Page 1

C’est parti pour Art Gent. La foire gantoise se reformule. PP.10-11

CET « AUTOPORTRAIT À LA CRAVATTE », PEINT PAR BASQUIAT S’EST VENDU CHEZ TAJAN LE 20 NOVEMBRE DERNIER CONTRE 1,3 MILLION D’EUROS.

HUGO MAERTENS/ZWARTE HUIS, KNOKKE.

Supplément à La Libre Belgique - N°210 - Semaine du 29 novembre au 5 décembre 2013

Foire

LA COTE DE BASQUIAT

EN HAUSSE

PP.12-13

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


L'actu

2

SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

l Expo en vue

Commentaire

Comparaison et raison

Nous avons déjà évoqué ici l’opuscule savoureux et éclairé paru très récem­ ment chez Albin Michel, intitulé “Jour­ nal d’un critique d’art désabusé (2009­ 2011)”. Sous la plume de Michel Ra­ gon, critique d’art averti s’il en fut et s’il en est toujours à près de 95 ans, on déguste, au jour le jour, l’humour et les humeurs d’un homme qui voit s’effilo­ cher bien des valeurs qu’il défendit avec la certitude d’avoir raison. Et, n’en déplaise à sa modestie et à son antipa­ risianisme élégant, lui qui vint à l’art comme on croque la vie quand elle passe, sans diplômes ni fracas, il avait raison. Ce petit livre est une mine d’or, un recueil de saveurs, un plat de résis­ tance qui se passe fort bien de hors­d’œuvre, tant il est consistant. Et nourri pourtant simplement, au fil d’une rencontre, d’une réflexion, d’un souvenir, d’un constat. On lui doit ainsi ceci : “Lors d’un débat télévisé, comme le jeune critique qui m’était opposé parlait de la mort de la peinture ou, plutôt de la fin de la peinture dans l’histoire de l’art, je répliquai que Soulages… Il me coupa très vite la parole : “Soulages n’est pas un artiste contemporain…” Et le vieux critique ébaubi de constater qu’à peu près au moment de ces propos, la rétrospective Soulages du Centre Pom­ pidou pouvait s’auréoler de plus d’un demi­million de visiteurs, malgré quatre semaines de grève ! D’où Ragon de conclure : “Ma foi, aller voir l’exposi­ tion du vieux Soulages comme on va voir une exposition de Rembrandt, pourquoi pas…” Il est des sagesses qui tuent les incongruités ! Et le bon Ragon de gar­ der l’œil vif et la sentence musclée, quitte à court­circuiter les avis domi­ nants. Ainsi quand il évoque Bacon et Freud : “Après Soulages, Lucian Freud au Centre Georges Pompidou. Quel con­ traste ! De la pure abstraction à la figu­ ration la plus crue, avec une complai­ sance dans les nus libidineux, hommes étalant des sexes qui pendouillent, fem­ mes énormes, paquets de chairs flasques… On associe souvent Freud à Bacon… Cette comparaison m’étonne. Bacon peut représenter des scènes érotiques ambi­ guës, elles n’en restent pas moins toujours avant tout de la peinture, avec sa percep­ tion si particulière de la composition, avec son chromatisme si personnel… Freud n’attire l’attention que par l’énor­ mité de ses sujets, par la provocation de son exhibitionnisme. Enlevez cela et il n’en reste qu’un peintre académique.” Vous avez dit lucidité, sagesse !

ARCHIVIO FAUSTO MELOTTI, MILAN; PHOTO -® DANIELE DE LONTI, MILAN

Par Roger Pierre Turine

Melotti, prince du fil de cuivre Bio express Né à Rovereto en 1901. Part pour Florence, puis Milan. Ses recherches plastiques “visent à articuler l’espace selon des rythmes musicaux”. Représentant du mouvement abstrait milanais avec Fontana, Manzù, Grosso. Monographie par A.M. Hammacher, en 1975 (Editions Electa). 2013 : “Klee-Melotti” au Museo d’Arte de Lugano; “Calder et Melotti : Children of the Sky”, à la Ronchini Gallery, à Londres.

h Ceux et celles qui ont vu sa magnifique rétrospective du Mac’s au Grand Hornu en 2004 se souviennent d’un moment de pur bonheur. ET S’EN SOUVIENNENT AVEC TANT D’ÉTOILES dans les yeux qu’il leur paraîtrait regrettable de ne pas cou­ rir, à Londres cette fois, pour retrouver, en ses pompes et ses œuvres, l’aura indescriptible d’un funambule de l’art en trois dimensions. Modeste et réservé, discret, Fausto Melotti (1901­1986) fut, à l’instar d’un Mo­ randi en peinture, l’auteur inspiré de constructions

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


Infos pratiques Waddington Custot Galleries, 11, Cork Street, Londres W1S 3LT. Jusqu’au 20 décembre, du lundi au vendredi, de 10h à 18h; le samedi, de 10h à 13h30. Beau catalogue de 100 pages en couleur. Infos : 0044.20.7851.220 0 et www.waddingtoncustot.com Londres en 2 heures avec Eurostar : www.eurostar.com

crypte, clavier au bout des doigts. Si l’on pense à Morandi pour le jeu des silences, des profondeurs spirituelles, qu’évoquent et distillent ar­ matures et arabesques du plus subtil des manieurs de fils (de cuivre en son cas unique), l’on peut, côté en­ fance de l’art, de plus en plus rare de nos jours, situer les déclinaisons de Melotti entre les traits en deux di­ mensions de Paul Klee, musicien des lignes et des son­ ges, et les vagabondages tridimensionnels d’Alexan­ dre Calder, magicien du mouvement et du jeu qui prête à sourire d’aise. Les trois hommes auraient pu se connaître. Tous les trois Individualistes, retirés des af­ fres du monde, ils ont, de pair, commis une œuvre en marge des courants artistiques. En marge, parce qu’ils furent si personnels que nul n’aurait pu les pasticher sans y perdre tout crédit. L’exposition montée par Busine était exemplaire et muséale. Celle de Londres, proposée en galerie privée, l’une des meilleures de la place, la Waddington Custot Galleries, ne l’est pas moins, avec sa trentaine de piè­ ces brossant l’ensemble du parcours de Melotti, des années 40 à deux ans avant sa mort. Réalisée avec le soutien de la Fondation Melotti de Milan et la fille de l’artiste, Marta Melotti, elle bénéficie de toutes les ga­ ranties d’usage, et nombre des œuvres proposées le furent précédemment dans les musées les plus presti­ gieux. Semble­t­il trop irrégulièrement montré en Ita­ lie, Melotti jouit d’un juste prestige à travers le monde et, s’il est rare, et donc précieux, de le retrouver en expo personnelle d’envergure, chaque opportunité est à saisir. A Londres, on suit un parcours qui, des premières terres cuites et d’un “Teatrino” de 1950 en céramique vernissée et terre cuite peinte, encore très figuratifs, drame et légèreté de pair, vire à la dimension abs­ traite, sans s’éloigner d’un univers narratif empreint de sous­entendus. On constate aussi combien les piè­ ces de la dernière décennie du sculpteur, les années 80, n’ont rien perdu de leur magie ancienne. “Luongo la roggia”, de 1982, tissu, pierre, bois et carton peints, montre avec quelle aisance Melotti faisait sienne une monumentalité exprimée dans l’infiniment petit.

L'actu

3

ARCHIVIO FAUSTO MELOTTI, MILAN; PHOTO -® DANIELE DE LONTI, MILAN

SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

Avec lui, l’espace est omniprésent. Le temps, la vie, la mémoire, le désir, le rêve, la volupté le sont tout autant. C’est simple, on rêve avec lui ! C’est délicat, poétique, raffiné, tendu sur le fil… de cuivre. Et infini­ ment musical. Ce qui n’a rien de surprenant quand on sait que Melotti fut musicien avant que plasticien. Et même diplômé en génie électrique de l’Ecole Poly­ technique de Milan. Trois dimensions pour un tridi­ mensionnel habité de qualités subtilement variées et complémentaires. Tout son art est à recevoir en par­ tage d’intimités à éprouver au cœur de soi. Roger Pierre Turine

“L’art est un état d’âme angélique et géométrique, qui s’adresse non pas au sens mais à l’intellect.” Fausto Melotti, en 1935

légères, sensibles, si mouvantes et si chargées en leur inertie même, qu’à les scruter en leur âme et cons­ cience, on finirait par les surprendre balançant aux vents du rêve leurs architectures fluides et capiteuses. Petits théâtres animés d’indicibles sortilèges, si vi­ vants dans leur dénuement, les stabiles, emplis de suspensions, variantes et tangentes, du plus poétique des Italiens métaphysiques, libèrent des énergies et des tendresses qu’on reçoit comme un cadeau, à tout âge, en toute saison. “Cours­y vite, cours­y vite… le bon­ heur il va casser”, chantait Paul Fort, prince des poètes. Reprise au vol, la formule devrait vous inciter au voyage séance tenante, tant, avec Melotti, tout semble réglé comme ce fin papier à musique qu’on reçoit em­ pli déjà de sonorités censées se dévoiler à qui les dé­

ARCHIVIO FAUSTO MELOTTI, MILAN; PHOTO -® DANIELE DE LONTI, MILAN

Fausto Melotti, “Proscenio”, 1975. “Quasi per gioco”, 1976. “Albatros”, 1980.

