”, par Serge Linares. Un album Citadelles&Mazenod sous coffret, 552 pages, 270 reproductions. Prix : environ 199 euros.

URue van Eyck 44 - 1000 Bruxelles 02 511 35 80 - www.keitelmangallery.com

Laurentin Gallery Françoise Pétrovitch. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au S. de 10h30 à 18h30. URue Ernest Allard 43 - 1000 Bruxelles 02 540 87 11 - www.galerie-laurentin.com

res d’icônes d’une Afrique autrefois préservée. ‣ Jusqu’au 08·02. Du Ma. au S. de 11 à 18h30. UAvenue Louise 75b (Hôtel Conrad) 1050 Bruxelles - 02 374 07 04 www.younggalleryphoto.com

Artiscope Suaires. Oeuvres de Bob Verschueren. Maruani & Noirhomme Gallery ‣ Jusqu’au 13·12. Du L. au V. de 14 à Gas Stations. Oeuvres de David LaCha- 18h ou sur rdv. pelle. ‣ Du 11·12 au 25·01. UBoulevard Saint-Michel 35 - 1040 Bruxelles URue de la Régence 17 - 1000 Bruxelles 02 512 50 10 www.maruani-noirhomme.com

MH Gallery Bis non repetita. Oeuvres de Yoshifumi Hayashi et Denyse Willem. ‣ Jusqu’au 11·01. Du Me. au S. de 11h30 à 18h30 ou sur rdv. URue Haute 11 - 1000 Bruxelles 0478 84 89 81 www.mathildehatzenberger.eu

MOTinternational Aishan Yu. Dessins. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au S. de 10 à 18h ou sur rdv. UPlace du Petit Sablon 10 - 1000 Bruxelles 02 511 16 52 - www.motinternational.com

- 02 735 52 12 - www.artiscope.be

Quadri Marcel Mariën (1920-1993). Collages, objets et photographies. ‣ Jusqu’au 14·12. Les V. et S. de 14 à 18h ou sur rdv. UAvenue Reine Marie-Henriette 105 1190 Bruxelles - 02 640 95 63 www.galeriequadri.be

Albert Baronian Andy Boot. ‣ Jusqu’au 11·01. Du Ma. au S. de 12 à 18h. Glare Schematics. Oeuvres de Tony Oursler. ‣ Jusqu’au 11·01. URue Isidore Verheyden 2 - 1050 Bruxelles 02 512 92 95 - www.baronianfrancey.com

Office Baroque Gallery Screen Life #13 & Polaroid. Vidéos et Bodson Polaroids de Michel Auder. ‣ Jusqu’au Reinforced Concrete. Sculptures de 07·12. Du Me. au S. de 11 à 18h ou sur Benjamin Sabatier. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Me. au S. de 14 à 19h. rdv. UPlace du Jardin aux Fleurs - 1000 Bruxelles - 0484 59 92 28 - www.officebaroque.com

URue de Hennin 70 - 1050 Bruxelles 02 648 40 06 - www.bodson-emelinckx.com

Petits Papiers Box Galerie Femmes. Oeuvres de Milo Manara et Afrique africaine. Objets d’art africain Pat Andrea. ‣ Jusqu’au 12·12. et photos de Marina Cox, Isabel Muñoz, UPlace Fontainas 1 - 1000 Bruxelles Bernard Plossu, Bernard Descamps, 02 513 46 70 - www.petitspapiers.be George Rodger... ‣ Du 13·12 au 01·02. ‣ Du 07·12 au 06·01. Du L. au D. de 14 Me. au D. de 14 à 18h. Du Me. au S. de 14 à 18h. Pierre Hallet URue Ravenstein 32 - 1000 Bruxelles à 18h (présence de l’artiste les we). URue du Mail 88 - 1050 Bruxelles 02 219 44 51 Proposition n°1 . Oeuvres d’Antonio AlURue Marché au Charbon 3 - 1000 Bruxelles 02 537 95 55 - www.boxgalerie.be www.etablissementdenfaceprojects.org - 02 510 01 41 - www.espaceblanche.be casser, James Brown, Jacqueline Devreux, Bernard Gaube, Georges Meu- Delire Gallery Gladstone Gallery Etablissement d’en face projects rant, Maurice Wyckaert... ‣ Jusqu’au Pat McCarthy. ‣ Jusqu’au 18·01. Du J. Jutta Koether: un établissement aux Gedi Sibony. Oeuvres sculpturales. 12·12. Du Ma. au V. (fermé le Me.) de au S. de 13 à 18h ou sur rdv. ‣ Jusqu’au 20·12. Du Ma. au S. de 10 à Folies-Koethère. ‣ Jusqu’au 22·12. Du 14h30 à 18h30, le S. de 11 à 18h30 et URue de Praetere 47D - 1050 Bruxelles 18h. 0487 12 52 50 - http://deliregallery.com le D. de 11h30 à 13h30. URue du Grand Cerf 12 - 1000 Bruxelles 02 513 35 31 - www.gladstonegallery.com

URue E. Allard 33 - 1000 Bruxelles 02 512 25 23 - www.galeriepierrehallet.com

Group 2 Gallery Roberto Polo Gallery Rétrospective Jean Milo (1906-1993). Silent Treatment. Oeuvres de Mil CeuHuiles, gouaches, aquarelles et encres lemans. ‣ Jusqu’au 19·01. Du Ma. au de 1925 à 1990. ‣ Jusqu’au 21·12. Du V. de 14 à 18h, les S. et D. de 11 à 18h Me. au S. de 14 à 18h. ou sur rdv. URue Blanche 8 - 1000 Bruxelles 02 539 23 09 http://artalog.net/gallery/gallery.php?id=286

Hopstreet See You When You Get There. Oeuvres de Bas van den Hurk. ‣ Jusqu’au 21·12. Du J. au S. de 14 à 18h. URue du Houblon 7 - 1000 Bruxelles 02 511 05 55 - www.hopstreet.be

URue Lebeau 8-10 - 1000 Bruxelles 02 502 56 50 - www.robertopologallery.com

Sorry We’re Closed Poems. Sculptures d’Ugo Rondinone. ‣ Jusqu’au 26·12. URue de la Régence 65 - 1000 Bruxelles 0478 35 42 13 - www.sorrywereclosed.com

Didier Devillez Couleurs actives. Oeuvres de Michel Carrade, Gilbert Herreyns, Georges Meurant, Tim Porter et Pierre Thoma. ‣ Jusqu’au 14·12. Du J. au S. de 14 à 18h30 ou sur rdv. URue E. Van Driessche 53 - 1050 Bruxelles 02 215 82 05 - www.galeriedidierdevillez.be

duboisfriedland Charles-Henry Sommelette. Peintures et fusains. ‣ Jusqu’au 14·12. Les V. et S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue Souveraine 97 - 1050 Bruxelles 0470 54 98 98 - www.duboisfriedland.com

Synthèse Flash Black. Sélection d’oeuvres sur Elaine Levy Project papier en noir et blanc de Pol Bury, Ma- Debaser. Oeuvres de Kate Steciw. Jusqu’au 21·12. dlen Herrström, John-Franklin Koenig, ‣ URue Fourmois 9 - 1050 Bruxelles Mark Tobey... ‣ Jusqu’au 19·01. Du J. 02 534 77 72 - www.elainelevyproject.com au S. de 14h30 à 18h30. URue E. Allard 24 - 1000 Bruxelles Esther Verhaeghe Art Concepts URue de la Madeleine 61 - 1000 Bruxelles 02 514 40 55 - www.galeriesynthese.be Coups & Blessures. Dessins et sculptu02 513 25 63 - www.jbastien-art.be res de Muriel de Crayencour, photos et van der Mieden Jan Mot Street Geometries. Oeuvres d’Alain écorces de Janine Laurent Josi et bijoux Postscript II (Berlin). Oeuvres de Tris Biltereyst. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Me. de Sophie de Kinkelin. ‣ Jusqu’au 21·12. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur Vonna-Michell. ‣ Jusqu’au 18·01. Du J. au S. de 13 à 18h. rdv. au S. de 14 à 18h30 ou sur rdv. URue Antoine Dansaert 196 - 1000 BruxelJ. Bastien-Art Aux Couleurs de l’Inde. Douze artistes indiens au coeur de la création contemporaine. ‣ Jusqu’au 14·12. Du Ma. au S. de 11 à 18h30.

URue A. Dansaert 190 - 1000 Bruxelles 02 514 10 10 - www.janmot.com

Keitelman Gallery Behind the Screen. Oeuvres de Nam June Paik (1932-2006). ‣ Jusqu’au 18·01. Du Ma. au S. de 12 à 18h ou sur rdv.

les - 02 513 62 12 - www.vandermieden.com

URue Mignot Delstanche 51 - 1050 Bruxelles - 0476 28 37 35 - www.estherverhaeghe.com

Young Gallery Across the Ravaged Land. Par le biais Feizi Gallery de son objectif, Nick Brandt nous con- He Yunchang. ‣ Jusqu’au 11·01. Du fronte à une réalité dérangeante où les Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. anciens rois sont devenus des marty- URue de l’Abbaye 8b - 1050 Bruxelles res, des portraits d’animaux aux allu- 02 647 55 16 - www.feizi-gallery.com

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SEMAINE DU 6 AU 12 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

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Enfance

Fred Lanzenberg Endless Landscape. Peintures de Lionel Guibout. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au V. de 14 à 19h, le S. de 10 à 19h. UAvenue des Klauwaerts 9 - 1050 Bruxelles - 02 647 30 15 ou 0475 73 40 15 www.galeriefredlanzenberg.com

COURTESY ESTHER VERHAEGHE ART CONCEPTS

Galerie d’Ys Outrage. Photos de Jacques Courtejoie et dessins de Giuseppina Caci et Sabine Delahaut. ‣ Jusqu’au 29·12. Du J. au S. de 14 à 18h30 et le D. de 13 à 15h.

Les blessures d’une femme On sait pourquoi et comment Louise Bourgeois a exorcisé ses drames de l’enfance par des œuvres fortes, puissamment érotisées, sinon mâle­menées. L’art, mode d’expression de la conscience humaine, permet aux artistes de dépasser leurs fantasmes ou leurs cris en sublimant le geste et la parole par l’image et le mot. Dans cette nouvelle exposition de son travail, Muriel de Crayencour poursuit une quête identitaire qui passe, pour elle aussi, par un retour sur un passé qui a laissé des traces brûlantes. Un passé qu’elle a pourtant la délicatesse, la subtilité, de nous imager sans en rajouter, par des ponctuations mêlées de couleurs, de broderies, d’ajustements, savoureux ou tendus, entre pages titre de livres d’auteurs et sa propre interprétation d’une chose titrée qui lui rappelle quelque chose. Une grande installation de 100 livres de poche, soit dix fois dix lignes de dix livres chacune, donne à voir ces livres surchargés de cent touffes de laine d’un rouge vif. Parterre floral à la verticale, l’œuvre globale s’appelle “Les vestales” (illu.). Vie et mort. Vaste programme quand, parmi les livres, on découvre : “Les amours de Psyché” de La Fontaine, “Une gourmandise” de Muriel Barberg, “Le crime contre l’humanité” d’André Frossard, “Premier amour” de Tourgueniev, “Cela s’appelle l’aurore” d’Emmanuel Roblès ou encore “Histoire d’O” de Pauline Réage. Pas anodin ! Et, délicatesse de plasticienne, un fauteuil avec repose­pieds vous invite à la contemplation et à la réflexion qui s’ensuit. Plus loin, des créations sculpturales, lettres en relief, proclament, et comment s’y tromper sur leur sens : “Ils ne te croiront pas” ou “Tu es trop sensible” façon “Ôte­toi de là !”… “ Tu n’arriveras jamais à rien”. Avec une infinie discrétion, l’artiste brode, enfile tricotages, peluches, coussins ou, brodées en lettres d’or ces phrases sans autre magie que leur réalité crue : “Je te plains”, “Tu cherches les ennuis”, “Tu es profondément méchante”. La vie est un rude combat, un lot de souvenirs accablants, surtout ceux que l’enfance a retenus des jours tristes et mal­ aimés, trompés, bafoués, violés. Alain Robbe­Grillet a intitulé un de ses livres “Souvenirs d’un triangle d’or” et Colette “La chatte” : de Crayencour a suppléé ses images d’une réalité féminine aux mots d’un roman. Car la vie est aussi un roman et ce roman n’est pas rose tous les jours, en tout temps. Rude et prenant. (R.P.T.)

U Esther Verhaeghe Art Concepts, 51, rue Mignot Delstanche, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 21 décembre, du jeudi au samedi, de 14 à 18h. Infos : 0476.28.37.35 et www.estherverhaeghe.com

URue de l’Arbre Bénit 84 - 1050 Bruxelles 0499 22 57 66 - www.galeriedys.com

Galerie Lazarew L’Autre Côté de la Ligne. Dessins de Sergio Moscona. ‣ Jusqu’au 05·01. Du Ma. au V. de 14 à 19h. UAvenue Louis Lepoutre 112 - 1050 Bruxelles - 02 345 30 83 - www.galerie-lazarew.fr

Galerie Martine Ehmer Anxiorythme. Dessins et peintures de Dominique Lomré. ‣ Jusqu’au 08·12. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue de Stassart 100 - 1050 Bruxelles 0473 59 02 85 - www.martineehmer.com

Jozsa Gallery Stockholm Syndrome. Oeuvres de Lello//Arnell. ‣ Jusqu’au 21·12. Du J. au S. de 12 à 18h ou sur rdv. URue Saint-Georges 24 - 1050 Bruxelles 0478 48 77 09 - www.jozsagallery.com

Mazel Galerie L’Attente. Peintures de Son Seock. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au S. de 11 à 19h ou sur rdv. URue Capitaine Crespel 22 - 1050 Bruxelles 02 850 29 28 - www.mazelgalerie.com

Nadine Feront Metacognitive Artefacts. Oeuvres de Christina Mitrentse et Emmanuel Dundic. ‣ Jusqu’au 01·02. Du J. au S. de 14 à 18h30. URue Saint-Georges 32 - 1050 Bruxelles 02 640 34 44 - www.nadineferont.com

Puls Contemporary Ceramics Merete Rasmussen & Antonino Spoto. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Me. au S. de 13 à 18h. URue du Page 19 - 1050 Bruxelles 02 640 26 55 - www.pulsceramics.com

Rainhart Gallery Dialogos entre Cuba - Brasil. Dessins de six artistes latino-américains contemporains: Kilian Glasner, Bruno Vilela, Marcio Almeida, Douglas Argüelles Cruz, René Francisco et Yoan Capote. ‣ Jusqu’au 31·01. Du Ma. au S. de 11 à 18h. URue Washington 90 - 1050 Bruxelles 02 649 24 69 - www.rainhart.net

Rodolphe Janssen Jürgen Drescher & Sam Moyer. Sculptures et peintures. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au V. de 10 à 18h, le S. de 14 à 18h. Rehabilitating the Steinway Tube Ducts. Oeuvres d’Adam McEwen. ‣ Jusqu’au 21·12. URue de Livourne 35 - 1050 Bruxelles 02 538 08 18 www.galerierodolphejanssen.com

Zedes Art Gallery Didier Mahieu. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Me. au V. de 12 à 18h, le S. de 14 à 18h. URue Paul Lauters 36 - 1050 Bruxelles 02 646 00 04 - www.zedes-art-gallery.be

100 Titres Autofictions. Oeuvres de Jean-Pierre Marquet mêlant notes, dessins, collages, mémos... ‣ Jusqu’au 22·12. Du J.