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


4

L'actu

SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

l Expo en vue

De la mutation de toutes Lieven De Boeck, “Mikado LDB Modulor”, 2013, verre coloré, dimensions variables. A gauche, Nicolas Lamas, “Partial View”, 2013, verre, plastique et pierre, 153 x 50 cm.

h Fidèle à sa formule, la galerie Meessen De Clercq propose un trio d’artistes en expos solo mais non sans accointances en épreuve de perception.

COURTESY : L’ARTISTE ET MEESSEN DE CLERCQ, BRUSSELS, 2013

BIEN QUE LES TROIS EXPOSITIONS soient distinctes, chacune d’elle porte plus ou moins sur le ténu et sur ce qui a priori pourrait ne pas être de l’art : une pierre à l’état brut, une ficelle tendue, un jeu de Mikado, des boules de la pétanque à l’italienne, un mètre pliant… Sauf que dans les mains des artistes, traités par eux, ces objets se parent d’une nouvelle identité, perdent leur fonction initiale au profit d’un usage détourné dans une résolution esthétique. Si l’aspect ludique du Mikado étalé au sol est conservé par Lieven De Boeck, le matériau dans lequel il est conçu rend son usage habituel impossible. Les bâton­ nets colorés sont réalisés en verre ! Contrairement à ce que laisse supposer la référence au jeu, la sculpture ne peut être confondue avec celui­ci dont les couleurs et les proportions sont d’ailleurs différentes. Le mimé­

“Le travail semble familier, à première vue. Il s’agit de l’architecture, mais pas toujours. […] Il s’agit de moyens d’existence, d’être. Il s’agit de faire émerger le familier – de le rendre légèrement inconnu.” Pieter Van Bogaert (à propos de Lieven De Boeck)

tisme n’est donc qu’apparent et le titre même de la pièce renvoie à d’autres données puisque l’on y re­ trouve à la fois les initiales de l’artiste et le fameux Mo­ dulor de Le Corbusier, soit la taille humaine idéale ap­ pliquée à l’architecture. L’artiste va imposer sa propre mesure corporelle pour déterminer la longueur des bâ­ tonnets et appliquer celle­ci en mesures anglaises : inch, feet… qui sont davantage en relation avec le corps. Quant au nombre de bâtons mis en jeu, il dépend d’une application de la suite de Fibonacci. En fait, tout hasard a disparu puisque la mathématique s’est imposée en lois de fabrication et que le verre rend le jeu impossible. Le Mikado a muté, il est exclusivement art ! Chez Alek O., jeune plasticien originaire d’Argentine, les références sont essentiellement artistiques et la dé­ marche repose sur l’utilisation d’objets courants et usa­ gers qu’il transforme en œuvres. Les formes géométri­ ques en toile rouge, disposées au mur sont inspirées d’une pratique ludique chinoise de composition d’ima­ ges qui oscillent ici entre une abstraction minimaliste de type art construit et la stylisation de postures d’un animal (chien), le tout réalisé à l’aide de bâches de para­ sols récupérées. La mutation est totale comme celle des boules de Boccia découpées et reconstruites. Une prati­

que qui inclut également le recyclage et la transforma­ tion, la sauvegarde et le cycle de vie. Les tableaux de laine, réutilisation de vieux pulls, font un clin d’œil à l’Arte Povera autant qu’au monochrome, alors que les plâtres posés sur des supports uniformes et courbes, tels ceux utilisés par les photographes et les cinéastes, en ré­ fèrent d’emblée aux natures mortes picturales, princi­ palement à Morandi, ainsi qu’aux innombrables mou­ lages sculpturaux traditionnels et académiques, alors qu’ici il s’agit, à l’inverse de recouvrement et de modifi­ cation de la forme ! L’aspect insolite est exploité par Nicolas Lamas, un jeune péruvien vivant actuellement en Belgique. Il a également recours à des objets usuels qu’il place en si­ tuations insolites comme ce mètre pliant coincé entre deux murs mais trop long et dès lors courbe et totale­ ment inutile. L’humour se glisse dans sa pratique autant qu’un aspect ludique lorsqu’il tend un filet de ping pong, sans table, juste pour empêcher le passage ou lorsqu’il oppose un étalon de mesure bien préservé sous cloche à la même quantité de poussière, voire quand il pose sur le verre d’un scanner une lourde pierre qui dé­ truit l’appareil : l’image n’est pas égale à la réalité ! Claude Lorent

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


L'actu

SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

5

Sm’Art Supplément Mariën

choses

Une expo coquine cet été au Musée de l’érotisme, une autre en ce moment au Musée de la Photographie de Charleroi, une somptueuse monographie chez Pandora Publishers, la riche actualité de Marcel Mariën (1920 – 1993) s’enrichit en ce moment d’une expo de collages, photos, objets, principalement des années septante et quatre­vingt, en la galerie Quadri à Bruxelles. Ce surréaliste était un jouisseur de l’image qui n’a pas son égal pour retourner – re­ trousser ­, toutes les situations à travers un humour qui n’a peur de rien, ne s’embarrasse d’aucunes frontières et d’aucun tabou. Nous tous, hommes et femmes, en sommes les cibles favorites. Il met en scène et en cage les mariés comme les marins, il colle sans vergogne pour illustrer des pensées ou des réalités bien cachées, il réalise des montages photographiques dont l’aspect poétique ne bannit pas le contenu subversif. Un bel esprit libre, critique et liber­ taire, ce Mariën ! C.L. U Marcel Mariën. Galerie Quadri, 105, av. Reine Marie Henriette, 1190 Bruxelles. Jusqu’au 14 décembre. Vendredi et samedi de 14h à 18h. Et srv www.galeriequadri.be

Spes Mécénat : Prix 2014 Depuis 26 ans, chaque année, l’association de mécénat Spes accorde des bourses à des artistes belges – plasticiens, musiciens, littéraires, créateurs textiles… – pour les aider à réaliser un pro­ jet de création ou de perfectionnement et ainsi progresser dans leur parcours. Cette année, sept nouveaux lauréats viennent rejoindre les 190 artistes déjà primés par Spes depuis 1987. Chaque lauréat reçoit une bourse de 5000 euros pour mener son projet à bon port. Une pho­ tographe, Stéphanie Roland, 29 ans, lauréate déjà de plusieurs prix et d’une bourse de la Voca­ tion, s’est vue couronnée pour un travail à mener sur l’utopie et la science­fiction avec l’aide de logiciels 3D et de procédés astronomiques. Finalité entrevue : brouiller les repères entre réalité et fiction et créer un univers de l’étrangeté et du mystère. Autre plasticienne épinglée : la peintre Valérie Lenders qui, dans ses travaux, mélange peinture, dessin, couture, tricot, cro­ chet, tapisserie, offrant en bout de course une sorte “de musique graphique, de poème peint” Elle prépare une exposition monographique pour juin 2014. Infos : www.spes.be (R.P.T.)

Rectificatif

COURTESY : L’ARTISTE ET MEESSEN DE CLERCQ, BRUSSELS, 2013

L’exposition de Benloy et Noëlle Koning, annoncée dans notre Arts Libre précédent, se pour­ suit jusqu’au 7 décembre et non novembre ! On rectifiera également l’attribution des légen­ des inversées dans l’article sur le paysage, ainsi que l’orthographe correcte, sans ‘r’du nom de Michel Bocart qui expose à Wavre. Nos excuses aux artistes. C.L.

Bios express Alek O. Né en Argentine (Buenos Aires) en 1981, il expose depuis une petite dizaine d’années, principalement en Europe (Italie, Angleterre, France…) mais également à New York. Première expo en Belgique chez Meessen de Clerq, en 2012. Nicolas Lamas. Né à Lima, au Pérou, en 1980, il vit actuellement en Belgique grâce à une formation à l’Hisk. Outre dans son pays, il a exposé, depuis 2005, essentiellement en Espagne. Ce solo est sa première expo en Belgique. Lieven De Boeck. Plasticien et architecte, né en Belgique (Derdermonde) en 1971, il vit et travaille à Bruxelles et à New York. Il expose depuis 2003 en galeries et centres d’art, principalement en Belgique, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis.

Infos pratiques Alek O. “On parasols, Jumpers and Balls”. Nicolas Lamas, “Reference points”. Lieven De Boeck, “Mikado LDB Modulor”. Galerie Meessen De Clercq, 2a rue de l’Abbaye, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 7 décembre. Du mardi au samedi de 11h à 18h.

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


6

Les galeries

SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

Compositions

Le combat de Bandoma

COURTESY GALERIE ANTONIO NARDONE

Steve Bandoma (Kinshasa, 1981) est un artiste de la nouvelle vague congolaise en RDC. S’il vit aujourd’hui à Cape Town en Afrique du Sud, comme nombre de créateurs africains, il se revendique de la multidisciplinarité de ses actions, se voulant tout à la fois peintre, sculpteur, installateur, performeur. Nous l’avons découvert à la faveur de l’exposition congolaise “Maendeleo” montée à La Châtaigneraie, à Flémalle, en 2013. Il nous avait alors surpris et captivé par des peintures sur papier dans lesquelles il revisitait habilement une Afrique des fétiches réactualisée par des revendications, conquêtes et combats très contemporains. Ses images frappaient par une qualité graphique directe, percutaient en visant au cœur des problèmes avec autant d’humour que d’humeurs. Ce qu’il nous propose cette fois, avec l’aide de la Fondation George Forrest et de l’asbl Dialogues de Lubumbashi, nous laisse plus dubitatif. Totalement différente du premier travail, sa faconde actuelle s’appuie davantage sur le collage et met en scène une série conçue autour du fameux combat du siècle à Kinshasa, en 1974, entre Cassius Clay et Jimmy Fraser. Si la lisibilité des images n’est pas directement évidente, ce qui serait de bonne guerre, elle pèche par une surabondance de collages de visages noyant le papier sous un imbroglio mal défini, parfois gratuit. Bandoma a sans doute le sens de la composition, celui du rythme et du mouvement, que dope une incontestable énergie. Au­delà du combat du siècle, pas mal perdu dans le magma collage et “dripping”, l’artiste entend dénoncer les travers de la société, le matérialisme ambiant. Il semble avoir repris à Vitshois Mwilambwe le principe du collage de figures et objets soustraits aux magazines en vue. Or, leur ordonnance dans le tableau manque d’évidence, d’à­propos. On aimera le revoir dans d’autres combats, plus plastiques, moins confus, à l’emporte­pièce. (R.P.T.)