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Les galeries

SEMAINE DU 6 AU 12 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

COURTESY JOZSA GALLERY BRUSSELS. © D.R.

Duo

Gardiens de la modernité En intitulant leur exposition “Stockholm Syndrome”, le duo d’artistes norvégien/suédois, Jorgen Craig Lello&Tobias Arnell, suggère d’emblée qu’il doit y avoir des geôliers, et des victimes qui seraient tombées en empathie de ces gardiens d’une cause à définir. Il semblerait que l’otage en ce cas serait la modernité par le biais d’une chaise devenue sculpture, également disloquée, recomposée, et que les deux artistes entrent à leur tour dans le processus de création d’une modernité revue, analysée, corrigée, en mutation. Le fameux syndrome devenant lui­ même un siège au dossier explicite. Les investigations des artistes les conduisent aussi bien vers la science que vers l’art et ils se jouent de références non sans un certain humour qui traverse des interprétations pour le moins subjectives. Ainsi, en se basant sur les recherches en biodiversité du Japonais Chonosuke Okamura reprises dans le “Rapports du Laboratoire fossiles Okamura” qui donne le titre à l’œuvre, il ont construit à l’aide de découpes géométriques de tapis de

au D. de 14 à 18h.

URue A. Cluysenaar 2 - 1060 Bruxelles 02 534 03 43 - www.100titres.be

sol de divers gris, un tableau, composition géométrique moderniste, qui serait donc une œuvre conçue et réalisée sous influence. Quant à Okamura, il aurait décelé dans de petits animaux vivant voici environ 425 millions d’années l’origine des vertébrés, y compris les humains. La connexion de l’un à l’autre n’est pas évidente, des fictions sans doute, mais l’œuvre est réussie ! “Anthropométrie” un duo pictural ici confronté à un assemblage de chaises en réfère au travail d’Yves Klein (même titre) à ceci près que les peintures ont été réalisées non par des corps féminins, mais par les sièges courbes des chaises ! Enfin, la pièce la plus représentative de la dislocation de la réalité visuelle et de sa recomposition est un ensemble de 46 miroirs décalés les uns des autres. Troublant ! (C.L.)

U Lello// Arnell. “Stokholm Syndrome”. Gozsa Gallery, rue Saint­Georges, 24, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 21 décembre. Du jeudi au samedi de 12h à 18h.

18h.

URue Veydt 13A - 1060 Bruxelles 02 537 13 17 - www.danieltemplon.com

Libre Choix Cart’Art. Cartes postales d’artistes. ‣ Du 13 au 15·12. de 14 à 19h. URue Defacqz 152 - 1060 Bruxelles -

Antonio Nardone Galerie Paris-Beijing 0476 77 53 60 - www.librechoix.be Combat du siècle. Oeuvres de l’artiste Day is Done. Collages et sculptures du congolais Steve Bandoma. ‣ Jusqu’au collectif new-yorkais Ghost of a Dream. Pascal Polar 14·12. Du Me. au S. de 14 à 18h. ‣ Jusqu’au 18·01. Du Ma. au S. de 11 à Quel avenir pour notre art ?. Les peinURue Saint-Bernard 34-36 - 1060 Bruxelles - 19h. tures de Chéri Samba, sur une période 02 333 20 10 URue Hôtel des Monnaies 66 - 1060 Bruxelwww.galerieantonionardone.be allant de 1989 à 2009, révèlent sa perles - 02 851 04 13 ception de la réalité sociale, politique, www.galerieparisbeijing.com D+T Project économique et culturelle du Zaïre, exStephan Balleux & Hannu Prinz. Pein- Le Caméléon Coquet posant toutes les facettes de la vie quotures. ‣ Jusqu’au 25·01. Du J. au S. de Rewind. Oeuvres gravées de Roger tidienne à Kinshasa. ‣ Jusqu’au 21·12. 12 à 18h30 ou sur rdv. Dewint. ‣ Jusqu’au 20·12. Du Me. au Du Ma. au S. de 14 à 19h ou sur rdv. URue Bosquet 4 - 1060 Bruxelles UChaussée de Charleroi 108 - 1060 BruxelV. de 13 à 18h. 0494 62 43 13 - www.dt-project.com UPlace Van Meenen 34 - 1060 Bruxelles 0478 93 42 79 - www.lecameleoncoquet.be

les - 02 537 81 360 ou 0477 25 26 92 www.pascalpolar.be

Faider Hommage à Colette Fallon (1949- Le Salon d’Art Valérie Bach 2009). ‣ Jusqu’au 22·12. Du Me. au Kikie Crêvecoeur. Gommes et linos. A Finnish Frame of Mind. L’expo conS. de 14 à 18h ou sur rdv. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au V. de 14 à fronte les univers de deux photograURue Faider 12 - 1060 Bruxelles 18h30, le S. de 9h30 à 12h et de 14 à phes finlandais, les autoportraits en 02 538 71 18 - www.galeriefaider.be 18h. noir et blanc de Arno Rafael Minkkinen URue de l’Hôtel des Monnaies 81 aux compositions abstraites de Niko Galerie Daniel Templon 1060 Bruxelles 02 537 66 40 Luoma. ‣ Jusqu’au 21·12. Du J. au S. Anthony Caro. Sculptures récentes. www.lesalondart.be de 11 à 13h et de 14 à 19h. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au S. de 11 à

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SEMAINE DU 6 AU 12 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

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A l’étranger COURTESY GAL. GIMPEL-MULLER

France

URue Henri Blès 39 - 4000 Liège 04 224 16 00 ou 0485 91 16 02 www.monosgallery.com

UCour de l’Abbaye 5 - 4970 Stavelot 080 86 42 94 - www.trianglebleu.be

Rossicontemporary Daniel Coves. Peintures récentes. NAMUR ‣ Jusqu’au 25·01. Les J. et V. de 13 à 17h et le S. de 14 à 18h ou sur rdv. JAMBES Du bout des doigts. Oeuvres d’EleoDétour nore Gaillet. ‣ Jusqu’au 25·01. Lights Out. Encres sur papier de Jona- Notes. Photos de Jean-Louis Vanesch. ‣ Jusqu’au 04·01. Du Ma. au V. de than Rosic. ‣ Jusqu’au 25·01. 12h30 à 17h30, le S. de 14 à 18h. URivoli Building - Chaussée de Waterloo UAvenue Jean Materne 166 - 5100 Jambes 081 24 64 43 - www.galeriedetour.be

DS Galerie Winter Attitude With Her. Oeuvres de NAMUR Julia Von Troschke, Phil Billen, Olivier Galerie du Beffroi Sonck, Roby Comblain, Stéphane Machinations. Sculptures en mouvement de Johnny White et Amanda Wray. Dauthuille... ‣ Jusqu’au 22·12. URue de l’Hospice communal 67 ‣ Jusqu’au 05·01. Du Ma. au S. de 11 à 1170 Bruxelles - 02 675 83 80 18h et le D. de 12 à 18h. www.louisedsgalerie.com

URue du Beffroi 13 - 5000 Namur 081 24 64 37 - www.ville.namur.be

Galerie Verhaeren Beauté du Liban. Deux photographes ANVERS du Proche-Orient, Rend Haffar et Houda Kassatly, nous apportent leur vision du Liban, entre beauté et destruc- ANVERS tion, nostalgie et espoir... ‣ Du 11·12 Fifty One Fine Art Photography au 19·01. Du Me. au S. de 14 à 18h, le Hans-Christian Schink. ‣ Du 07·12 au D. de 10 à 13h. 25·01. Du Ma. au S. de 13 à 18h ou sur URue Gratès 7 - 1170 Bruxelles rdv. 02 662 16 99 - www.lavenerie.be

BRABANT WALLON BRAINE-L’ALLEUD

UZirkstraat 20 - 2000 Anvers 03 289 84 58 - www.gallery51.com

Tim Van Laere Gallery Corn in your fruity basket. Peintures d’Armen Eloyan. ‣ Jusqu’au 25·01. Du Ma. au S. de 13 à 18h.