U Galerie Antonio Nardone, 34­36, rue Saint­Bernard, 1060 Bruxelles. Jusqu’au 14 décembre, du mercredi au samedi, de 14 à 18h. Infos : 02.333.20.10 et www.galerieantonionardone.be

URue de Laeken 105 - 1000 Bruxelles 02 512 88 28 www.officedartcontemporain.com

Petits Papiers Femmes. Oeuvres de Milo Manara et Pat Andrea. ‣ Jusqu’au 12·12. UPlace Fontainas 1 - 1000 Bruxelles 02 513 46 70 - www.petitspapiers.be

Pierre Hallet Proposition n°1. Oeuvres d’Antonio Alcasser, James Brown, Jacqueline Devreux, Bernard Gaube, Georges Meurant, Maurice Wyckaert... ‣ Jusqu’au 12·12. Du Ma. au V. (fermé le Me.) de 14h30 à 18h30, le S. de 11 à 18h30 et le D. de 11h30 à 13h30. URue E. Allard 33 - 1000 Bruxelles 02 512 25 23 - www.galeriepierrehallet.com

Roberto Polo Gallery Silent Treatment. Oeuvres de Mil Ceulemans. ‣ Jusqu’au 19·01. Du Ma. au V. de 14 à 18h, les S. et D. de 11 à 18h ou sur rdv. URue Lebeau 8-10 - 1000 Bruxelles 02 502 56 50 www.robertopologallery.com

Schiller Art Gallery Jean Rustin. Dessins. ‣ Jusqu’au 01·12. Du J. au D. de 12 à 18h ou sur rdv. URue Van Moer 12 - 1000 Bruxelles 0496 23 88 54

Sorry We’re Closed Poems. Sculptures d’Ugo Rondinone. ‣ Jusqu’au 26·12. URue de la Régence 65 - 1000 Bruxelles 0478 35 42 13 - www.sorrywereclosed.com

Synthèse Flash Black. Sélection d’oeuvres sur papier en noir et blanc de Pol Bury, MaLaurentin Gallery Herrström, John-Franklin Koenig, Françoise Pétrovitch. ‣ Jusqu’au dlen Mark Tobey... ‣ Jusqu’au 19·01. Du J. 21·12. Du Ma. au S. de 10h30 à 18h30. au S. de 14h30 à 18h30. URue Ernest Allard 43 - 1000 Bruxelles -

Champaka Me. au D. de 14 à 18h. Miles Hyman “Le Dahlia Noir”. Illus- URue Ravenstein 32 - 1000 Bruxelles trations couleurs de grands formats du 02 219 44 51 BRUXELLES Los Angeles des années 40-50. ‣ Jus- www.etablissementdenfaceprojects.org 02 540 87 11 - www.galerie-laurentin.com ABC qu’au 08·12. Du Me. au S. de 11 à Gladstone Gallery Eijberg. Sculptures. ‣ Jusqu’au 28·12. 18h30, le D. de 10h30 à 13h30. Gedi Sibony. Oeuvres sculpturales. Meessen De Clercq Du Ma. au S. de 10h30 à 12h30 et de URue Ernest Allard 27 - 1000 Bruxelles ‣ Jusqu’au 20·12. Du Ma. au S. de 10 à Mikado LDB Modulor. Sculpture au sol 02 514 91 52 ou 0475 26 94 08 14h30 à 18h30 ou sur rdv. 18h. de Lieven De Boeck. ‣ Jusqu’au 07·12. www.galeriechampaka.com URue Lebeau 53 - 1000 Bruxelles URue du Grand Cerf 12 - 1000 Bruxelles Du Ma. au S. de 11 à 18h. 02 511 32 53 ou 0475 37 59 27 02 513 35 31 - www.gladstonegallery.com On Parasols, Jumpers and Balls. PeinChristine De Cuyper Art Gallery tures abstraites d’Alek O. ‣ Jusqu’au Alice Dirk De Keyzer, Rietje Geurts, Patricia 07·12. Deaf, Dumb and Blind. L’esthétique du Broothaers et Jully Denis. Sculptures Group 2 Gallery collectif belge Hell’O Monsters est un et peintures. ‣ Du 03·12 au 30·01. Du Rétrospective Jean Milo (1906-1993). Reference Points. La pratique artistiHuiles, gouaches, aquarelles et encres que du jeune péruvien Nicolás Lamas mélange iconoclaste de références à Ma. au D. de 11 à 18h30. de 1925 à 1990. ‣ Jusqu’au 21·12. Du se fonde sur une réflexion sur l’espace, l’art contemporain, de sub-cultures et URue de la Madeleine 43 - 1000 Bruxelles Me. au S. de 14 à 18h. le temps, la culture et les sciences. Il de culture populaire. ‣ Jusqu’au 02 503 21 12 ou 0479 93 94 74 URue Blanche 8 - 1000 Bruxelles appuie ses recherches en utilisant de 20·12. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur www.christinedecuyperartgallery.be 02 539 23 09 nombreux media comme la photo, la rdv. http://artalog.net/gallery/gallery.php?id=286 Espace Blanche URue du Pays de Liège 4 - 1000 Bruxelles sculpture, la vidéo ou des ready-ma02 513 33 07 - www.alicebxl.com Alfonso di Mascio. ‣ Jusqu’au 01·12. Hopstreet des. ‣ Jusqu’au 07·12. Tous les jours de 14 à 18h (présence See You When You Get There. Oeuvres URue de l’Abbaye 2 - 1000 Bruxelles Catherine Bastide 02 644 34 54 - www.meessendeclercq.com de l’artiste les S., D. et j.f.). Use Period. Oeuvres de Valerie Sno- URue Marché au Charbon 3 - 1000 Bruxelles de Bas van den Hurk. ‣ Jusqu’au 21·12. Du J. au S. de 14 à 18h. beck. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au S. - 02 510 01 41 - www.espaceblanche.be MH Gallery URue du Houblon 7 - 1000 Bruxelles Bis non repetita. Oeuvres de Yoshifumi de 11 à 18h. 02 511 05 55 - www.hopstreet.be URue Vandenbrandenstraat 1 - 1000 Bruxel- Etablissement d’en face projects Hayashi et Denyse Willem. ‣ Jusqu’au les - 02 646 29 71 Jutta Koether: un établissement aux J. Bastien-Art 11·01. Du Me. au S. de 11h30 à 18h30 www.catherinebastide.com Folies-Koethère. ‣ Jusqu’au 22·12. Du Aux Couleurs de l’Inde. Douze artistes ou sur rdv. Haute 11 - 1000 Bruxelles indiens au coeur de la création contem- URue 0478 84 89 81 poraine. ‣ Jusqu’au 14·12. Du Ma. au www.mathildehatzenberger.eu S. de 11 à 18h30. URue de la Madeleine 61 - 1000 Bruxelles MOTinternational 02 513 25 63 - www.jbastien-art.be Aishan Yu. Dessins. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au S. de 10 à 18h ou sur rdv. Jan Mot UPlace du Petit Sablon 10 - 1000 Bruxelles Postscript II (Berlin). Oeuvres de Tris 02 511 16 52 - www.motinternational.com Vonna-Michell. ‣ Jusqu’au 18·01. Du J. au S. de 14 à 18h30 ou sur rdv. Office Baroque Gallery URue A. Dansaert 190 - 1000 Bruxelles Screen Life #13 & Polaroid. Vidéos et 02 514 10 10 - www.janmot.com Polaroids de Michel Auder. ‣ Jusqu’au 07·12. Du Me. au S. de 11 à 18h ou sur Keitelman Gallery Behind the Screen. Oeuvres de Nam rdv. UPlace du Jardin aux Fleurs - 1000 Bruxelles June Paik (1932-2006). ‣ Jusqu’au - 0484 59 92 28 - www.officebaroque.com 18·01. Du Ma. au S. de 12 à 18h ou sur rdv. Office d’Art contemporain URue van Eyck 44 - 1000 Bruxelles Paysage mental. Erotique. Dessins 02 511 35 80 - www.keitelmangallery.com érotiques de Juan Paparella. ‣ Jus-

Galeries

qu’au 07·12. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv.