Galerie 360° Anne Vijverman “Vlaams-Waals” & UVerlatstraat 23-25 - 2000 Anvers Anita Stein “Terminus taalgrens”. 03 257 14 17 - www.timvanlaeregallery.com Photos. ‣ Jusqu’au 22·12. Le Me. de 15 valerie_traan à 18h et le S. de 14 à 17h. UPlace Abbé Renard 1 - 1420 Braine-l’Alleud 13 | Berliner Mood. Exposition d’artis- 02 384 61 03 tes, de designers et d’architectes, de et http://galerie360.braine-lalleud.be sur Berlin. Oeuvres d’Annemie Augustijns, Marian Beschoner, Isabelle Krieg... ‣ Jusqu’au 03·01. Du J. au S. de 14 à LOUVAIN-LA-NEUVE 19h. Espaces Loungeatude UReyndersstraat 12 - 2000 Anvers Blancs. Peintures de Pierre Debatty. 0475 75 94 59 - www.valerietraan.be ‣ Jusqu’au 15·01. Du L. au V. dès 11h et le S. dès 18h. UPlace Polyvalente - 1348 Louvain-la-Neuve - 010 45 64 62 - www.loungeatude.be

PHOTO ISABELLE ARTHUIS

690 - 1180 Bruxelles - 0486 31 00 92 www.rossicontemporary.be

BORGERHOUT

TOURNAI Rasson Art Gallery Christo, Jeanne Claude - Voltz / Arman / Claude Gilli. ‣ Jusqu’au 12·01. Du J. au D. de 14 à 18h30 ou sur rdv. URue de Rasse 13 - 7500 Tournai 069 64 14 95 - www.rassonartgallery.be

FLANDRE ORIENTALE GENT Fortlaan 17 I Told You So. The World is Flat. Oeuvres de Jan Verbruggen. ‣ Jusqu’au 31·01. Du Me. au V. de 14 à 18h, le S. de 12 à 18h ou sur rdv. UFortlaan 17 - 9000 Gent - 09 222 00 33 www.fortlaan17.com

L’exposition “We can’t go home again” mobilise les signes de notre environnement familier mais s’évertue à le retourner, littéralement, comme un gant, projetant le visiteur dans un univers instable, et l’artiste convoque les figures d’Absalon (les cellules) et de Beuys (couverture de feutre). U Jusqu’au 11 janvier. Galerie Michel Rein, 42 rue de Turenne, 75003 Paris. www.michelrein.com

Ryan McGinley – Photographie Paris – Galerie Perrotin Un ensemble de plus de 20 photographies inédites, la plupart de grand format, réalisées cet été par l’artiste américain (vit à NY) qui voyage à travers le pays pour capturer les corps des modèles non professionnels au milieu d’abondants paysages naturels mais en compositions méticuleusement mises en scène. U Jusqu’au 11 janvier. Galerie Perrotin, 76 rue de Turenne, 75003 Paris. www.perrotin.com

Allemagne Ilse D’Hollander – Peinture Düsseldorf – Konrad Fischer Galerie COURTESY KONRAD FISCHER GAL.

HAINAUT

L’exposition “Oh my Gosh ! it’s Amazing” qui porte essentiel­ lement sur la peinture et la couleur rassemble quatre artistes dont le Français Jean­ Baptiste Bernadet (1978, vit à Bruxel­ les) (illu), dont Cécile Bart (1958) qui ballade ses écrans colo­ rés dans l’espace, Anna Betbeze et David Renggli (1978, Suisse). U Jusqu’au 4 janvier. Chez Valentin, galerie, 9, rue Saint Gilles, 75003 Paris. www.galeriechezvalentin.com

Didier Faustino – Intervention Paris – Galerie Michel Rein

Zeno X Gallery Twice. Oeuvres de Marlene Dumas et Galerie des Halles Connexions. Oeuvres de Pierre De- Luc Tuymans. ‣ Jusqu’au 21·12. Du au S. de 13 à 17h. batty. ‣ Jusqu’au 25·01. Du L. au S. de Me. UGodtsstraat 15 - 2140 Borgerhout 11 à 18h. 03 216 16 26 - www.zeno-x.com UPlace de l’Université 1348 Louvain-la-Neuve

Le médium artistique de l’artiste américaine se compose de trois éléments : la photographie, le texte et la conception gra­ phique. Ses œuvres enquêtent sur l’impossibilité de compré­ hension absolue et ouvre l’espace entre le texte et l’image, où la désorientation se produit et l’ambiguïté règne. U Jusqu’au 21 décembre. Galerie Almine Rech, 64 rue de Turenne, 75003 Paris. www.alminerech.com

Quatuor – Peinture Paris – Chez Valentin

COURTESY GAL; M. REIN

0475 60 66 97 - www.lagalerie.be

Conjointement au Centre culturel tchèque, la galerie expose une série de photographies de l’artiste tchèque (1951, vit à Prague) issue du cycle de nus, “Madones”, fruits d’une techni­ que originale de négatifs teintés. Des images inspirées dans lesquelles le geste ambivalent du modèle domine. U Jusqu’au 3 décembre. Galerie Gimpel­Müller II, 12 rue Guénégaud, 75006 Paris. www.gimpel­muller.com

Taryn Simon – Photo et graphisme Paris – Galerie Almine Rech COURTESY GAL. A. RECH

LaGalerie.be Le Fil d’Arianne. Installation de Mi- STAVELOT reille Liénard. ‣ Du 08·12 au 19·01. Du J. au S. de 16 à 19h ou sur rdv (pré- Triangle bleu sence de l’artiste les S. 14·12 et Painting endless. Oeuvres de Bernard Gilbert. ‣ Jusqu’au 29·12. Du J. au D. 11·01). de 14 à 18h30 ou sur rdv. URue Vanderlinden 65 - 1030 Bruxelles -

COURTESY GAL. PERROTIN

URue Faider 6 - 1060 Bruxelles 02 502 78 24 - www.galerievaleriebach.com

Pavel Mara – Photographie Paris – Galerie Gimpel-Müller

Une expo de la peintre belge (1968 – 1997) qui fait suite à celle du Musée M de Louvain. Elle présente une série de peti­ tes peintures à l’huile et de gouaches, essentiellement abstrai­ tes, dans lesquelles interviennent néanmoins des détails fi­ guratifs : paysage, branches d’arbres ou vues de la fenêtre de son atelier. U Jusqu’au 11 janvier. Konrad Fischer Galerie, Platanenstrasse, 7, 40233 Düsseldorf. www.konradfischergalerie.de

LIÈGE LIÈGE Monos Gallery Yakusa & Heavenz. Oeuvres d’Anton Kuster. ‣ Jusqu’au 15·01. Du J. au D. de 14h30 à 18h30.

Contact Agenda culturel Tél. : 02.211.27.23 Email : agenda@lalibre.be

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Adjugé!