URue E. Allard 24 - 1000 Bruxelles 02 514 40 55 - www.galeriesynthese.be

van der Mieden Street Geometries. Oeuvres d’Alain Biltereyst. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Me. au S. de 13 à 18h. URue Antoine Dansaert 196 - 1000 Bruxelles - 02 513 62 12 - www.vandermieden.com

Young Gallery Across the Ravaged Land. Par le biais de son objectif, Nick Brandt nous confronte à une réalité dérangeante où les anciens rois sont devenus des martyres, des portraits d’animaux aux allures d’icônes d’une Afrique autrefois préservée. ‣ Jusqu’au 08·02. Du Ma. au S. de 11 à 18h30. UAvenue Louise 75b (Hôtel Conrad) 1050 Bruxelles - 02 374 07 04 www.younggalleryphoto.com

Artiscope Suaires. Oeuvres de Bob Verschueren. ‣ Jusqu’au 13·12. Du L. au V. de 14 à 18h ou sur rdv.

UBoulevard Saint-Michel 35 - 1040 Bruxelles - 02 735 52 12 - www.artiscope.be

Quadri Marcel Mariën (1920-1993). Collages, objets et photographies. ‣ Jusqu’au 14·12. Les V. et S. de 14 à 18h ou sur rdv. UAvenue Reine Marie-Henriette 105 1190 Bruxelles - 02 640 95 63 www.galeriequadri.be

Albert Baronian Andy Boot. ‣ Jusqu’au 11·01. Du Ma. au S. de 12 à 18h. Glare Schematics. Oeuvres de Tony Oursler. ‣ Jusqu’au 11·01. URue Isidore Verheyden 2 - 1050 Bruxelles 02 512 92 95 - www.baronianfrancey.com

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

Les galeries

7

JESSICA BACKHAUS

Photographie

Une fois, encore et toujours Dans “Jesus and the Cherries” (Jésus et les cerises), Jessica Backhaus relatait par petites touches son itinérance dans la Pologne du début des années 1990. Bien plus qu’un récit, la série composait une sorte de tableau impressionniste des gens et de leur manière de l’accueillir, elle, mais aussi des choses vues ou plus exactement rencontrées. Déjà dans ce premier livre, la photographe américaine d’origine allemande semblait placer sur le même pied personnes et objets. En alternant des portraits de ses hôtes et images des lieux vides, elle conférait aux choses un peu de la vie momentanément en suspens. Dans “What still remains” (Ce qu’il reste), elle approfondissait cette manière de regarder le monde en dehors de la présence humaine pour mieux appréhender la présence du monde lui­même. Elle tentait de percer le mystère de ce qui rend les objets banals si fascinants et ce, dans des compositions qu’on pouvait prendre pour des natures mortes. À ceci près que contrairement aux peintures classiques de ce genre qui évoquent souvent la vanité des choses face au temps, ses images parvenaient à capter le sentiment de vie qui les anime quand on les surprend par hasard. En quelque sorte, elle illustrait­là toute la différence entre l’expression “nature morte” et sa traduction en anglais “still life”. Précisément, dans “Once, still&forever” (Une fois, encore et toujours), elle poursuit cette quête des traces du temps et suggère au fil des images que ces choses qui étaient autrefois, le sont encore et resteront pour toujours. Certaines photographies de cette dernière série datent de sa dernière année à New York, où elle a habité pendant 14 ans tandis que les autres disent de sa rupture radicale avec le passé et son retour dans son ancienne patrie, l’Europe. L’affirmation est plus forte encore, elle dépasse le sentiment anecdotique, quelque peu nostalgique et fait passer l’idée d’un “ordre des choses”, d’une permanence rassurante. Ce que nous avions oublié est­là qui nous attend à notre retour… Tout cela est dit avec un sens certain des couleurs et des compositions, mais aussi et surtout avec cette capacité particulièrement “photographique” à débusquer les images in situ. À noter que ce travail exposé actuellement aux cimaises de Stieglitz 19 a été publié de belle manière chez Kherer. (J­M.Bo)

U “Anvers, Stieglitz 19, Klapdorp, 2. Jusqu’au 22 décembre, du mercredi au samedi, de 14h à18h. Infos : www.stieglitz19.be

U Le livre : Editions Kehrer, 88 pp., 55 photos, 48 €

Esther Verhaeghe Art Concepts Coups & Blessures. Dessins et sculptures de Muriel de Crayencour, photos et écorces de Janine Laurent Josi et bijoux de Sophie de Kinkelin. ‣ Jusqu’au 21·12. Du J. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue Mignot Delstanche 51 - 1050 Bruxelles - 0476 28 37 35 - www.estherverhaeghe.com

Feizi Gallery He Yunchang. ‣ Du 06·12 au 11·01. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. Ite, missa est. Shi Jinsong investit différents champs créatifs comme la sculpture et l’installation, explorant les traditions et les mythes de la culture chinoise dans un dialogue toujours instructif avec l’époque contemporaine. ‣ Jusqu’au 30·11. URue de l’Abbaye 8b - 1050 Bruxelles 02 647 55 16 - www.feizi-gallery.com

Fred Lanzenberg Endless Landscape. Peintures de Lionel Guibout. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au V. de 14 à 19h, le S. de 10 à 19h. UAvenue des Klauwaerts 9 - 1050 Bruxelles - 02 647 30 15 ou 0475 73 40 15 www.galeriefredlanzenberg.com

Galerie Lazarew L’Autre Côté de la Ligne. Dessins de Sergio Moscona. ‣ Jusqu’au 05·01. Du Ma. au V. de 14 à 19h. UAvenue Louis Lepoutre 112 - 1050 Bruxelles - 02 345 30 83 - www.galerie-lazarew.fr

Galerie Martine Ehmer Anxiorythme. Dessins et peintures de Dominique Lomré. ‣ Jusqu’au 08·12. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue de Stassart 100 - 1050 Bruxelles 0473 59 02 85 - www.martineehmer.com

Jozsa Gallery Stockholm Syndrome. Oeuvres de Lello//Arnell. ‣ Jusqu’au 21·12. Du J. au S. de 12 à 18h ou sur rdv. URue Saint-Georges 24 - 1050 Bruxelles 0478 48 77 09 - www.jozsagallery.com

Mazel Galerie L’Attente. Peintures de Son Seock. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au S. de 11 à 19h ou sur rdv. URue Capitaine Crespel 22 - 1050 Bruxelles 02 850 29 28 - www.mazelgalerie.com

Puls Contemporary Ceramics Merete Rasmussen & Antonino Spoto. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Me. au S. de 13 à 18h. URue du Page 19 - 1050 Bruxelles 02 640 26 55 - www.pulsceramics.com

Rainhart Gallery Dialogos entre Cuba - Brasil. Dessins de six artistes latino-américains contemporains: Kilian Glasner, Bruno Vilela, Marcio Almeida... ‣ Jusqu’au 31·01. Du Ma. au S. de 11 à 18h. URue Washington 90 - 1050 Bruxelles 02 649 24 69 - www.rainhart.net

Bodson Didier Devillez Reinforced Concrete. Sculptures de Couleurs actives. Oeuvres de Michel Rodolphe Janssen Benjamin Sabatier. ‣ Jusqu’au 21·12. Carrade, Gilbert Herreyns, Georges Jürgen Drescher & Sam Moyer. SculpMeurant, Tim Porter et Pierre Thoma. tures et peintures. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Me. au S. de 14 à 19h. ‣ Jusqu’au 14·12. Du J. au S. de 14 à Du Ma. au V. de 10 à 18h, le S. de 14 à URue de Hennin 70 - 1050 Bruxelles 18h30 ou sur rdv. 02 648 40 06 - www.bodson-emelinckx.com 18h. URue E. Van Driessche 53 - 1050 Bruxelles Rehabilitating the Steinway Tube 02 215 82 05 - www.galeriedidierdevillez.be Box Galerie Ducts. Oeuvres d’Adam McEwen. ‣ Jusqu’au 21·12. Extrême-Orient. Photographies de Mi- duboisfriedland URue de Livourne 35 - 1050 Bruxelles chael Kenna réalisées ces dernières années en Extrême-Orient. ‣ Jusqu’au Charles-Henry Sommelette. Peintures 02 538 08 18 et fusains. ‣ Jusqu’au 14·12. Les V. et www.galerierodolphejanssen.com 07·12. Du Me. au S. de 14 à 18h. S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue du Mail 88 - 1050 Bruxelles URue Souveraine 97 - 1050 Bruxelles Zedes Art Gallery 02 537 95 55 - www.boxgalerie.be 0470 54 98 98 - www.duboisfriedland.com Didier Mahieu. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Me. au V. de 12 à 18h, le S. de 14 à 18h. Delire Gallery Elaine Levy Project URue Paul Lauters 36 - 1050 Bruxelles Pat McCarthy. ‣ Jusqu’au 18·01. Du J. Debaser. Oeuvres de Kate Steciw. 02 646 00 04 - www.zedes-art-gallery.be au S. de 13 à 18h ou sur rdv. ‣ Jusqu’au 21·12. URue de Praetere 47D - 1050 Bruxelles URue Fourmois 9 - 1050 Bruxelles 100 Titres 0487 12 52 50 - http://deliregallery.com 02 534 77 72 - www.elainelevyproject.com Autofictions. Oeuvres de Jean-Pierre

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


8

Les galeries

SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

COURTESY ZEDES ART GALLERY, BRUSSELS. © L’ARTISTE

Points d’origine

Marquet mêlant notes, dessins, collages, mémos... ‣ Jusqu’au 22·12. Du J. au D. de 14 à 18h. URue A. Cluysenaar 2 - 1060 Bruxelles 02 534 03 43 - www.100titres.be

Antonio Nardone Combat du siècle. Oeuvres de l’artiste congolais Steve Bandoma. ‣ Jusqu’au 14·12. Du Me. au S. de 14 à 18h. URue Saint-Bernard 34-36 - 1060 Bruxelles 02 333 20 10 www.galerieantonionardone.be

Faider Hommage à Colette Fallon (19492009). ‣ Du 06 au 22·12. Du Me. au S. de 14 à 18h ou sur rdv. URue Faider 12 - 1060 Bruxelles 02 538 71 18 - www.galeriefaider.be

Galerie Arielle d’Hauterives Regards Croisés. Une double exposition qui associe le travail d’Emilie Danchin (photos) et de Vida LiZa (dessins, installations, mixed media...), deux artistes qui empruntent des chemins artistiques autonomes et très personnels pour se rejoindre dans leur questionnement de la féminité, de l’identité et du déracinement. ‣ Jusqu’au 07·12. Du J. au S. de 14 à 19h ou sur rdv. URue Tasson Snel 37 - 1060 Bruxelles 0477 70 02 32 - www.arielledhauterives.be

Galerie Daniel Templon Anthony Caro. Sculptures récentes. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au S. de 11 à 18h. URue Veydt 13A - 1060 Bruxelles 02 537 13 17 - www.danieltemplon.com

Galerie Paris-Beijing Day is Done. Collages et sculptures du collectif new-yorkais Ghost of a Dream. ‣ Jusqu’au 18·01. Du Ma. au S. de 11 à 19h. URue Hôtel des Monnaies 66 - 1060 Bruxelles - 02 851 04 13 www.galerieparisbeijing.com

Le Caméléon Coquet Rewind. Oeuvres gravées de Roger Dewint. ‣ Jusqu’au 20·12. Du Me. au V. de 13 à 18h. UPlace Van Meenen 34 - 1060 Bruxelles 0478 93 42 79 - www.lecameleoncoquet.be

Évasions tous azimuts Didier Mahieu (1961, vit à Hastière) multiplie les images à l’envi et laisse vagabonder librement l’imaginaire du visiteur tant les propositions s’entrecroisent et se diversifient. On passe ainsi d’un très grand tirage en noir et blanc d’une montagne inconnue où se niche un improbable glacier inaccessible à un immense tableau peint, sorte de paysage irréel, une abstraction à la limite du fantastique, voire à des projections vidéo ou au remake d’une scène de film enfermée dans un ancien projecteur, voire encore à l’une ou l’autre réalisation expérimentale flirtant avec l’approche scientifique. Chez lui l’insolite, l’ambiguïté, le mystère, l’inconnu, s’acoquinent toujours avec ce que l’on croit connaître ou reconnaître. Volontairement l’artiste brouille les pistes, il ne raconte pas une histoire, il en suggère cent; il n’associe pas les dessins et peintures qu’il place côte à côte sur un mur, il provoque des rencontres improbables que chacun activera ou pas selon ses lectures et à partir desquelles il construira peut­être son propre récit. Comme pour revenir de temps en temps les pieds sur terre, il propose même, sur films en noir et blanc, des photos documentaires anciennes, non retouchées, des moments de ‘l’histoire’ancienne dont la fragilité de l’interprétation se mesure à l’aune de l’ensemble des œuvres de l’expo. Fréquemment dans ses portraits, paysages et scènes diverses, l’artiste trace de légers traits reliés à un point. Serait­il l’origine des choses ? (C.L.)

U Didier Mahieu. Ex (il). Zedes Art Gallery, 36 rue Paul Lauters, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 21 décembre. Du mercredi au vendredi de 12h à 18h, samedi de 14h à 18h.

noir et blanc de Arno Rafael Minkkinen aux compositions abstraites de Niko Luoma. ‣ Jusqu’au 21·12. Du J. au S. de 11 à 13h et de 14 à 19h.

BRABANT WALLON

BRAINE-L’ALLEUD Le Salon d’Art Kikie Crêvecoeur. Gommes et linos. URue Faider 6 - 1060 Bruxelles Galerie 360° ‣ Jusqu’au 21·12. Du Ma. au V. de 14 à 02 502 78 24 - www.galerievaleriebach.com Anne Vijverman “Vlaams-Waals” & 18h30, le S. de 9h30 à 12h et de 14 à Anita Stein “Terminus taalgrens”. 18h. Rossicontemporary Photos. ‣ Jusqu’au 22·12. Le Me. de 15 URue de l’Hôtel des Monnaies 81 Daniel Coves. Peintures récentes. à 18h et le S. de 14 à 17h. 1060 Bruxelles - 02 537 66 40 ‣ Jusqu’au 25·01. Les J. et V. de 13 à UPlace Abbé Renard 1 - 1420 Braine-l’Alleud www.lesalondart.be - 02 384 61 03 17h et le S. de 14 à 18h ou sur rdv. Du bout des doigts. Oeuvres d’Eleo- http://galerie360.braine-lalleud.be Pascal Polar Quel avenir pour notre art ?. Les pein- nore Gaillet. ‣ Jusqu’au 25·01. tures de Chéri Samba, sur une période Lights Out. Encres sur papier de Jona- LOUVAIN-LA-NEUVE allant de 1989 à 2009, révèlent sa per- than Rosic. ‣ Jusqu’au 25·01. Espaces Loungeatude Building - Chaussée de Waterloo ception de la réalité sociale, politique, URivoli 690 - 1180 Bruxelles - 0486 31 00 92 Blancs. Peintures de Pierre Debatty. économique et culturelle du Zaïre, ex- www.rossicontemporary.be ‣ Jusqu’au 15·01. Du L. au V. dès 11h posant toutes les facettes de la vie quoet le S. dès 18h. tidienne à Kinshasa. ‣ Jusqu’au 21·12. Galerie Verhaeren UPlace Polyvalente - 1348 Louvain-la-Neuve Du Ma. au S. de 14 à 19h ou sur rdv. Abstractions figuratives. Photos de - 010 45 64 62 - www.loungeatude.be UChaussée de Charleroi 108 - 1060 BruxelDaniel Lemaire. ‣ Jusqu’au 08·12. Du les - 02 537 81 360 ou 0477 25 26 92 Me. au S. de 14 à 18h et le D. de 10 à Galerie des Halles www.pascalpolar.be 13h. Connexions. Oeuvres de Pierre DeExtraits. Photos d’Anna Robazynski. batty. ‣ Du 03·12 au 25·01. Du L. au S. Valérie Bach de 11 à 18h. A Finnish Frame of Mind. L’expo con- ‣ Jusqu’au 08·12. UPlace de l’Université - 1348 Louvain-lafronte les univers de deux photogra- URue Gratès 7 - 1170 Bruxelles 02 662 16 99 www.lavenerie.be Neuve phes finlandais, les autoportraits en

Arts Libre. Supplément hebdomadaire à La Libre Belgique. Coordination rédactionnelle: Gilles Milecan et Camille de Marcilly. Réalisation: IPM Press Print. Administrateur délégué - éditeur responsable: François le Hodey. Rédacteur en chef: Francis Van de Woestyne. Rédacteurs en chef adjoints: Xavier Ducarme, Pierre-François Lovens et Gilles Milecan. Conception graphique: Bruno Bausier, Jean-Pierre Lambert. Publicité: Martine Levau (0032.2.211.29.12 – martine.levau@ipmadvertising.be).

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


Les galeries

SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

9

A l’étranger France

URue de Rasse 13 - 7500 Tournai 069 64 14 95 - www.rassonartgallery.be

LIÈGE LIÈGE Monos Gallery Yakusa & Heavenz. Oeuvres d’Anton Kuster. ‣ Jusqu’au 15·01. Du J. au D. de 14h30 à 18h30. URue Henri Blès 39 - 4000 Liège 04 224 16 00 ou 0485 91 16 02 www.monosgallery.com

STAVELOT Triangle bleu Painting endless. Oeuvres de Bernard Gilbert. ‣ Jusqu’au 29·12. Du J. au D. de 14 à 18h30 ou sur rdv. UCour de l’Abbaye 5 - 4970 Stavelot 080 86 42 94 - www.trianglebleu.be

UReyndersstraat 12 - 2000 Anvers 0475 75 94 59 - www.valerietraan.be

BORGERHOUT Zeno X Gallery Twice. Oeuvres de Marlene Dumas et Luc Tuymans. ‣ Jusqu’au 21·12. Du Me. au S. de 13 à 17h.