SEMAINE DU 6 AU 12 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

l Au marteau

Cette somptueuse console en bois sculpté, doré et peint était à vendre ce mardi 3 décembre chez Stockholm Aucktionsverk, firme qui date de 1674. Elle était annoncée entre 250 000 et 300000 couronnes soit entre 28000 et 34000 €. Elle a été vendue après une assez longue ba­ taille d’enchères au prix de 960000 couronnes soit 108400 €. On espère que c’est l’Etat finlan­ dais qui a acheté ce lot provenant d’un rare châ­ teau de type baroque, château dit manoir de Vil­ lnäs­Louhisaari, ayant servi de résidence à l’homme le plus célèbre de Finlande, le maré­ chal baron Carl Gustav Mannerheim (1867­ 1951). Il fut régent de la République puis prési­ dent de ce nouvel état. La console était l’œuvre de l’ébéniste Jean­Baptiste Masreliez.

Villepin littéraire

Wabbes SAINT-CYR

STOCKHOLM AUKTIONSVERK

Console

Cette magnifique table de Jules Wabbes (1919­1974) était à vendre ce 25 novembre chez les Saint­Cyr à Bruxelles parmi une vaca­ tion qui offrait une grande diversité d’oeuvres peintes ou de mobilier généralement d’artis­ tes belges. La table de salle­à­manger du Bruxellois était un des très nombreux lots de ce maître proposés à la vente. Ce fut un succès d’ensemble pour cet artiste designer et la table posée sur de solides pieds de bronze qui était annoncée entre 20000 et 30000 €, est partie comme une fusée à 112500 €.

h Ce fut la 3e vente de livres anciens et modernes, rares souvent, voulue par l’ancien Premier ministre. Une réussite évidente. CE TROISIÈME CATALOGUE DES LIVRES de Dominique de Villepin, vendus à 98 % ce 28 novembre, est peut­être le plus beau et im­ pressionnant des trois désormais édités et dis­ tribués par la salle de ventes Pierre Bergé. Le premier ministre s’y abandonne d’ailleurs en une introduction de haute volée, digne des meilleurs penseurs de la Sorbonne ou du Col­ lège de France. Il est fait pour un fauteuil sous la Coupole du quai de Conti. En 2008 d’abord avec la collection centrée sur la révolution et l’Empire, puis en ce début d’année à travers de grands moments de la lit­ térature et cette fois­ci avec plus de 400 lots consacrés à un univers politique, Villepin en aura mis plein la figure par l’élévation de sa pensée. Ce poète de la politique a engrangé des trésors durant ses quarante dernières années. Et en l’occurence ce sont des témoignages de luttes, de passions pour la chose publique ou le pouvoir qu’il faut aller chercher au bout de longs combats et faire vaincre les idées, qu’il laisse partir. Pour Villepin “les passions restent en vie dans ces reliquaires de papier”. Cela vaut pour les livres, les autographes comme pour les photos. Son lot préféré était sans doute les der­ nières notes de Camille Desmoulins (1760­ 1794), rédigées peu de temps avant son exécu­ tion. Le marché lui a eu d’autres appétits et d’autres envies. Dès le premier lot, on sentit que les affaires allaient être rondement me­ nées. Il s’agissait d’un volume connu en trois exemplaires dans les bibliothèque de Châlons, Reims et Dublin et donc d’une extrême rareté. L’auteur en était Etienne de La Boétie (1530­ 1563) où il donnait une “Vive description de la tyrannie et des tyrans”. Le ton politique était lui aussi donné d’emblée. On attendait 30000 à 40000 € pour ce volume de 1577 et il en vint 62133 €, frais compris. On saluera ensuite les 19882 € offerts pour “Zadig” de Voltaire, en

112500 €

PBA

108400 €

Ces clichés pris au Congo-Brazzaville par Marc Allégret pour illustrer un carnet de voyage au Congo et au Tchad en compagnie d’André Gide furent vendus à 210685 € chez Bergé.

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Adjugé!

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PBA

en seigneur

édition originale de 1748, dédié à la sultane Shéraa, qui était un pseudonyme pour la mar­ quise de Pompadour. L’estimation allait de 6000 à 8000 €. Voltaire encore fit tourner les têtes avec le “Traité de la Tolérance”, sorti de presse en 1763 et présenté dans une reliure aux armes du duc d’Angoulême, sous le règne de Charles X. Le marteau tomba à 24853 €. Le lot le plus chèrement vendu fut celui qui relatait le voyage en Afrique, Congo et Tchad, d’André Gide et de son compagnon Marc Allé­ gret qui se chargea des prises de vue photogra­ phiques. Le lot était composé de trois volumes renfermant 204 clichés d’époque et dix­huit ti­ rages plus récents. Soixante­quatre graphies en hors textes et deux cartes complétaient le dé­ cor d’une description très littéraire qui datait de 1928. L’expert de la salle pensait en obtenir entre 30000 et 50000 €. Mais la dispute fut bien plus considérable et finalement le mar­ teau chut à 210685 €. Pour l’empire français d’alors, ce voyage fut un des plus marquant

quant à l’étude des populations et de leurs cou­ tumes sur ces deux territoires sub­sahariens. Dans le même genre d’études anthropologi­ ques le lot 241 renfermait un manuscrit de treize pages rédigées par Claude Lévis­Strauss (1908­2009), consacrées à un voyage au Brésil. Le texte “Saudades do Brasil” fut édité chez Plon en 1994 avec 180 clichés pris entre 1935 et 1939. On attendait 8000 à 12000 € pour ces écrits et il en vint 19126 €, frais compris, comme pour tous les lots énoncés ici. Notons encore les 63754 € obtenus pour l’“Appel aux Français” lancé par Antoine de Saint­Exupéry en 1942. Ce document de trois pages manuscrites n’a semble­t­il jamais été imprimé et semblait jusqu’alors inconnu. L’ex­ pert avait fixé une barre de 30000 à 40000 €. Ce qui ressemble fort à une lettre fut lu sur les antennes d’une radio américaine émettant en français. Le produit total de la vente fut de 2848936 €. Ph. Fy.

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Le marché

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l Vente publique

Cologne genre début de siècle

LEMPERTZ

“Nature morte” (1912) de Lyonel Feininger a été acquise par un collectionneur allemand contre la somme de 1220000 euros.

h Deux journées de fin novembre ont été très profitables aux déposants. L’art moderne a suscité de belles enchères. LEMPERTZ EST INSTALLÉE À COLOGNE sur une place immense, où les premières installations des marchés de Noël sont en cours d’édification. La salle a fait la fête aux arts des deux derniers siècles les 26 et 27 novembre. En deux jours, la maison de ventes a accumulé 9,5 millions d’euros, ce qui n’est pas rien. En valeur, cela représente 100 % des chiffres es­ comptés en art moderne et 120 % en art contemporain, alors qu’il y a eu des re­ traits. Abordons ici l’art moderne. L’art contemporain et le reste suivent en an­ nexe. Deux tableaux, un de la main de Lyonel Feininger et l’autre par Max Pechstein,

ont dominé la vente d’art moderne. Mais ils ne furent pas les seuls, car avec des si­ gnatures célèbres on gagne à peu près à chaque coup. Les œuvres de Kurt Schwitters (à 122000 €), Henry van de Velde (à 110000 €) ou Heinrich Cam­ pendonk (à 104000 €) figurent parmi les objets les mieux prisés de cette vacation. Le lot phare de la vente, “Nature morte” réalisée en 1912 par Lyonel Feininger (New­York, 1871 – New­York, 1956), a été adjugé à 1220000 €. L’œuvre s’inscrit parmi les rares et les meilleures compo­ sitions de natures mortes de l’artiste dont on connaît surtout les sujets ur­ bains ou maritimes (lot 307). Feininger est évidemment un personnage impor­ tant de la période cubiste en Europe et fut membre de la “Sezession” berlinoise, proche du mouvement expressionniste “Die Brücke”. Mais il fut surtout invité par Walter Gropius à venir s’installer à Weimar comme professeur dans cette école d’art et de design fondée par Henry Vandevelde. De là est sorti le fameux “Bauhaus” qui ira prendre ses quartiers à

Dessau où les bâtiments laissés à l’aban­ don pendant le régime communiste, ont été remis en état. La maison que Feinin­ ger habita se visite d’ailleurs. Rappelons surtout que Feininger qui était venu en famille à Hambourg, passa par Liège, à l’école des Beaux­Arts. Le musée des Beaux­Arts de Sydney conserve un des­ sin daté de 1890, montrant une vue de Liège, sans doute prise du Publémont. Il envoya également un lot de quatorze gravures à un correspondant liégeois au collège Saint­Servais, rue Saint­Gilles. Mais il laissa aussi dans une autre feuille (132 x 92 mm), également conservée à Sydney, une caricature, genre dont il était friand, qui ne laisse pas indifférent. On y voit un jeune homme sanglé de toutes parts, debout contre une poutre, fouetté pour avoir mal prononcé un verbe en français. La réputation des Jésuites n’était déjà plus à faire. Le “Paysage au Moulin” de Max Pechs­ tein (1881­1955), datant de 1921 a été cédé pour la somme de 854000 €. L’œuvre, exposée et publiée à plusieurs

reprises, fut appréciée sans doute pour la puissance des coloris et la clarté de la composition. Pechstein était aussi mem­ bre du mouvement “Die Brücke” Henry Van de Velde auquel Bruxelles et la Belgique rendent hommage (enfin), après Weimar, dans la magnifique expo­ sition du Cinquantenaire, fut l’un des importants innovateurs du XXe siècle. Ses créations artistiques comprenant presque toutes les catégories, de l’argen­ terie jusqu’à l’architecture, en passant par le design et le stylisme firent mer­ veille et enchantèrent le duc de Saxe­ Weimar qui le fit venir à Weimar. Son “Jardin à Kalmhout”, huile sur toile, composition datant de sa période de jeu­ nesse, a été adjugé pour 110000 €. La toile était annoncée entre 60000 et 80000 €. Signalons à propos de Van de Velde, le don effectué voici quinze jours par la galerie “Historismus” (Roberto Polo, à Bruxelles), d’un candélabre en ar­ gent massif créé par le fondateur de La Cambre. Philippe Farcy

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Le marché

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DR

l Au marteau

Le “Gespalten” (1987) de Günther Uecker a été vendu pour 537000 euros.

Le contemporain ne fut pas en reste à Cologne h Le clou de la vente fut sans conteste les trois compositions de Günther Uecker. EN ART CONTEMPORAIN GÜNTHER UECKER a dominé la vente avec trois compositions compo­ sées de clous qui sont autant de variations sur le thème de la lumière et du mouvement. La pre­ mière fut la composition intitulée “Gespalten” datée de 1987; il s’agissait d’une composition à clous bipartite d’un dynamisme sans pareil. L’œuvre a trouvé un nouveau propriétaire pour 537000 € alors que la salle l’avait estimée entre 300000 et 350000 €. Une autre composition, dé­ nommée “Feld” datant également de 1987, initia­ lement estimée entre 100000 et 150000 €, a soulevé beaucoup d’intérêt et a finalement changé de main pour 244000 €. La dernière des trois œuvres, “Diagonale Struktur”, une œuvre carrée de dimensions relativement modestes, 40 x 40 cm et datant des années 1965­1975, a été adjugé à 134000 €. Par ailleurs, l’œuvre de Jonathan Meese, “Martin von Essenbeck ist Saalgott”, a changé de mains pour 95000 €. L’estimation haute était fixée à 80000 €. On se trouvait devant une com­ position de grand format soit 370 x 600 cm, con­ çue en trois parties. L’œuvre était chargée de réfé­ rences au cinéma et à la musique classique.

C’était une puissante allégorie en couleurs, à quoi on ajouta des collages photos, et des formes figu­ ratives ou symboliques. D’autres lots, notamment d’Ernst Wilhelm Nay (149000€), Daniel Richter (73000 €), Niki de Saint Phalle (61000 €), Ge­ rhard Richter (41000 €) et Otto Piene (34000€) ont contribué à la réussite de cette vente. La photographie n’était pas oubliée dans cet en­ semble dense. Lempertz s’était vu confier une collection de photographies de la Nasa, faisant l’objet d’un petit catalogue séparé, a connu un vif succès. Provenant de la collection de Jesko Siebert l’ensemble contenait quarante­trois tirages vin­ tage couvrant la documentation faite par les as­ tronautes de l’agence spatiale, lors des missions Gemini et Apollo entre 1965 et 1969. On y trou­ vait des images de la face cachée de la lune, le le­ ver de la terre sur la lune et maintes autres images montrant l’alunissage ou d’autres exploits spa­ tiaux. A côté d’images connues se trouvaient aussi d’autres clichés presque inconnus montrant la vie quotidienne des astronautes pendant leur sé­ jour et le voyage. Grâce au combat des enchéris­ seurs la cote de ce lot a été multipliée par cinq Quant à la vente de photographies, hors Nasa une des fameuses photos au sujet urbain de Tho­ mas Struth a été adjugée pour 9200 €. La photo d’architecture de Hiroshi Sugimoto, intitulée “E.U.R. Museo della civiltà romana”, a aussi dé­ passé son estimation de base montant jusqu’à 13400 €. Les prix comprennent les frais. Ph. Fy.

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l Portes ouvertes

Les antiquaires anversois sur leur 31 h Vingt­trois antiquaires

DÉJÀ LA SEMAINE PASSÉE, LES ANTI­ QUAIRES anversois avaient organisé leurs portes ouvertes qui sont les plus belles que la Belgique connaissent en­ core, même s’ils ne sont plus que vingt­ trois, toutes tendances confondues. L’événement reprend comme logo “Art­A”, ce qui permet d’aller du très an­ cien, antique, jusqu’aux créations con­ temporaines. Le niveau général des par­ ticipants est tel que cela mérite le dé­ tour. A Bruxelles, le rendez­vous est par trop noyé dans l’art culinaire et les cho­ colats; à tel point que l’esprit même du négoce d’antiquités et d’objets d’art se perd. Ici, ce sont les marchands qui créent, génèrent et attirent seuls les clients, reçus pour une bonne part sur invitation, du moins le premier week­ end. Qu’il y ait des retombées sur d’autres types de négoces comme les restaurants ou l’hôtellerie devient ac­ cessoire. La pierre angulaire qui justifie de se rendre à Anvers ce sont comme toujours les Vervoordt. Il ya toujours quelque chose à voir au château, à s’Gravenwe­ zel, mais c’est surtout aux espaces du canal “Kanaal”, qu’il faut se rendre, mal­ gré le chantier immobilier en cours. Les

HONOURABLE SILVER OBJECTS

ouvrent leurs portes à Anvers. Dont les Vervoordt, à ne pas manquer.