FLANDRE OCCIDENTALE KNOKKE Sabine Wachters Fine Arts It’s the month of May … for me. Peintures de David Powell, dont les fleurs sont le sujet de prédilection. ‣ Jusqu’au 08·12. Les S., D. et j.f. de 11 à 13h et de 14h30 à 18h. UGolvenstraat 11 - 8300 Knokke 050 61 58 35 - www.sabinewachters.com

Deweer Gallery Everything for you, Otegem. Oeuvres de Jan De Cock. ‣ Jusqu’au 08·12. Du Me. au D. (fermé le S.) de 14 à 18h ou JAMBES sur rdv. Détour Notes. Photos de Jean-Louis Vanesch. Meadows on the Grid Float. Oeuvres ‣ Du 04·12 au 04·01. Du Ma. au V. de de Matthew Lutz-Kinoy. ‣ Jusqu’au 12h30 à 17h30, le S. de 14 à 18h, 08·12. UTiegemstraat 6a - 8553 Otegem fermé les j.f. 056 64 48 93 - www.deweergallery.com UAvenue Jean Materne 166 - 5100 Jambes 081 24 64 43 - www.galeriedetour.be

FLANDRE ORIENTALE

081 24 64 37 - www.ville.namur.be

ANVERS ANVERS valerie_traan 13 | Berliner Mood. Exposition d’artistes, de designers et d’architectes, de et sur Berlin. Oeuvres d’Annemie Augusti-

L’artiste français (1964), qui se définit comme un photogra­ phe­marcheur, enregistre avec obstination les montagnes de l’Himalaya ou des Alpes pour rendre visible “le temps des pay­ sages”. Tout en se déplaçant, il saisit plusieurs fois le même motif et, par ce processus, brouille la visibilité. U Jusqu’au 28 décembre. Galerie Lazarew, 14 rue du Perche, 75003 Paris. www.galerie­Lazarew.fr

GENT

Sebastian Riemer – Photo Paris – Galerie Dix9

UFortlaan 17 - 9000 Gent - 09 222 00 33 www.fortlaan17.com

Les “spolia” (titre de l’expo) ou remplois, désignent la réutili­ sation de pièces et œuvres d’art de monuments antérieurs comme matériaux de construction dans un nouveau monu­ ment. Cette démarche rejoint celle de l’artiste, qui extrait de leur contexte originel ses sujets pour les insérer dans un nou­ veau cadre. U Jusqu’au 21 décembre. Galerie Dix9, 19 rue des Filles du Calvaire, 75003 Paris. www.galeriedix9.com

Galerie du Beffroi Machinations. Sculptures en mouve- Fortlaan 17 ment de Johnny White et Amanda Wray. I Told You So. The World is Flat. ‣ Jusqu’au 05·01. Du Ma. au S. de 11 à Oeuvres de Jan Verbruggen. ‣ Jusqu’au 31·01. Du Me. au V. de 14 à 18h, 18h et le D. de 12 à 18h. le S. de 12 à 18h ou sur rdv. URue du Beffroi 13 - 5000 Namur -

Contact

COURTESY GAL. DIX9

NAMUR

Après l’expo à la Fondation Cartier, la galerie montre un en­ semble d’œuvres récentes et inédites de l’artiste (1962, vit à Pékin), réunissant peintures et sculptures monumentales. Ses portraits d’un rose vif, riant à gorge déployée, usent de gros plans cinématographiques, de jeux d’associations d’ima­ ges où la mort est désormais très présente. U Jusqu’au 28 décembre. Galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg, 75003 Paris. www.danieltemplon.com

Éric Bourret – Photo Paris – Galerie Lazarew

OTEGEM

NAMUR

À travers un ensemble de travaux (les Magnolias, Portes­Te­ hilim, Od drwzi do drzwi, Yemima, Makom ou l’installation Migration temporaire), l’artiste poursuit sa réflexion en trou­ blant la représentation du réel pour mieux lui rendre sa visi­ bilité. Elle joint, Galerie II, un ensemble de travaux récents intitulés “Autoportaits” (anciens). U Jusqu’au 11 janvier. Galerie Nathalie Obadia, 3 rue du Cloître Saint­Merri, 75004 Paris. www.galerie­obadia.com

Yue Minjun – Peinture Paris – Galerie Templon

UGodtsstraat 15 - 2140 Borgerhout 03 216 16 26 - www.zeno-x.com

COURTESY GAL. TEMPLON

TOURNAI Rasson Art Gallery Christo, Jeanne Claude - Voltz / Arman / Claude Gilli. ‣ Jusqu’au 12·01. Du J. au D. de 14 à 18h30 ou sur rdv.

jns, Marian Beschoner, Isabelle Krieg... ‣ Jusqu’au 03·01. Du J. au S. de 14 à 19h.

COURTESY GAL. LAZAREW

HAINAUT

COURTESY GAL. N. OBADIA

Carole Benzaken – Peinture Paris – Galerie Nathalie Obadia

Agenda Culturel Tél.: 02.211.27.23 Email : agenda@lalibre.be

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


Adjugé!

SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

Nous avions évoqué au début du mois d’octobre une très belle vente de meu­ bles et objets d’art qui devait se tenir chez les Saint­Cyr à Paris, le 18 octobre. Cette vente eut bien lieu, mais ce fut à se demander s’il y avait du monde en salle en ce bel hôtel de Roths­ child, que les commissaires­priseurs louent de temps en temps quand ils ne travaillent pas en l’hôtel Drouot ou en leur siège de Bruxelles. La vente parisienne passa complètement à côté de son sujet. Il n’y a pas eu 25 % de lots vendus, alors que la qualité était bien présente, à l’instar de cette magnifique étagère de présentation Louis XV (40 000 à 60 000€), en chêne naturel, que nous avions utilisée pour illustrer l’article. On signalera ici la bonne vente, à 38 133€, d’un dressoir renaissant en noyer sculpté. L’estima­ tion haute était fixée à 40 000€. Comme quoi, le marché de l’art c’est aussi de la roulette russe et qu’il ne faut pas se laisser aveugler par quelques enchères mirobolantes en moderne, contempo­ rain, design.

Chez Beaus­ sant­Lefèvre ce mardi 26 no­ vembre, on de­ vait vendre dans une vaca­ tion de livres anciens, un ma­ nuscrit signé par François­ René de Châ­ teaubriand, et rédigé en dix volumes non re­ liés. Il s’agissait de mémoires, écrites sur 3 514 pages recto verso. Les copis­ tes étaient des professionnels. Le maître devait en conserver trois exemplaires, et celui­ci fut donné au notaire du sieur Delloye, coéditeur de ce projet long et ambitieux, signé en 1836. Ce lot, estimé entre 400 000 et 500 000 euros, qui est une référence historique, n’a finale­ ment pas été vendu en salle mais bien la veille de la vacation, directement à la Bibliothèque nationale de France.

38133 €

BEAUSSANT-LEFÈVRE

Châteaubriand

CORNETTE DE SAINT-CYR

Mobilier

Goran Djurovic, “Auswanderer”, peinture sur toile, 30 x 40 cm, 2013. Une œuvre de la galerie Zuid, à Anvers.

Prix inconnu GALERIE ZUID, ANVERS

10

l Foire

Le triptyque h Rebaptisée l’an passé, la foire gantoise se reformule entre stands de galeries, solos d’artistes et zone réservée au design. LA FOIRE D’ART CONTEMPORAIN DE GAND ne cesse de se chercher en modifiant sa for­ mule, qui, cette année, comprendra trois sec­ tions distinctes : celle des galeries, celle des ar­ tistes en solo présentés par des galeries et celle du design contemporain. Internationale par quelques participations étrangères, de Milan à Tokyo en passant par Moscou et Paris, la foire reste principalement régionale. La plupart des galeries sont belges, et proviennent du Nord du pays. Vous n’y rencontrerez pas les enseignes les plus importantes, ni celles qui sont sélec­ tionnées pour Art Brussels et autres grandes foires mondiales. Donc sera abordé un autre as­ pect de l’art moderne et contemporain, et l’on comprendra que le niveau ne sera pas le même. La qualité d’un marché dépend des produits qui y sont présentés ! Une hausse de la barre se­ rait appréciée. Pour notre part, et à titre d’exemples, on sé­ lectionnera plus particulièrement trois galeries belges, outre la Light Cube Art Gallery (Ronse), qui proposera notamment des œuvres de Koen Broucke et Hans Vandekerckhove. Une Anver­ soise, Zuid, qui mise sur un solo d’un artiste bien connu de nos lecteurs, Goran Djurovic, à

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

Le marché

11

HUGO MAERTENS/ZWARTE HUIS, KNOKKE.

d’Art Gent 2013

Jan De Vliegher, “Garden”, une œuvre de la galerie Zwarte Huis, Knokke. propos duquel notre confrère Roger Pierre Tu­ rine écrivait : “Univers insondables et secrets, pe­ tits théâtres de l’inconscient collectif, le monde dé­ peint par Djurovic tient à la fois du spectacle inso­ lite et de la pièce de personnages en quête d’un auteur.” Hors ce solo, la galerie présentera égale­ ment des petits dessins nerveux et sombres du Bruxellois Laurent Lankmans (1971), des pay­

sages de l’Espagnol Manuel Velasco (1966), des huiles d’un autre Espagnol, Xavier Visa (1968), qui peint les gens dans la vie urbaine, enfin des aquarelles première classe de la Française Ca­ therine Jansens (1949). Les deux autres galeries ont devanture à Kno­ kke. La Zwarte Huis a sélectionné un quatuor. On y retrouvera les peintures généreuses et bien empâtées de Jan De Vliegher (Bruges, 1964), qui privilégie la série des “Glass, Plates and Blossoms” à propos desquelles nous écri­ vions récemment : “dans ses compositions solide­ ment structurées, aucun réalisme mais toute la fé­ brilité, toute la magnificence et toute la fragilité des choses de ce monde. Les choses passent, la pein­ ture reste !”; des dessins et maquettes de la série “The Armoury” de Koen Deprez (1961), pour­ fendeur de l’archi de tradition; des œuvres sur papier de 1976 à 1982, en figuration allusive, de Richard Simoens; des peintures, des gouaches et des céramiques de la série “Les nuits africai­ nes” d’André Van Schuylenbergh. La Robinsons Art Gallery mise sur les deux têtes d’affiche que sont Pierre Alechinsky, notamment avec un triptyque rare de 1968, et Karel Appel, un autre ex­Cobra, avec des peintures de 1950 à 1970. Un autre versant de la spécialisation de la gale­ rie, les artistes chinois, sera confié entre autres aux pinceaux à l’érotisme froid de Liu Yunjun. C.L. U Gand, Flanders Expo, du 30 novembre au 3 décembre, de 11h à 19h, nocturne le 2 décembre jusqu’à 22h. Entrée : 16€ (en ligne : 10€). Infos : 09.241.55.00. et www.artgent.be