Anvers c’est un art de vivre résumé par cette image, telle une nature morte de bonté et de sérénité, mise en scène chez “Honourable Silver Objects”. transformations des silos et la création d’immeubles à appartement est en cours. Les anciens entrepôts sont bien sûr accessibles et restent magiques grâce à leur ambiance mêlant simplicité constructives et effets décoratifs. Puis les Vervoordt jouissent de leur galerie d’art contemporain et depuis hier soir, une exposition consacrée à Tapiès, illus­ tre peintre catalan, a pris son envol. L’expo se penche sur les années soixante du maître. Ceci est en dehors du con­ texte “Art­A”, mais n’empêche, c’est un

must. A la “88­Gallery”, 4 rue Léopold, on montre des objets et des meubles de­ sign, signé Campana (Brésil) ou Gio Ponti (Italie), pour ne citer qu’eux. On est ici chez Erik Müllendorff et Philippe Rapin, installés par ailleurs au quai Vol­ taire à Paris et sur Pimlico à Londres. A propos d’art antique, le lieu de réfé­ rence ici est la galerie “Akanthos”, ins­ tallée sur Oever, au numéro 7, entre la place Verte et le quai Plantin. Karl et Carmen Stimm y exposent plusieurs

pièces romaines et égyptiennes prove­ nant des collections Barbier, mais aussi des bronzes celtiques et des sculptures étrusques. Pour l’art africain, il s’agit de se rendre chez “AmmaTribalArt”, sise 16, rue aux Laines, où Ann De Pauw et Luc Huysveld proposent une approche triangulaire de l’art premier, à travers des sculptures Dan par exemple et des oeuvres de Luc Claus et de Camiel Van Breedam. Retour sur l’art contemporain à travers le faisceau de Jos Jamar qui est une star belge dans son domaine et dont la galerie du quai Cockerill est un carre­ four de culture comme le sont ses stands à la Brafa. Alechinsky, Fabre, Ensor, Broothaers et Panamarenko peuplent les espaces et les cimaises avec une cer­ taine fantaisie. Du côté des antiquaires encore, He­ rwig Simons est juste revenu de Pan­ Amsterdam pour exposer ses objets de curiosité et de cabinet qui donnent une âme à une maison. Raf Van Severen re­ vient pour sa part de la foire des anti­ quaires de Namur où ses tableaux fin et début de siècles firent merveille. Victor Werner enfin, travaille à partager sa pas­ sion pour les beaux tableaux aux sujets rares, du XIXe siècle essentiellement en les mêlant avec des sculptures de tous âges. C’est évidemment une réussite qui rend la Schutterofstraat (21), indispen­ sable dans ce long parcourt où Axel Pai­ ron et les Zeberg sont d’autres repères. Ph. Fy. U Tous les renseignements pratiques se trouvent sur www.art­a.be.

l Vente publique

Forte présence liégeoise chez Elsen portes vers l’Histoire.

ELSEN

PLUS DE 1600 LOTS SERONT proposés ce sa­ medi de 9h à 13h puis de 14h à 18h dans la salle de l’avenue de Tervuren, à Bruxel­ les. Cela va comme d’habitude de l’an­ tiquité à la période moderne. Le Moyen Âge et la Renaissance dans nos anciens Pays­Bas et dans les principautés épiscopales de Liège et de Stavelot­Malmédy sont large­ ment représentés. Pour Liège, il y a plus de deux cents lots à convoiter, dans des zones de prix allant de 100 à 1000 € en moyenne. Voilà de quoi en­ trer en contact avec des gens, des villes, des périodes, oubliés et lointains souvent. Les pièces de monnaies sont fréquemment tout ce qu’il reste quand on a tout perdu d’une ère ou d’un règne et

Dieu sait si sur Liège il y a bien peu de choses encore relevaient de Liège et d’autres du duché de Brabant. des XIVe et XVe siècles. Le lot 1120 est à charge d’un Au 1139, on arrive à l’époque d’Erard de La Marck gros au buste de 1348, sous le règne d’Engel­ (sur le siège de 1506 à 1538), lequel fit amé­ bert III de La Marck, prince­évêque de Liège nager la grande cour du palais de Liège. de 1345 à 1364 avant de devenir arche­ Nous sommes ici vers 1525­1528 et il vêque de Cologne. C’est sous son règne s’agit d’un snaphaen. Sans doute a­t­il que le comté de Looz, tombé en été frappé à Hasselt. D’un côté on déshérence, fut occupé par trouve l’écu des La Marck et de Liège, en 1361, avant l’autre un saint Hubert galopant d’être annexé en sonnant du cor. On apprend dans le 1366. Ce lot vaut catalogue l’origine de l’appellation 300 €. Pour 200€ on de cette pièce qui imite une frappe pourra sans doute éditée depuis 1516 par Charles d’Eg­ partir avec un denier mont, duc de Gueldre. “Son nom popu­ d’avant 1174, du laire (snaphaan), signifie brigand, temps de l’évêque Ce daler au saint Georges, frappé bandit et est à l’origine du mot fran­ Rodolphe de Zaerin­ en 1549 sous Georges d’Autriche, çais chenapan. Il aurait été donné à gen qui participa à la prince-évêque de Liège, devrait se cette pièce en raison des méfaits d’une troisième croisade avec bande de pillards dirigés par un hobe­ vendre à 1000 €. son allié et protecteur Fré­ reau de Gueldre du nom de de Haan et déric Ier Barberousse. Il mourut sur le chemin du verbe snappen qui se traduit par happer”. On attend du retour près de Fribourg­en­Brisgau en 1191. Ce de­ 150 € pour ce lot. nier a été frappé à Maestricht, dont certains quartiers Ph. Fy. ELSEN

h La vente de ce 7 décembre ouvre des

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l Foire

Forte représentation belge à Miami Basel h Huit galeries bruxelloises et

LA FOIRE LA PLUS ESTIVALE DE L’HIVER est aussi l’un des plus grands raouts de l’art con­ temporain et une fête permanente sous le soleil. Ce rendez­vous très huppé attire, et c’est son premier intérêt, outre les collectionneurs glo­ be­trotters habituels, ceux qui proviennent d’Amérique latine (d’où la Brazil Art Fair con­ jointe à Miami) et qui constituent désormais un nouveau public d’acheteurs de choix. Avec plus de 4000 artistes représentés, plus de 250 gale­ ries dont la plupart des meilleures enseignes, et ses huit sections, la foire est de loin, nous dit Na­ thalie Obadia, “la plus importante de continent américain” même si elle n’attire pas spéciale­ ment le public du Nord et de la côte Ouest. Ac­ cueillant aussi l’art moderne, elle rassemble la Pace, la Marlborough, Lelong autant que David Zwirner, Perrotin, la Lisson, Hauser&Wirth, Ga­ gosian et Marian Goodman, pour n’en citer que quelques­unes. Huit galeries avec pignon sur rue en Belgique sont de la partie et l’on y joindra la belge de New York, Van de Weghe Fine Art avec les Magritte, Warhol, Calder… Signalons aussi d’emblée que Pascale Marthine Tayou (vit à Gand) participera avec la galerie franco­italienne Continua. Cette présence importante montre l’ambition de ces galeries de se profiler sur le plan international en première ligne et rejaillit sur Bruxelles prin­ cipalement en confortant sa position de plate­ forme de l’art contemporain. Xavier Hufkens se déplace avec des œuvres de David Altmejd, Ha­ rold Ancart, George Condo, Roni Horn, Thomas Houseago, Robert Mapplethorpe, Tim Rollins and K.O.S., Sterling Ruby, Ed Ruscha et Erwin Wurm, soit des artistes confirmés internationa­ lement. C’est d’ailleurs la tendance générale puisque Nathalie Obadia pour sa première par­ ticipation (elle sera aussi à Bâle et à Hong Kong !) se concentre sur Rina Banerjee, Fabrice Hyber, Fiona Rae, Joana Vasconcelos (sculpture envi­ ron 150.000 $), et sur Martin Barré pour la sec­ tion Art Kabinet avec des œuvres entre 80 et 140 mille euros, et que la Gladstone voit large avec plus de vingt artistes dont Prince, Peyton Kapoor, Neshat (en section film), Haring… Al­ mine Rech n’est pas en reste avec des oeuvres des artistes Aaron Curry, Mark Hagen, Adam Helms, Gregor Hildebrandt, Isaac Julien, Joseph Kosuth, Daniel Lergon (en expo en ce moment à la galerie de Bruxelles), Erik Lindman (qui aura un solo show en janvier à la galerie de Bruxel­ les), Joel Morrison (qui partagera l’espace de Pa­ ris avec William O’Brien), David Ostrowski, Pe­ ter Peri, Ugo Rondinone, Eduardo Terrazas, Ida Tursic&Wilfried Mille, Francesco Vezzoli et en­ fin Brent Wadden. De son côté, Rodolphe Jans­ sen a sélectionné David Adamo, Davide Balula, Walead Beshty, Elaine Cameron­Weir, le bel­ geThomas Lerooy, Justin Lieberman et Gert&Uwe Tobias. La galerie anversoise Zeno X participe avec

COURTESY ZENO X

anversoises s’offrent cinq jours de plage au soleil de la Floride à la foire la plus importante du continent américain.