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


12

Le marché

SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

l Résultats

Vive Basquiat h Le peintre d’origine haïtienne vaut cher, même avec une œuvre moins significative. La preuve à Paris, chez Tajan. C’ÉTAIT LE 20 NOVEMBRE DERNIER à Paris, dans les salles de chez Tajan, rue des Mathu­ rins, juste à côté de la Chapelle expiatoire, lieu commémoratif de l’endroit où furent enterrés Louis XVI et Marie­Antoinette avant d’être transférés à Saint­Denis. Il y avait 120 lots à cette vacation. C’est à la fois peu et beaucoup, car on y mélangea les genres et les qualités. Ce genre de dispersion ne donne pas souvent de résultats satisfaisants, et ce fut un peu le cas. Deux lots amenèrent à eux seuls plus de 60 % du revenu. Basquiat (New York, 1960 – New York, 1988) tint la vedette, mais il ne fut pas le seul. Il fallait

lui adjoindre, à score quasiment égal, le peintre Chu Teh Chun, né en 1920 et présent ici à tra­ vers une toile de 1968, qui avait été vendue au cédant ou à ses héritiers dans une galerie de Marseille. Plusieurs artistes firent de bons sco­ res, au regard des estimations affichées, mais ils furent tous largués en grande profondeur quand ils furent vendus. Il n’y eut que 60 lots vendus, soit la moitié de dépôts retirés. En va­ leur par rapport à ces mêmes estimations, le ni­ veau remonte à 90 %, mais cela ne fit pas l’af­ faire de tout le monde. Basquiat donc, était présent via un “Autopor­ trait à la cravate”, signé et daté de 1985, peint alors qu’il se trouvait à Saint­Moritz, en Suisse, chez le galeriste zurichois Bruno Bischofberger. La toile de 83 x 56 cm était d’un classicisme rare chez Jean­Michel Basquiat car on n’y trou­ vait que de la peinture à l’huile, sans collage, ni inscription. On attendait l’œuvre entre 800 000€ et 1,2 million d’euros. Au bout du compte, le marteau tomba à l’estimation haute,

soit 1 341 668€. Chu Teh Chun fit bien mieux car le vendeur était prêt à laisser partir son ta­ bleau, “Composition n°290”, entre 350 000 et 450 000€. Or, les amateurs se disputèrent la toile de 147 x 114 cm jusqu’à 1 339 944 €, comme si le marché n’osait pas passer outre le score de l’américain. On retiendra encore les 636 796€ obtenus pour une toile éclatante de Robert Motherwel (1915­1991). Il s’agissait de “The Summer Stu­ dio”, daté de 1977 et affichant une belle taille de 112 x 137 cm. Le prix obtenu resta compris dans les estimations, qui montaient jusqu’à 700 000€. Il y eut encore un score à six chif­ fres, soit 249 634€, offerts pour une toile de Miquel Barcelo (né en 1957) intitulée “Bode­ gon chinois avec Buda” et peinte en 1985. La toile de 195 x 300 cm était estimée entre 200 000 et 300 000€. Cette composition pro­ venait, comme le Basquiat, de la galerie de Bruno Bischofberger. Ph. Fy.

Cet “Autoportrait à la cravate” peint par Basquiat s’est vendu chez Tajan, le 20 novembre dernier, contre 1,3 million d’euros.

l Expo

Natu h François

D.R.

d’Ansembourg expose trois artistes qui travaillent sur le monde animal et végétal. Interpellant.

Pierre-Yves Renkin invente des fleurs en bronze et résine, façonnées à partir d’éléments animaliers. Serions-nous projetés en 2250 ?

STÉPHANIE LE GRELLE, VALÉRIE FONTIBUS et Pierre­Yves Renkin sont les vedettes éphémères d’une exposition qui se tient ce week­ end seulement, au 272 de la chaussée de Vleurgat à Ixelles. L’anti­ quaire est amateur de choses insolites, d’objets précieux des XVIIIe et XIXe siècles et il apprécie les artistes d’aujourd’hui qui créent des émotions à partir de peu de chose ou de coups de génie, souvent ba­ sés sur des éléments simples et évidents. François d’Ansembourg a toujours été un admirateur des objets “grand tour”. Ce sont les sou­

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


Le marché

SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

13

Le livre de la semaine

Christian Dotremont

CFC- ÉDITIONS

Cet ouvrage est un beau livre. Un album aussi qui regorge de photographies, de repros d’œuvres et de documents, un bel ouvrage, soigné graphiquement, au papier épais bien choisi, mat, pas trop lumineux, réservé. Il est à l’image même de celui dont il est question, Christian Dotremont, le poète, l’écrivain, le co­fondateur de Cobra, le rassembleur d’artistes, l’initiateur avec Jorn des peintures­mots, le dessinateur de mots au pinceau gorgé d’encre de Chine, l’ami de l’indéfectible Pierre Alechinsky, l’inventeur du logogramme (1962) par lequel “Il prônait l’inspiration réciproque du peintre et de l’écrivain. […] La simultanéité de la pensée et de la main, de la parole et du geste”, confie l’auteur. Le logogramme qui établira sa renommée et s’est imposé en œuvre singulière dans l’art du 20e siècle. L’écriture est le champ d’investigation du peintre­ poète permanent et Pieter De Reuse, en un texte truffé de citations qui contextualisent ses dires, évoque l’étendue des applications scripturales : les écritures à la lampe de poche, les logoneiges et logoglaces, les boues avec Serge Vandercam, une quantité d’œuvres à deux pinceaux, à quatre mains; les logogrammes sur photographies, les lettres, les dessins lapons, les litho­mots, les typographismes et même les photomatons ! Dotremont, ce sont aussi les collaborations à de multiples publications et les amitiés (voir les lettres), c’est la Laponie et le Danemark, les voyages, le sana avec Jorn, c’est la référence à Apollinaire, à Cocteau; c’est Gloria, c’est le nja (oui et non)… C’est une aventure sentimentale et passionnée avec l’écriture. Un superbe ouvrage à lire et à regarder. (C.L.)

TAJAN

U Christian Dotremont. Traces de Logogus. Pierre De Reuse. 184 p., 174 ill., cart., préface de Frédéric Baal, texte de Butor, Pol Bury, E. Devolder, J. Noiret. Coll. Strates. CFC­ Éditions. Tirage de tête avec estampe originale.

re revisitée venirs parfois authentiques ramenés par des voyageurs fortunés qui traversaient l’Europe, venant pour la plupart de Grande­Bretagne. Ils se faisaient livrer dans leurs demeures des objets de marbre ou de pierre dure, créés dans l’Antiquité ou copiés d’après elle. Un vase de porphyre, un élément de frise, une vasque en malachite, une co­ lonnade miniature évoquant les fouilles romaines, voilà ce qu’est son quotidien. Son fils Frédéric a repris le département des bijoux anciens, autre genre de régal pour les yeux que l’on admirera sans doute à la prochaine Brafa, dans un mois et demi déjà. Ici, pour le paternel, il s’agit de se faire plaisir, de le partager avec une clientèle de fidèles et de donner de la visibilité à des artistes in­ croyablement talentueux que l’on voit trop peu et qui sont généra­ lement sous­cotés. Valérie Fontibus et ses objets recouverts d’or étaient déjà sur la brèche (qui n’est pas d’Alep) la semaine passée chez Esther Ve­ rhaegen de Naeyer, rue Mignot Delstanche. Elle dore des portes d’armoires de cuisine (pour le magasin de Pascale Peckers et de Gé­ rald Watelet, au Sablon), comme des globes à suspendre, des mou­ les géantes placées dans les rues de Bruxelles ou des animaux pré­ historiques. C’est à la fois sobre et presque drôle car inattendu. Stéphanie le Grelle explore toujours les arbres, dont elle peint les troncs avec une précision renversante. Mais elle sculpte aussi, et emploie des branchettes dont elle fait des monuments. Puis il y a le monde enchanteur et parfois bizarre de Pierre­Yves Renkin, citoyen de Hanêche (entre Hannut et Namur), d’où sortent de ses mains des animaux réinventés mais aussi des fleurs, compo­ sées d’éléments d’animaux dont on oublie la provenance vivante et parfois vorace. Il en est ainsi de ce petit alligator qui sort d’une cou­ ronne de pétales rouges en coquille de petites tortues soutenues par des têtes renversées de caméléons. Et le tout tient sur une haute patte de flamand rose. Il y a une dizaine d’objets de ce genre, issus d’un monde rêvé ou redouté. Les objets colorés sont en bronze fondu chez Luc Harzé, dont l’atelier se trouve à Clabecq. Et quand ce n’est pas du bronze, c’est de la résine translucide. Emotions garan­ ties. Ph. Fy. U 272 chaussée de Vleurgat, 1050 Ixelles. De 14h à 18h. Entrée et sorties libres.