Michaël Borremans, “The false head”, huile sur toile, 40 x 36 cm, 2013, une peinture présentée à la foire Art Basel Miami Beach par la galerie anversoise Zeno X. Michaël Borremans qui sera prochainement en solo à Bozar, à Tel Aviv et à Tokyo, ce qui confir­ mera sa stature internationale; seront égale­ ment présents, l’artiste chinois Yun­Fei J avec ses sujets de nature politique et sociale, l’artiste japonais Naoto Kawahara, et deux artistes ap­ préciés à la Biennale de Venise : Mark Manders (expo solo en galerie en avril) et Jack Whitten avec une œuvre des années septante. Pour sa quatrième participation, Meessen De Clercq propose un projet réunissant trois artistes autour de la notion de détail avec des œuvres inédites : le Français Evariste Richer, l’Anglaise Susan Collis et l’Anglo­américaine Ellen Har­ vey. En projet extérieur la galerie montrera des “Oil Peaks” du Belge Maarten Vanden Eynde, une œuvre qui prend tout son sens aux Etats­ Unis puisqu’il s’agit de quatre jaillissements de pétrole brut réalisés de façon hyperréalisme en bronze. Enfin, dans la section Nova, Office Baro­ que réserve son stand à deux Américains, les peintres Aaron Bobrow (1985, SF, vit à NY) et David Diao (1943, vit à NY). Les satellites Une bonne dizaine d’autres foires gravitent autour de la principale et sont autant de lieux d’attraction supplémentaires pour les visiteurs qui séjournent à Miami. Parmi elles, la Nada à laquelle participent deux galeries bruxelloises, la belgo­américaine Claering qui représente no­ tamment le bruxellois Harold Ancart (1980, vit à NY), et Sorry We’re Closed dont le trio d’artis­ tes est composé de Jansson Stegner, Peter Schuyff et Stefan Rinck. D’autre part, à la Art Miami, la Cynthia Corbett Gallery de Londres propose entre autres des œuvres récentes, des écritures ‘blabla’de Delphine Boël. Claude Lorent

U Art Basel Miami Beach. Du 5 au 8 décembre, vernissage le 4. Convention Center, 33139 Miami, Floride. U Nada. Du 5 au 8 décembre, The Deauville Beach Resort, 6701 Collins Ave, Miami Beach.

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l Ventes publiques

AMBERES

Belles promesses scaldéennes h Chez Bernaerts et chez Gobelet à décor d’armoiries : frise à décor gravé de tiges en fleurs; pied rond. Allemagne, XVIIIe siècle.

CHEZ AMBERES, LA PROCHAINE vente est fixée au 9 décembre. Chez Bernaerts, il faudra veiller aux grains les 9 et 10 dé­ cembre. On vient de vendre chez les Campo et on y reviendra par la suite. A Anvers il y a souvent de quoi faire. Com­ mençons par les 362 lots d’Amberes qui sont un mixte assez équilibré. Le catalo­ gue comme toujours ici ne renseigne aucune estimation. Le premier lot vala­ ble est un pastel montrant une jeune femme de profil et en buste, tracé par Fir­ min Baes (lot 24). Puis il y aura cette peinture attribuée à l’entourage d’An­ thonie Beerstraten montrant sur une toile de 55 x 78 cm, un beau paysage hi­ vernal centré sur un château (lot 26). Des gens patinent sur la pièce d’eau et sous le pont qui relie le beau bâtiment au village. Le joueur de mandoline peint par Léon Brunin sur un panneau de 56 x 42 cm ne manque pas de gueule. En suivant la nu­ mérotation, on trouve au lot suivant (33e), un panneau dans l’esprit de Vasa­ rely mais peint en deux couleurs de noir et de blanc, par Enrique Careaga. Plus loin, un dessin de Floris Jespers mon­ trant un clown assis devant une dame sur le sable, avec au fond un bateau à voile pourrait interpeller les amateurs. La feuille de 260 x 200 mm est tracée au crayon et à l’aquarelle. Une femme de pê­ cheur en train d’écrire une lettre auprès

AMBERES

Amberes on vend la semaine prochaine. Quelques bonnes surprises sont au menu.

d’une fenêtre, peinte sur panneau par Edward Portielje, mérite elle aussi un peu d’attention. On pourra apprécier également cette nature morte de raisins et de fruits divers dont des pêches, posés sur un entablement et au pied d’une co­ lonne, dans un esprit baroque. La toile de 60 x 50 cm est attribuée à Jacobus Rotius et semble dater de 1681. Plusieurs des­ sins de Van Mieghem apparaîtront en­ suite avant de laisser la place aux objets d’art et notamment à de la porcelaine de

Chine, des XVIIIe et XIXe siècles. Les faïences de Delft surtout, de Lunéville et de Bruxelles et quelques grès, certains sont de Luxembourg, ne manquent pas de qualité. Viendront ensuite les lots de verrerie, absolument remarquable et digne de l’un des plus beaux stands que l’on vit naguère à Pan­Amsterdam. Pour les amateurs de verres gravés anciens, issus des Pays­Bas, de Venise ou de Liège sans doute, cette vacation est une très belle

opportunité. On finira pour ce lieu avec un peu d’argenterie dont une assiette vo­ lante aux poinçons de Bruges, vers 1760. Tout se voit sur le net à amberes.be. Pour ce qui concerne la salle de ventes Bernaerts, on mettra en exergue un bel ensemble de tableaux anciens et moder­ nes. Ce sont là des oeuvres d’ateliers issus des Flandres, Italie et France pour la plu­ part et souvent des sujets religieux. Un chef­d’œuvre s’y trouve et c’est une toile de L. Tiberghien. La toile de 108 x 84 cm, au sommet arrondi représente une “Ma­ done à l’Enfant”, peinte en 1840. On an­ nonce ce lot entre 3000 et 4000 €. Tiber­ ghien n’est pas dans le dictionnaire Bé­ nézit mais il en existe un autre, né à Menin vers 1750 et qui fut directeur de l’Académie de Gand. Il y a par ailleurs un tableau à fond d’or italien du XVe siècle malheureusement très abîmé et égale­ ment une “Crucifixion” avec la Madone et saint Jean donné à l’atelier de Bellini mais qui nous semble plus proche de Ferrare que de Venise. On annonce 12000 à 15000 € pour ce panneau de 96 x 86 cm qui présente la particularité de provenir de la collection de l’évêque de Namur Théodore­Joseph Gravez (1810­ 1883), nommé au siège en 1867. La vente qui est très ornée de nombreux lots de porcelaine et de bronzes (fort mièvres), verra sur sa fin apparaître un magnifique bas­relief figurant une panthère. L’oeuvre de 29x44x66 cm est une créa­ tion de A. Trémont (1892­1980). Il s’agit d’un marbre de Mazy, ce qui ajoute à son intérêt. Ph. Fy.

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Supllb 20131206 art full  

Arts Libre du 6 décembre 2013