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


14

Le marché

SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

STUDIO 925-ZILVER&VAN NOUHUYS

Œuvre de Jan van Nouhuys, exposée par le Studio 925Zilver&Van Nouhuys à la foire Pan-Amsterdam.

l Foire

Les belles surprises d’Amsterdam h Le mélange de l’ancien et du contemporain­design marche bien à Pan­Amsterdam. De quoi satisfaire les visiteurs locaux et les touristes de passage. LE SALON D’AMSTERDAM, QUI SE TERMINE dimanche soir à 18h, est d’une belle ampleur et présente des choses intéressantes. A cette période, le salon n’a à peu près aucune con­ currence à ce niveau de qualité et, dès lors, son existence se justifie. Pour les négociants, toute occasion de voir défiler entre 20 000 et 30 000 personnes en une dizaine de jours est une opportunité à ne pas manquer. Quand en plus “Pan” peut deve­ nir un marchepied pour arriver à entrer dans le cénacle de la Tefaf, cela représente un “must” pour certains d’entre eux. Vu depuis les visiteurs, la manifestation a de quoi plaire par son élégance, sa mise en scène, mais, en même temps, elle pourrait laisser sur leur faim ceux qui seraient trop gourmands. La “Pan”, c’est un moment intermédiaire, conçu comme tel par les responsables de la Tefaf, dont le concept cherche à faire cohabi­ ter les genres en les mélangeant. C’est l’in­ verse à la Tefaf, qui isole les spécialités, ce qui a tendance à les renforcer. Et évidemment, à Maastricht, on étale le marché sur trois fois plus d’espace. S’il fallait faire un choix par coup de cœur, ce serait pour mettre en avant des artisans ou des artistes de ce siècle, voire du siècle passé, à l’instar de ce que proposent certains stands en bijoux, verrerie et argenterie. Il y a là un fond de recherches, d’inspiration et de raffine­ ment, qui devrait engendrer des collections exhaustives peut­être, éclectiques sans doute. Dans cet esprit, commençons par le stand 31, occupé par la galerie “Studio 925”, instal­ lée à Schoonhoven près d’Utrecht. On y trouve là une exposition en grande partie consacrée à Jan Van Nouhuys, artiste né en 1949, mêlant le bois et l’argent massif. Ses sculptures et ob­ jets (Möbius, Infinitas ou Stapel) possèdent une force évidente et sont d’une esthétique ir­ réprochable, ce qui avait fait choisir une de ses

œuvres ce mois­ci comme couverture du ma­ gazine “Collect”, édité à Gand. Autre coup de cœur pour le stand de la gale­ rie Etienne, qui, elle, ne propose que des sculptures de verre, conçues et réalisées par des artistes de plusieurs nationalités. Cette ga­ lerie, qui défend plus de quarante artistes de cette spécialité, est installée à Oisterwijk. Les œuvres de Christofer Ries (USA) sont d’une grande pureté. Les masses circulaires alvéo­ lées de Xavier le Normand (France), sont, el­ les, plus énigmatiques. Stani (Pologne), crée des personnages impensables, marionnettes de pâte de verre, pleines d’humour. Menno Jonker (Pays­Bas) est montré à travers une sculpture géométrique qui joue sur la lumière et les couleurs. Il est né en 1968, et figure de­ puis 2005 dans les collections du V&A Mu­ seum, à Londres. Chez Rob Koudijs, on pro­ pose des bijoux qui ont une part de fantaisie mais qui n’en sont pas moins intéressants, comme cette broche digne d’un oursin, par Ralph Bakker (1958, travaille à Rotterdam) ou ces bijoux ajourés en argent et émail de Méla­ nie Isverding (1978, travaille à Munich). Pour ce qui concerne les antiquaires de no­ tre pays, et pour rester dans la ligne récente, il ne faut pas manquer le stand des Vrouyr pour leur tapisserie de fond de stand, travail portu­ gais des années 40­50, composée de nœuds, ou ce travail de F. Javier Fernandez (vit à Bruxelles), qui n’est ni tapis ni tenture mais plutôt une peinture de modulations chroma­ tiques à partir d’un seul fil vert. Chez Berko ensuite, la joie de vivre chinoise est affichée aux cimaises de ce qui n’est plus une galerie de tableaux “modernes”, des XIXe et XXe siècles, mais bien une attitude nouvelle de galeriste pour défendre un artiste vivant et bourré de talent, à savoir Monsieur Han Yu­ chen, illustré ici la semaine dernière. Par ailleurs, il ne faut pas rater les bijoux an­ ciens chez “Epoque”, où tout est d’un raffine­ ment complet et le stand très réussi des De Bakker (Hoogstraten), qui proposent des ob­ jets médiévaux de haut niveau. Enfin, il faut saluer l’harmonie du stand de Francis Maere (Gand), qui expose les études de paysage par Rodolphe De Saegher et les sculptures récentes de Jonathan Knight. Philippe Farcy U Jusqu’à dimanche soir. www.pan.nl

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


Le marché

SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2013 ARTS LIBRE

15

l Vente publique

Du gratin chez Louiza h La vente de ce samedi est de très bon niveau chez Claire Rötharmel, qui a trouvé des toiles importantes du siècle passé.

LOUIZA AUKTION & ASSOCIÉS

LA VENTE AURA LIEU DANS LA SALLE située entre la rue du Capitaine Crespel (n° 53) et la place Stéphanie (n° 6). Dans ce grand espace, les tableaux se répondent toujours avec harmonie. L’endroit est idéal pour ce genre d’exercice. La vacation réunira 357 lots, dont plusieurs en­ sembles d’œuvres exécutées par des artistes souvent méconnus, mais toujours interpellants et intéressants. C’est notamment le cas avec les huit derniers lots, tous sortis des pinceaux de Carlo Zanon, né en 1889 en Vénétie et mort à Paris à une date inconnue. Ce petit maître, qui a fréquenté les géants de la place de Paris dans les années folles et qui vendait à tour de bras à l’élite lo­ cale, a fini par faire ses valises vers la Chine et à y poursuivre une carrière que le catalogue si­ gnale comme brillante, allant même jusqu’à obtenir des commandes des plus hauts person­ nages de l’Etat. On trouve ici, de cet artiste très rare sur le marché, des compositions de paysages inspirés par la tradition chinoise, comme cette belle cas­ cade dans un paysage montagneux (tempera sur toile, 91 x 127 cm), que la salle annonce en­ tre 2 000 et 3 000 €. Ou ce “Pont chinois” à l’aquarelle sur papier de riz, précédé par des maisons locales mais dont le pont est furieuse­ ment inspiré de ceux que l’on voit à Venise. Ce lot est annoncé entre 600 et 800 €. L’ensemble des toiles de Zanon date des années 30. Parmi les vedettes de la dispersion, notons d’abord “Janus” de Max Ernst (1891­1976), bronze à patine brune fondu chez Valsuani. Il existe dix­neuf exemplaires de cette sculpture,

plus deux épreuves d’artiste et celle­ci, épreuve d’essai. Le lot est d’une hauteur de 44,5 cm et est annoncé entre 30 000 et 40 000 €. Au lot 265 se trouve une “Composition” de 1966, peinte à la gouache sur papier par Serge Po­ liakoff (1900­1961). Ici, il faudra assumer une enchère fixée entre 50 000 et 60 000€, en es­ pérant plus évidemment. Etienne Beöthy (1897­1961) né en Hongrie, fut peintre, sculpteur et architecte. Il est un de ces artistes présents par de nombreux lots. On y trouve une sculpture, mais surtout des toiles abstraites des années 20 à 60, parfois inspirées par Robert Delaunay. Les prix varient, selon les lots et leurs tailles, entre 1 500 et 20 000€. Il y a là des opportunités pour des collectionneurs. Marcelle Cahn (née à Strasbourg, 1895­1981) est une autre artiste représentée par plusieurs toiles en l’occurrence, et qui sont toutes de très belle inspiration. Son œuvre “Tendence de Stijl”, de 1954, est une pièce maîtresse de 100 x 73 cm qui provient de la collection Graindorge. On en escompte entre 18 000 et 20 000€. Signalons encore le très réussi “Bassin dans un parc”, peint par Moïse Kissling (1891­1953), estimé entre 20 000 et 30 000€, et les quatre huiles exécutées par Dora Maar (1907­1997), qui sont des profils d’enfants. La proximité avec Picasso n’a quand même pas permis de voir le génie percoler d’une tête à l’autre. Il reste deux lots à mettre en avant. Le pre­ mier est de Camille Pissaro (1830­1903), qui passa par Knokke vers 1894 et qui en fit un paysage des dunes sur une toile de 65 x 81 cm. C’est superbe et cela vaudra entre 250 000 et 300 000€. Puis le moment le plus fort est posé sur une toile de Georges Rouault (1871­1958). Il s’agit d’un bouquet de fleurs traité comme une esquisse vibrante en guise de projet pour une tapisserie. Nous sommes là vers 1939 et le lot (n° 52) devrait se vendre entre 120 000 et 150 000€. Ph. Fy. U Infos : Louizaauktion.com ou 02.503.66.45.

Cette toile de Pissaro, “Dunes à Knokke”, peinte vers 1894, est une redécouverte complète. La toile de 65 x 81 cm n’a plus été vue depuis 1931 et fut publiée en 1939. On en attend 250 000€; c’est un cadeau.

© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.


© S.A. IPM 2013. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.

Supllb 20131129 art full